Elphinstone Urquart était le chef du département de la justice magique et était un homme d'un âge mûr et à l'apparence avenante, strict et rigoureuse. Minerva McGonagall avait travaillé avec lui en tant qu'Auror. Il était aujourd'hui le responsable de ses deux frères Malcom et Robert. Elphinstone était épris de Minerva pour sa force, sa combativité et sa vaillance. Il avait été étonné qu'elle veuille être enseignante mais il avait respecté sa décision. Plusieurs fois, il l'avait courtisé. Plusieurs fois, elle avait refusé ses avances. Elle lui en avait dit un jour la raison : elle était toujours encline vers son amour de jeunesse désormais marié.

Lorsque l'annonce de l'attaque dans sa région natale lui parvint, il fut d'abord ennuyé puis fortement préoccupé. Robert et Malcom virent leur mère s'éteindre dans un sentiment des plus sombres encore refusant de quitter sa maison avec son père malgré les risques. Le nouveau Lord Noir n'était pas comme le précédent. Petit à petit, chacun s'en rendait compte. Ce n'était pas un système oligarchique mais bel et bien un système fascisme que ces terroristes promulguaient. Leurs messages étaient similaires : les sorciers n'ont pas à se cacher, mais à cela le système fascisme rajoutait : et les moldus n'ont pas à exister.

Le village natale de Robert, Malcom et Minerva McGonagall pleurait la mort d'une trentaine d'individus. Cinq maisons avaient été visité et chaque habitant du grand-parent au nouveau né avait été massacré. Elphinstone se chargea lui-même de l'annoncer à Minerva. Il avait besoin qu'elle et d'Albus Dumbledore quittent l'école et viennent leurs prêter mains fortes.

La situation était catastrophique. Le gouvernement lui ordonnait de ne plus communiquer avec eux. L'affaire des écoutes volées faisait encore grand bruit et nombreux sorciers ne voulaient pas que Dumbledore se mêle de politique. Sa victoire auprès de Grindelwald l'ayant déjà bien trop influent et célèbre. Le ministère paniquait. Elphinstone ne pouvait pas ignorer les ordres mais pouvait-il tourné tardé à y répondre. Son amie devait l'apprendre. Son visage apparu dans la cheminée du salon de Minerva. Elle écouta la nouvelle qu'il lui annonçait avec calme. Le visage de l'homme disparu des flammes et elle quitta son salon pour se rendre au bureau de Dumbledore. Il ne s'y trouvait pas. Elle attendit, tremblante, devant la porte.

─ Minerva ?

Albus ne pouvait pas discuter. Tom Jedusor était toujours dans l'école à arpenter les couloirs et il ne lui faisait absolument pas confiance. Son harcèlement à devenir professeur de défense contre les forces du mal et les dernières informations indiquant qu'il donnerait des leçons privées à des élèves glaçaient le sang du directeur. Il devait le trouver et le raccompagner en dehors de l'école. Cet enfant était né avec un trou à la place du cœur et à chaque fois que Dumbledore essayait de le remplir, il réalisait que le trou était plus noir, grandissant et destructeur chaque jour.

─ Il y a eu une attaque, informa Minerva la voix tremblante.

Il activa la porte d'entrée de son bureau. Tom Jedusor atteindrait : l'état de la femme était trop préoccupant. A peine furent-ils dans le bureau, qu'elle posa son front sur la robe de l'homme, sans pleurer.

─ Albus, souffla-t-elle la voix brisée mais contenue, la famille McGregor a été tué.

La porte se referma et les sanglots de la femme brisèrent le silence terrifiant et sombre dans le respect des peintures présentes dans le bureau qui se retournèrent pour les laisser dans cet instant d'amitié indéfiniment précieux quand on n'a le cœur qui vient d'être réduit en poussière. Retrouvé sur son fauteuil en cuir en face de cette télévision cathodique qu'il semblait vénérer, sa femme allongée dans la cuisine, leur premier enfant allongé dans le jardin et le second dans le berceau. Les murs se souviendront à jamais de ces morts.

─ Si j'avais révélé qui j'étais, peut-être …
─ Minerva …
─ Je l'aimais Albus, … je ne pouvais accepter de vivre comme ma mère … mais je l'aimais … est-ce par peur de ressembler à mes parents que je me suis brisée ? Je pensais qu'il serait au moins heureux. Si je l'avais prévenu … lui dire le danger sur les moldus !
─ On en a parlé à l'époque de Grindelwald. Nous ne pouvons pas révéler notre existence à tous les moldus.
─ Vous n'avez pas toujours été en accord avec ça.
─ Et je ne sais pas si je suis en accord mais prévenir de notre existence en période de chaos serait destructeur. C'est une guerre qui s'annonce, Minerva.
─ Ne dites pas cela.

Finalement, Arthur avait décidé de parler Molly. Il n'était pas jaloux qu'elle passe tout son temps avec Daisy, Tilden, Charlie et les autres jeunes de leurs âges. Il n'était pas envieux que ses rires ne lui soient plus adressés. Il était juste inquiet de ne plus l'avoir à ses côtés. L'année allait se terminer et ensuite. L'année prochaine, elle reviendrait ici et pas lui. Il devait lui parler ! Si elle ne l'aimait plus, peut-être que l'amitié pouvait exister. Est-ce qu'il supporterait ? Est-ce que ce serait suffisant ? Il n'en savait rien.

Pourquoi fallait-il qu'il se découvre amoureux maintenant qu'elle ne l'était plus ?

Il savait qu'il devait lui parler. Il ne devait pas avoir peur. Ses parents étaient un exemple de courage en amour. Oui, il était un Weasley et fois de Weasley, il n'abandonnerait pas l'amour aussi facilement ! Certes, elle était une Prewett. Dans ces temps de conflits, il savait parfaitement que ce serait mal-vue qu'ils se fréquentent. Il s'en fichait ! Il allait l'inviter au bal de promo et il lui dirait à quel point, il n'avait jamais aimé une femme comme elle. Il lui dirait à quel point il aimait son rire, ses plaisanteries et air de tigresse. Il lui dirait …

Mauvais timing.

Dans la salle des gryffondors, où des secondes années jouaient au échec, Daisy était amusée à ses côtés :
─ Sacrée filou ce Charlie. Halloween avec moi, noël avec Petty, l'hiver avec Tatiana, le printemps avec Georgina et finir en beauté avec Molly. A vous voir vous enlacer, on se dit que tu t'étais trompée de Weasley depuis le début. Le fou qui prend la dame, c'est …

Elle se stoppa venant de voir Arthur, affichant un air à la fois moqueur et coupable. Molly se retourna et ouvrit la bouche avant de rosir brutalement. Arthur tira une chaise, saluant ses amis, affichant un calme serein.

─ Échec … s'écria Peter en regardant James avec espoir.
─ Mais pas mat ! répondit le garçon.

Arthur sourit, pointa du doigt une pièce devant Peter. « Il faut toujours surveiller ses propres pièces. » Annie Lou la préfète en chef rentra dans la salle commune. Elle se rapprocha des filles assez rapidement. Elle avait les joues encore plus rouges que Molly, c'était pour dire ! Elles se mirent à parler un peu vivement. Des garçons s'approchèrent.

─ Qu'est-ce qui se passe ? questionna Arthur.
─ Tom Jedusor est dans l'école !

De la tour Gryffondors, aux sous-sols des poufsouffles, en passant par la tour serdaigle et les cachots des serpentards la nouvelle fit le tour de l'école plus vite qu'une missive à vol d'hiboux. Les adeptes des cachots étaient réunis autour de Tom Jedusor avec admiration. Ils regardaient l'homme présent devant eux dont la force et la carrure les impressionnaient. Il était d'une grande beauté et possédait un immense charisme. Ses doigts parcoururent la bibliothèque de la pièce secrète. Tom Jedusor, héritier du créateur de la maison serpentard, était un fervent passionné de magie noire qui regrettait que le sorcier emprisonné pour de nombreux meurtres et pour une guerre sans précédent, Grindelwald, n'ai pas eu la finesse d'éviter d'attaquer la seule personne qui aurait pu le faire perdre.

─ Miss Black, monsieur Malfoy, je suis si fier de vous.
─ Maître, répondit Lucius, nous ne savions pas que vous viendriez ce soir.
─ J'aime les surprises, siffla le mage noir, où est le petit prodigue que vous me parlez tant ?

Ses doigts doucereux passèrent sur le visage de Bellatrix pour lui relever en l'effleurant, sans y toucher, ça lui était parfois désagréable de toucher des peaux de sorciers : la magie il la ressentait dans ses doigts. Il ressentait en elle davantage de puissance qu'en ses deux sœurs. Elle avait le regard intelligent. Il fallait la marier avec le fils Lestrange. C'était la meilleure proposition possible. Leurs sangs s'allieraient à merveille. LE sang-pur. Certains aimaient à dire les sangs-purs, mais il n'y a qu'un sang-pur. Celui que sa mère que sa mère avait avant de se corrompre avec un moldu.

─ Il n'est pas là, aujourd'hui, souffla Lucius, si j'avais su que vous veniez, je lui aurais …
─ Assez d'excuses. Je ne suis pas venu ici pour ça.
─ Oui maître, souffla Lucius.
─ Malfoy, vous êtes d'une grande habilité et vous parviendrez toujours à vous en sortir. J'ose espérer que ce talent, vous l'utiliser à mon service uniquement. Vos parents ont tellement d'espoir en vous que vous pourriez finalement les décevoir.

Les yeux du mage noir passèrent sur les dignes héritiers de sang-purs qui le regardaient avec tellement de fierté. Cette école émanait une aura de nostalgie pour lui. Il se souvenait de ses joies, de sa recherche pour trouver son père qui s'était avéré n'être qu'un simple moldu décevant, de la découverte de la lignée de sa mère et de la mort de la jeune Warren.

L'honneur se lisait dans les yeux de Bellatrix et Lucius. Ils se rendirent dans la pièce où se trouvait le miroir de Riséd et le chaudron trouble. Il leur parla longuement. Sifflant de plus en plus bas. À tel point, que les autres jeunes crurent entendre des sifflements de serpents échangés entre Lucius Malfoy, Bellatrix Black et Tom Jedusor. Il finit en disant : « Tenez-moi informé du retour de Picott et de chacun de ses faits et gestes. C'est votre mission. Ne me décevez pas à nouveau. »

Sirius avait encore sauté le repas. Il pensa, acerbe, que Lily avait dû manger sa part. Le nouveau concierge, Russard-le puant, l'avait puni pour l'avoir trouvé endormi dans la bibliothèque. Sirius se demandait bien si cet homme savait seulement lire et depuis quand c'était interdit de dormir à la bibliothèque ? Même Picott-le-mateur l'y laissait tranquille. Sirius n'avait fait qu'empirer son cas par ses injures magiques. Contraint de nettoyer le sol, se frottant les yeux et manquant de tomber par la fatigue, il maugréait des insultes plus particulières les unes que les autres. Il avait l'impression que Russard s'acharnait sur lui pour une raison obscure. S'il ratait son examen de potion qui avait lieu le lendemain, il savait parfaitement ce qui l'attendait. Il se mordit l'intérieur de la lèvre. Il ne pouvait pas rater. A force de se tirer les cheveux et de se griffer, Sirius ressemblait à un enfant battu. Raison pour laquelle il évitait ses amis et allait voir madame Pomfrey refusant de prendre une potion pour le stress.

─ Sanentur …

Les yeux de Sirius tombèrent sur ceux de Severus. Les vilaines griffures qu'il avait sur le visage disparurent sans que Sirius ne le sache. Il ne comprenait pas le sort que venait de lancer l'autre garçon, mais il pesta :

─ T'approche pas de moi le crapaud !
─ Ne sois pas si désagréable avec le second prince de cette école, monsieur Black.

Sirius fixa l'homme effrayant qui était à la porte et qui avait été mené là par Severus. Il se rapprocha des deux enfants. Pour Sirius rien d'agréable de de séduisant en cet homme. Il se crispa à sa vue et déglutit. Il n'avait pas encore raté l'examen, qu'est-ce qu'il fichait là ? Tom Jedusor tendit la main pour toucher les cheveux de Sirius, posant ses doigts sur la peau avec force. Sirius s'en échappa. Il lui jeta un regard hargneux, cherchant sa baguette.

─ Expelliarmus, dit calmement Tom Jedusor.

La baguette de Sirius se retrouva à quelques mètres. Il grogna, frottant sa robe sale.

─ Toujours aussi revêche.
─ hmh.
─ Votre père dépense des fortunes en professeur particulier. S'il savait que votre elfe de maison kreattur suffirait à vous enseigner ce dont vous avez besoin ici.

Severus remarqua que Sirius se contenta d'ignorer le mage noir. Lui qui répondait même devant Dumbledore se garda de tout commentaire.

─ Vous serrez enchanté d'apprendre que je serais encore chez vous cet été. Je dois m'entretenir avec vos parents et il faut préparer votre jeune frère à son entrée à Poudlard. Il reste un espoir de laver l'honneur de vos parents.

Sirius garda le silence baissant la tête. Severus était fasciné de voir la mâchoire serrée de l'enfant. C'était ça que permettait la force et le pouvoir ! Même les plus butés devaient bien apprendre à se taire ! Visitant la pièce où il se trouvait, Tom Jedusor marmonnait des incantations ressemblant presque à un bourdonnement d'abeille. Quand il termina, un froid sinistre s'engouffra dans la pièce puis disparu.

La main du mage noir se posa sur le menton de Sirius pour le redresser. Il avait récupéré sa baguette, et sa main tremblait. Cette fois-ci, Sirius se laissa faire, déglutissant à moitié. Il ne baisait pas les yeux par honte ou soumission, il les baissait car quand il fixait Tom Jedusor, il ne pensait qu'à une chose, lui jeter un sortilège.

─ Monsieur Black, n'ennuyez plus Severus Snape où vous le payerez.
─ Ne me touchez pas, cracha Sirius sa langue claquant entre ses doigts.
─ Vous avez retrouvé l'envie de parler ?

La lueur de défi qui éclaira les yeux de Sirius amusèrent le lord sachant parfaitement qu'il venait d'éveiller un intérêt mauvais du garçon envers le serpentard l'accompagner. Il allait rajouter une information, mais une femme frappa à la porte.

─ Monsieur Jedusor, il me semble que Dumbledore vous a demandé de quitter Poudlard.
─ Je voulais revoir la salle contre les forces du mal de mon enfance, j'aime ce lieu. Vous pourriez convaincre Dumbledore, que je po…
─ Sortez monsieur Jedusor. Je ne suis pas d'humeur.
─ Je partais, madame McGonagall, mais allez-vous bien ? Vous semblez un peu pale. Une mauvaise nouvelle ?