Hey !
Et voilà, on s'approche de la fin de la deuxième partie. Il reste un chapitre après celui-là, et ce sera bon ! Pour autant, les parties 3 et 4 sont plus longue, donc je dirais qu'on a à peine dépasser le tier de l'histoire. Au total, elle devrait faire une soixantaine de chapitres ! (A voir comment le camp Nano d'Avril se goupille, j'ai prévu de terminer la fanfic sur cette période.)
Merci à Ima pour son commentaire sous le chapitre précédent, et à Yu pour ses retours !
Bonne lecture !
Il voudrait garder sa colère aussi vive qu'elle était au début de leur dispute. Pourtant, quand les mains d'Axel se posent sur ses épaules pour la cinquième fois, il n'arrive plus à les chasser.
« - J'aime pas quand on s'engueule comme ça.
- Bah rends moi mes clefs.
- Je peux pas. Pas tant que je pourrai pas te faire confiance. »
" Bah fais-moi confiance quand je sors et fous moi la paix " Vanitas pense sans dire, parce qu'il sait que ces mots ne serviront à rien. Qu'Axel ne les écoutera pas. Qu'il les laissera glisser sur sa peau sans les retenir, avant de leur offrir une énième réponse mur que le noiraud a déjà entendue.
Il voudrait être furieux, lui cracher à la gueule et mordre de toutes ses force. Le faire saigner dedans.
« - Van … »
Mais la vérité, c'est qu'il est juste affreusement soulagé de voir que l'allumé a retrouvé sa tendresse câline, après les éclats qui ont déchiré le salon hier. Cette voix délicate lui réchauffe le cœur, ces mains sur son dos lui chatouillent le ventre. Il ne peut les éloigner, de crainte qu'elles ne reviennent jamais emprisonner ses épaules.
« - Je veux pas qu'on reste comme ça. »
L'épouvantail caresse la joue de son louveteau, sans réussir à capter son regard. Il relève doucement son menton, mais les iris mielleux du corbeau s'obstinent à fixer le sol. Il serre les dents. Mais il n'arrive pas à virer les doigts qu'il sent sur son visage, parce qu'il était sincèrement angoissé à l'idée d'affronter la froideur d'Axel pour les jours à venir. La hargne de Vanitas est naturelle, inhérente à sa personne. Les colères du rouquin, elles, sont aussi surprenantes qu'étouffantes. Ecrasantes. Elles lui broient les os. Et Van ne sait pas les affronter. Il a peur de cette facette qu'il ne connaît pas, qui lui échappe comme l'eau de mer entre ses doigts. Il ne veut plus la voir.
« - Regarde-moi … »
Mais sa voix, loin d'être froide, elle a l'air tellement désolée. Et s'il le rejette, encore, il va perdre cette tendresse délicate qui lui donne envie d'aller se blottir dans ses bras. On va lui voler ça, et combien de temps est-ce qu'il devra encore attendre pour retrouver ces grands yeux amoureux qui croisent les siens, incertains ?
« - T'es chiant.
- Je fais pas ça contre toi. » il se rapproche. « Je t'aime, Van. Mais t'es pas toujours facile à vivre, tu comprends ? »
Il lui renverrait bien ses propres mots à la gueule, mais ce serait mentir. Van sait qu'il est dur à supporter, avec son sale caractère de chien sauvage. Il sait, aussi, toute la patience qu'Axel s'efforce d'avoir avec lui. Il lui pardonne ses pics aiguisées, la mauvaise humeur qu'il étale quand il passe une sale journée, les sourires qu'il ne montre jamais.
Alors le corbeau ravale la bile qui menace de sauter de sa bouche aux oreilles d'Axel, et il hausse les épaules.
« - Je t'aime. »
Il le lui répète, encore. Ses mains dans son dos, son corps tout près qui propose toute l'affection dont la teigne a besoin. Et mon dieu cette douceur, cette délicatesse, comment est-ce qu'il pourrait la refuser ?
« - J'sais. »
C'est sa manière à lui de dire moi aussi.
Il laisse l'enflammé l'étreindre, enfouir sa tête dans sa tignasse charbonneuse et caresser encore son visage, plongeant dans cette mare d'amour donc il a désespérément besoin.
xoxoxox
J 120
Vanitas a-t-il eu quelques arrières pensées, quand il a invité Ienzo à venir passer la soirée chez lui ? Possible. Disons qu'il a envisagé de potentiels dérapages sans que l'idée ne le rebute. Et il n'était pas mécontent lorsque, feignant la fatigue, le gamin a posé sa tête contre son épaule. Il lui a même caressé les cheveux, l'air de rien, acceptant de lui céder certains de ces petits gestes affectueux qui tenaient maintenant de l'ordre de l'habitude, bien qu'ils n'avaient toujours pas pris la peine de mettre cette situation au clair.
Mais là, alors qu'il sent la main du lettreux récupérer la sienne, Van se dit qu'il est peut-être temps de parler tout ça. Il sait que ces attentions n'ont rien d'anodin aux yeux du plus jeune. Qu'il ne l'a pas embrassé sur un coup de tête lors de sa mémorable cuite – ou peut-être que si, mais l'acte n'en était pas moins sérieusement motivé par l'affection notable qu'il avait développé à son égard. Et puis, ce n'est pas comme s'il n'était pas non plus intéressé.
Seulement voilà, ce genre de sujets, c'est toujours assez délicat à aborder. Et si, avec n'importe qui d'autre, Vanitas aurait pu se contenter d'un franc C'est bon j't'ai capté, il se doute que ce n'est pas l'approche qu'il lui faut choisir pour discuter de la chose avec Ienzo.
« - Tu r'veux d'la pizza ?
- J'ai plus la place.
- J'peux finir la tienne, alors ?
- Fais comme tu veux. C'est toi qui as payé. »
Pas faux. Le noiraud se penche pour attraper une des parts que le garçon n'a pas encore touchées, mordant sans gêne dans la masse tiède de sauce tomate et de fromage. C'est que c'est foutrement bon, cette saloperie.
« - Tu devrais peut-être aller chercher du sopalin. » le gris lui fait remarquer en désignant la tache rouge au-dessus des lèvres de la teigne.
« - Pas bête. Tu peux y aller pour moi ?
- Seulement si tu mets sur pause.
- Genre, tu vas rater une demi-seconde du film.
- Ça tombe toujours sur la demi-seconde la plus importante.
- J'te raconterai.
- Pas de sopalin.
- Mais t'es borné toi, en fait.
- Tu es mal placé pour parler. »
Pas faux. Résigné, Vanitas stop La planète au trésor avant de laisser le jeune homme filer à la cuisine. Il le regarde s'éloigner, notant la finesse de ses gambettes qui disparaissent sous un tee-shirt bien trop grand, où se dessinent des hanches larges qu'il essaie de cacher. Sa peau est toute pâle, comme son visage constamment planquer sous ses cheveux. C'est peu commun, ce teint laiteux, pour quelqu'un qui vit dans le sud.
Une fois Ienzo revenu, le film reprend et Van peut enfin essuyer sa bouche.
« - Du coup, tu m'as toujours pas dit si tu restais dormir. » le noiraud demande en reposant sa serviette de papier pour reprendre de la pizza.
« - Il est quelle heure ?
- Vingt trois et quelques. »
Le gris s'accorde un instant pour réfléchir. Les métros vont s'arrêter passé minuit, ça lui laisse une fenêtre d'environ une heure pour profiter de la soirée. S'il reste, il a jusqu'à demain. Mais il sait aussi que cette invitation n'est pas anodine, et qu'une soirée passée dans le lit de Van – à moins qu'il ne le fasse dormir sur le canapé – n'est pas forcément synonyme de sommeil.
Il cogite intensément, sous le regard intrigué du noiraud. C'est qu'il doit s'en passer des choses dans cette caboche, pour qu'il se montre soudain aussi sérieux.
« - T'as pas non plus les codes de l'arme nucléaire entre les mains, hein. T'mets pas la pression.
- Je me mets pas la pression. Je réfléchis juste.
- C'est si compliqué d'savoir si tu rentres ou si je prépare un café en plus demain ?
- A ton avis ?
- Quoi, t'as peur que j'te saute dessus ? »
Ienzo ne répond pas, mais le regard qu'il porte sur lui en dit long. Il le fixe sans qu'aucun son ne s'échappe de sa bouche. Van fronce les sourcils avant de se redresser, chassant le plaid sous leurs jambes. Ah. Donc il l'a sérieusement envisagé, lui aussi. On dirait que la grande discussion arrive.
« - T'aurais envie ? »
Le moins qu'il puisse dire, c'est que ce genre d'échange le change des soirées soudaines et enflammées avec Axel. Et des quelques coups d'un soir qu'il a pu connaître avant.
« - Et toi ?
- Bah ouais. »
Sa franchise déstabilise le gamin. Il ne s'attendait certainement pas à une réponse aussi claire. Ou peut-être ne pensait-il pas qu'il intéressait à ce point l'objet de ses propres pensées. Sa surprise est lisible, mais son esprit est impénétrable. L'ébouriffé a bien du mal à saisir ce qui se passe sous cette cascade grise.
« - Mais ça veut pas dire que t'es obligé ou quoi, hein. Tu peux juste dormir si tu veux. »
Ienzo hausse les épaules en se redressant, droit sur le canapé. Il regarde ailleurs, scrute la pièce comme pour y chercher une échappatoire, déglutit et semble hésiter. Il flippe, on dirait, mais Van voudrait surtout savoir pourquoi.
« - T'aurais vraiment envie ?
- J'le dirais pas, sinon ?
- Même si … »
Ienzo cherche ses mots, ne sachant trop comment exprimer son idée. Et soudain, le déclic se fait. Le noiraud percute, son regard descendant vers les cuisses du plus jeune avant de remonter sur son torse compressé. Oh. C'est ça qui le gène.
« - Ah. Ben je suppose que ça devrait aller, non ? »
Il dit ça sans savoir lui-même si ça lui convient. Il n'a jamais fait face à un corps comme celui-là, et il n'est pas certain que les spécificités du jeune garçon ne l'égarent pas. Mais là, à première vue, il n'éprouve pas l'envie subite de tout arrêter et de partir en courant. Alors ça devrait le faire.
« - Ce sera pas la même chose qu'avec les autres mecs.
- Je me doute.
- Et t'es gay. » Il se mord la lèvre. « Ça te va quand même ?
- Ouais ? Au pire on verra bien. On part pas sur un contrat d'obligation, là, si ça va pas on peut toujours arrêter.
- Certes. »
Le nébuleux acquiesce vaguement, toujours incertain. Van n'est pas sûr de la marche à adopter pour le rassurer, n'étant pas lui-même très assuré. Il pose sa main sur sa joue pour l'inciter à redresser la tête et à arrêter de regarder ailleurs. Il ne trouvera pas de solution sur les murs du salon, ni sur le tapis disposé sous la table, aussi beau soit-il.
« - T'as envie ? » Il lui demande fermement, sans être dur.
« - Oui.
- Bah c'est tout ce qui compte. »
II se penche assez pour être proche de son visage, mais ne l'embrasse qu'en sentant que l'autre se redresse vers lui. Leurs lèvres ne se sont pas rencontrées depuis le roulage de pelle enflammé de la dernière soirée, mais ce baiser-là est bien plus doux, sûrement maladroit, et il en dit long sur les doutes que le gris abrite. Vanitas sait qu'il ne pourra pas agir avec lui comme il l'a toujours fait avec les autres, qu'il y a une certaine douceur à glisser dans ses gestes, une attention à garder. Il doit rassurer, pas juste s'exciter et sauter sur le gamin. Troquer l'instinct contre les permissions répétées. C'est différent de tout ce qu'il a connu. Nouveau. Et pas juste à cause du corps qu'il a en face.
Les lèvres se séparent, se recollent. Le corbeau passe une main plus franche derrière la nuque de son opposé qui se rapproche encore de lui, posant ses propres paluches sur sa taille. L'aîné sent qu'il ne sait pas comment s'y prendre, ni où poser ses paumes fines. Alors il prend les rênes, il l'entraîne vers lui et l'incite à passer ses jambes par-dessus les siennes, autour de son bassin. C'est plus simple de l'embrasser comme ça. Son vis-à-vis, suit.
Passé les gestes malhabiles et les hésitations, l'assurance leur vient doucement. Les doigts qui courent se font plus aventureux, les lèvres plus pressantes, les bouches ne se contentent plus de leur jumelle et vont plonger dans les cous libérés pour venir y chercher un peu de l'autre. Van caresse les hanches du garçon, soulève doucement le tissu de son haut. Il cesse d'embrasser sa mâchoire pour le regarder. Ienzo comprend. Il l'enlève de lui-même. Le corps est encore caché par le binder que le noiraud décide de ne pas approcher, mais la vue de la silhouette fine et imberbe n'en reste pas moins satisfaisante. Il sourit, puis se penche et vient explorer son nouveau terrain de jeu.
Le corps contre le sien se tend. Se presse. Remue. Le guide à coup de soupirs impatients. Le dos est sensible, la ligne qui le scinde aime sentir la pulpe des doigts de Vanitas qui descendent. La gorge peine à ramener de l'air dans ses poumons, l'oreille attire les gémissements. Les hanches font naître les frissons, et la chute de rein à peine recouverte par le boxer fait se cambrer toute l'enveloppe face à lui. Sa peau plus chaude, sa voix qui se brise parfois en petits couinements de chat. Vanitas sent l'emprise qu'il a sur lui, le pouvoir de lui accorder ou non ce dont il a envie. Il en tire une excitation qu'il peine à cacher. Ses pattes prédatrices jouent avec le tissu élastique qui lui barre encore la route. Mais il n'a pas le temps de demander la permission attendue que l'autre se recule, tirant sur le tissu de son débardeur.
« - Toi aussi.
- Tu perds patience ?
- Enlève-le. »
Ce qui se veut être un ordre ressemble plus à une demande pressée, un besoin que Van est en droit d'accepter ou de refuser. Clément, il retire finalement le tissu gênant, se retrouvant torse nu face au garçon qui l'observe, passant timidement ses mains sur sa peau. Il le laisse se pencher, l'embrasser, puis courir ailleurs avec ses lèvres le temps d'explorer. C'est empressé, mais ça lui plait. Il sent toute l'envie qu'il génère, le désir du gris qui éveille le sien dans un même mouvement.
Ses mains passent sous ses cuisses pour le rapprocher encore, tâtonnant là où la peau est fine et tendre, d'autant plus sensible. L'objet de ses attentions ondule contre lui, s'écarte un peu quand les caresses le chatouillent plus qu'elles ne lui plaisent et laissent à nouveau faire quand Van retrouve le chemin de sa sensibilité. Les doigts remontent, doucement, tirant sur la patience du plus jeune. Leur bassin se presse. L'érection de Van, perceptible sous son pantalon, ne semble pas décourager son opposé.
« - Mm ! »
Van sourit. Il sent comme l'autre désir jusqu'à le sentir bouger contre lui, haletant. Le bruit de sa respiration qui se perd, sa peau toute chaude qu'il sent presque pleinement contre la sienne, le sel au creux de son cou, tout l'enivre. Il s'allonge complètement sur le canapé pour profiter d'une position plus confortable, laissant Ienzo s'amuser au-dessus de lui. Silencieusement, il prie pour sentir sa bouche remonter sur son oreiller, qu'elle vienne saisir entre ses dents le lobe sensible. Mais le garçon cherche ailleurs, maladroitement. Le corbeau caresse son dos, l'incitant à jouer plus haut, sans succès.
Axel l'aurait déjà trouvé depuis longtemps.
Cette pensée le traverse, le frappe et lui reste accrochée au cerveau. Axel ne chercherait pas, il s'amuserait de tous les endroits sensibles qu'il connaît sur ce corps. Il les examinerait un à un, patiemment, jusqu'à ce que Van le supplie de descendre plus bas. Il le déshabillerait d'abord, parce qu'il saurait que le chien sauvage se sent vraiment à l'étroit dans ce pantalon, et qu'il préfère le contact des épidermes brûlants au frottement désagréable du tissu. Il resterait tout contre lui, plaqué, il effleurerait le haut de ses cuisses jusqu'à entendre la voix résignée de son compagnon lui demander explicitement d'en finir avec ses taquineries. Il le rendrait dingue. Et Vanitas aimerait ça.
Mais Ienzo est encore peu habile. Il cherche, tâtonne, trouve des points agréables à son rythme. Il hésite. Il n'est pas sûr. Et ses yeux ne s'ouvrent que rarement pour l'observer, se refermant aussitôt quand il retourne explorer.
Les yeux d'Axel l'auraient vénéré. Dans la pénombre, ses iris se seraient perdus sur les formes devinées alors que ses lèvres l'auraient embrassé de la taille à la cheville. Ses pupilles sans fond croisant les siennes, il y aurait lu l'admiration sauvage et dévouée, l'envie, le désir violent et insatiable. Ce regard.
Van sait bien que ça n'est pas le moment de penser à ça. Et pourtant.
Au-dessus de lui, l'autre garçon ne sait pas. Il revient l'embrasser, hésite sur la marche à suivre. Ses mains atteignent la ceinture de Vanitas, en font le tour tout en effleurant ses hanches. Il cherche la boucle. La trouve. Il s'arrête dessus.
Axel n'userait pas que de son corps. T'aimes ? Il se pencherait sur son oreille pour murmurer des paroles obscènes que le noiraud avalerait avidement. Dis-le que t'aimes Il se délecterait de ses mots, de son ton, du souffle qui viendrait chatouiller sa peau, du murmure sensuel et de son propre nom dans la bouche de quelqu'un d'autre. C'est bon là, hein ? C'est bon Van ? Ce timbre puissant qui roule. T'imagines pas tout ce que j'ai envie de te faire, là.
Ce timbre qu'il n'entendra plus jamais.
C'est au moment où cette pensée le frappe qu'il remarque. La main d'Ienzo n'a pas bougé, toujours près de sa ceinture. Ses lèvres sur les siennes manquent d'entrain. Tout son empressement s'est évaporé, et il n'agit plus que par de vagues automatismes. Il embrasse. Effleure.
Van inspire. Soupire.
Au moment où il pose ses mains sur les épaules du garçon pour l'inviter à se redresser, l'autre s'éloigne de lui-même. Sans surprise, sans gêne, ils se regardent. Un silence. En eux, la même déception qui les étreint. C'est la seule chose qu'ils partagent encore.
Ienzo parle en premier, s'écartant pour quitter cette position ambiguë qui ne se justifie plus.
« - Je peux pas. »
Trois mots qui en cachent d'autres. Des lettres qui laissent sous-entendre tout le désir qu'il éprouve encore, et l'immense frustration de ne pas pouvoir l'assouvir maintenant. De ne pas s'en sentir capable. La peur de foirer. L'impossibilité de se sentir vraiment à l'aise avec quelqu'un, alors qu'il ne l'est déjà pas avec lui-même. Le décalage puissant entre le Je veux et le Je ne peux pas.
« - C'est pas grave. »
Van s'assoit près de lui, les jambes en tailleur sur le canapé. Vide. Soudain vieux d'un millier d'année, il se sent loin de tout ça. Loin de ce salon, loin de cet appartement, loin du gamin gris et des marques qu'il a laissées sur sa peau. L'univers entier n'est plus qu'une vague perception, un cocon tendre qui flotte.
« - Ça va ? »
Le louveteau s'étonne de la question d'Ienzo. Il le regarde sans comprendre, avant de hausser les épaules.
« - J'ai fait un truc qu'y fallait pas ? » l'autre demande, incertain.
- Non. J'aurai pas pu non plus, de toute façon.
- Je vois. »
Il déglutit difficilement, croisant ses bras autour de lui. Vanitas se reprend.
« - C'est pas à cause de toi. Ça a rien à voir. »
Cette phrase qui veut presque dire son contraire, et qui ressemble à une excuse pour dédouaner son partenaire. Heureusement que c'est lui qui le dit. Dans une autre bouche, le lettreux ne l'aurait pas cru. Ça l'aurait juste piqué plus fort.
« - Je peux pas pour l'instant. »
Je peux pas me lancer là-dedans alors qu'il est toujours là.
« - C'est à cause de ton ex ?
- Ouais. » Van laisse voir un sourire cynique. « C'est cliché, hein ?
- Un peu, oui. »
Et pourtant, c'est vrai.
Il pensait naïvement pouvoir retrouver tout ce qu'il partageait avec Axel, mais non. Et il réalise, maintenant, qu'il n'a pas juste abandonné le roux. Il doit renoncer à tout ce qu'il a partagé avec lui. Dire adieu à la complicité, à la passion incontrôlée et à la connaissance parfaite de l'autre. Il doit abandonner l'allumé, et tout ce qu'il représentait. Tout ce qu'ils partageaient.
Se contenter de cette vague nausée qui le prend, alors qu'il s'imagine retirer ce qu'il lui reste de vêtements face à Ienzo. Ce brouillard d'angoisse qui se mêle à l'excitation, à l'idée du plaisir possible.
Peu importe les relations qu'il renouera maintenant, elles ne ressembleront jamais à ça. Ni de près, ni de loin. Il croyait le savoir, pourtant.
Alors pourquoi est-ce que ça lui déchire brusquement le cœur ?
La main d'Ienzo se pose sur lui. Il ne sait pas quoi dire, le gamin. Sûrement parce qu'il n'y a rien à dire. Il caresse doucement l'épaule de Van.
Et Van, lui, il contemple l'incommensurable vide qui se tient devant lui. L'avenir. Cette mare fade où il va s'en aller patauger, puisqu'il ne lui reste rien d'autre. Et il sent comme le soleil du désert lui manque, malgré la soif et la brûlure sur sa peau.
Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que ce soit si simple et si dur en même temps ?
Et voilà ! C'est pas le passage le plus joyeux, mais comparé aux derniers chapitres de la partie une, je trouve que ça va ? En tout ça, c'était moins dur à écrire.
N'hésitez pas à laisser une review pour dire ce que vous en avez pensé !
