Voilà le nouveau chapitre, en espérant qu'il va vous plaire !

Kinja145 : Le GinTsu est pas mal apprécié, mais pas sur FF, et encore moins en français ! Je suis allée regarder (histoire que je ne raconte pas de connerie, ça serait idiot...), et il y a, hem, zéro fictions françaises sur le ship.
J'ai repris la trame du manga pour ces chapitres-là... Du coup, eh bien, Derek est dans le même état ici ! Après, à savoir s'il est vivant ou non... Tout est dans le chapitre !
Bonne lecture~ !


-oOo- CHAPITRE 21 : ENTRE LA PASSION ET LE MEURTRE, IL N'Y A QU'UN PAS

- Derek ?!

« Il... Il est vivant ?! Mais pourquoi est-ce qu'il était introuvable jusqu'à maintenant ? Il a même échappé à l'œil de Sébastian, pourtant ! » pensait Ciel.

Derek Arden semblait au maximum de sa forme : le teint coloré, les habits repassés, les cheveux parfaitement peignés, un sourire sur son visage. Comme... Comme s'il n'avait jamais disparu. Mais eh, si ça se trouve, il n'avait jamais disparu. Il marcha en direction de Greenhill qui, stupéfait pour une raison inconnue, le regardait comme s'il voyait un fantôme.

- A-Arden ? articula-t-il avec difficulté. Es... Es-tu vraiment...

- Hé, le coupa Derek.

Le sourire de l'ex-disparu s'étira au point de ne plus paraître humain. Ses yeux devinrent fous.

- Le thé sent bon.

Les préfets frissonnèrent de concert, alors que les autres observaient sans comprendre. Derek se pencha vers le préfet, se pencha, se pencha encore... Au point de pouvoir l'embrasser s'il bougeait les lèvres. Mais ce n'est pas pour l'embrasser que Derek s'était penché. Loin de là.

La raison était plus primitive.

- Ar... Arden... tenta Greenhill.

Il n'eut pas le temps de finir.

Derek attrapa soudainement son bras et le mordit ! Avec rage, il le secouait comme essayerait un chien de prendre quelque chose qu'il voulait absolument. Greenhill hurla de douleur et d'incompréhension. Jamais il n'avait eu plus mal qu'en cet instant. C'était atroce. Puis, tout d'un coup, la prise de Derek s'enleva, alors que celui-ci avait été poussé à l'autre bout de la pièce sans plafond avec force.

- Enfoiré ! Qu'est-ce que tu fous ?! cria Edward, étant celui qui l'avait envoyé à l'autre bout de la pièce.

Mais cela ne fit rien à Derek, même si celui-ci avait eu la tête tournée à presque cent quatre-vingt degrés, et il s'apprêtait à ré-attaquer Greenhill quand tout à coup un bâton de bois avec des écritures japonaises le cogna à la tête, l'envoyant à plusieurs mètres de là.

- Shinpachi ! Occupe-toi du sportif ! cria une voix bien connue.

- Oui !

- Professeur Sakata ?!

Gintoki balaya son regard, s'arrêta un instant, se cura le nez avec nonchalance et eut un rictus moqueur.

- Ouais ouais, c'est moi... J'dois dire quoi, « surprise » ? Ah non, je sais ! « Votre sauveur est arrivééééé ! » (Il s'adressa à une personne quelques mètres de lui, plus sérieusement.) Kagura, il me faut quelque chose pour l'attacher !

- Y a rien ici, Gin-chan ! lui lança une jeune fille rousse - habillée si légèrement que les anglais choqués par ce flagrant manque de pudeur (malgré que ce ne soit pas du tout le moment) ne purent détourner leurs yeux.

- Gintoki, prends ça.

Sébastian, qui arrivait en même temps que les Yorozuyas, prit la nappe en un coup sec, sans renverser quoi que ce soit dessus, à l'ébahissement général. Non, vraiment, ils ne comprenaient plus rien. Qui étaient ces gens ? Pourquoi étaient-ils ici ? Pourquoi le Professeur Sakata était-il avec eux ? Mais surtout, qu'est-ce qu'il étaient en train de foutre ?!

- Oh, pas mal, le frac ! s'exclama Kagura en tapotant dans ses mains, ce à quoi Sébastian répondit par un sourire narquois.

Gintoki attrapa la nappe et enroula Derek, ou plutôt ce qui restait de Derek dans celle-ci comme il le ferait pour un sandwich taille XXL. Une fois son travail terminé, il se releva et découvrit que la moitié des personnes présentes le fixait et que l'autre observait son employeur discutant avec son majordome à propos d'un bateau (« Campania » ?) - ou quelque chose comme ça, de toute façon le permanenté s'en fichait - tout en sortant un petit pistolet.

- Oy, oy... Gamin, tu devrais pas sortir ça, on l'a maîtrisé, le timbré au chapeau ! l'aborda-t-il en désignant Arden du menton.

- Dixit l'homme qui se fait tabasser par ses employés, rétorqua Ciel avec cynisme.

- JE VOIS PAS LE RAPPORT !

- Ce n'est pas vraiment le moment de commencer une discussion de ce genre, Gintoki, rappela Sébastian.

- C'est lui qu'a commencé !

- Aaaah... ! Mon bras ! gémissait Greenhill, un peu plus loin, ramenant par la même occasion l'attention de chacun sur la situation actuelle.

- Sébastian, avez-vous quelque chose pour arrêter l'hémorragie ? interpella Shinpachi, affairé à tenir son bras droit.

- Bien sûr.

- Une bonne partie de son bras a été arrachée... C'est pas beau à voir.

Le Megane emballa un peu maladroitement le bras du préfet de Green Lion dans du tissu, puis se leva, se postant près de Gintoki et Kagura. Les autres, restés plus ou moins les bras ballants à ne rien faire, semblèrent se réveiller simultanément d'un long rêve et s'exclamèrent tous avec une vivacité étonnante :

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Pourquoi est-ce que le Professeur Sakata est ici ?

- Et Shimura est là aussi !

- VOS GUEULES ! Vous ressemblez à des mamies en train de conspirer pour faire marier leurs petits-fils à la fille de la voisine d'à côté !

Inutile de dire d'où venait la voix.

- Des... Mamies ?

- Le Professeur Sakata... Non, Gintoki est sous mes ordres, expliqua Ciel. De même que Shinpachi. Et Kagura. Mais vous ne connaissez pas Kagura, alors inutile de la présenter.

- Eh, c'est du sexisme, le mioche ! Enfoiré, je t'en foutrais de pas me présenter !

- Tu connais le mot "sexisme", Kagura ? fit semblant de s'étonner Ciel. Incroyable...

- Je suis pas inculte, enfoiré !

- Et... Et qui sont ces deux autres personnes ?

- Pourquoi est-ce que Sébastian est ici, Ciel ? demanda un Edward perplexe.

- Tu le connais, Edward ?

Le blond se tourna vers les autres, la mine recouverte par un voile d'incompréhension.

- Sébastian est le majordome de Ciel.

Le Comte soupira, déjà exaspéré par les lueurs pleines de questions dans les yeux de ceux qui ont été ses camarades pendant un temps. Il préféra raccourcir les présentations :

- Ces quatre personnes sont sous mes ordres. La raison de notre infiltration dans cette école était de trouver Derek et les quatre autres. Mais maintenant, je comprends pourquoi ils étaient introuvables... Puisqu'ils étaient déjà morts.

- Morts ? Qu'est-ce que tu racontes, Ciel ? le questionna un Joanne Harcourt très fébrile. Il bougeait, pourt-

Le corps de Derek, toujours saucissonné dans sa nappe, se retourna vers Harcourt. Son visage était recouvert de sang, d'un sang noir.

- L-Le... Thééééé... Sent bonnnn...

Chacun eut une mine dégoûtée - ou horrifiée en fonction des sensibilités.

- On devrait prendre ta tête en photo pour en faire un meme, blondinet aux cheveux raides, fit inutilement remarquer Gintoki. Comment tu fais pour avoir des cheveux aussi lisses ?

- Hmmm, je suis sûre que c'est une perruque, Gin-chan ! assura alors Kagura, un doigt convaincu levé vers le ciel.

- Oh, tu crois ?

- Kagura-chan, Gin-san... Ce n'est pas vraiment le moment.

- Biennn.

Ciel reprit instantanément le contrôle de la discussion avec ce dernier mot. C'est ça d'avoir du charisme : tout le monde écoute sans même penser à protester. Son regard se fit grave, encore plus que précédemment - si c'était encore possible -, puis il pointa le bout de son pistolet vers le principal qui n'avait toujours pas bougé depuis le début. Pas même un mouvement. Il jeta un regard à Gintoki qui comprit immédiatement, mais qui ronchonna pour la forme :

- On doit vraiment faire comme si on t'obéissait au doigt et à l'œil ?

- Vous êtes censés m'obéir au doigt et à l'œil, Gintoki. Tant que vous êtes payés, vous pouvez tout accomplir, non ? répondit Ciel avec un sourire narquois.

Il faisait référence avec une grosse dose d'ironie à leur première rencontre, où le permanenté avait vendu leurs services avec plus ou moins de subtilité.

- Roooh...

- Je n'oublierais pas non plus tes parfaits.

- Je préfère largement quand tu parles mon langage ! Kagura !

- Je veux mes sukonbus aussi, le mioche !

Les deux Yorozuyas marchèrent en direction du principal sous les regards hébétés des élèves et des préfets. Chacun se mit d'un côté du principal et mit son arme sous sa gorge dans une symétrie presque parfaite. Clayton ouvrit la bouche :

- Phantomhive, que signifie tout cec-

- Clayton ! l'arrêta Edward. Ciel, non... Le Comte Phantomhive... On ne s'oppose pas au Comte Phantomhive !

- Le... Comte Phantomhive ?

- Mais merde, à la fin ! Qu'est-ce qu'il se passe ici !

Ciel, son arme toujours pointée vers le principal, reprit la parole d'une voix incroyablement calme. Et pas besoin d'être un savant pour voir la menace qui se cachait sous ses propos :

- Il se trouve que j'ai vu plusieurs autres personnes devenir comme Derek. Parlez ! Que lui avez-vous fait ?

Personne ne lui répondit.

- Oy, oy... C'est pas comme en classe, vous avez le droit de parler sans lever la main...

Tout le monde ignora d'un commun accord le permanenté qui venait littéralement de briser l'ambiance pesante.

- Nous... Nous voulions juste protéger... justifia Greenhill, assis sur le sol, le bras pendant.

- Protéger ?

- Le Saint qui symbolise notre école... Saint Georges. La légende dit qu'il a vaincu le dragon pour sauver le pays. En d'autres mots, si tu ne coupes pas à la source, tu ne pourras pas empêcher le désastre. Nous quatre avons obéi à ces enseignements.

- Les quatres préfets ?! Vous avez tous les quatre affaire avec l'état de Derek Arden ? s'estomaqua Cheslock.

- Oui. Cette nuit-là, nous avons décidé... De tuer Derek.

- DÉBUT DU FLASHBACK : UN AN PLUS TÔT -

Derek n'aurait jamais dû être dans cette école.

Nous venions, tous les quatre, d'être nommés préfets pour cette année. Redmond pour Scarlett Fox. Bluer pour Sapphire Owl. Greenhill pour Green Lion. Et Violet pour Violet Wolf.

Lors de notre intronisation à notre nouveau rôle, nous étions devant tout le monde dans le réfectoire principal et un sentiment d'accompli nous emplissait.

- Tous les quatre...

- Nous servirons la direction interne de l'école avec fierté...

- En tant que préfets du traditionnel Weston College...

- Nous le jurons, avions-nous promis.

Nous étions... Heureux. Nous étions ce que nous avions toujours voulu être depuis notre entrée, et après tant d'efforts nous avions enfin réussi.

Tout le monde nous connaissait. On nous respectait. Nous avions plus de droits. Nous étions fiers d'être des membres importants de cette école, et cette école était fière de nous avoir.

Mais, rapidement, nos responsabilités, aussi lourdes qu'elles soient, nous ont été lâchées sur notre dos. Nous faisions de notre mieux pour aider tous les élèves tout en respectant la tradition et la tolérance. Alors nous confions quelques unes de nos tâches à nos chargés de corvées, car, pour nous, ils étaient tous dignes de confiance.

C'est ainsi qu'Arden étouffa le cas de harcèlement qui avait été signalé.

« On peut faire confiance à Derek », disait-on souvent. « Il est le capitaine de son équipe de cricket. Il brode comme un véritable artisan. Il a toujours de bonnes notes à ses rapports. Et sa poésie est sublime, également. »

Derek Arden était l'héritier d'une lignée de marquis, il avait une personnalité généreuse et possédait des talents omniprésents. En un mot, il était éblouissant. Et, à cause de cette lumière qu'il nous envoyait en plein dans les yeux, nous n'avions pas remarqué l'immense ombre ténébreuse qui se cachait derrière lui. Sa face cachée.

Un jour, cependant, alors que l'affaire « harcèlement » était oubliée de tous, nous avons reçu un poème. Un poème magnifique.

Thor était allongé au bord du lac de l'intégrité, une torche à ses côtés,

Tendant l'oreille à un bienveillant apôtre qui jouait d'une harpe faite de perles.

Quand soudain, un elfe malveillant apparut et jeta sa torche dans le lac.

Au moment où il le fit, la torche s'éteignit et emplit le lac d'étoiles.

Le beau lac devint légendaire pour ses pouvoirs de guérison, mais...

Le Dieu qui fut dépourvu de lumière ne put qu'errer à travers la nuit.

C'était Redmond qui avait remarqué le message qui se cachait dessous cette magnificence.

Le poème n'était pas seulement beau, il donnait rendez-vous aux préfets à un lieu et à un moment précis.

Jeudi, en anglais Thursday, est un mot dérivé du Dieu du Tonnerre Thor. Un apôtre bienveillant est une référence à Jean, dont le nom signifie « seigneur de miséricorde » en hébreux. Et la « harpe de perles » est une référence à la musique baroque. Le nom Jean dans la musique baroque se rapporte obligatoirement à Jean-Baptiste Bach. Son buste est dans la salle de musique. Et « la torche s'éteignit » faisait référence à l'extinction des lumières.

Ce poème avait été créé dans le but de nous convaincre de venir, et il l'avait magnifiquement fait.

Ce que nous avons découvert, ce jour-là... Fut celui où nous avons ressenti pour la première fois le sentiment de trahison.

Redmond n'avait pas compris le « dépourvu de lumière », dans le poème. Mais voilà ce qu'il signifiait.

L'éclat des résultats de Derek Arden était faux. Que ce soit le cricket, la broderie, les rapports ou les poèmes. Absolument tout n'était que mensonges. Il volait le talent des autres en utilisant des moyens odieux, et s'en servait pour briller. Et ce... Durant les quatre années où il avait été présent à Weston College.

Ce soir-là, il a montré son vrai visage.

« Je suis l'héritier d'une célèbre famille de marquis, non ? » avait-il dit. « Ma famille a été préfet ici depuis des générations. Je suis au-dessus de tout cela. Je peux faire ce que je veux. Je ne voulais même venir dans ce foutu collège, à la base ! » avait-il rajouté en rigolant.

Et puis il avait tenté de marchander.

« Dites, vous ne voudriez pas fermer les yeux sur mon défouloir ? En échange, je vous soutiendrais une donation d'argent jamais égalée jusqu'à ce jour, de la part de mon père. Si vous voulez, je peux même accepter un Y ! »

En réponse, nous l'avons menacé de tout raconter au vice-principal. Mais la trahison n'était pas terminée.

Agares, le vice-principal, était de mèche. Probablement depuis le début. Il maltraitait les élèves comme Derek et les quatre autres, et profitait des confiscations des préfets pour se saouler. Il profitait de la situation.

Et...

Greenhill ne l'a pas supporté.

Il a attrapé la batte qui servait à Derek pour frapper les pauvres victimes pour le frapper, lui. Le cogner encore et encore, lui fracasser la tête. Un instant de flottement avait éclaté, puis nous autres, nous trois, nous avons bloqué les portes pour ne pas laisser partir les auteurs de toute cette cruelle mascarade.

Tout ça... Pour les traditions de notre école.

Pour les traditions.

Les traditions sont absolues.

Vive la tradition.

- RETOUR AU MOMENT PRÉSENT, AU THÉ DE MINUIT -

- Peu après, Redmond avait appelé un contact de son oncle, le Vicomte Aleister de Druitt. Il se nommait Ryan Stoker, et disait pouvoir ressusciter les morts.

- Imp-Impossible ! s'écria Ciel.

Il semblait choqué. Visiblement, il savait de qui parlait Greenhill.

- Alors nous avons passé un contrat avec lui. Et Derek est devenu ça.

Le silence se fit. Il s'étira longuement. Très longuement avant que Sébastian ne prenne la parole.

- Je vois. Maintenant toutes les pièces s'assemblent.

- Oui, approuva sombrement Ciel.

- L'élève qui a disparu non seulement par le corps, mais aussi par l'âme, continua le majordome sans sembler s'apercevoir que tous l'observaient. L'indétectable Derek Arden. L'homme qui a pu échapper à ma poursuite, le principal. L'affaire du Campania et de l'association de recherches pour la régénération humaine, la société Aurora. Comprendre tout cela aura dû être facile, et ce depuis le début. Mais celui qui a drapé tout cela sous un obscur voile de mystère...

Il pointa du doigt l'homme détenu en otage par Gintoki et Kagura.

- C'était vous, n'est-ce pas ?

- Q-Quoi ?! s'écrièrent en même temps les élèves.

- Le principal n'a rien à voir avec le cas de Derek, nous avons agi seuls pour appeler le Docteur Stoker, et-

- Personne n'a dit que cette personne avec nous était le principal.

Sa remarque jeta un froid dans la petite assemblée, qui avait déjà eu sa dose de chocs. Gintoki prit le relai.

- Oy. Et si on arrêtait d'être des gens pédagogues, môsieur le principal ?

Celui-ci ne répondit pas tout de suite. Il ne bougeait même pas le petit doigt. Puis, d'un coup, son visage se fendit d'un sourire monstrueux.

- Ah... Bon sang. J'aimais vraiment ce job là. (Il leva sa main pour pointer Ciel alors que Kagura et Gintoki raffermissaient leur prise sur leur arme. Ils sentaient soudainement à quel point cet homme était dangereux.) C'était très amusant de te voir lutter du haut des gradins. Tu m'as offert mes meilleurs rires. Hé hé hé...

Il releva sa tête, et Ciel blêmit à vue d'œil.

- Tu... Tu es... !

- Ça faisait longtemps, cher Comte !

- Undertaker !


A dans deux semaines~ !