Moi : Salut la compagnie ! Voilà le chapitre du jeudi ! n_n
Ryuga : Je l'ai lu. Disons…que ça avance.
Kyoya : Je le sens pas…
Moi : Kyo, épargne-moi tes commentaires inutiles, c'est toujours les mêmes et on peut pas dire qu'ils soient constructifs -_-
Kyoya : *grogne*
Chris : Mais quel râleur ! X)
Moi : Ce chapitre est, comme Ryu l'a souligné, assez important pour l'avancée de l'intrigue ! Vous verrez X)
Ryuga : Ouais enfin, rien qu'avec le titre on a une idée !
Moi : Allez, ne perdons pas plus du temps ! Disclaimer ?
Chris : Wonderinn ne possède pas MFB !
Moi : Merci Chris ! Bon chapitre les gens n_n
Chris : *ricane* Alors Kyoya, t'en as fait quoi de ton nouveau collier ? Tu le portes plus ?
Kyoya : Je vais te le faire bouffer si tu continues à m'emmerder.
Ryuga : -_-'
Réponse aux reviews :
Marius : Il me semble que c'est Hadrian et pas Hadrien, mais c'est pas vraiment important ! Sinon, je peux vous assurer que le livre y va vraiment moins de main morte avec ses persos ! Les pauvres ^^'
Je ne pense pas que le coup de foudre existe, mais je pense que rien qu'au premier regard ou à la première interaction, on peut avoir un pressentiment avec certaines personnes ! n_n
Eh bien, tu le sauras au prochain chapitre ! *clin d'œil*
Pluton est effectivement le nom romain d'Hadès. Perso, depuis mes cours de géologie, ça me fait juste penser aux roches plutoniques ! XD
P.S : J'avais toute ma thune de Noël et mon anniversaire à dépenser ! Je me suis aussi acheté un t-shirt One Piece, et un indice sous vos écrans : Trafalgar Law ! Voilà ! XD
Re P.S : (Moi : Marimo et Love Cook me manquent, c'est moins animé sans eux… Law : C'est sûr que sans l'algue pour gueuler, c'est plus calme ici. Moi : Je te le fais pas dire, Traffy ! Law : *ricane* Alors comme ça, tu essaies de me ressembler Wonder-ya ? Moi : J'adore ton style, j'y peux rien Traffy ! XD)
NekoGardenFox : Héhé, quel gentleman ce…on sait tous qui, hihi ! T'es grillée Mélanie ! XD
Bah là par exemple, j'ai un week-end de 4 jours ! Et ça fait du bien TTvTT
En même temps, Ryuga est tellement pas développé au niveau de ses sentiments et de ce qu'il peut ressentir, difficile de dire s'il pourrait se sentir coupable comme ça ! Mais bon, j'ai jamais dit qu'il serait pas OOC de toute façon XD
xBenou : C'est pile l'effet voulu ! Ryuga est juste normal, enfin nous on considère que son comportement est normal, mais comme les gens avec sa mentalité sont rares dans la fic, ça le fait ressortir n_n
C'est surtout Pluto dont il faut se méfier là, en tout cas c'est lui qui a mis Kyoya mal à l'aise !
Mon week-end a été…hum…pas aussi reposant que ce à quoi j'aspirais. Vendredi soir, comme je ne suis pas ressorti de ma chambre après mon petit craquage au dîner, ma mère et mon frère se sont beaucoup inquiétés. D'autant plus qu'ils ont tous les deux entendu mon altercation avec mon père… Le lendemain matin, quand ils m'ont vu avec mon pansement en travers de la tempe au petit-déjeuner, ils n'ont rien dit parce qu'il y avait mon père, mais j'ai bien vu leurs regards. Et oui, malgré tous mes efforts pour le cacher, ils ont vu mon pansement. C'est triste à dire, mais ils sont habitués à me voir blessé, alors ils arrivent toujours à repérer les pansements sur mon corps. Après le petit-déjeuner, ça a été ma mère la première à venir me voir dans ma chambre. Elle a encore pleuré… Je déteste la voir pleurer, d'autant plus que la plupart du temps elle pleure pour moi. Elle m'a serré dans ses bras, m'a dit qu'elle était désolée, qu'elle n'aurait pas dû parler de mes amis de la Fac au dîner, que tout était de sa faute. Elle culpabilise tellement facilement. Je ne sais pas si c'est juste dans sa nature, ou si par hasard mon père n'y serait pas pour quelque chose. Bref, il a fallu que je la rassure, que je lui explique que c'était pas de sa faute et que j'avais simplement manqué de respect à mon père.
Après, ça a été le tour de mon frère. Il n'a pas pleuré lui, même si j'ai bien cru qu'il allait craquer, par contre il a bien dû passer une heure dans mes bras, serré contre moi. Dès que mon père me frappe, Kakeru se sent très coupable et très mal pour moi. Mon père n'a jamais levé la main sur mon frère, jamais, au contraire il est plutôt cool avec lui. Du coup, Kakeru se sent coupable vis-à-vis de moi. Je comprends qu'il se sente mal, il doit se sentir privilégié et avoir l'impression d'être le fils chouchou, mais je préfère largement que les choses soient comme ça. Kakeru n'a pas le même mental que moi, il ne pourrait jamais encaisser ce que je vis. Déjà que moi je galère… Et puis surtout, je refuse que mon petit rayon de soleil de petit frère puisse devenir une coquille presque vide de toute émotion, comme moi.
Bon bref, on est lundi et je suis presque content d'être de retour à l'école. Je suis revenu très tôt ce matin, et c'était une sacrée connerie parce que maintenant je suis totalement éclaté, send help… La semaine prochaine, je reviendrai à l'école le dimanche soir, ça m'évitera d'avoir l'air totalement déphasé. J'ai eu tout juste le temps de ranger mes affaires dans ma chambre, et puis j'ai speedé pour aller en cours. J'ai retrouvé Chris, Damian et Nile, et puis la routine s'est doucement réinstallée. Actuellement, il est 12H30, et on fait la queue dans le self pour aller manger. On a récupéré Dashan au passage, il a pas passé un super début de journée. Il avait remis ses piercings aux oreilles ce week-end, et le problème c'est que ce matin il les a aussi remis par réflexe. Du coup, il s'est fait engueuler par son prof ce matin à son premier cours. Comment bien commencer un lundi !
Je…je n'ai pas encore revu Ryuga depuis…depuis notre conversation de vendredi soir, mais ça ne devrait plus tarder. On a pas reparlé juste en tête à tête depuis ce fameux soir, juste sur la conversation de groupe avec tous les autres, mais je n'arrête pas d'y repenser… Je ne sais même pas pourquoi ! C'est juste…je me suis senti tellement proche de lui en lui confiant mes problèmes, et il s'est tellement inquiété pour moi. J'ai l'impression de compter pour lui, d'être important… Oh bordel, je suis en train de tomber amoureux, je peux plus me voiler la face… Il faut que je me calme. Il faut que ça reste juste un…un crush, je dois empêcher mes sentiments de trop se développer parce que sinon ça va devenir intenable…et ça me fera souffrir. Putain, pourquoi il fallait que la première personne pour qui je développe des sentiments soit un mec qui m'est totalement inaccessible ?! Je te hais la vie, t'es vraiment une salope avec moi. Et puis sérieusement, je connais Ryuga depuis à peine une semaine ! Comment je peux en être rendu là ?
-Kyoya, qu'est-ce que tu as sur le front ? Me demande Nile en montrant du doigt ma tempe gauche. Tu t'es blessé ?
Depuis vendredi soir, ma blessure a commencé à cicatriser et j'ai enlevé mon pansement hier. Il ne servait plus à rien. En revanche, je ne pensais pas que l'un de mes amis arriverait à voir ma blessure, cachée derrière mes mèches. Elle n'est pas si grosse que ça, je l'ai déjà dit. Je n'ai pas dit aux autres pour…ce qu'il s'est passé vendredi soir avec mon père. C'est pas que j'essayais de leur cacher, j'avais juste pas envie de plomber l'ambiance de la conv' de groupe en racontant ça.
-Ouais, ça date de vendredi soir, répondé-je en soulevant les mèches de ma frange pour que mes amis voient la plaie en train de cicatriser.
-Qu'est-ce que t'as foutu ? On dirait que tu t'es pris un coin de meuble en plein dans la tempe, dit Chris, en train de prendre son plateau.
-Je… En fait, c'est… commencé-je.
Mon début d'explication est interrompu par l'arrivée de Ryuga, dont les bottes claquent sur le carrelage du réfectoire. Il fait un peu la gueule, je crois que lui non plus n'a pas passé un bon début de journée. Cependant, en me voyant, il esquisse un petit sourire et soulève les mèches de mes cheveux de lui-même pour regarder ma blessure. Alors là, tous nos potes sont largués.
-Mmh, ça va, finit-il par dire en laissant retomber mes mèches. Il ne t'a pas trop amoché. Ça ne te fait pas mal ?
-À moins d'appuyer dessus, non ça ne me fait pas mal, répondé-je en souriant très légèrement.
-Tant mieux alors, ricane doucement Ryuga en me faisant un petit clin d'œil discret.
Il va avoir ma peau, le salaud… En même temps, comment est-ce qu'il pourrait se douter de ce que je ressens pour lui ? Je vais mourir moi, je vais vraiment finir par mourir ici ! Mais le pire…bah c'est que je peux pas me résoudre à mettre de la distance entre Ryuga et moi, je sais que je tiendrais pas… Mettre de la distance entre lui et moi, ça ne servirait qu'à me faire penser à lui encore plus que d'habitude. Tuez-moi pitié, ma vie part dans tous les sens.
-Nan mais… ! Comment ça se fait que Ryuga était déjà au courant pour ta blessure ? Me demande Chris, les yeux écarquillés.
-C'est compliqué… soupiré-je en me grattant la nuque. Je vais vous expliquer à table…
Tous nos amis se lancent des regards curieux, mais hochent la tête. Maintenant que j'y pense…est-ce qu'ils vont pas trouver ça un peu bizarre que j'ai confié mes problèmes à Ryuga, mais pas à eux ? Ouais bon, si je dis que c'est parce qu'il m'avait dit que je pouvais lui parler si ça allait pas juste avant que je parte, ça passe non ? Il faudrait pas que mes potes grillent que je vois plus vraiment Ryuga simplement comme un ami, ça me créerait trop de problèmes… J'en peux vraiment plus de ma vie, j'ai envie de prendre des vacances loiiiiin d'ici ! Très loin. Une fois tous à table, tous les regards sont braqués sur moi, enfin sauf celui de Ryuga. Lui il est plutôt concentré sur sa salade de concombres.
-En fait, ma blessure…hum…ça vient pas de moi, soufflé-je, jouant avec le poisson dans mon assiette.
-Pas…de toi ? Répète Dashan en fronçant les sourcils. Tu veux dire…que t'es pas tombé ? Tu t'es pas blessé tout seul ?
-Oui… soupiré-je, mal à l'aise. C'est…c'est mon père… C'est parti en engueulade au dîner entre lui et moi, je suis parti m'enfermer dans ma chambre et…et puis ça a dégénéré, comme souvent…
-Ton père t'a frappé, c'est ça ? Me demande Chris, qui n'a l'air ni surpris ni choqué.
-Ouais. Il m'a mis un coup de poing en revers de la main gauche, et comme il porte une chevalière sur cette main, ça m'a écorché la tempe, expliqué-je en passant mes doigts sur la blessure, bien que ça me fasse mal. Euh…vous m'expliquez pourquoi vous avez pas l'air surpris ?
-Disons…que je connais ça aussi, soupire le blondinet.
-Ça ne m'est pas inconnu non plus, avoue Damian.
-Je ne pense pas être autant à plaindre que vous, enfin pour toi Damian je ne sais pas, mais j'ai déjà eu affaire…à la caresse mordante des phalanges de mon père, ajoute Dashan en se frottant la joue, se rappelant visiblement des souvenirs douloureux.
-Vous êtes sérieusement en train de dire…que vous vous faites tous frapper par vos parents ? Demande Nile qui, je ne le remarque que maintenant, est le seul à avoir l'air très choqué.
-Eh bien, je ne peux pas parler pour Damian ou Kyoya, mais dans mon cas et celui de Dashan, nos pères pensent que ça nous endurcit, marmonne Chris. Manière bien à eux de nous inculquer un peu de discipline.
-Mon père est extrêmement strict, et dès que je dis quelque chose qui lui plait pas, je me prends une baffe… soupire le plus petit de la bande. C'est franchement un miracle qu'il tolère ma relation avec Jack.
-Le mien de père est juste un connard fini, il me frappe pour me montrer qui est le patron à la maison, grogné-je. Pas de bol pour lui, je suis une forte tête.
-Mes parents ne lèveraient jamais la main sur moi… souffle Nile, qui a du mal à se remettre de ce que l'on vient de dire.
-Tant mieux pour toi, Nile, lui dit notre surveillant de dortoir. Personne ne te souhaite de subir ce genre de choses.
-Je suppose qu'on est pas les seuls à vivre ce genre de trucs ici, dis-je en terminant mon poisson. On vient peut-être de pays différents, de milieux légèrement différents, on a des cultures différentes, mais des parents stricts restent des parents stricts.
-Je dirais qu'on est divisés en trois catégories à ce niveau-là. Il y a les petits fils à papa chouchoutés, ceux à qui on a jamais dit non et qui deviennent les pires des connards, ensuite il y a les gars comme Nile, qui ont des parents justes qui veulent simplement que leur enfant réussisse parce qu'il a les capacités pour réussir, pour lui offrir la meilleure des vies, et il y a les gars comme nous, avec des parents super strictes, qui nous poussent dans une direction qu'on a pas voulu, qui ne nous plait pas la plupart du temps, mais on a pas le choix et on subit, explique l'américain blondinet, l'air sombre.
Il a tellement raison. Même si cette conversation a été hyper lourde et a un peu plombé l'ambiance du déjeuner, je me sens rassuré…de savoir que je ne suis pas le seul à subir des violences de la part de mon père. Bien sûr, ça nous rend tous un peu tristes, parce que ce ne sont pas des choses normales, mais au moins on se serre les coudes. N'empêche, l'ambiance s'est bien pétée la gueule là… J'en ai presque perdu l'appétit, et pourtant il y a des mochis en dessert et j'adore ça. Je me contente de jouer avec le riz qu'il reste dans mon assiette, un peu morne. Les autres sont déjà passés à autre chose, Chris et Damian parlent d'un comics qu'ils lisent tous les deux et Dashan écoute Nile lui parler de son Égypte natale. Dès que je repense à ma vie, je m'éteins soudainement. C'est comme si repenser à ce que je subis et que j'appelle une « vie » aspirait toute mon énergie vitale et me rendait las et agacé. Je crois que c'est le cas en fait. Soudainement, je sens une main chaude se poser sur ma jambe, et ça me fait sursauter. Je regarde la main posée sur ma cuisse avec un mélange de surprise et de confusion et frôle l'arrêt cardiaque en me rendant compte que c'est la main de Ryuga qui est sur ma jambe. Mais il veut vraiment me tuer en fait, c'est pas possible ! Je tourne la tête vers lui, ne comprenant pas pourquoi il a fait ça, et dès que je croise son regard il enlève sa main. Je suis paumé de chez paumé là, qu'est-ce qui lui prend ? Devant mon expression probablement complètement perdue, le surveillant se met à rire. Les autres de la bande ne font même pas attention cependant, ils sont trop absorbés par leurs conversations respectives.
-Hahaha, si tu voyais ta tête Kyoya ! Glousse-t-il.
-Mais que…mais pourquoi t'as fait ça au juste ? Lui demandé-je, faisant de mon mieux pour ne pas rougir.
-Pour capter ton attention, répond-il simplement, comme si c'était l'évidence même.
-Et tu pouvais pas juste…me tapoter l'épaule ou un truc du style ? Sérieusement, t'es bizarre… soupiré-je.
-Désolé, je voulais pas te mettre mal à l'aise. Je voulais juste…j'aime pas te voir avec cet air morne que tu as souvent. Je voulais juste te changer les idées.
Je ne sais pas quoi répondre à ça. Je sens quelque chose se réchauffer dans ma poitrine, comme si mon cœur avait décidé de battre plus vite et fort subitement. Moi non plus je n'aime pas l'expression que j'ai la plupart du temps sur le visage, mais je ne pensais que ça pouvait avoir une quelconque importance pour les autres. La plupart du temps, les gens pensent juste que c'est mon expression de base et que je vais bien. Au final, Ryuga ne m'ayant toujours pas lâché du regard, semblant attendre que je dise quelque chose, j'esquisse un petit sourire et détourne vite la tête. Au secours, je vais vraiment finir par me faire griller…
-C'est mieux comme ça, dit Ryuga en repoussant son assiette qu'il vient de finir. Avec une aussi belle gueule que la tienne, c'est quand même dommage de tout le temps tirer la tronche et de rarement sourire.
Je tourne de nouveau la tête vers lui, il me sourit et je grogne un truc qui ressemble vaguement à un « oui » avant d'attraper mon verre d'eau. Quand il dit ce genre de trucs…je me sens beaucoup trop gêné. Je sais qu'il le pense, mais qu'il n'y a pas de deuxième sens dans sa phrase, et ça me met mal à l'aise parce que moi j'aimerais bien qu'il y en ait un, de deuxième sens. Je me fais tellement de mal putain, pourquoi il faut que ce soit mon surveillant de dortoir ? Pourquoi la vie me déteste ? Je crois qu'au final, mon seul moyen de ne pas perdre la face avec lui, ça va être de jouer un peu dans son sens. D'être comme je suis depuis le début avec lui en fait, et ranger mes débuts de sentiments amoureux dans un coin. Plus facile à dire qu'à faire, mais c'est pas comme si je pouvais vraiment faire autrement. Je devrais pouvoir y arriver en tout cas, et puis…peut-être que de flirter avec lui sans qu'il s'en rende compte, ça me fera un peu de bien. La première étape, c'est d'au moins arrêter de me fermer comme une huître dès qu'il me parle. Ce serait un bon début. Je dois donner à Ryuga l'impression d'être un mec complètement bipolaire qui en l'espace de trois jours passe de « Je te confie que mon père me bat et que ça me fait du bien de te parler » à « Je fais la gueule quand tu me touches ou quand tu m'adresses la parole ». C'est loin de comment je me comportais avec lui au début de la semaine dernière. Je sais que je peux redevenir comme ça, je suis assez fort pour ça. Et comme ça, Ryuga continuera de se comporter de la même manière avec moi. J'aime bien qu'on se taquine après tout, et même si ça fait un peu mal, je veux pas que ça s'arrête.
-Alors comme ça, monsieur s'amuse à violer mon espace vitale juste pour que j'arrête de faire la gueule ? Ricané-je. Tu mériterais que je me venge un peu tiens ! Puisque c'est ça, je vais te piquer ton dessert !
Un sourire moqueur sur les lèvres, je tends rapidement le bras vers le mochi que Ryuga a pris pour son dessert. Alors que mes doigts ne sont qu'à quelques centimètres du délicieux petit gâteau à la texture si particulière, je sens une main enserrer fortement mon poignet et tirer mon bras en arrière. C'est forcément la main de Ryuga. Je m'attendais pas à ce qu'il réagisse comme ça… Je comptais pas vraiment lui voler son dessert, c'était pour rire, mais visiblement il ne trouve pas ça très drôle.
-Je croyais être le seul à adorer les mochis à cette table, mais visiblement tu me dépasses à ce niveau-là, dis-je au surveillant, avec un rire un peu gêné. T-Tu peux me lâcher s'il te plait ? Tu me fais un peu mal… Ryuga ?
Ryuga ne me lâche toujours pas, alors je tourne la tête vers lui. Je ne m'attendais pas non plus à ce qu'il ait l'expression de quelqu'un qui vient de voir la mort en face… Il est carrément à moitié essoufflé, comme s'il venait de réussir à empêcher une catastrophe.
-Ryuga, j'allais pas vraiment te voler ton dessert hein, gloussé-je, commençant à trouver son comportement complètement abusé. C'est juste un mochi, détends-toi. Je me contenterais du mien. Tu peux me lâcher maintenant ?
-Tu comprends pas Kyoya… soupire-t-il, lâchant tout de même mon poignet comme je lui demandais. Je viens de t'empêcher de faire une grosse connerie là.
-T'aimes vraiment les mochis dis-donc, ça commence à faire peur, continué-je de glousser. Tu es mélodramatique là !
-Kyoya, c'est pas drôle, tu comprends vraiment pas, maintient le surveillant, plantant son regard hyper sérieux dans mes yeux bleus. Mon mochi, c'est pas le même goût que le tien. Le mien est à la fraise.
Je perds soudainement mon envie de rigoler, et les couleurs de mon visage avec. Je viens littéralement de frôler la mort. Si j'avais mis la main sur son mochi, j'avoue que j'aurais mangé un petit bout pour l'embêter… Je me serais tué si j'avais fait ça. C'est pour ça qu'il avait l'air d'un mec qui vient d'empêcher une catastrophe, il vient vraiment d'en empêcher une. Il s'est souvenu de mon allergie, et il a réussi à réagir assez vite pour m'empêcher de me faire du mal par accident.
-Kyoya ? Kyoya, ça va ? Me demande Chris, assis en face de moi. Tu trembles et t'es tout blanc… Tu te sens bien ?
-Il voulait me piquer mon dessert pour m'embêter, sauf que mon mochi est à la fraise donc je l'en ai empêché, répond Ryuga à ma place.
-J'ai failli mourir en voulant faire une blague… rajouté-je avant de déglutir. Putain d'allergie…
-Hé, le plus important c'est que Ryuga t'ait arrêté avant que tu le fasses ! Me dit Dashan avec un air rassurant.
-Je sais, mais ça donne quelques sueurs froides quand même… soupiré-je, me passant une main sur le visage.
-J'imagine, mais heureusement Ryuga a des réflexes très aiguisés, souffle Damian avec une certaine admiration pour lesdits réflexes de notre surveillant.
-Oui, heureusement. Allez Kyoya, tout va bien, mange ton dessert, dit Ryuga en me frottant le dos de manière réconfortante. Promis, j'irai piquer un autre mochi pour te le donner avant qu'on parte, et celui-là il sera pas à la fraise.
Je sens la peau de mon dos se réchauffer sous la main de Ryuga et me sens mieux. Je ne pensais pas que c'était possible de détester et d'aimer une chose en même temps… Je déteste que Ryuga me touche, parce que ça réveille des trucs à l'intérieur de moi que je préfèrerais garder enfermés à l'intérieur, mais en même temps j'adore ça…parce que je me sens proche de lui comme ça. Je peux pas contrôler mes sentiments, comment j'ai pu croire que je pouvais ? Je peux pas les empêcher de grandir, je peux pas m'empêcher d'aimer Ryuga de plus en plus, je peux pas m'empêcher de le trouver parfait et de me sentir tellement bien dès qu'il s'intéresse à moi. Je peux pas m'empêcher d'être amoureux, même si c'est une putain de connerie, et surtout un amour impossible condamné à rester à sens unique…
Non, je ne peux rien empêcher, mais je peux vivre avec. Tant que je n'espère rien de plus, je pourrais vivre avec. Être ami avec lui, je considère déjà ça comme une chance. Et puis au pire, j'ai toujours mon imagination et mes rêves pour combler un peu… C'est glauque quand on le dit comme ça, non ? Bref, ça ne sert à rien d'être dans le déni : j'aime Ryuga, j'y peux rien. Je vivrai avec, et je continuerai de faire genre de rien. Tss, t'as bien de la chance de m'être vital, petit con de cœur, parce que sinon crois-moi que je t'aurais arraché de ma poitrine pour plus penser à mes sentiments. Si t'avais pu choisir une autre personne que Ryuga, ça m'aurait arrangé…ou en tout cas, ça aurait été moins problématique. Mais bon, d'un côté je te comprends. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme Ryuga avant, et cette impression que jamais personne ne me comprendra aussi bien que lui ne veut pas me quitter. Ouais enfin bon, faut pas que je m'emballe. Je l'ai dit : je ne dois rien espérer de plus. Ryuga ne m'aimera jamais de la même manière que moi, et même si par un quelconque miracle c'était le cas, il reste un surveillant et moi un étudiant. Entre nous, c'est impossible.
Quelques minutes plus tard, on s'apprête à quitter le réfectoire pour retourner dans le dortoir. Ryuga nous demande d'attendre un peu avant qu'on sorte et il s'éclipse quelques secondes on-ne-sait-où. Il ne tarde pas à revenir avec un autre petit mochi dans les mains, emballé dans une serviette. Oh, c'est pour moi, c'est vrai qu'il avait promis de m'en donner un autre pour me remonter le moral. Vu la couleur, il doit être à la fleur de cerisier. Celui que moi j'avais pris pour mon dessert était au haricot rouge. On reprend notre chemin vers le dortoir, sortant du self, et Ryuga me tend le mochi, me le plantant devant la bouche tout en le gardant dans la main. Je tourne la tête vers lui avec un petit sourire en coin, et il a exactement le même sourire. Même si c'est pas facile, j'arrive à mordre dans le petit gâteau en marchant. Ça a l'air d'amuser le surveillant, puisqu'il ne veut toujours pas lâcher le mochi et le laisse devant ma bouche tout en marchant. C'est quand même vachement galère de manger en marchant, alors j'attrape le poignet de Ryuga pour au moins qu'il bouge moins. Ce serait tout de même mieux d'éviter de lui mordre les doigts.
Une fois arrivés au dortoir, au final j'ai déjà fini mon mochi à la fleur de cerisier. On va pas trop avoir le temps de se poser, il va falloir retourner en cours. L'enthousiasme n'est pas présent. De son côté, Ryuga doit aller surveiller les couloirs, et ça ne l'enchante pas non plus.
-Allez, c'est parti pour des heures d'ennui profond et total, soupire Chris, qui est le moins motivé d'entre nous. Youhou !
-Pareil de mon côté, ouaiiis… marmonne le blanc.
-On va tous survivre les gars, allez, dis-je en arrangeant la lanière de mon sac sur mon épaule.
-Ouais, mais quand même. Bon, on se retrouve à la muscu ce soir, Kyoya ? Me demande Ryuga.
-Bien sûr, ça me fera du bien de m'y remettre après mon week-end à rien foutre, ricané-je.
Ryuga me sourit et s'en va, et moi je rattrape mes potes qui commencent à se barrer sans moi. Je l'ai bien caché, mais en vrai je la sens pas trop cette séance de muscu. Bien sûr j'adore ça, ça me fait du bien et c'est plus agréable d'en faire avec quelqu'un que tout seul, mais j'ai comme un mauvais pressentiment. Je ne vois plus Ryuga comme avant, et c'est justement avec la muscu que ça a commencé à sérieusement déraper… Non vraiment, je sens que ça va pas se passer comme j'en aurais envie.
À suivre…
Moi : Fin du chapitre ! Et oui, Kyoya a enfin percuté qu'il est amoureux de Ryuga, enfiiiiin ! Fini le déni ! XD
Kyoya : -_-
Ryuga : Le mec a quand même failli mourir à cause d'une blague.
Moi : C'est vrai que là, ça aurait été bien con ^^'
Chris : Les Darwin Awards seraient fiers ! XD
Moi : Je dois avouer que j'ai hâte d'écrire le prochain chapitre, il va y avoir de l'action ! Mais bref, on en est pas encore là ! X)
Kyoya : Ouais, il y a dimanche avant. Pas que ça me plaise, mais bon…
Moi : Laissez les reviews de l'amour, et à dimanche très chers lecteurs ! n_n
Chris : Bye ! ^^
Ryuga et Kyoya : Salut.
Moi : Allez, moi je vais jouer ! Non, j'ai pas cours aujourd'hui ! XD
Ryuga : *ricane* Feignasse d'étudiante.
Moi : Oui je sais XD
