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Disclamer : Les personnages et l'univers de FullMetal Alchemist ne m'appartient pas.
Rating : M (d'un part pour la sécurité et d'autres part car il risque d'y avoir des relations sexuelles)
Bêta (lecteur/correcteur) : LindaK
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Dédicace / Note :
Je m'excuse à l'avance pour le début de se chapitre. Cela fait quelques chapitres que vous avez des passages pas forcement joyeux, je vais essayer de remédier à sa, mais je ne garantis rien (oui, je sais , je suis l'auteur, c'est moi qui décide, mais le souci actuelle est que l'auteur que je suis aime faire souffrir ces perso ^-^ ). En tout cas, merci à vous de me lire et de me laisser une trace de votre passage. Je vous souhaite une bonne lecture, à bientôt.
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Discutions sous la couette
Chap 25
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Roy arriva en courant, il ne se souvenait pas avoir déjà couru ainsi. Voila quatre jours que la mission était finie, quatre jours qu'Alphonse était arrivé à Aerugo rejoint par Winry pour rendre visite à la famille Curtis et ce matin, le général de brigade avait reçu un appel inquiétant de la part du cadet.
Il se remémora les jours passés. La bonne humeur d'Edward face à cette mission enfin achevée, les retrouvailles avec Izumi et Sid Curtis ainsi que leur fils, adopté et au soin du couple depuis presque trois ans. William, si Roy se souvenait bien. Edward et Alphonse s'était bien vite attachés au petit garçon de cinq ans. Jouant avec lui comme si c'était leur frère. Izumi Curtis était toujours malade, mais ces deux hommes veillaient sur elle avec soin. La femme avait décidé de tirer un trait sur l'alchimie mais avait été heureuse de voir qu'Edward avait ramené Alphonse, forcément une grande et longue conversation avait suivi cette nouvelle, mais Edward avait juste reçu une pichenette avant que la femme ne le serre entre ses bras, on ne peut plus fière de ce que son apprenti était devenu.
Edward avait passé ces quatre jours en compagnie de son frère et cette famille, délaissant les militaires qui avait eu droit à une semaine de vacances au vu de la mission et des complications qu'il y avait eu. Le général Mustang, sa femme et le lieutenant général étaient eux aussi encore sur place, toujours logés dans l'hôtel, profitant également de vacances bien méritées.
Roy arriva essoufflé devant le logement, il avait bien évidemment semer les autres, il avait à peine laisser le temps à Winry de finir sa phrase avant de sortir de l'auberge en courant, se demandant comment une telle chose était arrivée, et s'inquiétant plus que jamais de l'état dans lequel il allait trouver Edward.
Le militaire reprit son souffle avant de frapper à la porte, il fut accueilli par un homme qu'il ne connaissait pas mais il s'en moquait. Un peu plus loin, il aperçut Alphonse et se précipita vers lui. Le jeune homme était triste tandis qu'entre ses bras le jeune William s'était réfugié trouvant là une place de choix pour laisser place à sa tristesse. Roy passa une main compatissante autour des épaules d'Alphonse, le jeune homme le regarda un instant avec un faible sourire avant que le gradé ne balait la pièce du regard à la recherche d'Edward. Il vit Winry penché sur la table de la cuisine, préparant des sandwiches tandis que du revers de la main elle se ressuyait les yeux qui semblaient pleurer sans son accord. En temps normal, Roy aurait trouvé ce geste dégoutant mais aujourd'hui, dans ces conditions, c'était différent.
Le brun soupira en partant à la recherche d'Edward. Où avait-il disparu ?
Il fit le tour de la maison, observant les photos accrochées sur les murs, certaines représentant le couple devant leur ancien commerce à Dublith, d'autres où on les voyait plus jeunes ou encore des plus récentes avec William à leur côtés, et celle-ci ! Celle où il y avait Edward et Alphonse, petit, et une, beaucoup plus récente, elle devait dater de deux jours. Les deux garçons entouraient leur maitre, un grand sourire sur les lèvres. Roy se souvenait de cette journée, enfin ce qu'Edward lui en avait rapporté. Ils avaient passé une grande partie de la matinée à faire un court résumé de ce qui leur était arrivé chacun de leur côté, puis avaient discuté de William pour finir par quelques tours d'alchimie. Quand le blond en avait discuté, il avait les yeux qui pétillaient de joie, sa joie s'était reportée sur Roy et le reste de l'unité. Nul doute qu'après toutes les mésaventures de cette mission, Edward en avait bien eu besoin, seulement le sort semblait s'acharner sur le jeune alchimiste depuis quelques temps. Après Pinacco…
Ce fut le bruit de l'eau dans la salle de bain qui inquiéta Roy, la porte étant entre-ouverte, il la poussa davantage, remarquant que la pièce était vide. Roy soupira, se dirigeant vers la douche qui coulait avec la ferme intention d'éteindre le robinet, il tira le rideau et resta interdit. Ce qu'il vit alors lui fendit le cœur. Edward était là, assis sous le jet de douche encore habillé, les jambes repliées contre lui et entourées de ses bras, sa tête nichée au creux de ceux-ci. Ses cheveux dégoulinants accentuaient cette vision des plus sombres. Lentement, Roy se pencha vers le corps du petit blond, lui frôlant à peine les épaules, il senti le jeune homme se jeter sur lui comme si c'était une bouée de sauvetage. Chose qui était vraie le cas présent. Roy se retrouva donc à son tour trempé mais c'était le cadet de ses soucis. Edward était là, trempé jusqu'à l'os, s'accrochant à lui avec force. Roy leva cependant l'un de ses bras pour éteindre l'eau, avant de replacer sa main dans les mèches détachés d'Edward. L'espace d'un instant, il se demanda où était passé l'élastique qui maintenait d'ordinaire ceux-ci, mais ce n'était pas réellement important. Le jeune homme resta accroché à lui et il eut bien du mal à discerner si l'eau qui dégoulinait dans son cou venait des cheveux du blond ou de ses yeux, mais qu'importe, le brun se devait d'être là pour lui, hier, aujourd'hui, demain. Roy se promit à cet instant de toujours être présent pour Edward. Accroché là, le jeune homme ressemblait plus que jamais à ce qu'il était réellement et que peu de gens avaient vu. Un garçon de dix-huit ans, obligé de vieillir plus vite que les autres, assumant des responsabilités parfois trop grandes pour lui, mais encore un gamin. Il avait vu des horreurs dont peu avaient conscience. A cet instant, face à ce nouveau drame, c'était cet Edward là que Roy voyait. Pas le génie d'alchimiste d'état qui avait réussi le miracle de ramener le corps de son frère, et détruire une nouvelle fois les homoculus, mettant fin à une guerre qui avait à peine eut le temps de commencer.
-Ed, souffla Roy avec tendresse.
-Me lâche pas, répondit entre deux sanglots Edward.
- Jamais, assura l'homme.
Roy attendit encore cinq minutes dans cette position, Edward installé un peu plus confortablement entre ses jambes, toujours assis à même le carrelage de la salle de bain et serré entre les bras de Roy. Le gradé se décala quelque peu, attrapant tant bien que mal une serviette posée non loin de là avant de se mettre à frictionner les cheveux d'Edward. Il avait entendu la porte d'entrée s'ouvrir et se fermer sur des pas cadencés, nul doute que le reste de l'unité était arrivée.
-Je vais demander à Alphonse de te prêter des affaires, tu ne peux pas rester ainsi, tu risques de tomber malade.
Edward se contenta de s'accrocher encore plus fort à Roy, lui faisant comprendre qu'il ne voulait pas qu'il s'éloigne de lui. L'homme l'observa avant d'appeler Havoc, il ignorait pourquoi s'était toujours lui mais depuis bien longtemps il avait cessé de chercher à comprendre. Le fumeur arriva vers eux, ouvrant à peine la porte.
- Peux-tu demander des vêtements à Alphonse, pour Edward, informa l'alchimiste.
-Je vous ramène ça de suite. Edward ? interrogea l'homme en penchant la tête dans l'espoir de voir l'alchimiste.
Le blond releva à peine la tête, faisant ainsi comprendre à Havoc l'ampleur de la situation. Roy resserra d'avantage le corps d'Edward contre lui, se moquant bien de l'état dans lequel sa veste devait être à l'heure actuelle. Il fallut à peine cinq minutes pour qu'Havoc revienne avec les vêtements, il les déposa sur une chaise, posant une main affective et pleine de soutien sur l'épaule du jeune homme avant de disparaitre. Doucement, Roy repoussa Edward, le forçant à se lever à sa suite avant de le déshabiller comme si c'était une poupée de chiffon, l'homme dû se faire violent pour ne pas secouer Edward afin de le faire réagir, la situation l'atteignait plus qu'il n'aurait pu l'imaginer, bien plus que pour la mort de Pinacco. Roy attrapa une seconde serviette, sèche ce coup-ci, pour finir de s'occuper d'Edward désormais vêtu uniquement de son boxer avant de le rhabiller avec les vêtements prêtés par Alphonse. Une fois la chose faite, il termina de s'occuper des cheveux du jeune homme, cherchant des yeux l'élastique. Edward lui montra alors son poignet autour duquel le chouchou était entouré. Roy soupira en le retirant avant d'accrocher ses cheveux en une simple queue, il avait trop peur du résultat s'il testait de faire une natte. Ce fut trois coup à la porte qui sortirent Roy de cette étrange bulle. Alphonse ouvrit celle-ci, passant la tête par l'entrebâillement.
-Edward.
-J'arrive, souffla le jeune homme.
L'ainé se leva sur la pointe des pieds pour embrasser la joue du général de brigade, lui murmurant un rapide merci avant de suivre son frère. Roy déposant les vêtements humides sur le sèche serviette avant de rejoindre le duo, apercevant les membres de l'unité dans le salon entourant Winry qui pleurait sur l'épaule de Riza. Il resta là, légèrement en retrait dans cette chambre à l'ambiance tamisée. Les frères étaient serrés l'un contre l'autre, se donnant la main comme le feraient des enfants tandis que devant eux, un homme à la carrure imposante était penché sur le corps de sa défunte épouse.
Izumi Curtis était morte.
Roy aperçut le mouvement des frères, posant dans un parfait ensemble une main compatissante sur les épaules du colosse qui pleurait à chaude larmes. Le militaire observa la scène, entendant soudain les pleurs de William au-dessus de ceux de Sid. Le garçon était installé devant l'homme, assis sur le lit, blotti contre son père adoptif qui l'avait entouré de l'un de ses bras tandis que sa main libre serrait celle d'Izumi. Roy se plaça derrière Edward, posant une main sur son épaule, aussitôt le jeune homme se retourna pour se blottir contre lui, ne lâchant pas la main de son frère qui instinctivement s'adossa contre son ainé, se moquant bien de savoir si Roy pourrait supporter les deux corps ainsi calés contre lui.
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Aerugo, South City, Dublith.
Voila où l'unité de Mustang en était à l'heure actuelle. Arrêtés à Dublith pour dire au revoir à Alphonse, Winry, Sid et William qui partaient à Resembool par le prochain train. Edward les accompagnait, ayant demandé une prolongation de ses « vacances » auprès du général Mustang lorsqu'ils avaient ramené celui-ci à South City.
Cela faisait une semaine que la mission était finie et trois jours qu'Izumi était morte. Elle avait été inhumée la veille de leur départ, et Sid avait laissé ses cendres s'envoler dans les airs, comme sa femme en avait si souvent exprimé le souhait. Suite à quoi le colosse avait décidé de partir pour Resembool avec Alphonse et Winry, ne souhaitant pas rester seul dans le Sud, et William était devenu proche du couple, autant essayer de lui donner de nouveau repère fiable.
-On se revoit dans trois jours, rappela Edward.
-Je t'attendrai à la gare, confirma Roy.
-Faites attention à vous, conseilla Riza avec un fin sourire.
-Merci pour tout, répondit Winry sur le même ton.
Le sifflet du train se fit entendre, annonçant le départ imminent de celui-ci en direction d'East City. Après un dernier signe de main, ils montèrent dans le train, observant les militaires qui avaient une heure à attendre avant de prendre leur correspondance.
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-Je suis rentrée, souffla Roy en ouvrant la porte de son appartement et posant sa valise dans l'entrée.
Bien sûr il n'eut pas de réponse, du moins pas celle souhaitée. Nabot arriva vers lui et tandis que le gradé retirait ses chaussures, il s'enroula en ronronnant autour de ses chevilles.
-Tu m'as manqué aussi Nabot, confia dans un sourire le brun.
Il termina de retirer ses chaussures, puis son manteau avant d'aller voir son bureau sur lequel une pile importante de courriers l'attendait. Il l'observa un bref instant avant de retirer sa veste qu'il mit sur le dos de la chaise et s'installa sur le canapé. A peine fut-il assis que le Munchkin sauta sur le divan à côté de lui, avant de doucement s'approcher dans une demande non dissimulée de caresses. Roy esquissa un sourire avant de prendre la boule de poils dans ses bras, le gratifiant de caresses et même quelques baisers sur le sommet de la tête, faisant ronronner encore plus fort la bestiole qui en fermait les yeux de bonheur.
-Je me demande ce qu'il fait en ce moment, souffla Roy en observant l'animal pelotonné entre ses bras.
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-Tu es sûr de toi ? interrogea pour la quinzième fois Sid tandis qu'il déposait une pile de planches à côté de la précédente.
-On en a longuement parlé avec Alphonse. La maison de Pinacco est trop remplie de souvenirs et nous sommes propriétaires du terrain alors autant en profiter.
-Mais vous n'allez pas pouvoir faire ça juste à vous deux ?
-J'ai pas souvenir qu'on a dit qu'on aller faire ça nous deux, réfléchit Edward.
-Mais, entama Sid avant de se faire couper par Alphonse qui arrivaot en courant, des rouleaux de papiers dans les bras.
-Tu as fini ? questionna Edward avec un sourire.
-Oui, Winry et William m'ont aidé mais je pense qu'on a tout ce qu'il nous faut.
-Génial, s'enthousiasma l'ainé. Les portes et fenêtres seront amenées ici en début d'après midi, du coup Winry pourra voir pour les meubles à racheter.
-C'est vrai que ce serait un peu exagéré de tout faire aussi simplement.
-C'est ça, confirma Edward avec un sourire.
Sid observa les fondations de la maison qui avaient été faites la veille par des villageois, heureux de rendre service aux deux frères qui cherchaient à se bâtir un nouveau « chez eux ». Bien sûr, la nouvelle maison Elric n'était pas bâtie sur l'ancienne, elle était plus loin, et ce qui avait été une charmante demeure familiale autrefois, tas de cendre à l'heure actuelle, serait bientôt recouverte de terre avant d'être aménagée en jardin, mais pour ça il faudrait attendre le retour des beaux jours.
Les deux Elric suivis par Sid retournèrent chez Pinacco, partageant un bon repas avant de regarder ensemble les plan de ce qui serait d'ici ce soir leur maison.
-Regarde, au rez-de-chaussée, on a mis la cuisine ouverte sur le séjour, ainsi que les toilettes et une salle de bain.
-On a pensé faire comme ici, une salle de bain extérieure en plus pour quand il fait chaud, informa Winry.
-C'est vrai que c'est plaisant de prendre une douche dehors quand il fait bon, confirma Edward.
-Puis on pourra l'aménager plus tranquillement, rajouta Alphonse avec un sourire.
-C'est ça. Du coup l'escalier à droite quand on entre, et ensuite ?
-Au premier on a trois chambres, la tienne, celle pour Winry et moi, et un pour les visites.
-Et pour Sid et William ?
-Au deuxième, compléta Winry. Avec un bureau et une bibliothèque.
-Très bien. Par contre je ne garantis pas de pouvoir être fidèle au plan à cent pour cent, informa Edward.
-On fera avec, taquina Alphonse en servant les assiettes.
-Tu vas vraiment faire ça tout seul ?
-Bien sur que non, je vais commencer et Alphonse viendra me prêter main forte par la suite, répondit Edward avec un sourire. Tu peux me remettre des nouilles ? quémanda l'alchimiste en voyant la maigre part que son cadet lui avait mis.
Sid observa les deux frères, nul doute qu'Izumi aurait était très fière d'eux en apprenant qu'ils voulaient reconstruire une maison à eux, par alchimie qui plus est. La femme avait tiré un trait sur ce savoir-faire en partant vivre à Aerugo, mais de temps à autre, elle se plaisait à réparer un plat ou faire d'autres petites choses grâce à l'alchimie.
-Et voilà ! déclara avec enthousiasme Edward aux alentours de quinze heures.
Alphonse et lui avaient pris un peu plus de temps que prévu pour transmuter la maison, en partie à cause de l'amas de monde qui était venu les voir faire. Ils avaient dû mettre en place un périmètre de sécurité, juste au cas où. Fort heureusement, la transmutation s'était bien passer et désormais se dressait devant tous une charmante maison sur deux étages, d'une superficie généreuse, ressemblant mais pas trop, à la maison de leur enfance.
-Vous avez tout ce qu'il faut pour emménager ? questionna l'un des hommes qui était venu faire les fondations la vieille.
-Winry est partie voir pour les meubles.
-On a les assiettes et le linge de Pinacco, réfléchit Alphonse.
-Rhaaaa ! Bougez pas ! gronda l'homme tandis qu'il partait chez lui, suivi par une dizaine de personnes.
-Il y a un souci ? questionna Winry en arrivant avec une charrette pleine de meubles.
-Aucune idée, avoua Alphonse. Où as-tu trouvé la charrette ?
-C'est celle du père Magot, répondit simplement Winry en descendant de celle-ci avant d'aider William à faire de même.
-Vous avez acheté quoi ? s'intéressa Sid en observant la charrette pleine à ras de meubles soigneusement empilés.
-Lit, commode, meubles pour la salle de bain. Tu as pensé à faire la cuisine et les sanitaires ?
-Normalement oui, on est pas entrés, répondit Edward en échangeant un regard avec son cadet.
Comme deux enfants, Edward et Alphonse observèrent cette maison, fruit de leur travail et leur imagination. Une maison bien à eux, un chez-soi, un maison familiale. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait plus d'endroit pareil. Bien sûr, il y avait chez Pinacco ou encore à Central avec quelques endroits qu'ils affectionnaient et où ils pouvaient loger, mais un « chez eux », ils n'en avaient plus réellement depuis cette fameuse nuit.
-On rentre ? interrogea Alphonse.
-Oui, confirma Edward après un moment de silence.
Dans un silence religieux, les deux frères montèrent les trois marches qui menaient à la porte d'entrée avant de la pousser ensemble, découvrant ainsi la nouvelle demeure Elric. Winry, Sid et William les regardèrent faire, préférant leur laisser ce petit moment rien qu'a eux.
-Ça fait drôle, entama Alphonse une fois la porte ouverte.
-Tu te rends compte que c'est la première chose qu'on dit en entrant dans notre maison.
-C'est vrai que j'aurais pu trouver mieux, répondit avec un sourire géné, le plus jeune.
Edward approuva d'un sourire avant de donner une légère tape dans le dos de son cadet.
-Bienvenu chez nous, termina Edward avec un sourire franc.
Au environ de dix-sept heures, la maison était entièrement emménagée, grâce à l'aide précieuse apportée par presque tous les habitants du village. Les hommes s'étaient chargés des meubles tandis que leurs femmes et enfants avaient aidé à l'aménagement général, tous heureux d'aider les frères Elric à retrouver un « chez eux ». William s'était même fait quelques amis, tandis que le boucher du village s'était rapproché de Sid, lui proposant un emploi à mi-temps s'il le voulait. Le colosse avait décliné l'offre en ajoutant qu'il ne se sentait pas prêt à laisser William pour le moment, mais le boucher lui avait répondu que son offre était valable sur le long terme et qu'il n'hésite pas à venir le lui rappeler.
-Il faudra réaménager la maison de mamie du coup, déclara Winry en déposant le gratin de pâtes gentiment préparé par une voisine sur la table.
-On s'en occupera au fur et à mesure, répondit Alphonse en tendant son assiette pour être servi.
-J'ai discuté un peu avec l'instituteur, étrangement il se souvient bien de nous, taquina Edward à l'adresse de son frère. Quoi qu'il en soit, William pourra faire sa rentrée dès le retour des vacances, il doit nous déposer une liste de fournitures dans la semaine.
-Merci Edward, répondit Sid. Le restant de nos affaires doit arriver par le prochain train.
-Celui qui me ramène à Central ?
-Oui, approuva Sid.
-On devra donc se passer de toi pour aménager le bureau et la bibliothèque.
-T'en fais pas, je réorganiserai en revenant.
-Tu vas revenir souvent ? questionna William.
-Autant que je le peux, répondit avec sincérité Edward.
-Edward, entama avec sérieux le petit garçon, tu travailles dans quoi ?
-Je suis alchimiste, se contenta de répondre l'ainé Elric.
Cette réponse sembla suffire à William qui ne posa pas plus de questions au grand soulagement des adultes présents autour de la table. Le garçon avait entendu à de bien nombreuses reprises tout l'amour qu'Izumi portait aux militaires de Aerugo, ne se doutant pas un instant qu'une poignet des hommes en uniforme de Amestris avaient ses faveurs. En effet, la jeune femme était devenu incapable d'en vouloir à l'unité de Mustang d'avoir choisi cette vie, surtout quand elle s'était rendue compte à quel point ses hommes maternaient et veillaient sur les deux frères Elric.
Aux alentours de vingt-et-une heures, ils montèrent tous se coucher après un passage bien organisé à la salle de bain. William et Sid avaient le deuxième étage pour eux, tandis qu'Edward, Winry et Alphonse avaient le premier. Edward avait volontairement laissé la plus grande des trois chambres au couple, tandis qu'il prenait celle juste en face, laissant la plus proche de l'escalier en tant que chambre d'ami. Pour le moment les pièces n'étaient pas personnalisées, et nul doute que l'alchimiste réglerait le « souci » lors de sa prochaine venue. Il devait partir le lendemain en milieu d'après-midi pour être à Central dans la soirée et Edward devait bien se l'avouer, Roy lui manquait beaucoup plus qu'il n'aurait pu le penser. Avec la mission et tout ce qui avait suivi, il n'avait pas réellement pu être avec le brun, leur métier n'était pas des plus facile et il avait su savourer chaque soirée et nuit passées ensemble, et la présence de l'homme au regard sombre lui manquaient énormément. Il était déjà bien trop habitué à passer une partie de son temps de sommeil entre ses bras, sentir ses lèvres le taquiner ou ses mains se faire quelque peu baladeuse et caressante, sans oublier son souffle chaud dans sa nuque.
-Bonne nuit Edward, déclara la voix d'Alphonse depuis le couloir.
-Bonne nuit Alphonse, Winry, répondit Edward en se détachant les cheveux, mettant l'élastique sous son oreiller comme à son habitude.
-Bonne nuit, répondit Winry. Amour tu peux vérifier la lampe en bas je ne suis pas sûre de l'avoir éteinte.
Edward eut un moment d'arrêt. Amour ! Ce mot simple sortant de la bouche Winry était quelque chose d'étrange, plus encore quand l'alchimiste entendit la réponse de la part de son cadet.
-Je vais regarder ça cœur.
Amour ! Cœur ! Mais dans quelle dimension vivait le couple. Edward se laissa couler sous les draps après avoir ouvert les rideaux fraichement installés à sa fenêtre. Il avait toujours aimé voir le ciel étoilé quand il se couchait.
-Ils ont des surnoms affectifs, quoi de plus normal, souffla Edward en passant ses bras derrière sa tête. Est-ce qu'on en a avec Roy ? Est-ce que « nabot » peut être un surnom affectif ?
Edward s'endormit sur cette question, se promettant d'en parler avec Roy à son retour à Central.
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Durant le trajet qui le ramenait à Central, Edward avait songé à tout ce qui était arrivé ces derniers temps. Envy et les autres étaient morts, il avait résolu le mystère sur le cercle de transmutation qui avait permis de ramener Alphonse grâce à son entrevue avec le petit être derrière la porte, il avait reconstruit avec Alphonse une maison. Sans oublier la mort de Pinacco et Izumi et les conséquences que cela avait eu dans leur vie. Puis sa relation avec Roy aussi. Rien de tout ça il n'aurait pu l'imaginer !
Edward était arrivé aux alentours de vint heures à la gare de Central, il était attendu comme promis par Roy qui se fit une joie de l'aider à porter son sac avant qu'ils ne montent dans la berline du gradé pour prendre la direction de l'appartement. Le trajet s'était fait dans une discussion légère. Tandis qu'Edward était parti se doucher, Roy s'occupait du repas sous la surveillance du Munchkin qui suivait le gradé comme son ombre depuis le retour de celui-ci. L'animal n'avait même pas fait cas de la présence d'Edward dans l'appartement. Une fois sorti de la douche, Edward installa la table, retrouvant bien vite ses marques dans l'appartement du gradé tandis que Roy amenait les plats.
-Quelque chose te dérange ? interrogea Roy en voyant qu'Edward avait à peine toucher à son assiette, jouant du bout de sa fourchette avec une pomme de terre.
-Pas vraiment, répondit dans un souffle le plus jeune.
Roy n'y croyait pas, il connaissait suffisamment bien Edward maintenant pour savoir quand il avait quelque chose qui le tracassait. Sans dire un mot il se leva, faisant mine de se servir un verre d'eau avant de contourner la table pour se mettre dans le dos d'Edward. Il posa ses mains sur les épaules du jeune homme, dégageant la cascade blonde dans un geste empli de tendresse avant de commencer un doux massage faisant soupirer d'aise le jeune homme.
-Fatigué du voyage ? interrogea d'une voix tendre le brun.
-Pas vraiment, répondit Edward en penchant quelque peu la tête en arrière.
Roy n'insista pas, continua toutefois ses douces attentions sur les épaules de l'alchimiste, plus sur celle de chaire que sur celle de métal. Edward soupira faiblement en fermant les yeux avant de parler d'une voix quelque peu hésitante.
-On a des surnoms affectifs ?
Roy observa Edward, étonné par la question, le blond avait rouvert les yeux à la fin de sa phrase pour le fixer.
-Des surnoms affectifs, répéta Roy avec un fin sourire.
-Oui, comme cœur, amour, tout ça, continua Edward.
-Pourquoi cette question ? interrogea Roy en reprenant son massage.
-Hier soir, j'ai entendu Al et Winry discuter, ils s'appellent cœur et amour, comme un couple, et je me suis demandé si…
-Si nous aussi on avait ce genre d'attention ? interrogea avec le même sourire le brun.
Edward hocha la tête en fermant de nouveau les yeux sous les doigts experts de Roy qui lui procuraient tout un tas de frison. Roy se pencha vers l'oreille d'Edward avant de lui susurrer.
-Et comment voudrais tu que je t'appelle ? Nabot d'amour ? Nabot de mon cœur ? questionna avec taquinerie Roy avant de déposer un tendre baiser dans le cou du jeune homme.
-Nabot c'est ton chat, répondit Edward.
-Si tu te voyais. A cet instant tu as tout d'un chat, souffla Roy tout contre son cou avant de s'éloigner d'Edward pour se remettre à sa place.
Edward mit quelques minutes à reprendre pieds, avant d'ouvrir les yeux pour faire face a Roy, son verre de vin dans les mains en train de boire un gorge du liquide ambré.
-Tu sais, entama Roy en se pencha quelque peu pour reposer son verre, tu es le seul à qui j'ai donné un surnom, que ce soit dans mon unité ou ailleurs.
Edward se sentit rougit face à cette révélation, tandis que la main de Roy venait caresser sa joue avec douceur.
-Tu devrais manger avant que ce ne soit froid, termina Roy avec un sourire tandis que sa main quittait la joue rougie d'Edward.
Le blond approuva et commença à manger sous le regard sombre. Roy avait déjà presque fini son repas contrairement au blond. Une fois le repas fini, le couple débarrassa la table, Roy fit la vaisselle tandis qu'Edward l'essuyait et la rangeait. Quelques fois, quand le blond ne passait pas loin, Roy laissait ses mains l'effleurer, savourant cette rougeur sur les joues du jeune alchimiste et ce regard rempli de désir. Cette nuit, ils allaient être ensemble, rien qu'eux deux. Pas de mission, pas de dortoir, et demain était dimanche ! Ils pourraient donc flemmarder ou passer la journée à se câliner s'ils en avaient envie. Juste profiter de ce moment rien qu'a eux avant de retrouver la caserne, les rapports et les missions qui étaient leur quotidien.
-Tu as jamais pensé à monter en grade ? questionna Roy en se séchant les mains.
-Pourquoi faire ? répondit avec interrogation Edward tandis qu'il séchait la dernière assiette.
Roy se rapprocha du blond, collant son torse à son dos avant de passer de manière possessive ses mains autour de sa taille.
-J'ai bien envie de t'appeler « colonel » un jour, répondit Roy tout contre l'oreille du blond tandis que l'une des ses mains se glissait sous le vêtement du blond pour caresser son torse.
-Ça fait deux grades ça, répondit dans un souffle Edward.
-Tu pourrais l'être depuis longtemps, confirma Roy entre deux baisers.
Edward du se concentrer pour ne pas lâcher l'assiette qui était désormais sèche. Sentir Roy ainsi contre lui, sa main se baladant sur son ventre et remontant sur son torse tandis que ses lèvres venaient taquiner son cou à travers une série de baisers.
-Je vais me changer, souffla Roy en laissant Edward ranger son assiette.
Le brun devait s'éloigner s'il ne voulait pas sauter sur Edward dans la cuisine, le plaquant contre le mur pour échanger des baisers et plus encore. Une dizaine de minutes plus tard, Roy monta dans sa chambre après avoir prit une douche rapide, caressant le chat qui s'était installé en boule sur le canapé pour commencer sa nuit. Le brun fut ravi de voir qu'Edwards déjà installé sous les couvertures, l'ainé esquissa un sourire avant de retirer sa chemise qu'il avait passé sur ses épaules par précaution puis rejoignit Edward sous les couvertures. A peine fut-il installé qu'Edward vint se coller à lui, entremêlant leurs jambes, passant son bras de chair sur son torse et sa tête se nichant dans son cou.
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Le lundi arriva bien trop vite au goût du couple qui du reprendre la route de la caserne. Les beaux jours commençaient à arriver en ce début Avril, ils avaient donc profiter des faibles rayons de soleil de ce début de journée pour faire le chemin jusqu'à la caserne ensemble, à pieds. En chemin ils croisèrent la route d'une boulangerie et face au regard gourmand d'Edward en sentant les bonnes odeurs qui s'échappaient du bâtiment, Roy y entra, achetant des croissants pour l'unité ainsi que deux cookies encore tièdes pour manger en chemin. Il fut remercié par un grand sourire de la part du blond, qui mordit dans le biscuit avec appétit.
-Bonjour Général, saluèrent les membres de l'unité en voyant le gradé arrivé. Edward !
-Bonjour, répondirent dans un bel ensemble les deux alchimistes.
-On vous a déposé ça il y a pas cinq minutes, déclara Havoc en prenant une enveloppe posée sur son bureau.
-Merci. Pour ma part j'ai ramené ça. Où sont Hugues et ses hommes ?
-Dans son bureau, annonça Riza en prenant un croissant.
-Merci. Si vous voyez Hugues, dites lui que je veux le voir, termina Roy avant de rentrer dans son bureau après avoir déposé un rapide baiser sur le front d'Edward.
C'était le seul geste qu'il pouvait se permettre à l'égard du blond au travail sans que cela ne gêne les membres de son unité. Edward se passa une main sur le front, là où le gradé avait appliqué ses lèvres avant de prendre congé. Havoc et Breda échangèrent un regard avant de se mettre de chaque côté du blond, posant chacun une main sur les épaules de l'alchimiste pour se pencher vers lui avec un sourire.
-Alors ? Rien à raconter ? questionnèrent-ils d'une même voix avec un sourire.
-Je… bafouilla Edward.
-Tu as besoin d'un café avec le croissant. Pas de souci, vient avec nous, enchainèrent les deux hommes en prenant Edward en otage pour aller à la machine à café.
Tous observèrent la scène, ne se posant pas tellement de questions sur les agissements du duo Havoc-Breda, surtout quand Edward se retrouvait mêler à l'équation. Hugues arriva dans la pièce avec le sourire juste au moment où la porte du couloir se fermait.
-Colonel, le général de brigade veut vous voir, déclara Riza en voyant Maes arriver tout sourire dans la pièce.
-Pas de souci. Je peux ? questionna l'homme en montrant le sachet de croissant ouvert sur le bureau de Riza.
-Je pense qu'il y a le compte, répondit avec un sourire Riza.
Hugues lui rendit son sourire avant de prendre un croissant puis il frappa a la porte du bureau de son supérieur et ami avant d'y entrer et refermer la porte derrière lui.
-Mon père veut me voir ce week-end, entama le brun.
-C'est cool, s'enjoua Hugues.
-Avec Edward, poursuivit l'homme.
-Edward ? Il…
-Il se doute de quelque chose, oui, affirma Roy.
-Tu veux lui dire ?
-Je ne sais pas. J'avais d'autres projets pour ce week-end, avoua l'alchimiste de flamme.
-Comme ? s'intéressa l'homme a lunette.
Roy souffla avant d'ouvrir le tiroir du haut de son bureau, celui qui était bien souvent fermé à clé et qui contenait une paire de gants de rechange ainsi que divers objets ou carnets qui avaient une certaine importance pour le brun. Il se saisit d'un petit écrin avant de l'ouvrir, observant son contenu pour en dévoiler le contenu à Hugues.
-Tu vas, entama le brun avant de se taire. Je… Mais c'est super ça !
-J'avais prévu un bon restaurant ainsi qu'une soirée juste à nous deux sans pour autant tomber dans les clichés mais quelque chose de romantique, un minimum, termina Roy en refermant l'écrin.
-Ça me semble compromis tout ça. Sauf si tu décales à vendredi, encouragea Hugues.
Roy sembla réfléchir tandis qu'il rangeait l'écrin et refermait le tiroir à clé sous le regard amusé d'Hugues.
-Quoi ? questionna l'homme en fixant son ami de toujours.
-J'aurais jamais pensé vivre assez vieux pour voir ce jour arrivé, répondit avec un sourire le colonel.
La remarque fit sourire Roy tandis qu'ils échangeaient un regard complice.
-Faudra que tu payes un coup à boire à tout le monde, déclara le colonel.
-Plutôt un repas, enchérit l'alchimiste.
-Pas de souci, mais je veux mon coups à boire. Toi, moi dans mon bureau avec une bonne bière à discuter du bon vieux temps, expliqua Hugues.
-Je vois d'ici le tableau et la conversation, répondit avec amusement Roy. Mais du coups tu me conseilles quoi ?
- Tu n'as pas eu besoin de mes conseils pour ça, déclara Hugues avec un fin sourire en désignant d'un vague signe de la main le bureau.
-Maes, souffla Roy.
-Ecoute, ne pense pas trop, agit sans réfléchir et tout se passera bien.
-C'est ce que je t'ai dit quand tu pensais à demander Gracia en mariage ?
-Ça a bien fonctionné non. Des fois tu devrais suivre tes propres conseils mon vieux. D'ailleurs, « un soldat ne pense pas, il agit. Plus vite tu frappes, plus vite tu gagnes » ça fonctionnait bien jusque maintenant. Pourquoi vouloir changer de technique, termina dans un sourire le colonel en quittant la pièce.
Roy resta interdit quelques instants, fixant la porte refermée et le silence qui avait suivit le départ d'Hugues. Tandis qu'il mettait ses coudes sur le bureau et sa tête sur ses mains jointes, il repensa à tout ça, à ce qui était arrivé ces derniers mois, aux changements qu'il y avait eus dans sa vie, tous liés plus ou moins directement à Edward. C'est avec un sourire décidé qu'il arriva à la conclusion, qu'ils iraient bien tous les deux dans la maison de son enfance ce week-end. Mais avant ça, il avait quelque chose d'important à faire !
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Le vendredi était arrivé bien trop vite au gout de Roy. La veille au soir, il avait discuté avec Edward du week-end qui les attendait chez ses parents, Edward avait été étonné d'y être convié, déjà prêt à demander à Riza de l'héberger. Roy lui avait donc rappelé le long trajet qui les attendait pour arriver jusqu'à SouthLukya, une petite ville pas loin de South City. Il oublia volontairement de lui parler du manoir familial, ayant à de nombreuses reprises constaté la simplicité avec laquelle Edward avait été élevé et cette ambiance chaleureuse qui l'avait bercé, en comparaison avec son enfance à lui. Certes il n'avait jamais été dans le besoin, ayant mangé à sa faim, jouant et ayant tout ce qu'il voulait sans avoir à spécialement faire d'efforts, mais son enfance avait été très solitaire et le contact avec ses parents, même s'il s'était quelque peu amélioré depuis peu, avait toujours été froid. Certains s'étonnaient encore de savoir que le gradé avait quitté le domicile familial à seize ans pour apprendre l'alchimie au côté du père de Riza, mais à bien y penser, c'est à partir de ce moment-là qu'il s'était vraiment trouvé une famille. Comme une renaissance en quittant le manoir Mustang.
Pour l'heure, il était bientôt dix-sept heures et Roy tournait en rond dans son bureau. Il avait beau retourné la situation sous tous les angles, il ne savait pas comment faire et ce n'est pas les maigres conseils d'Hugues qui l'avaient aidé. Il aurait bien demandé à Havoc ou même à Falman, il avait songé à Riza aussi, mais craignait la réaction de la blonde.
-Tu as demandé à me voir ? questionna Edward en arrivant dans le bureau après avoir frappé un léger coup sur la porte entrouverte.
-Assieds-toi, invita Roy en désignant le canapé.
-Qu'est ce que j'ai fait ? Interrogea le plus jeune en prenant place sur le siège désigné.
-Pourquoi tu…
-Roy, coupa Edward, tu me fais chercher à la bibliothèque et quand j'arrive tu me demandes de m'asseoir. Pas besoin d'être une lumière pour savoir que tu as quelque chose d'important à me dire. Je doute que ce soit une mission vu que ce que nous a dit Lang mardi. J'en déduis que j'ai fait quelque chose de mal, même si je ne sais pas encore quoi, ou bien tu as un truc à me dire en rapport avec ce week-end.
-Un peu tout ça, souffla Roy. Mais non… Je… hésita Roy. J'ai quelque chose à te dire, à t'annoncer, te demander.
-Tu cherches tes mots ? C'est une première, dois-je prévenir le médecin ? questionna Edward avec humour.
-Ed, s'il te plait, reprit Roy.
Le jeune alchimiste souffla avant de s'installer confortablement dans le canapé, observant Roy retourner à son bureau, fouiller dans un tiroir avant de revenir vers lui. Roy s'assit sur la table basse face à Edward avant de commencer avec sérieux.
-Je n'avais pas prévu de te rencontrer, tu as été le grain de sable qui a chamboulé tous mes plans. Je ne m'attendais pas à me sentir aussi responsable de quelqu'un au point de toujours vouloir le protéger. Je… Tu m'as fait ressentir tout un tas de sentiments, et même certains que je n'aurais jamais penser ressentir avant de te rencontrer.
Edward observa Roy, étonné et perturbé par ces révélations. Roy était ni plus ni moins en train de lui ouvrir son cœur. Et quelque chose lui disait qu'il ne l'avait fait que très rarement, voire jamais avant ce jour.
-De l'admiration, de l'inquiétude, énuméra Roy avec sérieux. De l'amour, souffla l'homme en fixant son homologue qui rougissait à ces mots. Et bien d'autres encore... Je n'aurai jamais pensé que tu chamboulerais autant ma vie. Notre différence d'âge, notre caractère et tant d'autres choses font que nous sommes si proches et tellement différents en même temps. C'est sans doute ça qui me fait t'aimer autant.
Edward se laissa happer par les paroles de Roy, ne faisant plus attention aux membres de l'unité de Mustang qui étaient regroupés dans l'entrebâillement de la porte.
-Qu'est-ce qu'ils font à votre avis ? questionna Falman à voix basse.
-Aucun idée, mais ça doit pas être trop privé, sinon ils auraient fermé la porte, répondit sur le même ton Havoc.
Hugues de son côté se retenait de rire, se doutant de ce dont il s'agissait et voulait ne pas en louper une miette. Alors quand Havoc avait dit que Roy faisait face à Edward, il s'était jeté le premier sur la porte pour l'entrebâiller et profiter du spectacle.
-Tu es l'étincelle qui a rallumé la flamme de mon cœur, termina Roy en fixant Edward, un genou désormais à terre tandis qu'il ouvrait un écrin bleu roi devant le jeune homme plus que surpris.
-Je rêve où il est en train de…, souffla Havoc.
-Il est en train de demander Edward en mariage, affirma Hugues dans un murmure, dont les yeux brillaient bien plus qu'il ne l'aurait cru.
Dans le bureau, Edward était sans voix, entre la déclaration et le fait de voir Roy, genou à terre en train de lui demander sa main… Quoi que…
-C'est pas une bague normalement ? demanda dans un souffle le blond en fixant la gourmette délicatement posée dans la boite.
-J'ai trouvé ça plus original, avoua Roy. Tu te sens prêt à passer le reste de ta vie à mes côtés ?
-Ça dépend, tu te sens prêt à me supporter le restant de ta vie ?
Pour toute réponse, Roy se redressa, passa une main dans les mèches qui tombaient de chaque côté du visage du blond avant de sceller leurs lèvres dans un doux baiser rempli d'amour et de promesses, se souciant bien peu du public jusque-là silencieux. Ce fut le cri de joie d'Hugues qui fit sourire Roy au travers du baiser, tandis qu'Edward rouvrait les yeux qu'il n'avait pas conscience d'avoir fermés pour les tourner vers la porte. Le brun senti un léger malaise arrivé face à la situation mais décida que rien ne gâcherait cet instant, pas même la danse de la joie façon Maes qui devait sans doute avoir lieu non loin. Il caressa du bout des doigts les joues du blond qui avait coupé le baiser pour l'embrasser de nouveau. Après tout, ils étaient fiancés maintenant.
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Roy et Edward venait d'arriver à la gare de South City après pas moins de six heures de train.
-Tu es sûr que quelqu'un va venir nous chercher ? questionna Edward en voyant le quai presque désert.
-Oui, là-bas, désigna Roy.
Le blond suivit le regard du plus âgé, apercevant un homme en costume noir, l'air sévère. Il suivit Roy sans dire un mot, s'étonnant encore d'avoir été invité à passer ce week-end, aussi court soit-il chez le général et sa femme. D'ailleurs comment devait-il appeler l'homme ? Monsieur ? Général ? Beau-papa ? Edward secoua la tête pour tenter de se remettre les idées en place tandis qu'ils arrivaient devant l'homme.
-Monsieur, entama l'homme.
-Victor, salua en retour Roy. Je vous présente Edward Elric.
-Enchanté de vous rencontrer, répondit Victor.
-De même, répondit le concerné.
Ils suivirent le chauffeur car en voyant la voiture qui les attendait bien sagement, il n'y avait plus de doute sur l'identité de l'homme, mettant les bagages dans le coffre avant de démarrer direction SouthLukya.
-Comment vont Lucia et Maria ?
-Bien monsieur. Elles ont préparé votre chambre ainsi que votre repas préféré pour ce soir.
-Délicate intention de leur part, sourit le brun.
-Qui c'est ? questionna à voix basse Edward.
-Maria et Lucia sont les dames de maison, elles s'occupent du ménage, de la cuisine et quand j'étais plus petit elles étaient mes gouvernantes, informa Roy.
-C'est vrai que j'oubliais à qui je parlais, taquina Edward en murmure.
-Edward je…
-On arrive messieurs, informa Victor en coupant involontairement le brun.
Roy soupira avant de fixer l'allée qui s'étendait devant eux ainsi que la maison qui leur faisait face.
-La vache, ne put s'empêcher Edward. Les Amstrong peuvent aller se rhabiller avec leur maison familiale.
Roy ne détecta aucun moquerie dans cette phrase et ne put retenir un sourire, ignorant le regard bienveillant que Victor lança à travers le rétroviseur. L'homme avait vu grandir Roy, le voyant changé lors de son départ pour apprendre l'alchimie, puis encore en entrant dans l'armée et quand il avait rencontré Hugues. Mais l'homme qu'il avait sous les yeux était clairement différent. Il était heureux, vraiment heureux et le blond à ses côtés n'y était pas pour rien.
Victor se gara, avant de descendre et d'ouvrir la porte aux passagers. Roy sortit le premier et fixa quelques secondes le bâtiment tandis qu'Edward le détaillait clairement, étonné par de telles proportions. La demeure semblait immense et nul doute que l'intérieur devait être un labyrinthe, un peu comme la demeure Amstrong d'ailleurs.
-Tu viens, offrit Roy en lui tendant la main tandis que Victor portait déjà les bagages à l'intérieur.
Edward fondit sur cette main tendue avec un sourire franc tandis que Roy le guidait vers l'entrée, passant le bras d'Edward sous le sien dans un geste de pure affection. A peine entrés, des pas se firent entendre.
-Maria ! Ils sont arrivés !
Edward vit sortir de nulle part une femme plus petite que lui, les cheveux grisonnant coiffés en chignon tandis qu'elle portait la tenue règlementaire des domestiques, à savoir une robe noire mi-longue et un tablier blanc. A sa suite arriva une femme aux cheveux châtain clair, coiffés en queue haute, des courbes plus généreuses que la première et portant la même tenue.
-Si votre père ne nous avait pas prévenu, nous n'aurions jamais su que vous viendriez, commença Lucia en fixant Roy.
-Et pas tout seul en plus, sourit Maria.
Le brun rigola de la réaction des deux femmes avant de se laisser embrasser par chacune d'elle.
-Maria, Lucia, je vous présente Edward Elric, sourit Roy.
-Enchanté, répondit le blond.
-Ne soyez pas aussi formel, répondit Lucia avant de s'approcher de l'alchimiste pour l'embrasser sur la joue. Elle fut bien vite suivie par Maria.
-Ce n'est pas tous les jours que nous avons de la visite, alors quand ce jeune homme revient avec son fiancé...
-Que, comment vous… entama Edward tandis que Roy se passait la main derrière la nuque.
-Nous le connaissons depuis tout petit. Il invite rarement du monde ici. La dernière personne ça devait être le jeune homme à lunettes, Maes Hugues si je me souviens bien, mais ça fait un certain temps depuis cette visite. De plus cette gourmette, elle désigna le bijou au poignet d'Edward, appartient à Roy depuis toujours, il ne la donnerait pas à n'importe qui, termina Lucia.
Edward ne put s'empêcher de rougir tandis que la main de Roy glissait derrière son cou pour le caresser à la naissance de ses cheveux, sous les regards remplis de tendresse des deux femmes.
-Pensez-vous que mon père s'en doute, osa demander Roy.
-J'avoue ne plus être sûre de rien avec votre père, avoua Maria.
Roy approuva d'un signe de tête avant que Victor ne revienne dans le couloir.
-Vos bagages sont montés, la chambre est prête, je me suis permis d'allumer un feu.
-Merci Victor. Nous montons pour nous rafraichir un peu avant d'aller…
-Ils ne sont pas là, coupa Lucia. Ils devraient arriver dans une heure.
-Très bien, cela nous laisse le temps, confirma Roy avant de prendre congé et de guider Edward à travers le labyrinthe d'escaliers et de couloirs qu'était la demeure Mustang.
Ils montèrent en silence jusqu'au premier étage avant de prendre un couloir sur la droite, tourner sur la gauche et remonter un autre escalier.
-Si tu te perds, cherches après les tapis bleus.
-Les tapis bleus ?
-Au sol, répondit Roy en montrant le tissu bleu roi qui s'étendait sous leurs pieds. C'est un repère que mes parents avaient mis en place quand j'étais petit. Le bleu mène à ma chambre, le vert à la leur et le rouge au quartier des invités.
-Donc on va dans ta chambre ?
-Oui, répondit Roy en arrivant dans un long couloir. En fait, tout ce couloir était ma chambre.
-Tout ça ! s'étonna le plus jeune devant la dizaine de portes qui s'étalaient de chaque côté.
-Oui, ici il y a une chambre d'amis, là où Hugues avait dormi si je ne me trompe pas. Là c'est une salle de bain, ici une salle de jeux, celle-ci c'était la nurserie, le bureau avec la bibliothèque attenante. Une autre chambre d'amis est là, il ouvrit en grand la dernière porte, et ça c'est ma chambre.
-Et je dors où ? questionna avec malice Edward.
-Je vais te montrer, sourit un Roy taquin, en prenant Edward entre ses bras, entrant dans la pièce, fermant la porte d'un coups de pieds et déposant son fardeau sur le matelas, plus que confortable, du grand lit qui trônait au milieu de la chambre.
Edward en rigola mais son rire fut vite étouffé par le baiser que Roy avait entamé.
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Une bonne heure plus tard, Edward et Roy étaient installés dans un petit salon du Rez-de-chaussée. Douché et vêtu en propre, Edward avait troqué sa tenue habituelle pour une plus sobre, chemise blanche et pantalon noir avaient remplacés ses vêtements noirs et sa veste rouge. Quand Geoffroy et Vanessa Mustang firent leur apparition, le couple était en train de discuter devant un café encore fumant et son assortiment de petits gâteaux.
-Je m'excuse de vous avoir fait attendre, entama Geoffroy. Une affaire urgente à finir au Quartier Général.
-Pas de souci, répondit Roy en se levant pour embrasser la joue de sa mère, avant de serrer la main de son père. Il fut bien vite imité par Edward qui se trouvait un peu gauche dans ce genre de situation.
-Je me suis permis de signaler votre souci concernant les laitages aux cuisinières (domestique ?), informa Vanessa après avoir salué Edward.
-Merci madame.
-Il n'y a pas de quoi, sourit la femme.
Edward se passa une main nerveuse dans les cheveux, dévoila la gourmette qui brillait à son poignet. Depuis que Roy lui avait mis la veille, il ne l'avait pas enlevée, pas même pour se laver. Il intercepta le regard que le patriarche portait sur son poignet avant de le baisser en tirant quelque peu sur sa manche. Roy lui sourit rassurant avant de se tourner vers l'homme qu'était son père.
- Pouvons-nous aller discuter ?
-Je t'en prie, répondit Geoffroy en montrant d'un vague signe de la main la porte sur leur gauche.
Tandis que les deux militaires quittaient la pièce, Vanessa prit place sur le canapé, là où Roy s'était installé pour les attendre, elle piocha distraitement dans l'assiette de gâteaux avant de commencer à discuter avec Edward.
-Avez-vous visité le jardin ? Il n'est pas aussi beau qu'en été mais il reste tout de même agréable pour une balade.
-Non, nous sommes arrivés i peine plus d'une heure.
-Voulez-vous que je vous fasse visiter ?
-Avec plaisir, répondit Edward en finissant son café.
Vanessa retourna dans le couloir avec le jeune alchimiste. Prenant son manteau, qu'elle passa sur ses épaules, tandis qu'Edward fixait sa veste rouge accrochée là.
-J'aime beaucoup cette veste, vous vous êtes toujours différencié des autres militaires et alchimistes.
Edward rougit sous le compliment avant de passer à son tour sa veste pour suivre la femme à l'extérieur.
-Il fut un temps où il y avait une balançoire pas loin, mais Roy a grandit trop vite et nous l'avons démontée, entama la femme. Là-bas, c'est le potager de Lucia et Maria.
-C'est agréable d'avoir des fruits et des légumes du jardin à manger.
Vanessa sourit en continuant la visite. Edward vit presque chaque recoin du terrain. Le kiosque, la mare avec les canards, le bassin avec les poissons, le sapin qui avait été planté pour le premier noël de Roy, la roseraie, et tant d'autres lieux. Le jardin avait quelque chose de magique, toutes ses senteurs et ses couleurs, c'était vraiment beau.
-Je ne vous ai pas demandé, mais vous êtes-vous remis de la mission à Aerugo et la perte de votre maitre. Je.., se reprit la femme face à l'air étonnédu jeune homme, Roy nous en avait parlé sur place. Je suis vraiment désolée pour toutes ses épreuves.
-Vous n'y êtes pour rien, rassura Edward. Je vais mieux, même si ces derniers jours, semaines, se reprit le blond, ont été quelque peu difficiles.
-Le plus difficile semble être derrière vous, sourit la femme en observant le bijou qui dépassait de la manche.
Edward esquissa un sourire avant de remonter son bras sur son cœur.
-Vous ne nous jugez pas ?
-Roy a toujours été difficile à contenter, sans doute parce que nous lui avons donné très peu d'amour quand il était petit, argumenta la femme. Je n'ai jamais été surprise de le savoir Don Juan, jouant avec les femmes, cela dit, depuis que vous étiez entré dans l'armée il semblait plus calme. Je suis heureuse pour vous, pour lui. Vous vous êtes trouvés, et vu ce que vous avez traversé, je n'ai aucun doute sur votre avenir commun.
-Je… bafouilla Edward.
-Merci, sourit la femme. Quand on parle du loup…, Roy, nous sommes ici ! appela Vanessa en levant le bras pour signaler leur position.
Edward resta interdit tandis que la femme marchait vers son fils. Il la vit murmurer quelque chose à l'oreille de Roy en se mettant sur la pointe des pieds, faisant sourire ce dernier avant de rentrer pour retrouver son époux, qui devait sans doute encore être dans son bureau.
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A SUIVRE
