Coucou à toutes, non je ne vous ai pas oublié même si je poste tard, mais la journée a été longue et je n'ai pas pu posté avant ! Merci à Kaname20 et Adeline pour leur review sur le précédent chapitre.
Adeline :
L'histoire va être dramatique mais pas spécialement pour Alice, elle a assez eu de dramas comme ça. Pour Edward et Bella, ce n'est encore fini par contre, même si j'ai été relativement gentille dans la suite. Tu as tout à fait raison, ils ne sont plus les mêmes qu'adolescent et c'est normal, surtout avec ce qu'ils ont vécu. La légèreté est quelque chose de présent aussi dans ce chapitre, même si moi. La vie ne peut pas être tout le temps dramatique et heureusement qu'il y a des moments de joies, même si c'est assez rare pour Bella et Edward.
Laissez moi pousser un petit coup de gueule, 2 review sur un chapitre, c'est vraiment peu. Je ne sais pas si vous imaginez le temps qu'un chapitre peut représenter et je n'ai aucune manière de savoir si l'histoire vous plaît que celui des review, surtout que vous êtes nombreuses à lire chaque semaine alors même un petit mot, je réponds.
Merci à crazybells pour la bêta lecture.
Bonne lecture.
Le temps passe rapidement jusqu'à ma nouvelle séance avec Carmen, Embry, le pompier qui est arrivé après le départ de Rachel est des plus sympathique et il a très bien réussi à trouver sa place au sein du centre et s'est même lié d'amitié avec Liam. Ce qui est une bonne chose autant pour l'un que pour l'autre puisque le plus jeune de nos pensionnaires, malgré sa bonne entente avec tout le monde, n'avait pas d'affinité particulière avec qui que ce soit.
Rosalie continue la thérapie de groupe avec Siobban, Alice et Edward, une fois tous les deux jours, elle les a tous ensemble pour une séance, en général, l'après midi, même si du coup, ils peuvent moins participer aux activités, mais la matinée de la psychologue est réservé aux séances individuelles.
Jasper, après quatre mois parmi nous, va mieux et même si ça fait un peu mal au cœur de l'admettre parce qu'après tout ce temps à le côtoyer tous les jours, on s'attache forcément, quoique qu'en dise certains, nous sommes humains après tout, il va bientôt pouvoir rentrer chez lui et sa chance est que son temps à l'armée est écoulé, il n'aura donc pas à rempiler. Avec Rosalie, nous appréhendons quelque peu les conséquences de son départ sur la thérapie d'Alice. Sur le point physique, cette dernière n'a plus aucune trace de son traumatisme crânien. Carlisle, en accord avec son collègue de Billings, lui a fait passer un scanner cérébral qui ne montre plus de trace de dommage à ce niveau là, ce qui fait que la jeune femme, a retrouvé une bonne partie de ses souvenirs de ce côté là.
En revanche, du côté de son ESPT, c'est plus compliqué. Bien qu'Alice ait retrouvé certains souvenirs liés à sa captivité et sa torture, elle ne se souvient toujours pas d'avoir fait partie des renseignements militaires. Et d'après ce que nous avons pu en déduire, elle y a travaillé pendant presque 4 ans. Rosalie travaille toujours sur ça ainsi que sur les retours de souvenirs qui sont toujours violents.
Depuis qu'Edward est venu, avec Siobban, se confier, nous n'avons plus vraiment parlé par manque de temps mais aussi parce que dès qu'il se retrouve seul avec moi, il fuit et même si ça pèse sur mes nerfs, je lui laisse du temps et de l'espace parce que confier ce genre de chose n'est pas facile et il a sans doute peur que je le juge. Ce qui n'est bien sûr pas le cas, ce n'est pas mon rôle et je serais mal placée pour le faire puisque c'est grâce aux personnes travaillant aux renseignements militaires que j'ai pu exercé mon métier dans des conditions optimales. Je me fais la réflexion que je devrais lui dire, que je ne pose aucun jugement.
Mais au lieu de chercher à lui parler, je lui ai laissé de l'espace parce que c'était plus facile que de chercher à le confronter. Plus simple que de peut-être recevoir des mots durs. Mon Dieu que je me fais pitié à ressasser cette conversation mais la réaction et les paroles d'Edward m'avaient vraiment blessé. Parce que même si je sais, à présent, qu'il ne pensait sans doute pas ce qu'il disait qu'à présent, je sais qu'il cherchait un coupable, un souffle insidieux se glisse à mes oreilles pour parvenir à ma conscience et me dire qu'il me voyait comme ça, comme une meurtrière qui tentait de se racheter.
En sortant du ranch au volant de ma voiture pour me rendre chez Carmen, je sais que je ne pourrais pas tout lui dire et Dieu sait à quel point j'ai des choses à lui raconter depuis la dernière fois. Je n'ai demandé à personne de m'accompagner à Billings parce que ça ne regarde personne qui est ma thérapeute et parce que je ne compte pas m'attarder en ville par la suite. J'arrive en périphérie de la grande ville assez tôt, comme d'habitude, de sorte que je ne sois pas coincée dans les embouteillages coutumiers des grandes villes.
Je me gare sur le même parking que d'ordinaire et je me promène jusqu'à m'asseoir sur un banc dans le parc. Étant moins stressée qu'au mois d'avril, je sors mon téléphone pour jouer à un jeu puis voyant l'heure de mon rendez vous arriver, je me lève et je vais au cabinet. Après avoir sonné, je rentre et je m'annonce au secrétaire. Il me dit de patienter quelques minutes, le temps que Carmen finisse avec son patient précédent. A 9h01, Carmen vient me chercher dans la salle d'attente pour me faire signe d'entrer dans son bureau.
J'ai mis à profit le temps d'attente pour faire le tri dans mes pensées. Carmen me reparlera sans doute d'Edward puisque je lui en avais parlé lors de notre dernière séance mais bien sûr, hors de question de lui dire quoique ce soit qui concerne son métier, je pourrais peut-être lui toucher un mot sur les paroles du militaire qui continuent de hanter mes cauchemars. Je parlerai aussi de la visite à Washington et à la Maison Blanche ainsi que de la remise de médaille.
Pour la dernière partie, j'en ai déjà bien discuté avec Rosalie, mes parents et même avec Edward, mais je ressens le besoin d'en parler avec Carmen parce qu'elle a un point de vue totalement objectif, sans parti pris, contrairement à mes proches.
Carmen, comme je l'avais deviné, m'a reparlé d'Edward et je me suis donc confiée sur les mots durs que nous avons échangés, je ne lui ai pas parlé des circonstances ni rien, mais ça fait du bien d'en parler. Elle est venue à la conclusion que ce n'était pas vraiment contre moi qu'il était en colère mais plutôt contre la Terre entière. Elle m'a demandé comment étaient nos relations maintenant et je lui ai répondu que ça allait mieux, et c'est vrai dans un sens.
-Il y a autre chose, je me trompe ? Me demande-t-elle après que nous ayons fini d'aborder le sujet « Edward ».
-Oui, je… peu après notre séance de la dernière fois, j'ai eu la visite d'un officier de l'Air Force pour me remettre une invitation pour une remise de médaille. Elle était le 15 mai, je m'y suis rendue avec deux pensionnaires du centre l'un recevait lui aussi une médaille et l'autre l'accompagnait. C'était… c'était un moment stressant et angoissant.
-Pourquoi ? Vous avez revu d'anciens collègues ou est-ce parce que vous ne vous sentiez pas légitime de recevoir ce signe de reconnaissance ?
-Les deux, je réponds. J'ai revu deux collègues qui étaient avec moi lorsque nous avons été attaqués, ils ont été moins blessés que moi mais par peur et culpabilité, je ne les avais pas contactés depuis trois ans. Il y avait aussi mon ancien colonel et mon ancien général même si je n'ai vu que mon ancien colonel. En les voyant, je me sentais encore moins légitime à recevoir cette distinction, je n'ai jamais rien fait d'extraordinaire, juste mon travail, ce pourquoi j'étais payée et on me récompense pour ça ? Ce n'est pas logique surtout que j'ai fait des erreurs qui ont coûté la vie à certains de mes collègues.
Je passe sous silence la crise d'Alice et les conséquences qui ont en découlé, suivre une thérapie en étant soi même soumise au secret médicale et lorsqu'une partie de nos problèmes les concerne, nous ne pouvons pas nous confier totalement et je comprends Siobban et Edward, qui durant leurs séances avec Rosalie, ont dû lui cacher des choses, ce n'est pas simple.
-Nous en avons déjà parlé, vous n'êtes pas responsable de la mort de vos collègues, en particulier du fiancé de votre amie.
-Je le sais bien, mais quand l'officier m'a remis l'invitation, ce… C'est comme si je ne me souvenais plus de ça. Pareil, lorsque j'ai revu mes deux anciens collègues, surtout quand mon ancienne consœur m'a blâmée, je ne lui en voulais même pas ! En fait, je me sentais juste en colère parce que nous étions dans la demeure présidentielle et que ce n'était pas le moment de régler nos comptes. Je m'énerve moi même à toujours m'apitoyer sur mon sort parce que je sais que mon cas n'est pas le pire.
-Ce n'est pas parce qu'il existe des personnes qui ont vécu des événements plus traumatisants que les vôtres qu'il faut minimiser ce que vous avez vécu. Vous avez l'impression de vous apitoyer, mais ce n'est pas le cas. Vous réfléchissez simplement un peu trop, ce n'est pas un défaut mais vous intellectualisez tout ce que vous vivez et vous vous le repassez en boucle. Vous allez devoir apprendre à plus penser au présent et au futur et moins au passé. Je sais bien que c'est compliqué et que ça va prendre du temps mais vous y arriverez.
-Je l'espère, je réponds. Tout le monde a ses doutes et ses propres peurs, mais j'ai l'impression que les miennes m'emprisonnent, que je suis moins efficace dans mon travail, moins présente émotionnellement pour ma famille et mes amis et ça me pèse.
-Je vois ça. La dernière fois, nous avions parlé de la possibilité que vous retourniez dans la ville de votre enfance, qu'en est-il aujourd'hui ? Voulez vous toujours vous y rendre, avez déjà prévu une date ?
-Pas du tout… Je ne sais pas quand j'irais mais je suis déterminée à y remettre les pieds. Edward, qui vient de la même ville que moi, m'a mis au défi d'y retourner pour qu'il réponde à certaines de mes questions et comme je veux vraiment des réponses, je sais que j'y retournerai. Quand ? Je ne sais pas. Le centre n'est pas ouvert depuis très longtemps et je ne peux pas vraiment prendre de vacances mais lorsque ce sera possible, j'irais voir mon père.
-C'est un sacré progrès que vous faites. Cependant, ce que je peux vous conseiller, c'est de ne pas trop attendre, je ne remets pas en cause votre détermination mais généralement, plus on attend, plus c'est compliqué.
-Je sais bien, mais ça fait dix ans que je suis partie, quelques mois en plus ne changeront pas grand-chose, je réponds avec un sourire.
-Comme vous le sentez. Bien, notre séance est terminée, voulez vous reprendre rendez vous pour dans trois mois ? Me demande Carmen.
-Oui, auprès de votre secrétaire ? Je demande.
-Exactement. Bonne journée Bella.
-Merci, vous aussi, je lui dis en lui serrant la main.
Je quitte le bureau de la psychologue et je reprends rendez vous pour le 3 septembre auprès de son secrétaire. Je quitte la maison qui abrite son cabinet avant de remonter dans ma voiture pour prendre le chemin du retour. Avec un peu de chance, je serais de retour pour le repas du midi et je pourrais travailler avec les chevaux cet après midi, histoire de me changer les idées.
Je suis retardée à cause d'un accident à la sortie de la ville mais ensuite le trafic est fluide alors je peux rouler tranquillement. Voyant qu'il est presque midi lorsque j'arrive à proximité de Roundup, et sachant qu'il me reste une quarantaine de minutes avant d'arriver au ranch, je m'arrête au Grand Bar et Restaurant de la ville pour manger un steak et des frites. La nourriture est très bonne et ça m'évitera de gêner Esme pendant qu'elle animera l'atelier cuisine.
Une fois mon repas terminé et payé, je reprends la route. Après avoir quitté la ville, la route n'est pratiquement qu'en ligne droite alors, tout en respectant les limitations de vitesse, j'appuie sur la pédale d'accélération pour ne pas perdre de temps. J'arrive au ranch aux alentours de 13h30 et je monte directement dans ma chambre me changer et enfiler un vieux jeans pour travailler dans les écuries, délaissant mes tâches administratives que je ferais demain.
Allongés dans les écuries, cherchant de l'ombre et de la fraîcheur, je retrouve Jagger et Pépito qui, clairement, préfèrent la neige et le froid de nos hivers à la chaleur de nos étés. Je leur prodigue une caresse à chacun avant d'apercevoir Edward dans le box de Perséphone. Le jeune homme s'est attaché à la vieille jument et ça me fait plaisir. Je regarde autour de moi et je remarque que les box de Black Spirit, de Pear et d'Hercule sont vides. Je suis étonnée de constater qu'il manque déjà les chevaux que montent habituellement Jasper et Alice. James donne son cours un peu plus tard normalement. Pour Hercule, Emmett l'a sans doute pris pour rassembler le bétail pour l'emmener au point d'eau. Il manque aussi Aramis, ce qui signifie qu'il n'est pas parti seul.
-Vous savez pourquoi James donne son cours aussi tôt aujourd'hui ? Je questionne Edward qui sursaute en m'entendant.
-Oh, aujourd'hui, il ne donne pas cours, il les emmène se promener sur le domaine, je n'ai pas voulu les accompagner, rajoute-t-il devant mon air interrogateur.
-C'est dommage, avec un soleil comme celui que nous avons aujourd'hui, vous auriez eu le droit à la longue promenade.
-Je ne voulais pas y aller, répond simplement Edward et son ton sans émotion m'inquiète alors je repose la pelle que je viens d'attraper pour rejoindre le jeune homme dans le box de Perséphone.
-Qu'est ce qu'il se passe Edward ? Je l'interroge. Tu n'as pas l'air d'aller très bien tu as mal à ta jambe ? Je demande.
-Non, tout va bien, ma jambe ne me fait pas souffrir. C'est juste… tu n'étais pas là au repas ce midi et personne ne nous a rien dit… Je… Je me faisais du soucis, ce n'est pas vraiment ton genre de louper un repas.
-Tu… Tu te faisais du soucis pour moi ? Je l'interroge, incrédule et mes yeux commencent à me piquer face à cette marque d'attention. C'est très gentil de ta part, mais j'ai simplement été retardée sur le chemin du retour et je me suis arrêtée en chemin pour manger. Il ne faut pas t'en faire pour moi.
-Pourquoi ? Tu penses que tu es moins importante que nous ? Nous aussi, moi aussi, j'ai le droit de m'inquiéter pour toi, tu es humaine alors tu n'es pas invincible.
-Je le sais et ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Edward, tu es venu ici pour guérir et pour penser un peu à toi, par pour te faire du soucis pour moi, même si j'apprécie le geste.
-Même si je t'évite depuis quelques semaines et même si je me suis comporté comme le roi des cons, tu es importante pour moi. Je sais que pour le moment, nous ne sommes pas vraiment des amis et c'est sans doute compliqué avec nos statuts respectifs mais j'espère que le jour où je partirais d'ici, tu viendras me rendre visite à Forks.
Amis, il veut que nous soyons amis. Pourquoi ce mot me fait autant souffrir ? Pourquoi est ce que je me rends compte que je n'ai pas du tout envie d'être son amie, pas si ça ne débouche pas sur autre chose ? Maintenant, ce n'est pas possible parce que ça pourrait être considéré comme de l'abus émotionnel et j'ai eu assez de problèmes lorsque j'étais à l'armée pour me dissuader d'enfreindre le règlement.
-J'attends toujours certaines réponses, je me force à dire en avalant difficilement ma salive, mon cœur se serrant.
Je lui dis ça alors que lui comme moi, savons que le jour où il sortira du centre, il est plus que probable que nous ne nous reverrons plus. Mais ça fait un peu de bien de faire comme ci. A l'armée, nous faisions pareil avec les membres de mon unité, ça nous permettait de croire qu'on rentrerait tous à la maison et qu'on irait assez bien pour tous se voir. Bien entendu, c'est complètement faux, à part lorsque nous vivions sur la même base et que personne ne quitte le service.
Et puis, il y avait les mutations. Rose et moi avons eu la chance de faire toute notre carrière sur la base de McChord Field mais Matt et Allison ne viennent pas de cette base à l'origine, ce qui me fait penser que je ne sais pas non plus où ils sont basés à présent mais puisque je ne les ai pas contactés depuis la remise de médaille, je suppose que je ne le saurais jamais.
-Tu veux toujours connaître les raisons de mon comportement face à ton père ? Demande Edward avec un sourire.
-Toujours, d'autant que c'est pas lui qui me donnera des réponses et que ça m'intrigue, je réponds avec un sourire. Je dois nettoyer les box vides mais si tu veux quand j'aurais fini, nous pourrions aller nous promener à cheval, ce serait dommage que tu manques la grande promenade, je lui propose.
-Je ne sais pas trop, tu promets de ne pas cacher mon corps dans les bois ? Me taquine Edward.
-Promis et puis maintenant que tu maîtrises un peu plus l'équitation, ce serait compliqué de t'attraper, je le taquine. Même si ma jument est plus rapide que Perséphone !
-Eh ! Même pas vrai tant que je n'ai aucune preuve alors je demande à voir, rétorque Edward en caressant les flancs de la vieille jument.
Je rigole en sortant du box pour reprendre ma pelle et je me mets rapidement à l'ouvrage, la perspective d'une promenade avec Edward me motive. Je suis soulagée que nous ayons enfin crevé l'abcès qui s'était formé entre nous. Et nous l'avons fait sans cris ni mots durs alors en plus d'être soulagée, je suis heureuse.
Alors contentes de ce petit pas entre Edward et Bella ? Ça continue dans le prochain chapitre !
