Auteur : Lady Zalia

Beta-lectrice : Yukyo01

Type : Drama, Romance essentiellement, un peu Humour. ^^

Disclaimers : Slash (Drarry). Univers appartenant à J.K. Rownling. Je rappelle que le rating M est justifié, m'enfin au chapitre 23, est-ce vraiment nécessaire de le préciser ? 😋😅 Merci aux revieweurs fidèles qui prennent le temps de m'écrire un petit mot. Ca me fait vraiment plaisir !

Rappel du chapitre précédent : Drago vient-il de perdre tout sens de la prudence et de proférer l'idée la plus foireuse de sa vie ?

Alors je voulais faire une ellipse et finalement non on reprend directement là où on s'était arrêté. Ce sont les aléas de l'inspiration. 😁(Ca m'apprendra à attendre autant de temps entre la fin du chapitre 22 et le début du 23).


***/+/*** Chapitre 23

- Je comptais bien sur votre aide, à vrai dire. Les Mangemorts moyens ne sont pas des lumières. On peut bien en Stupéfixer trois dans une ruelle. Pourquoi pas les attirer en brisant le Tabou ?

Harry sortit de sa neutralité, me regardant comme si une corne venait de me pousser au milieu du front.

- Euh… c'est juste légèrement suicidaire… Pourquoi prendre autant de risque pour tester quelques potions ?

- Réfléchis, Harry ! Si je parviens à créer une potion qui nous rend temporairement insensible aux sorts, nous pourrons transplaner directement dans Poudlard ! Plus de soucis avec Pré-au-Lard… Ce serait enfin une solution à notre problème !

Hermione semblait pensive. La Miss Je-Sais-Tout des Gryffondors avait l'esprit pratique et maintenant que ses scrupules moraux étaient dissipés, elle commençait à entrevoir mon plan.

- L'idée de Drago n'est peut-être pas si absurde que cela… En brisant le Tabou, on peut attirer des Mangemorts exactement là où l'on souhaite. Le seul problème est qu'on ne sait pas exactement combien vont transplaner. Mais on peut tout à fait piéger la zone pour les mettre hors d'état de nuire dès leur arrivée. Connaître l'existence du Tabou peut devenir un avantage stratégique non négligeable. Rogue ne vous a pas donné une information anodine.

Je ne pus m'empêcher de sourire avec assurance. C'était exactement ce genre d'explication qui apportait du crédit à mon plan et cela avait d'autant plus d'impact que c'était elle qui le faisait.

- Exactement. Nous n'avons plus qu'à choisir un endroit isolé et poser un certain nombre de pièges magiques. Ils vont transplaner à l'endroit où le Tabou a été brisé et immédiatement lancer des sortilèges pour nous neutraliser, mais comme on s'y attendra, il suffira de préparer un bouclier Répulsort suffisamment puissant au cas où... Harry sera sous sa cape et nous autres sous sortilège de Désillusion. On peut même utiliser notre allié Timothy Valhore pour avoir une puissance de feu supplémentaire…

Harry fit non de la tête et Ron et Hermione froncèrent les sourcils.

- Qui est Timothy Valhore ?

- Un Auror que nous avons rencontré par hasard et qui se montre toujours très enthousiaste pour nous aider. C'est lui qui nous a informé de l'emplacement de Lovegood et Ollivander.

J'avais insisté sur le mot "rencontré", souriant de la gêne manifeste de mon calice. J'avais parfaitement compris son petit manège. Il voulait absolument cacher à Ron et Hermione qu'il avait utilisé un Impardonnable, même si c'était le moins grave des trois. Il me foudroya du regard, mais pour ma part, je n'avais pas le moindre scrupule.

- Je ne pense pas que ça soit nécessaire de déranger notre ami, Drago. Nous sommes bien assez de quatre pour maîtriser un petit groupe de Mangemorts. Je doute qu'ils se déplacent à plus de cinq pour un Tabou brisé donc avec l'effet de surprise, les pièges et l'invisibilité, on ne devrait avoir aucun souci.

Je haussai les épaules, acceptant de lui concéder cette victoire.

Nous nous concertâmes sur le lieu et sur le type de piège à utiliser et finalement, tout fut prêt pour le surlendemain. J'avais insisté pour qu'on le fasse à la nuit tombée, afin de pouvoir utiliser tout mon potentiel. Nous avions transplané dans la forêt de Dartmoor qui avait accueilli la coupe du monde de Quidditch quelques années plus tôt. Nous avions préparé des pièges simples, mais efficaces qui avaient essentiellement pour but de désorienter nos assaillants, notamment des pièges lumineux et sonores. Ron avait même récupéré, grâce à ses frères, une mine qui faisait trembler le sol pour leur faire perdre l'équilibre dès leur arrivée. Le résultat était aussi explosif qu'une tranchée gobeline pendant la révolte de 1612.

Ron supprima toute source de lumière à l'aide de son Déluminateur et j'entendis mes camarades prendre leur inspiration. Même dans l'obscurité quasi totale, je pouvais percevoir l'emplacement de chacun d'entre eux grâce à mes sens vampiriques et je connaissais la position exacte de Harry grâce au lien. C'est donc totalement serein que je me mis à crier.

- NOUS TE TUERONS, VOLDEMORT !

L'instant d'après, le bruit caractéristique de plusieurs transplanages retentit, immédiatement suivi d'une cascade d'explosions et de flash lumineux. J'étais moi-même un peu sonné par tout ce bruit, car contrairement aux trois Gryffondors, j'avais refusé de porter des bouchons d'oreille. Je préférais avoir tous mes sens pour assurer la sécurité de Harry. Aucun de nous n'hésita cependant, et bientôt cinq victimes stupéfixées gisaient sur le sol. L'odeur de poudre dissipée, je tressaillis en sentant une forte odeur de terre, de sueur et de sang émaner d'un homme en particulier. Je ne pus m'empêcher de faire un bond en arrière en reconnaissant Fenrir Greyback. Heureusement que les loups-garou n'avaient pas de résistance naturelle aux sortilèges sous leur forme humaine, tant soit-il qu'on puisse qualifier d'humaine l'apparence de Greyback au quotidien. Bien qu'il soit toujours stupéfixé, je lançai un Incarcerem, plus pour me rassurer qu'autre chose et Ron mit un violent coup de pied dans la tête du lycanthrope.

- Cette salle enflure de Mangemort ! C'est lui qui a attaqué Bill l'année dernière !

Un instant de silence accueillit cette exclamation et je pus entendre mes camarades retrouver lentement leur rythme cardiaque après cette avalanche de sorts. Je jetai un œil vers Harry, mais il semblait s'être un peu habitué, contrairement à Hermione qui tremblait de tous ses membres.

- Greyback n'est pas un Mangemort. Vous-Savez-Qui ne voulait pas marquer un loup-garou. Ce sont des rafleurs à la solde du Ministère et ils pourchassent les traitres et les nés-Moldus en échange de Gallions. J'ai vu un article sur eux dans la Gazette. Récupérons leurs baguettes.

Je désarmai deux d'entre eux, mais ne pus m'approcher de Greyback. Mon instinct vampirique me hurlait de m'éloigner de lui et manifestement Ron et Hermione n'étaient pas plus rassurés car ce fut Harry qui s'y colla. Une fois les cinq baguettes retirées et nos victimes rassemblées, il fallut décider de ce que nous allions en faire. Aucun d'entre eux ne portait la marque ni le masque, ce n'étaient donc pas des Mangemorts, mais bien des fidèles partisans de sa politique. Je comptais toujours utiliser quatre d'entre eux pour tester mes potions, mais la nature lycanthrope de Greyback pouvait fausser les résultats, il m'était donc inutile. Ron serrait sa baguette dans sa main, une lueur vengeresse dans les yeux.

- Il faudrait tuer cette enflure. Au moins, il ne pourrait plus faire de mal à personne !

Hermione lui prit doucement la main.

- Non, Ron ! Ce n'est pas notre rôle ! Je ne veux pas que tu deviennes un meurtrier. Ne deviens pas comme eux ! Bill est vivant, il va bien. Tu n'as pas besoin de te venger !

Ce fut Harry qui lui répondit et je me sentis étrangement fier face à sa détermination. Finalement, le laïus que je lui avais tenu sur les impératifs de la guerre avait peut-être fait son chemin…

- Alors que veux-tu faire de lui Hermione ? Azkaban est aux mains des Mangemorts. Si on le laisse en vie, il continuera à tuer. Rappelle-toi l'année dernière, le petit frère des sœurs Montgomery ! Il avait juste cinq ans ! Et Lupin ! Il nous a bien dit qu'il faisait exprès de se placer près des villages lors des pleines lunes pour faire le plus de victimes possible ! Cet homme est un monstre. En le tuant, on sauve des vies.

La jeune femme avait les larmes aux yeux.

- Je… Je ne peux pas le faire. Je suis désolée…

Je pris la parole.

- C'est bon, je vais le faire. Mais ne venez pas me le reprocher après. Vous n'avez qu'à rentrer au square Grimmaurd avec nos provisions, si vous ne voulez pas voir ça. Vous n'aurez qu'à demander à Kreattur de les ranger dans le cellier en attendant.

Ron et Hermione attrapèrent chacun un rafleur mais Harry ne bougea pas.

- Je reste avec toi. La dernière fois, tu n'étais pas… en pleine possession de tes moyens…

Sur le coup, je ne compris pas où il voulait en venir.

- Oui, j'étais en frénésie. Ce n'est pas le cas là… Et donc ?

- Je ne voudrais pas que tu penses que je t'abandonne… parce que tu vas tuer de sang-froid. Je ne veux pas refaire la même erreur.

Ron me fixa un moment, mais n'ajouta rien. Contrairement à Harry, il se souvenait bien, que j'avais déjà supprimé deux Mangemorts quelques temps auparavant. J'attrapai Harry pour le rapprocher de moi et déposai un baiser sur ses lèvres.

- Merci mon cœur, mais ne t'inquiète pas. Je n'en ai pas pour longtemps. Rentre te mettre au chaud.

Il consentit à transplaner avec l'une de nos victimes, me laissant seul avec Fenrir Greyback et le dernier rafleur stupéfixé. Je portai mon regard sur le lycan tout en faisant tourner ma baguette entre mes doigts. À part le dégoût qu'il m'inspirait, je n'avais pas de grief particulier contre lui, il aurait été cependant dommage de rater une occasion de s'amuser un peu... Je lançai un second Incarcerem pour ne laisser aucune place au doute, avant de jeter un Enervatum qui le libéra de la stupéfiction. Il papillonna des yeux avant de pousser un horrible grognement. Je fis un pas en arrière, mais repris bien vite mes esprits. Il ne pouvait absolument pas bouger des pieds jusqu'au cou et sa baguette était entre les mains de Harry à des kilomètres de cela.

- Tiens, tiens… Ne serait-ce pas ce traître à son sang de Malefoy ! Alors petit vampire, il paraît que tu baises Harry Potter ?

- Doloris !

Je le regardai un instant se tordre de douleur, mais dès que je stoppai le maléfice, il se remit à ricaner. Manifestement, je n'étais pas aussi convainquant que ma chère tante Bellatrix.

- Débutant ! Si tu crois que tu vas m'arracher la moindre information comme cela…

- Qui te dit que j'ai des informations à te soutirer ? Je veux simplement m'amuser un peu… avant de jeter ton cadavre au beau milieu du Chemin de Traverse. Si je peux envoyer un message à tous les larbins dans ton genre, tu auras au moins eu une utilité une fois dans ta vie.

Son visage exprima la surprise, juste un instant. J'étais un partisan du bien, il ne s'attendait donc pas à de telles paroles de ma part. Il se remit à grogner, dévoilant une série de crocs. Ce taré s'était tellement adonné à la sauvagerie qu'il conservait sa dentition même en dehors de la pleine lune.

- Ta précieuse petite pute Potter va crever, Malefoy ! Ce n'est qu'une question de temps avant que le Seigneur des Ténèbres lui fasse la peau. Et alors tu souffriras comme jamais tu n'as souffert, tu deviendras un animal assoiffé de sang. Ce sera toi qui me remplaceras. Tu égorgeras les femmes et les enfants sans pouvoir t'arrêter en souvenir de son sang !

- Inflamarae ! Rassure-toi, mon calice est parfaitement en sécurité. Si tu crois que c'est en me provoquant que je mettrais plus vite fin à tes souffrances, tu te trompes lourdement...

J'avais pointé ma baguette sur son pantalon et une première jambe prit feu, interrompant brutalement son rire. Je regardai le feu grignoter doucement le tissu et une odeur de chair brûlée émana bientôt du lycanthrope. Il serrait les dents, mais il avait déjà dû voir pire. Je voulais l'entendre hurler, ravaler ses menaces et ses insultes envers mon calice.

- Tu es devenu le larbin de l'Ordre du Phénix ! Ils te laissent faire le sale boulot. Ces messieurs sont trop bien pour torturer quelqu'un j'imagine !

- Contrairement à mon père, je ne suis le larbin de personne et certainement pas d'un sang-mêlé dégénéré. Vois-tu qui que ce soit pour me donner des ordres ici ? Je fais ce que je veux ou juge utile pour mon calice. Ta mort lui sera utile mais avant, je compte bien me défouler un peu. Sectusempra !

Cette fois, il hurla de douleur alors que de profondes entailles apparaissaient sur son torse et ses bras et qu'un sang épais et sombre jaillissait de son corps. J'attrapai une branche morte pour l'attiser et il claqua des dents dans ma direction. Il avait nettement pâli à cause de la perte de sang, mais je savais qu'il en fallait bien plus pour lui faire perdre connaissance.

- Sale petite enflure... Tu n'as pas le cran de m'avoir à la loyale alors tu m'as attaqué avec tes petits copains comme le lâche que tu es ! Laisse-moi une seule seconde…

- Chuuut, tu ne devrais pas t'agiter autant. Je ne voudrais pas que tu meures déjà à cause d'une bête hémorragie. Après tout, vous, les lycanthropes, n'êtes la plupart du temps que de vulgaires humains, tellement fragiles comparés aux vampires. Sous ta forme lupus, tu es peut-être plus fort et plus rapide que moi… Mais actuellement, je pourrais briser tes os un par un, tu serais incapable de te régénérer.

- Mais moi je peux sortir jour et nuit, je ne crains pas le soleil ! Le Seigneur des Ténèbres s'est montré bien indulgent en attachant ton père pour qu'il se consume. J'aurais aimé pouvoir mordre ta mère devant lui, juste pour voir la tête qu'il aurait fait. Il paraît que ce sac de sang a réussi à s'enfuir. J'espère bien qu'elle se fera violer par un rafleur !

Je regardai autour de moi et avisai une grosse pierre un peu plus loin. Je la soulevai d'un Wingardium Leviosa informulé et la positionnai juste au-dessus de Greyback qui loucha dessus avec un air particulièrement stupide.

- Mon père n'a eu que ce qu'il méritait. Quant à ma mère, tu peux bien espérer ce que tu veux, elle est venue me rejoindre dès la mort de mon imbécile de géniteur. Toi, en revanche, tu n'as pas l'air d'avoir un instinct de préservation très poussé...

Je lâchai la pierre d'un coup et elle s'écrasa sur son visage avec un craquement sinistre. L'instant d'après, le projectile roula sur le côté, laissant voir un nez cassé, des lèvres déchirées et une bouche en sang. Greyback semblait pétrifié par la douleur, les yeux fermés et les poings serrés, tout son corps tendu pour se retenir de hurler. Sa mâchoire supérieure brisée, il n'était plus en état d'articuler quoi que ce soit. Il poussa un long gémissement et je ne pus m'empêcher de ricaner. Sa volonté était enfin brisée. Un sentiment de malaise mit vite fin à mon euphorie et je mis quelques secondes à comprendre qu'il venait du lien. Harry devait s'inquiéter de ne pas me voir rentrer

Je fis apparaître un parchemin et une plume, que je trempai dans le sang de mon vis-à-vis.

"Ici git Fenrir Greyback, lycan dégénéré au service de Voldemort. Voici ce qui arrive quand on menace Harry Potter. Drago Malefoy."

Avec un peu de chance, certains rafleurs seront désormais un peu moins motivés à nous pourchasser…

- Bon, ce n'est pas que je m'ennuie, mais j'ai une potion sur le feu et toi et tes petits camarades ont été appelés justement pour me servir de cobayes. C'est bien d'avoir mis un Tabou. Comme ça on peut ramasser des déchets quand on veut et où on veut. Un peu comme une livraison à domicile. Je devrais partager ma méthode, ça pourrait intéresser quelques potionnistes fous…

Greyback ouvrit une dernière fois les yeux pour me voir lancer mon Avada Kedavra avant de retomber inanimé, les yeux vides et le corps soudain détendu. Ma petite torture n'était qu'une faible compensation pour toutes ses victimes, mais j'aimais croire que j'avais rendu une forme de justice.

J'attrapai le dernier rafleur encore stupéfixé et je me concentrai pour transplaner sur le perron de la demeure Black. Lorsque je passai le pas de la porte, je vis Harry en train de faire les cent pas dans l'exigu hall d'entrée.

- Drago ! Tu m'avais dit que tu nous rejoindrais immédiatement ! Tu as eu un souci ?

Je jetai mon coli au sol sans aucune précaution pour attraper mon calice et le serrer dans mes bras. Son angoisse était communicative à travers le lien et je m'en voulus un instant d'avoir pris autant de temps à torturer Greyback.

- Je suis là. Ferme les yeux. Le lien… tu peux le sentir aussi. Si tu te concentres, tu peux connaître mes émotions. Tu vois ? Le lien fonctionne dans les deux sens. Tu n'avais aucune raison de paniquer.

Harry rouvrit ses yeux et je me perdis un instant dans ses iris émeraude.

- Pardon. Je me sens ridicule. Habituellement, c'est moi qui te laisse en plan sans me préoccuper de ce que tu peux ressentir. J'ai l'habitude d'être en danger. Mais pour une fois c'était le contraire, j'étais en sécurité tandis que tu étais dans la nature. Je me suis monté la tête pour rien.

- Et bien ça aura au moins eu le mérite de te faire comprendre ce que je ressens lorsque tu me fausses compagnie ! Et c'est encore pire quand je te sais en danger. Cette fois où tu es allé à Godric's Hollow avec Hermione, j'ai bien cru devenir fou…

Il eut le bon goût de baisser les yeux. Si je lui avais pardonné, il n'avait pas intérêt de me refaire un coup pareil. Je savais que certains vampires enfermaient littéralement leurs calices pour ne jamais ressentir une telle angoisse et en y repensant, je ne me souvins pas avoir vu ma mère hors du manoir en l'absence de Père. Le voir littéralement brûler sous ses yeux avait dû être une terrible épreuve et pourtant elle restait digne et avait trouvé le courage de continuer à vivre.

- Et malgré tout, tu as dit à Rogue que tu ne regrettais rien… Moi je crois que je ne te mérite pas... Mais, merci… Je ne sais pas ce que je deviendrais si tu me repoussais.

Il avait posé son menton sur mon épaule et ses bras autour de mon torse. Je déposai un baiser sur sa tempe.

- Tu deviens mièvre, Potter ! Ne sois pas stupide, tu sais bien que c'est impossible !

Il eut un petit rire, pas convaincu pour une noise par le ton de ma voix. Il faut dire que je n'avais pas relâché mon étreinte et j'avais continué de lui caresser les cheveux.

- Alors tu as fini ? Greyback est mort ?

- Affirmatif. Mais j'ai encore une petite chose à faire. Tu peux me prêter ta cape d'invisibilité ?

Il se recula pour sonder mon visage avec un air soupçonneux.

- Qu'est-ce que tu vas faire ?

- Je n'en aurais pas pour plus de quinze minutes. La cape est plus par précaution, je ne compte pas me mettre en danger, rassure-toi.

Il n'eut pas l'air très convaincu, mais consentit tout de même à déposer l'étoffe dans ma main tendue.

- Je vais me concentrer sur le lien. Je t'attendrais sagement ici.

- Bien. Je reviens vite.

Je mis la cape d'invisibilité sur le dos et sortit sur le perron pour transplaner à l'endroit où j'avais laissé le cadavre de Greyback. J'attrapai ensuite le corps de ma victime contre moi pour transplaner au beau milieu du chemin de Traverse. Comme la dernière fois, la rue était déserte, notamment du fait de l'heure tardive. Toutes les boutiques étaient fermées, certaines même définitivement, comme la boutique de Florian Fortarôme dont la vitrine était bardée de planches. Je choisis un endroit, bien en évidence pour ma petite mise en scène. J'attachai le cadavre de Greyback à un lampadaire avec le parchemin que j'avais écrit un peu plus tôt. J'espérai bien qu'il y aurait suffisamment de témoin avant que l'affaire ne soit étouffée par le Ministère. J'invoquai ensuite un second parchemin que je collai sur un mur.

"Amis vampires assoiffés, potionnistes en manque de cobaye ou possesseur d'une créature carnivore à nourrir ? Voici la solution à tous vos problèmes. Un seul mot : VOLDEMORT. Vous verrez alors arriver chez vous plusieurs rafleurs tout frais, prêts à être utilisés en l'état ou découpés en morceaux. N'attendez plus !"

Je jetai ensuite un maléfice de Gemino sur mon affiche de sorte que toute personne qui essayerai de s'en emparer la verrai se multiplier et observai mon œuvre avec un sourire satisfait. Je ne connaissais pas d'autre vampire en Grande-Bretagne, mais je savais que Voldemort leur avait proposé des alliances en échange de sacrifices de nés-Moldu et de traîtres à leur sang. La plupart des vampires n'avaient pas de calice pour étancher leur soif et si les Malefoy s'étaient toujours appliqués à masquer leur nature vampirique, d'autres étaient bien moins urbains. Ironiquement, j'avais réduit des siècles de secret en choisissant Harry Potter. Je savais que mon grand-père, Abraxas Malefoy, s'était fait passé pour mort pour disparaître de la circulation. Je n'avais plus entendu parler de lui depuis plusieurs années, mais je doutai qu'il me félicite pour mes faits d'arme…

Je ne perdis pas plus de temps pour ne pas inquiéter Harry et retransplanai au Square Grimmaurd. Harry essaya bien de m'interroger sur ce que j'avais fait, mais je voulais garder la surprise. À présent que Luna était en sécurité, Lovegood allait probablement faire paraître un article là-dessus !

Ce ne fut cependant pas via le journal que mes camarades apprirent la nouvelle. Le lendemain, alors que nous étions en milieu d'après-midi et que j'étais dans le salon en train de lire un livre, Harry débarqua en compagnie de Ron, Hermione et Remus Lupin. Et au vu du regard de Harry, il appréciait assez peu la plaisanterie.

Notre ancien professeur de Défense contre les Forces du Mal tendit l'une de mes affiches sous mon nez avec agressivité.

- Dago Malefoy ! Ça vient de toi ça !

- Oui, tout à fait. Quelque chose à y redire, peut-être ?!

- Tu es totalement inconscient ! Tu encourages les gens à briser le Tabou !

- Je ne vois pas le souci. Au moins les gens sont avertis, ils ne risquent pas de le prononcer par inadvertance. Et si des rafleurs se retrouvent à transplaner au milieu d'un nid de vampires, et bien ma foi, ils l'auront cherché…

Le lycanthrope ne chercha pas à réfuter mon argument.

- Et Greyback, j'imagine que c'est toi aussi !

- Tu vas le pleurer peut-être ? Allons, Lupin. J'ai débarrassé le monde de ce monstre, tu devrais me remercier au contraire.

- Je ne dis pas qu'il ne fallait pas le tuer. Mais ce n'était pas à toi de le faire. Et non content de ça, tu l'as torturé ! Mais quel genre de personne es-tu ?!

Les trois Gryffondors ouvrirent la bouche de stupeur. Manifestement, ils n'étaient pas encore au courant de cela. Je fis la moue, évitant sciemment le regard de mon calice.

- Je voulais essayer de lui extorquer des informations. Ça aurait pu être utile pour notre quête. Malheureusement, c'était une sacrée tête de mule…

C'était un mensonge éhonté car je n'avais même pas songé à lui poser la moindre question, mais ça, personne ne pouvait le savoir.

- C'est donc pour ça que tu as mis autant de temps.

C'était Harry qui avait pris la parole. Je hochai la tête, cherchant à sonder ses émotions à travers le lien. Il ne semblait pas être en colère, tant mieux pour moi.

- Tu cautionnes ce qu'il a fait, Harry ! Il a torturé et tué et homme et cela ne te choque pas ! Où est passé le Harry que je connaissais ! Il y a quelques temps tu aurais été scandalisé par de telles actions ! Même si nous sommes en guerre, tu ne peux pas l'autoriser à agir ainsi !

Je ressentis soudain la rage de Harry et fus soulagé qu'elle ne soit pas dirigée vers moi. Même Ron et Hermione s'étaient reculés, connaissant suffisamment leur ami pour laisser seul Lupin assumer ses paroles.

- Il y a quelques temps, j'étais encore bercé par les mensonges de Dumbledore, qui me maintenait dans l'ignorance et m'assurait que tout se passerait bien ! Et puis il est mort et j'ai découvert tout ce qu'il m'avait caché et combien il m'avait manipulé. Dumbledore m'a confié une tâche quasiment impossible et je serais déjà mort sans l'aide de Drago ! Et non content de ça, je suis censé affronter Voldemort en combat singulier car moi seul peut le tuer ! Tout ça à cause d'une foutue prophétie ! Dumbledore savait qu'il allait mourir, tout comme il savait qu'on aurait tous les Mangemorts du pays à nos trousses. Et pourtant il n'a jamais jugé utile de nous préparer à cela ou nous donner autre chose que des miettes de pain en guise d'indices ! Il y a quelques temps encore, j'étais comme toi, aveuglé par mon admiration pour Dumbledore. Et aujourd'hui, j'ai ouvert les yeux. Alors si on doit tuer pour sauver des vies, c'est un sacrifice acceptable. Comme tu l'as dit, nous sommes en guerre. J'ai tué Bellatrix Lestrange. Drago a tué Fenrir Greyback. Et je serais celui qui tuera Voldemort. Ron, Hermione. Désolé de vous avoir caché ça. Je ne dis pas qu'il faille tuer tous les Mangemorts. Ils doivent être jugés pour leurs crimes et aller en prison. Mais pour l'instant on sait tous que c'est impossible. On ne peut pas non plus les garder emprisonnés ici indéfiniment. Et ils continueront à faire du mal si on les relâche. Ce serait injuste de reprocher à Drago de faire le sale boulot alors qu'il fait tout ça pour nous protéger.

Je me retins de sourire de manière trop flagrante. Qu'il était doux d'être défendu par celui qui habitait son cœur ! Alors que mon unique motivation dans cette guerre était sa sauvegarde, Harry me faisait passer pour un héros qui acceptait de se salir les mains pour un glorieux objectif. Je me levai pour l'attirer contre moi alors que Lupin avait sorti sa baguette à l'entente du prénom de Voldemort.

- Le Tabou !

Ron haussa les épaules et Hermione lui expliqua.

- Il semblerait que briser le Tabou n'ait aucune conséquence ici. Je pense que c'est parce que le manoir est rendu incartable. Quoi qu'il en soit, nous savons ce que nous faisons, professeur. Je ne valide pas du tout ce qu'a fait Drago. Jamais je ne serais favorable à de telles pratiques, et pour tout vous dire, je l'ignorais jusqu'à ce que vous nous l'appreniez. Mais je dois admettre que tout ce que nous avons fait jusqu'à présent n'aurait pas été possible sans lui. Nous ne pouvons pas vous en dire plus. Notre quête est vraiment sensée rester secrète et mettre d'autres personnes au courant représenterait un risque considérable. Tout vous sera expliqué à la fin.

Lupin rangea sa baguette, le visage fermé.

- Soit. Mais laissez-moi tout de même vous prévenir. Ron, Hermione et Harry. Rappelez-vous que nous avons étudié les vampires en troisième année et ce n'est pas pour rien que ces créatures sont classées parmi les Forces du Mal. Si un vampire fera toujours son maximum pour protéger son calice, le lien du calice induit une profonde dépendance vis à vis du vampire. Tu n'en as peut-être pas pleinement conscience, Harry. Mais ne laisse pas ce lien changer fondamentalement ce qui fait de toi un homme bien. Tes parents n'aimeraient pas te voir devenir quelqu'un comme ça. C'est tout ce que j'ai à dire. Sur ce je m'en vais.

Je croisai les bras alors que Lupin quittait la pièce et que trois paires d'yeux se portaient sur moi. Je pouvais sentir le malaise de Harry. Je tendis la main pour le rapprocher de moi, mais il se contenta de la fixer sans bouger.

- Je ne t'ai jamais manipulé, Harry. J'ai toujours été honnête envers toi. Tu connaissais la nature de mes sentiments bien avant que tu acceptes de te lier à moi. Ne commence pas à te demander si tu aurais réagi autrement sans le lien. Certes, la magie du lien a le pouvoir de rendre le vampire physiquement incapable de faire le moindre mal à son calice, mais aussi de rendre le calice plus enclin à obéir aux ordres de son vampire. Cependant, cela ne change en rien ton caractère, c'est bien moins puissant qu'un Imperium et de toute façon je ne t'ai jamais donné d'ordre ou obligé à faire quelque chose contre ta volonté, il me semble !

Je l'entendis distinctement soupirer, mais il finit par succomber aux émotions apaisantes que je lui envoyai et vint enfin se réfugier dans mes bras. Je savais pourtant que la situation n'était pas encore désamorcée. Je me méfiais notamment de Hermione, qui semblait perdue dans ses pensées. D'ailleurs, lorsqu'elle prit la parole, ce fut pour réciter mot pour mot le premier paragraphe sur les vampires inscrit dans "L'essentiel de la Défense Contre les Forces du Mal" d'Arsenius Beaulitron.

- Les vampires sont des êtres magiques de type "revenant", considérés comme des créatures partiellement humaines. S'il est communément admis que les vampires sont doués de conscience et ont leur volonté propre, leur immortalité les rend distants des préoccupations humaines et la faim peut les mener à des actes empreints de bestialité. Certains d'entre eux peuvent se fondre parfaitement dans la société au point d'être indétectables, ils n'en resteront pas moins des prédateurs pour l'être humain, capable du pire pour obtenir ce qu'ils désirent car les notions de bien et de mal leurs sont étrangères…

Je ne pus m'empêcher de lui couper la parole.

- Tu vas continuer encore longtemps ?

- J'aurais dû le savoir ! On oublie trop souvent que tu es devenu un vampire et que tu as été élevé par un vampire. Quand on était à Poudlard, je trouvais parfois que tu étais presque inhumain, par tes paroles et tes actes. Tu n'as jamais eu aucun scrupule à mentir ou utiliser des gens pour obtenir ce que tu voulais. Et Harry a toujours provoqué chez toi les réactions les plus extrêmes… et réciproquement. Lorsqu'il m'a annoncé que vous étiez ensemble, cela ne m'a pas étonné, j'étais même plutôt soulagée. Je me suis dit qu'il allait tempérer ton comportement. Mais j'avais oublié que les vampires étaient par nature dominants et que le lien incitait les calices à se soumettre à leur maître. Ce n'est pas qu'une question d'ordre, Harry. Tu n'as juste pas envie d'être en désaccord avec Drago, c'est inconscient. Et désormais, je m'assurerais que tu ne l'oublies pas…


Drama ! Drama ! Drama incoming ! On n'a pas beaucoup progressé dans ce chapitre. Mais rassurez-vous, le chapitre 24 est déjà bien avancé, vous n'aurez normalement pas bien longtemps à attendre. À bientôt ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. ;p