On se revoit à Konoha
Disclaimer : D'après les personnages de Naruto de Masashi Kishimoto. Une histoire originale de Nounouillechan. Ecrit par Chicken Poulet.
Chapitre 26
C'est toujours sous une pluie battante que les trois chefs de clans arrivèrent au clan Yamashiro dissimulé dans les forêts de Konoha.
Neji ouvrait la marche, Kôhei et Tsunade sur les talons et c'était comme si chaque pas le rapprochait un peu plus de la mort. C'est auprès des Yamashiro qu'il avait découvert ce qu'était la vraie douleur et le désespoir.
Le clan formait comme un petit village, de petites maisons étaient réparties de part et d'autre d'une grande voie qui menait sur une demeure qui semblait d'autant plus imposante qu'elle comptait un étage de plus.
Tsunade avait le regard dur et avançait d'un pas assuré, digne du chef de clan et de l'hokkage qu'elle était.
Kôhei était maintenant détrempé, il portait Yui à bout de bras, protégée par son manteau qui était deux ou trois fois trop grand. Il n'avait rien perdu de son enthousiasme et s'était efforcé de parler tout du long.
- C'est quand même incroyable qu'il y ait un endroit pareil à Konoha, tout à l'air tellement ancien ! Ils n'ont même pas l'électricité. Ils ont sans doute des salles d'eau, comme on en faisait avant ! Avec un bain chauffé au feu de bois.
Neji le regarda assez froidement alors qu'il continuait en parlant de sa femme, comme à chaque heure du jour et de la nuit.
- Kûki veut pas qu'on en ait un, je me demande combien de temps on va rester, peut-être que je pourrais essayer l'un de leur bain.
Neji lui répondit sur un ton las.
- Je suppose que si tu demandes gentiment à notre hôte il accédera à ta requête.
Ils étaient debout sur le porche de la demeure principale, à l'abris de la pluie. Les grandes portes étaient fermées mais on pouvait entendre un enfant courir de l'autre côté, on le reconnaissait à son pas léger.
L'un des pans de la porte s'entrebâilla et le regard de Neji tomba sur un petit garçon, avec une coupe de cheveux horrible en bol. Il les regarda un instant, fit les grands yeux et fit claquer la porte avant de s'enfuir.
Quelques instants plus tard une femme repoussa les portes et ouvrit en grand, elle portait l'un de ces grands kimonos dont l'épaisseur restreint les mouvements. Ses cheveux étaient d'un noir de jais, très fins, ils lui retombaient harmonieusement au bas du dos. Et lui donnait cet air précieux de poupée de collection.
Neji ne la reconnu pas, parce qu'ils n'avaient jamais été présenté.
- C'est un honneur pour moi de vous accueillir, je me nomme dame Yurie, je suis la matriarche du clan Yamashiro.
Elle fit quelques pas sur le côté et les invita à entrer et s'inclina légèrement au passage de chacun d'eux.
- Hyûga Neji, je suis ravi de vous rencontrer. J'en entendu dire que vous faites un travail remarquable.
Elle n'avait pas pris la peine de le rencontrer jusque-là, sans doute parce qu'il n'était qu'un sous-fifre à l'époque.
- Sanju Tsunade, c'est bien vous ? Comme vous avez grandi !
C'est à croire qu'elle l'avait connu enfant, elle lui caressa l'épaule et la regarda avec tendresse. Inutile de dire que ce comportement acheva de mettre Tsunade mal à l'aise. D'autant que Yurie ne semblait pas particulièrement plus âgée qu'elle.
Et le tour de Kôhei arriva.
- Vous devez être Hagoromo Kôhei. Il me tardait de vous rencontrer, jeune homme. Êtes-vous aussi impertinent que le laisse entendre les rumeurs ?
- J'ai tendance à ne pas respecter les vieilles règles, mais j'aime beaucoup les choses anciennes. Est-ce que vous avez des bains chauffés au feu de bois ? Ma femme ne veut pas qu'on en ait et ça ne se fait quasiment plus, mais vous avez l'air d'appartenir à une autre époque. Alors j'imagine que vous en avez.
Loin de s'offusquer de cette remarque, Yurie ris de bon cœur.
- Vous êtes réellement charmant ! Permettez-vous que je vous appelle par votre prénom ?
- Ça ne me dérange pas. Avant qu'on fasse quoi que ce soit je voudrais que quelqu'un s'occupe de cette fille.
Yui était entièrement dissimulée par le manteau, il la mit debout face à Yurie et découvrit son visage.
La matriarche eu en mouvement de recul en découvrant sa fille et le bijou qu'elle avait sur la tête. Son ton devint froid et cassant.
- C'est donc là que tu étais, je me demandais pourquoi je ne parvenais pas à sentir ta présence. Mais à voir ce diadème je comprends tout.
Elle toisa les différents chefs de clan et Neji s'empressa d'apporter la réponse à sa question silencieuse.
- Yamashiro Yaoshi est venu me voir au petit matin hier et m'a demandé de poser ce bijou aux vues de Yui. Qui s'est empressée de le mettre de son propre chef. Elle est depuis dans un état semi léthargique.
Dame Yurie releva un sourcil à l'encontre de sa fille.
- Je me souviens que Yoshi kun m'a pris quelques cristaux avant de quitter la maison. Je connais le moyen de te l'ôter, mais je n'en ferais rien, avant que tu n'aies retenu ta leçon. Du jour où tu es venue au monde Yoshi kun t'as détesté. Je n'ai eu de cesse de te mettre en garde, mais tu as toujours refusé de m'écouter. Te voilà bien arrangée aujourd'hui, Yui.
La jeune fille se tordait les doigts, le regard bas et honteux.
- Mère… La douleur est vraiment insupportable, ne pouvez-vous pas avoir pitié de moi.
- Ne l'as-tu pas mis toute seule, grande sotte. Cela t'a été facile de faire confiance à ton grand frère, en dépit de toute mes mises en garde ! Retire-le donc avec la même aisance ! Pour ma part, un Yamashiro idiot n'a droit à aucune justice.
Le regard de Yui s'emplit de colère, alors qu'elle recommençait à pleurer.
- Quand Yamamoto était là tout allait bien ! Lui c'était bon grand frère, il me défendait ! Il ne laissait pas Yao faire comme il veut !
Yurie tourna les talons en soupirant.
- Il est vrai que c'est un bon fils, il est le genre d'enfant dont une mère n'a pas à rougir. A vrai dire, mes fils m'ont toujours fait honneur. Alors que ma fille n'excelle que dans sa capacité à me décevoir.
Kôhei passa un bras autour des épaules de Yui et la prit contre lui.
- Je pense que c'est une mauvaise chose de parler ainsi à son enfant. Comment les Yamashiro peuvent se poser en tant que conseil et arbitre des familles nobles, si leur matriarche traite si mal ses enfants.
Le rouge monta aux joues de Yurie qui se tourna brusquement vers Kôhei, manifestement son arrogance ne l'amusait plus du tout.
- Ecoutez, Kôhei. Avec tout le respect que je vous dois, je réglais des conflits entres chef de clans bien avant que vous ne veniez au monde ! Quant à ma manière d'éduquer mes enfants j'ai pour principe de ne pas écouter les commentaires d'une personne qui n'en a pas.
Neji posa une main sur l'épaule de Kôhei afin de le raisonner, il ne pouvait pas le laisser s'adresser à Yamashiro Yurie comme il le faisait avec les membres du Conseil ou l'hokkage.
- Je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'avoir des enfants pour savoir qu'il ne faut pas les laisser souffrir quand on peut soulager leur douleur.
- Pardonnez son impertinence, dame Yamashiro. Il ne sait ni réfléchir ni se taire.
Neji tentait de prendre sa défense mais Yurie l'ignora totalement.
- Ma famille a appris qu'il ne fallait pas être idiot, hors ma fille est honnête jusqu'à la bêtise. Ce n'est pas de gaité de cœur que j'agis ainsi envers elle, être bête peut tuer un Yamashiro. Et je suis prête à parier qu'en l'absence du jeune Neji, il l'aurait prise dans cet état et jeté dans une rivière.
Kôhei ne lâcha pas non plus l'affaire.
- Il n'y a rien de mal à être honnête ou gentil, ce ne sont pas des tares. C'est les personnes assez malhonnêtes pour en profiter qui devrait avoir honte, comme votre fils qui n'a pas hésité à offrir ce bijou dans l'unique but de blesser sa sœur. Et je ne reviens pas que tu t'en sois rendu complice, Neji !
Un tic nerveux fit tressauter les paupières de l'œil gauche de Neji, Tsunade se tenait toujours en retrait, sans prononcer le moindre mot.
Yurie le jaugea un instant, ce qu'il y avait dans son regard n'était pas de la colère, mais un grand respect.
- Sachez que je n'ai qu'une seule parole, je n'ôterais pas ce cristal du front de cette idiote avant qu'elle ait retenu sa leçon. Autant dire qu'elle le gardera jusqu'à ce qu'elle apprenne à l'ôter seule. Ou que vous ne parvenez à le lui enlever.
Kôhei lui répondit avec une certaine arrogance.
- C'est tout ce que j'avais besoin d'entendre.
Il posa une main sur les yeux de Yui pour les protéger et de l'autre il saisit le cristal, et serra sa poigne jusqu'à faire ressortir les veines de son poignet à son bras. Yurie sembla s'en amuser. Mais au bout d'une bonne minutes le cristal craqua et fut réduit en poussière.
Les jambes de Yui cédèrent sous son propre poids et il la prit à nouveau contre elle.
- Cette douce arrogance est vraiment rafraîchissante, vous me rappelez mon petit Momo.
Si l'attitude de Kôhei semblait complètement inconsidérée au premier abord, elle avait tout de même permis de rassurer Neji et Tsunade.
Si la maîtresse de Maison n'avait rien fait à Kôhei, malgré une attitude vindicative, on pouvait en déduire qu'elle n'avait aucune intention de leur faire du mal. C'était plutôt une bonne chose, Tsunade lui en était presque reconnaissante. Elle trouva même le courage de parler s'adresser à Yurie.
- Si cela ne vous dérange pas, j'aimerais savoir combien de temps resterons nous ici. Et quels sont vos objectifs ?
Yurie lui fit un petit sourire qui se voulait rassurant.
- Il est de coutume que la cérémonie dure trois jours, mais en raison de votre statut je ne me permettrais pas de vous retenir si longtemps. Si nous commençons en début d'après-midi nous aurons fini pour demain en début de journée.
Elle les invita à les suivre jusqu'à la salle à manger, où un domestique s'afférait.
- Compte tenue de l'heure, je suppose que vous n'avez pas eu le temps de manger. Kô, je te prie de prendre soin de nos invités, tu rangeras leurs affaires au pavillon sud. Kôhei si vous voulez bien me suivre, la chambre de Yui se trouve à l'étage, et je dois avoir de quoi vous changer. En dépit de votre grande taille.
Yurie semblait avoir vraiment sympathiser avec Kôhei, elle posa une main sur son avant-bras et l'accompagna. Laissant les deux autres chefs de clan avec le domestique qui réagit de manière vraiment calme.
- Je suis Kô, je vais vous demander de me suivre à vos appartements. Le pavillon sud est vraiment très agréable en cette période de l'année. Je vous rassure, vous aurez des quartiers séparés. Avec de grandes vitres et une vue sur la forêt. Il est dommages que vous ne puissiez pas rester plus longtemps, les archives sont stockées dans un arbre millénaire creux. C'est tout simplement magnifique. Pour le temps que durera votre séjour nous vous fourniront tout ce dont vous aurez besoin.
Il était affable et l'espace d'un instant Neji et Tsunade en oublièrent le caractère précaire de leur situation.
- Je ferais de mon mieux pour rendre votre séjour le plus agréable possible. Un séjour chez les Yamashiro peut vraiment être intimidant, même pour des chefs de clan. Mais la mauvaise réputation du clan est surfaite mais nécessaire. Il n'y a pour ainsi dire que des femmes et des enfants ici.
- Ce qui ne signifie pas que le clan est sans défense, loin de là. J'ai été formé ici et j'ai une bonne idée de ce dont est capable vos femmes et enfants.
La remarque de Neji était pleine d'amertume, il n'aimait pas être ici et tout le bien que Kô pourrait en dire pour lui faire croire le contraire n'y ferais rien.
oOo
Sakura avait eu du mal à trouver le sommeil et très tôt le matin elle avait pris rendez-vous avec Koharu pour quelques prises de sang et un contrôle de santé.
Elle était en pleine forme et cicatrisait au moins deux fois plus vite qu'une personne ordinaire. Au moment de faire une démonstration des changements de son chakra elle s'était cantonné à des choses plutôt modeste, comme faire éclater un verre posé à l'autre bout de la pièce ou jouer avec les lumières.
Elle se garda bien de parler de son expérience grandeur nature dans le quartier Uchiwa, au-delà du fait qu'elle n'en était pas très fière, elle ne faisait pas suffisamment confiance à Koharu.
Sakura était bien consciente que le Conseil voulait l'utiliser à leur avantage, pour le moment elle y trouvait son intérêt, alors elle allait dans son sens. Mais elle n'hésiterait pas une seconde à faire volte-face et se retourner contre lui.
La pluie tombait à verse, elle avait oublié son parapluie, mais c'était plutôt agréable. Rien ne vaut une chaude pluie d'été pour se changer les idées.
En passant devant les ruines du Domaine Uchiwa elle eut un pincement au cœur, il n'en restait plus rien. Si les Hagoromo s'étaient montrés moins prétentieux il aurait pu être sauvé, mais peu importait dans le fond, ce serait l'occasion pour Sasuke et elle de refonder leur clan sur de nouvelles bases.
Un attroupement semblait se former aux environs de l'orphelinat, elle se fraya un passage entre les quelques curieux qui s'était rassemblés. Était-il possible que le bâtiment fragilisé se soit finalement écroulé ? Cela illuminerait sa journée.
- Juste devant la porte se sera parfait, je vous remercie.
Le ton affable de Kyotsune était reconnaissable entre mille. Elle se tenait juste là, dans un ensemble tailleur de sa création, ses cheveux coiffés en arrière en un chignon impeccable, et protégée par l'un de ces parapluies traditionnels d'un rouge vif et scandaleusement chère.
Sous ses ordres, des ouvriers dressaient des barrières et des bâches autour de l'orphelinat pour en empêcher l'accès et le dissimuler à la vue de tous.
- Haruno san, quel plaisir de vous voir. Vous pouvez approcher.
- Dame Hagoromo… Je ne m'attendais pas à vous voir ici.
Il faut dire que la veille son époux l'avait renvoyé comme une moins que rien. Alors c'était pour le moins surprenant de la retrouver à diriger un chantier comme si de rien n'était le lendemain.
- Comme vous le savez, l'ouverture de l'orphelinat est prévue dans un peu moins d'une semaine, il était prévu de longue date que les derniers travaux d'ornements se ferait dans le plus grand secret.
Sakura se retint de froncer les sourcils et de la remettre en question, il était impossible que l'orphelinat ouvre ses portes dans les temps. Kyotsune comptait sans doute trouver une excuse pour faire reculer les travaux une fois le bâtiment dissimulé.
- N'est-ce pas votre époux qui s'occupe de cela d'habitude ?
- En son absence c'est à moi que revient la charge d'intendante du clan.
L'un des ouvriers qui était d'une carrure proche de celle de Kôhei s'approcha d'elles, il joignit respectueusement les mains et parla à voix basse pour ne pas être entendu des badauds.
- Nous avons presque fini d'installer les panneaux, dame Hagoromo. Êtes-vous certaines que vous ne voulez pas que je dépose au moins le plâtre et le ciment à l'intérieur ?
Kyotsune laissa le manche du parapluie rouler dans le creux de son cou, pour prendre ses mains dans les siennes. Elle leva la tête et lui fit un sourire tendre et rassurant.
- Il n'existe vraiment rien qui puisse entamer le dévouement que tu me porte, Yamaguchi kun ?
- Je crains bien que non, alors laissez-moi vous prêter main forte.
- Il n'en est pas question. Je sais demander de l'aide tout autant que me débrouiller seule et Kôhei m'a formellement interdit de laisser qui que ce soit voir l'orphelinat avant qu'il ne soit fini.
L'homme jeta un coup d'œil à Sakura comme s'il pesait l'importance de ses mots.
- Je ne suis pas dupe, il y a presque autant de peinture que d'outils et de matériels de construction. Il n'y a rien de honteux à consolider…
Il se tût et grimaça de douleur, Sakura baissa les yeux sur leurs mains, la poigne de Kyotsune s'était resserrée au point que ses doigts vinrent à l'écarlate.
- J'ignore ce qu'est la honte car je ne vis que pour faire honneur à mon époux. Il m'a demandé de m'occuper du clan et de l'orphelinat en son absence et je crois agir comme il le faut. Je te remercie de me proposer ton aide avec une telle insistance, mais cela m'embêterait que Suzy s'inquiète de ne pas te voir rentrer.
Tout en prononçant ces paroles sur un ton rassurant elle avait continué de serrer sa poigne et Sakura vit et entendit les deux derniers doigts de chaque main craquer et se tordre. L'ouvrier déglutit en perdant un peu de ses couleurs.
- Vous êtes toujours si prévenante, dame Hagoromo, souffla-t-il entre ses dents serrées.
Sakura était pétrifiée de peur, la scène à laquelle elle venait d'assister était irréelle. Kyotsune Hagoromo, venait tout simplement de casser quatre doigts à un homme et le menacer à demi-mot de ne plus jamais revoir sa femme, parce qu'il lui avait proposé son aide. Quel genre de traitement pouvait-elle réserver à la personne qui aurait volontairement dégradé l'orphelinat ?
Kyotsune referma sa poigne sur les doigts cassé et Yamaguchi ferma les yeux, sans doute pour tolérer la douleur lorsqu'elle les pressa à nouveau.
- Inutile de me remercier. Avant que Kôhei n'entre dans ma vie je n'avais aucune idée de ce qu'étais une famille. Et depuis que je l'ai compris, je fais de mon mieux pour qu'elles soient réunis en toute circonstance. Aussi je t'accorde à toi et à tes hommes un long congé, je te prie de l'accepter. Vous avez tous déjà tant fait.
Sa voix était douce et pleine de reconnaissance, elle retira doucement ses mains pour les reporter au manche de son parapluie. Yamaguchi dissimula ses doigts meurtris en resserrant doucement les mains puis il s'inclina respectueusement.
- J'en déduis que nous ne vous reverrons qu'à l'inauguration.
- C'est bien cela. Je t'en prie, fais attention, ce serait dommage de te blesser juste avant de rentrer chez toi. Et je ne dis pas cela tant pour toi que dans mon propre intérêt. Mon mari serait sans doute peiné d'apprendre que je n'ai pas mis en place toutes les sécurités qu'exigent ton travail.
- Je ferais pour le mieux, mais qui sait ce qui peut arriver à cause de cette satané pluie.
Elle lui fit un sourire amusé et un petit signe de la main. Comment pouvait-on tenir des propos aussi bienveillants et être si agressive. Le moins que l'on puisse dire c'est que Kyotsune avait un sacré problème de personnalité et que rien ne pouvait le laisser imaginer.
Lorsque Sakura se tourna à nouveau vers dame Hagoromo elle eut la nette impression que cette démonstration de force lui était plus ou moins destinée.
- Je vous prie de m'excuser, Haruno san. Où en étions-nous ?
- A vrai dire nous avions fini de parler. L'inauguration aura donc bien lieu ?
Kyotsune inclina légèrement la tête sur le côté.
- S'agit-il d'une question ?
Sakura se ressaisit, elle n'aimait pas le ton de Kyotsune et n'avait aucune intention de se laisser faire. C'est plutôt facile d'intimider une personne dont on a la charge, mais Sakura ne lui devait rien et il était peu probable qu'elle se risque à poser la main sur elle.
Mais une fois de plus Kyotsune la prit de court en portant la main devant sa bouche et riant discrètement.
- Toutes mes excuses, je ne voulais pas me moquer. Mais il est annoncé de longue date que l'inauguration de l'orphelinat se fera vendredi prochain, soit dans une semaine exactement. S'il y avait un quelconque obstacle à ce projet, pensez-vous que mon époux se serait risqué à me laisser le gérer ?
Sakura se retint de froncer les sourcils et de la remettre ouvertement en question. Il était impossible de réparer les dégâts qu'elle avait fait en seulement une semaine. Que comptait-elle faire seule ? Colmater les fissures et appliquer de la peinture ?
- Sans doute pas. Lorsque l'on sait comment il vous a congédié hier.
C'était au tour de Sakura de la provoquer, elle avait parlé bien assez fort pour que les quelques personnes présente entendent. Puis elle se tourna vers dame Hagoromo, un sourcil relevé, mais cette dernière ignora sa pique.
- Je vous remercie encore de vous être portée volontaire pour nous aider. Vous ne pouvez qu'imaginer comme l'inspection menée par l'hokkage et vous-même va bénéficier à la réputation de cet orphelinat. J'espère vous compter parmi les membres du comité d'inauguration.
- Ce sera avec plaisir, dame Hagoromo.
- Juste une dernière précision. Dois-je adresser votre invitation à votre logement de fonction ou chez vos parents ?
Comme s'il n'y avait que cette alternative. Sakura lui répondit avec défiance et regretta presque aussitôt.
- J'habite le quartier depuis plusieurs mois maintenant, je rénove une petite maison au bout de la rue. Kôhei ne vous en a donc pas parlé ?
- Je savais pour la rénovation, mais j'ignorais que vous occupiez les lieux. Cela est bien pratique, une fois que j'aurais fini de superviser cette installation je rédigerais une invitation que je vous porterais, puisque vous êtes tout à côté de l'orphelinat.
Sakura sentit le sang quitter son visage et son estomac se nouer, mais elle fit de son mieux pour garder les apparences. Elle tourna les talons en saluant dame Hagoromo de la main.
Mais elle avait l'impression d'avoir fait une erreur monumentale en attirant l'attention de Kyotsune sur elle. De toute évidence elle était une adversaire redoutable et l'absence de Kôhei la laissait sans aucun contrôle.
Sakura l'avait sous-estimé mais se promit de ne pas reproduire deux fois la même erreur. Lorsque Kyotsune viendra elle ne tombera pas dans la facilité de lui fournir son alibi. Et n'évoquerait que très rapidement les travaux. Par contre, elle comptait se concentrer sur Kôhei, ce serait un bon moyen de détourner l'attention du renard argentée, le temps que durera sa visite.
