Le nouveau concierge, Rusard, était d'une humeur impitoyable. Il l'avait sans doute toujours eu mais auparavant, les élèves n'avaient pas à le croiser. Désormais, il affichait sa morosité partout à l'intérieur de l'école. Ce caractère des plus exécrables, il l'utilisait pour punir les malheureux élèves. Toutefois, il ne retirait aucun point. Ce détail n'était pas passé inaperçu par plusieurs groupes d'étudiants qui en tiraient profit. Malgré cet avantage certain, beaucoup se plaignaient du départ de monsieur Picott qui était le confident de nombreux élèves. Sans s'en rendre compte, ils s'étaient habitués à le voir surgir de nul part pour les sanctionner, les conseiller et leurs parler.
Rusard n'avait que faire des mauvais traits de caractères des étudiants. Il lui importait peu que Severus soit en colère contre le monde entier, que Bellatrix refuse de partager avec ses sœurs, que Remus puisse envier ses camarades en pleine santé, que Severus soit trop orgueilleux pour accepter l'amitié sincère de Lily, que cette dernière se perde dans la nourriture pour calmer sa tristesse, que Tilden soit trop feignant pour réussir ses examens ou des comportements séducteurs de Charlie. Lui-même était furieux contre les sorciers, radin, envieux, fier, gourmand, paresseux et enclin à une certaine perversité.
Il vieillissait mal comme-ci le temps voulait le punir d'être aussi rancunier et mauvais. Ses cheveux viraient à un gris peu attractif. Son dos était légèrement courbé. Il soufflait facilement en montant les escaliers. Ses yeux étaient ternes et ses joues creusées. S'occuper des animaux et torturer les élèves procurer la même lueur de joie dans son regard.
─ Quand vous aurez terminé de nettoyer le sol, monsieur Black, vous aurez les fenêtres à faire.
Il haïssait la plupart des sorciers et en particulier les gryffondors et les serpentards comportant de nombreux sangs-purs. En réalité, Argus Russard n'haïssait personne autant qu'il s'haïssait lui-même. Rusard avait un peu de sympathie pour les exclus tant qu'ils ne semblaient pas trop marginaux ou rebelles. Il avait ainsi un peu de sympathie pour Severus Snape qui essayait de se plier aux règles et une haine tenace pour Sirius Black qui s'y refusait.
Le concierge Rusard sentait une odeur fétide et rance. Il était en conflit ouvert envers le garde-chasse, un grand homme à l'air bourru dont les parents disaient aux enfants de ne pas s'approcher. Le garde-chasse avait la réputation d'avoir tué une étudiante et d'avoir été interdit de magie. Personne ne comprenait que Armando Dippet, directeur de Poudlard à l'époque, l'ai gardé et lui ai confié des tâches. Le traitement qu'infligeait dernièrement le concierge Rusard à Sirius Black avait augmenté le conflit entre lui et le garde-chasse.
Faiza Patil elle-même, très bonne élève et ne supportant pas les bêtises de Sirius Black trouvait Rusard injuste. Elle était une élève en 4ème année à gryffondor d'une beauté extraordinaire. Sa peau halée, ses yeux noirs et ses très longs cheveux corbeaux s'accordaient parfaitement à sa taille menue, haute et superbe. Tout le monde s'accordait à dire qu'avec son jumeau Bilius, ils pourraient être les prochains mannequins vedettes. Ils étaient magnifiques. Faiza était aussi sérieuse que Bilius ne l'étaient pas. Elle était bonne élève, il était bon sportif. Son épouvantard était une lettre de rejet pour le ministère, tandis que celui de son frère était une lettre de rejet pour l'équipe de Quidditch adulte.
Ce qui énervait le plus Faiza était les blagues incessantes que son frère enseignait au jeune Sirius Black. Comme-ci ce dernier avait besoin de ça. Elle aurait aimé que leur frère, Paras, raisonne Bilius. Paras était un poufsouffle, il ne s'emportait jamais. Son épouvantard était les corps morts de son frère et de sa sœur. Il ne cessait de répéter à Faiza de laisser leur frère agir comme il le voulait. Chacun doit poursuivre son chemin.
─ Qu'est-ce que vous préparez encore ? dit-elle en regardant Bilius dissimulé dans la bibliothèque sur une table de travail.
Sirius Black redressa un regard interrogatif. Bilius ignora sa sœur et recommença à expliquer à Sirius les usages et effets de l'agave dans les potions. En y prêtant attention, Faiza remarqua que les livres sur la table était envouté. Les titres, à l'apparence ceux de BD, étaient tous des livres de potions. Sans y prêter attention, Sirius se griffa la joue sous le stress.
L'examen aurait lieu demain. Il ne voulait pas le rater. Plus la date des vacances approchait, plus son apparence nonchalante s'effaçait : s'il ratait ses examens, ni ses précepteurs ni ses parents ne l'épargneraient. Faiza attrapa le livre des mains de Bilius frappant solidement sur la tête de son frère avec.
─ Tu comptes expliquer quoi ? T'es à peine passable en cette matière.
─ C'est mieux que ce qu'il est, on dirait qu'il fait un rejet.
─ Je vais t'aider, soupira Faiza.
Nombreux furent les élèves étonnés de voir Sirius Black comploté avec Faiza et Bilius Patil au lieu de ses habituels partenaires. Vu dans l'état où était l'enfant, c'était certain que la blague qu'il préparait allait être énorme ! Bilius fixa sa sœur. Sirius était stressé au point de s'en arracher les cheveux et de s'en griffer le cou, mais il ne voulait pas quelqu'un l'apprenne et surtout pas James, Remus et Peter ! Depuis cette histoire de doloris, ils étaient plus inquiets que lui de le voir retourner chez ses parents. James risquait à tout moment de tout raconter. Sirius ne voulait pas être retiré de l'école. Il ne pouvait pas tout raconter à James. C'était juste impossible.
Depuis le début du mois, le comportement de Peter était étrange. Il jouait encore plus mal que d'habitude au Quidditch, il parlait peu lors des discussions de groupe et il semblait préférer rester seul dans son coin même s'il accordait des sourires sincères à Remus. Sirius l'avait remarqué et en avait parlé à James. Ils avaient demandé à Peter ce qui n'allait pas. Ce dernier avait répondu que tout allait bien mais Sirius avait continué à observer un comportement atypique chez lui.
Les journées étaient davantage libres du fait des examens de chacun. Les quatre premières années révisaient pour leurs examens tout en étant moins stressés que ceux devant passer leurs BUSES ou leurs ASPIC. Remus Lupin était occupé à jouer aux échecs dans la salle commune avec James. Peter les regardait, toujours un peu renfrogné. Remus lui jeta un regard désolé. S'il n'avait pas juré à Peter de ne pas en parler, il aurait déjà expliqué ce qui n'allait pas à James. Ce dernier était agacé par l'attitude du petit blond. Remus avait du mal à se retenir de parler, c'était compliqué car il n'aimait pas mentir à ses amis, mais il savait que Peter lui en voudrait s'il rapportait encore. James lui n'en pouvait plus.
Sirius lui tapait souvent sur les nerfs en étant versatile et surtout en ce moment où il semblait se battre avec toute l'école tant il avait des écorchures aux visages et les cheveux emmêlés. Voilà que le blond s'y mettait ! D'ailleurs, Sirius était encore absent. Sans doute à préparer une blague de son côté ! Sirius était parfois très solitaire, pouvant surgir d'un coup et disparaître la seconde d'après. L'infirmière, madame Pomfrey, disait qu'il était un chien-fou et était agacée de devoir sans cesse le soigner ou le renvoyer de l'infirmerie.
─ Eh, se rapprocha Elizabeth de la table d'échec, Lily a dit que vous alliez faire une bêtise pour le bal de promotion afin de battre la blague de Prewett ? C'est vrai ?
─ Top secret, dit Peter en riant, avant de se faire foudroyer du regard par James qui se doutait de la source de Lily.
─ Ça va, on dira rien, mais ….
─ Oh, non, non, non ! coupa Daisy, la capitaine de l'équipe de Quidditch, en posant sa main sur la partie d'échec.
Elle pointa son doigt en direction des trois garçons. D'ordinaire elle était la première à penser « perdu pour perdu, autant s'amuser ! » mais là, ils avaient une chance de gagner la coupe des quatre maisons.
─ Je vous préviens tous les trois, si l'un d'entre nous fait perdre des points à la maison, on le zigouille. Ça fait dix ans qu'on attend d'être à nouveau premier. Vous allez rien ruiner !
Filius Flitwick ne partageait pas l'avis de la plupart des autres professeurs sur le jeune Black. Il reconnaissait que ce dernier avait des difficultés à se concentrer quand le sujet ne l'intéressait pas. Toutefois, Sirius Black avait un potentiel de magie hors du commun. Il parvenait à user de sorts de manière intuitive. Lily Evans, qui était la meilleure élève des secondes années, le devait à son travail acharné. Toutefois, une fois le sort correctement appris par l'un et l'autre, Sirius le développait bien au-delà de ce que la jeune fille était encore capable d'atteindre. Filius regrettait que le jeune garçon ne soit pas venu chez les serdaigles. Il y aurait appris la modestie, la tempérance et les valeurs du travail.
Toutefois l'homme était ennuyé par ce qu'il venait de voir. Premièrement, voir Sirius devoir récurer les sols en croulant sous la fatigue le dérangeait. Deuxièmement, l'homme qui venait de voir se promener dans les couloirs n'avaient rien à y faire. Ni maintenant, ni jamais. Oh bien sur qu'il connaissait sa réputation et avait été un de ses plus fidèles admirateurs mais il n'était plus dupé par cet usurpateur. Seulement, Albus n'était pas à son bureau. Le professeur de sortilège hésita et finalement retourna étudier.
Albus Dumbledore frappa à la porte du bureau d'Horace Slughorn et entra sans attendre la réponse du professeur. Horace Slughorn était le directeur de la maison serpentard, le professeur de potion et le responsable du club de Slug. Ce club permettait aux brillants élèves de se retrouver entre eux lors de fêtes, de repas ou de soirées permettant de devenir de brillants futurs sorciers. Il venait d'y inviter la jeune Lily Evans qui excellait en potion et comptait y inviter Severus Snape.
Il aurait bien invité Remus Lupin, mais un loup-garou pouvait rapidement devenir un meurtrier et il ne voulait pas de meurtrier dans son groupe.
Bien que d'une famille de sang-pur et directeur de la maison serpentard, Horace Slughorn appréciait le travail, l'abnégation, la popularité et les personnes à bonnes réputations. Des personnes amenées à faire de grands choses qu'il invitait dans son club et à dire être membre de ce club très fermé.
Habillé tout en velours, avec des cheveux blonds soyeux, une moustache épaisse et un corps petit et ventru, l'homme donnait une impressionnant de bon vivant.
─ Je m'attendais à ce que vous veniez saluer votre ancien précieux élève, dit Dumbledore les yeux vifs.
─ J'avais du travail, répond Horace sur la réserve.
─ Il vous salue.
─ Que voulait-il ?
─ Vous le savez.
─ Le poste de défense contre les forces du mal, toujours.
─ Toujours, Horace, toujours.
Dumbledore regarda suspicieux le professeur de potion. Il était certain que ce dernier ne lui disait pas tout. Il avait toujours eu la langue bavarde et là, il semblait avoir soudainement trop de travail. Slughorn n'était pas du genre à fuir la venue de son populaire et précieux Tom Jedusor. A l'époque, où Dumbledore était encore professeur, cet étudiant éblouissant avait créé un sentiment de malaise chez lui conscient de son goût pour la magie noire. Ni le directeur Dippet, ni l'équipe pédagogique n'avaient écouté ses mises en garde.
Encore aujourd'hui, il était apprécié et demandé par nombreux d'entre eux. Lui qui était au summum de sa popularité attirait les foules. Le professeur Slughorn aurait dû lui ouvrir la porte de son bureau dans le faste et le luxe. Au lieu de ça, il n'était pas dans les satisfecit de Tom Jedusor.
Le soin de régler cette affaire était indiscutablement une priorité mais bien moins importantes que l'arrivé de Lord Voldemort et de sa reprise de l'idéologie de Grindelwald en la pervertissant. Car il ne fallait pas s'y tromper, les idéologies des deux hommes étaient différentes. Des hommes, ça aussi Dumbledore en avait conscience, les mages noires n'étaient ni des dieux ni des monstres. Et lorsqu'il aurait démasqué ce dernier, il pourrait s'attaquer davantage à Tom Jedusor qui était, certes dangereux, mais encore gérable. Ou sauvable, peut-être, même.
