Biiiiien le bonjouuuur ^^ Bon, comme vous l'avez vu dans le titre, on amorce le retour du LOVE ! owii du LOOOOVE ! donc mettez-vous tranquillement au chaud sous la couette, (dehors c'est la tempête de toute façon ...) et profitez de nos poulettes qui savourent le LOOOOVE ! Une scène dans ce chapitre vous rappèlera une autre scène de la Fin mais avec une fin différent (MOUHAHAHAHA), tout le monde avance ;)
On est de plus en plus proche des 2.000 ! c'est fou ! merci à tous d'être là et de continuer à nous suivre ! prenez soin de vous, bonne lecture et vous retrouverez Tartine à la fin !
*Coucou de Lilly et Akira *
Chapitre vingt et un
PARFAIT ACCORD
Point de vue de Lilly :
J'aime pas l'été…
Mais alors vraiment pas.
Sauf pour les jolis vêtements.
Mais pour le reste, j'aime vraiment pas l'été.
On a déjà passé la première quinzaine du mois d'août et je rêve déjà de l'hiver. Enfin pas trop parce que la simple idée d'un pull me donne des bouffées de chaleur. C'est les vacances d'été et je suis en dilettante : à la plage, y'a la mer mais y'a aussi le soleil chez moi y'a la clim mais y'a pas la mer…
Ma tête s'écrase mollement sur mon bureau et je froisse la page de mots croisés que j'étais sur le point d'achever.
- Mamaaaaaan ….
Un filet de bave s'écoule de ma bouche et je l'essuie d'un revers de la main.
- Mon poussin tu m'as appelé ?
Ma mère pointe le joli bout de son nez dans ma chambre et je lâche un rire spontané en la voyant relever la tranche de concombre qui recouvre son œil droit.
- Faut qu'on dise à papa de faire une piscine…
Cette fois c'est à ma mère de rire.
- Si tu lui dis ça, il va raser tout le quartier et t'en faire une olympique.
Pas faux …
- Qu'est-ce que je dois faire alors ? J'aime pas le soleiiil …
Soudain, j'entends un petit son emmitouflé quelque part : mon téléphone. Je n'ai pas eu beaucoup de nouvelles d'Akira de la journée, ce doit être elle.
« Monkey D. Luffy »
Oh, je m'attendais pas à ce qu'il m'appelle … Je décroche.
- Gotcha ?
- …
Comme je ne l'entends pas, j'ouvre la porte fenêtre de ma chambre pour aller sur mon petit balcon, la rue est parfaitement silencieuse à cette heure.
- Monkey-san ?
- …
Toujours aucun son.
Il a raccroché.
Ce devait sans doute être une erreur, c'est bien étrange. Quelque chose en moi est déçu, ça fait plusieurs jours que les vacances ont commencé et que je ne l'ai pas vu. J'allais rentrer de nouveau dans ma chambre quand mon téléphone se met à sonner. C'est encore lui.
- Monkey-san ?! Tout va bien ?
Je l'entends soupirer à l'autre bout de la ligne.
- Je sais plus comment faire pour te parler…
La rue le soir est parfaitement déserte et silencieuse, alors je comprends tout de suite que Monkey-san est là, j'entends ça voix en contre bas en même temps que je l'entends dans mon téléphone. Je le chercher des yeux mais ne parviens pas à le distinguer dans la pénombre.
- Monkey-san, tout va bien ?
- Je sais plus comment faire …
- Je… Je peux descendre si tu veux.
- Non, reste là où tu es.
J'ai beau ne pas bouger, mes yeux sondent toujours les alentours et il me semble discerner une lueur dans des buissons un peu plus bas. Je me mords la lèvre et me gifle mentalement : j'ai envie de le rejoindre, je veux le voir. Mais je sais qu'à la seconde où il me verra sortir de mon balcon il s'en ira. C'est horrible ! Je veux descendre mais il ne me laissera pas l'approcher. Après tout c'est pas cher payé comparé à toutes les fois où je l'ai repoussé … Non, il faut que ça cesse.
Je le poursuivrai toute la nuit s'il le faut !
Je me rue à ma fenêtre et enfile à la hâte mes baskets avant de dévaler les escaliers et de pousser le portail de la cour intérieure. Elle est bien plus proche de l'endroit où il se trouve que l'entrée principale. Le téléphone toujours collé à l'oreille j'entends sa respiration qui s'accélère, il a commencé à courir.
- Où es-tu ?
Je hurle de plus en plus fort dans le dédale des rues silencieuses. Pour l'instant il n'y a que le bruit de mes pas mais, là, au coin de cette rue, j'entends d'autres pas. Je balance un caillou et l'entends se fracasser de l'autre côté de la ligne : il est tout proche. J'accélère encore plus, tant pis pour mon anémie, je dois le retrouver.
Mon cœur tambourine dans mes tempes et j'aperçois enfin son ombre et son chapeau de paille, je le vois !
- Monkey-san ! attends !
Il a ralenti l'espace d'une seconde puis a repris sa course.
Ma gorge se serre et mes jambes commencent à être douloureuses, je n'ai clairement pas la condition physique pour ce genre de courses.
- Luffy arrête !
Je crie mais mon propre souffle me fait mal.
J'alète sans m'interrompre de fredonner son nom. Puis il s'arrête. Je ne m'y attendais pas alors je m'écrase contre son dos mais il ne bronche pas. Il me faut plusieurs secondes pour reprendre mon souffle mais il ne bouge pas. Ma joue s'enfonce entre ses omoplates et j'enfouie mon nez dans le tissu de son t-shirt. Son odeur emplie mes narines et je sens une vague de chaleur m'envelopper et m'apaiser.
J'attrape sa manche du bout des doigts.
- Arrête de courir … j'en peux plus…
Mes doigts glissent de sa manche à sa peau et je les noue autour de son biceps. J'ai un goût de bile dans la bouche et les jambes flageolantes. Foutue anémie. Mais je dois tenir, Luffy est là, juste devant moi, il m'a tant manqué.
L'esprit encore un peu flottant, je ne réalise pas tout de suite qu'il vient de poser sa main sur la mienne. Mon cœur bat plus fort et je détache mes doigts de son bras pour venir les glisser dans les siens. J'ai les larmes aux yeux. Quelque part au fond de moi je n'en reviens pas qu'il m'accepte encore, mais je refuse de céder à ma peur.
- Luffy …
Je glisse mon autre main entre ses omoplates, juste à côté de ma joue.
- J'ai une question à te poser…
A travers le tissu fin de son t-shirt, je sens ses muscles se contracter. Il ne prononce toujours pas un mot. Je me mords les lèvres encore plus fort et je sens les larmes monter à mes yeux.
- Qu'est-ce que … qu'est-ce que tu penses de « Dragon Céleste » ?
Il ne devait pas s'attendre à cette question, mais elle est d'une importance capitale pour moi.
Toujours fermé dans son mutisme, Luffy se retourne doucement sans lâcher ma main. Loin de sa chaleur je commence à avoir peur de sa réponse et je serre encore mes doigts dans les siens. J'ai peur de son visage, d'y voir du dégoût ou de la colère.
Mon cœur bat à mille à l'heure.
Dans la pénombre de cette nuit d'été et sous la lueur de la lune, je découvre les yeux de Luffy. J'avais si peur d'y trouver des sentiments négatifs mais je n'y vois que l'éclats de étoiles. Je vois son sourire, pointu et tendre. Il ne dit toujours rien et se contente de me regarder et d'essuyer la larme qui coulait de ma joue. Le silence prend place entre nous, mais j'entends tellement de choses en regardant ses yeux. La main toujours déposée sur ma joue, je vois ses lèvres s'entrouvrirent et je désire sa voix comme si je ne l'avais jamais entendue.
- J'm'en fou.
Puis il se met à rire tout en replaçant les mèches de mes cheveux ébouriffés par ma course.
Il s'en fou ? Comment est-ce possible ?
- Je te parle de Dragon Céleste, la compagnie qui arme tous les conflits mondiaux.
Peut-être qu'il dormait finalement pendant les cours d'histoire-géo, c'est pour ça qu'il ne faisait pas sonner ses fils.
Il rit encore en attrapant mon autre main.
- Ouais je sais, mais j'm'en fou. Se battre, ça fait partie de nos libertés et la force ça sert à ça : défendre nos idées et protéger des peuples.
Ma mâchoire menace sérieusement de s'écraser sur le sol. Je suis choquée.
CHO-QUEE.
- Shishiii.
Et ça le fait rire. Mes jambes me lâchent et je tombe sur le sol. Est-ce qu'il a vraiment dit ça ? Pour de vrai ? Je lève la tête, ébahie pour vérifier qu'il est bien là, que je n'ai pas rêvé sa réponse. Mais la vérité est indéniable.
Luffy se met à ma hauteur, prend mes mains et m'aide à me relever. Ses pouces caressent doucement mes phalanges et j'ai toujours la sensation d'être dans un rêve. J'inspire profondément et retire mes mains des siennes pour aller les déposer sur son torse. J'agrippe son t-shirt et me rapproche de lui.
- Laisse-moi un tout petit peu de temps, rien qu'un peu et je te raconterai tout. Mais attend moi encore un peu. S'il te plait Luffy.
Mes yeux vissés dans les siens, je le vois arborer l'air le plus sérieux du monde.
Il lève ses bras et j'entends son cœur battre sous sa poitrine contre la paume de ma main. Puis il vient déposer ses mains sur mes joues et doucement rapprocher ma tête de la sienne. Je suis plus petite et je me laisse faire, totalement envoutée par cette proximité chaleureuse qui est née entre nous. Il vient caler son front contre le mien, nos nez se frôlent et je sens son souffle chaud sur mon visage. Mes mains se décrispent et glissent instinctivement vers sa nuque pour l'une, et ses pectoraux pour l'autre.
Ses mâchoires se contractent et il soupire longuement.
Je sens la tension dans ses doigts s'intensifier et sa respiration s'accélérer.
- Prend ton temps, parce qu'une fois que tu seras prête, je te lâcherai pas.
Un léger rire s'échappe de mes lèvres, je sais qu'il pense sérieusement ce qu'il vient de dire. Mes doigts parcourent sa mâchoire, ça sonne comme une promesse.
- D'accord.
J'hoche la tête, les yeux fermés à me laisser bercer par cette étreinte.
Nous restons ainsi plusieurs minutes jusqu'à ce qu'un éternuement vienne perturber cette harmonie.
- Shishishii… aller, viens, je te ramène chez toi. Ta mère doit s'inquiéter.
C'est fort probable, même quasiment certain d'ailleurs. Je sursaute et tapote frénétiquement sur mon clavier pour lui envoyer un message. Il n'est pas si tard mais la nuit est déjà bien tombée. Je range mon téléphone quand c'est celui de Luffy qui sonne.
- Ace ? … Ah ! oui c'est vrai.
Il glisse un œil vers moi, m'attrape par les épaule et dépose son bras autour de mon cou.
- T'en fais pas je serai là c'est bon.
Luffy raccroche et remballe son téléphone dans sa poche avant de venir m'enlacer de son autre bras.
- Tu as rendez-vous ?
Mes mains sont décidément aimantées à son torse.
- Si on veut, on donne un concert ce soir un peu plus tard et les répèt vont commencer.
Un concert !? J'agrippe son t-shirt ! il me dit ça comme ça ?!
- A la base j'étais censé venir essayer de t'inviter. Mais t'as froid alors j'hésite… j'aimerai quand même bien que tu viennes.
Je vois ses sourcils se froncer, il hésite sérieusement là. A trop réfléchir il me serre encore plus contre lui.
- Tu sais, je peux aussi passer chez moi me changer et vous rejoindre…
- Oh ! super !
Donc il n'y avait vraiment pas songé.
- Shishiiii
Je tapote un peu joues et il rit davantage. Comment résister ? Évidement que je me suis mise à rire aussi.
Nos rires remplissent la ruelle sous le clair de lune tandis que nous rentrons jusqu'à chez moi. Devant le portail, Luffy enfourne ses mains dans ses poches et se penche à ma hauteur.
- Je t'enverrai un message pour te donner l'adresse et l'heure. Si tous se passe bien, Ace a aussi prévenu Akira.
- D'accord, je l'appellerai pour être sure.
- Shishiii… à tout à l'heure Lilly-chan
J'allais répondre quelque chose mais il me coupe l'herbe sous le pied. Ce mesquin de Luffy. Impossible de prononcer un mot, mes lèvres son hors service tandis que les siennes sont posées sur ma joue. Un joli son accompagne son baiser et j'ai l'impression de me liquéfier sur place.
Bon, maintenant faut assurer !
Devant le miroir, j'ai probablement déversé la moitié de mon armoire sur mon lit (et ses alentours…). C'est une vraie quantité.
Qu'est-ce qui serait le mieux ? par cette chaleur en plus …
- Raaaaaah ! Chier !
Je me jette sur le lit et me cogne au passage contre plusieurs cintres. Eh dire que j'ai dit à Akira d'être elle-même, me voilà à me prendre la tête pour une tenue stupide.
Zou ! on va régler cette affaire vite fait ! De la couleur sur mes joues et sur mes lèvres, un peu de noir à mes yeux. Puis j'enfile mon shirt taille haute préféré, le noir. Je chope mon crop-top à capuche et manches courtes super coloré. Au passage, la brassière au-dessus du soutif est un indispensable, puisque… bon, voilà « y'a du monde au balcon ». Le premier élastique qui traine fera l'affaire, histoire de vérifier si, même attachés, mes cheveux font du bruit ! Des jolies boucles d'oreilles et c'est ti-par !
J'attrape ma veste en jean over size qui traine dans l'entrée et vais faire coucou à ma mère dans sa chambre. J'ai pas intérêt à dire que j'ai froid dans la soirée !
J'entrouvre la porte et je la vois, en visio avec mon père. Elle a ses écouteurs alors je ne n'entends pas vraiment ce qu'ils se disent mais elle rit, de tout son cœur. Je la vois qui s'agite et qui fait des gestes rigolos. Ils sont si complices. Malgré la distance. Malgré tout. Je dois être super émotive, ce n'est pas la première fois que je les vois ainsi mais là, je me plais sans doute à rêver que ça puisse m'arriver aussi.
Je sautille jusqu'au trottoir et papillonne dans les rues.
Eh dire qu'i peine une heure je bavais, seule et triste, sur ma grille de mots croisés.
- Shishishi !
Je pouffe dans la manche en jean de ma veste : le groupe « ASL » ! Ace-Sabo-Luffy. Ils sont pas allés chercher bien loin ce nom, mais je dois dire que ça leur va bien.
- Asleuh.
Impossible de m'arrêter de rire ou de décrocher ce sourire qui m'est revenu sur le visage. Déserteur va ! tu avais fui ! mais te revoilà, j'espère te garder encore un bon moment.
Mon téléphone vibre : Luffy m'appelle.
- Gotcha ?
- Lilly ! On est au « Party's Bar » c'est rue Fushia, tu pourras pas le louper !
- D'accord ! J'ai essayé d'appeler Akira mais elle ne m'a pas répondu …
- T'en fais pas, elle viendra ! Shishishi
- Mouais …
- Tu viendras devant hein !
- Pourquoi ? Y'aura rien d'intéressant sur scène …
- Shishishiii ! rapplique !
Luffy et sa confiance légendaire. Il a vraiment le don de rassembler les gens. Je prends donc mon petit corps et le trimbale jusqu'au « Party's Bar ». Devant la façade recouverte de néons qui crépitent, je me dis que, franchement, pour une île pas si grande, Rough Tell dispose de beaucoup de bars ! Il n'y a pas de file alors j'en profite pour rentrer directement.
A l'intérieur, aucune table ou alors collée au mur, mais en tout cas, aucun siège à part des tonneaux hauts (inaccessibles pour les gens comme moi …). Il y a déjà une musique qui passe et qui remue les basses et les enceintes accrochées partout aux murs. Je m'adosse au bar, de là j'ai une bonne vue sur la scène.
- Bonsoir…
J'hausse un peu la voix et je vois remuer derrière le comptoir du bar.
- Oh ! Vinsmoke-san !?
- Lilly-swaaaaan !
Mon camarade a une coupe de cheveux légèrement différente.
- Tu t'es fait beau Vinsmoke-san !?
Le blond rougis avant de grimper sur le comptoir et de taper du pied.
- VOUS ENTENDEZ CA ! Pour la peine Lilly-swan, demande-moi ce que tu veux !
- Shishishiii ! suprend moi !
De la fumée sort de ses narines tandis qu'il commence à courir partout et à secouer des bouteilles aux liquides colorés.
Il y a déjà pas mal de monde dans le bar, il se remplit peu à peu. Je sirote tranquillement le cocktail préparé par Vinsmoke-san (qui a hurlé à qui voulait l'entendre qu'il ajouterait une recette à la carte). Ma tête se balance au rythme du beat de la musique qui passe, je m'ambiance peu à peu. A bien y réfléchir, je suis super contente d'être là, surement l'effet de la rencontre avec Luffy. L'entendre, le toucher, cet instant m'a enlevé tant de poids sur les épaules et j'ai vraiment envie d'aller de l'avant. De courir comme une folle vers l'avenir.
En parlant de folle, toujours aucune nouvelle de ma folle préférée à la crinière écarlate… Qu'est-ce qu'elle peut bien faire ?
- Oh, une fille de poche sortie de sa poche.
Au travers du brouhaha de plus en plus assourdissant, je distingue la voix de Izou-sempaï. Il vient glisser sa tête sur mon épaule. Il sent légèrement l'alcool.
- T'es venu lancer ta lingerie sur scène ? Je lui réponds en plaisantant.
- Peut-être, mais surtout pour veiller sur ce qui est à moi.
- Sur ton joli trésor blond…
J'ai dit ça spontanément mais c'est vrai qu'il ne sait pas que je sais pour lui et Izou-sempaï. Il se contente de me sourire en coin et de pouffer de rire dans sa manche. C'est évident qu'il ne pas nier, il a pas intérêt, j'ai versé trop de sang pour qu'il nie cette idylle de rêve. CE COUPLE INFERNAL !
- Ça te dis une petite visite backstage ?
- Ooooow …
- Tu es une privilégiée.
Il me tend sa main et je le suis. On bouscule des gens au hasard mais tant pis, ce soir tout m'amuse. La musique ne s'arrête pas mais plus on s'éloigne de la salle plus je n'entends que les basses. Izou-sempaï m'entraine dans une enfilade de couloirs jusqu'à une petite porte en poids avec une feuille scotché : « ASL ». Ces lettres balancées à la sauvage, pas besoin de me dire qui est le responsable de ce massacre. Izou-sempaï toque à la porte et secoue la tête, comme pour dire « c'est peine perdue, ils n'écoutent personne ». Nous rentrons tous les deux.
La loge est petite, elle est remplie des trois frères.
Assis à califourchon sur l'accoudoir du canapé, Luffy martèle ses baguettes de batterie frénétiquement et pourtant dans un certain rythme. Il porte un jean slim noir troué, c'est bien la première fois que je le vois ainsi habillé. Son marcel rouge laisse toute la musculature de ses bras à découvert. Je farfouille frénétiquement dans les poches de ma veste à la recherche de mouchoir mais Izou-sempaï m'a vue venir et agite sous mon pauvre petit nez un carré de tissu salvateur.
- T'es là !
Luffy me fait coucou et mon nez n'en fini plus de couler. Luffy. S'est. Coiffé ! Je découvre seulement que j'ai secrètement toujours rêvé de le voir avec ces mèches faussement ordonnées et légèrement gominées. Il a plaqué un côté de ses cheveux et laisse certaines mèches dégringoler dangereusement sur son front, au raz des cils.
- 'E suis 'a …
Il me tend ses bras et comme une godiche j'avance jusqu'à lui. Pas moyen de résister, pas non plus envie. Il m'attrape d'une main par la taille et n'en finit plus de sourire et de rire. J'ai les bras vissés le long de mon corps. J'ose pas le toucher, il est trop beau.
- Newgate-san.
- Oh ! Portgas-san !
Derrière sa guitare, Portgas-san apparait, lui aussi mieux coiffé qu'à l'ordinaire ! Et surtout vêtu d'un pantalon slim en skaï ! D'un marcel noir ample, on voit la marque légère de ses côtes… Il porte le collier qu'il avait prêté à Akira : celui fait de perles rouges étincelantes. Je sais pas comment Akira va faire pour supporter cette vision, j'en suis déjà à mon quatrième coton.
- Mmh …
Tout mon épine dorsale frémi. Ça … CA … c'est le bruit du baiser entre Izou-sempaï et Sabo-sempaï.
Je vais pas tenir.
- Bop
Ça … c'est le bruit de Luffy qui s'amuse à retirer mes cotons-défense.
- T'as frois ? T'es malade !? mange de la viande !
La méthode Luffy, évidement.
D'ordinaire j'aurai (dans ma tête hein) tapoté le haut de son crâne mais il est trop bien coiffé pour ça. Du coup je lui tape l'épaule. Son visage se défait en l'espace d'une seconde, ce n'est visiblement pas ce à quoi il s'attendait. Il me revisse mes cotons sanglants dans les naseaux et reprend ses battements frénétiques.
J'en profite pour glisser mes yeux sur ce couple qui n'en finira pas de me hanter. De l'autre côté du canapé, Sabo-sempaï est assis sur l'accoudoir (à croire que c'est un truc de frères). Izou-sempaï est glissé entre ses jambes ouvert et parcourt les bras de sa « propriété » blond doré. Sabo-sempaï jongle avec le micro sans pour autant quitter Izou-sempaï des yeux. Il réclame tout le temps des baisers.
En même temps, je sens une main agripper la poche arrière de mon jean.
Ça aussi ça doit être un truc de frère : réclamer de l'attention.
Du coin des yeux, Luffy guète ma réaction la mine boudeuse. Eh dire qu'il y a peu je n'osais pas le regarder en face. Même si tout n'est pas « réglé », je ne veux plus rien m'interdire. Surtout quand ça le concerne.
- Pas trop stressé ?
Je fais un pas en arrière et vient presque imiter Izou-sempaï en me glissant toute proche des jambes de Luffy. Je pose ma main sur son genou apparent sous les trous de son jean. Il s'est arrêté de marteler ce pauvre accoudoir et me regarde avec intensité.
- Ça … ça dépend de ce que tu proposes.
Luffy se racle la gorge et replaque un peu plus sa mèche.
- Hein ?
Je m'aperçois alors que de son genou, ma main a atterri sur sa cuisse… dangereusement à la rencontre de son entre-jambe. Je m'empresse de la retirer et de chasser les bouffées de chaleur qui commencent à dégouliner par mes narines.
- Bon courage !
C'est presqu'en courant que je m'enfui de la loge. Elle était décidément beaucoup trop dangereuse pour moi ! Sur le chemin du retour vers la salle du bar je me gifle frénétiquement.
N'importe quoi.
Impossible de mettre le doigt sur le bouton « off » de mon cerveau, il n'en finit pas me repasser la scène et d'en inventer des suites à vitesse grand V.
J'enfonce mes doigts dans le bois du comptoir.
- Donne-moi de l'eau, un seau d'eau glacée !
Vinsmoke-san s'exécute sur le champ.
- Je vais pas survivre…
Tandis que j'éclate le seau d'eau glacée sur le comptoir je sens qu'on me tire la capuche. Je recrache ce qu'il me restait dans la bouche. Si c'est encore Luffy, ma tête ma exploser
- Lillynette …
Oh ! la grande disparue de la soirée ! La voici la voilàà Aki…KOUA ?
Mes yeux s'écarquillent…
- Akira !? Mais qu'est-ce que tu as fait !?
Point de vue Akira :
Je sors de la douche. L'eau gelée, excellente pour la circulation du sang, m'a fait un bien fou. C'est qu'il fait une chaleur presque caniculaire dehors, tous les moyens sont bons pour se rafraîchir un peu. Tandis que je sèche mon épaisse chevelure rouge, je distingue mon portable en train de sautiller sur le lavabo. Ça y est, le soleil a cramé mes dernières neurones et tout ce que je vois ne sont plus que des hallucinations ?! Nami m'avait pourtant conseillé hier de garder mon chapeau lorsque je suis allée me baigner dans l'océan ! Depuis le début des vacances d'été, nous, les « VLAN » parvenons à nous voir quasiment tous les jours. C'est quoi les « VLAN » vous me demandez ? Et ben c'est simple : Vivi Lilly Akira Nami. C'est moi qui l'ai inventé, c'est chouette non ? Pourquoi vous levez les yeux au ciel ?!
Je secoue mon visage. Voilà que je me mets parler à des personnes derrière leurs écrans, je suis véritablement victime des rayons cuisants du soleil. Je m'approche craintivement de mon mobile à l'instant même où il cesse de faire des galipettes. Oh ! Je comprends alors que je me suis fourvoyée. On m'a juste envoyé des messages en rafale. Mon cœur bondit jusqu'au plafond lorsque je discerne le nom du destinataire de tous ces SMS.
« La Belle aux bouclettes ».
C'est comme ça que j'ai nommé Ace dans mon portable.
Le garçon que j'aime.
J'ai mis longtemps à mettre des mots sur ce que je ressens pour lui, il a fallu qu'on m'aide, je n'ai rien pu faire seule. Tout à fait sens en moi, toutes les pièces de mon puzzle interne se sont emboîtées. Nami l'a dit : il y a de grandes chances pour que nos sentiments soient réciproques. Seulement, Lilly a également précisé quelque chose que je ne risque pas d'oublier.
« S'il garde ses distances malgré des sentiments évidents pour toi, c'est qu'il doit y avoir une raison. »
Elle n'a pas tort. Si Ace s'est montré froid après notre baiser c'était probablement pour m'éloigner de lui. Je n'ai pas arrêté d'y penser depuis notre week-end à Alabasta. Tout comme Lilly, Ace se considère comme un monstre. Dans son cas j'ignore pourquoi et je suis prête à l'écouter. Depuis longtemps. Mais je ne dois pas lui forcer la main. Lillynette a raison. C'est lui qui doit venir à moi car il est dos au mur et moi de mon côté je ne peux plus faire un pas de plus sous peine de lui rentrer dedans et de tout casser. Je dois attendre. Et j'ai attendu depuis cette soirée au palais de Vivi. Je me suis fait violence pour ne lui donner aucune nouvelle. Ça c'était un conseil de Nami. Je la revois avec son grain de malice me souffler à l'oreille :
Faut savoir se faire désirer dans la vie. Tu connais le diction « Fuis-moi je te suis ? »
Et le voilà qui m'envoie... huit messages ?!
De la Belle aux bouclettes :
« Salut. »
« Sabo aimerait beaucoup que tu viennes à notre concert ce soir. »
« Ça se passera au « Party's Bar », rue Fushia. »
« Les groupes commencent à jouer à partir de 21h. »
« Nous on passe en dernier. »
« Enfin, t'es pas obligée de venir. »
« Mais ça lui ferait plaisir de te voir. »
« Fais comme tu le sens. »
Des sentiments opposés me traversent. Une joie intense mêlée à de la frustration. Est-ce vraiment Sabo qui souhaite que je vienne assister à leur concert ? Je revoie comme si c'était hier les SMS qu'Ace avait envoyés à Nami lorsque nous étions à Alabasta. Je les connais par cœur pour les avoir tracés avec mes doigts. « Et dis bonne nuit à Akira. » « Mais pas de ma part, juste bonne nuit ». En fait, c'est lui qui voudrait que je vienne ce soir, non ? Mon instinct me hurle que j'ai vu juste. J'attrape mon portable et écris à toute vitesse :
De Akira :
« Moi aussi j'ai très envie de te voir. A ce soir. »
Lorsque j'appuie sur « envoyer » je sens mon cœur regagner mon corps pour valdinguer contre mes côtes. J'ai l'impression d'être très... entreprenante. Mes joues chauffent à cette pensée. Est-ce que c'est vrai ? Je vais revoir Ace ce soir ? J'ai l'impression qu'une éternité s'est passée depuis la dernière fois où nous nous sommes croisés. Raaaah je vais devenir folle à force d'attendre ! Il faut que je m'occupe. En pénétrant dans ma chambre, une serviette sur les épaules, je me rappelle que je dois rendre impérativement aujourd'hui les livres que j'ai empruntés à la bibliothèque. Je n'ai pas eu le temps avant étant donné que je passais mes matinées avec ma mère et mes après-midi avec les filles. Parfait, voilà de quoi occuper mon esprit !
/
Je m'attable en posant un pavé intitulé « Amour, mode d'emploi ». Me changer les idées, tu parles ! Je n'arrête pas de penser à ce soir ! Comme je n'ai pas envie de me sentir gauche, je dois m'instruire. Alors que j'ai à peine ouvert le livre, une fille assise en face de moi se penche de mon côté :
- Hé ! Mais ce ne serait pas la future Reine du lycée ?
Je relève les yeux vers elle. Encore cette histoire de Reine ? Usopp avait déjà évoqué le sujet lors de notre voyage scolaire. Je plisse le nez. Faut qu'ils arrêtent avec cette histoire, je n'ai pas envie de me mettre Hancock à dos. Puis lorsque je découvre le visage de mon interlocutrice tous mes traits se détendent. Oh, cette fille ! Des boucles noires remontées en deux couettes et des taches de rousseur. Elle me fait penser à Ace. Je me suis déjà fait cette réflexion en la croisant dans les couloirs du lycée. Il me semble qu'elle s'appelle Ishilly et qu'elle est en terminale mais pas dans la même classe de Sabo.
- Quoi quoi QUWOII ? La Reine ? Où ça ?! fait une jeune fille assise à sa droite.
Ses courts cheveux verts tressautent lorsqu'elle regarde dans toutes les directions hormis dans la mienne. C'est une seconde, du coup je ne sais plus son nom. La dénommée Ishilly lui visse la tête dans ma direction.
- Droit devant toi, Camie.
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! s'égosille la concernée en tirant une grimace qui ferait de l'ombre à celles de Luffy et d'Usopp. C'est Hancock-san ?! Qu'est-ce qu'elle a changé !
- Mais non hihi, pouffe Ishilly d'un air attendri. C'est Crimson Akira, celle dont tout le bahut parle. Tu te souviens ? Elle a...
Mal à l'aise je décide de dévier mon intérêt en faisant une fixette sur le livre posé entre elles d'eux. Je soulève la couverture. « Quelle nage pour quel muscle ? » Oh ! Feraient-elles partie du club de natation ? J'ai entendu dire que les filles de ce club nageaient si vite qu'elles ressemblaient à des sirènes. Elles seraient même les championnes nationales de l'année précédente. Ooh si ça se trouve j'ai face à moi deux sportives de haut calibre ! Ishilly allonge son bras pour analyser à son tour la couverture de mon livre. Oh-oh. Un large sourire agrandit ses jolies joues tachetées :
- Comme c'est adorable, ça me donne presque envie de te faire un gros câlin alors qu'on ne se connaît pas.
- L'amour ! réplique à son tour Camie en décryptant le titre ! Dans ce sujet tu es une championne, Ishilly !
Je plonge mes prunelles dans celles couleur réglisse de mon aînée. Elle me sourit toujours, et a l'air à la fois fouineuse et bienveillante. J'ouvre ma bouche et la referme aussitôt. Attendez, vais-je vraiment m'épancher auprès de quelqu'un que je ne connais pas ? Ça me semble tellement incongrue et improbable... Pourtant j'ai le sentiment qu'il est plus facile de se confier à une personne qu'on vient de rencontrer. Comme elle ne me connaît pas elle ne peut pas me juger et ses réflexions seront totalement objectives. Et puis son prénom ressemble à celui de Lilly... Je déclare alors d'une voix un peu trop forte :
- Je suis amoureuse de quelqu'un qui ne veut pas m'accorder sa confiance. J'ai fait de mon mieux pour le soutenir mais il m'a repoussée. Je lui ai laissé du temps, j'ai gardé mes distances, mais je vais être amenée à le voir ce soir. Du coup je... je ne sais pas comment je devrais me comporter...
Des « chuuuuuuut » retentissent dans la pièce. Le sourire d'Ishilly fait maintenant remonter ses yeux. Elle se recule contre le dossier de sa chaise et enroule son doigt dans ses cheveux. Elle est vraiment belle. Elle dégage un assurance proche de celle de Nami.
- Tu es à croquer Crimson-chan, heureusement pour toi que je suis en couple sinon ton beau mâle aurait de la concurrence !
- Euh... Merci ? dis-je ne sachant que répondre à ça.
- En tout cas laisse moi te donner ce conseil : si tu veux le voir craquer tu dois le faire avec ça.
Elle me désigne discourtoisement du doigt.
- Avec... moi-même ?
- Oui, et plus précisément avec ton apparence.
- Ce n'est pas un peu réducteur ? fait innocemment Camie en levant le doigt comme pour prendre la parole. Je crois que ce que nous sommes intérieurement est plus important que notre image.
- Crois-moi petit Camie, l'apparence est primordiale. Une bonne partie de notre intérêt est déclenchée par elle. Il faut prendre soin de son corps, de sa tenue vestimentaire, de l'image qu'on renvoie pour pouvoir plaire. Dans la vie, on ne sait pas quand il y aura des opportunités et ce soir pourrait en être une pour toi, bichette. Alors sois au top !
Elle dégage un tel charisme que je ne peux qu'engloutir ses paroles sans les mâcher. Je ne m'étais pas rendue compte mais je suis presque aplatie contre la table tellement je suis captivée par ce qu'elle m'explique.
- Comment ? je fais envieuse d'en savoir plus.
Ses yeux noirs se promènent sur moi et elle répond sans se départir de son sourire :
- Tu es jolie comme un cœur, ta candeur a dû lui taper dans l'œil. Mais ce soir tu devrais le surprendre. Réveille la femme fatale qui est en toi, sois sexy !
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAH Ishilly ! hurle Camie. On avait rendez-vous avec les filles du club à 16h, nous sommes en retard !
- Hi hi, tu es tellement rigolote Camie. Allons-y, j'ai très envie d'une glace. Bon courage pour ce soir petite pomme d'amour !
Elle m'embrasse sur la joue et déguerpit en compagnie de son amie. Je reste immobile, à ressasser les derniers mots employés par Ishilly. Réveiller la femme fatale qui est en moi. Être sexy.
Me voilà bien.
Cela me semble être une épreuve encore plus irréalisable que l'examen de mathématiques.
/
Je fais les cent pas devant la chambre de ma mère. Elle est sortie tout à l'heure pour aller boire le thé au Moby Dick. Ces derniers temps elle n'a pas fait de trop longues crises, je commence à me sentir un peu plus à l'aise avec elle. La maison est donc vide, puisqu'elle est partie rendre visite à Nina et que mon père est toujours en séminaire à l'autre bout du monde. D'ailleurs en parlant de lui, je me demande qui assure ses fonctions de maire ? Raaaaah Akiki ! CE N'EST PAS LE MOMENT DE PENSER A CA, L'HEURE EST GRAVE !
Je soupire longuement en me tenant la nuque. Je suis tellement tendue et ce que je m'apprête à faire ne va pas m'aider à me décrisper, loin de là. Allez, il est bientôt dix-neuf heures, je vais finir par être en retard !
Mon portable vibre.
De Luffy :
« Yo Akira ! Je te « clap » la main même à distance ! Ça va être le feu ce soir shishishi ! Je parie que Lilly viendra en jupe ! »
« Shishishi ». A croire que ce garçon rigole même par écrit. Le fait d'apprendre que ma meilleure amie est également invitée me ravit au plus haut point. Sa présence remplit mon monde de mille et une couleurs, même quand je suis stressée au point de faire craquer ma culotte. Je réponds aussitôt, un sourire vissé sur mes lèvres :
De Akira :
« Yo Luffy ! Clap de main bien reçu ! Moi je dis que Lilly mettra son short noir, c'est son préféré. »
Bon allez Akiki, il faut que tu t'actives. Je pénètre dans la chambre de ma mère et me dirige droit vers l'armoire. Je l'ouvre en grand et suis ébahie par toute cette quantité de fringues. Je ne me souvenais plus que ma mère en disposait autant, elle qui ne fait plus attention à son apparence. J'ouvre un tiroir au hasard et tombe sur de la lingerie... euh... coquine. Je saisis du bout du doigt un soutien-gorge comme si j'avais peur qu'il me brûle. Même si je le voulais je ne pourrais jamais porter ça, elle fait un bonnet de plus que moi. Je referme le tiroir, les joues rouges, et me focalise sur les habits.
Je me connecte à internet sur mon portable et pianote d'un doigt tremblotant « femme sexy ». Je tombe alors sur des images qui me font défaillir. Je dois me retenir à la porte de la penderie pour ne pas faire une malaise. Je... je ne pourrais jamais ressembler à ça ! Je ne suis pas aussi charmante que ces femmes !
Je redresse le menton et rencontre mon reflet dans le miroir. La voix envoûtante d'Ishilly résonne encore à mes oreilles. « Tu es jolie comme un cœur ». Le pensait-elle vraiment ? Elle n'avait pas l'air de mentir. Ace cédera-t-il si je suis un peu plus... élégante ? Que pensera-t-il s'il voit que je fais des efforts pour lui ? Ça lui fera plaisir ? Seigneur, ces pensées et ces sentiments sont tellement nouveaux pour moi, j'ai encore du mal à saisir que tout cela est bien réel.
Ishilly a raison. Cette soirée est une opportunité, je dois tenter ma chance. Comme si je m'apprêtais à me battre, je fais craquer mes poings en lorgnant sur les vêtements de ma mère.
A nous deux, la mode.
/
Akira VS La mode : 1 – 0. Enfin je crois...
Mes jambes vacillent à chaque pas et l'inévitable se produit : ma cheville part sur le côté. Ouille ! Un peu plus et je me la tordais. C'est que ces chaussures à talons sont diablement vertigineux ! Ma mère et moi faisons la même pointure mais ça ne me facilite pas la tâche pour autant. Je n'en avais jamais portées, j'ignorais que c'était aussi compliqué de déambuler avec. J'éprouve alors un respect considérable pour toutes les femmes du monde qui en chaussent. Vous êtes fabuleuses.
En passant devant une voiture j'en profite pour faire une pause mais aussi pour contempler mon reflet. Je n'arrive toujours pas à croire que c'est moi. Je suis affublée d'un cache cœur couleur fraise dont le décolleté descend jusqu'en dessous de mes seins. J'ai lu qu'il ne fallait pas porter de soutien-gorge avec ce type d'habit. Une mini-jupe en cuir me ceint la taille. Elle est si courte que je ne peux pas me baisser sous peine d'exhiber mon postérieur à la vue de tous. Je n'ai pas emmené de veste, nous sommes en plein été et je ne suis pas frileuse. Quant aux cheveux, ça m'a pris une bonne heure pour me faire un chignon plus ou moins décent. Ça me fait tout drôle de ne sentir aucune masse sur mes épaules. Pour finir le maquillage euh... J'ai le sentiment d'en avoir trop fait mais peut-être est-ce juste une impression ? Qu'est-ce que vont en penser les autres ? Que va dire Ace ? Déjà, va-t-il vouloir m'adresser publiquement la parole ?
Je consulte mon portable pour vérifier s'il a répondu à mon message de tout à l'heure. Rien, le vide intersidéral. Par contre...
- C'est pas possible !
Je suis... comment dire... à la bourre totale ! Il est déjà 21h20. J'essaie de presser le pas mais c'est tout bonnement impossible avec des échasses pareilles ! Akira VS La mode : 1 – 1. Saloperiiiiiiiiie ! Oh, on me saisit le bras, je chancelle un peu plus.
- Où tu vas comme ça ma mignonne ? m'apostrophe un homme. Dis tu veux pas faire un tour dans ma bagnole ? J'ai de quoi payer si tu veux.
- Laisse-moi tranquille !
Mais l'homme n'est pas décidé à me rendre ma liberté.
- Allez, on va bien s'amuser tous les deux !
Je me rappelle que je suis très en retard et la colère enfle en moi. Je saisis l'individu malhonnête par le col et le plaque durement contre un mur en brique. Dire qu'il est estomaqué par ma force est un euphémisme. J'approche mon visage du sien et articule méchamment :
- Lilly m'attend, alors ne me retarde pas une seconde de plus, pigé ?
Effrayé il hoche la tête. Je le relâche et il se retrouve les fesses à terre. Je poursuis mon chemin en me disant que je suis vraiment angoissée pour m'être adressée de la sorte à quelqu'un.
/
- Akira !? Mais qu'est-ce que tu as fait !?
Oh-oh. A en juger la mine épouvantée de Lillynette, ma tenue ou mon maquillage ne sont pas à son goût. Ou bien les deux. Et en matière de mode, je crois bien que je pourrais décerner la palme d'or à la blanche. Déçue par moi-même je baisse la tête mais elle la relève avec son doigt. Je prends mon courage à deux mains pour lui demander :
- Je ne suis pas mignonne ?
Ma question adoucit un peu ses traits choqués. Elle allait surenchérir mais c'était sans compter l'entrée fracassante de nos deux amies. La rouquine passe un bras autour du cou de la blanche :
- Hello Lilly, salut Aki...KOUAAA?!
- Qu'est-ce qui t'es arrivée ?! s'enquiert Vivi.
A leurs mines affolées je peux en conclure que j'ai fait une erreur. Je promène mes yeux sur la salle. Une grande majorité me reluque de haut en bas. L'envie de disparaître sous terre me saisit et un grand froid s'insinue en moi. Je vois bien qu'elles attendent une explication à mon dévergondage du coup je balbutie :
- Je voulais juste...
J'arque un sourcil. En l'espace d'une seconde, leur comportement est devenu pour le moins singulier. Lilly fait un « NON » compulsif en secouant son visage de droite à gauche, Vivi réalise le même mouvement avec ses prunelles et Nami forme une croix avec ses avant-bras. Qu'est-ce qui leur prend ? C'est une chorégraphie pour se mettre dans l'ambiance de cette soirée ? Ou bien est-ce la journée du « Non » ? Je reprends d'une voix un peu plus forte :
- J'avais envie de me faire jolie pour Ace.
Et alors, de concert, leurs six yeux convergent au dessus de mon épaule. Je me retourne prestement et... Ah oui. Je vois. Évidemment. Les signaux d'alerte de mes trois amies me reviennent. Je n'avais vraiment vraiment VRAIMENT pas compris !
Ace. Il se tient juste derrière moi et il serait fortement naïf de croire qu'il n'a rien entendu. Ses sourcils ont atteint la racine de ses cheveux et il a l'air trèèèès étonné. Peut-être même encore plus que mes trois amies réunies lorsqu'elles m'ont aperçue tout à l'heure. Est-ce qu'il est stupéfait par ma phrase ? Ou par mon allure ? Ou les deux conjugués ? Pitié, faite qu'un trou se forme sous mes deux échasses ! Des sifflements détournent mon attention de lui. Ils proviennent d'Izou qui se tient juste à côté.
- Je vois que Crimson-san a sorti le grand jeu ! Ace, mon garçon, tu ne crois pas qu'il serait temps de...
Pour illustrer la fin de sa phrase, il agrippe les fesses de Sabo de façon bougrement suggestive. Le blond se met à rire aux éclats et lui administre un coup de coude faussement gêné. Luffy est également là et se contente de me sourire comme pour m'encourager. Il n'a pas l'air surpris par mes propos, comme s'il avait déjà compris mes sentiments pour son frère aîné. Et il y a de fortes chances pour qu'il l'ait réalisé avant moi. Ace fronce les sourcils et il s'apprête à rétorquer quelque chose de désobligeant lorsqu'il est arrêté par Lilly. Elle ne bouge pas, le fusille simplement du regard en mode « Ose dire un mot blessant et tu auras affaire à moi ». Et, croyez-moi, il faudrait être sacrément effronté pour s'attirer les foudres de mon amie lorsqu'elle est comme ça.
L'attention de notre cercle est concentrée sur un Ace de plus en plus mal à l'aise. Il soupire, passe sa main sur son visage comme pour reprendre ses esprits et
il saisit mon poignet. Le contact de sa peau sur la mienne réveille des chenilles là où il me touche. Je sens les petits poils de mes bras se dresser.
- Viens, il faut qu'on parle.
Tous nos amis se mettent à l'applaudir, comme s'ils attendaient ça depuis deux éternités. Alors que nous nous éloignons, Nami nous lance :
- J'ai réservé la chambre 15 pour deux énergumènes. Allez-y, ils ne viendront pas maintenant !
De qui elle parle ? Une chambre ? Dans un bar ? Je ne pensais pas cet établissement si grand. Attendez, une CHAMBRE ?! Même moi je vois le sous-entendu. Je rougis jusqu'aux oreilles avant de me rappeler que ce ne sont pas les intentions d'Ace. Il veut me parler. Et en vue de l'air agacé qu'il a affiché, je présage que ça ne va pas me réjouir. Lilly peut déjà préparer son courroux à déverser sur lui.
Il m'entraîne dans la chambre réservée pour « on-ne-sait-qui » et referme la porte derrière moi. Il me lâche, allume une lampe que je trouve un peu trop tamisée et se plante face à moi. Il me considère avec attention et je me sens plus nue qu'un ver. Tout à coup, ce décolleté me parait vulgaire et cette mini-jupe beaucoup trop courte. Je ne pensais pas être pudique un jour. Alors que je m'apprêtais à cacher ma poitrine, il s'avance et passe son pouce sur mes lèvres. Il enlève ainsi une bonne couche de rouge à lèvres carmin.
- Ça ne te va pas.
Une puissante amertume me gagne lorsque je me rends compte que tous mes efforts n'ont servi à rien. Les bras ballants, je contemple mes pieds et prends sur moi pour ne pas pleurer. Pas maintenant. Mes émotions sont toujours décuplées quand il est là, c'est parfois énervant. J'ignore ce qu'il lit sur mon visage mais cela semble l'affecter puisqu'il s'enquiert doucement :
- Pourquoi tu as dit ça ?
- Quoi donc ?
- Que tu t'étais faite jolie pour moi.
Il prononce ces mots d'une petite voix et sans me regarder, comme s'il ne me croyait pas. Ou comme s'il voulait vérifier la véracité de mes propos. Je ne réfléchis pas, la réponse vient aussitôt envahir ma bouche :
- Quelle question ! C'est parce que je le pensais !
J'ai à peine poser un point d'exclamation à ma phrase qu'il se tourne de nouveau vers moi. Il m'observe un long moment avant de ricaner doucement :
- C'est dingue, même dans ces circonstances tu es toujours aussi honnête.
Le voilà qui sourit. C'est encore faible, mais ça me fait un bien fou de le voir avec cet air là. J'ai l'impression que ça fait un siècle que ça n'est pas arrivé. L'envie irrépressible de tirer ses joues tachetées pour élargir sa gaieté me prend mais je me retiens. Après quelque secondes, il reprend d'une voix étonnement plus froide :
- Regarde la vérité en face Crimson-san, une bonne fois pour toutes. Il y a pleins d'autres mecs qui te méritent plus que moi.
- D'accord, dans ce cas j'irai voir Kid dès demain.
Mentalement je m'excuse immédiatement auprès de l'élève aux cheveux de feu. Je viens à peine de lui demander pardon pour mon comportement à l'anniversaire de Nami, ce serait bête de remettre de l'huile sur le feu ! Si j'ai utilisé son prénom c'est uniquement pour faire réagir Ace. Et a priori mon petit plan spontané fonctionne. Ses traits se tirent dans une douleur contenue et il ne sait pas quoi surenchérir à cette attaque frontale. Mon cœur bat un peu plus vite. Voilà la réponse. Celle qui me confirme que oui, effectivement, Ace éprouve quelque chose pour moi. Je poursuis en lui souriant :
- Qui décide de qui me mérite ? Je ne laisserai jamais personne choisir à ma place et voler ma liberté de penser. Ma liberté d'être moi.
Quelque chose s'illumine dans mon esprit et met en exergue mon erreur récente. Celle d'appliquer des conseils qui ne me correspondent pas. Les habits sexy, les talons hauts, le maquillage... Ce n'est pas moi ! Lilly m'avait prévenue. Être soi-même, c'est plus difficile qu'il n'y paraît. Je dénoue mon chignon et ma chevelure, délivrée, cascadent dans mon dos. Puis je balance mes talons qui vont se fracasser contre le pied du lit double. Oups, j'avais oublié qu'ils ne m'appartenaient pas. Pardon maman. Enfin je desserre ma jupe sous les yeux médusés d'Ace.
- Qu'est-ce que tu nous fais cette fois ?
Je décèle de l'amusement dans sa voix, une jovialité qu'il ne parvient plus à camoufler complètement.
- Je cherche celle que je suis.
Je renoue l'habit plus bas.
- Voilà ! Je vais enfin pouvoir m'asseoir !
- Ah ah ah !
Je m'arrête net, surprise de l'entendre rire aussi franchement. Les yeux pétillants, j'examine sa figure, la manière dont ses pommettes se rehaussent, ses paupières légèrement plissés par l'hilarité. Ce visage qui me fascine depuis le premier jour où je l'ai vu. Bon sang, comment est-ce que j'ai fait pour ne pas comprendre avant ce que je ressentais pour lui ?! Je note également que ses membres sont toujours tendus. Il se retient encore. Depuis toujours. Lui qui s'est toujours tenu à l'écart de toutes relations sentimentales, il doit souffrir le martyr à force de repousser les autres. Néanmoins son euphorie me rassure. Elle me souffle que sa carapace se fissure, tout comme celle de Lilly lors de notre virée à Alabasta. J'y suis presque. Cette pensée me donne des ailes. Les mains près du cœur, je chuchote :
- Tu sais Ace, il y a tant, tant, TANT de choses que j'aimerais te décrire, notamment sur ce que je ressens, ce que j'ai ressenti pour que tu puisses reconnaître que je suis sérieuse.
Je m'attends presque à ce qu'il me coupe la parole mais il n'en est rien. Il m'écoute avec attention sans se départir de son léger sourire. Je continue sur ma lancée :
- La première fois que je t'ai vu, j'ai cru que mon cœur allait s'arrêter de battre j'étais très inquiète. Je te jure, j'ai paniqué ! Et lorsque tu souriais, comme maintenant, ça faisait voler des papillons dans mon ventre, j'ai cru que j'allais tomber malade et louper les cours.
Il pouffe en balbutiant un « elle est pas croyable cette fille ». Moi aussi j'ai envie de rire mais je n'ai pas fini de lui dévoiler tout ce que j'ai sur le cœur :
- Contrairement à ce que tu t'imagines je ne supporte pas ta présence comme un fardeau mais plutôt comme une faveur que tu me fais. Et quand on s'est...
Est-ce que je peux vraiment lui sortir ça ? Comme il darde sur moi son regard profond, je sens mon embarras évoluer et gagner mes joues. Par réflexe, je rassemble mes cheveux sur mon menton pour me façonner une barbe et surtout une protection. Est-ce que je peux me montrer aussi honnête ? L'une de ses mains quitte le nid pour venir agripper doucement la mienne. Elle l'abaisse et m'invite à desserrer mon emprise. Il souhaite que je poursuive. Mes boucles retombent contre mon buste. La chaleur que diffuse sa main ébouillante mon hésitation et la pulvérise. Alors, ce sont les yeux dans les siens que je prononce ces mots :
- Et quand on s'est embrassés, je ne me suis jamais sentie aussi vivante. Et j'aimerais bien pouvoir recommencer un jour pour revivre ça.
Et ce que je vois alors me bouleverse au plus profond de moi. Dans les deux onyx, je devine tous les tourments qui empoisonnent sa vie. Et là, à l'entente de mes dernières phrases, une lueur nouvelle est venue éclairer ses démons pour les chasser. Les larmes inondent mes yeux et je ne parviens pas à les refréner. Ses prunelles sont également humides et je devine qu'il se fait violence pour se retenir de craquer devant moi. J'enchaîne avant que je ne parvienne plus à aligner deux mots :
- Et maintenant, je peux te certifier que je me tiens exactement là où je voulais être. Sache que j'attendrai le temps qu'il faudra.
- Le temps qu'il faudra pour quoi ?
Ses doigts viennent cueillir maladroitement mes larmes. Je me mords les lèvres, le menton tremblotant. Allez Akira, tu n'as pas terminé. Et c'est le souffle endolori par l'émoi que je conclue :
- Pour que tu te livres à moi et pour que tu assumes ça.
De l'index, je nous désigne tous les deux. Plus aucune stupéfaction, plus aucune consternation et plus aucun embarras ne subsistent en lui. Mes larmes m'inondent avec plus d'intensité lorsque je réalise qu'il me croit, qu'il prend au sérieux ma déclaration. Et surtout lorsque je sens toujours ses doigts sur ma joue. Des doigts qui sont bientôt rejoints par sa paume brûlante. Nous...
La porte s'ouvre à la volée et nous sursautons tous les deux, tels deux chats qui ont confondu un concombre avec un serpent. J'étais tellement coupée du monde que je mets un temps fou à comprendre la scène qui se joue sous nos yeux.
Sanji et Zoro.
Zoro et Sanji.
ZoSan.
Ils ont déboulé dans la chambre en s'embrassant férocement. Ils n'ont même pas remarqué que la lumière était déjà allumée. Déjà l'homme aux cheveux verts a refermé la porte derrière eux et il plaque Sanji contre le mur de la chambre. Le blond noue aussitôt ses jambes autour de la taille de son partenaire. Des soupirs d'aise s'échappent en continue de leurs bouches scellées, comme s'ils avaient attendu ce moment toute leur vie. J'ai soif tout à coup. Très soif.
Je déglutis. Il ne faut pas qu'ils nous voient. Ça risque de briser leur bel élan. Je croise le regard d'Ace et comprends que nous sommes parvenus à la même conclusion. Sa main, qui n'avait pas quitté la mienne depuis qu'il l'avait saisie, me tire vers lui et nous nous dirigeons vers la fenêtre. Un éclair traverse mon esprit et au dernier moment je bifurque et l'entraîne avec moi
dans l'armoire.
Je le pousse devant, le force à s'asseoir et me retrouve presque allongée sur lui tellement la penderie est exiguë. Je crois que la tête d'ahuri que tire Ace à ce moment précis est l'une des choses les plus drôles que j'ai vues de ma vie.
- Mais qu'est-ce qui te prend ?! On va tout de même pas assister à leur partie de jambes en l'air ?!
- Chuuut ils vont nous entendre ! Et puis Lilly ne me pardonnerait pas que je loupe une telle occasion.
- Heeein ?!
Je dégaine mon portable comme si ma vie dépendait de ce moment.
- Je dois les prendre en photo.
Son effarement est bientôt remplacé par un rire qu'il ne parvient pas du tout à retenir. Je plaque une main contre sa grande bouche et échoue dans ma tentative de le faire taire.
- Mais vous êtes complètements barges ma parole ! Ah ah ah !
- Chuuut tu ris trop fort !
- La faute à qui ? T'as vu ce que tu me sors comme énormité ? Je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi dingue ! Je vous imagine bien passer vos soirées entre filles à mater des doujinshi ou des hentai.
- Des doujin-quoi ?
Gémissement. A son entente je me redresse, les oreilles en alerte, tel un lapin qui a entendu le coup de fusil du chasseur. Une main collée à sa bouche, l'autre me servant d'appui sur son torse, je place mon œil contre l'interstice. Ils viennent de quitter le mur. Zoro jette sauvagement Sanji sur le lit ce qui ne semble pas déplaire au blond. L'homme aux cheveux verts retire hâtivement son t-shirt pour ensuite fondre sur la bouche de son amant. Jésus, Marie, Joseph, le berger, l'âne et les moutooooons ! J'entrouvre la porte et tente de prendre une photo mais elle est un peu floue. Je me tourne vers Ace, les joues cramoisies :
- Ils sont si... si... Mon Dieu c'est trop...
- Tu t'attendais à quoi ? A ce qu'ils fassent une partie d'échec au calme sur le lit ?
Je papillonne des paupières en le fixant puis c'est à mon tour de rire aux éclats. Il remue sous moi.
- Et c'est toi qui me demandais d'être discret ! En plus tu m'écrases.
- J'y peux rien tu... AH AH AH ce que tu as dit... AH AH AH...
Mon fou rire est contagieux on dirait. Il murmure gaiement :
- Non mais tu nous as vus ? Qu'est-ce qu'on fiche ici ? Ah ah ah !
- Arrête, arrête je... AH AH AH j'en peux plus !
Il agrippe ma nuque et m'attire vers son torse. Comme ma bouche se retrouve collée à ce dernier, mon rire est étouffé. Il fait de même avec sa propre hilarité qu'il contient en s'agglutinant à mes cheveux. Nous restons là quelques minutes à essayer de regagner notre calme. Calme que je regagne partiellement en sentant ses bras s'enrouler autour de mes épaules pour me serrer davantage. Son souffle chaud cajole mon oreille lorsqu'il murmure :
- Merci Akira.
C'est la première fois qu'il prononce mon prénom.
/
Finalement nous sommes parvenus à nous extirper de ce moment... HRM HRM... pour le moins intime avant que ça devienne trop... HRM HRM... chaud bouillant. Nous avons failli exploser de rire en rampant sur le parquet de la chambre pour rejoindre la vitre. Nous avons également failli nous défenestrer tellement nous étions hilares. Une fois dans la rue, il nous était impossible de nous retenir plus longtemps. Nos rires ont comblé la nuit ainsi que nos cœurs incertains. Tous types de sujet étaient susceptibles d'allonger notre euphorie. J'ai dû m'asseoir lorsqu'Ace a stipulé qu'il allait entendre leurs voix suaves même jusque dans ses rêves. Il m'a imitée lorsque j'ai fait remarquer que j'avais oublié les chaussures de ma mère dans la chambre.
Et nous voilà au moment présent. Nous sommes là, sur la même longueur d'onde et sous les étoiles qui nous accordent ce moment de bien-être intense.
Notre toute nouvelle osmose s'interrompt lorsque le portable d'Ace se met à sonner avec insistance. Ses sourcils se haussent très haut sur son front :
- Merde ! J'avais presque oublié...
- ...le concert ! je complète en me remettant debout.
Nous accourons vers l'entrée du bar. La salle est blindée à présent. Je reconnais pas mal de têtes. Entre autres celles de Joz, Vista, Izou et Marco. L'infirmier trinque avec Lilly qui se tient tout devant. Nami et Usopp sifflent pour mettre de l'ambiance et Vivi rigole. Ace se tourne vers moi. Je comprends alors qu'il va devoir rejoindre ses frères pour vérifier les accords de leurs instruments. Le brouhaha est tel qu'il est dur de s'entendre sans crier. Du coup nous ne disons rien. Nous nous sourions et le sien me révèle mille promesses. Parmi elles, celle d'ouvrir ses barrières internes pour me laisser passer. J'en suis toute chamboulée. C'est la plus belle des promesses muettes du monde. Cette fois je ne pleure pas. Au contraire, je souris toutes dents dehors et effectue le « V » de la victoire avec mes doigts pour lui souhaiter bon courage sur scène.
Je me fraye un chemin jusqu'à mes amies. A peine suis-je repérée qu'elles me hurlent en chœur :
- ALORS ?!
Une fois encore je ne dis rien car ce qui s'est passé n'appartient qu'à Ace et moi. Je ne suis pas certaine qu'elles se satisfassent de cette réponse énigmatique. Alors je leur souris et je hoche la tête.
Explosion de joie.
- Nom d'un mandarine citronnée, je vous avais dit quoi les filles ?! s'exclame Nami. Qui est-ce qui avait raison hein ? C'est grâce à qui ?!
- Je suis tellement contente pour toi Akira ! enchaîne Vivi en ignorant sa meilleure amie et en saisissant mes mains.
- J'imagine que je dois reporter « massacrer Ace » sur ma liste de choses à faire, réplique Lilly tout sourire.
Et je crois qu'elle l'aurait vraiment fait si Ace avait une fois de plus fuit ses sentiments. La blanche me glisse un clin d'oeil et vient entourer mon dos de son bras. Sa tête repose contre mon épaule et sa voix se répercute dans mon oreille :
- Je suis tellement contente pour toi !
La sincérité dans son timbre me fait frissonner. Alors que j'allais lui demander si elle avait pu un peu parler à Luffy, les lumières s'éteignent et c'est l'effervescence. J'ignorais que tant de monde connaissait le groupe des trois frères. J'imagine que ces personnes sont toutes des connaissances de Luffy, lui qui est ami avec toute la ville.
Les « ASL » font leur entrée et se mettent rapidement à jouer après avoir salué la salle. Sabo au chant et à la basse, Ace à la guitare et leur petit frère à la batterie. Aux premières notes, la blanche et moi nous regardons et pointons un doigt l'une vers l'autre :
- Dadan !
C'est la mélodie qu'avait joué Luffy avant notre sortie au cinéma ! Comment oublier ce jour ? Nous rigolons à gorge déployée et commençons à bondir au rythme imposé par les trois frères, bras dessus bras dessous. Mon cœur rayonne de bonheur.
De ma vie, je n'ai jamais été aussi heureuse.
Ah que bien le bonjour, ici Little Tartine, en chair et en mie de pain ! Alors, qu'avez vous pensé de ce chapitre en PARFAIT ACCORD ?! C'est la première fois que Lilly et Akira se sentent aussi bien et pour nous aussi ça fait du BIEN d'écrire ce genre de passages ! Notre blanchinette se sent rassurée, Luffy se fiche bien de son lien avec Dragon Céleste. Quant à Akira et Ace, les mots sont dits, la barrière du brun est en train de se fissurer. Ils n'ont jamais été aussi proches ! A toute bientôt et merci de nous suivre ! Ciaossuuuuuu !
