Hey !

Voilà le deuxième chapitre de cette partie. Normalement, il est un peu plus joyeux que le précédent ça devrait faire du bien ! Sinon, la fanfic avance bien avec le camp Nano d'Avril et le confinement. Il doit me rester genre six chapitres à écrire, je suis en train de conclure le développement de tout un chacun, ça fait bizarre après avoir passé un an sur cette histoire. Bref !

Merci à Yu pour la correction, comme toujours, et à Ima pour sa review !

Bonne lecture !


Du travail. Van se doutait bien qu'il aurait du mal à en trouver, avec sa licence avortée et sa maigre expérience. Il regarde son CV, le relit, cherche les fautes qu'il reste et les moindres défauts à éradiquer. Le détail qui le décrédibilisera auprès d'un potentiel employeur. Et sa présentation ? Elle est assez bien, sa présentation ? Il a troqué la classique liste en noir et blanc pour une disposition plus originale, un brin colorée, de quoi se démarquer sans trop verser dans l'exubérance. En espérant que ça tape dans l'oeil du type qui finira avec son CV entre les mains. Mais si c'était trop ? Trop voyant, trop différent ? Et si, au contraire, ça ne suffisait pas ? Il le voit déjà, le gars blasé avec sa pile de candidatures dressée devant lui, à trier sans s'attarder, jetant celles qu'il lui semble avoir déjà vu mille fois. Celles qui ne l'intéressent pas. Il a quoi, Van, pour se fair remarquer au milieu de ce tas ?

Il sait qu'il va avoir du mal à se vendre mais bon, des gens comme lui, il y en a des milliers sur le marché, et ils se démerdent bien pour trouver du boulot. C'est juste une question de patience, et de la patience, il en a revendre. Faut dire, avec tout le temps libre dont il dispose ...

« - Eh, t'embête pas avec ces trucs-là, ça va aller. »

De passage au salon, Axel le remarque et se glisse derrière lui, posant ses mains sur ses épaules avant de se pencher pour zieuter le curriculum vitae. Il l'embrasse sur la joue, au passage. Ça n'est pas désagréable.

« - Faut que je trouve un truc.

- T'as le temps. Les loyers ici c'est pas comme dans les grandes villes, je peux le payer tranquille. »

Tranquille, c'est un bien grand mot. Mais c'est vrai que pour un T3, l'endroit est bien moins cher qu'il s'y serait attendu.

« - Même. J'vais pas rester à rien foutre toute la journée.

- J'ai pas dit ça. »

Les doigts caressants glissent sur sa joue comme de petits serpents taquins. Ils sont tout froids, le corbeau frissonne sans rien dire.

« - Mais on est pas pressés quoi, te mets pas la pression. On peut survivre un moment sur mon salaire, alors te laisse pas abuser par le premier connard venu. »

Les connards. C'est comme ça qu'il dit, Axel, quand il voit une annonce louche. Et c'est bien, vrai, quand le noiraud distribuait des prospectus dans les rues de Toulouse, il a zieuté de près l'exploitation. Les heures supplémentaires quand il allait glisser les feuilles dans les boîtes aux lettres des apparts, qu'on lui payait pas parce que "Vous avez des preuves que vous travailliez encore, à ce moment-là ? Si on vous a donné une mission de trois heures c'est que vous pouvez la faire en trois, et pas en cinq."

« - Faudra bien que j'bosse. J'ai pas d'expérience ni rien, j'vais pas trouver un CDI bien payé comme ça.

- C'est pas parce que t'as pas de diplômes que tu vaux rien, Van. Te laisse pas exploiter par des salauds qui vont faire du fric sur ton dos. »

Il a l'insulte facile, mais ses mots regonflent un peu l'égo du noiraud. Lui qui a grandi dans la culture de l'excellence et du haut poste à tout prix, il aime entendre son compagnon lui rappeler que sa valeur ne se juge pas au nombre de petits papiers que la fac a daigné lui accorder. Il a jamais aimé ça, de toute façon, les études. Il préfère passer la semaine à tafer pour récolter de quoi se payer à manger, plutôt que d'attendre des heures le cul vissé sur une chaise.

« - Mouais.

- Tu vas trouver. Alors stresse pas. T'as la chance de pouvoir attendre pour chopper un job cool. »

La main d'Axel dans ses cheveux. La tendresse franche. Oui, il a le temps. Le temps, et la chance d'avoir le rouquin à ses côtés pour le soutenir. Alors pas la peine de s'inquiéter. Il ira distribuer des CV dans les grandes surfaces, il surveillera scrupuleusement les annonces qui passent, et ça finira bien par payer.

xoxoxox

J 180

« - T'es venu au bon moment, Yuyu a fait des crêpes vegans ! »

Tout content d'avoir enfin tiré son ami hors de sa grotte, Dem lui ramène l'assiette de délicieux mets préparés par la camarade citée.

« - Y a du sirop d'agave, de la pâte à tartiner sans huile de palme et de la confiture si tu veux mettre dessus.

- Mais elles sont déjà sucrées par contre. » Larxene précise en passant, tendant la main pour en attraper une. « J'espère que t'aimes quand même.

- Ça va.

- Merde. »

Il s'autorise un sourire satisfait avant d'en prendre une aussi, puis d'y planter les dents. En effet, le sucre jeté dans la patte lui caresse la langue. Il y en a juste assez pour donner du goût sans l'écœurer. La gamine est plutôt douée.

« - Eh, Van ! »

Et justement, iel approche.

« - Trop cool que tu sois là ! Tu vas comment ?

- Pas trop mal.

- Ça veut dire quoi ? »

Van hausse les épaules. Iel n'insiste pas.

« - On a réussi à défendre le pouf, tu veux venir ? »

Le noiraud relève la tête, en effet, assis sur ledit pouf, Ienzo surveille. Olette attend près de lui, et Larxene est allée les rejoindre. Il repère également un garçon qu'il ne connaît pas, blondinet à la trogne piquées de taches de rousseurs, qui tape la discute avec la petite amie de Yuyu.

« - D'acc. Mais j'veux le pouf.

- Va falloir voir avec Ienzo. »

Dem repose les crêpes, non sans en prendre une dernière, avant de les rejoindre et de s'installer sur le large tapis au sol. Alors que le corbeau s'approche, le garçon tout de noir vêtu à moitié caché derrière sa mèche redresse la tête. Il sourit en le voyant. Il n'y a pas plus simple, ni plus sincère expression que celle qu'il lui trouve à l'instant.

« - Hey. »

Ienzo pousse même le bouchon jusqu'à se décaler pour lui faire de la place. Larx râle en plaidant le favoritisme, mais ils n'y font pas attention.

« - Ça va ?

- Ouais.

- Tant mieux. »

Le sourire du garçon est doux. Pas de gêne ni de rancune, aucune trace de cette nuit bancale qu'ils n'ont pas passée ensemble, deux mois auparavant. Il ne reste qu'une amitié renforcée par le début de complicité qu'ils ont forgé en se tournant autour, et Vanitas s'en contente. Ça lui plait bien, même. Des amis, des vrais. Des gens qu'il ne salue pas en passant dans la rue pour les oublier aussitôt. Des présences agréables. Ça a presque un goût de nouveauté. Comme un plat qu'il n'aurait pas mangé depuis longtemps.

« - Dragibus ? » Ienzo lui demande en ouvrant la main ?

- C'est toi qui les a ramenés ?

- Oui. »

Il hoche la tête avant d'en piquer quelques-uns dans le creux de sa paume. Décidément, il est gâté. Il devrait venir ici plus souvent, ne serait-ce que pour les repas qu'il économiserait.

« - Du coup tu connais pas notre petit nouveau ! » le musicien s'exclame avant de désigner l'inconnu blond d'un geste de la tête.

« - Nan. »

Le concerné rougit un brin, passant ses doigts derrière sa nuque dans un geste intimidé. Sur son poignet, le louveteau remarque un tatouage qui ressemble à s'y méprendre à un code barre.

« - Je m'appelle Prompto.

- Van, pour moi.

- Ok ! On m'a déjà un peu parlé d'toi, en vrai. T'es de la fac aussi ?

- Nan, j'suis juste un pote à Dem de base. Toi ?

- Je suis en Lettres Modernes avec Olette, c'est elle qui m'a parlé des perms. »

Le blondin ne cesse de passer sa mimine derrière sa nuque. Vanitas peut sentir d'ici comme il est tendu. Nerveux de nature, sûrement. Il espère. Pas qu'il s'en voudrait foncièrement de l'intimider, mais quand même, ça la fout mal de faire cet effet-là aux gens.

« - D'acc. T'es là depuis ?

- La semaine dernière, je suis venu à la perm du mercredi.

- Sur la fac, j'voulais dire.

- Ah ! » Il rit pour cacher sa gêne. « L'an dernier.

- Mais on avait pas de cours communs. » sa camarade ajoute.

« - J'vois. »

Il se redresse, se cale plus confortablement et laisse son bras plein de fourmis tomber sur le côté du pouf. Bras que Demyx s'empresse de saisir pour le papouiller affectueusement.

« - Je suis plus sur la fac mais je bosse dans le coin, du coup j'viens à l'occas. »

Présentations faites, conversation close. Van n'est pas très à l'aise avec le nouveau. Il préfère se concentrer sur le garçon assis près de lui, et sur les doigts agréables qui vont de son poignet à son coude sans se lasser. C'est doux. Ça le détend.

« - Ça se passe bien au boulot ? » Ienzo demande. « Dem m'a dit que t'étais pas mal fatigué.

- En vrai ça va, juste j'ai pas l'habitude.

- De ce taf là ?

- De bosser en général. J'ai quasi rien trouvé sur Clermont, du coup ça fait plus d'deux ans que j'fous rien.

- Ah ouais, ça doit te changer. »

Van cherche la critique dans ses mots, qui sonnent d'abord comme une pique moqueuse. Mais il ne trouve rien. Ienzo ne se veut pas juge, il constate juste.

« - Et du coup t'y es pour combien de temps ?

- La j'ai un CDD de six mois, et si ça se passe bien ils me renouvellent.

- C'est cool ça. T'es tranquille. »

Oui. Il a son propre job, sa propre paie. Sans dépendre de personne. Cool, c'est le mot.

Ils restent là un bon moment, à discuter de tout et de rien, de banalités et de vidéos Youtube. Dem leur montre une chaîne centrée sur les hamsters, où le petit animal grignote énergiquement sur de joyeuses musiques, puis des vidéos perchées qu'il trouve la nuit quand il n'arrive pas à fermer l'œil. Ils rient, même si le noiraud sent parfois comme sa bouche bouge indépendamment de ses lèvres. Quand il se fatigue, et que son rire n'est plus là que pour suivre celui des autres. Il est bien, ici. Mais il est fatigué. Et puis, passé un moment à suivre la conversation, il ne se sent plus la force de la faire. Il laisse les autres échanger pour lui. Ça dure. La permanence se poursuit. Et parfois, quand il voit leurs yeux pétillants, la joie naturelle qui les anime, il se demande ce qu'il fait ici.

« - Van ? »

Ienzo lui donne un léger coup d'épaule.

« - Ouais ?

- T'es sûr que ça va ?

- Sûr.

- T'as l'air à côté de la plaque. »

Vanitas hausse les épaules.

« - C'est juste la fatigue.

- Tu veux rentrer ?

- Nan, ça va aller.

- Nan, rentre pas déjà ! »

C'est Yuyu qui parle, après s'être approchée pour poser sa tête sur le ventre de Demyx.

« - J'ai dit que j'rentrais pas. J'attends la fin de la perm.

- On va manger ensemble après, tu veux pas venir ? »

Il hésite. Son regard fait le tour de la pièce.

« - Avec qui ?

- Juste Dem, Ienzo, Larx et moi. Olette a partiel demain et je crois qu'on fait encore peur à Prompto.

- Vous allez où ?

- Un truc de nouilles vers Esquirol, on peut bouffer pour dix balles et j'ai du choix végé.

- Mm, j'vais voir.

- Y a tes deux chéris, ça te suffit pas pour venir ? » Larx ajoute en s'invitant dans la conversation.

« - Pardon ? »

Elle désigne Ienzo et leur petit punk d'un geste de la tête, provoquant leur rire à tous les deux. Van hausse un sourcil avant de secouer la tête.

« - Très drôle.

- Quoi, tu nous aimes pas ? » Dem demande en posant sa tête contre son bras, reprenant les papouilles qu'il avait alors arrêtées.

« - Bof.

- J'te d'mande pardon ?

- Tu bois de la grenadine à vingt-quatre ans gars.

- Et alors ?

- Bah faut se respecter à un moment.

- Ah ouais, t'es comme ça toi. » il abandonne son bras, non sans un regard profondément dédaigneux.

« - Je t'ai pas dit d'arrêter.

- Tu les mérites pas. »

Van garde quand même son bras contre lui. Il lui sonne quelques petits coups d'épaules pour le pousser à reprendre, refusant de renoncer à cette agréable affection qui lui courrait sur l'épiderme.

« - Allez.

- Non.

- S'il te plait.

- Toujours pas.

- Ok c'est bon j'ai rien dit, la grenadine c'est pas si mal.

- Trop tard.

- D'acc, qu'est-ce qu'il te faut pour changer d'avis ?

- Trouve tout seul.

- Je te paie le dessert.

- Bof.

- Et les nouilles avec ?

- Sérieux ?

- Nan.

- Dommage.

- Quoi, t'aurais dit oui ?

- Dix minutes de papouilles pour de la bouffe gratuite ? Grave. »

Ils rient. Près d'eux, le lecteur termine son paquet de Dragibus. Larxene zieute régulièrement son téléphone portable, et Yuyu lui glisse quelques remarques, un sourire en coin. A tous les coups, la blonde a une touche. Van se demande s'il connaît la personne. Il pense à leur soirée bien trop arrosée, et à Aqua qui lui avait tapé dans l'oeil, mais l'idée lui déplait. Si la guêpe se tape la coloc de sa pote, il va devoir se la coltiner pendant leurs sorties. Enfin, ça n'est pas à lui de décider, après tout.

Quand l'heure arrive enfin, et quoi qu'il ne se sente pas l'énergie de sortir trop tard, il décide d'accompagner la bande. L'idée d'un repas tout près lui plaît, et la perspective d'une soirée seul dans l'appart lui apporte un désagréable sentiment oppressant qu'il ne veut pas retrouver.

« - Ils ont de quoi boire dans votre truc ?

- Ouais, du saké normalement. Et je crois qu'y a du vin, mais je suis pas sûre. » Yuyu lui répond, après un bref temps de réflexion.

« - Ça m'va. »

Il aide tout un chacun à ranger les jeux et la nourriture qui n'a pas été consommée, puis il sort dans le couloir. Son téléphone n'affiche aucune nouvelle notification. Il commence à s'y habituer.

« - Eh ? »

Il sursaute en entendant Larxene, qui vient de le rejoindre. Les mains fourrées dans ses poches, elle zieute à droite à gauche avant de fixer son regard sur lui, hésitante. Allez, à tous les coups, elle va lui parler d'Aqua.

« - Ça va, en c'moment ? »

Ou pas.

« - Sérieux ?

- Quoi ?

- Vous allez tous me poser la question ?

- Tu nous excuseras, mais t'as l'air bien crevé et tu nous as snobés pendant trois semaines.

- Normal, c'est le boulot. »

La guêpe soupire. Elle baisse les yeux, sort ses mains, ne trouve pas quoi en faire et finir par les croiser devant elle avant de se redresser surplombant Van d'une bonne tête. Il n'avait jamais remarqué qu'elle était aussi grande mais, en voyant ses talons, il comprend mieux.

« - Van, je sais ce que c'est une dépression, ok ? »

Il se fige net.

« - Et … Si tu veux pas parler c'est ton choix, j'te force à rien et je vais pas te dire d'aller voir un psy ou quoi, t'es assez grand pour gérer ta vie. Mais tout le monde a capté que ça allait pas, et que c'était pas à cause du boulot. »

Il déglutit. Ça s'emballe dans son torse, et il ne trouve pas les mots qu'il voudrait dire. Il n'en a pas. Les protestations se mêlent à l'incompréhension. D'où elle lui sort ça comment ça, en plein milieu du couloir ? Il n'était pas prêt, là. C'est traître. Quelle fourbe.

« - Juste, on est là. Je sais que c'est pas simple ou quoi de parler, que ça te fera peut-être même pas du bien. On te force à rien. Mais si t'as besoin de sortir ou de causer, on est là. »

Il ne sait pas quoi répondre. Tout se bloque à l'intérieur, comme un mur qui s'érige pour le protéger du reste du monde. Ce mot, là, qui pend entre les lèvres de Larx, il ne l'aime pas. Il est trop fort. Il l'écrase. Loin de lui, ce truc inquiétant.

« - Je suis pas en dépression. »

Il dit ça sans être sûr. Mais ça ne ressemble pas à ça une dépression, non ? Il ne pleure pas, il va au boulot, il arrive à tenir une hygiène de vie à peu près correcte même s'il y peine parfois. Il voit des gens. Pas souvent, certes. Mais il est bien venu, aujourd'hui.

La nymphe semble vouloir insister. Il croit. En tout cas, elle n'ajoute rien. Ses mains retournent dans ses poches.

« - Ecoute, tu fais comme tu veux. Je dis pas qu'on peut comprendre ou qu'on peut t'aider, mais si y a besoin, voilà. On s'inquiète pour toi. »

Il détourne le regard. L'inquiétude qu'elle évoque n'est pas pour le rassurer. Il aime bien qu'on pense à lui, mais pas de cette manière.

« - D'acc.

- Et si t'as besoin de quoi qu'ce soit, demande. Si t'as des emmerdes on t'aidera, ok ?

- Ok. »

Il ne veut pas avoir cette conversation. Elle le gêne. Elle lui met sous le nez des choses qu'il préfère laisser de côté. Larx le sent. Elle n'insiste pas. Mais, au moment où elle s'apprête à se retourner pour récupérer son sac, elle hésite à nouveau.

« - Quoi ? » il demande de lui-même en la voyant qui se mord la lèvre.

« - Quoi, quoi ?

- C'est marqué sur ta gueule que tu vas m'demander un truc. »

Elle soupire encore. Sûrement qu'elle n'aime pas qu'on la grille comme ça.

« - Tu te souviens, la coloc de ta pote, là ? »

Donc, il avait raison.


Et voilà ! Alors, vous en avez pensé quoi ? N'oubliez pas que les reviews sont le seul moyen pour l'auteur de le savoir, alors n'hésitez pas à en laisser une avant de partir, ou à fav l'histoire si elle vous plait !