Alors, désolée du retard pour la publication. J'ai eu une tonne d'aventures pour poster ça ici, dont mon ordinateur qui fait des siennes avec mon réseau... Bref. Enjoy, tout de même! Un gros merci, encore, et toujours pour les reviews et les lectures! Ça fait chaud au coeur de recevoir des commentaires sur son travail!


The world is not a wish-granting factory.

John Green, The fault in our stars

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Mardi, 24 juillet 2005

Ce n'était pas normal.

Pansy n'avait jamais été une première de classe.

À Poudlard, elle avait cumulé toutes ces années les A. Ils étaient sans cesse accompagnés de commentaires dans la marge de ses parchemins du type «Raisonnement logique. Manque cruellement de développement» ou de «Pourrait largement faire mieux» gribouillés dans la marge de ses parchemins à l'encre rouge. La Serpentarde paressait toute l'année et, aux examens de fin d'année, réussissait à dégoter des notes susceptibles de lui faire atteindre l'année suivante, sans problème, ou la BUSE dont elle avait besoin. Elle savait très bien qu'elle avait été acceptée en médecine magique, non pas pour ses notes, mais plutôt pour ce que valait le compte de Gringotts de ses parents.

Cependant, Pansy n'avait jamais eu de difficulté à transplaner. C'était l'un des domaines magiques où la jeune femme excellait, sans aucune difficulté. Dès son premier cours, dans la Grande Salle à Poudlard, elle était parvenue à réapparaître à côté de la cible. Elle avait nargué Drago, pendant une semaine, qui n'avait même pas été capable de bouger d'un poil.

Alors, qu'elle soit incapable d'apparaître à l'aire de transplanage de Ste-Mangouste était étrange. Est-ce que sa magie lui faisait défaut? La médicomage, qui entrait sur son quart de travail dans quelques minutes, avait fait quelques tests pour s'assurer qu'elle n'était pas le problème de cette anormalité : elle était réapparue, sans aucune difficulté, dans sa chambre ou dans le hall d'entrée de l'immeuble de son appartement. Pourtant, dès qu'elle essayait d'apparaître sur son lieu de travail, ça coinçait. Qu'est-ce qu'ils disaient dans ce cours? Destination, détermination, décision? Ridicule. Elle n'y arrivait toujours pas.

La Serpentarde était en train de perdre patience. Elle se fichait bien d'arriver en retard. C'était surtout l'étrangeté de la situation et qui lui créait une boule de doute, qui posait problème. Sans plus attendre, elle transplana devant la porte de son meilleur ami et cogna à tout rompre. Théodore lui ouvrit la porte, quelques secondes plus tard, les cheveux en épis et en boxeur noir, un air à la fois affolé et endormi – comme s'il était tombé en bas de son lit. Quand il reconnut Pansy, il grimaça.

« Ça ne va pas la tête? J'essaie de dormir. » grinça-t-il.

« Bonjour, Pansy, comment vas-tu? Oh, très bien Théo, merci de t'en quérir! La politesse, elle est passée où, Belle au bois dormant? » Les longs doigts de la jeune femme vinrent caresser son propre menton, dans une mimique de réflexion. « Certainement pas dans ce boxer, il a l'air d'avoir aucune place. »

Théodore leva les yeux au ciel, alors qu'elle lorgnait, sans gêne, avec un petit rictus le sous-vêtement du médicomage. Le commentaire n'avait pas fait mouche. La présence de Pansy ne l'avait jamais vraiment gêné. Et, il n'était pas du type pudique.

« Je croyais que c'était une urgence. » décréta-t-il, en s'éloignant légèrement de la porte pour qu'elle entre. « Arrête de cogner contre ma porte comme une défoncée, en milieu d'après-midi, pour rien, quand je travaille de nuit, et tu arrêteras de me voir débarquer en sous-vêtements. »

Elle fit un mouvement de la main, en faisant mine de pouffer de rire.

« Mais j'adore te voir accourir en petite tenue, c'est la meilleure façon de me rincer l'œil. » Son visage prit une teinte plus sérieuse. « En vrai, il y a urgence. Je ne suis incapable de transplaner à Ste-Mangouste. J'aurais bien demandé à Millie, mais elle est au travail. Tu veux bien essayer? »

Théodore fit un geste de la main pour que son amie attende avant de repartir vers sa chambre. Il n'allait certainement pas transplaner sur son lieu de travail en sous-vêtement! Le jeune homme grommela qu'elle allait entendre parler de lui pendant très longtemps, s'il était capable d'apparaître à Ste-Mangouste.

Il allait se payer sa gueule pour la fin des temps.

Le Serpentard avait enfilé les premiers vêtements qui lui avaient tombés sur la main et quand il revint tenta à son tour de disparaître et d'apparaître au centre hospitalier. Comme elle, plus tôt, Théodore avait disparu quelques secondes, pour réapparaître aussitôt : il était incapable de franchir les délimitations de Ste-Mangouste. Il les sentait bien, mais elles restaient insaisissables. Il réessaya une autre fois, puis encore. Sans jamais réussir.

Toute envie de se moquer de Pansy avait disparue.

« C'est pas normal. » déclara le jeune homme.

« C'est ce que je pensais. »

« Viens. » Théo attrapa sa main, et elle fronça aussitôt des sourcils.

« Allez où? »

« On va voir ce qui se passe et alerter le Ministère, s'il y a quelque chose. »

« Théodore Nott, le preux chevalier. »

« Ça sonne mieux que Belle au bois dormant. Tu trouves pas? »

Elle n'eut pas le temps de faire un énième commentaire, qu'ils avaient, déjà, disparu.

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Les sorts fusaient de partout.

Dès que le corps de l'homme frappé par l'Aveda Kedavra tomba au sol, la quinzaine de personnes qui s'étaient attroupées près des cinq sorciers masqués et de l'adolescente se divisa. Le trois quarts des sorciers avaient transplané ou avaient décidé de rabattre leur chemin, refusant de s'engager dans un tel affrontement.

Pourtant, certains de ceux qui avaient tenté de fuir avaient été frappés d'un sortilège de magie noire tout juste avant de disparaître. Ils n'étaient pas nombreux, mais ils étaient rapides et efficaces. Ce qui devenait un réel problème.

Ceux qui étaient restés étaient au nombre de cinq – sept avec Luna et Molly, qui avait rejoint son fils et sa belle-fille. Fred avait transplané dès son Expelliarmus lancé afin d'avertir les aurors le plus rapidement possible, tandis que George était resté dans le magasin de farces et attrapes avec ses nièces.

Ils tentaient le plus possible de lancer des sorts défensifs ou faisaient preuve d'imagination avec des sorts «scolaires», refusant d'être des monstres comme l'étaient ces sorciers. Un sorcier masqué s'était, ainsi, retrouvé pétrifié sous le maléfice du saucisson après un Rictusempra. Un autre avait été assommé à l'aide d'une enseigne qu'on avait déplacée d'un Wingardium Leviosa. Malgré cela, quatre des sept personnes étaient grièvement blessées.

Molly s'était lancé dans un duel contre le sorcier qui avait lancé le sortilège de la mort, alors que Luna tenait tête à la sorcière qui avait lancé les deux endoloris à l'adolescente.

La Serdaigle commençait à s'essouffler, incapable de reprendre le dessus, passant son temps à éviter les sortilèges qui pleuvaient sur elle ou à lancer des sortilèges de protection.

Et, elle se doutait très bien que c'était là, le plan de cette femme, qui ressemblait beaucoup trop à Bellatrix Lestranges.

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La porte de la chambre avait tenu cinq minutes.

Cinq minutes où Lavande s'était assurée de mettre en place plusieurs sorts de protection sur l'armoire où était caché Céleste, alors que Charlie et Hermione avaient mis en place diverses protections qui s'enclencheraient dès que quelqu'un franchirait le seuil de la chambre.

Cinq minutes invivables. Cinq minutes d'anxiété. Cinq minutes d'attente.

Dès que la porte lâcha toute résistance, le Repello Inimicum mis en place par Hermione déclencha un champ magnétique qui repoussa les deux sorciers masqués qui avaient tenté de forcer la porte et les envoya valser dans le corridor. Quand ils revinrent à la charge, le Fo Illusio* du dragonnier créa l'illusion d'une barrière de feu, ce qui les immobilisa pendant plusieurs secondes – ce qui eut le mérite de préparer les trois sorciers à l'affrontement qui suivrait – avant d'entrer dans la chambre.

Tout se passa très vite. Plusieurs lumières de toutes les couleurs avaient jailli dans la chambre, alors que les trois sorciers avaient serré leur mâchoire sous l'effort de la concentration. L'un des sorciers s'était attaqué rapidement à la blonde, qui avait toutes les misères du monde à reprendre l'offensive, alors que l'autre était en train d'affronter le dragonnier. Prise entre les deux, Hermione tâchait du mieux qu'elle pouvait de les soutenir et au vu des misères de la femme de son meilleur ami, son aide se portait davantage vers elle. Les deux rouges et ors commençaient à réussir à étourdir le sorcier masqué, quand un sort frôla la brune.

Tout bascula. Charlie, qui malgré ses réflexes acérés s'entêtaient à protéger Hermione, fût déconcentré et il reçut un sort en pleine poitrine qui le fit projeter contre le mur de la chambre. Sentant son ventre se tordre violemment sous la peur de perdre Charlie, Hermione se rua sur le sorcier qu'il affrontait pour défendre son petit-ami, ce qui prit de court Lavande. Pendant que la brune enchaînait avec rapidité les sorts offensifs et réussis à le stupéfixer et le ligoter, à l'aide d'un Incarcerem, une lumière verte aveuglante frappa la mère de Céleste.

C'était comme si le temps s'était arrêté.

Hermione vit avec effarement le corps de Lavande s'immobiliser et tomber par terre, comme une poupée de chiffon alors que ses poumons se comprimaient.

« NON! »hurla la jeune femme se précipitant sur son amie.

Elle répéta plusieurs fois des Non, oubliant totalement le sorcier devant elle.

« Avada- »commença le sorcier, visant Hermione.

« STUPEFIX! » rugit Charlie avec une telle force que l'homme s'évanouit en plus d'aller s'écraser contre le mur.

Le jeune homme vint aussitôt prendre la brune dans ses bras, comme pour s'assurer qu'elle était toujours en vie, qu'elle n'avait aucune blessure. Hermione, en état de choc, se mit à se débattre férocement contre l'étau des bras du dragonnier, se sentant personnellement responsable de la perte de Ron. Charlie tenta le plus possible de la garder contre lui, malgré ses gestes furieux pour le repousser. Il était incapable de la calmer.

« Hermione! HERMIONE! » Il tenta de la raisonner, se doutant bien qu'un autre sorcier arriverait dans un instant ou l'autre.

« LÂCHE-MOI! »

Elle criait et pleurait. Il ne la lâchait pourtant pas. Sa respiration était saccadée. C'est comme si l'oxygène lui brûlait les poumons. Qu'il ne lui suffisait plus. Sa tête lui tournait sous l'émotion de la colère intense qui coulait dans chacun de ses neurones. La tristesse et la culpabilité, aussi. La panique. C'était comme si un épais voile noir avait recouvert toute logique. Elle, qui avait un si grand sang-froid, se sentait prise au dépourvue. Elle avait l'impression que toutes ses faiblesses tordaient chacun de ses muscles, la noyait sous la peur brute qu'elle ressentait.

Hermione faisait une crise de panique.

Le dragonnier réussit à l'immobiliser, après plusieurs longues minutes, alors qu'elle était dos à lui, la tenant fermement dans ses bras.

« Je suis là, ma belle. » Il répétait ces cinq mots comme une litanie qui aurait le pouvoir de la ramener à elle, de l'apaiser.

Il avait tenu à l'écart ses cauchemars de cette manière, sept ans plus tôt. Peut-être qu'il y parviendrait, encore?

Charlie jeta des coups d'œil vers la porte afin d'être prêt si un autre sorcier arrivait. Rien. Comme s'il n'avait plus personne de vivant sur l'étage, alors qu'ils étaient probablement tous cachés, se protégeant, eux aussi. Un médicomage vint les voir, après quelques minutes, mais le dragonnier le repoussa brutalement.

Le médicomage eut tout de même le bon sens de déplacer les corps immobilisés des deux sorciers masqués, hors de la chambre, à côté des deux autres sorciers masqués, qu'ils avaient été capables d'immobiliser lorsque les portes du département avaient lâché.

Charlie ne connaissait peut-être pas grand-chose en rayon de médecine et de psychologie, mais le jeune homme connaissait les angoisses d'Hermione Granger. Pas eux. Il était capable de gérer. Et, comme pour confirmer cela, la jeune femme finit par se calmer.

« Je sais que c'est difficile, ma belle, mais ce ne sont probablement pas les seuls dans cet hôpital. D'autres vont arriver. Et il y a Céleste. »

Céleste, oui. Sa filleule, qui venait de perdre sa mère. Un sanglot comprima la gorge d'Hermione.

La brune renifla. Puis, elle hocha la tête, même si son regard ne quittait pas le visage inerte de Lavande Brown.

Celle qui lui avait sauvé la vie, cinq jours plus tôt. Celle qu'Hermione avait l'impression d'avoir sacrifiée pour Charlie.

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Théodore et Pansy avaient transplané à proximité de l'hôpital et ils avaient couru vers l'hôpital de façon précipitée. La Serpentarde avait un mauvais pressentiment doublé à cette pensée toujours insidieuse : ce n'est pas normal. Ils ne prenaient même pas la peine de s'excuser face aux moldus qu'ils bousculaient sur leur passage.

En moins de deux minutes, ils atteignirent l'entrée des visiteurs, la vitrine où deux mannequins portaient des vêtements de très mauvais goût. Sans plus attendre, ils entrèrent. Ils n'avaient pas fait deux pas à l'intérieur que Théo fit un geste de son bras pour bloquer le passage à la médicomage. Un filet de lumière vint se loger dans le mur juste derrière Pansy.

Qu'est-ce que c'était ce bordel?

Théodore, aux aguets, jeta aussitôt un sort sur la personne qui venait les attaquer et grimaça lorsqu'il reconnut Kristen Cornwell. C'était une infirmage d'une quarantaine d'années avec qui, il travaillait quand il était sur les quarts de jour. Elle paraissait blessée, même si de toute évidence elle avait encore une once de courage – ou d'instinct de survie – pour tenter de se protéger contre des potentiels attaquants. Typiquement Gryffondor. Par chance, elle esquiva sans problème et arbora une mine rassurée quand elle reconnut l'urgentologue.

« C'est vous, médicomage Nott... » souffla la femme. « Je croyais que c'était d'autres, de ces... qui arrivaient... »

« C'est quoi ce foutoir? » demanda Pansy, tellement incrédule qu'elle ne pensa aucunement à avoir un quelconque langage professionnel – de toute façon, personne n'allait y faire attention.

Kristen entreprit de les informer sur l'attaque qu'ils avaient subie, alors que Théo observa les alentours, abasourdi. Sa salle d'attente – qui n'était, certes, jamais tranquille – ressemblait à un véritable champ de bataille. Des traces de sang jonchaient les murs habituellement immaculés, des chaises avaient été renversées, plusieurs corps sans vie jonchaient le sol. Et cette odeur de chair brûlée. Le vert et argent dû utiliser tout son professionnalisme et sang-froid pour ne pas vomir.

L'infirmage leur expliqua, en jetant des regards inquiets autour d'elle, qu'il était, tout bonnement, impossible de transplaner au sein de l'hôpital et que deux de ses collègues – il ne retint pas les prénoms – avaient alerté les autres départements et elle pria qu'ils eussent réussi à pouvoir se préparer un minimum. Elle leur mentionna qu'un médicomage avait tenté de sortir afin d'alerter le bureau des aurors, mais avait été tué et à sa connaissance, elle n'avait aucune idée si quelqu'un avait connaissance du véritable massacre qui continuait à avoir lieu sur les autres étages.

Les deux médicomages s'observaient, livides, ne saisissant pas comment on avait pu faire une telle chose à des personnes sans défense.

« On va les avertir. » déclara Théodore.

« Non. » rétorqua aussitôt sa meilleure amie. « J'y vais. Tu es meilleur que moi pour te défendre, on n'a pas besoin d'être deux pour aller voir des aurors. »

« Et tu insinuais que je jouais les preux chevaliers... »

« En fait, ça fais plutôt de toi une demoiselle en détresse. »

Vaine tentative d'humour. Pourtant le cœur n'y était pas.

Pansy l'observa, tâchant d'être sans peur.

Ils n'agissaient plus comme des Serpentards. Ils agissaient seulement comme des médicomages qui avaient fait serment de sauver des vies. C'était leur profession, leur métier. C'était la chose à faire.

« T'as pas intérêt à mourir. » averti-t-elle.

« Et toi, je vais trouver un moyen de te ressusciter pour te tuer de mes propres mains si t'ose mourir. »

La Serpentarde eut un sourire, alors qu'il lui fit un clin d'œil.

Et, ils se séparèrent. C'était la meilleure chose à faire.

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Quand l'équipe d'aurors, menée par Harry, apparut sur le Chemin de Traverse, l'horreur avait déjà frappé une fois de trop.

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Molly Weasley avait enfin réussi à mettre hors d'état de nuire le troisième sorcier. Il n'en restait plus que deux. La femme qui affrontait Luna et un autre, qui donnait du fil à retordre à l'un des commerçants toujours debout et un passant.

Les gestes de la Serdaigle commençaient à être plus lents sous les minutes qui ne finissaient pas de s'écouler et sa défense s'essoufflait considérablement. Elle avait le souci supplémentaire que ses sorts n'atteignent pas Phillys Henley, l'adolescente qui se trouvait à proximité de la sorcière et qui s'était recroquevillée sur elle-même, comme si elle tentait par cela qu'on oublie sa présence et se protéger. Elle avait subi plusieurs blessures, en plus des doloris reçus et elle se sentait excessivement faibles.

La matriarche des Weasley prit deux secondes pour analyser la scène devant elle et se rua vers l'adolescente. Sa baguette était brandie devant elle, prête à se protéger contre une potentielle attaque de la sorcière si elle comprenait ses intentions. En réalité, Molly le souhaitait presque : cela détournerait son attention de Luna, qui pourrait profiter de cet intermède pour reprendre le dessus. La quinquagénaire brisa les cordes qui retenaient Phillys d'un diffindo.

« Cours. » lui dit-elle.

L'adolescente l'observait avec circonscription, comme si elle ne saisissait pas ce que lui disait Molly. Elle se redressa lentement, ses muscles noués lui faisaient atrocement mal.

« ALLEZ! Viens, petite! »

Phillys hocha de la tête. Elle se releva debout, difficilement, et Molly fit un geste pour l'accompagner quand un rugissement de fureur se fit entendre : la sorcière s'était aperçue que la maudite sang-de-bourbe avait réussi à se défaire de son emprise.

Leur plan partait en vrille. Et, c'était principalement la faute de cette maudite Lovegood et de la mère de ces belettes de Weasley. La sorcière n'allait pas manquer son coup. On lui avait dit que, peu importe ce qui arriverait, Phillys devait mourir. C'est ce qui allait arriver.

« AVADA KEDAVRA! »

Mais ce ne fut pas Phillys qui reçut le sortilège de la mort en plein ventre. Molly Weasley s'était précipitée pour tenter de pousser l'adolescente mal en point. Maudit courage de Gryffondor.

C'est Molly Weasley qui fut atteinte par la lumière verte. C'est le corps de Molly Weasley qui s'écrasa contre le sol, inerte. C'est Molly Weasley, qui avait vu la mort survenir trop souvent dans sa vie, qui fut touchée.

Luna, qui n'avait pas vu l'effondrement de la mère de Fred, lança un Impedimenta, suivi d'un Fulgari sur la sorcière, puis la stupefixia. Malgré son envie de s'effondrer, la Serdaigle courra aussitôt vers l'adolescente et tenta de relever Molly, avant de constater, avec horreur que celle-ci était morte. Dans un état second, la blonde lâcha immédiatement le corps de la quinquagénaire et repoussa son envie de vomir et ses pleurs.

Elle se sentait déchirée. Si elle restait là, le sacrifice de Molly ne servirait à rien. Elle s'effondrerait plus tard. Luna renifla et passa un bras sous celui de Phillys pour l'amener plus loin, alors que le dernier sorcier masqué était, enfin, immobilisé. Elle fit asseoir l'adolescente tremblante et faible devant la boutique de Fleury & Botts et repartit, sans dire un mot pour ramener, quelques minutes plus tard, le corps inerte de Molly grâce à un sortilège de lévitation.

Puis, elle s'autorisa à vivre tout l'abattement qu'elle sentait en elle, un déboulement massif de sentiments contradictoires.

Luna n'entendit pas les aurors arriver. Elle n'entendit pas Harry demander hâtivement à Drago de contredire au sujet de l'identité du corps devant la Serdaigle. Elle n'entendit pas le « Harry, calme-toi » du Serpentard. Elle n'entendit pas Fred, réapparaître, qui demandait, qui suppliait, que sa mère soit encore en vie, quand il avait vu le corps inerte devant sa petite-amie.

C'est le cri de rage de ce dernier, qui la sortit de sa torpeur. Puis, un autre cri, moins émotif, celui d'Harry, brisa à nouveau le silence.

Quand elle leva la tête, la jeune femme vit quatre aurors, qui tentaient de retenir de toutes leurs forces les deux jeunes hommes afin qu'ils ne fassent pas quelque chose d'irréfléchi, sous le besoin irrépressible de se venger. De tuer la personne qui avait osé faire cela.

C'était presque un déjà-vu. Un déjà-vu plus amer de la bataille qui avait clôturé le match de Quidditch qui opposait Gryffondor et Serpentard, qui avait fait ressortir, de la part de Dolores Ombrage, une interdiction à vie de Quidditch aux jumeaux Weasley et à Harry Potter.

Ce n'était même pas comparable. C'était irréaliste.

Sans un regard pour l'adolescente, à côté d'elle, dont le souffle était difficile et sifflant, Luna s'élança vers Fred. En tentant de l'approcher, pour essayer de le calmer, la Serdaigle reçut un coup de poing dans le ventre, ce qui figea aussitôt le jumeau. Comme s'il reprenait contact avec la réalité.

« Lu-Luna... »

La blonde prit un moment pour retrouver son souffle, l'envie de vomir davantage présente, mais réussie une fois de plus à passer par-dessus. Alors que Fred l'observait désemparé, Drago tentait d'imiter la Serdaigle, de son côté, tentant de calmer Harry.

« Ça va. » réussit-elle à dire, malgré sa voix peu assurée.

La jeune femme vint s'engouffrer dans les bras de Fred, qui se brisa contre l'étreinte de la blonde.

Ils étaient brisés. Le cœur de la famille Weasley venait de s'éteindre.


[Note : *Fo illusio est unsortilège inventé de mon cru.]