Bonjour à tous et toutes !
J'espère que vous vous portez bien et que la tempête ne vous force pas à vous tenir aux arbres quand vous êtes dehors ;-)
Un chapitre ici plus long, avec beaucoup d'événements. On voit Hermione avancer avec détermination dans la vie.
J'ai quelque chose à vous annoncer, mais je vous laisse le découvrir d'abord… On se rejoint en bas ^^
Bonne lecture !
CHAPITRE 13
Deux jours plus tard, Hermione devait reprendre le travail. Comme si ses vacances avaient été un simple séjour sans incident, insignifiant. Elle essayait de s'en convaincre, mais elle ne pouvait oublier ces images, ces paroles. Elle voulait absolument pouvoir se concentrer, mais tout était bien trop compliqué. Comme si c'était devenu un réflexe, la jeune femme regardait sans cesse autour d'elle d'un nouvel œil, attentive à ce qui l'environnait. Elle se questionnait aussi : cette secrétaire à l'accueil était-elle une sorcière ? Les sorciers vivaient-ils parmi les – comment disaient-ils déjà ? – Moldus ?
Tout ce qu'elle savait maintenant lui donnait l'impression de tout compliquer, de tout intensifier. Et dire que cela la perturbait aurait été un euphémisme. Pour preuve, dans le mois qui suivit, sa concentration au travail était au plus bas et lui avait fait perdre deux des quatre procès qu'elle avait eu. Eh bien, oui, difficile d'être entièrement à ce qu'on fait quand les expressions utilisées couramment moyennant termes en lien avec la magie ne cessaient d'attirer son attention ailleurs que devant le juré, dans un autre endroit du monde qu'elle ne pouvait oublier, mais qu'elle ne reverrait jamais. Et les manifestations de ses pouvoirs, qui se faisaient de plus en plus fréquentes, lui facilitaient encore moins la tâche.
Prenons l'évènement suivant pour exemple. Pour lui remonter le moral, ses amis et collègues lui proposèrent de sortir, d'aller au restaurant le mois qui avait suivi son retour. Le diner se déroulait relativement bien, jusqu'au moment où Jack se mit à raconter sa rencontre avec les parents de sa nouvelle compagne, Marishka. Cela faisait presqu'un an qu'ils se fréquentaient et s'aimaient sincèrement, mais la culture et la mentalité faisant, Marishka n'avait jusque-là pas encore osé le présenter à ses parents. Hermione, attentive, était enfin arrivée à se centrer et vivre l'instant présent, souriant, amusée, et occupée à faire glisser son doigt sur le bord de son verre quand, soudain, un mouvement dans celui-ci attira son œil : elle remarqua avec horreur et surprise que son vin y tourbillonnait comme si elle avait passé son temps à y faire tournoyer une cuillère. Pour cacher cet acte incontrôlé de magie, elle but une rapide gorgée et plaqua ensuite sa paume sur le haut de son verre, priant pour que cela fusse passé inaperçu auprès des autres.
Les jours qui suivirent, la brune, agacée de ne pouvoir correctement se concentrer, fit voler ses prises de notes juste en croisant furieusement les bras sur la poitrine. Et en poussant une exclamation de surprise, quelques bouquins tombèrent de leur étagère. Épuisée par ses sautes d'humeur et manifestations incessantes de ses pouvoirs, elle s'était laissé tomber dans le canapé occupant son bureau au cabinet d'avocats.
Hermione n'avait plus reparlé à ses parents depuis son retour. Cela faisait un mois et demi. La brune leur avait dit qu'elle désirait rencontrer cette mystérieuse McGonagall. Mais sa mère semblait contre l'idée. Elle avait quitté la maison familiale en claquant la porte, lui hurlant qu'elle n'avait jamais rien demandé, qu'elle s'était toujours tenue à carreaux, et que, maintenant qu'elle désirait en savoir plus sur elle-même, sa mère lui interdisait ce souhait. Elle avait eu l'impression de se comporter comme une adolescente ingrate, mais elle n'avait pas trouvé d'autres mots pour lui faire comprendre que leur omission l'avait profondément blessée et qu'elle désirait plus que tout se rapprocher de son essence véritable. Hermione avait alors retrouvé son appartement en larmes, furieuse et heurtée.
Lorsqu'elle se baladait dans les rues de Londres, vaquant à ses occupations, Hermione remarquait avec amusement que la magie était omniprésente et que les Moldus ne la voyaient pas. Constater cela ajouta une interrogation à celles qu'elle se posait déjà : comment se faisait-il qu'elle ne s'en était jamais rendue compte, alors qu'elle est sorcière ? Une autre question qui resterait sans réponse…
Suite à cela, elle prit la décision de chercher par elle-même. Si ses parents ne voulaient pas y être mêlés, soit. Mais elle ne perdrait pas l'occasion d'en savoir plus sur la sorcière qu'elle était supposée être.
Comme en réponse à sa décision, en sortant d'une énième visite à la National Gallery, Hermione se rendit compte que Trafalgar Square était surchargé de magie. Cela attira sa curiosité, et elle ne cessa d'y revenir observer les évènements, délaissant son travail.
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Alors que l'automne prenait place et que les feuilles tombaient des arbres, habillée d'un épais et chaud manteau noir, de gants en cuir tout aussi sombres et d'une lourde écharpe nacrée, Hermione remarqua un artiste de rue, agenouillé, penché sur son œuvre. Muni de craies, il traçait des nombreuses lignes avec assiduité. Ses gestes, précis mais brusques, donnaient l'impression qu'il était en transe. La brune s'approcha et observa de plus près. Elle tenta de déterminer ce qu'il dessinait, et cela ne lui prit, en réalité, que très peu de temps.
En premier lieu, elle n'y crut pas, pensant que ses yeux lui jouaient des tours. Mais plus l'artiste avançait dans son travail, plus elle ne pouvait nier l'évidence. La brune s'approcha alors et déposa quelques pence dans le chapeau du dessinateur.
- C'est magnifique ! lui dit-elle. Qu'est-ce que ça représente ?
L'inconnu se redressa sur ses talons, mains sur les cuisses, tête penchée, observant son œuvre. Il hocha la tête, satisfait. Ensuite, d'un signe de la main, il désigna les bougies dans le ciel étoilé surplombant un bâtiment de style monacal, sans toit.
- Cet endroit, M'dame, s'appelle Poudlard.
Le cœur d'Hermione s'emballa, mais elle se força à garder son calme. Ses parents avaient eu ce mot à la bouche plusieurs fois lors de leur dernière discussion et elle sentait qu'elle s'approchait du but. Peut-être cet homme savait-il quelque chose ? La brune sortit discrètement un billet de vingt livres et s'accroupit avant de lui tendre l'argent sous le nez.
- Accepteriez-vous de m'aider ?
Le regard de l'inconnu alterna subitement entre Hermione et le billet. Il finit par prendre ce dernier, donna un coup de menton dans la direction de la brune et dit :
- Qu'est-ce que vous voulez ?
- Des bougies qui flottent, c'est assez fantaisiste, vous ne trouvez pas ? fit Hermione en pointant le dessin du doigt.
L'homme fut impassible un quart de seconde avant de sourire :
- C'est de l'imaginaire, ma bonne dame !
- Certes. Mais seulement aux yeux des… Moldus. N'est-ce pas ?
Elle avait attiré l'attention de l'artiste d'une toute autre façon. Ce qualificatif spécifique, elle l'avait utilisé avec raison. Et cela avait porté ses fruits. Son cœur bondit dans sa poitrine, l'adrénaline coulant dans ses veines : elle ne s'était pas trompée, elle approchait vraiment du but. Enfin, elle allait savoir.
Cependant, elle remarqua une hésitation et une prudence soudaine chez l'inconnu. Il se rétractait. Elle devait la jouer offensive.
- Ne faites pas comme si vous ne saviez pas de quoi je parle, susurra-t-elle avec force.
- Très bien ! se défendit-il. Nous sommes sorciers. Et alors ?
- Je cherche à joindre quelqu'un, expliqua Hermione en cachant son soulagement. Vous pourriez m'aider ?
- Je ne fais pas dans la magie noire ! s'exclama-t-il à voix basse.
Ne comprenant pas la signification de ces propos, Hermione fronça les sourcils.
- Quoi ? Mais non, enfin. Je souhaite parler à la directrice de Poudlard, précisa Hermione en désignant du menton le dessin.
- Je vois pas en quoi la vieille McGo vous aidera, mais… (Il parut peser le pour et le contre avant de finalement hocher la tête.) OK, je vais vous aider. Suivez-moi.
La Londonienne faillit sauter de joie, mais se rappela qu'elle devait la jouer fine. Elle attendit que l'homme ait rassemblé son matériel et se soit mis en route pour le suivre. Ils marchèrent environ cinq minutes jusqu'à Charing Cross Road. Hermione suivit l'homme dans une taverne miteuse au beau milieu d'un cul de sac malfamé et elle se demanda si, finalement, elle avait bien fait de le suivre. L'artiste salua le barman et les quelques clients présents avant de la guider vers l'arrière-cour du bâtiment. Un flash de la zone de transplanage que Molly Weasley lui avait montrée emplit son esprit et elle se surprit à espérer que cet endroit avait les mêmes fonctions. L'homme s'arrêta alors.
- Voilà, dit-il en soufflant dans ses mitaines pour se réchauffer les mains.
Hermione lui jeta un regard perdu et il tiqua.
- D'où est-ce que vous venez, déjà ?
- Je ne vous l'ai pas dit.
- Anh. Ouais, ben, faut que vous passiez le mur, expliqua-t-il en pointant celui en face d'eux. Bonne journée et merci pour le blé ! termina-t-il avant de quitter les lieux.
Il était parti depuis une minute pendant laquelle Hermione s'était demandé comment elle devait passer le mur quand elle se rendit compte qu'il ne lui avait pas dit comment joindre la directrice de l'école. Elle poussa un juron et, frustrée de sa bêtise, se frappa le front. Les gens continuaient d'affluer dans la petite cour et elle dut leur sourire. Peut-être pouvait-elle faire passer son ignorance pour de la patience ?
- J'attends quelqu'un, elle, euh, est en retard, dit-elle d'un ton gêné.
Cela sembla fonctionner puisque les gens se détournèrent d'elle, ou cessèrent de la regarder, tout du moins.
Exaspérée, elle se passa un main sur le visage. Puis fixa le mur, une main sur la bouche. Est-que ce mur possédait un quelconque passage secret ? Est-ce qu'il y avait une formule magique ? C'était incohérent ! Comment pouvait-elle passer le mur ? L'homme avait-il voulu dire « escalader » ? Hermione en jaugea la hauteur mais en conclut que, même en grimpant sur la poubelle, elle ne pourrait passer au-dessus. Bien trop haut, pas assez sportive.
Soudain, alors que la jeune femme s'arrachait les cheveux, une sorcière la salue, s'approcha du mur intrigant et sans hésitation aucune, toucha une brique qui s'enfonça dans le quart de seconde. Les autres l'entourant se décalèrent dans un ballet rythmé et précis, laissant d'abord entrevoir l'autre côté du mur, donnant finalement accès à une autre rue tortueuse et bondée, aux boutiques à l'architecture peu commune. Hermione réalisa que c'était là sa chance, alors elle emboita vivement le pas à la sorcière à qui elle sourit en lui disant d'un air idiot qu'elle avait oublié quelle brique il fallait actionner. La dame hocha la tête, sourcils haussés, l'air sceptique puis s'en alla vaquer à ses occupations. Et à Hermione de faire de même.
Elle observa d'abord ce qui l'entourait : chaque personne ou presque portait de longues robes colorées à l'allure riche et des chapeaux pointus. Quelques adolescents vaquaient à leurs occupations, passant de magasin en magasin, habillés comme le commun des mortels. Cela rassura quelque peu Hermione, même si elle ne comprenait toujours pas l'affaire. C'est du délire…
Quoi qu'il en fut, elle avait une demande à faire. Un peu perdue, elle accosta la première personne sur son chemin et demanda la poste la plus proche. Suivant les indications, elle atterrit dans un bâtiment imposant à l'architecture romaine, empli de comptoirs et de… voilières ? Hermione se pinça, mais elle voyait parfaitement bien. Des hiboux volaient à travers un trou dans le toit, journaux et enveloppes entre leurs serres. Elle fut perplexe un instant puis rit nerveusement. C'était logique, voyons : des hiboux messagers ! Farfelu, mais logique.
Et c'était ça, son monde ? Grand dieu… Secouant la tête, la jeune femme s'avança vers un guichet et demanda comment elle devait s'y prendre pour envoyer un courrier. Le guichetier la dévisagea comme si elle venait d'une autre planète et lui tendit un clé numérotée ainsi que du papier, une plume calligraphique, de l'encre et une enveloppe. La brune le remercia puis s'éloigna pour écrire son message.
- Comment je vais lui dire ça, moi ? s'interrogea-t-elle. « Bonjour Madame, je m'appelle Hermione Granger et j'ai découvert il y a deux mois que j'étais sorcière. J'ai aussi appris qu'à vingt-huit ans, c'était bizarre. Vous pourriez m'aider, s'il-vous-plait ? » Ridicule…
Elle réfléchit pendant quelques minutes avant de trouver, enfin.
Madame,
Je vous envoie cette lettre car j'aurais besoin d'éclaircissements. Pour être brève, j'ai vingt-huit ans et ai récemment découvert que j'étais une sorcière. Une bien étrange nouvelle…
J'oserais par ailleurs affirmer que vous vous souvenez de moi puisque mes parents – Moldus de leur état – vous ont suppliée de me cacher la vérité l'année de mes 11 ans.
Je vous demande dès lors une entrevue le plus rapidement possible et à votre convenance.
Je vous prie d'agréer, Madame, mes salutations distinguées.
Hermione Granger
Elle ferma l'enveloppe et se retrouva face à une autre interrogation. Quelle adresse ? Elle se mordilla les lèvres et se rappela alors le discours de son père.
À l'attention de Mrs Minerva McGONAGALL
POUDLARD, École de Magie et de Sorcellerie.
Une adresse bien vague… De toute façon, il n'existe sûrement pas des dizaines de Poudlard ! Du moins, je l'espère… La Londonienne attacha l'enveloppe à la patte de la chouette correspondant au numéro de la clé avant de quitter l'établissement, les battements d'ailes dans son dos.
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Après l'envoi de cette lettre, elle ne ressentit plus le besoin de venir à Trafalgar Square. Elle n'eut d'ailleurs plus tant de difficulté à se concentrer, bien qu'elle se rendit vite compte que sa vie n'avait plus vraiment de sens.
Quelle ne fut pas sa surprise quand elle reçut chez elle, quelques semaines plus tard, une lettre de Poudlard. Fébrile, les mains tremblantes, Hermione l'ouvrit dans son couloir, impatiente. Elle la lut et ses yeux s'écarquillèrent. Oh mon Dieu… Oh. Mon. Dieu ! Minerva McGonagall lui avait accordé un rendez-vous, à la seule condition qu'elle se déplacerait elle-même. Hermione relut la lettre une nouvelle fois et vit un élément qui n'avait pas attiré son attention la première fois : elle allait débarquer trois jours plus tard. Oh misère !
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Minerva McGonagall était une dame d'une cinquantaine d'années, longiligne au port altier. Elle était vêtue d'une longue robe noire dont la ceinture enserrait étroitement sa taille fine. Elle avait un charisme tel qu'Hermione ne sut que dire en la voyant. À moins que ce fut son chapeau pointu qui lui avait coupé la voix ? La directrice lui jeta un regard curieux, sérieux et dit :
- Hermione Granger ?
L'intéressée se racla la gorge et couina un « oui » incertain. La dame hocha la tête d'un air sûr et entra sans demander la permission. Hermione n'aurait su s'y opposer, fut dit en passant. La jeune femme suivit son invitée dans le salon de son appartement et l'invita à s'asseoir, lui proposant ensuite une tasse de thé.
Une fois la théière entre elles sur la table, chacune ayant sa propre tasse, la discussion put enfin avoir lieu. Hermione inspira profondément et commença :
- Je vous suis reconnaissante de vous être déplacée jusqu'à moi.
- C'est normal. Et de toute évidence, je ne pense guère que vous auriez pu trouver notre école, ma chère. Comme toutes les écoles de magie, elle est protégée et cachée.
- Oh, fit Hermione, prise de cours. (Elle se racla la gorge et reprit.) Je vous ai demandé de venir car vous êtes probablement la mieux placée pour répondre à mes questions.
L'intéressée se contenta de regarder Hermione en haussant les sourcils. La jeune femme but une gorgée de son thé pour cacher son malaise et posa sa question :
- Comment se fait-il que vous vous soyez mis d'accord, mes parents et vous, pour me cacher la vérité ?
Une accusation sous-entendue et involontaire planait dans sa question et Minerva sembla le remarquer. Elle prit un air plus sérieux encore voire sévère.
- Que vous ont dit vos parents, Miss Granger ?
- Ils m'ont dit que vous étiez venue chez nous après avoir envoyé plusieurs lettres qui sont restées sans réponse. J'étais couchée quand vous êtes arrivée. Alors, vous avez tous les trois discuté et vous avez convenu que rien ne me serait jamais révélé.
La dame parut étonnée. Celle-ci releva alors le menton et dit :
- Je ne désire en aucun cas mettre vos parents en mauvaise position, Miss Granger, mais vous devez savoir qu'aucune discussion digne de ce nom n'a eu lieu. Vos parents m'ont purement et simplement interdit de vous emmener à Poudlard car ils ne voulaient pas que vous perdiez la vie dans je ne sais quel combat futur.
- Je ne vous suis pas, avoua la jeune femme.
- Vos parents m'ont pratiquement chassée de chez vous, Miss Granger, dit McGonagall avec plus de compassion dans la voix, son ton plus familier. Seulement, je les ai prévenu que vous cacher vos pouvoirs pouvait être extrêmement dangereux pour vous.
- Dan-dangereux ? Dans quel sens ? bégaya la brune.
Minerva observa intensément Hermione. L'air s'emplit de magie d'une façon qui surprit la jeune femme qui se mit à frissonner. Cette magie parcourut tel un courant d'air la peau de la Londonienne et s'arrêta après de longues secondes. Juste après, l'Écossaise parut soulagée, mais son visage reprit son air sévère.
- Vous auriez pu devenir un obscurus… souffla-t-elle doucement, douloureusement.
Bien qu'elle ne sache pas ce que c'était, Hermione s'en retrouva glacée. Puis elle prit son courage à deux mains et demanda :
- Qu'est-ce qu'un obscurus ?
- C'est une entité magique qui dort ès sorciers qui ont dû cacher ou nier leurs pouvoirs, expliqua Minerva d'une voix plus douce. Heureusement, vous ne semblez pas en être un.
- Oh ! couina à nouveau Hermione, achevant sa tasse cul sec comme si cela allait lui faire oublier le fait que ses parents l'avait mise en danger à leur insu. Voilà une heureuse nouvelle...
Ils allaient être ravis de l'apprendre, pensa-t-elle avec un plaisir mesquin. Il s'estompa vite, cependant : ils restaient ses parents et elle les aimait, et ce besoin de les protéger aussi restait ancré en elle malgré le mensonge. Alors elle garderait cette information pour elle.
- Bien… dit Hermione, les yeux plongés dans sa tasse de thé.
Elle crut voir les restes de feuilles de thé, comme dans les tasses empilées chez Sibylle Trelawney. Alors elle la reposa et croisa les mains sur ses genoux, redressant la tête, le regard posé sur la directrice en face d'elle. Elle inspira longuement puis expira vivement.
- Est-ce qu'il y a d'autres choses que je devrais savoir ? s'enquit la jeune femme.
- Je pense, à vrai dire, que pour pouvoir correctement vous répondre, je devrais d'abord savoir ce que vous savez, rétorqua l'ainée.
Hermione hocha sagement la tête et s'appliqua à lui raconter tout ce qu'elle avait vécu récemment, en détails. Au fur et à mesure de son récit, Hermione se replongeait dans ses souvenirs, dans son voyage, tant et si bien qu'au bout de ces longues minutes, incroyable résumé d'une épopée, de son épopée, elle pouvait sentir la Nouvelle-Orléans. Sa douce brise, son soleil, son Bayou… Tout.
Alors quand elle se tut et qu'elle vit l'expression de Minerva McGonagall, Hermione ne comprit pas tout de suite ce qu'il venait de se passer.
- Madame ? Vous allez bien ? s'inquiéta l'avocate.
- Vous…
- Oui ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'ai-je fait ?
Ses yeux vrillaient sur les moindres traits de la dame, cherchant le moindre signe d'un AVC.
- Vous avez dit avoir rencontré Sibylle Trelawney ?
- Oh ! (Hermione leva les yeux au ciel, tout de suite rassurée sur l'état de santé de McGonagall, mais exaspérée au souvenir de cette étrange rencontre.) Oui, j'ai eu ce… Je l'ai en effet rencontrée, reprit-elle après une hésitation. Elle est… particulière.
- J'ai moi-même toujours eu du mal avec ses… talents, renchérit l'autre en pesant ses mots. Que vous a-t-elle dit ?
- Je vous demande pardon ?
- J'aurais voulu savoir si cette dame vous a dit quelque chose quand vous vous êtes rencontrées ?
- Je ne vois pas en quoi cela fera avancer cette conversation, marmonna Hermione en retenant un soupir, mais soit ! (Elle brossa l'air de sa main.) Elle m'a dit qu'elle allait lire mon avenir dans les feuilles de thé (elle fit un vague mouvement vers les tasses entre elles), mais qu'elle savait tout aussi bien le faire dans les lignes de la main. Elle a aussi considéré qu'un certain Albert Doubledort ou je ne sais quel autre nom ridicule avait dû se tromper sur la personne – elle a dit que j'étais idiote et c'est bien le dernier adjectif avec lequel quelqu'un pourrait me qualifier, assura la jeune femme en aparté. Mais le plus étrange, c'est qu'elle connaissait mon nom alors que je ne m'étais même pas présentée, je… (Hermione s'arrêta net.) Madame ?
- Albus Dumbledore, vous dites ? répéta l'intéressée, avec un début de sourire qu'Hermione ne comprit pas.
- Quelque chose comme ça. Pourquoi ?
- C'est un ancien collègue, expliqua la dame en se resservant du thé – ou plutôt, elle a agité le doigt et la théière s'est soulevée et a rempli d'elle-même la tasse.
Hermione clignota des yeux, incrédule. S'y ferait-elle un jour ? Quand elle reposa son regard sur la directrice, celle-ci avait repris son explication.
- Albus Dumbledore était mon prédécesseur. Il a dirigé Poudlard pendant des années avec brio – ça, oui. Mais il a un jour décidé de quitter son travail pour devenir l'ambassadeur de l'école en Amérique. Il a choisi précisément la Nouvelle-Orléans. Quant au Professeur Trelawney, elle a quitté l'école il y a une bonne dizaine d'années, prétextant qu'elle « ne pouvait plus souffrir ces gens étroits d'esprit », ajouta-t-elle en mimant les guillemets, son ton se retenant d'être trop piquant.
Hermione retint son rire. La surprise en moins, elle appréciait que Minerva McGonagall semblât aussi fan de cette Trelawney qu'elle-même ne l'était. En outre, Albus Dumbledore n'était pas un personnage de fiction, pensa la jeune femme en se souvenant de sa plaisanterie interne.
- Voyez-vous, toutes les écoles de magie ont des ambassadeurs dans chaque pays où se trouve une école. Cela facilite la communication et nous permet d'être plus rapidement au courant des évènements. Il faut dire que les Ministères de la Magie ne sont pas toujours suffisamment rapides… ajouta-t-elle avec un certain dédain contenu.
Hermione acquiesça et tenta de déjà assimiler toutes ces réponses. Elle comprenait déjà mieux ce qu'elle était, qui elle était. Elle termina sa tasse de thé en silence. La dame, interprétant cela comme étant la fin de la discussion, se leva.
- Miss Granger, je pense qu'il est temps pour moi de prendre congé, annonça-t-elle alors, prenant Hermione par surprise. Elle voulut protester mais son ainée continua : J'espère que ce que j'ai pu vous dire a répondu à vos questions. Je reste à votre disposition pour tout autre renseignement – après tout, vous êtes par vous-même entrée dans ce qui est votre monde, ajouta McGonagall avec un sourire tout en retenue. Par ailleurs, reprit-elle soudainement, l'air intrigué, je ne sais pas comment vous vous y êtes prise, mais j'ai été étonnée de recevoir un hibou de votre part.
Hermione sourit et fut flattée par le compliment sous-entendu. Elle se mit debout et raccompagna la dame en lui demandant si elle pouvait la recontacter de la même manière si nécessaire et l'intéressée acquiesça.
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Ce soir-là, après la visite de Minerva McGonagall, Hermione Granger, assise en tailleur sur son canapé, se leva brusquement. La jeune femme se mit à faire les cent pas, menton dans une main, l'autre sur la hanche.
Soupir. Nuque qui craque. Épaules qui roulent. Stop.
Hermione regarda autour d'elle. Des breloques, des bibelots. Des photos, quelques tableaux. Des livres à n'en plus compter. Elle fit le tour de son salon et de sa salle-à-manger, qui communiquaient sans porte, une simple arcade en pierre les séparant. Son index effleurait les moindres contours, les moindres angles. Elle s'arrêta sur une boule de Noël représentant le London Eye sous la neige. Elle l'observa sous tous les angles pendant quelques secondes puis le déposa d'un geste vif sur la table de la salle-à-manger. La Londonienne répéta l'action avec une statuette d'Athéna, un bouddha usé, une photo d'elle et ses amis de secondaire avec qui elle n'avait plus aucun contact. Elle s'étonna de faire de même avec quelques livres, dont son dictionnaire de français. Elle regarda son Code de Droit et sourit d'en voir les bords écornés – elle l'avait tellement utilisé pendant ses études qu'elle avait préféré en acheter un nouveau quand elle avait commencé à travailler, pour s'assurer de ne pas perdre de pages.
La brune poussa un soupir quand, une bonne quinzaine de minutes plus tard, elle constata la quantité d'objets éparpillés sur la table. Mains sur les hanches, elle pencha la tête, songeuse.
- Il me faut une caisse, décréta-t-elle à voix haute.
Quand elle s'installa devant son émission préférée ce même soir, ce n'était pas une caisse, mais trois qui reposaient dans le coin le plus reculé de la salle-à-manger, contre le mur de l'autre côté duquel se trouvait la cuisine.
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Les jours qui suivirent la visite de Minerva McGonagall, Hermione était presque autant perturbée que lorsqu'elle avait transplané pour la première fois. À vrai dire, elle avait l'estomac tout aussi barbouillé. Son esprit, plus éclairé grâce aux révélations de la directrice, et ses nouveaux questionnements – oui, c'est en effet une boucle sans fin ! – l'obnubilaient tellement qu'en faisant ses courses le lendemain, elle était passée trois fois devant les petits pois et carottes sans les voir. Elle avait dû demander à un membre du personnel… alors qu'elle se tenait juste devant.
Bien évidemment, si elle avait eu des difficultés à faire ses courses et à rester en vie en traversant la rue en rentrant chez elle, imaginez alors l'état de sa concentration sur son lieu de travail.
- Maitre ?
Hermione cligna des yeux. Ceci dit, il suffisait qu'elle demande à McGo de lui envoyer quelques documents pour qu'elle puisse comprendre la magie, non ?
- Maitre, vous allez bien ?
La jeune femme fixa son regard légèrement sur sa gauche et dévisagea l'homme en face d'elle et se rappela où elle était. Elle se racla la gorge, se redressa tout en lissant ses cheveux du plat de la main et reprit contenance.
- Où en étions-nous ? demanda-t-elle en lissant la veste de son tailleur.
La discussion reprit là où elle en était restée quelques secondes plus tôt. En fin de rendez-vous, l'avocate raccompagna son client à la porte de son bureau, lui assura qu'ils trouveraient une solution à sa situation avant de lui serrer la main. Porte fermée, elle s'y adossa et poussa un soupire bruyant. Les yeux fermés, elle cogna l'arrière de sa tête une ou deux fois contre le battant.
- Mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? gémit-elle.
Elle rouvrit les yeux et prit une décision. Elle prit son manteau et son sac puis sortit de son bureau.
- Annie, prévenez mon client suivant que j'aurai quelques minutes de retard, ordonna-t-elle à la secrétaire du cabinet.
- Bien, Miss Granger.
Et quelques mètres plus tard, l'air froid et le vent piquant de Londres la fit s'arrêter aux pieds des marches de pierre bleue qui menaient au hall de l'immeuble. Elle releva le nez et fronça subitement les sourcils. En face d'elle, de l'autre côté de la rue, elle remarqua, au bout de quatre années de travail acharné, une cabine téléphonique. La brune papillonna des yeux, stupéfaite de ne l'avoir jamais vue avant. Alors, avec un air curieux, elle regarda à droite et à gauche puis traversa.
Se pouvait-il que cette cabine communiquasse avec l'autre de la Nouvelle-Orléans ? Pourrait-elle alors y retourner sans avoir à prendre l'avion ? Alors, elle reverrait les Weasley et les autres. Surtout, les autres… soupira une voix rêveuse dans sa tête, la faisant inopinément rougir. Cette cabine londonienne représentait-elle l'homologue de la cabine louisianaise ? Ou pouvait-elle utiliser n'importe laquelle ? Si seulement elle avait la réponse à cette énième question, alors elle pourrait répondre aux autres…
Alors elle pourrait…
- Hermione ?
L'intéressée sursauta et posa son regard un peu hagard sur la personne dans son dos.
- Jack ! Je peux faire quelque chose pour toi ? se précipita-t-elle à demander.
- Je te retournerais bien la question… marmonna-t-il, l'air de vouloir déterminer ce qui lui arrivait. Tu es sûre que ça va ?
- Oui, pourquoi ?
Jack lui lança un regard explicite, ses yeux alternant entre la cabine et elle. C'est ainsi qu'Hermione comprit que son comportement – précisément, le regard hypnotisé par une cabine téléphonique, la main caressant cette même cabine presque amoureusement – n'était pas des plus normaux. La jeune femme retint son rougissement non sans difficulté et chercha une excuse.
- Eh bien, je… Je… Oui, eh bien, je teste la qualité de la peinture ! C'est impressionnant comme elle, euh… (Elle regard son ami, sourcils froncés et yeux plissés, et se racla la gorge.) Tu voulais me dire quelque chose ? s'enquit-elle, l'embarras faisant grimper sa voix dans les aigus.
Jack haussa les sourcils et secoua la tête, préférant ne pas chercher à comprendre ce qu'il se passait actuellement dans la tête de son amie et collègue.
- Cela fait vingt minutes que tu es partie et ton client t'attend, expliqua Jack en retenant un soupir.
- Vingt minutes ?! s'exclama Hermione, une main sur la bouche.
- Oui…
Elle avait passé vingt minutes à observer cette cabine ? Sorcellerie…
- J'arrive tout de suite, dit la brune en prenant la route vers l'entrée de l'imposant bâtiment.
Ils marchèrent rapidement et en silence jusqu'à ce que Jack la retienne par le poignet devant les portes en verre. Elle se tourna vers lui, l'interrogation dans le regard.
- Est-ce que tu vas bien ? l'interrogea-t-il, une ride d'inquiétude lui barrant le front. Depuis que tu es revenue de vacances, tu m'as l'air complètement ailleurs. Dans un autre monde.
S'il savait à quel point il était proche de la vérité… songea Hermione, mal à l'aise. Mais elle ne pouvait lui dire qu'elle était en réalité une sorcière et que c'était ce voyage à la Nouvelle-Orléans qui lui en avait fait prendre conscience ou peu importait comme elle l'avait appris. C'était un secret, comme elle l'avait compris, et elle ne serait définitivement pas la première à l'ébruiter.
- Oui, je m'en rends bien compte, maintenant, souffla-t-elle, prenant un air préoccupé. Je dois avouer que ce voyage à la Nouvelle-Orléans m'a plus retournée que je le pensais. J'ai tellement appris de chose, là-bas, que j'ai un peu de mal à reprendre le rythme.
- Je vois ça ! s'esclaffa son ami en lui assénant une tape amicale sur l'épaule, lui ouvrant la porte. Mais te voir l'admettre me rassure, je dois dire. Je ne t'ai jamais vue aussi déconcentrée et si peu appliquée dans ton travail. Enfin, tu sais… On se connait depuis qu'on est gamins, hein, ajouta-t-il en lui adressant un clin d'œil.
- Je confirme, rit-elle en retour. Merci d'être venu me chercher, Jack, conclut-elle en lui faisant la bise avant de retourner au travail.
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Voilà. Bravo, Granger. Splendide. Oh oui, excellent… Brillant. Merveilleux, même…
Si cela avait existé, les Londoniens auraient pu admirer au-dessus de la tête de la jeune femme des bestioles noires voletant, un peu comme une nuée noire de mouchettes, signe de la morosité d'Hermione. Une fois de plus en deux mois et demi, elle quittait le cabinet en ayant perdu un autre procès. Et un client de surcroit. Il fallait croire que son… incapacité momentanée commençait à se faire connaitre, nuisant à sa réputation d'avocate et par ricochet, à celle du cabinet. Pas bon, ça…
Elle sortit du métro en repensant à la cabine téléphonique face à son lieu de travail. Si cette cabine menait bien à la Nouvelle-Orléans, elle pourrait peut-être s'y cacher et…
- Ah ! cria-t-elle, faisant un bon en arrière.
- Regarde où tu vas ! hurla par-dessus son épaule le cycliste qu'elle avait failli renverser en lui coupant distraitement la route.
Elle rentra chez elle et se laisser choir dans son canapé, atterrissant avec un bruit sourd. Pour la première fois depuis qu'elle travaillait, elle n'eut qu'une envie : ne rien faire. D'habitude, elle aurait cherché des informations pour aider ses clients, mais cela faisait un moment qu'une envie de ce genre ne l'avait prise. Elle se rendit compte que la seule chose qu'elle avait envie de faire à l'instant-même était de se lover sous les couvertures duveteuses avec un chocolat chaud et un film de Noël. Alors, elle se releva, enleva son manteau et posa son sac à main sur la table à manger avant de se préparer ces ingrédients magiques qui, elle l'espérait, lui feraient oublier le mauvais travail qu'elle avait fourni dernièrement. Rien qu'à l'évocation de cette pensée, le palpitant d'Hermione s'emballa de façon tout à fait désagréable. Comment avait-elle pu aussi mal travaillé ? Non, mais vraiment ? Avait-elle jamais raté quelque chose ? Si oui, elle ne s'en souvenait pas. Et elle avait une très bonne mémoire. Sa respiration se fit courte en imaginant son patron marcher en long, en large et en travers de son bureau, l'air soucieux et très mécontent. Pour se redonner de la force, elle but une gorgée de son cacao chaud brûlant et ses papilles hurlant au secours lui fit oublier momentanément sa malchance actuelle.
Elle s'assit sur son canapé, glissant une jambe sous ses fesses et trouva la position idéale. C'est alors qu'elle réalisa que la TV était éteinte et que la télécommande reposait juste à côté de celle-ci. Avec un soupir, elle jura et chercha la motivation au fond d'elle pour quitter son cocon de chaleur et prendre la télécommande.
- Si seulement, elle pouvait venir d'elle-même à moi, râla la brune en tendant une main vers l'objet de son désir.
Elle laissa retomber son bras avec un grognement mécontent et fit la moue comme une enfant de cinq, déçue de son cadeau, les yeux fixés sur la télécommande. Soudain, cette dernière se souleva et traversant d'un coup la pièce, atterrissant presque violemment sur le genoux d'Hermione, stupéfaite. Elle détailla l'objet de loin, évitant de le toucher. Puis elle comprit que c'était elle-même qui l'avait fait voleter jusqu'à elle. Je pourrais m'y faire… pensa la jeune femme avec une certaine satisfaction. Pareille conclusion la remit d'une si bonne humeur qu'elle garda le sourire jusqu'à ce que sa tête touche son oreiller le soir-même.
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Bonne humeur qui la quitta dès qu'elle arriva à son bureau le lendemain.
- Bien le bonjour, Mary ! Quels sont mes rendez-vous du jour ? s'enquit l'avocate auprès de la secrétaire.
- Bonjour Maitre. Je vais voir ça tout de suite. Alors, aujourd'hui, vous avez… (Elle s'arrêta et fronça profondément les sourcils, déconcertée. L'expression qu'elle affichait ne plut pas du tout à Hermione qui se pencha par-dessus le comptoir, cherchant à voir l'écran de l'ordinateur.)
- Que se passe-t-il, Mary ?
- Eh bien, il semblerait que vos rendez-vous aient été annulés, expliqua l'intéressée, un peu perturbée par ce qu'elle avait sous les yeux.
Il fallait dire que voir l'agenda de Maitre Granger vide était pour le moins surprenant et très, très rare, pour ne pas dire que cela n'arrivait jamais. Elle avait la meilleure réputation de la ville et avait gagné maints procès depuis son entrée en service. Certes, ces dernières semaines avaient été un peu compliquées, mais de là à ce que tous les clients de la jeune femme annulent leurs rendez-vous, c'était un peu fort.
Apparemment, cette nouvelle avait pétrifié l'intéressée qui se tenait debout devant le comptoir, droite comme un i, le visage inexpressif.
- Maitre ? Vous allez bien ? demanda Mary avant de prendre un ton réconfortant et encourageant : Ne vous inquiétez pas, Maitre, je suis certaine que ce n'est qu'un mauvais passage. Vous allez…
- Je vous remercie, Mary, la coupa Hermione, la voix neutre mais un peu sèche. Je vous suis reconnaissante de vouloir m'encourager, malheureusement, je crains que cela ne dure encore quelques temps… ajouta la brune, défaitiste.
La secrétaire ouvrit une bouche de poisson, béate face au manque d'enthousiasme et de vivacité de la jeune avocate qui d'ailleurs s'en allait rejoindre l'intimité de son bureau.
Cette journée commençait bien…
Tant et si bien qu'elle avait passé presque toute sa matinée sur Internet, surfant sur le site de la législation britannique, ayant néanmoins réussi à trouver une certaine motivation pour ses dossiers en cours. Malheureusement, cette motivation fut vite remplacée par un intérêt tout à fait différent quand elle arriva sur le site d'offres d'emploi du pays. Cela la fit tiquer. Devait-elle y voir un signe ?
Cela la titilla, il fallait l'avouer. Elle inspecta la page et découvrit un onglet « Autour du Monde ». Prise dans son élan, elle cliqua dessus et atterrit sur une liste d'offres d'emploi élargie à la Terre entière. Curieuse, elle entra dans la barre de recherche le mot suivant : Avocate. Elle marqua une pause, ou plutôt une hésitation. Elle secoua la tête en se disant qu'elle faisait décidément une fixette, mais finit par ajouter deux autres mots : Avocate + Nouvelle-Orléans. Elle cliqua sur Enter et laissa le moteur de recherche faire son travail.
Alors s'étala devant elle une liste nettement plus réduite d'offres d'emploi, mais néanmoins fournie pour la taille de la ville de la Nouvelle-Orléans. Elle scrolla légèrement et constata que plusieurs options s'offraient à elle.
Hermione releva brusquement la tête, surprise par ses pensées. Non. Elle était étonnée des options qui s'offraient à qui désirait travailler dans cette ville de la Louisiane. Oui, voilà, c'était plutôt ça.
Des coups frappés à la porte de son bureau la fit sursauter et en un clic, elle avait fait disparaitre la page qu'elle était en train de consulter, une once de culpabilité montant en elle.
- Entrez ! dit-elle.
La porte s'ouvrit pour laisser apparaitre sa secrétaire qui portait sur le visage un air soucieux et désolé. Cela surprit Hermione qui se redressa et se leva dans la foulée, légèrement inquiète.
- Qu'est-ce qu'il se passe, Mary ?
- Lebosvoudmand, marmonna l'intéressée à vitesse V prime.
- Pardon ? demanda la brune, n'ayant rien compris de ce que la dame venait de lui dire.
Cette dernière inspira profondément et se tint droite avant d'énoncer clairement :
- Le boss vous demande.
Cette annonce laissa Hermione pantoise une minute. Puis, elle secoua la tête et son regard tomba sur l'écran de son ordinateur sur lequel s'affichait une certaine page quelques instants plus tôt. Était-ce… Probablement pas. Elle n'avait rien fait de mal, après tout. Il avait probablement besoin de discuter d'une affaire en cours ou d'un conseil – pourquoi pas après tout ?
- Bien, Mary. Je vous remercie, conclut la brune avec un sourire.
La secrétaire fixa Hermione encore quelques secondes d'un air inquiet avant de sourire pauvrement et de sortit avec un hochement de tête. Hermione inspira profondément une fois sa collègue sortie et lissa la veste de son tailleur, se donnant un peu de courage et de calme.
Elle prit soin de fermer la porte de son office avant de se diriger d'un pas assuré, mais néanmoins lent, vers celui de son employeur. Une fois arrivée devant l'office en question, Hermione Granger, âgée de vingt-huit printemps, eut la dérangeante impression de se retrouver devant la porte du bureau de son père dans sa maison d'enfance des années en arrière. Elle était alors âgée de sept ans. Après avoir fait une bêtise, sachant pertinemment bien qu'elle allait se faire gronder, elle avait pris son courage à deux mains et décidé qu'elle allait assumer son erreur, quitte à ne pas pouvoir aller jouer avec ses amis durant une semaine, deux, le temps que ses parents jugèrent nécessaire.
Ce flash la quitta instantanément et elle frappa deux coups. Un « Entrez ! » retentit de l'autre côté de la porte et elle inspira profondément en actionnant la poignée. Une fois à l'intérieure, elle fut accueillie par un « Hermione ! Entre, je t'en prie. » assez tonitruant. Dos tourné, occupée à fermer la porte, la jeune femme fronça rapidement les sourcils, ne s'attendant définitivement pas à cet accueil.
- Installe-toi, l'invita Maitre Tommson.
- Vous m'avez demandée, c'est bien cela ? s'enquit Hermione en s'exécutant.
- En effet, répondit l'homme.
Il se redressa sur sa chaise de bureau et se pencha par-dessus celui-ci dans le but de créer une proximité avec Hermione. Mais cette dernière, comprenant tout à fait l'intention première de ce geste, en comprit également l'arrière-pensée. En premier lieu, il voulait créer un espace intime, proche, de confiance mais il voulait aussi annoncer à Hermione quelque chose qui n'était probablement pas facile. Elle avait remarqué que cela faisait partie des réflexes humains lorsqu'une conversation sérieuse devait être abordée. Pour lui faire comprendre qu'elle ne désirait aucunement cette proximité, elle se recula et se calla dans le fond de sa chaise, jambes et mains croisées.
- Comment te sens-tu, Hermione ?
Qu'est-ce qu'elle disait ?
- Je me sens bien, je vous remercie.
Son employeur se lécha les lèvres, pensif.
- Es-tu satisfaite de ton travail ici ? Je veux dire, penses-tu que l'ambiance te convienne ?
Hermione haussa un sourcil presque impérieux. Elle s'en rendit compte et le baissa immédiatement, ne voulant pas risquer d'être prise pour une impertinente.
- L'ambiance me plait énormément et je m'entends parfaitement bien avec mes collègues, dit-elle. Je pense même pouvoir affirmer que ces sentiments sont réciproques. Quant à mon métier d'avocate, cela a été pour moi une vocation. J'ai toujours eu ce besoin de justice et d'égalité en tout domaine. Évidemment, vous le saviez déjà puisque… c'est ce que je vous ai dit lors… de mon entretien, termina-t-elle avec une certaine retenue, yeux plissés.
- Oui, en effet, j'étais déjà au courant, acquiesça l'autre avec ferveur, et je suis ravi d'entendre que tout se déroule pour le mieux de ton côté…
Il marqua une pause qui alerta Hermione. La jeune femme se redressa sur son siège – avec les années, elle avait appris à reconnaitre les prémices d'un mensonge ou d'une omission.
- À quoi pensez-vous, Monsieur ? s'enquit la brune.
- Unh ? fit l'intéressé d'un air faussement distrait. Oh ! Euh, oui, il y a bien quelque chose…
Il marqua une pause et se calla contre le dossier de sa chaise de bureau, croisa les doigts, tapotant quelques instants ses lèvres du bouts de l'index. Il ouvrit ensuite la bouche, pour la refermer immédiatement. Il recommença cela deux autre fois, l'angoisse d'Hermione montant elle aussi de deux crans. Sa respiration se fit courte et son estomac se serra, au rythme de son angoisse.
Son employeur poussa soudainement un profond soupir et posa son regard sérieux, décidé, sur sa subordonnée.
- Bien que je n'apprécie guère cette idée, Hermione, commença Tommson, je pense que cela est nécessaire. (Hermione fronça les sourcils, perplexe.) Depuis quelques temps, je trouve que tu t'es un peu dispersée, tu a perdu ta… ferveur habituelle et la réputation du cabinet en pâtit.
- Vous voulez me virer, c'est cela ? couina Hermione.
- Quoi ? s'étonna-t-il, pris de cours. Non ! Bien sûr que non.
Hermione souffla bruyamment, une main sur le cœur. Son estomac se relâcha et elle put respirer à un rythme plus lent. Ses yeux vrillaient dans tous les sens. Elle avait eu tellement peur de perdre son travail. Se retrouver sans salaire. Aurait-elle alors été capable de payer son appartement ? Si oui, pendant combien de temps ? Aurait-elle réussi à retrouver un job avant d'arriver dans le rouge ? Ou aurait-elle été obligée de retourner vivre chez ses parents ?
Ses parents. Cela faisait un moment qu'elle ne leur avait plus parlé. Quel mois était-ce ? Ah oui : c'était début décembre et elle était revenue de son voyage fin septembre. Deux mois. Deux longs mois qu'elle ne leur avait plus parlé. Mais également trois mois qu'elle savait qu'elle était une sorcière.
- Donc, comme je le disais, Hermione, reprit Maitre Tommson, tirant l'intéressée de ses pensées affolées, je n'aime guère l'idée que j'ai eue, mais je considère nécessaire…
Sa pause remit Hermione dans un état similaire à celui dans lequel elle était quelques instants plus tôt. Décidément, cette phrase en suspens était la chose la plus horrible qu'elle ait jamais vécue jusqu'à maintenant.
- Que tu prennes des congés, termina l'homme.
Cette déclaration laissa la place à un silence de plomb, inattendu. La brune cligna des yeux un nombre incalculable de fois. Venait-il vraiment de lui demander de prendre des congés ? Cette demande la laissa bouche bée il devait y avoir erreur sur la personne. Elle n'était certainement pas du genre à prendre un congé maladie – parce que c'était bien de cela qu'il s'agissait : d'un congé maladie. Il la pensait malade ou fatiguée, donc il voulait l'écarter du milieu avec l'espoir qu'elle reviendrait en forme.
Mais il n'y avait pas de remise en forme qui comptait.
Et là, Hermione réalisa. Peut-être que la proposition de son boss n'était pas, tout compte fait, mauvaise ? Après tout, pourquoi aurait-elle passé son temps à repenser à ses vacances et à chercher des réponses auprès de sorciers ? Maintenant tout prenait sens, tout devenait plus clair. Elle comprenait enfin pourquoi son travail, sa vie à Londres, lui semblaient perdre du goût voire du sens. Et cette annonce qu'elle avait vue sur Internet ? N'était-ce pas un signe ? Certainement, les sorciers y croyaient, aux signes. Alors, par conséquent, elle y croirait aussi. Elle y croyait aussi.
Hermione se mit à hocher la tête, comme si s'étalait devant elle l'évidence ultime. Elle reposa son regard, cette fois-ci déterminé, sur son employeur et lui adressa encore une fois la parole, peut-être la dernière :
- Peut-être que vous allez croire que je prends cette décision sur un coup de tête, commença-t-elle avec une profonde inspiration, attirant l'entière attention de son manager, mais je démissionne !
Tommson la regarda comme si elle avait perdu la tête puis sembla réaliser la perte que représentait le départ d'Hermione. Il sauta presque sur ses pieds, désireux de la retenir, de la faire revenir sur sa décision. Une main implorante tendue vers la jeune femme, il dit :
- Mais enfin, Hermione, réfléchis un peu. Tu…
- Mais c'est tout réfléchi ! le coupa-t-elle. Je m'en vais de ce pas écrire ma lettre de démission. Par contre, je tiens à ce que cela reste confidentiel. Je tiens à personnellement annoncer la fin de ma collaboration avec le cabinet.
Et elle quitta le bureau, sourire aux lèvres, yeux brillants, laissant derrière elle un homme complètement pris au dépourvu avec la sensation désagréable de s'être fait couper l'herbe sous le pied.
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Hermione n'avait pas perdu de temps. Pour dire vrai, lorsqu'elle avait remis les pieds dans son bureau juste après son entrevue à l'issue définitive, elle s'était emparé d'un stylo à bille et avait alors écrit d'une main décidée et assurée sa lettre de démission. Telle une évidence, les mots lui venaient. Et les coucher sur le papier lui fit d'autant plus comprendre que c'était la meilleure chose à faire pour elle. Son cœur s'allégeait à chaque trait, chaque courbe la rendait euphorique. Une fois signée, elle chercha après une enveloppe dans laquelle elle glissa le précieux papier qu'elle emporta avec elle, histoire de ne pas la perdre.
Elle ne devait pas la donner tout de suite. Elle avait quelque chose à faire avant. Enfin, plusieurs petites choses…
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La vision d'Hermione lui coupa le souffle. Quand elle avait ouvert la porte, elle s'attendait à tout sauf à la voir, elle, debout sur le pas de leur maison. Emmitouflée dans sa veste et perdue dans son écharpe, ses yeux brillaient d'une lumière nouvelle – ou plutôt de la même lumière qui avait éclairé ses yeux à son retour quelques deux mois auparavant. Sa bouche était tordue en un sourire désolé, mais cachait une espièglerie qu'elle et son mari ne tarderaient probablement pas comprendre.
Le cœur battant, une main sur la poignée de la porte, l'autre sur sa bouche bée, Jane Granger ne pouvait se retenir de fixer sa fille comme si elle était une apparition.
- Bonsoir maman, souffla Hermione.
Non, ce n'était clairement pas une illusion. Jane sortit brusquement de sa torpeur et tira sa fille à l'intérieur, claqua la porte d'entrée et l'étreignit à l'étouffer. Cela faisait tellement longtemps. Et elles s'étaient quittées en si mauvais terme. Elle en avait tellement souffert. Mais voir sa fille devant elle, s'étant d'elle-même présentée, lui allégea le cœur. Elle se sentit recouvrer son énergie.
- Mon bébé… murmura Jane, le sanglot dans la voix.
Hermione lui rendit son étreinte, enfouissant son visage dans le creux de son cou. La brune s'écarta ensuite et posa ses mains gantées sur les joues de sa mère, essuyant les larmes qui y coulaient.
- Je suis désolée, maman. Si tu savais comme je suis désolée.
- Chuuut ! Ne t'excuse pas, c'est à nous de le faire.
- Jane ? Qui est-ce ? s'enquit Robert, sa voix provenant du salon.
- Viens, ma chérie, dit Jane à Hermione, l'entrainant doucement avec elle. Robert, regarde qui est là, lança Jane à son mari qui se retourna sur le canapé.
Robert écarquilla les yeux à la vision de sa fille. Il mit cependant moins de temps que sa femme à venir serrer sa fille dans ses bras. Il sauta presque par-dessus le canapé et la force avec laquelle il étreignit Hermione la fit suffoquer.
Quand Robert s'écarta pour dévisager sa fille, cette dernière fit alterner son regard entre ses parents, bien décidée à leur annoncer la nouvelle.
- Papa, maman. J'ai quelque chose à vous dire.
- Bien sûr ! Viens, assieds-toi, l'invita son père.
Hermione regarda ses parents s'asseoir, mais elle préféra rester debout. Elle se débarrassa de son manteau ainsi que de son écharpe et de son bonnet tout en cherchant par où commencer. Elle avait tellement de choses à leur dire. Elle devrait choisir lesquelles leur annoncer. Elle savait déjà néanmoins qu'elle ne leur dévoilerait pas qu'ils avaient failli la condamner en lui cachant ses pouvoirs – ce serait les faire culpabiliser pour rien.
Elle opta alors pour leur expliquer ce qu'elle avait ressenti et pourquoi elle était partie telle une furie le soir de son retour. À partir de là, les mots sortirent d'eux-mêmes, sans ordre précis, mais ils surent tout ce qu'ils devaient savoir : la préoccupation qu'avait représenté sa recherche de réponses et les conséquences sur son travail, les regards concernés de ses amis en la voyant manquer d'assiduité, la perte de clients et de procès, les manifestations incongrues de ses pouvoirs et habilités. Enfin, arriva le moment où elle leur expliqua sa rencontre avec Minerva McGonagall, rencontre qui les laissa bouches bées.
Les minutes se suivirent, les heures s'enchainèrent, tant et si bien qu'ils finirent par passer tous les trois à table alors qu'Hermione continuait ses explications. La jeune femme en vint alors à leur annoncer la discussion qu'elle avait eue avec son patron cet après-midi-là. Leur réaction ne se fit pas attendre : Robert et Jane, comme d'un commun accord tacite, s'entre-regardèrent et gardèrent le silence quelques instants, les yeux fixés sur Hermione. Cette dernière les regardait tour à tour, dans l'expectative.
- Mais enfin, Hermione, tu ne peux pas quitter ton travail ainsi ! finit par s'exclamer Robert.
- Et pourquoi pas ?
- Parce que cela ne te ressemble pas, tout simplement, répondit-il.
- Et si tout ce que j'avais été jusqu'à présent n'était que fadaise ? Je veux dire : est-ce que le fait de ne pas savoir qui j'étais réellement n'avait altéré ma façon d'agir ?
Robert ouvrit la bouche, mais n'ajouta rien, sentant qu'ils revenaient tous trois sur la pente glissant qui avait fait fuir Hermione fin septembre. Jane prit alors le relais :
- Ma chérie, être une sorcière ne fait pas de toi une personne complètement différente, la résonna-t-elle. Tu t'es construite en étant fidèle à toi-même. Avoir des… pouvoirs magiques ne change pas grand-chose à ta personnalité.
Hermione la fixa comme une petite fille de cinq avant de secouer la tête et de réfléchir plus assidûment aux paroles de sa mère. Au final, cette dernière n'avait pas tort. D'ailleurs, sa mère reprit la parole, exprimant ainsi les pensées qui traversaient au moment-même la tête d'Hermione :
- Est-ce qu'être une sorcière fait de toi la fille d'un autre couple ? Non. Est-ce que cela change le regard des gens sur toi ? Non. Est-ce que cela change le goût de tes aliments ou de ton plat préféré ? Non. Ces pouvoirs ne sont… qu'un don donné à une partie de la population de ce monde, mais tu n'entres pas pour autant dans un groupe privé qui t'empêche de continuer ta vie comme bon te semble. (Elle marqua une pause, captant le regard de sa fille.) Et par conséquent, ta magie ne change pas la femme que tu es. Ton père et moi te demandons alors de réfléchir avant de quitter aussi vite ton travail. Attention, reprit-elle vite en voyant Hermione, sourcils froncés, sur le point de protester, nous ne sommes pas en train de te dire de continuer à travailler là si ton cœur te dicte autre chose. Nous désirons simplement te faire remarquer que tes clients dont le dossier est encore en cours ne méritent pas que tu les laisses tomber dans l'heure qui suit.
- Je n'ai pas encore donné ma lettre ni annoncé à quiconque – excepté vous et mon patron – que je comptais quitter Londres, dit Hermione.
- Quand bien même, ma chérie. Tu dois terminer ce que tu as commencé, comme tu l'as toujours fait.
- Je ne comptais pas les laisser sans avocat, maman ! protesta Hermione.
- Tu comptes quitter Londres ? intervint Robert d'une voix blanche.
Jane et Hermione tournèrent la tête vers l'homme à la mine perplexe.
- Pardon ? fit Hermione.
- Tu viens de dire que tu comptais quitter Londres, répéta son père, espérant intérieurement qu'il avait mal compris.
- Oh ! fut tout ce qu'Hermione prononça.
La jeune femme baissa la tête vers son assiette et termina son morceau de viande sous le regard impatient voire paniqué de Robert.
- Alors tu viens de revenir et nous allons te perdre à nouveau ? s'écria-t-il presque, incapable d'attendre la réponse de sa fille.
Il l'avait élevée, il savait comment elle réagissait quand elle n'avait pas envie d'aborder un sujet. Ou bien encore quand elle leur cachait quelque chose. Il avait d'ailleurs parfois l'impression d'être plus perspicace que sa femme.
- Hermione, réponds à ton père, veux-tu ? exigea Jane.
- Je… (La jeune femme soupira et ne vit pas d'autre issue que de leur dire la vérité car quitter la maison familiale comme la dernière fois était inenvisageable.) Avant de venir vous voir, je suis rentrée chez moi, ai fait quelques cartons et suis allée me renseigner auprès d'une agence sur la procédure de vente d'un bien immobilier.
- Quoi ?
Ce ne fut qu'un souffle, mais la voix de son père résonna au milieu de la pièce comme un cri horrifié. Jane, quant à elle, garda le silence. Mais ses sourcils haussés de façon peu surprise et sévère et son dos droit la firent ressembler à McGonagall, songea Hermione.
- Tu vois ? lança Jane, bras croisés. Quand je dis qu'être une sorcière ne change rien à ta personnalité.
Hermione fronça les sourcils et dévisagea sa mère de la même façon que Robert dévisageait sa femme : où voulait-elle en venir ? Jane se leva et commença à débarrasser les assiettes, les deux autres la fixant tels deux poissons rouges.
- Tu as toujours surpris tout le monde. Et bien que tu sois une jeune femme réfléchie, tu peux parfois agir sur un coup de tête, prenant tout le monde au dépourvu, précisa Jane, légèrement sarcastique.
Cette déclaration aurait fait rire Hermione dans d'autres circonstances, mais là, elle était tout simplement ébaubie par les propos emprunts de vérité de sa génitrice. Alors c'était donc vrai ? Être une sorcière ne la changeait en rien ? Cela dit, Hermione ne savait pas sur quel pied danser avec ses parents, ces derniers temps. Deux mois plus tôt, son père gardait son calme pendant que sa mère sortait de ses gonds. Aujourd'hui, c'était l'inverse ! Jusqu'à ce que Jane se mette à être sarcastique. Hermione devait-elle y voir un quelconque signal – tel un panneau clignotant de signalisation – lui disant de se taire et de ne pas insister ? Nul ne saurait le dire…
Jane emporta les assiettes et couverts au loin, laissant Hermione et Robert se dévisager en silence, tous deux surpris par ce qu'il venait de se passer. La mère de famille revint :
- Tu es majeure et vaccinée, annonça-t-elle en empoignant deux casseroles, une dans chaque main. Tout ce que je te demande, c'est de réfléchir quelques instants et d'organiser ton départ.
- Quoi ?! Mais… voulut intervenir Robert.
- Laisse-moi finir, Robert, le fit-elle taire. (Elle alla poser les casseroles sur l'ilot central et revint, s'emparant alors des boissons.) Si tu veux aller vivre à la Nouvelle-Orléans, grand bien te fasse ! Mais, pour l'Amour de Dieu, termine tes dossiers ! Ne laisse pas tes collègues avec ce travail sur les bras.
Hermione se leva brusquement, emporta les sous-plats et les sets de table puis suivit sa mère dans le cuisine :
- Tu es sûre de ce que tu dis ? l'interrogea Hermione, surexcitée. Je veux dire : tu accepterais que je parte vivre définitivement à la Nouvelle-Orléans ?
- Non ! s'écria son père dans leurs dos, ignoré royalement par les deux femmes.
- Si ça te fait plaisir, soupira Jane.
Autrement dit : « Ça ne m'enchante guère plus que cela n'enchante ton père, mais j'ai la décence de te laisser faire ce dont tu as envie. ».
Hermione poussa un cri de joie et sauta dans les bras de sa mère, la serrant très fort. Elle ne pourrait jamais savoir à quel point elle était heureuse qu'elle lui ait donner sa bénédiction.
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Si quelques mois plus tôt, quelqu'un lui avait dit qu'elle était une sorcière et qu'elle allait quitter Londres pour aller vivre à la Nouvelle-Orléans, Hermione aurait ri au nez de cette personne.
Mais maintenant qu'elle était assise autour d'une table à laquelle étaient aussi attablés un agent immobilier, un notaire et ses parents, tout lui semblait beaucoup trop vrai que pour être réalisable. Un doute horrible s'empara de la jeune femme : et si ce n'était pas la chose à faire ? Et s'il était plus raisonnable de rester là où elle était et d'oublier toute cette histoire ?
Oui, ce serait définitivement plus facile.
Mais non, elle ne pouvait pas. Parce qu'elle savait que sa place était à la Nouvelle-Orléans. Sans savoir pourquoi, alors que Londres semblait regorger de personnes comme elle – des sorciers –, elle ne considérait plus son avenir que dans cette ville américaine.
Deux semaines étaient passées depuis la conversation qu'elle avait eue avec ses parents. C'était maintenant la mi-décembre et Hermione avait presque bouclé les dossiers qu'elle avait encore en cours – elle les avait d'ailleurs tous gagnés ! Son appartement avait été vidé au maximum, ses cartons triés – les affaires qu'elle allait reprendre, mises chez ses parents, les autres seraient revendues ou données aux pauvres.
Bientôt, des papiers seraient remplis, laissant la vente de son appartement à la charge de ses parents. Une fois la vente effectuée, le montant serait transféré sur leur compte personnel jusqu'à ce qu'elle leur communique son nouveau numéro de compte sur lequel ils transféreraient l'argent qui lui revenait.
- Sur ce point, intervint Hermione, je voudrais préciser quelque chose. (Elle se tourna vers ses parents et posa ses mains sur les leurs.) Comme vous m'avez aidée à l'acheter, je vous offre la moitié de la somme de la vente.
- Quoi ? La moitié ? Il n'en est pas question ! protestèrent ses parents.
- Nous t'avons aidée à l'acheter parce que tu débutais dans la vie professionnelle, qu'il te fallait un endroit à toi, contra Robert. Mais tu n'as pas à nous rendre une quelconque somme d'argent. Cet appartement t'appartient – t'appartenait et il est hors de question que tu nous donnes une partie de l'argent de la vente. Me suis-je bien fait comprendre ?
Hermione, la tête dans les épaules, eut l'impression d'avoir à nouveau cinq ans et de se faire gronder pour avoir fait une bêtise. Elle détestait cette sensation.
- Très bien, d'accord ! abdiqua-t-elle alors, mains levées en signe de reddition.
Les papiers furent signés d'un commun accord et les détails des transferts d'argent de compte à compte furent expliqués et précisés lors de l'entrevue suivante avec le banquier d'Hermione.
Le moins qu'elle pût dire, c'était que ce mois de décembre était loin d'être le plus reposant qu'elle ait vécu jusque-là…
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C'est le lundi de la semaine suivante, le lundi de sa dernière semaine de travail au cabinet d'avocats Tommson, qu'Hermione réalisa qu'il était temps pour elle d'annoncer sa démission. Et rien de tel pour cela qu'un bon diner entre amis… pensa-t-elle, mi-figue mi-raisin en réalisant ce qu'elle s'apprêtait à faire : les mettre sur le fait accompli, sans leur laisser une chance de la dissuader de partir.
Peut-être qu'inconsciemment, sa démarche avait été parfaitement établie pour justement quitter tout ce qu'elle avait connu sans être ralentie par la moindre chose. Ainsi, rien ne pourrait se mettre au travers de son chemin ni la faire dévier de son but ultime : vivre et évoluer à la Nouvelle-Orléans.
Un discussion de groupe sur Facebook et quelques jours plus tard, Hermione et ses amis se retrouvaient assis autour de la même table de restaurant – le préféré d'Hermione – pour fêter à la fois Noël et le départ encore caché d'Hermione.
Elle ne savait toujours pas comment elle allait leur annoncer, fut dit en passant.
Elle trouva enfin la force au moment où ils furent servis, sur le point de savourer leur plat. Mais elle se dégonfla quand elle tendit la main vers son verre.
Non, Hermione, tu ne peux décidément pas faire ça à tes amis les plus proches, se fustigea-t-elle mentalement. Mais d'un autre côté, elle ne pouvait les mettre littéralement sur le fait encore plus accompli quand ils reviendraient au bureau après la nouvelle année et que leur patron annoncerait à tout le monde qu'elle avait décidé de quitter son travail. Elle n'osait alors imaginer leurs têtes quand ils apprendraient celle-là ni à celles qu'ils feraient en apprenant qu'elle avait non pas uniquement quitté son travail, mais également la ville et le pays. Pour probablement… toujours.
Elle se dit alors que le meilleur moment serait d'attendre le dessert. Oui, c'est mieux. Au moins, ils auront pu profiter de leur plat sans perdre l'appétit…
Et le moment fatidique arriva, après moult éclats de rire et conversations passionnantes et drôles. C'est parti pour plomber l'ambiance… La jeune femme prit alors son verre en main et le leva, attirant ainsi l'attention de ses amis qui firent silence.
- Je souhaite porter un toast, annonça-t-elle.
Ses amis limitèrent, sourires aux lèvres.
- Tout d'abord à ce Noël que je souhaite sous les meilleurs auspices, mais aussi pour cette nouvelle année qui s'annonce riche en évènements.
Elle espérait que ses insinuations lancées graduellement les feraient réagir plus doucement que si elle avait lâché telle une bombe un joli « Joyeux Noël, Bonne Année et puissiez-vous vivre comme si rien ne s'était passé alors que je vais quitter le pays le 29 décembre ! Santé ! ».
- Je vous souhaite de vivre tout ce qui vous tient à cœur, dit-elle en pointant Jack et Marishka dont le ventre rebondi laissait entrevoir une naissance prochaine, ainsi que de sauter le pas pour faire tout ce qui vous a fait peur jusqu'ici (elle tendit son verre à Michael qui allait prochainement faire un saut en parachute). Que l'Avenir vous soit favorable parce que je ne serai pas toujours là pour vous empêcher de faire des bêtises (clin d'œil à Sonia qui avait failli partir avec un inconnu lors de leur dernière sortie en boite de nuit) ni pour vous rappeler de récupérer vos clés avant de sortir, ajouta-t-elle, cette fois-ci à l'attention de Josette qui les oubliait systématiquement, peu importe la porte qu'elles ouvraient.
Bien que cette dernière phrase les fit rire, Jack baissait son verre progressivement, à mesure qu'Hermione avançait dans son toast. Ses sourcils maintenant froncés formaient une mine perplexe et soupçonneuse sur son visage basané.
- Où veux-tu en venir, Hermione ? demanda-t-il, bien plus perspicace que prévu par la jeune femme.
L'intéressée pinça les lèvres et fixant son regard à celui de Jack alors que les autres s'entre-regardaient, largués. Hermione baissa à son tour son verre et le fit tourner sur son pied quelques instants.
- Eh bien… Ce toast est fait pour… vous remercier d'être qui vous êtes et les amis que vous êtes. Il est fait pour vous annoncer, je l'espère de façon douce que… (Elle releva les yeux et constata que ceux de ses amis ne la quittaient pas.) Que j'ai remis ma démission.
Elle poussa un petit soupir, soulagée d'avoir entamé la chose, et Michael l'imita, une main à plat sur la nappe, comme pour se retenir à quelque chose de solide :
- Ouf ! J'ai cru que t'allais nous annoncer que t'avais une maladie grave !
Hermione le dévisagea, une barre au milieu du front. Ce qu'elle avait annoncé n'était que la partie visible de l'iceberg. La partie immergée arrivait…
- Je ne fais pas que démissionner, Michael.
- Hun ? fit-il, désorienté.
- J'ai pris une décision plus conséquente que cela, précisa Hermione.
- Hermione ? dit Sonia, tendue, les yeux écarquillés d'appréhension.
- Je déménage. Ailleurs. Loin.
Marishka, une main sur le ventre, s'accrocha au bras de Jack et Sonia ouvrit la bouche, incapable de retenir son étonnement.
- Genre, très, très loin.
Hermione avait la bouche atrocement sèche. Elle tenta de résoudre son problème avec une gorgée, mais son vin ne fit qu'empirer les choses. Alors, elle se massa les tempes. Pitié, faites qu'ils comprennent.
- Tu retournes là-bas, n'est-ce pas ? s'enquit soudain Jack, sa voix brisant le silence assourdissant et oppressant autour de la table.
Les cheveux d'Hermione furent pris d'un sursaut quand elle releva la tête précipitamment, surprise qu'il ait compris et également soulagée de ne pas avoir à le dire elle-même à haute voix.
- Retourner où, Jack ? couina Marishka.
- Où est-ce que tu pars, Hermione ? Dis-nous, l'implorèrent Sonia et Josette.
- Je m'en vais vivre en Amérique, lâcha-t-elle alors.
Michael finit d'une traite son verre de vin et se resservit. Josette tendit le sien parce qu'elle avait elle-aussi besoin de boire un verre. C'était impossible. Hermione ? Partir ainsi ?
- Pourquoi tu ne nous as rien dit ? l'interrogea Marishka, penchée en avant autant que son ventre le lui permettait.
Elle ouvrit la bouche au même instant que Josette lui demandait si elle avait rencontré quelqu'un à la Nouvelle-Orléans qui la poussait à aller le rejoindre. Sonia, tout aussi romantique que sa collègue, soupira d'un air rêveur. Hermione secoua la tête de plus belle, cherchant désespérément à leur faire comprendre que cela n'avait rien avoir avec une rencontre, parce que, bien qu'elle ait rencontré des gens, ils n'y étaient pour rien dans sa décision de partir.
- Vous n'y êtes pas ! les interrompit-elle dans leur rêverie. J'ai décidé de partir pour moi et uniquement pour moi. J'ai découvert quelque chose de beau dans cette ville et je désire simplement pouvoir en profiter sans restriction aucune.
Ça y était. Tout était dit. Plus rien n'était à cacher. Un silence intense et long prit place autour de la table. Michael regardait dans le vide, choqué par la nouvelle tandis que Sonia et Josette essuyaient quelques larmes. Jack et Marishka s'étaient rapprochés, se tenant mutuellement les mains, front contre front, comme dans une bulle personnelle. Hermione, elle, tentait de faire bonne figure, mais même la glace Brésilienne que la serveuse plaça devant elle ne put lui remonter le moral. Elle savait que ce qu'elle annonçait était difficile à comprendre et à digérer, mais…
- On te souhaite tout le bonheur du monde, Hermione, entendit-elle soudainement.
Marishka, un doux sourire aux lèvres, regard humide, levait son verre à l'attention de la jeune femme sur le départ, lui donnant tout ce dont elle avait besoin pour avancer en toute sérénité. Jack, surpris par la décision de sa femme, la couvait d'un regard néanmoins tendre et amoureux. Michael, à qui il n'en fallut pas plus pour le faire revenir sur sa décision, leva lui aussi son verre en haussant les épaules, comme si le simple fait que Marishka ait décidé qu'ils accepteraient le départ de leur amie était ce qu'il fallait pour le faire partager l'avis général. Sonia et Josette furent les dernières à se reprendre, mais chacune à leur tour, elles prirent leur amie dans leurs bras, laissant un bisou humide de larmes sur les joues d'Hermione.
Cette dernière sentit son sourire lui revenir petit à petit et alors, son verre levé, ils trinquèrent tous à l'Avenir qui s'annonçait vraiment sous les meilleurs auspices possibles.
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Avant de partir, Hermione avait tenu à fêter une dernière fois Noël avec ses parents et le reste de sa famille. C'était d'ailleurs le premier Noël pendant lequel elle posa beaucoup de questions sur sa tante Bertha. Elle se sentait beaucoup plus proche d'elle d'un coup, et aucun autre membre de la famille n'aurait pu comprendre les regards échangés entre Jane, Robert et leur fille.
C'est également ce soir-là qu'elle dut annoncer à toute sa famille sa décision de quitter le pays et d'aller s'installer aux États-Unis. Certains trouvèrent l'idée ridicule, d'autres la trouvèrent aventureuse. C'était un pas à faire et comme l'avait souligné si sagement sa grand-tante paternelle, Amely, elle pourrait toujours revenir vivre chez ses parents le temps de retrouver un appartement en Angleterre, si cela s'avérait nécessaire.
Les jours qui précédèrent son départ furent les plus tristes et les plus beaux de sa vie jusqu'à présent. Tant d'émotions mélangées. Tant de souvenirs. Elle vaquait, seule ou avec ses parents ou encore ses amis, dans les rues de Londres, profitant des derniers instants qu'elle vivait là. Elle ne savait pas si elle allait y revenir, ne serait-ce que pour un court séjour.
La veille de son départ pour l'Amérique, ses parents et elle avaient convenu qu'elle irait dormir chez eux et qu'ils l'accompagneraient à l'aéroport. Ce jour-là, quelques heures avant de se diriger vers la maison parentale, avant de quitter pour la dernière fois son appartement – qu'elle remercia d'ailleurs pour les belles années vécues en son sein –, une inspiration soudaine la fit prendre du papier et un Bic. Elle inscrivit sur le papier les mots qui lui venaient, le message qu'elle voulait transmettre.
Alors, la veille de son départ, avant de se rendre chez ses parents, Hermione Granger, le nez en l'air, regarda sa lettre s'envoler dans les airs…
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Quelque part dans la foule, avançait au hasard une jeune femme.
Elle n'était sûre de rien, excepté que la Saint-Sylvestre à la Nouvelle-Orléans était la chose la plus extraordinaire qu'elle ait jamais vécue jusqu'à maintenant.
Cette foule euphorique à l'idée de créer de nouvelles choses, de mettre en place de nouveaux projets ou tout simplement de tirer un trait sur le passé pour mieux aller de l'avant rendait les rues de la ville encore plus belles.
Toute cette énergie rassemblée, cet égrégore puissant faisait vibrer la cité d'une seule et même force vers un endroit dont la plupart des humains n'avait pas conscience. Quoique cette pensée faisait douter Hermione : la Nouvelle-Orléans ne faisait-elle pas partie des villes les plus ésotériques du Monde ?
Les gens se mirent subitement à décompter. 10… 9… 8… Hermione se mit à rire, euphorique elle aussi. Et totalement ébahie de ce qu'elle avait osé faire en déménageant ici. 7… 6… 5… Et là, à quelques mètres d'elle au milieu de la foule, quelqu'un. Pas n'importe qui. L'une des premières personnes à qui elle avait adressé la parole lors de son voyage. 4… 3… Elle s'avança et posa sa main sur son épaule. Il décomptait, lui aussi, mais se retourna en fronçant les sourcils. Ses yeux s'écarquillèrent quand il la reconnut. 2… 1…
« BONNE ANNÉÉÉÉÉÉEEEEEE ! » cria finalement la foule.
Pris dans l'élan des fêtards, il se pencha vers elle, elle se mit sur la pointe des pieds et ils s'embrassèrent.
C'est en écrivant ces derniers mots que je me rends compte que je vous ai laissés sur le même genre de situation il y a un peu plus d'un an ^^ ahah
Reste à voir si c'est le même retournement de situation ou pas…
Je pense que vous avez compris ce que j'avais à vous annoncer... J'aurais presque envie de faire un copier-coller en vous disant que ces chapitres seront les derniers chapitres jusqu'à la suite !
Je suppose que deux choix s'offrent à vous, maintenant : la première option est de considérer cette fin comme une vraie fin. (Après tout, imaginons que JK n'ait jamais écrit l'épilogue, sa fin et la mienne restent dans la même catégorie... Non?) (Je sais aussi que je vous avais dit que je détestais les fins ouvertes - ce qui est toujours d'actualité - mais je vous confie que cette fin me satisfait plus que la précédente ahah) La deuxième option est tout simplement d'attendre la suite. J'espère simplement alors que l'Univers m'aidera et me guidera parce que j'ai tellement d'idées et il en manque encore tellement aussi que je ne sais pas par où commencer la troisième et ultime partie lol
Je suis sincèrement désolée de vous faire deux fois le même coup (j'espère que vous pourrez me pardonner !), mais sachez que je vous fais patienter dans le seul but de vous offrir quelque chose de consistant et de bien livré :-D :-D :-D [Auréole sur la tête et grand sourire]
Je vous remercie encore pour votre fidélité 3
Paix et Amour !
Anacoluthe
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