Miou tout le monde !
Désolée de ne pas avoir répondu aux reviews et d'être un peu à la ramasse aujourd'hui, mais j'ai eu un déménagement cette semaine pour rentrer chez ma chère nation française (rapatriement à cause du coronavirus, je vous passe les détails mais c'était un gros bordel et ça m'a complètement vidée de mon énergie)
Disclaimer : Hetalia, Himaruya, vous connaissez la musique
Le visage toujours tourné vers Héraklès, son visage dissimulé aux yeux du visiteur imprévu, Sadiq répondit le premier, passablement agacé.
- Qu'est-ce que tu fais ici, Gupta ?
L'égyptien referma la porte derrière lui, et appuya son dos contre le bois, bras croisés sur la poitrine et un air sombre sur ses traits.
- Oh, j'ai simplement été réveillé en pleine nuit par un bruit de tromperie et de trahison, alors je l'ai suivi jusqu'ici.
D'un geste, Sadiq rappela son masque et le remit en place avant de s'éloigner à regret d'Héraklès. Il prit néanmoins le temps de caresser le visage du grec avant de se retourner pour faire face à son assistant et ancien amant.
- Il est temps que tu arrêtes ce petit jeu.
- Un jeu ? hoqueta Gupta, dont les yeux se mirent à lancer des éclairs. Un jeu !? Mais ça n'a jamais été un jeu pour moi, tu en as conscience ?
- Peu importe ce que tu as pensé que c'était, le coupa le mage.
Toujours assis dans son fauteuil, Héraklès observait sans un mot l'atmosphère électrique qui s'était créée dans son salon, faisant fuir presque tous les chats vers les autres pièces de la maison.
- Alors toutes les nuits qu'on a partagées, toutes les heures qu'on a passées à étudier et partager nos passions et notre savoir, ça ne signifie rien pour toi ? lança l'égyptien dont la voix s'était refroidie.
- C'était de bons moments, et rien de plus, répondit Sadiq sur le même ton glacial. Il me semblait avoir toujours été très clair sur ce point. Je ne ressens rien pour toi.
- Comment... comment oses-tu me dire une chose pareille !? C'est moi qui comprend la magie et les sciences, moi qui sait ce que tu préfères au lit, moi qui ferai tout pour toi !
Gupta fulminait de colère, les poings désormais serrés contre ses jambes, et semblait faire un effort monumental pour ne pas hurler.
- Lui, cracha l'égyptien en désignant Héraklès, lui, il te déteste, t'a toujours méprisé, il ne s'est jamais intéressé à toi ni à ce que tu aimes, mais tu es prêt à me laisser tomber pour l'avoir !?
- Maintenant, ça suffit, trancha Sadiq. Ma relation avec Héraklès ne regarde que lui et moi.
- Merci de m'inclure, ironisa le grec en se levant à son tour.
Un claquement de doigt du mage oriental retentit, et les deux nations se retrouvèrent un peu plus décemment vêtues. Ce qui provoqua un ricanement de la troisième.
- Parce que vous pensez vraiment qu'il y a besoin de protéger votre pudeur devant moi ?
Héraklès sentit que les deux étaient à un rien de se lancer dans un duel magique au beau milieu de son salon. Il se plaça donc à côté de Sadiq, de façon à être en face de l'égyptien, pour pouvoir lui parler en le regardant dans les yeux.
- Gupta, je comprends que ta relation avec Sadiq n'ait pas tourné comme tu le souhaitais, mais s'énerver n'y changera rien, et je suis certain que tu en as conscience. Le chemin de la colère ne te mènera qu'à davantage de souffrances, il faut que tu arrives à accepter que tu ne peux pas forcer quelqu'un à t'aimer et que parfois, tout donner ne suffit pas. Tu es mon ami d'enfance, et je souhaite ton bonheur au même titre que celui de...
- Epargne-moi ton numéro de philosophe du dimanche, coupa le plus jeune d'un ton glacial. Tu as cessé d'être mon ami le jour où tu as volé l'homme de ma vie. Si tu n'étais pas réapparu dans nos vies, tout serait parfait aujourd'hui.
- Parfait ? releva Sadiq avec une douceur assassine. Tu as été jusqu'à enchanter mon masque à mon insu pour m'empêcher de penser à un autre homme, et tu t'imagines que tout serait parfait sans Héraklès ?
L'ottoman était devenu dangereusement calme, alors que son ancien amant laissait échapper un rire un peu trop nerveux pour être spontané.
- Enchanter ton masque ? s'esclaffa l'égyptien. Et à ton insu, en plus ? Laisse-moi deviner, c'est un dieu grec ou Grèce lui-même qui t'a dit ça ?
- Je suis certain que mon masque a été enchanté sans que je le sache, et il n'y a qu'une seule personne dans mon entourage qui a eu à la fois la possibilité et l'intérêt de le faire. Tu savais que je voudrais repousser la question de mes sentiments pour Héraklès pendant ce voyage.
Gupta sentit sa mâchoire se serrer, mais ne répondit rien. Sadiq en profita pour continuer sur sa lancée.
- Tu avais raison sur ce point d'ailleurs, et ça m'a coûté dix ans d'attente inutile. Dix années que je compte bien rattraper.
En parlant, il caressa doucement le bras d'Héraklès, qui lui adressa un regard légèrement interrogateur. Lorsque le mage reporta un instant son attention sur son ancien amant, celui-ci avait pâli. Sans s'en préoccuper, il se tourna entièrement vers le grec et prit ses mains dans les siennes avec tendresse.
- Il est encore un peu tôt pour que je puisse sincèrement affirmer quels sentiments j'éprouve pour toi. Mais je sais qu'il y a plus que de l'attirance physique, plus qu'une envie de compétition pour qui sera au-dessus, et plus que je n'ai jamais ressenti pour personne. Pour tout cela... je suis prêt à essayer une relation de couple classique avec toi.
Avant même qu'Héraklès puisse prononcer un mot, les mains de Gupta s'illuminèrent d'une lumière dorée agressive.
- Non ! Hors de question ! C'est à MOI que tu devais dire ça, pas à lui !
Des larmes rageuses coulaient sur les joues de l'égyptien, symboles de la douleur qui enserrait son coeur. Il avait tout sacrifié pour Sadiq. Son rôle de nation dans son propre pays, ses aspirations sentimentales, sa fierté. Il lui avait donné son corps et ses connaissances, il lui avait voué son amour et ses pouvoirs. Pendant des années, il avait attendu le moment où son maître et amant lui ouvrirait enfin son coeur. En vain.
Et Héraklès n'avait eu besoin que de quelques jours pour trouver un chemin jusqu'à ses sentiments, brisant des barrière que lui-même avait mis des années à franchir.
Il ne l'acceptait pas. Il ne pouvait pas perdre Sadiq. Pas au profit de ce type qui ne savait rien de lui.
Si Héraklès n'était pas revenu, Sadiq aurait fini par être à lui. Alors il suffisait qu'Héraklès disparaisse pour que tout redevienne comme avant.
C'est avec cette certitude absolue que Gupta lança son sort.
Sadiq comprit de quel sortilège il s'agissait avec un infime instant de retard, et sut aussitôt qu'Héraklès ne pourrait pas plus l'éviter que lui n'aurait le temps de créer un bouclier suffisant. Avant même de comprendre ce qu'il faisait, il s'interposa entre le sort et le grec en activant une barrière magique qu'il savait trop faible d'avance.
Un rayon doré éblouissant illumina la pièce durant une poignée de secondes, aveuglant tous ceux qui étaient présents.
Lorsque la lumière se dissipa, Sadiq était toujours debout, les bras croisés devant son visage dans un signe de protection utilisé depuis des millénaires. Incrédule, Héraklès ne voyait que le dos de son ancien ennemi, qui s'était précipité devant lui pour lui éviter un sort probablement mortel.
En face de lui, Gupta était tremblant, autant de fatigue après avoir lancé son sort que de peur face au mage qui avait soutenu son attaque, et dont le masque l'empêchait de lire les émotions.
Il y eut un bref instant de flottement.
Et Sadiq s'écroula par terre.
A la vision de Sadiq s'effondrant au sol, Héraklès perdit toute trace de son flegme habituel et se précipita auprès de lui, saisi par une inquiétude folle.
- Ne le touche pas ! hurla Gupta depuis l'autre côté de la pièce. Il est à moi ! C'est ta faute s'il est... s'il est...
- Pour une fois, tais-toi ! s'emporta le grec. Il a besoin de soins !
Ignorant volontairement toute réplique qui pourrait suivre, le grec se força à respirer lentement pour calmer son rythme cardiaque avant de chercher les signes vitaux du mage. Il fut instantanément soulagé en percevant un pouls au niveau du poignet, et vérifia qu'il sentait bien une respiration au niveau des lèvres.
Il se redressa lentement, son inquiétude vaguement apaisée. Même s'il avait reçu un sort mortel de plein fouet, Sadiq était en vie. De ce qu'il savait des magiciens, Héraklès devinait qu'il ne pouvait probablement rien faire d'autre que le mettre dans une position où il ne risquait pas de s'étouffer. Pour le reste, il n'y avait qu'à attendre qu'il recouvre ses forces.
Lorsqu'il s'en fut assuré, le grec releva les yeux vers l'égyptien, qui n'avait pas bougé d'un millimètre, et ses yeux se durcirent. Lui qui était d'ordinaire pacifique et plus enclin à philosopher qu'à guerroyer, sentit une colère noire gronder en lui.
- Comment as-tu pu faire une chose pareille ?
- Il n'aurait pas dû s'interposer ! répliqua le seul mage restant. C'est toi que je visais !
- Sors immédiatement de chez moi, ordonna la nation grecque.
- Sinon quoi ? Tu vas philosopher jusqu'à ce que je m'endorme ou envoyer un chat me griffer ? Je ne repars qu'avec lui.
- Certainement pas.
Héraklès se positionna aussitôt pour faire obstacle entre le corps de Sadiq et Gupta. Ce dernier tenta de recomposer une attitude calme et de lancer une forme de négociation.
- Rend-moi Sadiq, dit-il avec un sourire forcé. J'effacerai toute trace de ton existence de sa mémoire. Il sera heureux avec moi, je l'aimerai et lui apporterai plus de bonheur que tu ne pourras jamais le faire. Tout redeviendra comme avant.
- Tu n'as pas l'air de comprendre, répliqua le grec. Ni lui ni moi ne voulons que tout redevienne comme avant.
- Alors tant pis pour toi. Parce que cette fois, personne n'est là pour te protéger.
En même temps qu'il parlait, ses yeux prirent de nouveau un éclat dangereux et ses mains recommencèrent à luire.
Gupta était sur le point de lancer son sort lorsqu'une boule de poil s'interposa entre les deux nations en feulant.
- Kida ! s'exclama Héraklès en faisant un geste vers elle.
- Trop tard ! répliqua l'égyptien.
Mais alors que la lumière dorée se dirigeait une nouvelle fois vers le grec, un halo bleu se mit à rayonner autour de la chatte, et gagna si rapidement en intensité qu'il forma un bouclier en quelques fractions de secondes. Le sortilège lancé par Gupta fut dispersé comme s'il s'agissait d'un simple rayon de soleil.
Lorsqu'ils reprirent leurs esprits, la lueur dorée avait complètement disparu et Gupta était tombé sur les fesses plus qu'il ne s'était assis, épuisé par la dépense d'énergie magique et abasourdi par la stupeur.
Héraklès dut cligner plusieurs fois des yeux pour croire à ce qu'il voyait.
Dans un salon baigné par la lumière de la lune, se tenait une chatte en position de défense, entourée par un halo bleu dont l'origine magique était indéniable. Petit à petit, le halo se transforma, modifia son apparence jusqu'à ressembler à un être humain qui flottait doucement au-dessus du félin.
Gupta discerna une femme aux long cheveux bruns relevés en une queue de cheval à l'exception de quelques mèches folles, vêtue d'une tunique à la coupe grecque particulièrement identifiable. Elle était grande et élancée, tout en étant parfaitement proportionnée. Son visage était d'une grande beauté, serein et confiant, mais le regard qu'elle portait sur lui était aussi dur que l'acier. Sans que ses lèvres bougent, il entendit toutefois une voix dans sa tête et sut que c'était celle de cette femme.
"Assez. Pour avoir tenté de tuer ces nations, tu seras puni. Observe, réfléchis, et apprend."
Un éclair bleu s'ensuivit, et Gupta disparut.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il sentit immédiatement que quelque chose n'était pas normal. Les sensations de son corps étaient différentes.
Ce ne fut que lorsqu'une personne s'approcha de lui qu'il commença à comprendre où il était et ce qu'il s'était passé. Mais alors qu'il voulait demander au visiteur de décliner son identité, ce ne furent pas des mots qui résonnèrent dans le temple illuminé.
- Mrrrrraou !
Avec un sourire à la fois respectueux et bienveillant, le prêtre s'inclina devant le chat noir au collier d'or qui était apparu aux pieds de la statue de Bastet.
-oOo-
De son côté, Héraklès n'avait pas entendu la voix, pas plus qu'il n'avait pu distinguer le visage de la femme. Mais il n'avait pas eu besoin de cela. Un mot qu'il n'avait plus utilisé depuis des siècles lui échappa dans sa langue.
- μαμά ?
La chatte se retourna en même temps que l'apparition qui la surmontait, et Héléna lui adressa un sourire éblouissant ainsi qu'un regard qui débordait d'amour.
- Héraklès... tu as tellement grandi.
Un milliard de questions se pressait dans la tête du représentant de la Grèce. Par une espèce de miracle, il parvint à n'en poser qu'une seule.
- Tu étais dans ce chat depuis tout ce temps ?
L'apparition bleutée étouffa un petit rire devant l'air à la fois curieux et embarrassé de son fils.
- Oui et non. Disons qu'elle est plus le réceptacle de ma volonté de te protéger que réellement moi.
- J'ai... beaucoup de choses à te dire. Et tellement de questions à te poser.
- Je me doute, mon chéri. Malheureusement, ajouta-t-elle avec un sourire triste, je ne dispose pas de beaucoup de temps.
Comme si la nouvelle confirmait l'intuition d'Héraklès, celui-ci se contenta de hocher doucement la tête.
- Cependant, fit-elle en reprenant un air malicieux, il y a deux ou trois petites choses que je tiens à te dire, en plus de quelques recommandations.
- Je t'écoute.
- Je suis extrêmement fière de toi. Tu es devenu un jeune homme magnifique et réfléchi, et tu incarnes parfaitement le peuple et le lieu que tu représentes. Je n'aurais pas pu rêver meilleur successeur.
Une poussière s'invita dans les yeux du représentant hellénique, et un sourire de remerciement sincère se dessina sur ses lèvres.
- Continue à aimer les chats et à toujours tout remettre en question, et ne néglige jamais l'importance de la sieste.
- Pas besoin de m'encourager pour ça, fit Héraklès en souriant.
- Je m'en doute, rit Héléna.
Elle se tourna alors vers Sadiq, qui était toujours inconscient. Pendant que la chatte frottait son museau contre son visage, l'apparition magique s'accroupit et passa sa main sur son front.
- Quant à lui, il semble avoir bien changé...
- Je le pense aussi, mais la nature humaine étant ce qu'elle est, même chez les nations, j'imagine que tu vas me mettre en garde ?
- Allons, j'ai passé l'âge de m'immiscer dans les relations de mon fils, répliqua Héléna avec dignité.
- Vraiment ?
- Parfaitement. Et puis après tout... Héra et les autres se chargeront de lui s'il y a le moindre problème, ajouta-t-elle avec un sourire beaucoup moins bienveillant.
L'intensité de la lumière bleue commença soudain à faiblir, et la représentante de l'Ancienne Grèce perdit de sa netteté.
- Mon temps avec toi est presque écoulé...
- J'aurai une chance de te revoir un jour ?
- Les dieux seuls le savent, déclara gravement Héléna.
- Tu me manques, tu sais.
- Je sais, mon bébé. Mais ne t'en fait pas...
Kida sauta dans les bras d'Héraklès, qui la rattrapa en habitué. Dans le même temps, Héléna entoura son fils de ses bras. Malgré son apparente transparence et la lumière qui faiblissait de plus en plus, le grec ressentit une vague chaleur aux endroits que sa mère enlaçait. Peut-être était-ce un effet de sa mémoire, qui lui fournissait jusqu'à l'odeur de ses longs cheveux bruns, parmi lesquels se cachait la mèche rebelle dont il avait hérité.
- Je serai toujours là pour toi. Alors vis une vie merveilleuse, aime cet imbécile arrogant, et ne te soucie pas du reste. Je t'aime, mon fils.
Quelques secondes plus tard, toute trace de lumière ou de magie avait disparu. Seule restait Kida, installée dans les bras d'Héraklès et éclairée par un rayon de lune.
Voilà, désolée pour le chapitre un peu plus court que les précédents, mais encore une fois, la semaine a été longue et compliquée et je n'ai pas eu le courage de réécrire et réorganiser...
Plein de financiers pour vous !
