Merci à Sallyfone pour la correction !
Sakura retourna au chevet de Sasuke après avoir récupéré les résultats d'analyse. Le bilan sanguin n'était pas fameux et la multitude de poisons qui avait été mise en évidence lui avait donné le vertige. Avant de revenir dans la maison, elle avait pris soin de dérober bon nombre d'antidotes afin de tenter de sauver son ami. Celui-ci n'avait toujours pas repris connaissance, mais son état semblait de nouveau stabilisé.
Sakura sortit de la pièce et revint avec un portemanteau qu'elle déposa à côté du lit. Elle sortit une poche de perfusion de son sac et y injecta les différents remèdes. La jeune fille accrocha ensuite la poche au portemanteau avant de prendre le bras de Sasuke et de lui mettre le cathéter. Elle régla l'intensité des gouttes puis s'assit et entrelaça ses doigts à ceux de son ami. L'inquiétude ne la quittait plus et elle priait autant qu'elle pouvait pour que le jeune homme ait une chance de s'en sortir.
Petit à petit, ses pensés s'égarèrent et Sakura commença à réfléchir sur une manière de cacher davantage Sasuke. Elle qui pensait être tranquille dans le clan des Uchiwa, elle s'était lourdement trompée. Mais elle n'avait pas d'autre idée pour garder le ninja en sécurité et à portée de soin. La jeune fille, après avoir passé toutes les solutions en revue, décida que pour le moment, le mieux à faire était de mettre en place des genjutsus si quelqu'un venait à entrer ici. Sakura ouvrit les yeux et regarda le soleil se coucher lentement à l'horizon. Demain matin, elle serait à peu près fixée sur les chances de survie de Sasuke.
La nuit était à présent tombée sur Konoha. Deidara avait emménagé chez Kakashi et restait près de la fenêtre, assis dans le fauteuil, silencieux. Kakashi, lui, s'était installé dans son fauteuil et lisait son livre. Il jetait des coups d'oeil discret à l'autre ninja. Pourquoi s'obstinait-il à rester contre la fenêtre ? Après avoir dîner, il s'était installé là et n'avait plus bougé, scrutant les lumières de la ville. A quoi pouvait-il bien penser ? Kakashi finit par laisser tomber son livre et tourna complètement la tête vers Deidara :
- Qu'y-a-t-il de si intéressant dehors ?
- Rien pour le moment, et j'espère que cela va durer.
Kakashi fronça les sourcils. Devait-il se passer quelque chose cette nuit ? Petit à petit, le doute s'installa dans son esprit. Est-ce que Tsunade avait réellement bien fait d'intégrer un déserteur d'un ancien village dans Konoha ? Est-ce que l'Akatsuki préparait une attaque sur le village ? Et si cette Naoko Uchiwa était de mèche avec eux et avait joué la comédie jusqu'à maintenant ? Kakashi entendit Deidara soupirer et le vit se tourner vers lui :
- Tu sais garder un secret, hein ? Parce qu'elle va me tuer si elle sait que tu sais !
- … Demander à un ninja s'il sait garder des informations confidentielles, c'est presque risible…
Kakashi préférait jouer la prudence. Il devait savoir si les informations que Deidara voulait lui communiquer étaient importantes ou non :
- La petite Naoko Uchiwa, elle peut pas dormir seule, fit Deidara sur un ton grave.
Kakashi soupira et ferma les yeux. Tout ça pour ça ? Bon sang ! Ce ninja le fatiguait au plus haut point. Il avait l'impression d'avoir face à lui un Naruto encore plus immature que l'original. Deidara reprit en élevant un peu la voix :
- Non mais je déconne pas ! Elle peut pas dormir seule !
- Et alors ? Qu'est-ce que ça peut me faire ? dit Kakashi en retournant à son livre.
- Le village est en danger !
Deidara s'était levé et faisait maintenant face à Kakashi. Celui-ci soupira encore une fois, las. Pourquoi Tsunade lui avait-elle confié cette mission ?
- Tu vas trop loin, Deidara. Tu peux me sortir tous les mensonges que tu souhaites, il n'est pas question qu'une personne de plus vienne loger ici.
- Tu comprends rien ! Quand elle est seule, elle fait des crises de panique et l'esprit du pays du feu se réveille plus violent que jamais ! J'ai failli mourir comme ça !
- C'est ça. Je ferai un rapport à Tsunade pour qu'elle assigne quelqu'un auprès de ta petite protégée dès demain. Enfin, si le village survit à cette terrible nuit qu'elle va passer seule.
Kakashi était ironique dans le ton et cela mit Deidara sur les nerfs. On ne le croyait pas ? Très bien, quand la moitié de Konoha serait en feu, ils n'auraient pas à se plaindre. Il se laissa tomber à nouveau dans son fauteuil rageusement et croisa les bras en fixant Kakashi. C'était officiel, il boudait.
Naoko s'allongea dans le lit et remonta la couette. Elle avait passé la soirée avec Naruto et s'était beaucoup amusée. Le jeune homme lui avait présenté bon nombre de ses amis et ils avaient mangé tous ensemble. Quand il avait été l'heure d'aller dormir, elle avait insisté pour raccompagnée Naruto chez lui puis s'était dirigée vers l'auberge.
La jeune fille appréhendait énormément ce moment. Cela faisait des années maintenant qu'elle dormait avec Deidara et Itachi. Peu importe les efforts qu'elle avait faits, à chaque fois qu'elle avait tenté de dormir seule, Fugaku Uchiwa revenait la hanter et inconsciemment elle appelait Kitai. La dernière fois que Naoko avait dormis seule, elle avait détruit une partie du repaire. Pain était furieux et avait ordonné à Deidara et Itachi de remédier au problème.
Elle ferma les yeux et respira calmement, essayant de se détendre. Petit à petit, elle sombra dans un sommeil léger.
La petite Naoko était en train de jouer avec sa mère, assises toutes les deux sur le parquet, au milieu de la salle de restauration. Dans l'auberge, tout était calme et le soleil diffusait ses dernières lueurs dans le salon.
- Maman, quand je serais grande, je garderai l'auberge !
- Non, tu devras être l'arme du clan Uchiwa.
La petite fille redressa la tête et regarda sa mère. Son teint avait énormément pâli, son visage était sombre, terne et un filet de sang s'échappait à présent de ses lèvres. Surpris, la petite recula et heurta quelque chose. Elle se tourna et vit la tête de son père par terre. Une flaque de sang se propageait sur le sol et Naoko se leva rapidement en criant. Deux mains l'attrapèrent par les épaules et la serrèrent. Elle tourna la tête : Fugaku la regardait, les yeux exorbités et un sourire de psychopathe sur les lèvres :
- Tu es à moi !
- NON !
Naoko s'assit en sursaut sur son lit, essoufflée. Sur les draps, des flammèches dansaient devant elle. La jeune fille serra les dents et ferma les yeux. Une larme roula sur sa joue et elle se recroquevilla sur elle-même en entourant ses genoux de ses bras. Elle détestait ça. Elle se détestait d'être aussi faible et de ne pas arriver à oublier. Pourquoi cette épisode revenait toujours la hanter ? Pourquoi n'arrivait-elle pas à passer outre ?
Le jeune fille se laissa aller à pleurer quelques instants avant de se reprendre. Elle se leva et éteignit le feu qui consumait lentement les draps. Puis, elle se saisit de son sac et y prit le nécessaire pour se rhabiller. Elle devait sortir. Prendre l'air lui ferait le plus grand bien.
Les rues de Konoha étaient quasiment désertes et silencieuses. Quelques lampadaires continuaient de diffuser une lumière jaune assez vive. Le restaurant Ichiraku était à présent fermé, comme toutes les autres boutiques de la rue. Un peu plus loin, on entendait les clapotis de l'eau de la rivière, calme et sereine. La nuit était fraîche et paisible.
Naoko grimpa sur le toit et repéra la falaise où étaient sculptées les têtes des cinq Hokage. Cinq héros de leur génération qui avaient protégé et embelli le village. Silencieusement, elle se dirigea jusqu'à la falaise et la gravit. De là haut, elle surplombait complètement Konoha.
Itachi ne lui avait pas menti, ce village était vraiment comme il avait pu le décrire. Beaucoup d'habitation et de couleurs différentes. De la lumière, de la gaieté, de la vie et de la joie. On voyait que le village ne roulait pas sur l'or, mais il n'était absolument pas à plaindre. Entourés de forêts, les habitants ne manquaient de rien.
La jeune fille savoura la sensation du vent dans ses cheveux et ferma les yeux de bien-être. Depuis tout ce temps, elle avait toujours rêvé de fouler le pavé de ces rues, d'admirer ces bâtisses, de découvrir ces habitants. Son rêve se réalisait enfin. Du haut de ses 17 ans, Naoko se sentait incroyablement libre et bien dans ce village. Et elle avait l'impression que Kitai ressentait exactement la même chose.
Naoko passa plusieurs heures à contempler le village, à s'en imprégner. Elle aurait voulu partager ce moment avec Sasuke, Itachi et Deidara.
La jeune fille ne savait toujours pas où dormir et poussa un long soupir.
Une idée lui vint. Lorsqu'elle était un peu plus jeune, Itachi lui avait appris une autre manière de se servir de son chakra. Malheureusement, elle n'avait jamais vraiment réussi à acquérir complètement la technique. Peut-être était-il temps d'essayer à nouveau ?
Naoko ferma les yeux et se concentra pour ressentir son chakra au plus profond d'elle-même. Doucement, elle le laissa échapper et s'exprimer. Son chakra commença d'abord à l'entourer, puis, petit à petit, il se déploya sur le village. Par le biais de son énergie, elle tentait de communiquer avec quelqu'un. Ce n'était pas des mots, mais plus des sensations qu'elle tentait de transmettre.
Bientôt, Kitai commença à son tour à suivre le chemin du chakra et s'éparpilla dans le village. Si Naoko avait ouvert les yeux, elle aurait pu voir un voile orangé flotter au-dessus de Konoha. Sa concentration était intense, mais elle doutait sincèrement que quelqu'un puisse l'entendre. Itachi était le seul ninja qu'elle connaissait pratiquant cette méthode de communication, et il était actuellement dans le coma. Maladroitement, Naoko orienta davantage son chakra dans un couloir de rue. Si elle le laissait trop vagabonder, son message serait trop diffus et flou.
Après quelques minutes de concentration intense, elle commença à rappeler son chakra et Kitai vers elle.
Et soudain, elle sentit une autre énergie entrer en contact avec la sienne.
Le choc avait été rude et violent. Quelqu'un tentait de répondre à son appel. C'était très maladroit, mais on l'avait entendu, et à cette pensée, la jeune fille sourit. Naoko se concentra de nouveau et re-déploya son chakra sur Konoha, tentant un contact plus agréable avec l'individu.
Une nouvelle onde de choc lui répondit, mais un peu plus douce cette fois-ci. Petit à petit, la jeune fille ramena son chakra, amenant par ce biais le deuxième chakra vers elle. Quand elle finit de rassembler son chakra, elle sentit l'énergie du deuxième individu l'envelopper et elle soupira d'aise. C'était une sensation inconnue mais agréable.
Quelques instant plus tard, Naoko sentit une personne arriver près d'elle :
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
Naruto, les cheveux ébouriffés, la regardait. La jeune fille fit une petite moue et sourit :
- Je prenais l'air…
Le jeune homme s'assit aux côtés de la jeune fille et observa Konoha. Ce n'est pas lui qui avait entendu l'appel, mais Kyûbi. Le renard à neuf queues en lui s'était arrangé pour entrer en contact avec Naruto et le réveiller. De mémoire, c'était la première fois que le démon agissait de la sorte, mais Naruto n'avait pas eu le temps de poser la moindre question. Après lui avoir expliqué ce qu'il devait faire et lui avoir prêté un peu de chakra, Kyûbi était retourné se terrer au fin fond de Naruto. Depuis, silence radio.
- Je ne savais pas qu'il était possible de communiquer par chakra.
- C'est Itachi qui m'a appris. Je dois avouer que c'est bien pratique.
Le silence se fit et les deux ninjas fixèrent Konoha quelques minutes. Naruto finit par s'étirer et se relever. Kyûbi lui avait expliqué où il devait se rendre et que, sous aucun prétexte, il ne devait laisser la jeune fille dormir seule. Bizarrement, le démon avait vraiment insisté sur ce dernier point mais n'avait pas voulu se justifier. Et devant la mine triste qu'affichait Naoko, Naruto se dit que le moment était mal choisi pour lui demander :
- Tu viens ? On va pas rester planté là toute la nuit, sourit-il.
- … Je ne veux pas dormir à l'auberge, répondit Naoko, à demi-voix.
- J'ai compris. Je t'invite à la maison.
Naoko sursauta et le regarda. Naruto l'attendait, souriant, et lui tendit la main pour l'inciter à bouger. Comme au ralenti, sans quitter son ami des yeux, Naoko prit sa main et se leva à son tour. Elle finit par détourner le regard, totalement gênée :
- Tu n'es pas obligé, tu sais…
