On se revoit à Konoha

Disclaimer : D'après les personnages de Naruto de Masashi Kishimoto. Une histoire originale de Nounouillechan. Ecrit par Chicken Poulet.

Chapitre 25

La jambe de Naruto glissa hors du lit pour tomber sur la tête d'Hinata, couchée au sol juste à côté, elle le repoussa et se releva difficilement. On pouvait rêver mieux comme réveil, ils avaient parlé jusqu'à tard dans la nuit et elle avait finit par dormir à même le sol. Cela dit, Naruto lui avait tout de même passé un oreiller et une couverture.

Les yeux encore plein de sommeil elle se tourna vers la porte pour voir une infirmière bafouiller quelques excuses en détournant le regard. Hinata remonta le draps sur sa poitrine, tout d'un coup parfaitement réveillée.

- Toutes mes excuses, je pensais que vous seriez déjà parti.

L'héritière du clan Hyûga pinça les lèvres, abandonnant toute idée de défense ou d'excuse. L'infirmière lui renouvela ses excuses et s'en alla.

Naruto laissa de nouveau sa jambe pendre hors du lit et se redressa pour regarder Hinata qui semblait vraiment agacé, il ne pouvait s'empêcher de sourire. La situation était plutôt amusante, de ce qu'elle avait vu l'infirmière devait sans doute s'imaginer qu'Hinata s'était jeté derrière le lit en l'entendant entrer.

- Je vois que la situation t'amuse beaucoup.

Il reçu la couverture en pleine face le temps de la retirer, Hinata faisait des aller et retour dans la pièce pour récupérer ses affaires.

- Juste un peu, je ne comprends pas pourquoi tu t'agites dès le matin.

- Avant midi tout le village sera au courant que j'ai passé la nuit ici et les rumeurs iront bon train.

Naruto s'assit et enlaça un oreiller.

- Et ça semble te déranger. Tu n'en a pourtant pas fait autant quand on nous a prit en photo ensemble et mit dans la rubrique des couples les plus évidents.

Hinata lui jeta un regard plein de colère l'espace de quelques instant, avant de se radoucir. Il y a plus de six mois de ça ils étaient en effet parut dans un magazine, mais il y avait le Renard argenté sur la couverture. Elle avait trouvé ça plutôt cool à l'époque et puis six mois en arrière elle était vraiment célibataire et s'en fichait. Alors que maintenant… sa situation était compliqué.

- Tu as raison, c'est stupide. Tu te sens mieux ?

Naruto la regarda enfiler son haut et le faire glisser sur sa poitrine puis recouvrir son ventre. Elle était bien plus musclée qu'avant, c'était impressionnant.

- Bien mieux, je te suis vraiment reconnaissant d'avoir passé la nuit avec moi. Tu sais, Inoue n'est pas le genre à colporter des rumeurs, elle s'est sans doute beaucoup amusée de la situation. Les infirmière qui s'occupe de moi sont choisit pour leur discrétion, mais je peux lui dire de ne rien dire de ce qu'elle a vu ce matin si tu veux.

Elle lui fit un sourire reconnaissant en se recoiffant.

- Merci mais ce n'est pas la peine.

- Tu sais, hier soir tu m'as écouté parlé sans dire grand chose. C'est à cause de Lee que tu es inquiète ?

Hinata se tendit sensiblement, un peu agacée elle se tourna vers lui.

- Suis-je à ce point transparente ?

Naruto inclina la tête sur le côté, le regard plein de tendresse.

- Pas vraiment mais hier soir t'as soigneusement évité de parler de lui et au réveil tu t'inquiète qu'on raconte que t'as passé la nuit ici. Je ne suis pas peut être pas le plus intelligent de Konoha, mais lorsque j'ai mes huit heures de sommeil je ne suis pas plus bête qu'un autre.

Hinata resta silencieuse un moment, puis elle décida d'être honnête envers lui. Naruto était son meilleur ami et sans doute l'une des personnes la plus à même de le comprendre.

- Je n'ai pas parlé de lui parce que je n'en ai pas envie. Il n'y a rien de très important entre lui et moi, on passe juste de chouettes moment ensemble. Et j'ai aucun compte à lui rendre, alors ce n'est pas la peine de parler à ton infirmière. Je reviens ce soir pour dix-huit heures, demande un futon et la télé.

Naruto resta dubitatif, mais quelques chose d'autre chassa ses inquiétudes.

- Tu comptes passer le week-end à regarder cette série pourrie ?!

- J'ai plus la clé de l'appartement de Neji et pas de télé dans ma chambre. Ils diffusent les épisodes de la semaine le week-end, c'est quand même pas grands chose pour le service que moi je te rends ! Et je t'interdis de dire du mal de ma série.

Elle lui fit un clin d'oeil en quittant la pièce.

Naruto se cala contre le montant de son lit, il profita de ces quelques minutes de bien être, avant de prendre pleinement conscience de sa solitude. Il se leva pour se placer dans l'encadrement de la fenêtre, il tendit le bras, elle était tiède, c'était plutôt agréable de la sentir couler contre sa peau.

Il ferma les yeux en sentant la culpabilité lui serrer le cœur.

Sasuke était peut être sous cette même pluie et il la maudissait. Il était peut-être seul, toujours aussi blessé mais Naruto avait la certitude qu'il n'était pas mort. Il n'avait rien pour l'affirmer, juste une certitude irrationnelle, parce qu'il ne savait pas comment vivre sans Sasuke. Il n'était pas prêt.

Pour l'aider, il s'était séparé de Kurama. Avec le recul il n'avait aucune idée de la manière dont cela pourrait lui être utile. Il avait laissé Neji partir avec lui, sans poser de question et il se trouvait bien démunie.

L'infirmière tapa deux coups à sa porte avant de rentrer.

- Cela fait plaisir de vous voir levée, la visite d'Hinata semble vous avoir fait le plus grand bien.

Il ne l'écoutait que d'une oreille distraite en se demandant s'il n'avait pas commis une grave erreur en se faisant une confiance aveugle à Neji. Et il commençait à désespérer de revoir Sasuke un jour.

- Pourquoi ce n'est pas Tsunade qui s'occupe de moi ? C'est ce qui était prévu il me semble.

- L'hôkkage a dû s'absenter de toute urgence ce matin. Mais je ferais de mon mieux pour vous accorder les meilleurs soins.

- Je le sais, je ne voulais pas être grossier.

Sa question avait sonné bien plus offensante qu'il n'avait voulu, mais la quiétude que lui avait apporté la présence d'Hinata s'en était allé avec elle. Et il avait maintenant la désagréable impression d'avoir été utilisé puis laissé à son sort.

Naruto se tourna vers l'infirmière, se forçant un petit sourire. Il retourna sur son lit pour effectuer les quelques tests de contrôle, tâchant de mettre de côté ses idées noirs.

oOo

Tsunade avait dû s'absenter en urgence, laissant à Kakashi les clés du village. C'était de plus en plus courant et il était en bonne voie pour devenir le prochain hokkage.

Il classait les rapports de la veille, sur l'incendie du quartier Uchiwa et les dégâts causés par le tremblement de terre. Ensuite il en ferait une synthèse pour chiffrer les indemnisations et tâcherai de les faire correspondre avec les fonds prévus pour les catastrophes naturelles. Ce n'était pas bien passionnant, mais il fallait bien que quelqu'un s'y colle.

Kakashi était concentré sur son travail, installé au bureau de l'hokkage. Il ne leva pas la tête lorsque Yaya entra sans frapper.

- Vous n'avez pas l'air très occupé, j'ai besoin de vous.

L'absence de gêne de Yaoshi ne le surprenait plus, et Kakashi lui répondit sur un ton détaché, tout en poursuivant son tri.

- Je suis très occupé, et nous n'avons plus aucune raison de nous voir et de nous parler.

Contre toute attente Yaya s'avança jusqu'au bureau et tira la chaise pour s'asseoir à son niveau, il baissa la voix sur le ton de la confidence et se montra assez familier.

- Kakashi, je fais face à une situation difficile et j'ai besoin de vous.

- Ton renvoi ne sera publié que dans une semaine, techniquement t'es encore adjoint au conseil. Tu peux avoir qui tu veux, je ne dis pas ça pour t'embêter, je suis réellement occupé.

Yaya jeta un coup d'œil aux rapports qu'il compilait, puis se mordilla la lèvre inférieure.

- Il s'agit d'une affaire à caractère personnelle, et aussi incroyable que cela puisse paraître mon choix se restreint à vous. On peut sans doute trouver un terrain d'entente, vous savez comme je travaille dur, accordez-moi une petite heure et je travaillerais consciencieusement pour vous jusqu'à la fin de journée.

Kakashi se redressa en soupirant.

- Au bureau de l'hokkage, la journée ne finit pas à seize heures, Yaya.

Il répondit à cette remarque par une moue interloqué.

- Vraiment ? La mienne si, et je peux vous assurer que j'aurais fini à l'heure pile. Mais puisque l'on commence à négocier je suppose que vous êtes d'accord.

Kakashi repoussa son siège, c'était un bon marché, Yaoshi n'avait qu'une seule parole.

- Pas plus d'une heure.

- Il pleut à verse, ne devriez-vous pas vous couvrir davantage ?

Il enfila sa veste et remonta la fermeture sous son menton.

- La pluie ne me dérange pas, mais tu peux me dire où nous allons ?

- Chez dame Hagoromo, elle m'a fait demander.

Il n'en dit pas plus, jusqu'à ce qu'ils arrivent sur le pas de la porte de la maison Hagoromo. Là, Yaya regarda ses pieds, puis ses mains et il se détacha les cheveux qu'il avait bien plus long qu'il n'y paraissait puisqu'ils lui tombaient dans le bas du dos.

- Une fois que tu auras fini de te recoiffer on pourra peut-être y aller ? Il ne te reste que quarante-cinq minutes, je suis gentil, je ne te déduis pas le trajet de retour.

Il noua ses cheveux en une queue de cheval puis en un chignon qui se défit en partie pour un rendu identique à celui qu'il avait défait.

- Yaoshi, j'ai déjà eu l'occasion de rencontrer dame Hagoromo, c'est le genre de personne avec beaucoup de caractère mais d'une très grande gentillesse. je ne vois pas ce qui te rends si nerveux. Elle a dû t'appeler pour que tu porte sa voix auprès du Conseil, les Hagoromo ont eu un coup dur et…

Yaya lui fit un sourire pincé et ouvrit la porte avec empressement, comme s'il voulait en finir au plus vite.

- Ce n'est rien de ce que vous pouvez imaginer, mais j'apprécie votre tentative de me rassurer. Le clan Yamashiro, auquel j'appartiens, obéis à des règles très stricte, qui nous impose la retenu en toute circonstance, au risque de le payer de nos vies. Mais tout arbres à ses branche pourri et les Kuroyama sont celles de ma famille.

- Je ne vois vraiment pas le rapport avec dame Hagoromo.

Le domaine était totalement vide, c'était plutôt inquiétant. Ils avaient traversé un premier salon et une bonne partie de la maison principale pour rejoindre une petite dépendance dans l'arrière-cours. Yaya s'arrêta devant la porte entrebâillée et regarda Kakashi droit dans les yeux, pour la première fois il lut de l'incertitude et même de la crainte dans son regard.

- Dame Hagoromo était ma sœur. Mais elle a fait des choses si horrible qu'elle a été exclu du clan. Les Kuroyama n'existait pas avant elle, c'est le seul fruit pourri de cette branche maudite et je la hais.

La voix de Kyotsune sonna douce et claire.

- Yaoshi, est-ce bien toi ? Ne reste pas sur le pas de la porte.

Kakashi n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre. Mais avant de rentrer, Yaoshi l'empoigna le bras et le mit en garde.

- Quoi qu'il arrive, ne baissez pas votre garde et faites très attention.

Puis il repoussa les portes d'un boudoir, décoré avec beaucoup de goût. Deux canapés recouverts de velours vert se faisaient face, séparé par une table basse sur laquelle était posé une bonbonnière de cristal, remplie de dragée couleur pastel.

Kyotsune portait un yukata très simple, en coton blanc sans aucune décoration, tenu par une ceinture noire. Ses cheveux noirs étaient relevés et coiffé en arrière, retenu par de longues épingles d'or au bout desquels pendaient des grelots et des ornements. Lorsque son regard croisa celui de Kakashi, elle baissa la tête et referma pudiquement les pans de yukata sur sa gorge.

- Si j'avais su que tu viendrais accompagné je me serais apprêté. Je vous présente mes respect, Hatake dôno.

- Et moi de même dame Hagoromo.

Yaoshi s'assit dans un des canapés et invita Kakashi prendre place en face de lui.

- Garde ta politesse de façade pour les autres. J'ai déjà mis Kakashi en garde contre toi, c'est mon garde du corps pour cette entrevue.

Kyotsune prit place à côté de Kakashi, se pencha vers lui tout en répondant à Yaoshi sur un ton enjôleur.

- Ton garde du corps, hein ? Je pense que c'est une bonne chose que tu n'en ai pas besoin. Je suis une toute autre personne maintenant, tu n'as rien à craindre de moi, j'imagine.

Cette réponse aussi énigmatique que menaçante fini de mettre Kakashi mal à l'aise, heureusement Yaoshi attira de nouveau l'attention sur lui.

- Tu m'as demandé de venir et je suis là, ne me fait pas perdre mon temps.

Elle se tourna vers lui, s'adossa dans le canapé et releva la tête, le jaugea au travers ses yeux toujours mi-clos.

- Très bien. Le clan Yamashiro a convoqué mon époux pour une réunion du bi de jade. Pourquoi n'ai-je pas été mise au courant ?

La pomme d'Adam de Yaoshi fit un aller-retour rapide sur sa gorge, il prit une grande inspiration pour se calmer mais semblait bien plus nerveux que pour son rapport devant le Conseil.

- Tu me l'apprends, j'ignorais qu'une réunion de cette ampleur avait été convoqué.

- Tu n'aurais été mis au courant de rien ? Tes propos empestent le mensonge !

Yaya se redressa, jetant un coup d'œil peu rassuré à Kakashi.

- Très bien, voilà tout ce que je sais. J'allais me coucher lorsque j'ai senti comme des aiguilles s'enfoncer à la base mon crâne, ce qui ne m'arrive que lorsque la vermine se trouve à proximité. Et comme à chaque fois une catastrophe est arrivée : la terre a tremblée.

Kyotsune inclina légèrement la tête sur le côté.

- Yui est à Konoha ? Elle est impliquée dans toute cette histoire ?

- Oui et c'est la seule preuve dont j'ai besoin pour que tu reconnaisses que je ne suis pas au courant de cette réunion.

Dame Hagoromo se pencha en avant et à sa manière de s'adresser à Yaya et de défendre cette Yui, Kakashi compris qu'ils étaient bien de la même famille. Mais quel genre de crime pouvait-elle avoir commis pour être exclus du clan Yamashiro ?

- Yui n'est qu'une enfant, Yaoshi. Tu ne peux pas la rendre responsable de tout tes malheurs ! Si j'avais su qu'elle était là, je serais allé la voir, il suffit d'être gentil avec elle.

- Et bien, la morsure d'une vipère est rarement mortelle, ce n'est pas pour autant que tu vas retourner les pierres de ton jardin dans l'espoir de te faire mordre.

- Tu es un mauvais grand frère Yaoshi, mauvais dans le fond, grogna-t-elle. Je suis prête à parier que tu l'as fait souffrir énormément et inutilement.

Yaya se redressa et roula des yeux.

- J'avais oublié que tu avais changé pour te transformer en reine de la compassion et de l'humilité. Hypocrite !

Kakashi tressauta, ce dernier mot avait claqué comme un coup de fouet dans l'air. Kyotsune restait calme, sa poitrine se relevait à rythme régulier, la seule chose trahissant son énervement croissant était ses lèvres légèrement pincées. Son frère poursuivit sur sa lancée.

- Tu me fais déplacer pour me demander des comptes, mais tout ce qui s'est passé ces derniers jours est entièrement de ta faute. C'est à toi, qu'il incombait de gérer les relations internationales mais dès ta première mission t'as rasé tout un village ! Et à cause de toi, la vermine s'est trouvée à faire ton travail à ta place, alors qu'elle n'a aucune des qualités requises pour !

Kyotsune avait relevé un sourcil et se tourna vers Kakashi pour apporter quelques précisions.

- Le problème des Yamashiro, c'est qu'ils n'oublient jamais rien et déforment tout à leur avantage. "Rasé tout un village", garde tes effets de manches pour le Conseil, monsieur le prétentieux ! C'était un camp de mercenaires hostile, dirigé par un petit homme ignoble. Qui s'est montré particulièrement méprisant à mon égard. Il a soutenu que "la faiblesse de mon corps et de mon esprit ne me permettait pas de tenir une discussion avec un homme". Dès lors, avais-je d'autre choix que de l'éviscérer ?

Kakashi fronça les sourcils, perplexe. Une centaine de question lui traversèrent l'esprit. Attendait-elle sincèrement une réponse ? Était-ce bien la même dame Hagoromo, qui apportait des petits plats à son mari et faisait construire un orphelinat ?

Yaoshi lui répondit sur un ton grave.

- Il n'était pas nécessaire de tuer tout le monde.

Un rictus de colère déforma le visage de poupée de Kyotsune.

- Tu pensais qu'ils allaient simplement me laisser passer mon chemin après avoir éviscérer leur chef ? Encore une fois, je n'avais pas le choix ! Un juge impartial, aurait retenu la légitime défense.

Yaya se laissa aller contre son dossier en poursuivant.

- Brûler le campement, abattre le bétail et salé le sol pour que plus rien ne pousse, Yatsune ? Ce n'était pas nécessaire, et disproportionné.

Elle baissa la tête comme une enfant prit en faute et se décida enfin à ouvrir les yeux. Ses pupilles étaient d'un rouge proche du rubis.

- J'ai perdu le droit de me faire appeler comme ça. Mais c'est un faible prix à payer pour la vie que j'ai aujourd'hui. Tu n'avais pas à me faire tomber en disgrâce devant Hatake dôno.

- Je préfère qu'il sache à côté de qui il est assis. Tu auras beau me répéter que tu as changé, je n'y crois pas. Tu as le goût du sang, Yatsune.

Elle se tourna vers Kakashi et s'adressa à lui avec le plus grand calme.

- Je ne vous ferez aucun mal. Mais il y a dans ce village, quelqu'un qui s'en prend à ma famille. Yui a peut-être causé le tremblement de terre, mais ce n'est pas elle qui a dégradé les bâtiments et déclenché l'incendie. Il n'existe personne de plus gentil et honnête qu'elle.

Sa mine était grave, elle détourna le regard un instant, sa personnalité était difficile à cerner, et à cet instant précis elle semblait complètement déchirée entre deux extrêmes.

- Quelqu'un s'en prend à ma famille. A cause de cette personne, Kôhei m'a traité comme jamais il ne l'avait fait. Et avant que nous soyons tout à fait réconciliés, les Yamashiro me l'enlèvent pour une durée indéterminée.

Des larmes s'étaient formées aux coins de ses yeux qu'elle reporta sur son frère.

- Mes instinct les plus bas me commande de tuer tous les ninjas de Konoha dont le rang excède celui de jûnin. Il faut au moins avoir ce niveau pour causer le type de dégâts qui a ravagé le quartier Uchiwa. Mais ça rendrait sans doute Kôhei très triste. Au lieu de cela, je te demande ton aide, tu as le calme et la patience qui me font défaut. Tu peux trouver celui qui menace la quiétude de mon époux, et me le remettre.

Kakashi restait de marbre, mais n'avait plus aucune illusion sur Kyotsune, elle avait tué et n'hésiterais pas beaucoup à recommencer si on ne lui laissait pas d'autre choix. Mais pour l'heure elle semblait plutôt raisonnée.

- Non.

La réponse de Yaoshi était ferme et sans appelle.

En une fraction de seconde Kyotsune ôta l'une des longues épingles d'or ornant sa coiffure, prit appui d'un pied sur la table basse et s'élança vers lui. Son pas était si léger que la bonbonnière ne que vacilla pas. Le corps de Kakashi répondit bien avant son esprit, et juste à temps pour retenir la pointe de l'aiguille à quelques centimètres de l'œil gauche de Yaoshi.

Il avait un bras passé à la taille de Kyotsune et la main fermement resserrée sur son poignet, mais il dû s'y reprendre à trois fois avant de pouvoir la désarmer. Alors, elle recourba les doigts comme des serres, prête à lacérer le visage de Yaoshi avec ses ongles. Kakashi la souleva hors de portée de son frère et elle se calma aussitôt.

- Dame Hagoromo, voilà un comportement qui ne vous ressemble pas. Allez-vous encore attaqué Yaoshi si je vous relâche.

- Je ne voulais pas l'attaquer, simplement dégrossir le crâne de cet idiot ! Il est de toute évidence bien trop épais pour comprendre les choses les plus simples.

Kakashi n'en revenait pas de devoir prononcer ces mots.

- Dame Hagoromo, pouvez-vous m'assurer que vous ne chercherez pas à "dégrossir" le crâne de Yaoshi, ou de porter atteinte à son intégrité physique de toute autre manière que ce soit ?

Elle se mordit l'intérieur de la joue et se détendit.

- C'était juste une pulsion, je peux vous assurer que je ne me laisserais plus dépasser par mes émotions.

Les cheveux défait de Kyotsune lui retombaient sur les épaules, se laissa retomber à sa place et se prit le visage entre les mains.

- Que suis-je sensé faire ? L'orphelinat est tout abîmé. Kôhei est parti. Et mon égoïste de grand frère ne veut pas m'aider ! Comme je suis malheureuse. Pourquoi m'empêche-t-il de rester dans le droit chemin ?

Yaoshi la menaça de l'index en la réprimandant.

- Espèce de renard vicieux ! Cette technique ne parvenait pas à amadouer notre mère, penses-tu que j'ai le cœur plus tendre qu'elle ? Et je ne te refuse pas mon aide, seulement je ne vais pas t'apporter une victime. Personne ne mérite de mourir des supplices inventés par ton cerveau malade.

Kyotsune se redressa tout d'un coup très intéressé, et Kakashi reconnu sa manière de négocier.

- Tu acceptes donc de m'apporter ton aide ?

- J'ai dit que s'il y a quelqu'un qui en veut à ta famille…

- Il y a quelqu'un, corrigea-t-elle.

- J'aiderais à la trouver et à la faire traduire en justice, conclu-t-il.

Elle repoussa une mèche derrière son oreille en souriant.

- Le nom de cet individu et de ses complices s'ils en a seront alors publié, n'est-ce pas ?

- Sans doute, afin de rétablir la réputation du clan Hagoromo.

Elle avança la main au-dessus de la table basse, et replia ses doigts à l'exception de l'auriculaire.

- C'est tout ce que je souhaitais entendre, faisons un marché, mon frère. Tu trouveras le ou les responsables du mal qui a été fait à ma famille. Et une sanction à la hauteur du mal fait, sera appliqué.

Yaoshi déglutit difficilement en regardant le petit doigt tendu, il enroula le sien et formula ses propres demandes.

- En aucun cas et d'aucune manière, tu ne pourras toi-même appliquer cette sanction, de manière directe ou indirecte.

Kakashi tiqua un peu, "la promesse du petit doigt" c'est un truc que l'on fait lorsqu'on est enfant pour souder une promesse.

- Je t'ai dit que j'ai changé, je n'ai plus autant le goût du sang. Alors, promettons-le !

Elle s'empressa de secouer leur main à une cadence régulière tout en récitant la comptine.

- Yubikiri genmen [enlacement des petits doigts]

Usu tsu-i-tara [si je mens]

Hari sen hon [j'avalerais] no-ô-masu [mille aiguilles] !

Yubikita [et je me couperais le petit doigt]

Elle s'apprêtait à séparer leur main d'un mouvement sec lorsque Yaoshi la retint au dernier moment.

- La sanction que je choisirais est absolu et c'est à moi de décider de ce qui est juste.

Kyotsune se redressa mais il resserra sa prise.

- Tu n'as pas le droit de changer les règles à la fin de la chanson.

- Tant que les doigts sont liés on peut promettre ce qu'on veut ! Et je n'ai pas chanté, moi.

A l'embarras de la jeune femme, Kakashi compris que Yaoshi avait mis en lumière une nuance qu'elle entendait d'utiliser à son avantage.

Ils promirent à nouveau et se séparèrent, non sans que Yaoshi ne lui dispense un dernier conseil.

- Tu étais destiné à de grandes choses Yatsume et j'en vois l'accomplissement à travers sous ton titre d'Hagoromo. Si tu as a changé autant que tu le dis, au lieu de te plaindre et de songer à tuer des centaines de personnes, tu pourrais peut-être mettre tes capacités au service d'une activité plus constructive.

Elle les accompagna à la porte d'entrée, les yeux mi-clos, la tête hautes et les épaules droites. Son maintien était parfait et elle avait retrouvé son charisme habituel. Pourtant, Kakashi ne la verrais jamais plus comme avant. Kyotsune ne lui demanda pas de garder le silence sur leur entrevue, c'était inutile. Qui pourrait croire que dame Hagoromo, le Renard Argenté de Konoha, cette redoutable femme d'affaire qui menait sa vie de famille et sa carrière professionnel de front, était une meurtrière en puissance.

L'entrevue avait durée quarante minutes, il pleuvait toujours. Kakashi avançait dans la rue, pas certain de ce qu'il venait de vivre et se concentra sur les rapports qu'il restait à compiler. Il sentit la main de Yaoshi se refermer sur sa manche, l'obligeant à s'arrêter.

- Quelque chose ne va pas ?

- Je viens de passer un pacte avec le diable, comment voulez-vous que j'aille ?! Merci

de vous êtres interposé.

Kakashi attrapa sa main et la repoussa.

- Je n'ai vu aucun pacte, vous avez juste chantonnez une comptine, c'était plutôt bizarre d'ailleurs.

- Règle n°1 ! Les Yamashiro ne mentent jamais ! (Il lui montra son petit doigt) Cette comptine a été inventé dans le temps par le fondateur de notre clan. Et pour nous, ce n'est pas des paroles en l'air ! C'est la punition qui est réservé au Yamashiro qui mentent ou ne respectent pas leur promesse !

Kakashi ne savait pas vraiment quoi répondre, alors il ne dit rien. Yaya lui était un peu moins antipathique, au regard de la personnalité de Kyotsune il semblait plutôt stable, mais désagréable.