Coucou à toutes ! Qui dit vendredi dit nouveau chapitre !
Merci à Kaname20, Nanoulaet, Niagara et apfeltorte pour leur commentaire sur le précédent chapitre.
Niagara : Je suis ravie que le point de vue d'Edward t'ai plu. C'était temps que Bella connaisse la vérité sur Edward, même si il cache encore quelque petites choses… Quand à Alice, c'est prévu qu'elle aille mieux. J'aime les happy ending pour tout le monde après tout.
Merci à crazybells pour la relecture et la correction.
Bonne lecture.
Depuis hier soir et les révélations de Siobban et d'Edward, je tente de passer à autre chose ou de pas trop m'attarder sur ça. Et je me rends compte que même si la situation d'Edward n'a rien à envier, pour rien au monde, je ne voudrais me faire torturer ou voir quelqu'un se faire torturer juste devant moi, je l'envie. Pas à cause de son passé militaire, mais parce que malgré ça, il a réussi à l'enfouir assez pour pouvoir rendre visite à sa mère à Forks, chose que je n'ai jamais su faire. Alors j'envie en quelque sorte son courage.
Je comprends d'autant plus son comportement à son arrivée. Comment ne pas se montrer agressif et méfiant envers tout et tout le monde lorsqu'on a été un agent des renseignements militaires comme lui et qu'on vu la pire facette de l'humanité ? A sa place, j'aurais craqué bien avant. Garder un secret comme ça plusieurs mois, côtoyer en permanence la personne avec qui vous avez vécu toutes ses choses mais ne pas pouvoir en parler par crainte qu'on vous entende, il y a de quoi devenir fou.
J'ai laissé à Rosalie le soin d'organiser la thérapie de groupe pour Siobban, Alice et Edward. Rosalie en a parlé à Alice ce matin pendant leur séance et même si la psy est soumise au secret médicale, je lui ai demandé de me tenir au courant si des progrès sont observés, même si c'est encore trop tôt et que ce n'est que les prémices de la guérison.
En parallèle, Rachel se sent prête à rentrer chez elle, en Californie après avoir passé deux mois parmi nous. Je suis contente pour elle et pour me sortir Edward de la tête et les épreuves qu'il a subies avec Alice et Siobban, je m'occupe de la paperasse nécessaire pour le départ de la pompière et je contacte aussi un hôpital de St Louis qui m'avait envoyé un mail il y a trois semaines pour un policier. J'ai tout de suite le médecin qui s'occupait du policier, il m'apprend que ce dernier a trouvé un autre centre entre temps, mais il me parle d'un pompier qui se retrouve paralysé temporairement suite à une chute. Après avoir parlé au pompier, j'accepte de l'accueillir au centre et son arrivée est prévue pour le lundi en huit après le départ de Rachel.
Pendant une semaine, le centre se retrouvera avec une chambre de vide mais ça nous permettra de nous concentrer davantage sur les pensionnaires présents. J'envoie par email tous les documents que le pompiers doit remplir et j'envoie aussi ceux que son médecin doit me fournir. Pour faire court, je passe la journée dans mon bureau à remplir de la paperasse pour permettre à Rachel de partir demain mais aussi pour pouvoir accueillir le pompier de St Louis la semaine d'après.
Je finis par sortir de mon bureau autour de 17 h et j'en profite pour me rendre aux écuries et sceller Freesia, ça fait presque une semaine que je ne l'ai pas montée et ça commence à me manquer. Je sors du ranch au pas, laissant la jument s'habituer à l'effort. En empruntant le sentier habituel, je croise Sam dans le sens inverse et nous nous arrêtons deux minutes pour échanger des banalités.
-Ne vas pas trop loin, me conseille le cow-boy, il risque de bientôt faire nuit et c'est un peu escarpé au niveau du près nord, normalement je remets un peu de terre avec Emmett la semaine prochaine.
-Pas de problème, je ferais attention, je lui promets. Passe le bonjour à Emily, je lui dis en donnant un coup de talon sur les flancs de Freesia.
Comme promis, en arrivant à proximité du près, je ralenti l'allure en tirant légèrement sur les rennes et je m'arrête pour descendre de la jument. Une fois le pied à terre, je profite pour observer les dégâts et avec un peu de sable, le trou sera facilement rebouché. C'est sans doute les gars avec le 4X4 qui l'ont abîmé, rien de grave en somme, mais heureusement que Sam m'a prévenue parce que si j'arrivais au galop en ne le voyant pas, nous aurions pu nous blesser avec la jument. Je remonte pour faire demi tour. Je galope sur tout le chemin du retour, me sentant un peu plus sereine qu'avant. J'arrive au ranch où je bichonne Freesia qui l'a bien mérité. Après avoir terminé de m'occuper d'elle, je reste un moment à la caresser, ne pensant plus à rien et ça fait du bien.
J'aime m'impliquer dans mon travail et la sensation de me sentir utile mais aujourd'hui cette sensation est un peu loin. Encore une fois, les révélations de Siobban et d'Edward m'ont bouleversé parce que ce qu'ils ont vécu est horrible mais aussi parce que je me sens mal de ne pas m'être rendu compte de leur malaise, même si je sais que je ne suis pas infaillible et que même Rose n'avait rien remarqué, c'est toujours compliqué de se rendre compte qu'on ne peut pas aider ceux qui veulent nous cacher des choses.
Je laisse Freesia dans son box pour retourner à la maison afin de dîner. Après un passage éclair à la salle de bain pour me laver les mains, je descends et je n'ai plus qu'à mettre les pieds sous la table puisqu'Emmett, Carlisle et Esme ont mis les couverts et apporté les plats. Pour le dernier jour de Rachel, Esme a préparé le dessert préféré de la pompière qui est une Forêt Noire, qui est délicieuse. Les repas du soir sont plus calmes en ce moment puisque James et Victoria, après avoir annoncé officiellement leur couple, préfèrent prendre du temps rien que tous les deux, ce qui est naturel alors nous avons déjà deux personnes en moins. Ensuite, ce soir Alice n'est pas vraiment dans son assiette, ce qui est compréhensible, donc elle ne parle que très peu. Edward et Siobban sont eux aussi assez moroses. Parmi les pensionnaires, seuls Rachel et Liam sont « normaux », la première est à la fois contente d'enfin rentrer chez elle mais triste à l'idée de nous quitter et le second essaye d'égayer le repas. Il est quelque peu soutenu par mon cousin qui déteste cette ambiance pesante.
-Puisque demain, je vais sur Billings pour conduire Rachel à l'aéroport, si quelqu'un est intéressé pour venir et peut-être faire un tour dans un centre commercial ou autre, c'est possible, annonce Rosalie.
-C'est vrai ? Demande Liam. Dans ce cas, est-ce que je peux venir ? J'aimerai bien visiter un peu la ville.
-Pas de soucis, quelqu'un d'autre est intéressé ? Demande la psychologue.
-Pas vraiment, lui répond Alice avec un faible sourire.
Ce n'est pas étonnant de la part de la jeune femme, elle doit gérer ses souvenirs et aller dans une grande ville n'est pas une bonne idée pour l'instant d'autant qu'elle rentre à peine de Washington D.C . Pour Jasper, je ne suis pas non plus étonnée par son refus, puisque la grande ville n'est pas sa tasse de thé et d'après ce qu'il m'a dit, il a toujours vécu dans une petite ville, même enfant et ado. Les grandes villes peuvent être trop bruyantes et rapidement devenir oppressantes. Pour Siobban et Edward, je suis un peu plus surprise par leur refus d'y aller même si pour la première, se promener en ville pendant un moment après un long trajet en voiture, ça peut être fatiguant pour son dos et ses jambes. Pour Edward, je ne vois pas vraiment pourquoi, il n'a sans doute pas envie, tout simplement.
-Est ce que ça veut dire qu'il n'y aura pas de séance demain ? Demande Alice.
-Et bien, non, il n'y en aura pas mais ça ne concerne que Jasper et Liam. Mais ils auront toujours le moyen de rattraper la séance de demain, ce n'est pas un soucis.
Après avoir terminé le repas, nous débarrassons tous la table avant qu'Esme et Carlisle ne nous quittent. Je m'assois dans le salon avant de me relever, ma jambe droite, la manquante, me gratte. Je sais que ce n'est pas réel, que ma jambe ne peut pas me gratter mais dans des instants de stress ou d'anxiété, le syndrome du membre fantôme comme on l'appelle, revient. Ma dernière crise remonte à un bout de temps, c'était presque un an après ma sortie de l'hôpital, pendant que je montais à cheval, j'ai eu cette sensation de grattement. J'ai de la chance dans mon malheur, puisque je ne ressens pas de douleur, mais c'est gênant et désagréable.
Ce qu'il faut que je fasse dans ces cas là, me déshabiller et me placer devant un miroir pour que mon cerveau accepte enfin de traiter correctement l'information que je lui envoie et qui est la suivante : « Cette jambe n'existe plus et donc, tu ne peux pas avoir envie de te gratter » . Je monte directement dans ma chambre, enlève mon pantalon avant d'enlever mes chaussettes, pour être certaine que l'information arrive bien à mon cerveau, je me débarrasse prestement de la prothèse et j'attrape mes béquilles pour me placer devant l'immense miroir qui recouvre la porte de mon armoire.
Je reste quelques minutes à m'observer à demi nue avant que la sensation ne parte. J'enfile donc un bas de survêtement afin de redescendre. Liam ne cache pas son étonnement à me voir avec une jambe en moins et je me souviens que lui ne pas encore vue sans ma prothèse. Le jeune militaire essaye de cacher sa stupéfaction et se replonge dans l'émission qui est diffusée à la télévision. Emmett vient s'installer sur le canapé à côté de moi.
-Un soucis Belly ? S'inquiète mon cousin.
-Non, ne t'en fais pas, je lui réponds avec un sourire. Et toi, pas trop fatigué ? Je lui demande.
-Un petit peu, mais je ne reste pas longtemps, juste le temps de me changer les idées. Et toi, tu es sûre ? Ça faisait un bout de temps que tu n'étais pas montée aussi rapidement pour enlever ta jambe de pirate.
-Je doute que les pirates avaient des jambes aussi sophistiquées et aussi coûteuses que la mienne, je le taquine. Mais mon cerveau avait juste besoin de se souvenir que je n'ai plus deux pieds et deux mollets, je lui dis.
-Pas faux et les pirates n'étaient pas aussi beaux que toi avec ! Ricane Emmett avec un clin d'œil.
-Attention, je pourrais croire que tu me fais du charme, je le taquine. Les mariages consanguins ne sont pas très bien vus.
-Eurk, mais tu es dégueulasse ! S'exclame Emmett alors que j'éclate de rire devant sa grimace de dégoût. T'es une grosse malade !
-Tu… Tu devrais… voir ta tête, je peine à dire tant je rigole et ma voix partant dans les aiguës sur la fin de la phrase.
-Qu'est ce qui se passe ? Demande Rosalie en me voyant pliée en deux sous les rires et en remarquant la tête scandalisée de son fiancé.
-Bella ! Elle a sorti quelque chose d'horrible ! Et de dégoûtant ! Comment on peut être de la même famille ?
-Tu veux la leçon sur les fleurs et les abeilles ? Je lui demande en riant.
-T'es une obsédée ! S'écrit Emmett.
-Et à qui la faute ? Je lui demande. Parce que si je me souviens bien, tu avais un sacré stock si tu vois ce que je veux dire.
-Tu as partagé tes magazines avec ta cousine ? Demande Rosalie sidérée.
-Il n'a rien partagé du tout, je me moque, il avait seulement une grosse flemme de ranger sa chambre et… Je m'arrête pour rigoler au souvenir. Et notre grand-père, pour le forcer à ranger, m'avait demandé de foutre encore plus le bazar et je suis tombée sur sa collection ! Tu aurais dû voir sa tête, elle était hilarante !
-Tu es une fausse cousine, tu n'aurais jamais dû lui dire ! T'es pas gentille, boude Emmett alors qu'avec Rosalie nous rigolons.
-Ne te fâche pas Em, lui lance Rose en l'entourant de ses bras. Et puis, c'est amusant.
-Mmm, on voit que ce n'est pas de toi qu'elle se moque ! Fait de mauvaise grâce Emmett avant de bondir et de se tourner vers moi. Mais j'y pense, vous avez partagé une chambre à l'armée, Bella, ma cousine préférée et adorée, tu n'aurais pas quelques dossiers sur ma fiancée ?
Rosalie se tourne vers moi, de même que Liam, Edward, Rachel, Alice et Jasper qui sont encore dans le salon et que j'avais un peu oubliés. Seule Siobban a dû retourner dans sa maisonnette pendant que j'étais dans ma chambre puisque je ne la vois pas. La blonde me lance un regard noir d'avertissement et ses yeux bleus lançant des éclairs ne sont pas sans me rappeler les yeux de son père qui était mon supérieur. Elle le sait qu'elle ressemble à son père avec cet air et c'est justement pour ça qu'elle le fait. Elle n'est pas vraiment gentille !
-Tu m'excuses si je passe mon tour ? Je demande avec un sourire.
-Ah et pourquoi ça ? A cause de la solidarité féminine ? Me questionne mon cousin.
-Même pas, mais parce que ta fiancée est effrayante ! S'il te plaît, arrête de faire cette tête, c'est vraiment perturbant ! Je m'exclame. Et puis, elle peut faire un peu plus de dégâts que toi !
-C'est méchant ça ! Dit mon cousin.
-Mais vrai, renchérit sa fiancée sous les ricanements des pensionnaires.
-Donc, ce n'est pas effrayant de te porter, dit Emmett en se levant et en me jetant sur son épaule comme un sac à patate, et de te promener dans toute la maison et peut-être te lâcher dans la benne de crottin ? Demande mon cousin sous mes cris et les rires des autres.
-Tu n'as pas intérêt à faire ça ! Je m'écris.
-Sinon tu vas faire quoi, je te tiens, tu ne peux plus bouger.
-Pour l'instant mais si tu fais ça, je vais ressentir un très grand élan d'affection pour mon cousin et je lui ferais un câlin d'ours, tu ne veux pas ? Je demande avec un sourire sadique, même si il ne voit pas ma tête.
-J'aurais cru que tu allais le castrer à coup de béquilles bien placés, se moque Rosalie.
-Nan, j'aurais pris le risque d'abîmer les béquilles, je réponds en riant tout en me débattant alors qu'Emmett me repose.
-T'es méchante quand même !
-Mais non et puis c'est comme ça que tu m'aimes, je réponds avant de lui coller un bisous bien baveux sur la joue.
Il passe la manche de son pull sur son visage avec une grimace de dégoût pendant que tout le monde rigole face à sa moue. J'affiche une mine fière et je claudique pour attraper mes supports de jambes comme je les appelle et je me tourne vers mon cousin.
-Finalement, tu as quand même eu un élan d'affection !
-Mais au fait, commence Liam, qu'est ce que vous avez dit à Emmett pour qu'il réagisse comme ça ? Demande le jeune militaire.
-Que j'allais le demander en mariage, je rigole !
-Pas du tout, tu as dit que je te faisais du charme et que les mariages consanguins ne sont pas bien vus, rétorque Emmett. Je ne sais même pas d'où te viens cette idée.
-Tu veux me piquer mon fiancé ? Fait semblant de s'énerver Rosalie.
-Ça ne va pas la tête ! Je plaisantais et je savais comment Emmett allait réagir et tu as été à la hauteur de mes espérances ! Je dis en riant.
-Tu es toujours autant une gamine, se plaint Emmett en souriant. Mais bon, je crois que c'est en partie pour ça que tu es ma cousine préférée.
-Seulement en partie ?
-Ne pousse pas le bouchon trop loin, la fausse à purin t'attend toujours ! Me menace Emmett.
Ça fait du bien de rire et de passer des moments comme ceux là alors que l'ambiance n'est pas forcément très gaie au centre. Heureusement que j'ai Emmett, Rosalie et les autres avec moi. Je ne sais pas si j'aurais aussi bien supporté toutes les épreuves que j'ai vécues sans avoir mon cousin à mes côtés pour me botter les fesses, me motiver, me conseiller, me faire rire et m'encourager.
Après avoir dit au revoir à tout le monde et que tous les pensionnaires soient rentrés chez eux, de même que Rosalie et Emmett, je fais le tour de la maison pour tout fermer avant de monter pour me doucher et me coucher. Cette journée s'est terminée sur une note plus légère, ce qui fait du bien au moral.
J'espère que ce chapitre vous aura plu et que vous avez aimé l'interaction et la taquinerie entre Bella et Emmett parce que j'ai adoré l'écrire.
N'oubliez pas de laisser un commentaire, cela me fait toujours plaisir !
