Chapitre 19

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Voilà six mois que Floireans, six ans, a tenté de se donner la mort. Quatre mois que ses parents sont hantés par cette horrible vision de cette soirée. Par pure coïncidence, ils étaient arrivés en même temps sur le palier de la maison. Ils avaient remarqué le trou creusé dans la neige devant la porte mais ne s'était pas alarmé plus que ça. Après tout Floireans était une enfant qui aimait jouer dans la neige. Rien de bien extraordinaire là dedans. Cependant ils avaient été légèrement perturber de constater que la maison était dans la pénombre, alors qu'il était évident que Floireans était rentrée. Ses chaussons d'école mouillée étaient abandonnés à l'entrée.

Sonia et Judwal inquiets, décidèrent d'un commun accord de monter voir leur fille. C'était la première fois depuis plusieurs années qu'ils étaient d'accord et qu'ils ne se criaient pas dessus. Quand ils ouvrirent la porte, ils découvrirent l'horreur de la scène.

Floireans pâle comme la mort, la tête retombant sur sa poitrine. Trempée, tremblante, respirant à peine et son bras gauche baignant dans son sang.

Les médecins à Suga étaient formels. Floireans avait sciemment tenté de mettre fin à ses jours. Cependant ils ne purent découvrir la véritable raison. En courant dans la neige, Floireans avait attrapé une forte fièvre, la privant de tous ses souvenirs de cette soirée, et même des semaines auparavant. Trouvant étrange que Floireans ait été retrouvé sans ses chaussures, son cartable et sa veste, la police fut appelée. Les affaires manquants avaient été retrouvés sur le bord de la route entre l'école et la maison. Ainsi ils en conclure que Floireans avait été attaqué par un étranger qui s'était enfuit.

Le comportement de Floireans ne s'arrangeait pas. Elle gardait le silence. Ses yeux étaient vides. Elle refusait toute nourriture, si bien qu'à force, les médecins lui mirent une perfusion. Il était évident qu'elle se laissait mourir. Une psychanalyste fut dépêchée à l'hôpital pour évaluer l'état psychologique de l'enfant. Sonia et Judwal furent effrayés en voyant leur fille atone sans plus aucun désir de vivre.

Très vite, ils se rejetèrent la faute sur l'autre.

-On n'a pas idée de laisser une enfant de six ans seule dans la nuit ! Tu aurais dû aller la chercher !

-Et toi alors ? Tu crois que tu fais un père exemplaire en partant en Angleterre et en ne revenant qu'une fois par mois ? Est-ce qu'au moins tu es au courant que tu as une famille ici ?

-Une famille ? Tu appelles ce que nous sommes une famille ? Une famille ne laisse pas son enfant se faire agresser.

-Cette remarque vaut aussi pour toi. Qu'est-ce que ça t'apporte de laisser derrière toi ta fille et ta femme ?

-Ma femme ? Tu te considère encore comme ma femme ? Sache que ma femme ne laisserait pas notre fille mourir !

-Et ben tu n'as qu'à être aussi présent ! Tu crois que c'est facile de s'occuper d'une enfant lunatique ? Tu crois que c'est facile de s'occuper d'une fille qui ne jure que par son horrible peluche ?

-Au moins, si elle avait une vraie mère, Floireans ne serait pas obliger de les créer elles-même !

-Si elle avait un vrai père, elle n'aurait pas honte de se montrer avec ses parents à l'école !

Sonia et Judwal furent contraint de terminer leur violente dispute au poste de police afin d'expliquer comment on pouvait à ce point négliger une enfant.

Résultat des courses, les parents durent suivre un programme avec l'assistance sociale, et Floireans fut internée.

Assez vite, la nouvelle que Floireans était absente fit le tour du village d'Eslamaa. Fifi devenu triste par l'absence de sa meilleure amie sans qu'elle ne lui ait rien dit, mettait de bonne humeur son grand-père Gauthier Guillaume. C'était une excellente occasion de montrer que cette gamine n'était pas à la hauteur de la célèbre société Arcanesun. Grand-père Gauthier fit le nécessaire pour trouver une nouvelle cible vers laquelle tourner l'affection de son héritière. Il trouva la solution quand il entendit par les parent de Floireans, que la jeune Saunier avait été envoyé en pension pour corriger son horrible comportement bagarreur de chien sauvage.

Une autre nouvelle fit également le tour du village. Lohan Lebesque avait finalement prit son congé de paternité pour s'occuper de son nouveau-né que venait d'avoir sa douce femme. Les Lebesque ont profité de cette occasion pour se rendre à la capitale chez des proches afin d'accueillir comme il se devait le nouvel arrivé. Une jeune stagiaire en dernière année à l'université de Rennes était venue exprès pour remplacer le maître des CP.

La vie en hôpital psychiatrique était difficile à surmonter pour Floireans. Elle détestait voir que tout est si bien ordonnée, et propre. Elle ne supportait plus ce qui était immaculée. Floireans était constamment surveillée par les médecins. Floireans ne montrait aucun signe d'amélioration. Sa mémoire était toujours endommagée, elle était toujours sous perfusion, elle ne parlait pas, et son organisme peinait à se remettre de la perte de sang importante.

Les psychiatres étaient intéressés par son cas. Une enfant de six ans atteinte d'une profonde dépression n'était pas commun à Rennes. Car oui, elle avait été internée à Rennes vu qu'il ne proposait pas ce genre de traitement à Suga.

Il faudra attendre le quatrième mois d'internement, avant qu'un psychiatre de Suga trouve un moyen de redonner goût à la vie à l'enfant. Le docteur Fontaine, bien qu'exerçant d'une petite bourgade était reconnue dans la région comme étant un faiseur de miracle. Judwal et Sonia s'étaient tournés vers lui suite aux recommandations de Léonie qui était la seule au courant de tout le village de la vérité. Le psychiatre avait alors posé toute une batterie de questions au sujet de leur fille. Ses centres d'intérêts, sa place dans la famille, sa façon de jouer, ses amis, ses ennemis, l'école, comment elle gérait aussi son intelligence précoce. En écoutant les parents parler de combien leur fille était une enfant adorable et avait juste quelques malentendus avec un de ses camarades d'écoles mais que ce n'était pas grave, le docteur Fontaine parvint à extraire de tout ça que Floireans avait manifesté un certain intérêt pour les arts, et surtout pour le dessin et depuis peu pour la courure.

Le docteur Fontaine avait alors suggéré, sans jamais avoir rencontré l'enfant, qu'on lui donne des chutes de tissus ainsi que Siwrg et de voir ce qui allait ce passer. Il n'avait fallut qu'une heure avant que l'imagination et la créativité de Floireans prennent le dessus sur son état léthargique. Juste en voyant les yeux boutons de Siwrg. Floireans affaiblit par l'inactivité, s'était traînée jusqu'à son confident, et avait déclaré pour la première fois depuis quatre mois ses simples mots d'une voix faible.

-Il est temps de te changer Siwrg.

Aussitôt dit, Floireans se mit aussitôt au travail. N'ayant pas accès aux aiguilles, ni aux ciseaux, la petite styliste tentait tant bien que mal de créer un poncho avec un vieux tissu issu d'une vieille blouse blanche de médecin.

Suite à cette activité, encouragés, les médecins lui laissèrent au fur et à mesure le nécessaire à la confection des vêtements du petit extra-terrestre en patchwork. Ainsi Floireans confectionna une garde-robe miniature qui impressionna les médecins. L'enfant reprit quelques couleurs et des forces et surtout se remit à manger.

Pour le docteur Fontaine s'était une victoire, et Sonia et Judwal en furent extrêmement reconnaissants. Deux mois avaient été nécessaires pour que Floireans se remette et soit enfin autorisée à quitter l'hôpital. Elle sera suivie par le docteur Fontaine et sera obligatoirement sous médication pendant une durée indéterminée.

Ainsi ce fut par une éblouissante journée de juin que Floireans était de retour à Elsamaa au plus grand bonheur de Fiona ravie de revoir sa meilleure amie depuis les petites classes.

-Flo ! Ça fait trop longtemps qu'on ne t'a pas vu ! C'était comment la pension ?

Floireans s'était contentée de hausser les épaules alors qu'elle changeait les vêtements de Siwrg. Sous la surveillance de nourrice Andréa, les deux petites filles étaient dans le jardin de la propriété Guillaume assise dans l'herbe.

Un aboiement fit lever les yeux Floireans de sa peluche. Une petite boule de poil galopait droit vers Fiona que ouvrit de grands bras. La boule sauta littéralement dedans et ce fut que lorsque qu'une langue sortit pour lécher le visage de le riche héritière, que Floireans comprit que c'était un chien. Un minuscule petit chiot appartenant aux bichons havanais. Le petit chiot était tout ébouriffé avec le pelage brun. Floireans ne pu s'empêcher de remarquer une certaine ressemblance entre sa chevelure et le poil du chiot. La différence qui existait était que ce petit chiot était plus soigneux que Floireans.

-Regarde Flo ce que m'a offert grand-père quand tu es partie ! Elle s'appelle Fluffy ! Elle me fait trop pensé à toi !

Foireans bien qu'étant jeune, n'était pas complètement stupide. Elle lança un regard noir au chiot en essayant de viser le grand-père. Mais en voyant cette adorable frimousse au museau trempé, l'envie de prendre ses crayons revint à Floireans. Ainsi en restant à distance de Fluffy, la petite fille se mit à le dessiner. Fiona fut fière d'annoncer à son grand-père que son chiot était devenu le modèle vivant de dessin pour sa meilleure amie. Celui-ci en avait fait tomber sa tasse de thé.