Salut à tous ! Je suis toujours là ! Incroyable, n'est-ce pas ? Et avec un chapitre deux fois plus long que prévu ! (Il devait faire la moitié, puis je me suis dit "encore un peu", "encore un peu") et voilà ! (Je me dit encore "encore un peu", mais je vais jamais le poster si je continue...). J'espère qu'il vous fera plaisir et vous offrira une bonne compagnie pendant le confinement ! Soyez sages !

Bonne lecture !


Viola avait entendu dans les couloirs que plusieurs prisonniers venaient d'être acheminés au palais. Apparemment, l'un d'entre eux se trouvait dans la Salle des Trônes. Viola était rongée par la curiosité et l'inquiétude, ne comprenant pas pourquoi Doflamingo avait pris la peine de les ramener au château. Mais elle devait prétendre qu'elle n'était pas intéressée. Elle faisait maintenant partie de son équipage et ses actions n'étaient pas censés l'inquiéter. Alors elle avait attendu d'être de retour dans sa chambre, seule, pour utiliser son pouvoir et espionner la fameuse salle.

À l'intérieur, Doflamingo avait enchaîné un adolescent au trône de coeur et discutait maintenant avec lui. Son pouvoir ne permettait pas à Viola d'entendre ce qui était dit, mais après des années d'entraînement, elle parvenait maintenant à lire sur les lèvres. Bien que sa compréhension n'était pas parfaite, elle parvint à comprendre ce qui était le plus important.

Doflamingo était en train de menacer le garçon de le décapiter, lui et ses amis, s'il ne parvenait pas à lui accorder l'immortalité.

Viola étrangla un hoquet d'horreur en heurtant sa porte et se laissa glisser jusqu'au sol.

Doflamingo, immortel ? Elle revit le soir où il s'était approprié leur royaume en le noyant dans le sang de ses habitants. Elle revit l'assassinat de sa soeur. Elle revit la détresse de sa nièce, sauvée par bonheur par un petit soldat unijambiste qui veillait sur elle depuis. Ce monstre pourrait avoir droit à l'immortalité alors qu'il avait brutalement assassiné sa grande soeur et nombre de leurs sujets ? Viola tâcha d'étouffer ses sanglots. Ce serait une tragédie. Elle ne pouvait laisser cela arriver. Mais que pouvait-elle faire ? Comment pouvait-elle protéger leur avenir ? Comment pouvait-elle protéger Rebecca de cette atrocité ?


Fukaboshi regarda l'île à moitié effrayé et à moitié émerveillé. Si près de lui se trouvaient des terrains terrestres, remplis de faunes et de flores singulières, aux formes et odeurs si éloignés de sa végétation sous-marine. Il savait aussi qu'une, ou plusieurs, des fameuses cités humaines dont parlait sa mère avec tant de passion se cachait derrière.

Mais les hommes qui la peuplaient étaient les mêmes que ceux qui chassaient son espèce et la réduisaient en esclavage. Fukaboshi ne pouvait pas y aller. Cet endroit était trop dangereux. Et il avait fait sa part du travail. Il était temps pour lui et la petite sirène qui les accompagnaient de rentrer.

"Camie, ne t'éloigne pas. Nous déposons les humains sur l'île et nous rentrons directement par les profondeurs avec le kraken pour nous protéger—"

Mais Camie et Luffy n'étaient plus à côté de lui, accrochés à la rambarde.

"Camie ? Luffy ?"

Fukaboshi se retourna à leur recherche. Ace et Sabo étaient trop occupés à se disputer pour remarquer l'absence de leur frère et les yeux de Cavendish brillaient en regardant l'île.

"Je savais que j'en étais capable ! Évidemment que je pouvais retrouver l'île. Je suis le grand Cavendish. Non, non, ne me remerciez pas, c'est normal. Oh, vous m'offrez une rose ? Comme c'est généreux de votre part !"

Fukaboshi aurait bien aimé inspecter de plus près l'étrange plante qui était apparue entre les mains du blond, mais il avait plus important à faire.

"Camie ?! Luffy ?!"

Leur navire était trop petit pour y perdre qui que ce soit, et sûrement pas ces deux petites boules d'énergie. Il se tourna vers leur nounou attitrée qui apportait un peu d'ombre sur leur petite embarcation.

"Surume, où sont-ils passés ?"

Surume, qui était occupé, pour une raison inexplicable, à se dandiner, probablement ennuyé par leur long voyage, se tourna vers lui.

Et Fukaboshi se rappela que, contrairement à Luffy et Camie, il ne possédait aucun mystérieux et incompréhensible pouvoir télépathique permettant de donner une voix au kraken.

Mais heureusement, il n'en eut pas besoin. Levant un tentacule de l'eau, Surume indiqua la côte encore lointaine de l'île que tout le monde supposait être Dressrosa.

Fukaboshi cligna des yeux et fixa la berge où deux petites silhouettes atterrirent en boule avant de rouler sur quelques mètres.

Abasourdi, Fukaboshi se tourna vers le kraken, espérant que ce n'était pas ce qu'il pensait. Il put ainsi admirer le gigantesque mollusque agiter un tentacule comme s'il lançait une balle de baseball avec un éclat de fierté dans les yeux et un grand sourire stupide.

Indéchiffrable pour le cerveau beaucoup trop terre à terre du prince des hommes-poissons.

Mais heureusement, les autres habitants du bateau n'avaient aucune limite pour les excentricités.

"TU AS LANCÉ LUFFY SUR L'ÎLE ?!" S'étonnèrent les deux frères en levant le nez de leur dispute, apparemment fatigués de se battre.

Sabo poussa un soupir désabusé.

"Je me souviens d'une époque où il était enfermé dans une cage. Sûrement la meilleure idée que quiconque n'ait jamais eu."

"LUFFY !" Hurla Ace en sautant sur ses jambes, ignorant son autre frère qui avait déjà abandonné le cas particulier qu'était le chapeau de paille. "TU NE BOUGES PAS JUSQU'À CE QU'ON ARRIVE ! TU RESTES OÙ TU ES ! NE BOUGE PAS ! ON TE REJOINT IMMÉDIATEMENT !"

Mais nul ne pouvait dire si le petit brun entendait à cette distance.


Luffy s'épousseta le pantalon. Quelle merveilleuse idée de demander à Surume un voyage express vers l'île ! En plus, étrangement, aucun de ses frères ne s'y était opposé. Peut-être trouvaient-ils enfin Luffy assez grand pour partir se promener tout seul ? Mais ce n'était pas étonnant, Luffy était devenu vraiment très grand et très fort ces derniers jours. Ace et Sabo avaient dû être conquis par la facilité avec laquelle il avait géré son navire de trafiquants d'esclaves. Eh oui, Luffy n'était plus un bébé ! Il pouvait maintenant se promener seul sur Grand Line. Le titre de roi des pirates n'était plus très loin.

"Luffy," appela Camie, assise par terre, sa queue ramenée près d'elle, "je crois qu'Ace essaye de nous dire quelque chose."

Luffy plissa les yeux et mit sa main droite en visière, essayant de comprendre ce que hurlait le brun. Mais seuls des mots épars parvenaient aux deux enfants.

"… on arrive… bouge… on te rejoint…"

"Il nous demande de partir devant !" Décoda Camie avec entrain. Elle avait tellement hâte de partir explorer l'île. "Mais…" Elle tourna la tête vers sa queue qui frétillait. "Je ne peux pas bouger. J'ai oublié de prendre un corail."

"Pas de soucis !" Assura Luffy en retirant son tee-shirt. Il emmaillota la jeune fille dans le vêtement et la hissa dans son dos. Luffy n'était pas encore très grand ni très costaud, mais Camie était vraiment menue et légère. Sa queue cachée dans le tee-shirt de Luffy l'empêchait de traîner par terre.

Ils étaient prêts pour l'aventure.

"En avant !" Crièrent-ils à l'unisson avant de disparaître dans la végétation.


"Mais… Mais…" Assimila Ace. "ILS S'EN VONT ! UN ORDRE ! JE LUI AI DONNÉ UN ORDRE !"

"Il faut croire que tu n'es pas son grand frère préféré." Ricana Sabo en se tournant vers le kraken. "Bon, Surumy, Lu' a droit à un vol express, mais nous, on doit patienter jusqu'à ce qu'un courant marin concède à nous porter jusqu'à l'arrivée ? Tu n'as pas l'impression de faire un tout petit peu de favoritisme ?"

Le kraken baissa les yeux visiblement honteux. Puis il leva un tentacule vers le blond. Ce dernier la regarde de travers.

"Le vol, trop peu pour moi, merci. Je ne suis pas en caoutchouc, moi."

"Mais moi, je suis de flammes !" Le poussa Ace en agrippant le tentacule pour grimper dessus. "Luffy ! N'ait pas peur ! Ton grand-frère arrive pour te sauver !"

"Ton grand-frère rien du tout !" Clama Sabo en attrapant son col et en le tirant au sol. "Que crois-tu pouvoir faire tout seul ? J'aurais bien assez de mal à retrouver un imbécile, je ne vais pas courir après deux à la fois ! Alors Suru', tu m'accélères ce navire et Ace, tu te tiens à carreau !"

"Mais, Luffy !" S'excita Ace.

"Tu as raison." Se retourna brusquement Sabo. "Si tu te fais attraper par les kidnappeurs de je-ne-sais-qui qu'on est venu sauver, ça aidera énormément Luffy !"

"Mais on ne peut pas le laisser sans surveillance !"

"Il fallait y penser avant que Suru' le jette dans le ciel !" Cria Sabo. "Et crois-moi," ajouta-t-il en envoyant un regard meurtrier au kraken, "il le payera."

"Mais nous perdons du temps !" S'inquiéta Ace. "Comment allons-nous le retrouver ?!"

Sabo secoua sa tête, exaspéré. Il nota distraitement que leur navire avait effectivement accéléré et que l'île ne devait plus tarder.

"Ace, Ace… Si peu malin. Et dire que tu es censé être le plus grand de nous deux."

Le brun fronça les sourcils, au bord des nerfs avec la disparition de Luffy dans un milieu hostile.

"Tu croyais vraiment que je n'avais rien prévu ?" Continua le blond avec suffisance. "Depuis le temps que nous sommes sur ses eaux, tu persistes à te laisser guider par ton instinct. Mais c'est fini. Nous sommes passés à l'air moderne !" Sabo plongea sa main dans sa poche. "Nouveau danger, nouvelles défenses !" Et il en sortit une Vivre Card. "Avec ça, Luffy ne pourra jamais nous semer." Un sourire perfide s'étendit sur ses lèvres, rapidement reflété par celles de son frère.

"Luffy ne réchappera jamais à notre surveillance." Nota machiavéliquement Ace.

"Jamais." Assura Sabo.

Et les deux frères ne purent s'empêcher de partager un fou rire de méchant, glaçant le sang de Cavendish qui regardait l'eau d'un air songeur. Pouvait-il plonger dedans pour s'éloigner le plus vite possible de ces deux cinglés ?


Portant Camie sur son dos, Luffy se glissa dans un petit chemin tracé par le passage incessant de chasseurs. En le suivant, nul doute qu'il atterrirait dans une ville. Et, sans surprise, au détour d'un buisson, c'est ce qu'il vit.

"Des habitations !" Remarqua Camie en devinant l'usage des bâtiments de pierres qui s'élevaient devant eux.

"Shishishishi, on est arrivés !" Sourit Luffy en s'approchant un peu plus de la barrière qui délimitait la forêt de la ville. Il s'accroupit et entreprit de passer entre les barres sans laisser Camie descendre de son dos. L'exercice requerrait de la flexibilité, mais Luffy, avec son corps élastique, n'eut aucune difficulté. Il s'approcha ensuite d'une étroite ruelle et plongea à l'intérieur avec aisance.

La ville n'attendait qu'eux.


"Mais, Mama ! Je suis assez grande pour aller me promener toute seule !" Bouda une petite fille avec deux couettes châtains.

"Non, laideron." Répliqua sa mère. "Tu es encore trop petite. Tu pourrais te perdre."

La petite fille fit une petite moue boudeuse, ne pouvant s'opposer à sa mère. C'est alors que deux jeunes filles parfaitement identiques entrèrent dans la salle.

"Nous pouvons la prendre avec nous." Proposa la plus souriante des deux. "On fera attention à elle, promit, Mama !"

L'excitation de la plus jeune augmenta d'un coup. Il était beaucoup plus amusant de se promener loin de la présence surprotectrice de leur mère.

L'adulte rendit les armes.

"D'accord, mais ne la lâchez pas. Je ne veux pas que notre départ soit retardé. Nous ne sommes ici que pour goûter les spécialités de l'île." De grosses gouttes de salive se formèrent sur les coins de sa bouche et s'écrasèrent par terre.

"Bien sûr, Mama !" Répliquèrent les trois filles. Les deux aînées tendirent une main vers la plus jeune qui les attrapa toutes deux et la troupe s'en alla.


"Surtout, tu ne bouges pas Surume !" Ordonna sérieusement Sabo. "On aura besoin de toi pour remettre le prince qu'on a kidnappé à sa place plus tard."

"Vous ne m'avez pas kidnappé," rétorqua Fukaboshi, "je suis venu de mon propre accord."

"Tsss." Siffla Sabo en secouant la tête. "Et il n'est même pas au courant."

"LUFFY ! J'ARRIVE POUR TE SAUVER !" Coupa Ace avant de partir en courant.

"MAIS ATTENDS-MOI !" Hurla Sabo avec surprise et frayeur. "JE NE VAIS PAS POUVOIR COURIR APRÈS VOUS DEUX EN MÊME TEMPS ! ET TU N'AS MÊME PAS SA VIVRE CARD !"

"J'ai mieux !" Répliqua Ace en courant. "J'ai mon instinct de grand frère !"

"CE N'EST PAS UNE BOUSSOLE !" Critiqua le blond en le coursant pour le stopper.

Fukaboshi les regarda s'éloigner sans pouvoir agir. Il sortit un corail de sa poche et créa une bulle sur laquelle il s'assit. Devait-il les suivre ? Dans cette île méconnue ? Ou devait-il les attendre là ? Ils ramèneraient sûrement Camie, mais les petits avaient peut-être déjà plongé dans un piège et, en temps qu'aîné, il était du devoir de Fukaboshi de sauver tout le monde.

"Tu comptes venir ?" Demanda Cavendish en tâtant la bulle. Comment pouvait-elle voler et supporter le poids d'un adolescent ?

"Oui." Décida Fukaboshi, plus surpris lui-même par sa réponse que Cavendish.

"Dans ce cas," Cavendish secoua sa tête pour ranger sa sublime chevelure, à en faire tomber en pâmoison toutes les jeunes filles qui auraient pu le voir, "j'accepte de te protéger ! Tu n'as plus rien à craindre ! Allons sauver…" Cavendish plissa les yeux, "…les personnes en danger !"

"Tu n'as pas la moindre idée de qui on est venu sauver." Devina Fukaboshi.

Mais, ignorant sa réplique qui frappait beaucoup trop juste, Cavendish poussa de toutes ses forces l'homme-poisson.

"Nous voici !"

Et parti en courant rattraper les autres.


"JE VOIS LA VILLE !" Hurla Ace sans cesser sa course. Nul doute que Luffy était là. Ace avait couru tout droit et il était purement impensable que Luffy ait eu la présence d'esprit, à n'importe quel instant de sa vie, de tourner. S'il continuait à courir tout droit, emportant avec lui la barrière qui séparait la forêt de la ville, il retrouverait son imbécile de petit frère et pourrait lui infliger une correction bien méritée. "LUFFY !"

Ace continua à courir, mais juste avant de rentrer à pleine vitesse dans la barrière, des bras lui encerclèrent la taille et le plaquèrent au sol.

Ace tomba tête la première dans la poussière.

"ATTENDS !" Cria Sabo, bien assis sur son torse. "N'as-tu donc pas deux sous de neurones ?! Tu agis exactement comme notre petit frère qui a trois ans de moins ! Tu m'attends ! On ira ensemble !"

Sous les jambes du blond, Ace grogna et s'agita.

"Mais tu es trop lent ! Luffy a probablement des ennuis ! Il faut aller le sauver !"

"Justement !" Répliqua Sabo. "Il faut aller le sauver, pas se faire attraper à ses côtés !"

"Mais il doit être terrifié !"

Sabo lança un regard en travers à son frère.

"TU lui as déjà demandé d'affronter seul un monstre géant, et tu te préoccupes maintenant qu'il soit terrifié ?"

"C'est sale de ta part de ressortir nos vieux dossiers !" Se défendit Ace en continuant à gesticuler.

Avec un soupir, Sabo concéda à libérer son frère. Il se leva et laissa Ace en faire autant, sans oublier de lui attraper le col.

"Attends les autres. Luffy ne va pas s'envoler. Du moins, pas sans Surume. Et il va très bien si on en croit sa Vivre Card."

Mais Ace n'avait pas abandonné sa tentative d'évasion et tirait assez fort sur ses jambes pour avancer en trainant Sabo derrière lui.

"Ils… sont… trop… lents…" Articula le feu follet en progressant doucement, mais sûrement, vers la barrière.

"Et plus grand !" Assura Sabo en ralentissant sa progression.

À ses mots, Cavendish et Fukaboshi apparurent à l'orée du bois, le premier ayant abandonné de pousser le deuxième après s'être aperçu que l'homme-poisson pouvait se mouvoir seul sur la terre ferme avec son étrange bulle.

Par contre, Sabo remarqua que leur équipe allait pouvoir repasser pour la discrétion.

"Peut-on se promener avec un homme poisson ?" Se demanda-t-il. Il ne connaissait pas la ville qu'ils allaient visiter, mais il doutait que les hommes-poissons y étaient des visiteurs fréquents.

"On s'est déjà promenés avec un poulet, la chose que Luffy aime bien, et le poulpe-humain. Nous ne sommes plus à ce détail près."

"Je parlais pour sa sécurité." Corrigea Sabo. "Pas pour ta réputation, déjà bien entachée par ta seule faute."

Ace lui envoya un regard noir.

"Et qu'en est-il de la tienne ? De plus, tu n'as jamais eu un fan te poursuivant jusqu'aux confins du monde pour t'appeler à l'aide ! Ma réputation ne doit pas être si mauvaise que cela !"

"Je ne suis pas un fan !" Se défendit Cavendish en arrivant. "Je suis un messager ! Cessez de confondre !"

"Oui, oui." Fit semblant de croire Ace.

"Êtes-vous sûrs de la direction que vous suivez ?" S'inquiéta Fukaboshi en se rappelant la débâcle qu'avait été leur voyage jusqu'à cette île.

Sabo sortit la Vivre Card de son frère qui indiquait la ville.

"Oui, pas de soucis. Mais, plus important, tu penses pouvoir aller en ville ? Devrait-on essayer de cacher ta queue ?"

Fukaboshi regarda sa moitié requin qui manquait beaucoup trop de discrétion.

"Je… Je ne sais pas comment faire autrement."

Il en avait besoin pour avancer.

"Sinon, on monte sur son dos, et on fait semblant qu'il s'agit d'un moyen de transport !" Proposa Ace, pressé que leur groupe se remette en marche. "On aura la plus belle proue de tous !"

"Ace, les princes ne sont pas des moyens de transport." Sermonna Sabo. "Mais il faudrait trouver un moyen de t'infiltrer dans la ville plus discrètement."

"On lui met une robe et on prétend que la traîne à l'arrière est à la mode ?" Continua Ace, ayant abandonné de traîner son frère. Ils iraient plus vite si tout le monde acceptait d'avancer.

"Et où trouver une robe ?" Demanda Sabo, pas opposé à l'idée.

"Dans le placard d'une jeune fille." Railla Ace.

"Je pourrais aimablement demander à une demoiselle." Suggéra Cavendish, prêt à aider.

Pour le plus grand déplaisir de Fukubashi, il semblait décidé qu'il se travestirait pour la mission.

"Sinon, il reste ici." Ajouta Ace, fatigué par la conversation qui ne semblait aller nulle part.

Sabo le foudroya du regard. Bien que hors de son élément, le prince des hommes-poissons restait leur meilleure carte.

"Tu pourrais nous suivre en essayant de rester caché. Avec Ace et…" Il regarda l'autre blond qui les accompagnait. "…ce type, on t'aidera à éviter les habitants."

"JE M'APPELLE CAVENDISH !" Hurla le susnommé.

"Au cas où," Sabo plongea sa main dans sa poche et en sortit un petit papier sur lequel était écrit son prénom, "prend ma Vivre Card. Tu pourras me retrouver en suivant la direction qu'elle indique."

Fukaboshi l'attrapa et la rangea dans sa seule poche.

Sans en attendre plus, le groupe partit à la recherche des deux plus jeunes.


Luffy se promenait dans les rues, Camie sur son dos, sous les regards étonnés de nombre d'adultes.

La ville était incroyable. Tout le monde dansait et chantait, et des jouets vivants se promenaient dans les rues. Mais aucune trace de l'ami kidnappé que Luffy et Camie recherchaient.

"Nous devrions peut-être demander aux passants ?" Proposa Camie.

"Bonne idée !" S'exclama Luffy avec un sourire.

Il s'apprêta à tourner pour s'élancer vers la personne la plus proche, quand une forme menue le percuta et tomba à terre. Luffy se retourna, étonné, et découvrit une petite fille avec deux couettes et une robe rose.

"Tu vas bien ?" S'exclama Luffy en se penchant vers elle.

La petite fille se mit à renifler, essayant d'éviter de pleurer.

"O-Oui."

Mais ses mots hurlaient de détresse.

"Tu t'es fait mal ?" Demanda gentiment Camie en se hissant davantage sur les épaules de Luffy pour voir la petite fille.

"N-Non." Assura la petite en décidant de se relever, la tête penchée en avant, empêchant quiconque de voir si des larmes perlaient à ses yeux.

"Qu'est-ce qui ne va pas alors ?" Insista Camie, touchée par le désespoir de la petite.

"J-J'ai perdu mes soeurs." Avoua l'enfant en se levant, les poings fermement accrochés à sa robe. "Ma-Mama va être en colère." À ses pieds, des cercles d'eau apparurent.

Luffy et Camie échangèrent un regard. Oubliant leur mission, Camie gesticula sur le dos de Luffy pour se rapprocher de la petite fille.

"Ne t'inquiète pas, on va t'aider à les retrouver !" Assura la sirène. "Au fait, je m'appelle Camie, et lui, c'est mon ami Luffy !"

Touchée par ses mots qui l'emplirent d'espoirs, la petite fille décida enfin de lever la tête pour regarder ses interlocuteurs, dévoilant trois yeux amplis de larmes.

"C'est vrai ?"

Surpris, Luffy sursauta, puis reprit son calme et se pencha en avant.

"Bien sûr !" Assura-t-il avec un grand sourire. "À quoi ressemblent tes soeurs ?"

La petite fille s'inquiéta de la réaction que son visage avait encore obtenue, mais, contrairement aux autres fois, les deux enfants face à elle ne lui avaient pas encore lancé le moindre caillou et n'étaient pas partis en courant. Au contraire, la jeune fille aux cheveux verts semblait être en admiration devant ses yeux et le brun lui présenta sa main pour la guider dans la ville.

"E-Elles sont grandes." Commença la petite en acceptant inconsciemment la main tendue. "E-Elles ont des cheveux roses et sont jumelles. Elles s'appellent Lola et Chiffon, et je m'appelle Pudding."

Camie lui fit un grand sourire. Et comme une seule personne, Camie et Luffy crièrent.

"LOKA, PALON ! NOUS ARRIVONS !"

Et Luffy se mit à courir, traînant Pudding à sa suite.

"Mais non !" Pleura la petite. "Lola et Chiffon !"


"Île en vue !" S'exclama un homme avec une longue tresse.

"Apapapapapa !" Rit Apoo. "Il était temps ! J'allais finir par mourir d'ennui sur ce rafiot."

"Cela n'aurait pas été une grande perte." Commenta Kid, les bras croisés. "Et on aurait finalement pu avoir un repas décent."

"ARRÊTE D'ESSAYER DE ME MANGER !" Hurla le musicien en partant se cacher derrière Hawkins.

"Sommes-nous sûrs qu'il s'agit de la bonne île ?" Interrogea Killer en se tournant vers celui qui servait de navigateur.

Hawkins piocha quelques cartes sur son paquet et les retourna.

"L'île est bonne. Nos probabilités d'y survivre sont de… 40%."

"40% ?!" S'écria Apoo en sursautant. "Mais c'est extrêmement bas ! Tu es sûr que tu ne t'es pas trompé ?!"

"Probabilité de retrouver Monet… 60%." Continua Hawkins en ignorant l'interruption.

"Cela signifie-t-il que 40% d'entre nous mourront sur cette île ? Et tu as fait les probabilités pour qui ? Ne me dis pas que tu les as encore faits que pour une partie d'entre nous !"

"Probabilité de retrouver nos proies… 100%." Persista Hawkins en fixant ses cartes. Il les ramassa, mélangea son paquet et les retira.

Cent pour cent.

Étonné par le résultat, bien que son expression ne le montrait pas, il tira à nouveau des cartes et obtenu le même résultat.

Kid s'approcha de lui et plaqua ses mains sur la table.

"Cent pour cent ?"

Hawkins releva la tête, inexpressif.

"Cent pour cent."

Kid s'esclaffa de rire en entendant l'affirmation.

"Cent pour cent ! Nous n'aurons même pas besoin de les chercher ! Ils viendront à nous tout seuls !"

Apoo le regarda rire d'un oeil sceptique.

"Te fiches-tu de nos probabilités de survie ?"


"Nous sommes la discrétion incarnée." Assura Ace, des lunettes de soleil volées sur le nez, et le dos bien droit sur sa monture qui s'avérait être Fukaboshi.

"Je n'en doute pas." Approuva Sabo, ses propres lunettes de mafieux sur le visage, et les bras encerclant son frère à la taille pour ne pas tomber.

Étrangement, Cavendish, qui faisait montre d'une assiette parfaite, n'était pas du même avis. Il ne savait comment, mais leur équipe était revenue à ce que le brun avait appelé "le plan de départ" et qui ressemblait plus, au goût de Cavendish, au "non-plan de départ" qui consistait à faire passer Fukaboshi pour leur monture.

Cavendish ne comprenait tout simplement pas le bien-fondé de ce plan. Fort heureusement, la grande stature de leur moyen de transport ne parvenait pas à éclipser la beauté innée de Cavendish. Tous les regards de jeunes femmes attirées par leur mascarade insolite se terminaient par un évanouissement soudain à la vue du troisième cavalier. Ses cheveux dorés volants au vent couplés à son physique tout simplement parfait subjuguaient toutes les passantes. Heureusement qu'il était là pour détourner l'attention.

"À droite à la prochaine intersection." Commanda Sabo en regardant la Vivre Card de son frère.

"À droite à la prochaine intersection." Répéta Ace sur un ton de commandement.

"Fuka n'est pas sourd." Commenta Sabo dans un soupir.

"Non, mais je suis le chef alors je donne les ordres !" Décréta Ace. "Et depuis quand l'appelles-tu Fuka ? Comment as-tu pu oser lui donner un diminutif avant de m'en attitrer un ?!"

"Si tu n'avais pas trois pauvres lettres dans ton prénom, tu aurais pu en avoir un ! Mais je comprends, plus de trois à retenir, tu n'y serais jamais parvenu."

Une veine apparue sur le front du brun.

"Ne fais pas ton malin ! Tu n'as que quatre lettres dans le tien ! Même Luffy en a plus !"

"Donc, il en a plus que toi aussi !" Contra Sabo. "Et si tu savais faire des mathématiques basiques, tu t'en serais aperçu !"

"Tu insinues que je ne sais pas faire des additions ?!" S'énerva Ace collant son front à celui de son frère pour mieux le foudroyer du regard.

"Et d'abord, qui t'a donné le titre de chef ?! Tu ne serais même pas capable de compter tous tes hommes pour vérifier qu'ils sont tous là !" Continua Sabo.

"J'en suis tout à fait capable !" Démentit le brun. "La preuve, regarde ! Fulu, un. Moi, deux. Toi, trois. Nous sommes trois."

"Fuka ! Je ne te demande même pas de retenir son nom en entier ! Tu peux au moins mémoriser les deux premières syllabes dans ce gruyère qui te sert de cerveau !"

"Mieux vaut avoir un gruyère qu'un emmental comme certains !"

"Incroyable ! Le seul endroit où tu as de la culture, c'est l'alimentaire !"

"Au moins, moi, je manie un domaine !"

"Un et un seul !" Contra Sabo avec véhémence.

"Les garçons." Les coupa Fukaboshi en se retournant. "Il manque Cavendish."

"Cavendish ?" Répétèrent les deux frères en interrompant leur dispute.

"Qui est Cavendish ?" Demanda Ace, en détaillant le prince des hommes-poissons par-dessus ses lunettes.

Sabo le frappa à la tête.

"Le blond qui nous accompagne depuis les profondeurs ! Fais un effort, par Davy Jones ! Tu n'es pas le centre de la Terre !"

Une main sur sa bosse, le brun se tourna vers son frère.

"Tu es sûr ? J'avais des soupçons dernièrement. Je me demandais si ce n'était pas plutôt Luffy."

Sabo acquiesça avec énergie.

"Exactement. Parfois, tu sais te montrer perspicace ! Je suis étonné !"

"Je ne sais si je dois me sentir flatté."

"Tu devrais." Conseilla Sabo. "Une telle occasion de l'être n'est pas près de se reproduire."

Sentant la dissipation des deux frères, Fukaboshi s'éclaircit la gorge pour rappeler leur attention.

"Que faisons-nous pour Cavendish ?"

Sabo et Ace, leurs lunettes de soleil glissant sur leurs nez, regardèrent l'homme-poisson avec curiosité.

"Rien." Annoncèrent-ils de concert.

"Il nous retrouva plus tard, s'il veut." Assura Sabo. "Tout le monde nous retrouve toujours…"

"Surtout le vieillard." Cracha avec dégoût le brun.


"J'en suis tout à fait capable !"

Izou faillit recracher le thé qu'il buvait. Cette voix, il ne la reconnaissait que trop bien. Il tourna un oeil sur le côté, redoutant ce qu'il y verrait. Et son pire cauchemar prit forme. Les deux plus grandes terreurs de la Moby Dick étaient là, se promenant librement à Dressrosa. Ils montaient un adolescent homme-poisson dont Izou ne pouvait s'expliquer la présence, et se disputaient allègrement comme ils savaient si bien le faire.

Que faisaient-ils là ?! Aux dernières nouvelles qu'avaient reçus Izou, ils faisaient voile avec son Père vers le Paradis. Et il avait reçu ses informations peu de temps avant que la Moby Dick soit immergée. Comment ces garnements avaient-ils pu arriver ici ? Et sans la moindre trace de sa famille. Que s'était-il passé ?

"Quelque chose ne va pas ?"

Izou se retourna. Il était assis à une terrasse, profitant de l'air pur, du moins, jusqu'à ce que deux horreurs viennent le rapprocher d'une crise cardiaque. Son inquiétude avait dû transparaître sur son visage.

"Rien, rien du tout." Assura-t-il en attrapa son chapeau pour le descendre sur son visage. Il ne tenait pas à ce que les enfants le reconnaissent. Plus il restait loin de leurs histoires, mieux il se portait.

Ses actions amusèrent grandement sa compagne qui cacha son rire derrière sa main.

"Devrait-on s'excuser pour aller dans un endroit plus… discret ?"

Le coeur d'Izou faillit s'arrêter. Un ange, il avait trouvé un ange ! Haruta allait être tellement fière de lui quand il la ramènerait au navire !

Soucieux de quitter l'endroit au plus vite, Izou déposa de l'argent sur la table, attrapa le bras de la jeune fille et se dépêcha de disparaître au plus loin des calamités de Davy Jones.


"MARON !"

"VIOLET !"

Luffy et Camie cherchaient activement les grandes soeurs de la petite fille qu'ils avaient trouvée, mais le temps n'aidant pas, ils n'avaient plus la moindre idée de ce qu'ils cherchaient. Pudding avait de nouveau perdu espoir et des larmes floutaient sa vision. Les amis qu'elle avait rencontrés étaient très gentils, mais elle émettait de gros doutes sur leur efficacité. Ils ne parvenaient même pas à se rappeler les prénoms de ses soeurs.

"Là-bas !" Cria Camie en apercevant un morceau de robe rose et banche.

N'écoutant pas ses muscles, Luffy courut dans la direction indiquée, suivant les consignes de Camie qui le forçait à courser un morceau de tissus appartenant sûrement, d'après aucune source fiable, à l'une des soeurs de Pudding. Il usa toute son énergie, acquis en ayant poursuivi ses frères de nombreux jours durant dans la forêt, et parvint à suivre le tissu jusqu'à une ruelle où il s'arrêta. Luffy freina de toutes ses forces pour éviter de percuter sa propriétaire et se retrouva nez à nez avec deux adultes anormalement grands. L'un avait une énorme bouche remplie de donuts et les yeux exorbités à la vue de ces deux petits spectateurs inattendus. L'autre n'aperçut pas immédiatement les enfants, mais ne tarda pas à suivre le regard de son compagnon pour comprendre la raison de sa stupéfaction. À la vue des deux enfants, la femme au long nez se figea à son tour.

Des enfants. Des enfants venaient de voir son frère se goinfrer. L'une des pires situations possible. Des enfants venaient de le voir. Jamais ils ne tiendraient leur langue. Ils allaient le raconter à tout le monde. Brûlée allait devoir les enfermer dans ses miroirs pour les faire taire à jamais.

Le plus grand leva un doigt vers son frère et, sentant son coeur se serrer, Brûlée allait intervenir pour le sauver d'une unième moquerie qu'il ne méritait pas, quand une goutte de salive s'écrasa sur le sol.

"Je peux en avoir ?"

Brûlée suivit la direction du doigt, cherchant à comprendre l'inintelligible phrase.

Du donut. Le petit voulait juste du donut. Brûlée papillonna des yeux, perdue. Son frère semblait également l'être puisqu'il ne réagit pas tout de suite.

"Qu'est-ce ?" Demanda innocemment la petite sur ses épaules.

"Je ne sais pas." Avoua le chapeau de paille. "Mais ça sent très bon !"

Le petit était barbouillé de bave, refusant de lâcher des yeux le demi-donut entamé par son frère. Hébété, l'homme rompit son donut en deux et en donna une part au petit garçon.

Luffy se jeta dessus, n'en épargnant qu'une poignée qu'il donna à son amie. Brûlée ne put s'empêcher de noter qu'avec sa bouche pleine, ce petit ressemblait trait pour trait à son frère quand il se goinfrait. Les mêmes joues surgonflées et le même grand sourire de bonheur que Brûlée appréciait tant. Cependant, si le garçon semblait adorer la sucrerie, la petite sur son dos tira la langue de dégoût. Elle préférait de loin les palourdes.

"Luffy." Appela-t-elle. "Je ne suis pas sûr que ce soient les grandes soeurs de Pu-chin. La femme aux gâteaux à l'air d'être un homme."

Qu'est-ce qui avait bien pu mettre la puce à l'oreille de Camie ? Sa part de sucre engloutie, Luffy, détailla le potentiel homme à la veste ouverte, dévoilant son torse surmonté d'abdos en béton. Il remonta son inspection jusqu'à la figure de l'inconnu. Il avait des cheveux brun coupé court, deux yeux rouges et un sourire agrandi de chaque côté par des cicatrices, alors que ses dents, trop longues, débordaient de sa bouche.

"La classe !" S'écria le chapeau de paille, pour la plus grande surprise des deux adultes. Ses yeux brillaient de mille feux à la vue du visage de l'homme. Car avec une telle coupe de cheveux, nul doute qu'il était un homme. "Puddy, tu aurais pu nous dire que tu avais un grand frère aussi cool et gentil !" Il tourna sa tête sur le côté pour regarder Pudding dans les yeux, mais ne vit que du vide.

Un grand vide.

"PUDDY !"

"PU-CHIN !"

Les deux enfants remarquèrent enfin la disparition de leur petite protégée.

"ON A PERDU PU-CHIN !" S'écria avec horreur Camie.

"PUDDY !" Cria Luffy avec désespoir. Plus rapide que l'éclair, il fit demi-tour et disparu dans la rue, appelant le nom de l'amie qu'ils avaient perdue.

Les deux adultes cachés dans la ruelle en restèrent sans voix.

"I-Il m'a qualifié de classe." Murmura l'homme, un morceau de donut toujours dans sa main. "S-Sans mon écharpe."

"Mais qui étaient ses enfants ?" S'inquiéta enfin Brûlée avant de se tourner vers son frère et d'apercevoir sa stupeur. "Grand frère Katakuri ! Ne reste pas comme cela ! Des gens vont te voir !"


Chiffon ressortie de la boutique de vêtements avec désespoir. Mais où étaient donc passées Lola et Pudding ? Chiffon avait juste eu le temps de tourner les yeux deux minutes et ses deux soeurs avaient disparu. Elle ne s'inquiétait pas vraiment pour Lola, mais elle avait promis à leur mère de surveiller Pudding. Si elle apprenait que Chiffon l'avait perdue, elle allait être sévèrement grondée. Et avec le nombre de ses frères et de ses soeurs qui se promenaient librement sur l'île, il y en aurait au moins un pour informer plus ou moins volontairement leur mère. Chiffon devait se dépêcher de les retrouver, sans éveiller les soupçons. À la vue de sa grande soeur Smoothie, Chiffon se réfugia dans un magasin, loin de son champ de vision.


"Merci pour votre achat !"

Des sacs pleins les bras de confiseries, Lola quitta le magasin avec un large sourire. Elle avait perdu Chiffon et Pudding quelque temps plus tôt, mais Lola n'était pas inquiète. Ses deux soeurs avaient dû aller dans une pâtisserie goûter quelques mets, et n'avaient pas besoin d'avoir Lola dans leurs pattes. Il fallait laisser Chiffon passer du temps avec leurs autres frères et soeurs. Elle n'avait de cesse de rester avec Lola, se sentant, en temps que jumelle, son ange gardien. Mais peut-être que quand Chiffon aura passé plus de temps avec leurs autres frères et soeurs, elle relâchera enfin son incommensurable attention de Lola. Celle-ci était assez grande pour se débrouiller toute seule. En plus, Pudding était vraiment une petite soeur adorable, Lola était sûre que Chiffon allait passer une splendide journée à ses côtés à parler desserts. À la place, Lola aperçut une queue de poisson qu'elle aurait facilement pu reconnaître entre mille.

"Praline !"

La susnommée, une demi-sirène requin-marteau, se retourna et sourit à la vue de sa soeur.

"Lola ! J'ai entendu dire qu'il y avait une boutique de bijoux près de la place publique. Mash y est déjà, tu veux venir ?"

N'en attendant pas plus, Lola se précipita à ses côtés.

"Oui, excellente idée ! J'ai acheté quelques bonbons, tu en veux quelques-uns ?"


Pudding était toute seule. Roulée en boule à côté d'un tonneau, elle essayait de devenir invisible.

Ses nouveaux amis l'avaient abandonnée. Ils n'avaient pas voulu d'elle. Quoi de plus normal, qui voudrait d'une horreur pareil avec trois yeux comme amie ? Elle était un monstre, et personne ne voulait d'elle. Ses larmes coulaient en abondance et Pudding n'avait plus l'énergie de chercher qui que ce soit. Mama allait être folle de rage, mais peut-être qu'au fond, elle allait être contente. Mama ne l'aimait pas vraiment après tout. Elle serait peut-être contente d'être enfin libérée de l'individu faible et pleurnichard qui peuplait son château. Peut-être qu'elle avait même demandé à Lola et Chiffon de l'en débarrasser.

Occupée par ses pleurs, Pudding n'entendit pas le bruit des chaussures à talons qui marchèrent vers elle et s'arrêtèrent à quelques centimètres.

"Petite ? Tu es perdue ?"

Coupée dans son chagrin, Pudding ne réfléchit pas et leva la tête vers l'inconnue face à elle, dévoilant malencontreusement son troisième oeil dans le processus.

Elle ne s'aperçut que trop tard de son erreur.

Mais l'étrangère ne laissa pas la moindre surprise tordre ses traits. Elle s'accroupit à la hauteur de la petite fille, plia un de ses bras et murmura :

"Un Fleur : Ojo."

Un troisième oeil apparu sur son front à l'exacte même place que celui de Pudding.

"Regarde, nous sommes pareilles." Sourit la jeune fille, sous les yeux exorbités de Pudding. "Tu n'es pas seule. Comment t'appelles-tu ?"

Choquée par la vue de quelqu'un enfin similaire à son reflet dans le miroir, Pudding buta sur ses mots.

"P-Pudding."

"Enchanté, Pudding." Lança l'étrangère sur un ton chaleureux. "Moi, je m'appelle Robin. Tu t'es égarée ?"

Pudding acquiesça doucement.

"J-J'ai perdue mes grandes soeurs p-puis j'ai rencontré deux enfants, m-mais je les ai perdus aussi." Avoua la petite fille en rougissant. Et elle avait osé prétendre à sa mère qu'elle était assez grande pour sortir se promener toute seule.

"Et à quoi ressemblent tes soeurs ?" Pressa la brune, décidée à aider cette enfant perdue.

"Elles sont grandes," réfléchit Pudding, les joues encore rosées par l'embarras, "elles ont des cheveux roses, et portent des robes."

"Ce sont des jumelles ?" S'intéressa Robin.

Pudding acquiesça.

"Et elles ont quatorze ans." Ajouta la petite.

Robin ferma ses trois yeux et resta immobile une minute, sous le regard curieux de la petite fille.

Quand Robin rouvrit les yeux, Pudding rougit de plus belle, troublée par le regard chaleureux que lui portait l'adulte.

"J'ai deux bonnes nouvelles." Annonça la brune. "Je pense avoir trouvé une de tes soeurs. Elle se trouve un peu plus loin sur la route, dans une ruelle à gauche. Et tu n'auras pas y aller seule, la cavalerie arrive."

"La cavalerie ?" Répéta Pudding, perdue.

À ces mots, deux enfants émergèrent en trombe.

"PUDDY !"

"PU-CHIN !"

Des larmes aux yeux, Camie sauta de son perchoir et s'écrasa sur la petite fille de quatre ans.

"PU-CHIN !" Pleura la sirène. "J'étais morte d'inquiétude ! Tu avais disparu ! Je te tiens maintenant. Je ne te lâcherais plus !"

"On ne te lâchera plus !" Assura Luffy en enlaçant les deux filles avec plusieurs tours de bras élastiques sous les yeux abasourdis de Pudding. Comment faisait-il cela ?! Mais, passé l'étonnement, les dernières larmes coulèrent de ses yeux.

Elle était ravie. Elle n'arrivait pas à le croire. Ils étaient revenus la chercher. Ils l'avaient cherchée. Ils s'étaient inquiétés. Touchée, Pudding se remit à pleurer.

Elle ne sut pas quand la gentille adulte avait disparu en silence, seulement qu'elle n'était plus là quand les enfants s'étaient finalement calmés.

"J-J'ai rencontré une adulte." Hoqueta Pudding après que Luffy et Camie l'aient relâchée. "E-Elle a dit qu'une de mes soeurs se trouvait—"

"On a retrouvé tes soeurs !" Coupa Camie en tirant sur le bras de Pudding pour la faire monter avec elle sur le dos de Luffy. "Elles sont juste à côté !"

Luffy laissa les deux filles grimper aussi bien que possible et repartit au pas dans la direction d'où ils étaient venus, tanguant dangereusement sur les côtés à cause des poids trop importants des filles sur son dos. Ils avancèrent dans la rue et partirent dans une ruelle à droite. Pudding ne sachant pas bien distinguer sa gauche de sa droite, supposa qu'il s'agissait bien de l'endroit indiqué par l'adulte.

"Au fait," lâcha Luffy entre deux respirations, épuisé, "tu aurais pu nous dit qu'une de tes soeurs était un frère super cool !"

Du haut de ses quatre ans, Pudding se mit à douter fortement des compétences des deux enfants qui l'escortaient.


"Robin, il ne faut pas rester par ici."

La brune, ses chaussures à talons résonnant sur les dalles, rejoignit son ami.

"Cet endroit est infesté d'enfants de Big Mom." Continua son compagnon. "Je n'ai pas quitté le navire de Père pour en côtoyer encore plus qu'à la maison ! Faisons rapidement nos courses et quittons cet endroit. Je vais passer un appel à une de mes soeurs pour lui demander où ils sont et on les rejoindra au plus vite. Il faut à tout pris que Père évite cette île. Et j'ai bien peur qu'il n'ait une raison d'y venir…"

Robin acquiesça et suivit son ami qui partait en direction de leur hôtel. Elle avait hâte de finalement rencontrer celui dont il ne cessait de parler.

Barbe Blanche était-il vraiment aussi gentil qu'il le prétendait ?


"Cent pour cent." Répéta Kid en marchant dans les rues. "Cent pour cent !"

"Et soixante pour-cent de chance d'y rester !" Rappela Apoo pour la unième fois. Pourquoi cette information semblait échapper au roux ?! Elle était vitale !

"Cent pour cent de chance, c'est peut-être parce qu'ils viendront pisser sur nos cadavres." Supposa Killer en avançant non loin de son capitaine.

"Cent pour cent." Chantonna Kid que plus rien ne pouvait atteindre.

"Et toi !" Cria Apoo en se tournant vers Hawkins. "Qu'attends-tu pour retirer tes cartes ?! Fais augmenter nos chances de survies !"

"Les cartes n'ont pas ce pouvoir." Annonça tranquillement le blond.

"Alors, soit plus précis !" Demanda Apoo. "Quand seront-elles au plus bas ?! Que pouvons-nous faire pour l'empêcher ?! Et pourquoi le suis-tu quand tu sais que nos chances sont aussi basses ?! Je croyais que tu étais raisonnable !"

"Les cartes ont assuré que ce serait intéressant." Répondit Hawkins sans détour.

"Intéressants ?!" Répéta Apoo, scandalisé. "Un volcan en éruption, c'est intéressant, mais je n'irai pas en voir un en action ! Et tes cartes peuvent te dire qu'une situation est intéressante, mais pas quand sauver notre peau ?!"

"Les cartes sont parfois capricieuses." Avoua Hawkins.

"COMMENT CELA, ELLES SONT CAPRICIEUSES ?!"

"Cent pour cent." Lança Kid. "Cent pour cent ! Autant dire que, si je ferme mes yeux," il s'exécuta, "quand je les rouvrirai, ils seront peut-être là." Il leva doucement ses paupières, le coeur empli d'espoir, et rencontra des yeux noirs comme la nuit au milieu d'un visage constellé de taches de rousseur bien connu.

"Tu ne pouvais pas t'empêcher de dévaliser un stand ?!" Hurlait un blond en haut de forme derrière lui.

"J'avais faim ! Qui a terminé les provisions du navire ?! Et tu t'es servi aussi !"

Chevauchant un être mi-homme, mi-poissons, deux des proies de Kid s'enfuyaient, poursuivit par les agents de l'ordre local.

"ILS SONT LÀ !" Hurla Kid, choqué, pour réveiller ses alliés. "ATTRAPEZ-LES !"

Avec ses compagnons, ils s'élancèrent à la poursuite des deux frères et de leur monture volante.

"Tu as terminé les provisions !" Renvoya Sabo en mordant à pleines dents dans une pomme volée. "Tu ne vas pas en plus te plaindre d'être maltraité !"

"Tu en as mangé une bonne partie ! Ne joue pas les innocents !"

"Bien sûr que j'en ai mangé !" Avoua Sabo. "Sinon, vous m'auriez laissé mourir de faim !"

"Pauvre chose !" Se moqua Ace.

"Je vais te mettre au régime, on verra qui est une pauvre chose ! Et à cause de tes bêtises, on s'éloigne de la piste de luffy !"

"Ce n'est pas moi qui ai cessé de donner les directions !"

"Je croyais qu'en tant que grand chef, tu donnais les ordres !"

"Alors, donne-moi la Vivre Card !"

"Hors de questions ! C'était mon idée et tu vas la perdre !"

"Les garçons !" Coupa Fukaboshi entre deux respirations, fatigué de courir depuis trop longtemps avec deux poids supplémentaires sur son dos. "Nous avons de nouveaux poursuivants !"

Ace et Sabo, interrompus dans leur dispute, se tournèrent vers l'arrière et purent admirer Kid, Apoo, Hawkins et leurs équipages qui les coursaient en plus des agents de l'ordre.

"J'AURAIS VOS PEAUX !" Hurlait le plus déchaîné d'entre eux, un rouquin avec des cicatrices.

"Encore ton fan-club ?" Demanda innocemment Sabo en détaillant les nouveaux arrivants. "Tu es vraiment populaire !"

"Tu es jaloux." Contra Ace en remettant ses lunettes de soleil sur son nez. "Tu ne pourras jamais le devenir en restant près de moi, ma perfection te fait de l'ombre."

"Tu voulais dire, ton égo. Et sans façon. Je ne ressens pas le besoin d'avoir des personnes traversant Grand Line pour venir me courser en plein jour. Et j'ai de gros doutes sur l'efficacité de ton plan."

"Tu as des remarques sur mon plan ? Tu voulais un plan, je t'en ai trouvé un ! Tu ne vas pas te plaindre par-dessus le marché ! En plus, je ne me souviens pas que tu aies proposé quoi que ce soit ! Tu n'as pas le droit de critiquer !"

"Tu devras avouer que nous avons quelques difficultés avec la partie discrétion." Assura Sabo en relevant ses lunettes de soleil. "Nous ne parvenons pas à semer nos poursuivants parce qu'il n'y a vraiment rien de plus facile que de suivre l'énorme cible que nous représentons. Et ne me sort pas ta splendide idée sur les lunettes de soleil, c'est poser un tapis sur une maison qui brûle."

"Au moins, ma maison partira avec classe !"

"Portgas D Ace, décorateur d'intérieur depuis dix ans ! En attendant, tu comptes styliser nos poursuivants pour les calmer ?"


Débouchant d'une artère principale, Cavendish brillait sur son nouveau cheval blanc. Il l'avait acheté à prix d'or, mais l'animal en valait la peine. Obéissant, la robe immaculée, les muscles bien développés, il était une monture de roi. Exactement ce qu'il sied à un homme de son rang. Il ne pouvait que se féliciter pour cet excellent achat. Maintenant, il fallait juste retrouver les roturiers qui l'accompagnaient dans sa quête pour pouvoir les sauver. Ils allaient être impressionnés par sa nouvelle allure. Et ils allaient enfin le respecter.

Un courant d'air le décoiffa, accompagné d'insupportables hurlements qui faisaient saigner ses oreilles depuis plusieurs jours.

Il les avait retrouvés. Moins discrets que jamais, les deux gosses se querellaient sur le dos du pauvre Fukaboshi qui filait pour leur sauver les fesses.

Cavendish pouvait encore faire demi-tour et partir sauver il-ne-savait-qui tout seul. Il pourrait ensuite revenir avec lui (ou elle), et le ou la présenter aux enfants. Il serait alors adulé, comme il se devait, et pourrait repartir avec dignité sur son cheval blanc, sous les ovations de la bande d'orphelins. Car nul doute que, si parents ils avaient, ces derniers les avaient abandonnés. Autrement, Cavendish n'osait imaginait quelles sortes de parents pouvaient élever de tels enfants.

Décidé à jouer aux héros solitaires, il tira sur les rênes de son cheval et admira les nombreuses possibilités de chemins qui s'offraient à lui.

Mais où pouvait être il-ne-savait-qui qui avait probablement été kidnappé il-n'avait-pas-la-moindre-idée-d'où ?

Face à ce léger manque d'informations, Cavendish tira rapidement sur la bride de son cheval et le frappa de ses talons pour l'envoyer à la poursuite des deux mégaphones ambulants qui s'avéraient malencontreusement nécessaires pour sa quête.


"Ace !" Cria joyeusement Sabo, en regardant la foule de ses poursuivants. "Tu as un nouveau fan ! Et un riche ! Il a un cheval !"

Le brun se retourna et détailla l'attroupement qui ne manquait pas d'énergie.

"Lequel ?"

"Le blond, sur la droite." Indiqua Sabo en le pointant du doigt. "D'ailleurs, il se rapproche. La prochaine fois, prenons plutôt un cheval, les princes ne courent pas si vite que cela finalement."

"ILS NE SONT PAS CENSÉS COURIR !" Tonna Fukaboshi, à bout de souffle.

"Ils devraient." Commenta Ace. "C'est très utile."

"Blond à deux minutes !" Informa Sabo.

"On en a déjà un, mais je ne suis pas opposé à un échange." Avoua le propriétaire du Mera Mera no Mi.

"Tu veux m'échanger ?!" Se retourna le haut-de-forme avec colère.

"Lui, il a toutes ses dents."

"C'est Cavendish !" Reconnu Fukaboshi en un regard avant de ralentir à cause de la fatigue.

"Ca-qui ?" Demanda Ace en fronçant les yeux. "Un ami à toi ?"

"J'ai déjà entendu ce nom quelque part." Réfléchis Sabo en détaillant l'individu. "Et sa tête me dit quelque chose."

"C'est le garçon qui a voyagé avec nous !" S'exclama Fukaboshi avec abasourdissement. Les humains n'avaient quand même pas une mémoire aussi courte !

"Oui !" Reconnut Sabo en frappant du poing dans la paume de sa main. "LE plus grand fan d'Ace !"

"JE NE SUIS PAS FAN DE LUI !" Hurla Cavendish, à portée d'oreilles.

"Tu voulais être seul avec lui, alors si tu n'es pas son fan…" Sabo mordit sa lèvre inférieure avant de se tourner avec un grand sourire et les joues rosées vers son frère. "Ace, je crois que tu as une touche !"

"QU'EST-CE QUE TU INSINUES ?!" Hurlèrent les deux garçons avec colère.

"Et pourquoi tous ces gens vous poursuivent-ils ?!" Continua Cavendish en arrivant à leur hauteur.

Les deux frères haussèrent les épaules.

"Aucune idée."

"On pense," commença Sabo, "que les gens en uniforme nous en veulent pour avoir volé quelques denrées. Mais pour les adolescents, aucune idée. Ils sont apparus soudainement, peut-être voulaient-ils faire de l'exercice ?"

"Vous avez dévalisé des étales ?!" Comprit Cavendish. "MAIS BIEN SÛR QUE C'EST POUR ÇA QU'ILS VOUS POURSUIVENT ! Et je ne crois pas un mot de cette histoire d'exercice !"

"Demandons-leur." Proposa Ace en se tournant vers l'arrière et en mettant ses mains en haut-parleur. "LES GENS BIZARRES, LA TOUFFE ROUGE ET SES COPAINS, POURQUOI VOUS NOUS COURREZ APRÈS ?"

"ON N'EST PAS BIZARRES !" Se défendirent les adolescents.

"TU NE NOUS RECONNAIS PAS ?!" S'énerva leur chef. "J'AVAIS PROMIS QUE JE TE TUERAIS !"

"Me tuer ?" Répondit Ace. "Est-ce Dadan qui t'envoie ?"

"Qui est Dadan ?" Plissa des yeux Kid. "TU AS OSÉ M'OUBLIER ?!"

"Et pourquoi étais-tu parti ?" Demanda Sabo à Cavendish, en ignorant la discussion en parallèle de son frère. "Tu aurais pu prévenir !"

"Mais, j'ai prévenu !" S'indigna Cavendish. "Je vous ai dit que je partais me trouver un cheval, vous ne m'avez pas écouté !"

Sabo enfonça un doigt dans son nez.

"Si tu le dis."

Quel malappris, grimaça Cavendish à sa vue.

"POUR ME TUER, IL FAUT PRENDRE UN TICKET !" Annonça Ace pardessus son frère.

"Tu n'as pas l'impression d'exagérer ?" Commenta Sabo avec calme.

"NE CROIS PAS QUE TU VAS T'EN SORTIR COMME ÇA !" Hurla Kid.

"Il est collant !" Nota le brun avec exaspération. "Le revers de la perfection. Combien de temps avec qu'il ne s'écroule de fatigue ?"

"Je dirais cinq bonnes minutes." Estima Sabo. "Devrait-on lui lancer des objets à la figure ?"

"Mes poches sont vides." Remarqua Ace en montrant le tissu de l'intérieur.

"J'ai bien un trognon de pomme." Proposa Sabo en se tournant. Il visa, lança et rata sa cible. "Mince, j'y étais presque ! Dommage. Adieu Ace ! Je prendrais soin de Luffy quand tu seras mort."

"TU AS FAIT EXPRÈS DE LE MANQUER !" Accusa Ace avec horreur.

"Tu n'as aucune preuve !" S'indigna Sabo. "Et qu'y gagnerais-je ?!"

"Luffy pour toi tout seul !" Clama son frère. "Égoïste !"

"Vraiment ?" S'étonna Sabo. "C'est léger comme argument. Pourtant, les raisons ne manquent pas." Il leva sa main. "Je pourrais enfin être tranquille." Il leva un doigt. "Je n'aurais plus peur que les réserves soient vidées avant que je n'arrive à table." Deuxième doigt. "Je ne serais plus poursuivi sans raison dans les rues." Troisième doigt. "Je ne serais plus invité à des opérations de sauvetage clairement suicidaires." Quatrième doigt. "Je n'en—"

"On a compris !" L'arrêta Ace.

"Mais je ne suis pas encore passé à ma deuxième main !" S'indigna Sabo. "J'avais encore plein de raisons à revendre !"

"Liste plutôt les raisons qui auraient dû te pousser à le toucher ! Liste ce que tu viens de perdre !"

Sabo regarda Ace comme si une deuxième tête lui avait poussé.

"Quelle liste ? Je n'avais rien à perdre !"

"Moi !" S'exclama Ace. "Tu pourrais me perdre moi à cause de ton tir loupé !"

Sabo cligna des yeux.

"Oui, je sais. J'allais le mettre dans ma liste des bienfaits. En fait, ma liste des bienfaits était la liste de tout ce que je gagnais si je te perdais malencontreusement."

"Tu veux te débarrasser de moi ?!"

"Jamais ! Je n'ouvrais que l'hypothèse d'un regrettable accident."

"Tu—"

Un énorme choc coupa Ace dans sa phrase. Une tête venait de s'enfoncer dans les dalles non loin d'eux.


"Elles ont bougé !" Remarqua Camie avec une petite moue en observant l'absence des deux adultes qu'ils avaient croisés plus tôt.

"Je peux peut-être les suivre à l'odeur." Proposa Luffy en gonflant ses narines pour retrouver le parfum des donuts. Il inspira très fort et suivit la meilleure odeur qu'il trouva. Il marcha quelques mètres, donnant plein d'espoirs à Camie, avant de devoir s'arrêter devant un vieil homme appréciant des Churros. Les yeux rivés sur la nourriture, Luffy s'avança vers lui, abandonnant ses recherches.

"Je pourrais en avoir ?" Demanda-t-il, de la bave coulant sur son menton.

"Ce n'est pas très poli de s'adresser ainsi à un vieil homme." Rabroua l'inconnu.

Se rappelant soudainement ses leçons, surtout qu'elles pouvaient lui rapporter de la nourriture, Luffy se redressa et, le regard sérieux, sa salive inondant le haut de son tee-shirt, il demanda :

"Pourrais-je goûter, s'il vous plaît, monsieur ?"

Le vieil homme dégusta ostensiblement un Churro pour punir sa grossièreté, puis baissa son regard sur les trois petits enfants.

"Jeune impertinent, je t'excuse." Il piocha un des bâtons et le rompit en trois morceaux qu'il distribua aux trois amis.

Luffy se jeta sur son morceau.

"Merci, monsieur !" Remercia joyeusement Camie en attrapant le sien.

Pudding fut plus timide et n'accepta sa part qu'après que le vieil homme ait insisté pour qu'elle y goûte également. Il ne sembla même pas faire attention à son troisième oeil.

"Je m'appelle Chinjao." Se présenta ensuite le vieil homme. "Je suis venu avec mes petits enfants, mais je crois que nous avons été séparés."

Il se gratta le crâne avec gêne. Il était un peu vieux pour se perdre.

"Et vous ? Que faites-vous tout seul ?"

Le menton plein de sucre, Luffy cessa de fixer le paquet encore bien rempli du prénommé Chinjao.

"On recherche les soeurs de Puddy."

La susnommée, rouge de honte, se cacha davantage derrière le chapeau de paille, essayant de passer inaperçue.

"Vous êtes donc perdus aussi !" Sourit Chinjao. "Voulez-vous vous joindre à moi ? Nous pourrions les chercher ensemble. À quoi ressemblent tes soeurs, Puddy ?"

"C-C'est Pudding." Murmura la petite en se cachant derrière l'élastique.

"D'accord, Pudding." Répondit gentiment le grand-père. "Et donc, à quoi ressemblent tes soeurs ?"

"Grandes, cheveux roses, deux yeux." Énuméra la petite, habituée.

"Voilà qui devrait être visible, bien que mes vieux yeux ne soient pas aussi efficaces qu'ils l'avaient été."

"Et toi, grand-père ?" Demanda Camie avec une petite voix, ses bras encerclant le cou de Luffy. "À quoi ressemblent tes petits-enfants ?"

"Mes petits-enfants ?" Réfléchit Chinjao en se tournant vers le ciel. "Le plus grand est brun, et encore trop faible pour hériter de notre flotte. Le deuxième est roux, avec des cheveux longs, et mord souvent la poussière."

D'une main, il attrapa l'avant-bras de Luffy qui s'était approché trop près de sa réserve de Churros.

"Ce n'est pas très poli." Nota-t-il. "Tu es vraiment un garçon mal élevé. Quel est ton nom ?"

"Il s'appelle Luffy !" Piailla Camie en lui coupant la parole. "Et je m'appelle Camie !"

"Luffy, donc." Mémorisa Chinjao en lui relâchant le bras. "Pourquoi portes-tu cette jeune fille sur ton dos ?"

"Parce que je suis une sirène !" Lança Camie avec joie. "Ma queue m'empêche de marcher sur la terre ferme, mais j'ai de super écailles qui brillent !"

Pour illustrer sa déclaration, elle dégagea un morceau de sa queue du tee-shirt sous les yeux exorbités de Pudding.

L'un avait des bras qui s'allongeaient et l'autre était mi-poisson comme certaines de ses soeurs aînées. Peut-être était-ce pour cela qu'ils n'avaient pas été choqués outre mesure par son troisième oeil.

"Effectivement."

Peu intéressé par les écailles de poissons, Chinjao se leva, dominant les enfants de plusieurs mètres.

"Nous devrions y aller, il va commencer à se faire tard."

Il se pencha, attrapa les enfants avec ses mains, et les posa sur ses épaules.

"Faites attention à ne pas tomber." Prévint-il. "Et surveillez bien les alentours, que nous ne rations personne."

Et il se mit en marche avec ses trois nouveaux locataires qui ne pesaient pas plus que des plumes à ses yeux.


"Je n'arrive pas à croire qu'on l'ait perdu." Avoua Sai. "Papy fait dans les cinq mètres. Qui pourrait passer à côté d'un tel géant sans le voir ?"

"Nous, apparemment." Commenta son petit frère, Boo. "D'ailleurs, grand frère, techniquement, est-ce lui qui est perdu, ou nous ?"

"Je dirais lui." Décida Sai. "Mais il ne faudra pas lui répéter. Essayons de demander de l'aide aux passants, ils l'ont probablement vu."

"Je veux bien," accepta Boo, "mais ils s'enfuient dès que je m'approche."

Sai et Boo, deux frères anormalement grands grâce à leurs gènes familiaux, armés jusqu'aux dents comme il se devait pour tout bon guerrier, étaient incapables d'interpeler qui que ce soit sans qu'il ne prenne ses jambes à son cou pour une raison obscure.

"Devrait-on les menacer avec une lance pour les empêcher de se sauver ?" Proposa Boo.

"C'est une très mauvaise idée." L'arrêta Sai. "Nous venons avec des intentions pacifiques dans ce pays, tâchons de le montrer dans nos actions."

"Mais comment allons-nous retrouver Papy alors ?"

Sai devait avouer qu'il n'avait pas la réponse à cette question. La ville était assez grande et ils n'avaient pas la moindre idée d'où leur grand-père pouvait bien être. Ils pouvaient toujours rentrer au navire, mais l'équipage découvrirait qu'ils n'étaient pas plus matures que des enfants de quatre ans. Qui parvenait à perdre la tour humaine que représentait Chinjao, à leurs âges ?

Pendant que Sai était perdu dans ses pensées, une petite main agrippa son pantalon.

"Monsieur ? Vous cherchez quelqu'un ?"

À ses pieds se trouvait une petite fille à la robe violette avec un noeud jaune dans les cheveux. Pourquoi n'avait-elle pas peur de l'approcher ? Qu'importait, Sai avait besoin d'aide. Il plia une jambe et se baissa à son niveau.

"Bonjour, petite. Oui. Nous avons perdu notre grand-père. Il est vraiment très grand avec un crâne rond chauve et une longue barbe blanche. L'aurais-tu vu ?"

La petite sauta sur place.

"Oui ! Il se promenait près du marchand de Churros !"

"C'est vrai ?!" S'exclamèrent les deux frères, surpris.

"Tu pourrais nous y emmener ?" Demanda précipitamment Sai, sautant sur l'occasion.

La petite fille hocha vivement la tête.

"Bien sûr ! Suivez-moi !"

Elle attrapa la main pendante de Sai et se mit en route.

"Je m'appelle Baby 5." Se présenta la jeune fille.

"E-Enchanté." Répondit Sai, étonné par l'assurance de l'enfant qui ne semblait pas les craindre. "Moi, c'est Sai. Et lui, c'est mon frère Boo."

"Enchanté, grand frère Sai, grand frère Boo." Sourit la petite.


"Vous ne voyez toujours rien ?" Demanda Chinjao, la chemise humide à cause de la salive de Luffy, plus occupé à fixer ses Churros qu'à observer les alentours.

"Non, rien." Gémit Camie en agitant sa queue. "Pourtant, tu es très grand Papy. Je vois très loin d'ici !"

Sa remarque amusa le vieux barbu.

"Tu sais, jeune fille, il fut un temps où j'étais encore plus grand."

"Plus grand ?!" S'exclamèrent les enfants, abasourdis.

"Tu pouvais dépasser notre roi ?" Demanda Camie, sa queue frétillant sous l'excitation.

"Je ne sais pas." Avoua Chinjao en se touchant le crâne. "Mais je pouvais tout briser avec ma tête !"

Les yeux de Luffy se mirent à briller de mille feux.

"Tu pouvais casser de la pierre ?"

Chinjao rit.

"Aisément ! Dans le métier, j'étais appelé Don Chinjao Le Trépan. Rien ne pouvait résister à mon crâne."

Luffy étincelait de mille feux. Devenir le plus fort en tabassant tout le monde avec sa tête, un rêve ! Sabo et Ace ne pourraient plus lui reprocher de ne pas l'utiliser assez.

"Enfin, presque rien." Avoua Chinjao avec aigreur.

"Que s'est-il passé ?" Demanda doucement Pudding, les mains agrippées à Camie pour ne pas tomber.

"Garp La Poigne." Gronda Chinjao. "Cet homme a détruit ma vie. Son coup de poing m'a défiguré, me privant de ma pointe et me retirant l'accès à mon trésor."

Chinjao revoyait la montagne d'or, emprisonnée dans les incassables glaces d'Arctique. Ses multiples tentatives infructueuses pour rouvrir un chemin vers ses richesses infinies. Son crâne avait fini en sang, mais rien n'y pouvait. Sans sa pointe, Chinjao n'était plus qu'un infirme. Il n'était plus le monstre sanguinaire et redoutable qu'il était autrefois. Garp lui avait volé non seulement son trésor, mais sa vie. Il avait dû se résoudre à quitter la piraterie. Mais Garp lui payera.

"Les coups de Papy font vraiment mal." Grimaça Luffy en tirant la langue. Il n'aurait pas été étonné que son crâne aussi soit brisé sous un de ses 'poings de l'Amour'.

"Papy ?" Répéta doucement Chinjao, le visage grave. Il tâcha de garder son contrôle.

Il avait dû mal comprendre.

"Dis-moi, petit, serais-tu assez aimable pour me répéter ton nom, s'il te plaît ?"

Le chapeau de paille sourit.

"Je m'appelle Luffy ! Monkey D Luffy ! L'homme qui deviendra le Roi des pirates !"

"Monkey D Luffy ?" Répéta Chinjao avec fureur.


Haruta leva sa tasse délicatement, profitant de son arôme qui se dissipait dans les airs.

"Quel bonheur." Soupira-t-elle avec joie, étendue dans sur une chaise longue, sur le pont principal. "Vous entendez ?"

Curiel essaya de tendre l'oreille pour comprendre de quoi sa soeur parlait.

"Non." Avoua-t-il à contrecœur.

"Exactement." Sourit Haruta en s'étalant davantage sur sa chaise. "Il n'y a pas de bruit. Seulement du silence. Rien que du silence."

"Ce serait le cas si tu arrêtais de parler, yoi." Critiqua Marco en arrivant, les mains dans les poches.

"Vous imaginez," continua Haruta en ignorant la pique de son frère, "que cela pourrait être tous les jours ?"

"À moins de balancer Vista et Thatch par-dessus bord, j'en doute." Avoua Fossa en fumant un cigare, des biscuits entre les mains.

"Non, effectivement." Concéda Haruta. "Mais, nous ferions un grand pas dans la bonne direction en arrêtant de voguer vers la direction indiquée par trois pauvres petits bouts de papier."

"Tu veux dire, si on ne va pas récupérer les gosses, yoi." Traduisit Marco en se posant à côté de Fossa et en piochant quelques gourmandises dans un saladier posé près d'eux.

"Entre autres." Avoua la jeune pirate. "Mais pesez donc le pour et le contre. Nous voulions ramener les enfants chez eux, donc, ils n'auraient plus été sur notre navire. Dans le fond, qu'est-ce que cela change qu'ils soient perdus quelque part dans le Nouveau Monde ou chez leurs parents ?"

"Pour eux, probablement la vie." Réfléchit Kingdew, tourné vers la mer, en croquant dans une biscotte.

"Mais pour nous, rien !" Recadra Haruta en s'agitant sur son transat. "Alors, pourquoi prendre la peine de les transporter ?"

"Pour la tranquillité d'esprit de Père ?" Tenta Fossa en soufflant la fumée contenue dans ses poumons.

"LE GOÛTER !" Hurla Thatch en apparaissant magiquement à côté du saladier rempli de confiseries. "Je n'avais donc pas rêvé de sa création !"

"Ce n'est pas toi qui l'avais préparé ?" S'étonna Kingdew en le regardant d'un mauvais oeil.

"Non !" Lança Thatch en monopolisant la source de sucre. "J'ai juste prévenu mon second qu'on était tombés d'accord pour en faire un, en échange d'assiettes pleines de légumes au dîner, mais comme Marco m'avait épinglé pour faire ma paperasse, je n'ai pas pu aider à sa préparation !" Il coinça plusieurs gâteaux entre ses dents. "Il n'y a que ce petit saladier au goûter ? C'est un peu léger."

Haruta se redressa.

"Quelles assiettes de légumes ?"

"Oui, il n'y a que ça pour les commandants, yoi." Fusilla du regard Marco. "Alors, laisses-en pour les autres."

"Il y a des rations commandants ?" S'étonna Curiel.

"Tu sais," commença Thatch en regardant sa soeur, plusieurs morceaux de chocolats entre les dents, "les légumes en échange desquels j'ai autorisé les goûters. Tu te souviens ? Ce soir, c'est endive-épinard."

"Pour quelqu'un qui s'est avidement battu contre l'instauration du goûter, tu en manges une grande partie, yoi." Accusa Marco.

"Je vérifie le travail de mes troupes, comme tout bon commandant." Annonça Thatch hautainement en plongeant une autre main dans le saladier.

"Je n'ai pas signé pour des légumes !" Se défendit Haruta avec force.

"Tu sais, avec un peu de chance, ils te feront grandir." Critiqua Fossa.

"Pourquoi de commandants ?" Répéta Curiel. "Les autres ne peuvent pas en manger ?"

"Après discussion avec les troupes," expliqua Marco, "ils ont demandé à ce que les commandants montrent l'exemple. Ils ont hâte de voir nos belles assiettes vides à la fin du repas."

"Mais je refuse de manger des légumes !" Hurla Haruta.

"Je ne comprends pas ce que tu leur reproches." Avoua Thatch, des miettes de gâteau sur son tee-shirt. "C'est très bon pour la santé."

"Les pirates, les vrais, mangent de la viande !" Assura Haruta avec les yeux enflammés. "Les légumes sont pour les infirmières !"

"Non, les légumes sont pour tout le monde." La coupa Marco. "Et tu nous feras une démonstration ce soir."

"On doit manger le même poids en légumes que ce qu'on a mangé en gâteaux ?" Demanda Kingdew.

"Et si on recrache ?" Proposa Haruta sournoisement.

"J'ai compris !" S'exclama soudainement Curiel. "Haruta déteste les gosses parce qu'ils lui volent sa position de bébé de la famille !"

"QUI EST LE BÉBÉ DE LA FAMILLE ?! Je suis commandante, moi, d'abord !'

"L'un n'empêche pas l'autre." Commenta Fossa en posant son cigare entre ses dents.

"Je m'inquièterais un peu pour notre famille dans ce cas." Avoua Kingdew.

"Thatch est commandant, yoi. Tu es en droit de t'inquiéter." Ironisa Marco en volant un morceau de biscuit dans la main de Fossa.

"C'est méchant !" Se défendit mollement le commandant à la pompadour, étalé sur les planches. "Et cette madeleine est très bonne. Il faudra que je demande sa recette."

"C'est pour ça que tu nous voles notre goûter ?" S'exclama Kingdew. "Pour faire tes courses de recettes ?"

"On les fait comme on peut." Se défendit Thatch en croquant dans une mini-gaufre. "Je vous ai déjà raconté comment j'ai trouvé ma recette de thon aux amandes ?"

"Non, et on s'en fiche, yoi !" Lança Marco.

"Vous vous éloignez du point important !" Rappela Haruta, horrifiée. "Nous n'avons pas fini de discuter des légumes ! Je refuse de voir l'ombre d'une end—"

*Pouloupouloupoulou* *Pouloupouloupoulou** Pouloupouloupoulou*

"On t'appelle." Remarqua aimablement Marco en sortant une pomme de sa poche.

Étonnée, Haruta fouilla dans ses poches à la recherche de son denden mushi portatif. Qui pouvait bien l'appeler ? La portée de ces escargophones était assez lointaine, mais restait quand même cantonnée à un périmètre négligeable au vu de la taille de Grand Line. Sûrement un de ses hommes qui était trop flemmard pour traverser la Moby Dick et venir l'importuner en personne. Énervée à cette idée, elle sortit l'escargophone et décrocha.

"Allô ?" Demanda-t-elle aigrement.

"Haruta ?" Répondit le correspondant à l'autre bout du fil.

Reconnaissant immédiatement la voix, Haruta sauta de son transat et fila loin du pont plus rapidement que si une guêpe l'avait piquée.

"Que lui arrive-t-il ?" Demanda Thatch.


Chinjao attrapa Luffy avec rage et le jeta à terre.

"Ne me dis pas que tu es le petit-fils de cette crapule !"

L'élastique se releva, surpris. Camie et Pudding tanguaient dangereusement sur l'épaule du vieillard qui ne faisait plus d'efforts pour se tenir droit et leur offrir une certaine stabilité.

"Un sale gosse si mal élevé, j'aurais dû le deviner !" Fulmina le vieillard pendant que son crâne devenait noir. "Tu vas payer pour les crimes de ton grand-père !"

Sans réfléchir davantage, il sauta tête la première sur l'élastique, éjectant dans le processus Camie et Pudding qui roulèrent au sol.

Luffy esquiva juste à temps, formé par des années d'attaques en traitre de la part de son grand-père. Il pu admirer la prestigieuse force du vieil homme qui creusa un immense trou dans le sol avec son crâne. Luffy en avait le sang gelé.

"COURS !" Hurla Camie, à peine remise de sa chute. "Je m'occupe de Pu-chin ! FUIS !"

Déjà, Chinjao se relevait, conscient qu'il avait manqué sa cible.

"Je reviendrais vous chercher !" Promit Luffy en effectuant un demi-tour et en prenant ses jambes à son cou pour fuir la menace.

"Tu ne reviendras jamais." Murmura Chinjao en prenant appui sur ses jambes. "Parce que je vais te tuer avant ! GARP ! REGARDE-MOI TUER TON PETIT FILS !"

L'ancien pirate effectua une autre attaque, mais sa portée fut à peine trop courte. Le chapeau de paille n'attendit pas plus de motivations et disparus aussi vite qu'il le pouvait.

Camie, voyant son véhicule et ami disparaître au loin, attrapa la main de Pudding.

"Il faut aller chercher de l'aide ! Allons chercher Surume !"

"Q-Qui est Surume ?" Balbutia Pudding, choquée par les évènements.

"Un très bon ami à nous !" Assura Camie en s'étalant sur le sol pour ramper. "Si tu es fatiguée, tu peux monter sur mon dos. Il va falloir courir !"

Pudding regarda sa nouvelle amie s'agiter sur le sol, tâchant vainement d'avancer à la force de ses bras. Même en traînant ses soeurs dans un chariot, Pudding aurait été plus rapide.

"Je vais plutôt marcher."


Viola avait pris un couteau. L'adolescent était menotté au trône de coeur, il ne pouvait rien lui faire. Elle utilisa un des nombreux passages secrets du château dont la famille Don Quichotte ignorait l'existence et infiltra la Salle des Trônes. Elle s'avança sur la pointe des pieds dans la pièce, une maigre chandelle à la main pour s'assurer que son travail serait bien fait. Elle avait beaucoup réfléchi et sa conclusion lui arrachait le coeur. Mais elle ne pouvait laisser l'adolescent vivre. Même si elle essayait de l'aider à s'échapper, les chances qu'il y parvienne étaient infimes. Doflamingo pouvait contrôler tout ce qui se passait sur l'île. Or, entre le moment où elle aurait détaché l'adolescent et le moment où l'un des sbires de Doflamingo s'en apercevrait dans le pire des cas, il n'y avait pas assez de temps pour atteindre la mer. Et ce serait la seule chance de Viola. Doflamingo comprendra aisément qu'elle les avait trahis et mettra un terme à sa vie. Son seul espoir était que son père, qui avait échappé aux radars du capitaine corsaire, ne soit jamais retrouvé et que Doflamingo ne puisse l'exécuter.

Des larmes aux yeux, elle s'approcha à pas de chat du fauteuil de coeur. Devait-elle se suicider après avoir tué l'adolescent ? Pouvait-elle espérer s'enfuir et disparaître ? Mais si Doflamingo l'attrapait, il lui ferait subir les pires tortures avant de l'achever. Sûrement fallait-il mieux en finir soi-même.

"Tu as un manque incroyable de discrétion." Lança le prisonnier. "Mais ne t'inquiètes pas, j'ai connu bien pire."

Viola s'arrêta, surprise et terrifiée. Elle n'avait pas prévu de parler avec le condamné. Elle ne voulait pas lui parler. Si son cerveau enregistrait qu'il s'agissait d'une personne vivante, jamais elle ne pourra lui trancher la gorge. Les mots de sa soeur Scarlett lui revinrent en mémoire, mais Viola se dépêcha de les chasser. Si le sang ne coulait pas ici et maintenant, beaucoup plus allaient couler dans l'avenir. Une fois immortel, Doflamingo pourrait asservir leur pays pour l'éternité. Sans parler du pouvoir qu'il allait obtenir avec le temps. Il finira certainement par dominer le monde. Viola ne pouvait pas laisser cela arriver.

"Tu es venue me tuer, jeune princesse ?" Continua le prisonnier, se sentant étrangement loquace. Pour une fois, il pouvait parler librement. Il ne craignait pas la jeune fille. Elle ne voulait que le bien de son royaume. Et si, ce jour fatidique où Corazon était mort, il n'était pas allé demander de l'aide au seul marine pourri du lot, elle ne serait pas là. Elle ne serait pas là à essayer de l'approcher dans le dos pour le faire taire à jamais, avant de le suivre dans la tombe.

Le couteau glissa entre les doigts de Viola et atterrit sur le sol dans un bruit métallique.

"Comment le sais-tu ?"

"Que tu es la princesse ou que tu es venue me tuer ?" Demanda l'adolescent.

Face à l'absence de réponse, il en déduisit qu'il devrait expliquer les deux.

"Assez facile. Tu es rentré par l'arrière de la salle où ne se trouve aucune porte. Tu as donc dû utiliser un passage secret. Or, seule la famille royale de ce pays les connaît. Doflamingo vient juste d'arriver et ne s'est probablement jamais intéressé à leur existence. Il se croit assez puissant pour pouvoir affronter quiconque viendrait le défier sans avoir à se cacher dans des murs. De plus, si tu as senti le besoin de l'utiliser, c'est que tu viens sans sa permission et certainement pour faire quelque chose qui lui déplaira. Et, ce qui lui déplairait beaucoup, ce serait ma mort qui ne lui apporterait pas son immortalité. N'ai-je pas raison, princesse ?"

Il avait raison. Des larmes coulèrent sur ses joues. Après avoir entendu sa voix, elle se rappela que cette personne existait. Comment avait-elle pu être si froide et calculatrice en prévoyant sa mort ? Elle s'en voulait. Mais l'avenir de son royaume reposait sur sa mort. Elle le tuera, mais en le considérant comme un humain.

"Comment t'appelles-tu ?"

"Trafalgar Law."

"Je tâcherais de m'en souvenir." Assura Viola. Pour le temps qui lui restait à vivre.

Décidant de faire un bon travail, elle s'avança jusqu'au fauteuil, en fit le tour et se plaça face à sa victime. Elle l'avait déjà vu grâce à son pouvoir, mais le voir en face lui fit un choc. Elle sentait tout le poids de sa décision. Mais Law ne réagissait pas comme elle s'y attendait. Il n'était pas effrayé. Il la regardait avec férocité.

Viola sentit des larmes couler sur ses joues.

Elle essaya de lever son couteau, mais s'aperçut qu'elle l'avait perdu en chemin. À son regard qui s'égara vers l'endroit où se trouvait l'ustensile, Law comprit ses pensées. Mais il n'était pas d'accord.

Il avait voulu vivre. Puis, sachant sa mort inévitable, avait décidé d'emporter le plus de monde avec lui. Mais Corazon l'avait sauvé et était mort. Law allait mourir ici, il le savait. Il n'avait aucune chance de quitter vivant les parages de Doflamingo. Mais la princesse qui venait de s'introduire en douce dans la salle avait fait évoluer ses perspectives. Il allait mourir, soit, mais il comptait bien emporter Doflamingo avec lui.

"Abandonne le couteau."

Il allait faire les choses en grand. Il allait utiliser la bonne vieille méthode. Il était presque triste que ses compagnons de voyage ne soient pas là pour le voir faire.

"Rapporte-moi des explosifs."

La princesse le regarda avec des yeux ronds comme des soucoupes. Il ne pouvait pas être sérieux.

"Quand Doflamingo reviendra faire le malin, je vais lui arracher son sourire." Une immense joie malsaine se répandit sur son visage. Il allait lui faire payer.

Viola recula, effrayée.

"T-Tu ne comptes pas…"

"Me faire exploser ?" Développa Law. "Depuis des années. Il est enfin temps de le faire."

La princesse amena une main à son visage, effarée par ce qu'elle entendait. Elle avait rêvé qu'il accepte sa mort, comprenant ce que cela signifiait. Mais jamais, ô grand jamais, elle ne l'avait imaginé volontaire et prêt à utiliser cette possibilité pour entraîner Doflamingo avec lui.

"Ne traîne pas là." Conseilla Law en la voyant s'éterniser. "Doflamingo pourrait arriver à n'importe quel moment."

Encore sous le choc, Viola accepta. Elle se dépêcha de filer, ramassant son couteau au passage pour ne laisser aucune trace de sa présence là. Mais, avant qu'elle n'atteigne le passage, elle entendit Law lui demander une dernière faveur.

"Il y a, quelque part dans ce château, deux imbéciles que Doflamingo prend pour mes amis. Je te les confie."

Les pupilles de Viola s'étrécirent. Elle n'y avait pas songé. Elle avait oublié ces deux otages, mais aussi, et surtout, que si Law parvenait à se faire exploser avec Doflamingo et ses lieutenants qui seraient sûrement dans les parages, Viola pourra vivre. Personne ne viendra l'assassiner pour venger le capitaine corsaire.

Sur cet espoir, elle disparut dans le passage secret.

Law ne savait pas ce qui lui avait pris. Il se fichait du sort des deux timbrés et se sentait moins seul à l'idée qu'ils allaient périr ensemble. Mais il fallait croire que leur petite aventure ensemble lui avait fait plaisir, et qu'il les appréciait presque. Un peu comme Baby 5 et Buffalo. Law avait surtout de la pitié pour eux. Ce n'étaient que des enfants au mauvais jugement qui avaient suivi le premier adulte qui semblait pouvoir les accepter. Il aurait peut-être aussi dû les confier à la princesse. Elle semblait être une bonne personne. Elle le fera sûrement d'elle-même.

Law n'avait plus qu'à attendre les explosifs qui le rapprocheraient de sa fin.


"Je ne suis pas responsable de ce que Papy t'a fait !" S'écria une voix que Sabo et Ace connaissaient très bien. "Et moi aussi, il m'a frappé ! Je n'ai jamais essayé de tuer quelqu'un pour autant !"

Derrière Ace et Sabo, jonchés sur Fukaboshi, un petit élastique apparu, dans la zone sans foi ni loi qui les séparaient de leurs poursuivants. Trop préoccupé par sa vie pour les remarquer, Luffy courut vers une autre ruelle, tâchant de s'éloigner le plus possible du cinglé à sa poursuite.

"Il va payer ! Je vais lui faire comprendre ma détresse !" Assura Chinjao en sortant son crâne de terre. "Arrête de bouger, saleté de petit-fils de Garp !"

"LUFFY !" S'écrièrent ses deux frères en comprenant en un éclair la situation.

"Une autre des cibles !" Alerta un des hommes de Hawkins en reconnaissant le chapeau de paille caractéristique du petit élastique.

Mais Luffy n'entendait personne. Toute son attention était focalisée sur la gigantesque menace qui le talonnait. Il n'avait pas le temps de s'arrêter. Le vieil homme allait le tuer. Pris dans sa course, il continua tout droit, inconscient des personnes qui l'environnaient.

Quant à Chinjao, il n'en avait cure, entièrement concentré sa cible, la chance de sa vie dont il avait rêvé pendant tant d'années. Il allait pouvoir tenir sa promesse personnelle de massacrer toute la famille de cette ordure de Garp.

Ace les vit s'engouffrer dans une ruelle avec effarement.

"LUFFY !" Il sauta du dos de prince et fila à sa suite, rapidement suivi par Sabo qui prit la peine de se retourner.

"DÉPÊCHEZ-VOUS ! IL FAUT SAUVER LUFFY !" Ordonna-t-il à leurs ennemis.

La troupe d'adolescents, seuls survivants de la course qui avait eu lieu, les membres de la sécurité ayant abandonné un peu plus tôt, obéit et changea leur direction.

"M-Mais non !" S'exclama Kid en les voyant courir aux côtés de Sabo. "Pourquoi lui obéissez-vous ? C'est notre ennemi !"

"Il a beaucoup de charisme." Répondit Hawkins, tranquillement installé sur le dos d'un de ses hommes rouge d'épuisement. "Dépêchons." Demanda-t-il à son porteur en tapotant son épaule, ce dernier commençant à ralentir.

"Ce n'est pas une raison !" S'écria Kid en courant, presque laissé derrière par ses troupes.


"Tu entends ?" Demanda Brûlée en se tournant vers son frère.

Oui, Katakuri entendait. Des hurlements raisonnaient dans la ville. Les habitants, effrayés, et survivants d'un massacre gravé dans leurs êtres, agrippaient leurs enfants et se réfugiaient dans les foyers les plus proches. Familles, amis, peut importait à qui appartenait la maison, tant qu'ils pouvaient rapidement vider les rues d'où venaient les rugissements.

"Les cris approchent." Remarqua Katakuri en se rapprochant de sa soeur. Comme tous les enfants de Big Mom, Brûlée était forte, mais Katakuri ne laisserait jamais plus sa soeur confrontée au moindre danger s'il pouvait l'en empêcher.

"Devrions-nous aller voir ?" Demanda Brûlée. La ville était infestée par les membres de leur famille. Il n'était pas impossible que l'un d'eux soit à l'origine du conflit.

"Pas la peine." Assura Katakuri. Il sentait les responsables se rapprocher, et aucun de leurs frères et soeurs ne semblait mêlé à la bataille.

À la place, posté en bouclier entre Brûlée et l'avenue d'où provenaient les cris, il concentra son haki de l'observation et l'étendit autant qu'il le pouvait. Il avait déjà vu l'avenir. Il pouvait recommencer. Il se concentra, mais n'eut pas le temps d'atteindre un niveau suffisant qu'un chapeau de paille apparu dans leurs champs de vision. Essoufflé par sa course et par sa journée, le petit élastique fuyait un gigantesque barbu énervé qui essayait de l'abattre.

"C'est le garçon de tout à l'heure !" Hoqueta Brûlée en le reconnaissant par-dessus l'épaule de son grand-frère.

Le petit goinfre qui avait catégorisé Katakuri de 'cool'. La lueur d'espoir de ce monde pour le deuxième fils de Big Mom. Et un pauvre garçon bien trop jeune pour mourir. Sans attendre, il disparut des côtés de sa soeur qu'il savait maintenant sauve de tout danger, et se téléporta près du chapeau de paille juste à temps, alors qu'il trébucha et tomba à terre, incapable d'esquiver la prochaine attaque de Chinjao.

Sa tête noire de haki et voyant l'inespérée ouverture dont il avait rêvé pendant toute la poursuite, Le Trépan, comme il avait été surnommé, s'élança sur sa proie sans défense qui vit sa vie défiler sous ses yeux. Luffy revit sa rencontre avec Shanks, celle avec Ace, les trop nombreuses, à son goût, visites de son grand-père, Dadan et les bandits, Bon-chan, Camie, Barbe Blanche, et toutes les personnes qu'ils avaient croisées. Finalement, il avait eu une vie assez remplie. Il avait eu le temps de connaître Grand Line et ne le regrettait pas. Alors que ses muscles hurlaient qu'ils refusaient de se relever et que ses égratignures saignaient sur le sol, Luffy, qui essayait tout de même de s'échapper, crut voir sa dernière heure arriver. Chinjao allait lui fracasser le crâne. Plus fort que tous les poings de l'Amour de son grand-père. Luffy ne pourrait pas s'en relever. Il regarda, terrifié, le crâne s'approcher dangereusement, mais, avant qu'il n'ait pu l'atteindre, une veste en cuir s'interposa.

Katakuri, l'un des quatre généraux sucrés de l'empereur Big Mom, son poing noir de haki, frappa de toutes ses forces contre le crâne ennemi. Le choc envoya une rafale de pouvoir déferler dans la ville, détruisant plusieurs arbres et fissurant les murs. Mais il ne suffit pas. Katakuri serra les dents, pressant son poing sur le crâne ennemi pour le faire céder. Le haki de Chinjao n'était pas en reste. Il n'avait pas été nommé Le Trépan pour ses compétences en recherche de pétrole. Le conflit entre les deux se prolongea, mais Katakuri ne perdit pas un centimètre de terrain. Il banda ses muscles et augmenta la pression, fissurant finalement le crâne et l'aplatissant sur une partie de la tête, entraînant en contrepartie, la poussée soudaine de l'autre partie. Battu, Chinjao s'écroula à terre, avec une étrange pointe surmontant maintenant son crâne.

Sans attendre, Katakuri ramassa Luffy, le positionna dans ses bras et rejoignit sa soeur.

"Ne restons pas là."

Big Mom avait demandé à ses enfants d'être sages. Elle voulait juste savoir si de nouvelles pâtisseries avaient été conçues et quel parti elle pourrait potentiellement tirer du nouveau royaume. Il n'était pas question d'entrer en guerre avec eux et de devoir, encore, raser une île et se priver de leurs créations. En plus, l'île était maintenant sous l'égide d'un des sept grands corsaires, et Big Mom préférait être 'en paix' avec la Marine. Cela simplifiait les accords commerciaux et assurait un meilleur approvisionnement de leurs îles. Et ainsi, des gâteaux plus rapidement réalisables.

Katakuri ne tenait donc pas être celui qui la décevrait en créant un vacarme dans les rues.

Il prit la main de sa soeur et fila loin de la scène de crime avant que quiconque n'arrive.

"Merci, grand frère." Articula Luffy en respirant rapidement, son coeur battant la chamade à cause de sa course et de la peur qui l'avait englobé.

"Je t'en prie." Souffla Katakuri en suivant des rues au hasard. Il prenait soin de serpenter entre les bâtiments, suivant le chemin le moins probable possible. Si quiconque avait tenté de les suivre, leur parcours et les grandes jambes des deux frères et soeurs auraient eu raison de lui.

"Tu es en sécurité maintenant."

"Camie ! Puddy !" Se rappela le chapeau de paille en s'agitant dans les bras de son sauveur. "Il faut aller les chercher !"

"Tes amis ?" Devina Brûlée en imitant le pas pressé de son aîné.

"Où sont-ils ?" Demanda Katakuri, pour le plus grand amusant de sa soeur.

Son frère était trop bon. Après lui avoir sauvé la vie, il aurait pu laisser le chapeau de paille se débrouiller, mais son instinct de chevalier ne le permettait pas. Il n'était pas le grand frère préféré de Brûlée pour rien. Cette année encore, elle comptait bien voter pour lui aux élections.

"Je les ai laissés…" réfléchit Luffy, "…par là !" Assura-t-il en indiquant sa droite. Puis il plissa les yeux sous la réflexion. "Ou peut-être par là ?" Tenta-t-il en déviant légèrement la direction.

Après réflexion, il n'avait pas la moindre idée d'où. En fait, il n'avait pas la moindre idée d'où il était.

"Tu les as perdus." Accusa Brûlée.

Le chapeau de paille se mit à transpirer, regarda d'un côté et parla d'un autre.

"Non."

"Quel horrible menteur !" S'exclama la petite soeur. "Abandonne, je vais m'en occuper." Soupira-t-elle. Elle ne le faisait pas pour le chapeau de paille, mais pour débarrasser plus vite son grand-frère de la corvée que le chapeau de paille représentait. Elle fouilla dans sa robe et en sorti un miroir circulaire. "Il ne faudra pas oublier de revenir pour aller le chercher. Ma collection de miroirs n'est pas illimitée."

Brûlée posa le miroir dans un recoin à l'écart et laissa son frère lui attraper la main. Ensemble, ils marchèrent sur le miroir et furent absorbés, ne laissant plus que la glace seule dans la grande rue.


"Waw !" Lâcha Luffy en admirant le monde dans lequel il avait atterri. Les murs étaient gondolés, peints comme des damiers, et des miroirs étaient suspendus de partout.

"Voici le monde des miroirs !" Présenta Brûlée, fière de sa dimension.

Mais, passé la première minute d'admiration, Luffy, qui comprit que seuls des miroirs se trouvaient là, tira la langue de dégoût.

"Elle est nulle ta décoration. En plus, il n'y a pas de nourriture. Je n'aime pas cet endroit."

"J'essaye de t'aider ! Essaye au moins d'avoir l'air reconnaissant !" Hurla Brûlée, blessée dans son amour-propre.

Mais le chapeau de paille ne parvint pas à effacer sa grimace de dégoût.

"À quoi ressemblent tes amis ?" Interrogea Brûlée, pressée d'en finir.

Distrait dans son dégoût, Luffy effaça sa grimace pour réfléchir.

"Camie a des cheveux verts et une queue de poisson—"

"Ta copine est une sirène ?" S'exclama Brûlée, surprise. "Je n'ai jamais rencontré d'autres hommes-poissons que Prim, Praline et notre vingt-septième beau-père."

"Mais vous l'avez rencontrée." Remarqua Luffy en gesticulant dans les bras de Katakuri.

"C'est la petite fille qui était sur ton dos." Devina ce dernier en essayant de positionner l'élastique pour qu'il évite de tomber en s'agitant.

"Oui !" Confirma le chapeau de paille en se laissant manipuler. "Je peux vous en faire un dessin si vous voulez."

"Ce serait une bonne idée." Avoua Brûlée en fournissant une feuille et un stylo à Luffy pour qu'il dessine leur signalement. Les miroirs seront plus efficaces avec un portrait robot.

Katakuri posa l'élastique à terre pour qu'il puisse griffonner sur le papier et attendit qu'il finisse de tartiner le papier blanc.

Après avoir terminé, à son goût, son chef d'oeuvre, Luffy le montra avec fierté.

"Voilà Camie et Puddy !"

Brûlée et Katakuri regardèrent les traits positionnés aléatoirement sur la feuille et peinèrent à en identifier des êtres, humains ou non.

"Il est peut-être un peu trop jeune pour dessiner." Chuchota Brûlée, inquiétée que des personnes semblables au dessin puissent se promener dans leur monde.

Heureusement, elle avait déjà croisé Camie et la petite ne ressemblait pas du tout à son portrait.

"Nous avons compris le plus important." Assura Brûlée en attrapant le papier et en l'écrasant avant de le ranger dans sa poche. Le monde des miroirs n'avait pas de poubelle, elle allait devoir attendre pour le jeter. "Et si tu nous faisais une description de ton autre ami ?"

"Puddy ?" S'assura Luffy en étant ramassé par Katakuri. "Elle est petite, a des cheveux châtains, deux couettes et une robe rose."

"Très bien." Soupira Brûlée en se mettant en marche dans le monde des miroirs. "Quelqu'un aurait-il vu deux fillettes correspondant à la description ?"

"Et elle a trois yeux." Se souvint brusquement Luffy, pensant que cette information pourrait peut-être être utile.

"Elle a trois yeux ?" S'exclamèrent le frère et la soeur.

"Trois yeux, petite, avec des couettes." Murmura Brûlée. "Il ne parle pas de…"

"Pudding ?" S'étonna Katakuri en reconnaissant sa petite soeur dans la description et en faisant le lien entre le prénom et le surnom donné par le chapeau de paille.

"Mais que fais-tu avec Pudding ?!" S'étonna Brûlée, éberluée. "Ne me dis pas… La petite que vous aviez perdue était Pudding ?"

"Oui !" Sourit fièrement Luffy. "Mais nous l'avons retrouvée ! Elle est avec Camie."

"Que fait-elle avec vous ?" S'étonna Katakuri.

Pudding était trop petite pour quitter le navire de leur mère. Était-elle sortie en douce ? Si petite et déjà rebelle ? Mais ce n'était pas l'opinion que ses frères et soeurs avaient d'elle. Elle était une enfant calme et obéissante.

"Elle vous cherche !" Assura Luffy, persuadé par Camie que ce duo était les soeurs jumelles de Pudding.

"Pourquoi nous chercherait-elle ?" Demanda Katakuri, inquiet. Leur mère était-elle dans un tel pétrin qu'elle avait dû envoyer l'une des petites dernières pour aller les chercher en urgence ?

"Elle vous a perdus." Annonça le chapeau de paille.

"Elle nous a suivis en douce ?" Essaya de comprendre Brûlée.

Katakuri fit signe que non. Si leur petite soeur les avait suivis, il l'aurait su. Il attrapa Luffy sous les aisselles et le positionna en l'air, là où il pouvait bien le voir, pour l'interroger.

"Que t'as dit Pudding exactement ?"

"Elle a dit qu'elle avait perdu ses deux soeurs." Répondit Luffy en réfléchissant.

"Ses soeurs ?" Répéta Brûlée, abasourdie. Elle fit deux pas et se rapprocha de son frère avant de frapper son torse à découvert. "Et tu ne vois pas que grand frère Katakuri est un homme ?"

Luffy la regarda sans comprendre. Puis, comme si la compréhension s'était fait un passage dans son esprit, il hocha la tête en direction de Brûlée.

"Il va falloir l'annoncer à Puddy. J'espère qu'elle ne sera pas trop déçue. Elle aurait fini par l'apprendre de toute façon."

"Pas du tout !" S'exclama Brûlée. "L'erreur est dans ton raisonnement ! Nous ne sommes pas 'les soeurs' recherchées par Pudding !"

Luffy la regarda avec des yeux ronds comme des soucoupes.

"Vous n'êtes pas les soeurs de Pudding ?"

"Techniquement, si." Grimaça Brûlée, sentant qu'elle allait perdre le chapeau de paille. "Je suis une des grandes soeurs de Pudding, et Katakuri est un de nos grands frères. Mais nous ne sommes pas les deux soeurs que Pudding recherchait."

Luffy plissa les yeux.

"Et à quel moment," continua Brûlée, "as-tu décidé que l'on pouvait être ses deux soeurs ? Cela n'avait aucun sens ! Sais-tu à quoi ressemblent les fameuses soeurs ?"

"Mais Camie a dit que c'était vous." S'étonna le chapeau de paille, perdu dans la situation.

"Réponds à la question." Demanda gentiment Katakuri.

Luffy fit une moue et ferma ses paupières pour réfléchir.

"Elle a dit… que ses soeurs étaient grandes !" Se rappela l'élastique fier.

Mais aucun des adultes n'était convaincu par l'information. Du point de vue de Pudding, tout le monde était grand. Cela ne les aidait pas à deviner lesquelles de leurs soeurs étaient concernées.

Comprenant l'absence de réaction, Luffy repartit dans sa réflexion, mais impossible de se souvenir d'un quelconque indice.

"Ce n'est pas grave." Soupira Katakuri en redescendant le chapeau de paille pour le positionner dans ses bras. "Retrouvons Pudding et nous lui demanderons directement."

Brûlée abandonna et prit la tête de leur groupe.

"Qui aurait vu Pudding et une petite sirène aux cheveux verts ?"


"Haruta ?" Appela Izou, debout dans sa chambre d'hôtel. Il entendit du mouvement de l'autre côté de l'escargophone et des voix légèrement étouffées. Sa soeur devait se trouver sur le pont au moment où il l'avait appelé.

"Izou ?" Chuchota sa correspondante de l'autre côté. "C'est bien toi ?"

"Oui." Confirma le susnommé. "Que se passe-t-il ? Pourquoi es-tu à portée de den den ? Ne deviez-vous pas aller au Paradis ?"

"Il y a eu un changement de plan." Avoua la commandante. "Où en es-tu avec la mission ?"

"J'ai les tissus et une adolescente angélique. Penses-tu que cela suffira ?"

"J'aurais préféré plus qu'une seule adolescente." Avoua Haruta. "Mais ce sera mieux que rien. Il vaut mieux s'en tenir à ceux qui respectent les prérequis, sinon la mission perdra tout son sens."

"Autre chose," demanda Izou en fronçant des sourcils face au bruit qui venait de dehors, "par un immense hasard, auriez-vous encore égaré les gosses ?"

De l'autre côté de l'escargophone, Haruta maintint un petit silence.

"Ils ont atterri sur ton île." Devina-t-elle.

Izou ne put que soupirer pour confirmer. Il posa son micro et s'approcha de sa fenêtre. Dehors, le petit Luffy courrait, suivi par un géant qui n'avait de cesse de se jeter sur lui. Du haut du quatrième étage de son hôtel, Izou voyait également ses deux frères et toute une bande de morveux ainsi que le mystérieux homme-poisson suivre la route.

Fatigué et dérangé par le bruit, il ferma la fenêtre.

"Izou ?"

"Je suis là." Assura le pirate en reprenant le micro. "Il ne faut absolument pas que Père pose les pieds sur cette île. L'île est envahie d'enfants de Big Mom et je viens de voir les mômes passer sous ma fenêtre avec une meute d'adolescents. Prends le contrôle du navire s'il faut, mais ne laisse pas la Moby Dick arriver ici !"

"C'est-à-dire…"

Haruta ne savait comment avouer qu'elle était passée sous haute surveillance depuis qu'elle avait essayé de changer les directions de la salle des commandes.

Pendant qu'elle cherchait ses mots, quelqu'un frappa à sa porte et entra sans y être invité.

"Haruta ! Tu es en ligne avec Izou ?"

"C'est ma chambre !" Hurla la jeune fille. "N'y rentre pas comme dans un moulin ! C'est ma petite place intime ! En tant que seule commandante fille, j'ai le droit à ce que cet espace reste privé !"

"Tout le monde sait que tu caches tes pots de peinture sous la quatrième dalle à droite de ton lit." Coupa le nouveau venu. "Et arrête de griffonner tes plans sur des papiers que tu entasses dans ton placard, tu auras plus de place pour tes vêtements."

"Mais, comment es-tu au courant ?!"

"Tout le monde le sait, yoi. Comme tout le monde sait que Joz cache de la glace à la fraise dans sa table de nuit, Namur cache un aquarium de plante aquatique derrière ses tee-shirts et Blenheim cache les lettres de sa grand-mère dans son tiroir à chaussette. Que veux-tu, vous êtes tous mauvais en dissimulation."

Haruta fit une petite moue et murmura que ses frères étaient irrespectueux.

"Et Izou cache une photo de son frère biologique sous son oreiller." Se rappela Marco.

"HEY !" Cria le susnommé de l'autre côté de l'appareil. "Qui est allé regarder ?"

Marco haussa des épaules.

"Tout finit par se savoir, yoi."

"On devrait coudre les lèvres de certains de nos frères." Marmonna Izou.

"Sinon," abandonna Haruta, "pour quelle raison t'es-tu invité comme un rustre dans ma chambre, toi qui es capable de faire preuve de politesse ?"

"Je voulais parler à Izou."

"Tu voulais parler à Izou ?" Répéta Haruta. "Mais fais-toi plaisir." Proposa-t-elle sur un ton ironique. "Rentre dans ma chambre, brise mon intimité et utilise-moi comme den den mushi ! D'ailleurs, pour ta gouverne, Izou a vu les gamins. Et ils vont très bien, pas vrai, Izou ?"

Le susnommé se tourna vers la fenêtre d'où ne provenait plus aucun bruit et jeta un regard de l'autre côté de la vitre. La rue était vide.

"Disons… que la situation semble s'être calmée."

"Par Davy Jones !" S'exclama Haruta. "Ils sont morts ?"

Les deux pirates de chaque côté du fil laissèrent la proposition résonner dans l'air, avant d'exploser de rire de concert.

"Très marrant, Haruta." Assura Izou. "On en étions-nous ?"

"À cesser de faire les andouilles, yoi." Gronda gentiment Marco. "Izou, tu as trouvé les petits ?"

"Donc, 'les petits' est autorisés comme qualificatif." Nota Haruta. "Pourquoi mes 'mioches' sont refusés ? Ce sont des synonymes !"

"Un peu de respect, yoi." Demanda Marco. "Izou ?"

"Oui, je les ai vus au loin." Avoua l'homme aux kimonos. "Malheureusement, j'étais dans l'incapacité de faire connaître ma présence."

"Tu buvais un thé aux amandes." Accusa le phénix.

"À la menthe." Corrigea Izou. "Très bon d'ailleurs. Mais il faut l'apprécier tout de suite. Le thé froid n'est pas très bon. J'ai demandé à en rapporter, je vous ferais goûter."

"Bref, les enfants vont bien." Assura Haruta en essayant de donner l'image la plus responsable possible pour persuader son frère. "Pas la peine d'aller les chercher."

"Ah non, pas la peine d'aller les chercher !" Soutint Izou. "Ni d'approcher Dressrosa."

"Tu l'entends ?" Interrogea rhétoriquement Haruta. "Pas la peine d'aller à Dressrosa."

Marco l'examina un instant, cherchant à déceler ce qu'elle lui cachait avant d'agripper le den den.

"Izou, que se passe-t-il à Dressrosa ?"

Le prénommé jeta un vague coup d'oeil à la fenêtre.

"Étrangement, pour le moment, rien."

"Étrangement ?"

"Je voulais dire, étant donné que les venins—enfants sont ici, la ville est immédiatement plutôt calme."

Marco sentait l'anguille sous la roche.

"Izou, défais tes valises." Commanda le blond. "Nous arrivons. Et si tu penses que c'est réellement dangereux, tu connais Père et tu sais ce que tu as à faire."

Izou cligna des yeux de l'autre côté du fil.

"Je connais Père, mais que dois-je faire ?"

Marco roula des yeux. La chose était évidente, mais elle déplaisait suffisamment à son frère pour qu'il n'ait pas imaginé la mettre dans sa liste des solutions potentielles.

"Tu ramènes les gosses toi-même à la Moby Dick. Si tu y parviens et que Père perd ainsi l'intérêt d'y aller, il n'y a aucune raison que nous continuons dans cette direction. On pourra demander à s'arrêter sur une autre île pour revêtir les Moby Dick."

"On va retourner sur l'île des hommes-poissons ?" Grimaça Haruta. "Après nous être enfui comme des voleurs et avoir consommé toutes leurs réserves ?"

"Tu connais un autre moyen d'aller au Paradis ?" Interrogea rhétoriquement Marco. "Et il faut— Izou !" Se rappela le blond. "Les petits doivent être accompagnés d'un homme-poisson. Ramène-le aussi !"

"Effectivement, ils en avaient bien un qu'ils utilisaient comme monture." Réfléchit Izou en cherchant une autre solution. S'il ramenait trois anges vêtus comme leurs poisons, leur Père verrait-il la différence ? Il se faisait vieux et sa vue déclinait très certainement. Peut-être qu'il ne s'en apercevrait pas.

"C'est le prince des homme-poisson." Prévint Marco. "Nous le rapporterons à ses parents."

"Le prince !" S'exclama Izou en manquant de s'étrangler.

"Ils l'utilisent comme monture ?" Releva Haruta avec une grimace. "Et vous me reprochez de manquer de respect à mes hommes ?"

"J'ai hâte de te voir ramener les petits sur la Moby Dick." Avoua Marco. "Sinon, à plus tard à Dressrosa, yoi."

Et il raccrocha le den den.

"Mais pourquoi tu as stoppé la conversation ?" S'écria Haruta, surprise. "Je n'avais pas fini de parler !"

"Pour vous empêcher de fomenter plus de plans épouvantables, yoi. Je garde le den den, alors profite de ton temps libre pour brûler les papiers de ton placard et prépare-toi mentalement pour le souper endive-épinard. J'ai hâte de voir le spectacle."

Sans attendre, Marco disparu de la chambre, laissant Haruta sautiller partout.

"Je n'aime pas les endives !"


Izou fixa son den den. Marco était vraiment mal élevé parfois. En plus, son au revoir sonnait comme une mise à mort. Où était la possibilité de rejoindre sa famille sans les crapules ? Marco était assez intelligent, si seulement il était de leur côté, il aurait sûrement déjà trouvé une astuce pour divertir l'attention de leur père. Mais non, pour une raison obscure, il était dans le camp de ceux qui veillaient sur les morveux. Mais quand remarqueront-ils que les marmots étaient parfaitement autonomes ? Izou devait vraiment les retrouver ? Il n'avait pas envie ! Mais attendre que Père vienne et se prenne potentiellement d'affection pour toute la troupe qui accompagnait les démons en herbe était encore plus risqué. Trois étaient déjà trop, Izou ne pouvait éviter la crise cardiaque à l'idée d'une quinzaine d'entre eux hurlant sur la Moby Dick.

Effrayé à cette idée, il ramassa sa veste.

"Robin, je vais avoir besoin de ton aide !"


Luffy admira les miroirs. Leur groupe avançait depuis un moment, mais aucune trace des filles. La plupart des miroirs donnaient sur l'intérieur des maisons et ne possédaient aucune information. Leurs espoirs résidaient dans les miroirs qui avaient vu sur une fenêtre et auraient potentiellement pu voir passer les deux fillettes. Cependant, leurs petites tailles faisaient probablement qu'elles ne seraient pas visibles, n'atteignant pas la hauteur des fenêtres. Alors Katakuri avait proposé de retrouver l'endroit où Luffy les avait perdus. Normalement, elles devaient l'y attendre et nul ne pouvait manquer le passage de Chinjao dans les rues adjacentes. Il suffisait de remonter la piste jusqu'à l'endroit de la première attaque. Les miroirs étaient plus que ravis de se sentir utiles et abondaient d'informations. Brûlée était obligée de leur ordonner de se taire pour comprendre ce que chacun avait à dire.

"Si vous parlez tous en même temps, je ne peux rien comprendre !"

Les miroirs, obéissants, se turent. Le frère et la soeur en profitèrent pour reposer leurs oreilles. Voilà pourquoi Brûlée n'aimait pas aller dans le monde des miroirs dans des villes qui n'appartenaient pas à sa mère. Les miroirs n'étaient pas habitués à être entendus. Mais ils n'en restaient pas moins obéissants. Assez obéissants pour que, dans le silence créé sur son ordre, une petite voix parvint se faire entendre.

"Au secours !"

Brûlée se stoppa. La voix était assez claire pour deviner qu'elle provenait d'un miroir.

"Au secours !"

La huitième fille de Big Mom pressa le pas et accourut devant le miroir qui appelait à l'aide.

"Au secours !"

Katakuri la suivit avec Luffy dans les bras et les trois protagonistes purent admirer le reflet du miroir.

Il donnait sur une salle sombre seulement éclairée par une bougie au centre de la pièce. La lumière était ténue, mais elle laissait deviner les contours de deux visages. Celui d'une jeune fille aux cheveux bruns qui tenait la bougie, et celui d'un adolescent au regard farouche, menotté à une chaise.

"Si on ne fait rien, il va se tuer !" Pleura le miroir.


La princesse fit montre d'une efficacité déroutante. Quelques heures à peine après leur discussion, elle revint avec les bras chargés de poudre explosive.

"Doflamingo en a disposé partout au château." Expliqua-t-elle. "Nous ne manquons pas de stock."

Law ne put s'empêcher de sourire ironiquement. Doflamingo allait mourir à cause de ses provisions en cas d'attaque. Voilà une fin qui sciait parfaitement à ce fin stratège. Law allait bientôt mourir, et son coeur se serrait à cette idée, mais sa mort en voudra la peine.

Il pencha sa tête en avant pour aider la princesse à cacher le dispositif dans ses vêtements quand une petite voix fluette s'éleva.

"Le type au bonnet !"

Law ouvrit de grands yeux et se redressa avant de tourner la tête vers la provenance de la voix.

Il devait rêver.

De l'autre côté du miroir, une petite bouille insupportable accompagnée d'un chapeau de paille lui faisait coucou.

"Q-Que ?" Balbutia Law, interdit.

L'une des deux personnes qui accompagnaient le chapeau de paille, une grande femme aux cheveux violets, passa son pied à travers le miroir et rentra dans la salle. Elle était suivie par son frère dont elle tenait la main et dans les bras duquel piaillait l'abomination élastique.

"On est venus te sauver !" Sourit fièrement le petit brun.

Brûlée trouvait surtout qu'ils s'éloignaient de leur objectif de retrouver Pudding et la sirène.

"Mais, comment ?" Articula Law, son coeur battant la chamade dans sa poitrine.

"On pensait d'abord en attaquant la ville," commença à expliquer Luffy, se méprenant sur la question, "mais Sabo a dit que le plan était dangereux et irréalisable. Même avec Surume. Après, Ace a proposé de tout brûler et de suivre les cris qui retentiraient, mais Sabo—"

"Non." Coupa Law, ne parvenant toujours pas à intégrer la réalité. "Comment es-tu arrivé ici ?"

"Facile !" S'exclama le chapeau de paille en pointant derrière lui. "On est passé par ce miroir !"

Law avait vu. Ce n'était pas le point à éclaircir.

"J'ai mangé le fruit du miroir." Expliqua rapidement Brûlée.

"Vraiment ?" S'exclama Luffy, surpris. "Tu as mangé un fruit du démon ?"

"Mais comment pensais-tu qu'on était passé dans la dimension des miroirs ?" S'étonna Brûlée.

Les yeux de Luffy brillèrent.

"Grâce à un miroir magique !"

"Il est vraiment stupide ce gamin." Souffla Brûlée.

"Oh oui." Assura Law. "Et vous n'avez encore vu que la surface de l'Iceberg."

"Brûlée." Interrompit Katakuri en pointant le chirurgien. "Il a des chaînes en kairoseki."

Brûlée se pencha pour regarder et grimaça.

"Impossible de les casser. Il va falloir trouver les clefs." Elle se tourna vers la princesse. "Petite, sais-tu où elles sont ?"

Viola cligna des yeux, déstabilisée. Elle ne connaissait pas ces gens, mais ils semblaient vouloir sauver Law. Et leur infiltration réussie jusqu'à la salle des Trônes témoignait de leur puissance. Ils pourraient probablement le sauver si Viola les aidait à trouver les clefs des chaînes. Mais cela signifiait abandonner la possibilité de tuer Doflamingo dans l'explosion provoquée par le brun.

"Ne t'inquiète pas." La rassura l'adolescent, comprenant sûrement son indécision. "Je tuerais Doflamingo. Crois-moi."

Viola rendit les armes.

"Je ne sais pas où elles sont, mais je peux les trouver." Annonça la princesse. "Il me faut juste du temps."

Elle ferma les yeux pour se concentrer sur son pouvoir, mais Katakuri l'attrapa, agrippa sa soeur et fila de l'autre côté du miroir juste à temps.

La porte de la salle s'ouvrit sur un hideux manteau rose en plumes de flamant.


Forcément, quand Izou ne les cherche pas, ils font assez de bruits pour réveiller les morts, mais dès qu'il part à leurs recherches, toute la ville se tait ! Mais où étaient passés ces petits poisons ?


Je suis dégoûtée pour le kraken, je voulais tellement vous montrer le geste ! Je l'ai refait en boucle dans ma chambre comme une imbécile ! Et personne pour voir ma magnifique image mentale ! J'espère néanmoins que vous aurez su amplifier cette image de kraken bien ridicule ! J'espère également que vous vous êtes bien amusés en lisant le chapitre !

N'hésitez pas à laisser un commentaire ! J'aime les commentaires ! (Qui n'aime pas sur FF ?)

Soyez sages !

À la prochaine !