Chapitre 20
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Une semaine. C'était tout ce qui avait fallut à Floireans. Sept jours avant qu'elle ne pète les plombs comme l'avait qualifié le corps enseignant.
Les beaux jours étaient revenus et Floireans allait avoir dans quelques jours sept ans. C'était vendredi et bien que Lohan Lebesque n'avait repointer le bout de son nez, sa remplaçante tenait bon et avait décidé de faire faire du basket aux CP. La séance se passait comme à l'accoutumée. L'équipe qui comportait Loïc Le Luyer était toujours la gagnante. Seulement tout changea extrêmement vite. Floireans était de loin la moins performantede la classe et avait très vite été mise de côté par ses camarades. La jeune stagiaire comprenait mais elle n'aimait pas voir cette injustice, mais elle ne savait pas comment s'y prendre.
Floireans était donc debout regardant d'un œil discret deux des quatre équipes formées se disputer un match. Elle regardait Fiona marquer son énième panier avec admiration. Peut être que si elle s'entraînait plus sérieusement et de façon plus assidue, Floireans serait peut être capable de savoir viser juste...
Soudainement Floireans eut soif. Elle se tourna vers l'endroit où les sacs étaient entreposés pour prendre sa gourde. Elle vit Loïc accroupit de dos s'amusant visiblement au milieu des sacs. Son instinct lui disant, qu'il ne faisait rien de bien hônnète, Floireans s'approcha de lui.
-Qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda Floireans.
-Tiens voilà la cadavre, dit Loïc avec une lueur sadique dans les yeux.
Floireans baissa son regard et vit avec horreur que ce diablotin avait piégé des araignées et c'était mit à leur verser le contenu des gourdes des élèves dessus. Floireans ouvrit des yeux choqués.
-Pourquoi tu fais ça ? Lui demanda-t-elle en observant les araignées tenter de fuir les jets d'eau.
Loïc haussa simplement les épaules.
-C'est intéressant de vior ses sous-êtres mourir. De toute façon, ils ne sont pas utiles et font super peur aux filles. Tu n'as pas peur toi ? C'est qu'après tout tu n'es pas vraiment une fille. Je suis sûre que tu es quand même plus uti...
Il ne finira jamais sa phrase. Floireans lui avait donné un coup de pied dans le dos. Loïc tomba en faisant écrouler la prison des araignées formé avec les vestes. Les araignées en profitèrent pour fuir.
-Mais ça ne va pas, la mocheté ! Hurla Loïc en se tournant vers Floireans.
Puis sans attendre il se jeta à son tour sur la petite fille. S'en suivit une grosse bagarre. La remplaçante eut du mal à les séparer. L'affaire fut immédiatement portée à la directrice et les parents furent convoqués à nouveau.
-Monsieur et Madame Saunier comme on se retrouve, fit la tante de Loïc dans le bureau de la directrice.
Ce souvenant parfaitement de la réunion de l'an dernier, la directrice tenta d'adoucir les tentions.
-Mesdames, monsieur, s'il vous plaît asseyez vous pour que nous puissions parler calmement.
Mais à part Sonia qui semblait être en proie à une sorte de transe, Madame Le Luyer et Judwal se toisait du regard. Il était évident qu'une année n'avait pas suffit pour effacer l'animosité cultivée entre ses deux là. La directrice était même sûre qu'elle s'était au contraire renforcée. Il allait falloir la jouer prudence sur ce coup là.
-Vous savez pourquoi je vous ais convoquée... commença la directrice.
-évidemment, cracha la tante de Loïc. Cette Foireans n'a rien retenue des enseignements de son pensionnat des derniers mois.
-Pardon mais ton neveux n'est pas mieux que Floireans ! Répliqua Judwal.
-Ce n'est pas sa famille qui l'a exilé loin d'Elsamaa pour corriger son caractère. Il est évident que cette pisseuse n'apprendra jamais rien de ses erreurs.
-Floireans est bien plus mature que ce sale gosse de riche !
-Je te l'ai déj dit mais n'insulte pas Loïc !
-Tu n'as qu'à pas t'en prendre à ma fille ! Foireans a un quotient intellectuel supérieur à celui de ton abruti de neveu !
-Tu te fous de moi ? L'intelligence ne fait pas tout si le caractère est exécrable !
-En parlant de caractère, tu n'as jamais dit à ton précieux prétentieux de neveu qu'on ne frappe pas les filles ?
-Encore faudrait que ta fille en soit une.
-Ré^pète un peu !
Les deux ennemis se toisaient l'un l'autre. La directrice tenta de chercher de l'aide du côté de la mère de Floireans, mais elle semblait à des milliers d'années lumières de ce qui se passait sous ses yeux. La directrice soupira avant d'abattre violemment ses deux mains contre son bureau.
-Bon ! S'exclama-t-elle en faisant sursauter les deux adultes. Il est évident qu'il y a un problème entre oïc et Floireans et ce n'est pas en se disptant que la situation va s'arranger.
-Vous appelez ça un problème ? Fit interloqué Judwal. Ma fille a le nez en sang et un œil au beurre noir !
-Les lunettes de mon neveu sont cassés, ses genoux et mains écorchés jusqu'au sang et cette sauvage lui a arraché des cheveux !
-Stop ! Ses deux enfants sont incapables de se supporter l'un l'autre, et d'après ce que j'ai compris ça dure depuis qu'ils ont trois ans ! On vous avait laissé l'opportunité d'arranger ça l'an dernier, mais ça n'a servit strictement à rien. Vous ne savez pas contrôler les pulsions bagarreuses de vos progénitures et moi je ne sais pas quoi faire. Les punitions ne fonctionnent pas. Du coup je vous demanderais d'emmener vos enfants voir un psychologue pour enfant afin de dénicher l'origine du problème. L'assistante sociale a déjà prit pour vous rendez-vous chez le docteur Fontaine qui exerce à Suga. Vous le connaissez peut-être pas mais il est...
-Si on le connait, la coupa Judwal.
La tante de Loïc les toisa avec un regard hautain.
-Pas étonnant avec une gosse comme Floireans.
-Madame Le Luyer je vous prie de garder pour vous vos réflexions, intervint la directrice avant que les parents ne se battent comme les enfants. Et une dernière chose madame Le Luyer. Il est nécessaire que se soit les père et mère de Loïc qui y aillent.
Ce fut donc ainsi que Judwal dû annuler ses cours pour les prochains jours pour pouvoir consulter le psychologue. Bien qu'il reprochait l'attitude passive de son épouse, il n'y eut d'autres choix que venir avec Sonia. Floireans était assise sur une chaise si haute, que la pointe de ses pieds ne touchait pas le sol. Le docteur Fontaine était un homme de trente-cinq ans. Il avait un côté assez négligé avec ses cheveux bruns non coiffés et sa barbe de trois jours. Judwal et Sonia avaient appris que c'était sa façon de paraître avenant envers les jeunes. Judwal n'était pas vraiment sûr que ça fonctionnait mais l'importance était qu'il avait réussi à sortir leur enfant de sa dépression. Du moins il avait franchi une étape vers la guérison. Floireans était sous médicaments et elle devait être suivie par le docteur Fontaine à sa sortie d'hôpital. Le rendez-vous avait juste eut lieu plutôt que prévu.
-Bonjour Floireans, je suis le docteur Fontaine, dit-il en tendant sa main.
Floireans planta ses yeux verts dans ceux de l'homme. L'estomac du psychologue se serra de tristesse. Il n'y avait aucune émotion dans son regard. Ni de la peur, ni de la colère, ni de la mélancolie. Une carapace était en train de se former et de renforcer autour de l'enfant.
-Bien Floireans, je suis enchanté de pouvoir enfin faire ta connaissance. Je voulais venir te voir à l'hôpital mais tu avais surtout besoin de repos. On se voit une semaine plutôt que prévu. Et si tu commençais par me dire comment tu vas ?
Floireans haussa les épaules.
-Tu as un beau coquard dis-moi. Tu as essayé de mettre un œuf frais dessus ?
-L'œuf sert à prévenir le gonflement, dit Floireans d'une voix banche. Dans mon cas, c'est trop tard.
-Floireans, intervint Judwal assis à la gauche de l'enfant.
Le docteur Fontaine leva une main.
-C'est très intéressant, dit-il avec un doux sourire. Il est évident que tu n'es pas comme les autres enfants de six ans. Bien, tu veux bien me parler de ce qui s'est passé pendant le cours de sport ?
Silence.
-Floireans pour que je puisse t'aider à résoudre ce conflit il faut que tu me parles. Réessayons. Comment était le cours de basket ?
-Pas mal.
Le docteur Fontaine laissa échapper un petit rire amusé.
-Ce n'est pas tout de parler, il faut aussi que dire la vérité. D'accord ? Par exemple je sais que tu n'es pas très douée en activité physique et que tu étais souvent mise de côté. Donc je pense en déduire que le cours de sport ne s'est pas très bien passé.
Silence.
-Tu ne dis rien. Est-ce parce que j'ai raison ?
-Vous ne m'avez pas posé de question.
-Oh je vois, dit-il avec patience.
Il avait compris qu'avec elle se sera le jeu des questions réponses. Pour la faire parer il fallait poser une question. Cette enfant était vraiment très intéressante à diagnostiquer.
-Docteur vous êtes sûr que...
Le docteur Fontaine balaya la phrase restée en suspens d'un geste de la main.
-Pourquoi t'es-tu battue avec Loïc ?
-Il l'a mérité, dit-elle toujours sans émotion.
-Pourquoi l'as-t-il mérité ? Continua le docteur Fontaine satisfait.
-Il est méchant.
-En quoi est-il méchant ?
-Il met la tête des autres dans les toilettes pour les noyer.
Le docteur Fontaine parut interloqué par les propos de l'enfant. Il jeta un coup d'œil sur les notes que lui avait envoyé l'école primaire.
-Aucun incident de ce genre n'a été reporté, Floireans. N'oublie pas que la règle n'est pas de mensonge. Peux-tu préciser ce que tu as dis ? Pourquoi est-ce que personne n'est au courant de cet incident ?
-Personne ne s'intéresse aux araignées et aux rats.
Quand Floireans disait rat, elle pensait à elle et encore elle savait que les rats étaient bien mieux qu'elle par ses camarades.
-Aimes-tu ces animaux ? Demanda le docteur Fontaine se rappelant d'évaluer le niveau psychopathie du petit Loïc pour la séance de tout à l'heure.
-Ils sont bien meilleurs que les humains.
Les trois adultes regardèrent Floireans sans voix. Ce n'était pas une phrase qu'on entendait fréquemment de la bouche d'une fillette de presque sept ans.
-N'aimes-tu pas les humains Floireans ?
-Non. Ils ne servent à rien.
Au moins ça avait le mérite d'être clair.
-Que prévois-tu de faire quand tu seras grande ?
-Pas de mal aux animaux.
-Je veux dire comme métier.
-L'espèce humaine n'accorde d'importance qu'à des choses futiles.
-Floireans répond à ma question. N'oublie le jeu.
-Quelque chose que je n'aurai pas envie de faire.
Pendant leur échange Floireans n'avait pas quitter des yeux le psychiatre. Floireans n'accordait plus importance à sa vie. Par le docteur Fontaine, il sera plus difficile que prévue de rallumer la flamme de vie chez cette enfant. Ce n'était pas la première fois qu'il obtenait ce genre de réponse. Généralement elle venait d'adolescent et il savait très bien ce que ce genre de déclaration impliquait.
-T'es-tu déjà fais du mal Floireans ? Demanda-t-il cette fois sans sourire.
-Oui.
Au moins c'était clair et net. Sonia et Judwal furent choqués. La mère de Floireans sembla enfin de se rendre compte de l'urgence de la situation de sa fille. Pour Judwal c'était comme si une pierre était tombée dans son estomac.
-Comment ? Interrogea le docteur Fontaine
Cette fois Floireans ne dis rien. Elle leva sa main et souleva légèrement son polo My Little Poney. Des entailles profondes et à peine cicatrisées zébraient son ventre. Floireans s'automutilait depuis son internement et personne ne l'avait vu. Le docteur Fontaine promit aux parents d'exposer ce grand manque d'attention de l'hôpital à la direction.
Bonjour/Bonsoir.
Juste une petite clarification par rapport au premier tome. Le souvenir de la première rencontre avec le docteur Fontaine que raconte Floireans dans le tome précédent est en parti altéré à cause de l'âge qu'elle avait. Mais grosso modo elle se souvient des grandes lignes. Voilà c'est tout. N'oubliez pas de laisser un commentaire pour donner votre avis sur le chapitre et/ou l'histoire en général!
A la prochaine!
