Bonjour !

Je vous partage aujourd'hui le mot « Frisson ».

Merci pour ta review Neal, et la réponse est "pas encore ensemble, ils sont juste pas doués"! XD

Bonne lecture.


La nuit s'épaississait de l'autre côté de la vitre, se collant au carreau de toute sa matière opaque, et rien ne transperçait la noirceur agglutinée autour des murs, ne laissant respirer que le silence et les deux habitants de la maison.

Monroe vaquait tranquillement aux dernières occupations de sa journée qui s'éternisait dans la langueur du soir. Rien ne venait heurter son audition délicate, seulement le chuintement de ses pieds sur le parquet, et les pages froissées par les doigts de Nick, assis dans le canapé. C'était étrangement calme, si calme qu'il put entendre Nick frissonner et tirer sur les manches de sa chemise pour tenter de couvrir ses poignets. Monroe tendit l'oreille, s'attendant à entendre son ami se lever pour attraper un plaid, mais rien. Il reposa délicatement l'horloge qu'il venait de terminer et délaissa son établi.

Sur le canapé, Nick s'était recroquevillé dans une position que Monroe avait appris à aimer, tout pelotonné sur lui-même, à moitié couché sur le flanc et les genoux remontés sur le canapé, un livre dans les mains. Il semblait concentré sur la page d'un vieux roman pris dans la bibliothèque de Monroe, aux pages jaunies par le temps et le passage des doigts, incapable de s'arracher aux mots s'alignant sur le papier. La lampe posée près du canapé laissait tomber une lumière chaude sur la forme repliée de son corps, allumant un feu chatoyant sur ses cheveux sombres, mais qui n'arrivait pourtant pas à éclipser la lueur captivée des yeux bleus glissant sur les lignes. Un nouveau frisson dressa les petits cheveux sur la nuque dénudée sans que Nick ne bouge. Monroe sourit.

Monroe s'avança, attrapa un lainage posé sur l'accoudoir d'un fauteuil, et vint se planter devant le canapé. Nick tourna une page. Il déplia le plaid duveteux et le drapa sur les épaules du lecteur. Penché sur Nick, il arrangea les pans pour recouvrir les jambes du mieux qu'il pouvait sans toucher le livre. Une page se tourna. Ses mains s'aventurèrent le long d'une cuisse, coinçant un coin derrière le genou plié, descendirent contre un mollet pour cacher les pieds sous l'épaisse couverture, puis remontèrent se saisir l'ourlet du plaid, le tirant sur un flanc alangui contre les coussins, jusqu'à l'épaule qu'il enveloppa. Une autre page. Sa main resta un instant posée sur l'épaule, hésita, remonta contre le cou, en frôla la peau toujours nue. Un frisson lui picota la paume, sans qu'il ne sache à quel épiderme il appartenait.

Nick releva la tête. Il lui sourit, glissa à l'aveugle un bout de papier entre les pages et posa le livre sur l'accoudoir, les yeux rivés aux siens. Il inclina la tête contre la main toujours lovée contre son cou, y frotta sa joue. Monroe suivit avec attention la chair de poule provoquée par le petit mouvement évoluer sur la peau froide de Nick, la vague de minuscules frissons qui courut s'écraser au bord de l'œil qui en battit des cils, recouvrant les reflets humides de l'iris. Monroe profita de l'impunité du regard voilé pour s'assoir contre lui, à la place laissée entre ses genoux et son buste. Les yeux se rouvrirent pour s'ancrer aux siens, grands, impudiques.

Une main vint s'enrouler autour de son poignet, caressant la peau fine du bout du pouce et se fut au tour de Monroe de frissonner. Nick le tira doucement à lui, avec tranquillité et assurance, sa seconde main montant se poser sur l'épaule qui le surplombait. Monroe se laissa glisser en avant mais sans aller jusqu'au bout, arrêté à quelques millimètres de la peau de Nick, prolongeant un instant l'attente qui durait maintenant depuis des semaines, juste pour le plaisir de voir d'aussi près les paupières se fermer. Il finit par remplir le dernier espace entre eux, et caressa enfin des siennes les lèvres tendues vers lui.

Ce fut doux, ce fut chaud, et cette fois-ci, Monroe sut avec certitude que le frisson fut partagé.


J'espère que cela vous aura plu, surtout toi Neal, à qui j'ai pensé tout en écrivant.

J'espère avoir pu vous apporter un peu de douceur et de réconfort en cette période angoissante !

Prenez bien soin de vous !