Quand les Ténèbres s'abattent
Narcissa n'avait pas tardé à agir quand Lucius avait été appelé par le « Maître ».
D'un seul mot, les elfes de maison avaient commencé à vider le manoir Malfoy de tous ses meubles et bibelots. Les papiers importants avaient été transférés dans les coffres familiaux à Gringotts et les objets « sensibles » délicatement déposés dans le coffre privé de la famille Malfoy situé dans leur demeure ancestrale. Lucius et elle avaient convenu d'attendre la prochaine grosse attaque du seigneur des ténèbres pour fermer le manoir Malfoy avant que ce dernier ne songe à vouloir l'investir pour sa propre gloire. D'après les descriptions du blond, le manoir où le seigneur des ténèbres avait trouvé refuge, était une ruine moldue qui ne correspondait pas à ses idées de grandeur. Leur fuite allait sûrement signer la mise à mort de la famille mais le couple n'avait pas l'intention de continuer à ramper aux pieds de ce monstre, ni d'entraîner leur fils dans cette déchéance. Ne portant pas la marque, Narcissa était relativement libre de ses faits et gestes mais ce n'était pas pour autant qu'elle ne recevait pas de régulières visites des « collègues » de son mari pour la « soutenir » pendant que son époux faisait en sorte que « le monde revienne aux Sang Pur ».
Quand ces crétins disaient cela, sa baguette la démangeait atrocement …
Mais là, elle avait bien l'intention de se protéger et de protéger sa famille. Elle était la gardienne du secret de leur nouvelle résidence qui avait été placée sous le statut de refuge magique ce qui voulait dire que Voldemort allait vraiment amèrement le regretter, si par le plus grand des hasards, il apprenait où ils allaient désormais vivre et qu'il attaquait les lieux pour leur faire payer leur défection. Dès que Draco reviendrait de l'école – Severus avait accepté de l'escorter à la descente du train – elle le soumettrait à un antique serment de secret qui l'empêcherait de la trahir et elle en ferait de même avec Lucius une fois qu'il serait de retour.
Malheureusement, dans leur fuite, les Malfoy allaient se retrouver seuls. Il était hors de question de se soumettre à Dumbledore car outre le fait qu'il bafouait ouvertement tout ce qui faisait le monde sorcier pour tenter d'instaurer un autre à son image, il ne se cachait pas mépriser toute personne passée par Serpentard et encore plus Sang Pur, sauf s'ils lui étaient soumis corps et âme. Le ministère était inenvisageable car il était clair que Fudge serait à très courte échéance démis de ses fonctions pour devenir invité permanent de la prison d'Azkaban – Amelia Bones voulait exactement savoir pourquoi il avait trouvé normal d'autoriser la torture des élèves par le biais de Dolores Ombrage, outre les détails des affaires où son nom apparaissait et pas en tant que ministre de la magie – sans oublier leur force de frappe et de défense ridicule, même sans que Lucius n'œuvre en ce sens.
S'ils devaient prêter leur force et leur honneur, cela devait être pour Harry Potter.
Lucius avait eu le fin mot de l'histoire concernant le subit intérêt du seigneur des ténèbres pour les prophéties de la bouche même de Severus Snape. Apprendre qu'on prophétisait la chute de Voldemort redonnait espoir à la blonde mais avec l'ombre de Dumbledore, elle n'était pas sûre que le jeune homme puisse remplir sa destinée. Mais l'arrivée d'un garant magique avait changé toute la donne car elle avait révélé un fait pas si anodin : Albus Dumbledore n'avait pas la parole divine et n'était pas omniscient.
Le peuple sorcier ne s'était pas encore rendu compte de ce point, puisqu'il était encore et toujours un mouton strictement guidé par Dumbledore, mais toutes les personnes qui avaient une once de jugeote étaient allées au-delà de la simple affirmation qu'Harry Potter n'avait plus pour garant Albus Dumbledore mais Loki Potter. Les Sang Pur – du moins, ceux qui n'étaient pas aveuglés par la consanguinité, Dumbledore ou Voldemort – avaient compris que par ce changement, la Magie estimait que le directeur de Poudlard avait commis un crime envers l'un de ses Enfants. Malheureusement, le message n'était pas totalement passé, si on se fiait au seul fait qu'il ait gardé son poste à Poudlard.
Narcissa se secoua. L'heure n'était pas à des considérations philosophiques mais à la survie. Il ne devait plus rester une seule trace de leur famille quand elle verrouillerait le manoir et par acquis de conscience, elle avait demandé aux elfes de maison de désactiver tous les sorts qui pourraient donner leur localisation à d'autres que Lucius, Draco et elle et de mettre de côté les objets concernés.
Oui, elle allait prendre les armes mais ni sous la bannière de Voldemort, ni celle de Dumbledore et ni celle du ministère.
La Magie en soit témoin.
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Amelia Bones était sur le qui-vive. En effet, Laurent Xeon, directeur du département des Mystères, venait de lui signaler que certaines protections venaient de tomber au niveau de son département. Il ne lui viendrait même pas à l'idée que ce soit une fausse alerte car même si la Grande Bretagne sorcière était théoriquement en temps de paix, les protections du département des Mystères, comme celles de certaines zones du département de la justice magique, étaient maintenues au niveau de sécurité maximum. Cela allait dans la continuité des informations qu'il avait pu récolter de la part de son espion au sein des mangemorts. Augustus Rockwood – Amelia avait pu apprendre son nom après un serment de ne pas le révéler sauf si la situation était critique – avait juré d'œuvrer pour la chute de Voldemort après qu'il se soit rendu compte que ses buts allaient plonger le monde magique dans le chaos et que les Sang Pur ne récupéreraient jamais leur supériorité – si tenté qu'ils l'aient eue un jour – sur les sorciers lambda car Voldemort n'avait pas l'intention de partager son pouvoir. Lors de sa renaissance, il était revenu s'incliner devant le seigneur des ténèbres et depuis, il rapportait tous les éléments qu'il pouvait récolter. L'attaque d'Azkaban n'avait pas pu être évitée – Amelia n'avait eu que le temps de transférer les détenus les plus dangereux au ministère et elle n'avait pas pu empêcher la libération de Bellatrix Lestrange, entre autres – mais l'invasion du ministère ne devait surtout pas dégénérer. Déjà que Laurent lui avait signalé que la milice de Dumbledore montait la garde devant son département depuis le début de l'année scolaire – et pas discrètement en plus ! – elle refusait de compter sur ces civils qui ne devaient même pas savoir se défendre pour repousser les mangemorts qui s'introduisaient dans l'un des départements les plus sécurisés.
Amelia avait sélectionné plusieurs aurors pour intervenir. Elle avait longuement tergiversé pour savoir si elle allait écarter ceux qui appartenaient à l'Ordre du Phénix ou pas et en avait conclu que le seul qu'elle allait garder au ministère serait Kingsley Shacklebolt, préférant placer Nymphadora Tonks à l'autre bout du pays pour qu'elle ne puisse pas être utilisée par Dumbledore. Son don de métamorphage était utile et précieux mais elle buvait un peu trop les paroles de Dumbledore qui refusait qu'elle fasse une cure spécifique hors du pays pour stabiliser son don et la débarrasser de plusieurs désagréments gênants, notamment son incroyable maladresse.
D'après les informations de Rookwood, Voldemort n'avait pas l'intention de venir avec une grande cour, seulement une douzaine de mangemorts et il voulait s'appuyer sur des valeurs sûres. La directrice de la justice magique pouvait donc compter sur la présence de Bellatrix Lestrange, de Lucius Malfoy ou encore de Walden McNair, son bourreau fétiche. Elle espérait seulement que Fenrir Greyback ne serait pas de la partie car grâce aux bons soins de Cornelius Fudge, de nombreuses spécialités chez les aurors avaient été réduites à néant, comme les Epéistes, seuls capables d'affronter les loups garous avec des lames d'argent enchantées.
Les aurors avaient été placés à des endroits stratégiques du hall ainsi que de l'entrée du département des Mystères. Les Langues de Plomb se chargeaient de l'intérieur du département et d'après ce qu'Amelia savait, de nombreuses salles avaient été fermées pour l'occasion et leur mission était de déplacer les combats vers le hall, où les dégâts matériels éventuels seraient bien moins impressionnants. Mais la directrice savait que dans le feu de l'action, ce qui était initialement prévu ne tenait jamais bien longtemps …
-Amelia ? interpella Laurent qui était resté à ses côtés. On a un problème.
-Pire que la visite surprise de Tu Sais Qui ? railla Amelia
-Bien pire, assura Laurent. Dumbledore vient d'arriver et tu ne vas jamais croire ce qu'il vient de faire.
-Dis toujours, soupira Amelia.
-Il vient de poser une barrière qui empêche toutes les personnes qu'il n'a pas autorisé d'entrer au ministère, révéla Laurent.
-Qui peut donc passer ? demanda Amelia
-Les membres de l'Ordre du Phénix, répondit Laurent après quelques minutes d'examens.
-Ce qui veut dire qu'ils ont un moyen de reconnaissance seulement connu de Dumbledore, songea Amelia. Qui d'autre ?
-Les mangemorts, répondit Laurent.
-Logique, renifla Amelia. C'est tout ?
-Oui … en fait non, se reprit rapidement Laurent. Et sur ce coup, je lui tire mon chapeau.
-Pourquoi ? s'étonna Amelia
-Il a réussi à attirer Harry Potter ici, déclara Laurent. Il vient d'entrer dans le ministère.
Amelia jura.
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Remus Lupin avait eu un peu de mal à regagner Londres.
Depuis qu'Harry avait annoncé le retour de Voldemort, Albus Dumbledore l'avait envoyé à travers le pays pour tenter de rallier les meutes de loups garous sous sa bannière ou au moins, les convaincre de ne pas rejoindre Voldemort. Heureux de pouvoir servir à quelque chose, Remus avait immédiatement accepté et avait quitté sans un regard en arrière la capitale, où il s'était réfugié, pour parcourir l'archipel. Oh, il savait qu'il ne serait pas forcément bien reçu, mais le violent accueil qu'il recevait lui rappelait le temps où il n'avait pas la potion Tue-Loup pour enfermer le loup.
Il avait été étonné de ne pas trouver tant de meutes que cela et quand c'était le cas – et qu'il ne se faisait pas battre comme plâtre à vue quand il arrivait sur leur territoire – elles se trouvaient dans les recoins les plus reculés des parcs nationaux et lui montraient une hostilité sans pareil. De nombreuses fois, il s'était demandé la raison et quand il posait la question, le mépris suintait littéralement de son interlocuteur et il se faisait sèchement congédier.
Une seule fois, il avait réussi à avoir une conversation avec le doyen d'une meute. Il avait expliqué ce qu'il savait des motivations de Voldemort et l'avait supplié de ne pas joindre ses forces à lui. Le doyen lui avait alors demandé ce que Dumbledore ferait pour les loups garous et Remus avait été surpris de la question, puisque les actes du directeur étaient publics. Il avait alors répondu qu'il allait sûrement rétablir leurs droits, leur permettre d'accéder aux écoles sorcières ou à un emploi stable … Le doyen l'avait très vite arrêté en lui demandant pourquoi ça n'avait pas été fait après que Voldemort ait disparu et qu'on n'y pense que maintenant qu'ils pouvaient être une force de frappe non négligeable.
Remus s'était retrouvé bête car ce n'était pas faux. Beaucoup de choses auraient pu être faites en temps de paix mais tout était resté en l'état. Par exemple, il avait été accepté à Poudlard mais il ne devait pas être le seul enfant sorcier à ne pas avoir été intégré de force dans la meute de Greyback et pourtant aucun d'entre eux n'avaient mis les pieds à l'école. Ou encore, quand il était devenu professeur, il s'était rendu compte que les loups garous étaient toujours diabolisés, si ce n'est plus que durant sa propre scolarité. Pire, si Fenrir Greyback n'était pas sous les ordres de Voldemort, personne ne serait allé chercher les loups garous pour se battre dans une guerre sorcière. Donc oui, on pouvait leur promettre monts et merveilles mais la question restait la même : pourquoi ça n'avait pas été fait avant, surtout que Greyback avait œuvré durant la première guerre et qu'il n'avait pas caché les raisons de son implication. Le loup garou n'avait malheureusement pas pu approfondir ses réflexions car un patronus d'Albus Dumbledore l'avait trouvé pour lui ordonner de revenir au QG de l'Ordre.
Toutefois, s'il devait retenir qu'une seule chose de cette année d'errance, c'était la dernière phrase du doyen avant qu'il ne regagne Londres.
-Ça fait quoi de suivre aveuglément les ordres de son maître pendant qu'il massacre les siens sans qu'il ne fasse rien pour s'y opposer ?
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Quelques heures plus tôt
Loki avait été étonné de découvrir une notification de Gringotts dans le coffre à double sens que Cracrock lui avait remis pour les correspondances sensibles. Il en prit rapidement connaissance et se changea immédiatement pour traiter l'affaire au plus vite. Le conseiller financier des Potter l'accueillit dans la salle des transports secondaire de la banque et le mena dans son bureau.
-Régent Potter, salua Cracrock.
-On en est aux titres officiels, aujourd'hui ? plaisanta Loki
-Il faut bien que je m'entraîne, ricana Cracrock. Installe-toi, je t'en prie.
Tous les deux en étaient passés au tutoiement quelques semaines plus tôt – plus exactement, quand Ombrage avait enfin été enfermée à Azkaban – et ils ne s'en portaient pas plus mal.
-J'ai vu le terme « urgence » être écrit en gros, en gras et en rouge, fit Loki. C'est si grave ?
-Disons qu'il faut faire attention, tempéra Cracrock. Dumbledore a fait des siennes.
-Il essaie de récupérer la tutelle d'Harry, ce n'est pas une grande nouvelle, soupira Loki. Qu'est-ce qu'il a imaginé cette fois ?
-Il veut que le département de l'Enfance fasse une visite aux Abysses dans le but avoué de faire décréter que son nouveau logement n'est pas adapté pour lui, répondit Cracrock.
-Et quand ce sera le cas, il viendra en grand sauveur et décidera du lieu où Harry habitera désormais ? railla Loki. Ou plutôt, il manipulera l'équipe qui enquêtera pour qu'elle suive son si important avis ?
-Le pire, c'est que c'est ce qui se passera sûrement, pouffa Cracrock.
-Mais on ne lui confiera jamais la tâche de choisir le nouveau foyer d'Harry, comme la Magie a estimé qu'il avait fait du mauvais boulot la première fois, fit remarquer Loki.
-Ce n'est pas faux, concéda Cracrock. Mais Dumbledore pratique le monde sorcier depuis trop longtemps pour ne pas en connaître la plupart de ses vices.
-On ne peut pas dire le contraire, maugréa Loki. Qu'est-ce que les juristes ont imaginer pour contrer cela ? Est-ce que je dois faire appel à Joshua ?
-Il pourrait sûrement apporter quelques éclaircissements, accepta Cracrock. Si tu veux bien …
-Vas-y, hocha la tête Loki.
Dix minutes plus tard, l'avocat du clan Potter prenait connaissance à son tour de la dernière lubie d'Albus Dumbledore.
-Malheureusement, c'est sûrement ce qui se passera, si Dumbledore ne soudoie pas d'abord les enquêteurs pour émettre un avis en sa faveur, confirma Joshua.
-Comment il pourrait parvenir à obtenir cette visite ? demanda Loki
-C'est bien plus simple que tu ne pourrais le penser, assura Joshua. En devenant le garant magique d'Harry Potter, tu l'as ramené sur le devant de la scène pour autre chose que ses déclarations à la fin du Tournoi des Trois Sorciers. Le peuple se sent désormais concerné par la vie du Survivant alors qu'ils n'ont jamais voulu tenir compte des indices qui prouvaient qu'il vivait dans un foyer abusif. Il se sent concerné jusqu'à vouloir connaître tous les détails de sa vie, ce que nous empêchons fortement. Ça ne les empêchera pas d'essayer.
-Je dois ouvrir les Abysses ? geignit Loki
-A tes conditions, précisa Joshua. Dumbledore exigera de connaître toutes les protections de ce domaine.
-Le problème, c'est que je ne connais même pas toutes les protections, ricana Loki.
Les Abysses restaient un domaine d'une Entité, ce qui voulait dire qu'elles bénéficiaient de protections hors de portée du commun des mortels qu'il n'avait pas l'intention de le révéler au directeur de Poudlard pour satisfaire sa curiosité malsaine.
-Commençons par le début, fit Joshua en s'emparant d'un morceau de parchemin et d'une plume auto-encreuse. Nous devons nous procurer le protocole d'enquête du département de l'Enfance concernant la vérification des conditions de vie d'un orphelin sorcier. De là, nous saurons quels points des Abysses à mettre en avant et ceux qui pourront être dissimulés sous le couvert de secrets de famille.
-Est-ce que Dumbledore, en tant qu'ancien garant, ne va pas s'étonner de ne pas voir des protections coutumières des Potter ? demanda Cracrock
-Il pourrait, confirma Joshua. Mais les Abysses ne sont pas un domaine Potter. Il appartient en propre à Loki et rien ni personne ne pourra le forcer à révéler ses secrets.
Pendant qu'Harry récupérait de son été catastrophique, Loki avait vérifié que les Abysses avaient une existence légale pour les sorciers et les êtres magiques. Chaos lui-même lui avait indiqué comment faire, surtout pour que son domaine puisse semer tranquillement la zizanie : les domaines magiques de l'envergure des Abysses étaient extrêmement rares et les derniers en date dans l'archipel britannique étaient Avalon et Camelot qui avaient tous les deux disparus après la disparition du roi-sorcier Arthur Pendragon. Quand on apprendrait le véritable statut du logement d'Harry Potter, nul doute que de nombreuses personnes voudront mettre la main dessus pour augmenter leur prestige, à commencer par Albus Dumbledore et Voldemort.
Tous les trois discutèrent des précautions à prendre pour la future visite des envoyés du ministère pour connaître les faiblesses de Loki. Car s'il y avait un point sur lequel les trois amis étaient certains, c'était que cette enquête restait totalement illégale même si elle était logique. En effet, si Albus Dumbledore avait pu se faire nommer garant d'Harry Potter et s'était largement passé des visites obligatoires du département de l'Enfance pour asseoir son influence sur le Survivant, Loki Potter était le garant magique d'Harry, donc désigné par la Magie elle-même pour prendre soin de son pupille. Aucun être magique ne pouvait contester l'une de Ses décisions sous peine de répercussions douloureuses si Loki avait refusé de s'y soumettre.
Alors que Loki se trouvait un peu plus tard aux Abysses pour mettre en œuvre les décisions qui venaient d'être prises, ce dernier sentit l'inquiétude envahir Harry. Malgré les événements qui s'étaient déroulés peu avant les fêtes de fin d'année, le garant magique n'avait pas affiné son lien avec son pupille pour lui laisser un minimum d'intimité. Malheureusement, il ne pouvait retourner à Poudlard immédiatement car il avait entamé une série de rituels délicats à mettre en place pour embêter Dumbledore dans cette tentative de remettre la main sur Harry. Sa décision fut confortée quand il sentit la détermination de son pupille. Mais quand Loki émergea de ses rituels, il eut un moment de doute et avisa le calendrier.
L'attaque du ministère !
En deux temps trois mouvements, Loki se changea et vérifia la position du médaillon de protection. L'aîné Potter avait alors pesté quand il s'était rendu compte que son pupille se trouvait déjà à l'intérieur du ministère. Il allait le récupérer par la peau du cou lorsque l'un de ses miroirs à double sens s'activa.
-Potter ? appela Severus
-Je suis là, Snape ! répondit Loki. Qu'est-ce qui se passe ? Je suis assez pressé, là.
-J'ai trouvé un message de Potter junior à ma porte, répondit Severus. Il aurait reçu un message qui lui indiquerait que Black se serait rendu au ministère.
-Pourquoi il s'y serait rendu ? s'étonna Loki
-Personnellement, ce qui m'inquiète, c'est qu'il ait dit qu'il allait s'y rendre en personne pour vérifier, fit Severus.
-Il va faire QUOI ?! rugit Loki
Il allait étrangler ce petit con !
-Ce n'est pas tout, poursuivit Severus. La marque des ténèbres a été activée il y a une dizaine de minutes.
-Une attaque va donc avoir lieu, comprit Loki.
-Je ne sais pas où, je ne sais pas quand, s'excusa Severus. En plus, je ne suis pas « convié » aux festivités.
-Une baguette supplémentaire m'aurait bien servie, marmonna Loki.
-Je vais prévenir Dumbledore, fit Severus. Besoin d'aide ?
-Pour rappeler quelques petites règles au gamin que je suis censé élever ? railla Loki. Je saurais me débrouiller. Que vas-tu faire en attendant, Snape ?
-Me rendre au QG de l'Ordre, j'imagine, haussa des épaules Severus. Vérifier le stock de potions. Je ne peux décemment pas me pointer auprès du seigneur des ténèbres puisqu'il ne m'a pas ordonné de venir.
-Je comprends, hocha la tête Loki. J'aurais préféré que tu y sois. On ne serait pas trop de deux pour surveiller cette tête brûlée.
-Tu me fais confiance pour surveiller Potter ? s'étonna faussement Severus
Loki leva les yeux au ciel. Bien qu'ils se connaissent depuis peu de temps, l'aîné Potter avait avoué que sur toutes les personnes qu'il côtoyait aujourd'hui, Severus Snape était l'un des seuls en qui il avait confiance pour protéger Harry. Le maître de potions en avait été touché, il ne comprenait pas pourquoi.
-Tu es l'un des seuls à se rappeler qu'Harry est un gosse et non le Survivant, renifla Loki. Bon, merci pour l'information, je vais faire ce que j'ai à faire.
-Essaie de ne pas te faire tuer, fit Severus.
-Nan, assura Loki. J'aime trop te faire chier.
La communication fut coupée et Loki perdit son air enjoué. Comme la renaissance de Voldemort, la bataille du ministère avait été un point clé de la seconde guerre contre Voldemort puisque c'était là qu'il avait rendu officiel son retour. Mais pour Harry Potter, il devait y perdre sa seule chance d'avoir une famille rien qu'à lui, il devait y perdre Sirius Black. Loki refusait que cela n'arrive mais n'avait pas pensé à coller un mouchard sur son clébard de parrain. Il avait donc deux missions pour la soirée : protéger Harry et protéger Sirius car une fois ce bordel terminé, il avait bien l'intention de réclamer quelques explications concernant leur présence là où elle n'avait pas été exigée !
D'un geste, il revêtit une tenue de duel et se rendit immédiatement au ministère. Il lui fut assez facile de se rendre au département des Mystères et encore plus de suivre les bruits de combats. Comme dans un mauvais remake de sa vie, Loki retrouva Harry, Neville, Hermione et Luna se battant dans la salle de l'arcade, entre les membres de l'Ordre du Phénix et les mangemorts. Mais aucune trace de Voldemort. Dégainant sa baguette – fausse, il fallait le rappeler – Loki érigea un puissant bouclier autour des adolescents qui comprirent rapidement que quelqu'un les protégeait. Mais leur enthousiasme fut de très courte durée quand ils comprirent qui les protégeait.
-N'ayez aucune inquiétude, nous réglerons nos comptes après ce petit désagrément, susurra Loki.
Les quatre élèves déglutirent difficilement. Même eux ne pouvaient louper la menace.
-Nous ne sommes pas venus seuls, osa Luna. Ginny et Ron Weasley nous accompagnaient.
Loki se retint de demander pourquoi ils s'étaient encombrés de boulets pareils. Scolairement parlant, les deux derniers Weasley étaient plus que décevants alors il ne voulait même pas essayer d'imaginer dans la vie réelle.
-Bon, fit Loki. Le bouclier laisse les sorts sortir donc débrouillez-vous pour bien embêter les mangemorts et surtout, n'en sortez pas. Je vais trouver cette tête de mule de Black et j'espère que je me retiendrais assez pour ne pas lui donner immédiatement un bon coup de pied au cul !
Le ton vindicatif empêcha les plus jeunes de pouffer, d'autant plus que les mangemorts s'acharnaient sur le bouclier. Loki comptait mettre à profit les quelques minutes avant sa destruction pour mettre la main sur Sirius. Il ne mit pas longtemps à le repérer en train de se battre contre sa chère cousine Bellatrix Lestrange.
-AVADA KEVADRA ! rugit Bellatrix
Le sort se dirigea sans ambiguïté vers Sirius Black qui voulut esquiver mais qui ne s'était pas rendu compte qu'il se trouvait juste devant l'Arcade.
-SIRIUS ! NON ! hurla Harry
