Titre : Amis par delà la mort

Raiting : M

Auteur : Bayla

Bêta correctrice :Resiliency6

Disclaimer :L'univers d'Harry Potter ne m'appartient pas, tout est à J.K Rowling ainsi que certaines références que je ferai sur certains films comme Twilight ou autres sont à leurs créateurs! Ulrich, Jay, Shia, Wonga, Kermitt le chef des oubliator, Naika, Mike, Annabelle, un stagiaire/recru et Skita, personnages figurants, sont de moi.

Particularité : Cette fiction comporte des passages/mentions difficiles comme viol, scène de violence. Mais elle parle également de relation hétérosexuelle, mais aussi, et surtout homosexuelle! Donc homophobes et âmes sensibles, vous savez ce qu'il vous attend.

Note : Il s'agit d'une fiction longue à chapitres. C'est ma deuxième fiction et j'espère qu'elle vous plaira.

Je vous souhaite une bonne lecture!

Chapitre 21 : Fusion

Fière d'elle, Hermione se leva et s'étira avec la grâce d'un chat, avant de se diriger vers la terrasse. Elle avait hâte d'en discuter avec ses amis, et peut-être même les aider à progresser, leur expliquer comment elle avait réussi.

En moins de deux minutes, les vampires s'étaient regroupés sur la terrasse à quelques secondes d'intervalle.

Avant même d'être à côté d'eux, Harry en les ayant dans son champ de vision s'empressa de parler, l'adrénaline courant dans ses veines.

– Est-ce que l'un de vous a utilisé sa magie?

Étant le propriétaire du Cottage, cela lui donnait la possibilité de sentir quand les protections étaient attaquées. Et alors qu'il travaillait sur sa fusion dans la voilière —se perdant en chemin dans l'odeur de Draco—, il avait senti une secousse. Il lui avait fallu quelque seconde après être revenu de sa zone de fils et de réaliser ce qui l'avait déconcentré et de filer sur la terrasse.

Pourtant, il n'avait pas l'impression que les barrières aient été touchées.

Enfin, il l'espérait, il ignorait comment il l'apprendrait si les protections subissaient des assauts ; c'était la première fois qu'il en détenait le contrôle. Peut-être devrait-il demander à ses amis de lancer quelques sortilèges pour voir ce qu'il ressentirait et comment les barrières réagissaient.

Est-ce que ses protections tiendraient le coup pour une intervention massive? Devait-il en ajouter d'autres? Il allait devoir trouver un moment prochainement pour effectuer quelques recherches et découvrir à quoi s'attendre exactement. Il les savait puissantes et anciennes grâce à Jay et Ulrich, mais peut-être devait-il les rafraîchir. Peut-être que des charmes plus récents pourraient franchir le domaine.

À sa question, Hermione écarquilla les yeux en se tournant vers lui alors qu'une vague de fatigue s'abattit sur elle ainsi que sur les deux autres vampires dues à ce déferlement de magie.

– Merlin! Ça ne t'a pas trop dérangé? J'espère que ce n'était pas dans un instant crucial!

– Non, non, la rassura aussitôt Harry qui retint un bâillement. Étonné plutôt.

Un soupir de soulagement se fit entendre de la part d'Hermione qui baissa les yeux avant d'ajouter d'une petite voix coupable et incertaine.

– Je… Je crois que c'était moi.

Ron, plus attentif à ces derniers mots et qui se tenait un peu en retrait par rapport aux deux autres la regarda, impressionné.

– Comment ça?

Il se trouvait dans le fin fond de la forêt lorsqu'il avait senti cette vague magique le traverser. Un brin confus au début, se demandant ce qu'il se passait, il s'était dépêché de rentrer, légèrement inquiet quant à une possible attaque du Cottage. Bien que l'endroit possédait d'excellentes protections.

– J'ai réussi! Sourit-elle cette fois en relevant la tête et incapable de cacher sa joie. J'ai pu dissocier les deux magies! Elles ont fusionné!

Un peu plus et elle sautillait sur place.

Heureux pour elle, Ron la prit dans ses bras tout en la félicitant.

Quant au Survivant, la réponse de la jeune femme le surprit et il se força à sourire. Sans le vouloir, il sentit un petit pincement lui tordre le cœur.

L'envie.

Lui qui pensait détenir un avantage sur ses amis.

Réalisant ses pensées, il secoua sa tête pour se remettre les idées en place, tout de même content pour Hermione et décida de ne plus s'en formaliser. Il espérait juste que Ron et lui y arrivent bientôt. Quoi que depuis son kidnapping, il avait cette drôle d'impression que du brouillard avait élu domicile dans son cerveau ; tout lui semblait être au ralenti et plus compliqué. Il éprouvait de la difficulté à s'entraîner, bien pire que d'habitude, surtout quand l'humain blond était dans les parages. Il n'arrivait pas à détourner son attention.

– Félicitation!

– Merci! Répondit-elle, flattée, avant de détourner l'attention d'elle. Et vous, ça avance?

– Je pense que c'est pour bientôt. Ne me demande pas comment je le sais, mais c'est l'impression que j'ai, répondit Ron.

– Personnellement, je ne pourrais pas dire, mais ça va quand même assez bien, même si j'aurais aimé réussir plus rapidement.

– Essaie de maintenir ta concentration Harry, je te trouve assez distrait depuis Noël, mentionna Hermione pour ne pas parler de son kidnapping. Tes gestes sont moins fluides qu'avant, moins précis.

– Je sais, je tente de travailler là-dessus justement.

D'ailleurs en parlant de ça, il avait la sensation d'être plus… réveillé?... Oui, réveillé, alerte, conscient de ce qui se passait autour de lui. Tellement qu'il en profita pour jeter un coup d'œil discret, comme pour s'assurer de l'endroit où il était. Réfléchissant au pourquoi, ses yeux se baissèrent au sol, mais Hermione reprit la parole.

– En tout cas, Messieurs, je vous conseille de contenir votre excitation lorsque vous réussirez. Je crois que la magie doit nous parcourir avant qu'on puisse revenir à nous. Ce serait idiot de se retrouver stoppé en si bon chemin ou qu'un truc fonctionne de travers. Et pour une fois, je refuse de vérifier. Qui sait si se déconcentrer pendant que votre puissance ne vous a pas encore envahie au complet n'occasionne pas des conséquences. Manquerait plus qu'il y ait un blocage.

– Ça serait embêtant. Mais pas facile en même temps d'éviter de sauter de joie en voyant nos magies fusionnées.

– Oui… Eum, juste avant de revenir à moi… quelque chose d'étrange s'est produit.

En une fraction de seconde, elle se récolta des regards inquiets et s'empressa de poursuivre avant qu'ils ne se mettent un scénario en tête.

– Ça m'a fait penser à un rêve. Sans que je puisse le contrôler, « ma main », comme attirée, s'est avancée pour toucher cette fusion et je me suis sentie happée à l'intérieur. Mais toutes ces émotions ont eu raison de moi et ma concentration s'est brisée.

Harry, qui avait lui-même vécu l'expérience, ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt, un brin paniqué à l'idée de devoir s'expliquer. Déjà que ce n'était pas clair dans sa tête et il tenait à ce que les choses soient réglées avec Draco avant d'en parler…

Je ne peux pas leur dire ça!

Chacun pensant à son propre parcours, le silence perdura encore quelques secondes avant que Harry ne se reprenne tandis que sa peur d'être attaqué diminua. Mais le brouillard qui avait déserté son esprit revenait. L'exquise odeur de Draco, plus forte que de coutume, y était pour beaucoup. Ce dernier s'entraînait aux sortilèges avec Blaise dans une pièce insonorisée pour ne pas déconcentrer le trio.

Ce voyant déjà revenir à cet état de léthargie, Harry espéra que parler l'aide à le tenir éloigné un moment. C'était épuisant à la longue de toujours se contrôler.

– C'est une drôle de comparaison, mais ça me fait penser à une forêt. Quand on y rentre, les branches et les buissons, souvent très denses, nous empêchent d'avancer, de passer et représentent nos deux magies entortillées. Puis, une fois qu'on a débroussaillé ou qu'un chemin se trouve déjà là pour nous, on se promène sans problème. Et le fait que nos magies fusionnent, c'est un peu comme si on avait enlevé les nœuds, les obstacles devant nous.

– Pas tant que ça, ton explication m'a fait penser à mes cheveux. Lorsqu'ils sont emmêlés, j'ai parfois des difficultés à y passer la brosse, c'est douloureux, quand j'étais humaine du moins, mais ensuite je peux facilement y glisser mes doigts et c'est plus agréable.

– Vraiment Harry, il n'y a rien d'étrange là-dedans, marmonna Ron sans trop les regarder.

Intrigués, ses deux amis levèrent les sourcils, pour l'inciter implicitement à poursuivre, ce que Ron capta.

J'ai parlé à voix haute?

Mortifié, il se dandina, ne sachant plus où se mettre et rêva soudainement de pouvoir se transformer en souris. Mais comme rien ne lui venait pour se sortir de ce pétrin, le rouquin se vit obligé de leur préciser sa pensée.

– Vous deux, vous songez à quelque chose qui est fréquent dans nos vies. Moi, je viens d'imaginer une balle de laine.

Il s'arrêta un instant, peu enclin à poursuivre, mais avec l'attention silencieuse de ses amis qui le regardaient, il se sentit obligé de s'expliquer.

– Oui, quand Fleur attendait la petite, maman lui apprenait à tricoter. De façon moldue pour commencer avant de lui montrer le sortilège, car maman préférait travailler avec ses mains, elle disait que ça la détendait plus et que le cadeau devenait plus personnel de cette façon. Je me rappelle que Fleur oubliait souvent au début d'apposer un charme sur les balles pour éviter que ça s'emmêle. Ce qui fait que si elle voulait continuer, elle devait prendre chaque brin et les séparer, les mettre droit pour pouvoir avancer avec ses articles à bébé.

Tous trois sourirent tendrement, un peu nostalgiques de ces rares moments qu'ils avaient eu de voir Fleur enceinte. Perdus dans leur pensée, un silence confortable s'installa quelques minutes.

– Je vais contacter Severus pour lui faire part de la bonne nouvelle et qu'au moins l'un de nous puisse passer à l'étape suivante. Comme ça, il saura à quoi s'attendre et il ne pourra pas dire qu'on ne fait pas d'effort, sourit Harry à sa dernière remarque avec les autres avant de faire mine de s'éloigner.

C'était bien beau s'entraîner, mais ils devaient connaître les sortilèges.

En même temps qu'il parla, une porte à proximité s'ouvrit et l'odeur de Draco le frappa en plein fouet, mêlée un peu à celle de Blaise ce qui le désorienta. Assez pour que, se trouvant face à la porte en vitre, en voyant un reste de chevelure blonde passer, il en oublie ce qu'il devait faire.

– Non!

Sous l'ordre de son Alpha, Harry reconnecta à la réalité et se figea, surpris, et une colère sourde s'empara soudainement de lui. Serrant les poings, il ferma les yeux une brève seconde, et prêt à répliquer, il se retourna alors que Ron poursuivit.

– C'est à moi de lui dire!

Oh!

Oui, bon, vu comme ça, c'est sûrement mieux que ce soit lui ; ça concerne le clan après tout. Songea le Survivant qui pouvait comprendre que son ami voulait faire ses preuves qui lui donneraient plus de confiance en lui et en ses capacités.

– D'accord, mais j'aimerais tout de même lui parler quelques minutes après, concéda Harry.

XxX

Après en avoir fini avec Snape, Ron laissa sa place à Harry. Ce dernier avait tendu tout le temps l'oreille à l'étage, à écouter le blond se dévêtir, puis les gouttelettes tomber sur son corps. Corps qu'il voulait grandement rejoindre, mais Draco ne serait pas content. Le survivant était tiraillé entre les deux. En plus, à cause de toute cette eau, mais surtout de la vapeur qu'elle occasionnait, il ne parvenait pas à capter son odeur. Ce qui le frustrait.

Heureusement ou malheureusement pour lui, Ron vint le prévenir qu'il avait fini, lui laissant la place.

– Alors de quoi voulais-tu me parler?

– Bieeennnn, comme j'ai bien travaillé et que les vacances sont terminées, je m'étais dit que Remus aurait pu nous rendre visite. Le quatre peut-être.

– Impossible! C'est trop près de la pleine lune, il sera épuisé et ses sens trop exacerbés.

Harry s'étonna que son ami en sache autant avant de se souvenir que c'était lui qui fournissait la potion tue-loup.

– D'accord, accepta quelque peu à contrecœur Harry, tout de même déçu. Ça me donnera un peu de temps pour pouvoir différencier ma magie, j'espère y arriver avant sa venue. Au cas où, le 7, nous avons une rencontre avec l'AD.

Harry eut un petit rire sarcastique alors qu'il recommençait à sentir son cerveau travailler au ralenti. Et qu'il entendit Draco ouvrit une le bouchon d'une bouteille.

– On a même reçu une lettre plus tôt hier de l'Ordre du Phœnix pour nous inviter, disant qu'ils avaient réfléchi et nous voulaient à leur réunion… Comme si on allait accepter avec ce que Maugrey vient de me faire. Mais je ne crois pas que Minerva ou Kingsley savait pour l'attaque…

– Vous n'allez quand même pas y aller?!

– Merlin, non! Les jumeaux ont réussi récemment à inventer un gadget basé sur ceux moldus pour les espionner. Comme des mini caméras qui peuvent fonctionner malgré la magie avec le son. C'est tout de même dommage qu'ils soient retournés à une réunion par mois. Mais après les avoir installés discrètement en cuisine, les jumeaux y sont retournés peu de temps après. Juste pour s'assurer que ça marchait bien et on a appris qu'une partie d'eux voulaient nous faire parler pour arriver à savoir à qui va notre réelle allégeance et… Bref assez semblable à Maugrey, sans la torture peut-être et encore ça reste à voir. Mais piège ou pas, on n'a plus confiance. C'est dommage parce qu'on aura pu en profiter pour rencontrer Remus à ce moment.

– De toute façon, il n'y met plus les pieds. Pas depuis qu'on a tenté de lui effectuer un serment inviolable de force pour qu'il ne vous raconte rien de ce qui pourrait se dire, car il prend trop votre défense.

– Quoi? Mais s'est arrivé quand? Tu l'as aidé? Tu vas avoir des problèmes? Il va bien? C'est drôle que les jumeaux n'aient pas parlé de ça, ils nous ont dicté leur lettre il y a… deux nuits pour nous rapporter leur première mission d'espionnage… avec un mot de Molly qui voulait nous revoir.

À la dernière seconde, Harry se retint de secouer sa tête, qui se trouvait toujours dans la cheminée, en repensant à l'insistance de la matriarche Weasley. Cette dernière tenait à faire amende honorable face à ce qui était arrivé à Harry et leur montrer que c'était un bête incident. Que le Square était sûr.

Le maître des potions, fut touché de voir qu'on s'inquiétait pour lui tant c'était rare.

– Non. Je l'ai appris quand il est venu chercher sa potion mensuelle. Oui, il va bien et pour ce qui est des jumeaux, probablement que leur mission d'espionnage est arrivée après cet incident, ou dans une autre pièce. Lupin m'a dit qu'en retournant au Square pour donner son rapport avec le clan des loups-garous ennemis, un membre présent avait suggéré qu'il prête serment. Avec ce qui s'est dit à la réunion d'urgence, cela en a fait réfléchir plus d'un… mais avec leur cervelle de goule, on ne peut pas s'attendre à grand-chose! Bref, Minerva a tenté de prendre la défense de Lupin, mais la force du nombre a gagné. Plusieurs se sont ralliés à l'idée de cet idiot et on tenté de l'attraper pour pratiquer un serment inviolable, mais il a réussi à fuir in extremis.

Un frisson de peur traversa le vampire aîné.

Il se trouvait dans un raid à torturer un sorcier lorsqu'il l'avait senti. La confusion, la colère, puis l'angoisse. Ça avait failli lui coûter gros, ce jour-là. Il avait hésité à lancer un sort et Macnair l'avait remarqué. Il avait dû rapidement se recomposer un masque d'impassibilité, mais son esprit avait fonctionné à plein régime. Il avait gardé un œil sur leur lien pour savoir s'il devait s'en mêler ou si son intervention causerait plus de problèmes. Ça avait été difficile pour lui alors, car son instinct lui criait d'aller l'aider.

Heureusement qu'il possédait des années de pratique en tant que vampire, bien que ça n'atténuait en rien son sentiment de culpabilité. Et puis, il avait dû réfléchir à un subterfuge pour partir, au cas où. Mais lorsque la peur de Remus laissa place à l'adrénaline, il comprit que son compagnon fuyait, puis il le sût à la maison et en fut soulagé. Il lui avait juste fallu terminer tout ça rapidement. Il avait prétexté une potion pour le Lord sur le feu, en plus d'une pile de devoirs appartenant à une bande de cornichons incapables. Et qu'il ignorait dans tout ça quand il allait trouver le temps de dormir un peu. Il leur avait même avoué à demi-mot avant de s'éloigner qu'il allait finir par donner des points à ces horribles Griffondors s'il continuait ses nuits blanches. Ses compatriotes n'avaient pas vu mieux que se moquer de lui.

Ça l'avait enragé, mais au moins la mission s'était abrégée et il était rentré directement chez lui. Il n'avait même pas pris la peine de se changer, ni même de prendre une douche que son calice se retrouvait dans ses bras. Il lui avait murmuré des mots pour l'apaiser, mêlés de caresses. L'avait humé avant de les déshabiller pour s'assurer visuellement et en le touchant que tout allait bien et pour mieux respirer sa délicieuse odeur qui d'âcre redevenait doucement tendre. Ça ressemblait à un arôme de terre après une nuit de pluie, mêlé aux conifères.

Il l'avait gardé dans ses bras toute la nuit, se refusant à s'éloigner, de perdre le contact de sa peau sur la sienne.

– Il m'a fait promettre de ne pas t'en parler, il ne voulait pas t'inquiéter et puis, vous deviez vous concentrer pour fusionner vos magies. Toutefois, et j'ai oublié de le mentionner à Mr. Weasley, je vous conseille de rester sur vos gardes lorsque vous quittez les murs de votre maison. Lupin est parti avant de donner son rapport de mission, mais les loups-garous risquent de rôder sous peu, à votre recherche. Le maître leur a dit de fouiller chaque forêt et de se servir de leur nez pour réduire leur champ de recherche.

– Avec ces bêtes dans le coin, j'espère qu'ils ne réaliseront pas que quelque chose est caché. Ma barrière est faite pour repousser les intrus et empêcher les moldus de voir le domaine comme à Poudlard, mais là…

– Vois si tu peux modifier le repousse-moldu pour y ajouter les loups-garous. Probablement pas de façon sorcière, mais vampirique devrait faire l'affaire. Cependant, le Fidelita est fait pour garder ta demeure invisible de ceux qui ne connaissent pas l'adresse et ne pas réaliser que ce sort est là même en passant à côté.

– Je vais regarder ça et prévenir Ron, merci.

Une minute! Comment fait-on pour retirer notre odeur, ou celle de Blaise et Draco? C'est bien beau le Fidelita et les sorts de protections, mais ils ont un nez aussi développé que le nôtre et puis, le vent peut porter notre odeur jusqu'à eux…pensa Harry en se relevant, la cheminée à présent normale.

Il allait devoir réfléchir à ce problème et vite. Le clan des ténèbres ne devait pas découvrir le Cottage, ni l'Ordre d'ailleurs.

Il entendit soudainement la douche s'arrêter, un sort de séchage qui le fit déglutir et noircir ses yeux de désir. Puis, il entendit le bruit de vêtements se froisser avec des gestes lents. L'entraînement du blond avait dû beaucoup le fatiguer.

Dès qu'il entendit le déclic de la porte, il releva la tête et, comme en transe, il fit un pas en avant prêt à rejoindre Draco. Il fut cependant stoppé dans son élan par Ron qui se récolta un regard noir, sans comprendre pourquoi, mais cela suffit au Survivant pour chasser les parasites dans son esprit.

Bon sang, mais qu'est-ce qu'il avait failli faire?

7 janvier 2005

Après leur rencontre avec l'AD, Ron s'éloigna pour méditer et se centrer. Non pas par colère, mais parce que la soirée avait été riche en émotions et en informations. Il voulait juste se débarrasser de cette peur qui le suivait depuis plus de 24 heures à l'idée que leurs amis puissent croire le Lord noir et tenter quelque chose à leur encontre. Et puis, plein de choses tournaient dans sa tête et l'empêchaient de se reposer.

Depuis le sauvetage d'Harry, il s'évertuait à peu dormir et quand il le faisait, c'était pour se réveiller suite à une horde d'arachnides qui lui courait après. Ho-ri-ble. Il espérait que tout ça lui passe, toute cette agitation le rendait nerveux et irritable et ça se ressentait dans le clan. Depuis le kidnapping de son meilleur ami, il n'arrivait plus à s'éloigner de son clan, il avait besoin de les voir et les sentir à proximité. La seule chose de bien qui était survenue de tout ça était qu'il avait tout récemment eu une sorte de déclic et il ne buvait plus sur les animaux.

Puis comme ça, avec les yeux clos et une respiration lente, sans vraiment le vouloir, sans y penser ou déployer des efforts là-dessus, sa magie fusionna.

Harry n'y parvient quant à lui que le 9. Dès lors, Hermione, qui avait attendu ses amis pour s'entraîner —bien que Snape lui avait suggéré quelques sortilèges sorciers pour se refaire la main et sans baguette,— leur montra l'horaire qu'elle leur avait élaboré pour utiliser chaque minute à bon escient. Il y eut par la suite quelques petites modifications, de façon à ce que leurs leçons pratiques sur leurs deux magies ne les épuisent pas en moins de 24 heures. Mais en sommes le trio s'en satisfit.

Restait plus qu'à en parler avec leur aîné.

10 janvier 2005

Installés tous les six sur la terrasse, Severus avait commencé leur apprentissage.

.– … La magie vampirique est différente, elle ne se manipule pas de la même manière. Vous allez devoir mémoriser des sorts complexes, mais aussi que la magie des vampires ne s'utilise pas avec des baguettes, mais avec le corps et la volonté du lanceur. Je crois qu'Harry pourra vous aider là-dessus, moi, j'ai autre chose à faire. Et par la suite, vous vous entraînerez pour les informulés, ça peut servir.

Les yeux d'Hermione pétillèrent face à de nouvelles connaissances.

Harry, lui, s'était assis deux chaises plus loin de Draco et s'efforçait d'écouter Severus, alors qu'il avait juste envie de se tourner vers le blond et peut-être même enfouir son nez dans son cou. Il sentait si bon et sa peau… hummm, si douce. Un vrai appel aux caresses.

– Et qu'allons-nous apprendre?

– Étrangler les victimes, rendre des endroits sombres tout en créant une atmosphère de peur panique, le doloris un brin plus puissant et qui donne l'impression d'être écartelé et de se geler de l'intérieur à la fois… Même pour une créature magique qui se trouve résistant aux sortilèges.

Le sourire et l'intérêt de la jeune femme disparurent aussitôt pour froncer les sourcils, réprobateurs.

– C'est pas du joli tout ça, c'est de la magie noire, non?

– Le simple fait d'être une buveuse de sang vous classe immédiatement dans la magie noire, miss Granger. Mais ça reste des enchantements de base pour nous, des sortilèges de défense. Le fait que l'on appelle ça de la magie noire ou blanche est surtout dû à son utilisation. Vous pouvez recourir à une incantation dite mauvaise sans blesser personne. Celui dont je me sers pour verrouiller les portes est plus complexe que celui que vous avez appris et le sort de silence qui empêche même un vampire d'entendre constitue de la magie noire. Le Stupéfix et le Levicorpus, magie blanche, associer les deux et on peut très facilement kidnapper quelqu'un.

Tout comme Hermione et Ron, Severus éprouvait de la difficulté à employer leurs prénoms.

– Oh!

Cet exemple remit plein de choses en question pour la Miss-je-sais-tout.

À l'exclamation, Harry tourna la tête vers l'avant et manqua de soupirer. Il avait recommencé. Severus venait de dire quoi? Qu'ils allaient devoir apprendre le Doloris avec l'aide des ombres?

Allez Harry, concentre-toi, c'est important! Mais il sent si bon. NON! Severus, concentre-toi sur Severus!

Droit comme un I, il se mit à fixer son aîné, ne clignant même pas des yeux et s'efforça de boire chaque parole. Il sentait la migraine venir. Ou ce qui pouvait s'en approcher.

– Pour le reste, vous le connaissez. C'est inscrit dans vos gènes vampiriques, quoique, comme vous êtes nouveaux-nés, vous aurez certainement besoin d'un peu de pratique et peut-être même de technique pour qu'on ne vous remarque pas.

– Il s'agit de quoi? Demanda cette fois Ron.

– Votre rapidité, vos sens plus développés que vous avez déjà expérimentés, mais également le fait de vous déplacer dans les ombres de manière furtive et votre animagus vampirique. Et après tout ça, s'il vous reste du temps, vous pourrez retourner au combat au corps-à-corps, ça peut aider contre d'autres races. Oh! et je compte aussi voir comment bon vous vous débrouillez en occlumancie. j'utiliserais la légilimancie sur vous pour vérifier et vous entraîner à la défense mentale, et ce même après la guerre, si je juge que vous en avez besoin. En assimilant cela, vous deviendrez plus résistant à l'imperium et à vous retenir de divulguer des informations. Et puis, ça peut toujours servir. Les sortilèges, sorciers surtout, qui nous affectent sont rares, mais ils existent, et ça, ça en fait partie, surtout, si le lanceur est expérimenté.

– Tant que tu t'y prends mieux qu'à Poudlard, sinon on n'est pas sorti de l'auberge, marmonna Harry qui était enfin parvenu à suivre un tant soit peu.

À cette époque, Severus ne lui donnait jamais le temps créer un écran et pénétrait son esprit avant même qu'il puisse ne serait-ce qu'essayer. Et inutile de tenter de s'ériger une barrière avant le cours, il se trouvait bien trop nerveux pour cela et n'y avait d'ailleurs jamais penser.

Depuis qu'il avait appris à connaître Severus, il avait découvert que cet homme n'était pas autant dépourvu de sentiment qu'il le laissait croire, et il avait commencé à lui envier sa forte capacité d'occlumancie. Cette dernière lui avait beaucoup servi contre son maître, pouvoir le trahir en apportant oralement de fausses informations alors que Voldemort restait très doué en légilimancie et comprendre la vraie signification des images qu'il percevait.

Pouvoir maîtriser cette faculté en tout temps alors que la face de serpent pratiquait des informulés pour entrer dans les têtes des autres, et ce, sans préavis… Oui, cela l'avait beaucoup impressionné et il avait fini par se demander si son aîné avait utilisé cette technique vampire ou s'il avait utilisé l'occlumancie sorcière pour contrer le Lord.

Severus préféra l'ignorer.

– Je ne vous cacherais pas que dans les premiers temps votre magie sera d'une stabilité précaire et vous risquez d'éprouver des difficultés à en contrôler la puissance. Mais vous y arriverez… Et mis à part, Harry, j'ai quelques sortilèges en plus pour toi, pour le refuge. Le livre que tu m'as prêté a beaucoup aidé, j'ai réussi à maîtriser le mouvement et la prononciation. J'ai aussi concocté une potion qu'on jettera sur les murs et qui pourra nous servir pour que nos sorts ne soient pas absorbés par les parois de terre. Quand tu sauras appliquer ses incantations vampiriques, on se rendra au souterrain. Je pense qu'on va devoir s'en occuper par étape, nous ne pourrons pas tout sécuriser en une nuit.

– Oh!

Le brun sursauta et pataugea quelques secondes pour comprendre ce qui venait d'être dit avant d'afficher un grand sourire.

– Génial! Aucun problème je m'y mets dès que possible. Je préfère les savoir en état de se défendre rapidement.

En les écoutant parler, une question traversa l'esprit de Draco qu'il s'empressa de poser.

– Sev, C'est possible de participer à leur entraînement? Je voudrais me joindre à eux pour lancer des sortilèges sans baguette et si possible des informulés.

D'emblée, Harry se retourna au son de cette magnifique voix qui lui causa des papillons dans l'estomac. Quant à Hermione, elle ne put s'empêcher de regarder le prince de glace, étonnée de ses propos de même que ceux du métis.

– Pourquoi souhaites-tu suivre le même entraînement que nous?

– Hermione! S'outra aussitôt Harry prêt à défendre le blond. Tu penses quand même pas pouvoir l'enfermer au Cottage à vie? On ne choisira pas devant qui on va se battre sur le terrain.

– Et je veux être en état de me défendre, si je me retrouve encore dans la même situation que lors de notre fuite! Lui répondit Draco, irrité et la fusillant du regard.

– Mais nous sommes bien trop rapides pour toi! Essaya de le raisonner Hermione sans grand tact.

– Eh bien justement! Raison de plus pour m'entraîner, il doit bien exister un moyen!

Furieux, Draco, se leva, faisant tomber sa chaise et s'apprêta à quitter la terrasse sous les yeux impuissants et un peu attristés de Harry qui se tourna pour lancer un regard noir à Hermione.

– Tu peux y participer et Blaise aussi s'il le souhaite, ça serait à votre avantage coupa court à toute dispute Severus enfermant les yeux et se retenant de se pincer l'arrête du nez. D'ailleurs Draco, je pourrais t'apporter quelques-uns de mes livres personnels sur les potions afin que tu puisses en fabriquer et qui pourront toujours servir pour soigner… ou d'autres choses.

Les yeux grands ouverts, la jeune femme ne put s'empêcher de regarder Snape sans comprendre son raisonnement.

– Avec plaisir, lui sourit son filleul.

– Parfait, je vous montre avant de partir deux sortilèges vampiriques, j'ai une mission pour le Lord à terminer, se leva Severus. Vous apprendrez à transplaner et utiliser les ombres sans que vous y perdiez un morceau ou vous retrouver coincés entre deux points. Harry, je commence par toi.

À l'annonce l'estomac du blond se tordit douloureusement et il en perdit son sourire. Inconsciemment, il jeta un coup d'œil à un Harry soudainement sérieux qui s'était tourné pour le fixer.

Il savait que son Serpentard s'inquiéterait et fit de son mieux pour garder une apparence calme et fit de même avec ses sentiments pour que Draco les capte via le lien de manière diffuse. Un sourire timide fleurit sur ses lèvres à l'idée qu'il y était pour quelque chose dans le fait qu'il sentait son blond plus rassuré et qu'il l'avait aidé à reprendre contenance. Maintenant s'il pouvait en faire autant pour lui-même…

– Potter! Aboya Severus impatient.

Dans un sursaut de lucidité, Harry s'obligea à se lever pour se mettre en retrait avec Severus. Son ami n'allait pas pouvoir rester très longtemps. S'éloigner fut difficile, il avait l'impression qu'on le retenait avec une chaîne pour l'empêcher de s'éloigner, mais il le devait.

Peut-être aurait-il dû rester, car aussitôt seul que Severus le questionna, l'ayant sentit distant. Mais lui-même ne savait pas ce qui lui arrivait, juste que se concentrer et écouter était très compliqué quand Draco se trouvait près de lui.

XxX

– Bon là, ça suffit!

Hermione avait épuisé toute sa patience. L'agrippant par le bras, elle traîna Blaise jusqu'au salon où elle le fit tomber sans ménagement sur le canapé avant de le toiser de toute sa hauteur.

– On t'a laissé du temps pour que tu règles ce qui te tracasse ou venir nous en parler, mais là, c'est trop! Tu nous dis ce qui te dérange à ce point ou tu ne participes pas à l'entraînement! Tu as la tête ailleurs et c'est dangereux!

Se dandinant, Blaise évita les regards rivés sur lui. Acculé, il sentait qu'il n'avait pas d'autres choix que d'avouer. Une bouffée de chaleur l'envahit, ses mains devinrent moites et il se mit à trembler. Comment leur expliquer, si…

Le voyant si terrorisé, Hermione se calma subitement et s'agenouilla devant lui. Ce n'était pas le but. Mais pourquoi réagissait-il comme ça?

– Blaise? Commença-elle doucement.

Le métis lui jeta un rapide regard, déglutissant fortement avant de sentir sa main se glisser sur la sienne.

– J'ai… j'ai des souvenirs qui sont revenus. C'est. C'est flou, mais…

Il prit une profonde respiration et releva la tête.

– Je sais qui est le traître du Terrier.

Sur le coup, les trois vampires et Draco retinrent leur souffle, figés dans un silence qui s'installa.

Silence qui permit à Ron d'assimiler les paroles, mais aussi mettre sa patience à rude épreuve. Ce dernier sentit la rage prendre naissance dans son ventre et grossir rapidement jusqu'à laisser échapper un grondement sourd.

– Qui?

Craintif, Blaise ne put s'empêcher de jeter un regard furtif à Ron et se ratatina dans le canapé en apercevant ses yeux flashés1 jaunes. Mais le vampire sembla écarter l'idée de l'attaquer. Avait-il même eu conscience d'avoir changé la couleur de ses iris?

Mais il va parler oui! S'impatienta Ron.

Il s'apprêtait à le dire à voix haute, prêt à mettre la pensée qui le traversa à exécution ou l'attraper par les épaules et le secouer, lorsque le métis cracha difficilement la réponse chuchotée.

– C'est moi.

Même avec le silence de la pièce, et concentré sur lui, il l'entendit à peine. Heureusement qu'il avait l'ouïe fine, car il n'était pas certain qu…

Oh minute! Il venait de dire quoi, là?

– QUOI?

Il allait le tuer!

– Pardon, pardon! Je n'ai jamais voulu ça, releva la tête Blaise vers l'Alpha qui ne l'entendait pas. Crois-moi Ron, je n'ai jamais souhaité blesser ta sœur ou le reste de ta famille!

Mais Ron qui ne l'écouta pas, se précipita dans un grognement sur l'humain qui empestait la terreur et la culpabilité. Mais avant même de pouvoir déloger Hermione, il entra dans un mur quadrillé bleu.

Harry.

– Laisse-moi passer! S'impatienta Ron d'une voix sourde.

Le Survivant avait reçu un électrochoc au ton agressif d'Hermione et aussi à son geste brusque pour entraîner Blaise au salon, ce qui lui avait permis de se montrer un peu plus attentif à ce qui l'entourait. Il sentait la situation très sérieuse et son côté Mentor s'était réactivé au détriment de cette étrange sensation qui ne voulait plus le quitter depuis son kidnapping. Il avait le sentiment de devoir constamment lutter. Comme lors des examens finaux aux A.S.P. où il combattait le sommeil pour étudier tard alors que ses paupières étaient très lourdes et voulaient juste se fermer.

– Non!

Voyant que Ron tenta de le contourner, il le ceintura, mais son ami se débattit pour passer, et il dut raffermir sa prise. Il ne pouvait pas laisser Ron faire. Lui aussi était en colère et déçu de s'être fait berner par un proche, mais un Blaise mort ne leur servirait plus à rien. Et puis, c'était le meilleur ami de Draco, pas question de faire ça sous ses yeux.

– Attends, laisse-le s'expliquer! Si tu le tues maintenant, on ne pourra pas remédier au problème!

Draco profita de leur distraction pour s'approcher de son meilleur ami et s'assit à côté de lui. Il ne pouvait pas croire ce que le métis racontait. Alors que l'esprit d'Hermione, à cet aveu, tourna à vive allure pour essayer d'assembler les pièces.

– Blaise, explique-moi, commença le blond comme s'il s'adressait à un enfant effrayé. Tu sais que tu peux me faire confiance. On ne te jugera pas. On veut juste comprendre ce qui s'est passé.

Blaise leva ses yeux remplis de larmes sur lui et cette fois, il ne put retenir plus ses mots. Il devait les sortir avant de devenir fou.

– Tr-trois jours avant l'attaque, je… Pansy est venu me voir pour me supplier de l'accompagner dans un restaurant. Elle. Elle avait envie de caviar et ne voulait pas y aller seule. Elle avait demandé à plusieurs, mais tous ont refusé. Pis, moi, com-comme un idiot j'ai accepté, lança-t-il, amer alors qu'une larme coula sur sa joue. J'ai fini par me retrouver avec elle au lit et...

– Quoi? S'exclama à nouveau Ron.

Oubliant qu'il était ceinturé, il tenta de faire un pas.

– Ron, l'avertit Harry qui resserra ses bras.

– Il a trompé ma sœur!

– Attend une minute, du restaurant à la chambre, il s'est passé quoi? Releva Hermione, sans prendre en compte l'interruption de Ron.

– Euh!

Pris de court, Blaise ignora quoi lui répondre.

– J'en sais rien, j'ai juste vaguement conscience de me trouver avec elle dans un lit et torse nu, à peine recouvert d'un fin drap et je pense qu'on parlait. J'ai dû lui dire.

– Je ne vois pas ce que tu y gagnais, mentionna Draco, et puis, tu tiens tellement à Ginny. Comment ça aurait pu être toi? C'est impossible que tu l'aies mise en danger intentionnellement.

Un grognement surgit.

– Il a livré le Terrier! Rendu là, il n'en a plus rien à foutre de ma sœur!

Hermione soupira de son impulsivité, bien qu'elle pouvait comprendre, la nouvelle avait de quoi rendre fou, avant de se retourner vers lui et Harry.

– Il y a quelque chose qui ne vas pas. Comment aurait-il pu? Il n'est pas le gardien du secret…

La jeune vampire fut déconcentrée par l'agitation de son compagnon qu'elle sentit sur le point d'intervenir et qui n'était pas forcément une bonne chose.

– Ron, calme-toi! Parkinson a dû le piéger, elle a très bien pu le dévêtir, s'installer à côté de lui et attendre qu'il reprenne connaissance. Quelque chose cloche. Je doute que Parkinson soit assez douée pour ça, mais quelqu'un a pu lui implanter ce souvenir. Ou un Oubliette qui aurait mal fonctionné…

En se tournant un peu trop vite, pour s'adresser à Blaise, elle manqua de le frapper avec ses cheveux.

– Tu te rappelles d'autre chose?

– Non, mais tu cherches la bête noire, on associe le reste par logique tout simplement.

– Je ne pense pas, tu t'en souviendrais sinon et puis, tu aurais reçu l'Avada dès cette attaque terminée, n'ayant plus besoin de toi, ce qui n'a pas été le cas. Et il te manque des bouts, comment peux-tu passer du restaurant à être nu dans un lit sans pouvoir te souvenir de ce qu'il s'est passé entre? Et le Fidelita? Comment aurais-tu pu le contourner? Tu aurais pu évidemment surveiller tes paroles, la façon de le dire, mais pourquoi ne plus t'en rappeler? Tu es tombé dans un piège, et ça, c'est le plus plausible. Bien que je ne voie pas encore comment ils ont réussi le coup. Et on revient à la case départ.

Le métis voulut répliquer, mais il ne trouva rien à redire. Il avait beau chercher, son cerveau pédalait dans les sables mouvants et il ne pouvait s'empêcher de craindre un débordement de Ron.

Malheureux, il baissa les yeux. Hermione était bien gentille, mais il savait qu'il avait raison.

– Tu n'aurais pas pu briser le Fidelita. Dit doucement Harry. Il s'est passé un truc dont le camp adverse ne voulait pas que tu te souviennes, sinon tu t'en serais rappelé bien plus tôt. Ce n'est pas de ta faute Blaise, une erreur, un accident, ça arrive à tout le monde. Moi le premier, en humain comme en vampire. Je te rappelle que j'ai failli tuer Dray en prison.

Mouais, peut-être, songea Blaise qui avait peur d'y croire, ce que ses amis disaient avait quand même du sens, mais…

– En parlant de ça, tu ne m'as toujours pas expliqué ce qui était arrivé à Draco avec sa fièvre alors qu'il allait de mieux en mieux.

Harry le regarda, étonné qu'il se souvienne de ça et ignora quoi répondre.

À sa surprise, Draco le devança.

– Contre coup de Peer. Si Harry ne m'avait pas mordu, je doute fort que j'y aurais survécu. Et au Cottage, la magie d'Harry a fait en sorte de m'aider, sans qu'on le sache au début, et ça m'a permis de lutter contre le poison.

Remarquant que Blaise s'apprêtait à répliquer, peu satisfait de son explication —le métis devait soupçonner qu'il cachait quelque chose— le blond s'empressa de rajouter.

– C'est tout ce que je peux te dire pour l'instant. J'en sais pas plus.

Ils allaient devoir s'en contenter.

12 janvier 2005

La tension vivait toujours au Cottage suite à la nouvelle de Blaise. Ron l'évitait comme la peste et s'acharnait sur l'entraînement de sa magie, aidé d'Hermione qui essayait de le calmer, mais aussi de comprendre ce qui avait pu se passer. Chacun restait de son côté et la plupart du temps, il régnait un silence lourd dans la maison. Personne n'osait trop parler de peur que ce fragile équilibre explose.

Harry, pour se soustraire à tout ça, avait préféré s'atteler aux sorts que Severus lui avait donnés pour le Refuge, dans la forêt. Et puis en pratiquant là-bas, ça l'aidait à se concentrer. Il avait réalisé que la brume entourant son esprit s'était dissipée et qu'il était beaucoup plus alerte lors d'une promenade diurne afin de justement trouver une méthode pour ne plus être distrait par le blond. Il ne comprenait pas trop ce qui lui arrivait. Il avait conscience que tout tournait autour de Draco depuis un moment, mais sans plus, et il n'avait pas du tout le temps en ce moment de s'interroger là-dessus. Il avait une guerre à préparer.

D'ailleurs ce soir, Sev et lui se rendaient au souterrain. Il se débrouillait bien et les jumeaux le leur avaient autorisé. Ça l'angoissait un peu cette rencontre, dans la lettre parlée, rien n'avait indiqué comment les rebelles avaient pris la nouvelle et s'ils allaient devoir se méfier d'eux. Peut-être devait-il avaler un peu de Félix Felicis ; il aurait plus de chance de ne croiser personne. Est-ce que cette potion se trouvait dans le laboratoire?

Tout à ses pensées, une serviette autour des hanches et les cheveux encore humides, examinant les vêtements sur son lit, il put entendre Blaise se diriger en cuisine et ouvrir une porte d'armoire. Un thé probablement. Son oreille était surtout attirée par ce que fabriquait Draco. Ce dernier l'avait drôlement surpris quelques minutes plus tôt en se tenant devant sa porte alors qu'il en sortait. Le blond tenait une ancienne coupe en argent, sertie de quelques émeraudes qu'il lui avait tendues.

Le blond lui avait expliqué qu'il s'agissait de son sang pour l'aider à sa sortie , mais surtout pour le contrôle. L'humain avait même osé le titiller en le traitant de frileux pour le mordre. Et il n'était pas dit qu'il était un froussard.

Piqué à vif, il s'était enfermé dans sa chambre à double tour pour boire, tombant dans le panneau alors que Draco s'était éclipsé. Et en ce moment, l'ancien Serpentard se trouvait dans la bibliothèque.

Le soir de son retour en tant que libéré, Draco avait réussi à l'attirer là-bas pour faire une recherche sur leur lien. Par prudence, son blond avait apposé un sortilège pour changer l'apparence de la couverture et le titre. Comme ça, il avait pu les laisser sur la table sans que ça n'intéresse personne. Et lui avait évité de faire plusieurs allées et venues entre la table et les étagères dès qu'il avait un moment pour se rendre à la salle de livres. Parce que oui, Draco refusait d'utiliser un Accio pour faire venir à lui ce qu'il avait de besoin. Il ne voulait pas attirer l'attention. Mettre un sort de silence intriguerait les autres, qu'il utilise un informulé ou non et il avait un peu trop peur d'abîmer les livres avec l'Accio, certains étaient assez vieux et demandait de la délicatesse.

Ce n'était peut-être pas un endroit que l'ancien Serpendard côtoyait beaucoup depuis leur arrivée au Cottage par manque de temps, mais ce n'était en rien surprenant de le savoir là quand on le connaissait de Poudlard. Lui et Hermione devaient connaître tout ce que la bibliothèque de l'école contenait par cœur et l'emplacement de chaque bouquin.

– Les gars, appela Blaise.

Harry s'arrêta une main au-dessus d'un jean bleu délavé, ayant enfin choisi quoi porter un peu surpris que le silence soit brisé Et regrettant de ne pas, encore une fois, avoir le temps de rejoindre Draco. C'était si difficile d'arriver à le voir en tête-à-tête. Au moins, savoir comment il se sentait via leur lien, même si c'était atténuer, le contentait un minimum, tout en le distrayant.

Il laissa échapper un soupir.

Il enviait ses week-ends et ses vacances du temps qu'il était étudiant.

Il pouvait capter son odeur, mais comme son humain bougeait peu en ce moment, elle ne voyageait pas beaucoup jusqu'à lui. S'il pouvait juste entendre sa voix…

– C'est Potterveille.

Harry sursauta et eut honte de sa réaction, au moins personne ne l'avait vu. Être déconcentré en moins de cinq secondes, ce que c'était humiliant. Toutefois, il crut percevoir de la tristesse dans la voix de Blaise.

Ils allaient devoir en discuter, ça ne pouvait plus durer comme ça. Il était encore plus isolé maintenant que tout le monde savait, il passait son temps à les éviter, caché au laboratoire ou dans sa chambre. Ne les regardait plus dans les yeux, ne répondant que si on lui adressait la parole. Et quand il parlait, c'était pour être hésitant et craindre de dire un mot de trop.

Le Survivant pouvait comprendre Ron, il s'agissait de sa famille, mais ça ne pouvait pas durer éternellement. Après le refuge, il ferait en sorte de parler gentiment à Blaise, au moins lui dire qu'il n'avait pas à avoir peur de lui, qu'il ne comptait pas le tuer ou lui faire du mal.

Soudain, il perçut une voix étrangère au Cottage. Le métis avait dû effectuer un informulé, il ne l'avait pas entendu.

-... Bon allez, un communiqué des plus sérieux. J'espère que les concernés écoutent, racontait Lee, ça risque de se compliquer pour certains, mais voici la dernière nouvelle du côté de Vous-Savez-Qui. Depuis un peu plus d'un mois, certaines personnes qui ont eu la chance de s'en sortir ne comprenaient pas comment le camp adverse faisait pour les retrouver si vite. Un oubli de sécurité ça peut arriver, mais là, s'était trop souvent et trop organisé. Ils ont fini par le découvrir. Le Mage noir a mis un Tabou sur son nom! Vous savez celui qui commence par V. Aussitôt son nom prononcé que vous deviendrez détectable et un groupe de Mangemort apparaîtra à vos côtés, avant que vous ayez le temps de dire « Quidditch »!

En cuisine, Blaise blanchit avant de relever la tête au plafond, suite à un bruit sourd.

Quelqu'un venait de tomber?

– Quoi? Entendit-il presque au même moment, l'amenant à se retourner vers l'entrée de la cuisine et reculer.

Ron.

Une vague de peur s'empara de lui.

– Hors de question que cette ordure débarque chez moi! S'exclama Harry et qui ne fut entendu que par ses deux meilleurs amis.

– Je doute que cela puisse faire effet alors que le Cottage se trouve sous Fidelita et protégé par de nombreux sortilèges puissants, répliqua Hermione de sa chambre. Mais je peux effectuer une recherche là-dessus, je ne connais pas ce sort.

– Possible, mais mieux vaut continuer d'éviter de le prononcer tout court. Conclut Ron, les yeux rivés sur Blaise, alors que Lee poursuivait à la radio, annonçant la venue d'un autre animateur. Comme ça quand on sera dans un lieu public ou moins protégé, on ne risquera pas de le dire par inadvertance. Et puis, je préférerais qu'on ne prenne aucun risque.

– Pas de problème, répondirent en même temps Hermione et Harry.

Sentir et voir la peur du métis lui procura satisfaction, et il ne tenta rien pour le rassurer un minimum. Il en profita même pour prendre une respiration et se délecter de l'odeur que Blaise dégageait à sa vue. Puis avec un dernier regard dur, il tourna les talons.

14 janvier 2005.

Assis sur la terrasse, Harry s'était plus ou moins allongé dans sa chaise pour accoter sa tête contre le long dossier et se délecta des derniers rayons du soleil hivernal de la journée. Les mains sur son ventre, il se relaxa. Depuis la venue de Severus, il n'avait pas dormi et profita de ces quelques minutes pour se reposer. Son aîné lui avait dit d'attendre au Cottage ce soir, qu'il devait leur parler avant de terminer au refuge. Ils travaillaient là-bas depuis deux nuits et c'était épuisant. Il espérait que ce serait la dernière fois. Il n'avait pas conscience que la magie vampirique pouvait demander autant d'énergie.

Le Survivant s'inquiétait également pour Severus, ils se voyaient souvent ces temps-ci et il espérait que ça ne causait pas trop d'ennui au maître des potions.

Ignorant ce que ses amis fabriquaient et n'y portant aucune attention, il profita de ses quelques minutes de tranquillité. Dès demain, il allait devoir commencer à travailler sur sa magie tout juste fusionnée. Somnolant et repu, il se concentra sur son lien avec Draco qui s'occupait de plantes qu'il faisait pousser dans sa chambre en attendant les beaux jours pour créer une petite serre aux abords de la forêt. Certaines plantes demandaient une récolte spécifique et l'ex-Serpentard ne faisait que moyennement confiance au vendeur pour ce genre de chose, surtout par les temps qui couraient.

Prenant une bonne respiration, satisfait, il apprécia les émotions paisibles et de bien-être qu'il pouvait percevoir du blond. Et rapidement son esprit vagabonda à tout ce qu'ils pourraient faire tous les deux pendant un moment de libre… et s'il le rejoignait? Ils pourraient faire un tour du côté moldu, pourquoi pas un parc d'attractions? Oh. Oui et ils prendraient la grande roue et au sommet comme elle s'arrêterait, ça inquiéterait Draco et il pourrait en profiter pour l'enlac…

– Harry!

Le vampire sursauta et ouvrit les yeux pour tomber nez-à-nez avec une biche fantomatique.

Le Patronus de Severus.

– Tu peux venir à l'entrée du terrain? Je ne suis pas seul.

Pataugeant quelques instants avant que les paroles n'atteignent son cerveau et qu'il les comprenne, le Survivant s'apprêta à se lever pour de réaliser, surprit d'être déjà debout. Un frisson le parcourut à l'idée qu'il aura pu commettre l'irréparable et remercia mentalement l'arrivée de son ami. Il se déplaça donc à l'avant de sa maison avec un sourire qui s'agrandit en remarquant qui accompagnait Severus.

D'un pas vif, il s'empressa de les rejoindre.

– Remus! Je suis content de te voir.

– Moi aussi, louveteau!

– Severus m'a raconté ce que l'Ordre avait tenté de te faire. Tout va bien?

– Oui, ne t'en fais pas.

Plus rassuré, surtout par sa mine en forme et souriant, Harry se pencha pour frôler l'oreille du lycan qui s'était légèrement tendu à son approche et lui chuchota quelques mots.

– Bienvenu chez moi, bienvenu à Nebojša!

Puis, Harry se décala pour que le domaine se montre à ses yeux.

La première chose que vit Remus fut la taille de la maison, une belle demeure de couleur rouge bordeaux aux fenêtres à l'américaine. Le porche à l'entrée était de belle taille avec une jolie petite barrière blanche avec colonnes qu'y amenait trois marches et un toit en arrondi entourant une tourelle en coin.

La maison était composée de deux parties visibles, la première, la plus grande faisait deux étages et comportait un pignon. Sous cette dernière, au rez-de-chaussée se trouvait même une fenêtre palladienne.

La deuxième partie faisait comme une petite annexe à un étage de même couleur que la maison, une cheminée et le mur visible était en pierre, le même aperçu sur la maison. Un hublot sans vitre s'affichait dans la première corniche et Remus en déduit que la voilière devait s'y trouver. Et derrière tout ça, une forêt parsemée de blanc agrémentait le tout. Le Cottage était vraiment splendide.

Suivant Harry, le loup marcha sur un sentier de pierre qui s'harmonisait avec celle de la maison, songeant qu'il aimerait bien vivre ici. Peut-être pourrait-il faire quelques aménagements chez lui, comme cette annexe qui pourrait devenir un magnifique laboratoire de potion…

Lorsqu'ils entrèrent, Harry porta immédiatement son regard sur Draco, comme s'il était une boussole et qu'il venait de trouver son nord alors que tous les attendaient dans le salon.

Hermione, en entendant Remus aux barrières magiques, s'était dirigée à l'étage, en voyant que Ron ne bougerait pas. Comme elle était moins encline à se montrer agressive envers Blaise, elle l'avait sorti de sa chambre. D'ailleurs, le métis se tenait sur le bord du canapé, le plus loin possible des autres et la tête baissée. Et elle en avait profité pour faire de même avec Draco.

Ce dernier en apercevant son ancien professeur, se sentit un peu honteux d'avoir cru qu'il n'avait que de belles paroles et aucune action. Le voir devant lui, le fit se rendre compte que le loup souhaitait réellement les aider et qu'il avait réagi trop vite.

Quant à Hermione, elle pinça ses lèvres, nerveuse de faire un faux pas. C'était une chose de le voir aux réunions de l'Ordre, entouré d'autres sorciers qui pouvaient aider à atténuer l'odeur du loup, une autre de se retrouver collée à lui. Elle ne voulait pas le blesser.

Ron, lui, qui s'entendait assez bien avec lui par le passé, ne put s'empêcher d'être tendu. Il se souvenait très bien de sa réaction lorsqu'il l'avait vu pour la première fois en tant que vampire, passant à un cheveu de l'attaquer, bien que le loup n'en fût pas seulement la cause.

Mais étrangement en le voyant, rien de tout cela n'arriva. Il se sentait étrangement calme. Perplexe le rouquin se mit à fixer son ancien professeur de défense… S'il ne l'avait pas su, il n'aurait jamais pensé avoir un loup en face de lui. Vraiment, c'était à n'y rien comprendre. Qu'il n'ait rien remarqué lorsque Remus se trouvait à l'entrée du domaine, il pouvait comprendre, c'était le grand air et une bonne distance les séparait, mais là, à l'intérieur… il se savait fatigué, dormant peu, mais à ce point? son odorat était-il tombé en panne?

Il aurait dû pouvoir le sentir, même de loin! Il avait bien suivi la piste d'un mulot dans la forêt. Pour sa défense, c'était dans ces premiers jours de chasse après leur fuite en octobre.

– Aujourd'hui, vous allez vous exercer différemment, commença d'emblée Severus qui fronça légèrement les sourcils à la vue de Blaise si éloigné des autres. À tour de rôle, vous irez dans une pièce avec Lupin pour discuter et plus tard, on pourra tenter de tous vous regrouper…

– Tu parles d'un entraînement! C'est un jour de repos, ça, se moqua Ron tout de même un peu soulagé de prendre un break.

– Idiot! Souffla Hermione d'une voix blanche et de se tourner vers lui. L'entraînement, ce n'est pas de parler, ça, c'est juste pour nous changer les idées et faire passer le temps plus vite. L'entraînement, c'est de garder Remus vivant!

– Exact! Bien évidemment, un mur invisible se trouvera entre vous par précaution, mais l'air continuera de circuler. Et ne crois pas que se sera facile pour toi Harry, ce sera différent de la dernière fois que vous vous êtes croisés. Pendant que vous vous entretiendrez avec Lupin, Blaise et Draco, je veux vous voir chacun votre tour.

Remus, qui n'avait dit mot jusqu'à présent ; afficha un petit sourire narquois et des yeux brillants de malice.

– Alors? Qui veut commencer?

À suivre…

Lexique :

Yeux flashés : ses yeux ont changé de couleur quelques secondes