Severus Snape

« J'espère que tu ne m'as pas fait v... Oh ... On se calme Potter ! »

Severus Snape venait d'apparaître dans l'embrasure de la porte, juste derrière son père. Il avait levé les mains en signe de paix.

« Snape, » siffla Harry. « Alors l'ami de ma mère, c'était Snape ?! J'arrive pas y croire ! »

« Je suis aussi surpris que toi, Harry. »

« Drago ? » fit le Maître des Potions, surpris.

« Rangez vos choses, » siffla le propriétaire de la maison.

« Je ne crois pas non, » répliqua le Gryffondor avec colère. « Snape est un meurtrier. Il a tué Dumbledore ! Si j'avais su, je ne serais jamais venu ici ! »

« Tu es un ... »

« Tobias, la ferme ! » siffla Snape à l'égard de son père. « Mêles-toi de ce qui te regarde ! »

« Trois sorciers dans mon salon alors ça me regarde ! Es-tu un meurtrier ? »

« Comme si toi tu en étais pas un. Tu as tué Maman ! » fit le Maître des Potions, menaçant alors qu'il venait de sortir lui aussi sa baguette mais pour la pointer vers le Moldu.

« J'ai pas tué Eileen, nom de Dieu ! Combien de fois faudra que je te le dise ? T'sais quoi ? Va voir la police ! Il te donneront les résultats de l'enquête. C'est un cambrioleur qui a tué ta mère, Severus. Pas moi. J'étais peut-être violent ! J'étais alcoolique. Ce n'est pas pour rien que j'ai arrêté de boire ! Mais jamais je n'aurais tué ta mère ! »

Le Maître des Potions regarda son père avec suspicion et avec une colère froide et contrôlée.

« Pas si vite, vous deux, » dit-il à l'adresse des deux jeunes sorciers qui tentaient de filer à l'anglaise. « Potter. Si j'ai tué Dumbledore, c'est parce qu'il me l'a demandé. Il était déjà condamné. Mais je voulais préserver Drago. »

« Je n'allais pas le tuer. Je n'aurais pas pu, » contra ce dernier.

« Oui, je t'ai vu baisser ta baguette, Dray, » confirma Harry. « Mais cela n'excuse en rien les actes de ce salopard ! »

« Et si vous me laissiez vous expliquer, Potter ! »

« Le Serment inviolable, c'était pour ça ? » demanda Drago, incertain.

Sa baguette tremblait légèrement dans sa main. L'autre tenait le bras d'Harry afin qu'ils restent ensemble. Le Sang-Pur observait son parrain dans les yeux afin d'ydéceler une once de mensonge. Ce dernier observait ses deux anciens élèves avec surprise. Surtout pour ce qui était des cheveux. Tant Potter en roux ne le choquait pas encore trop mais alors son filleul avec des cheveux bruns, alors là ... Il ne savait que dire. Il était ... choqué. Mais ce n'était pas une mauvaise idée.

« Oui, Drago. Ta mère m'a demandé de te protéger. Elle m'a fait juré quitte à devoir accomplir la mission du Seigneur des Ténèbres à ta place. Mais même sans cela, je l'aurais fait malgré tout. Je ne t'aurais jamais laissé tuer Dumbledore. Tu n'as pas à te salir les mains. Et Dumbledore était d'accord avec moi. Il voulait mourir seul mais le cas échéant, je devais abréger ses souffrances avant que quelqu'un d'autre ne le tue. Ce que j'ai fait. » Il soupira. « Maintenant, est-ce que vous pourriez abaisser vos baguettes pour que l'on puisse discuter calmement et que vous m'expliquiez ce que vous faites chez mon géniteur. »

« Tu ne nous emmèneras pas chez lui ? »

« Non, Drago. Je ne suis pas un partisan. Je ne le suis plus depuis longtemps. »

« Tu le jures ? »

« Drago ..., » soupira Snape.

« Excuse-moi mais nous sommes en guerre ! Alors soit tu nous fais un serment de sorcier, soit on se tire ! »

« Très bien. » L'homme leva sa baguette. « Je jure sur ma magie que je ne veux aucun mal à Drago Lucius Malfoy, ni à Harry James Potter. Je jure sur ma magie que je ne les emmènerai pas auprès du Seigneur des Ténèbres ni aucun autre Mangemort ou partisan. Je jure sur ma magie de les aider dans leur quête des horcruxes si cela m'est possible. »

A mesure qu'il faisait ses serments, un filet de magie bleu azur sortit du bout de sa baguette – faisant siffler le propriétaire des lieux, mécontent – et vint lier les trois sorciers par la magie.

« Satisfait ? » demanda ensuite le Maître des Potions.

Drago baissa sa baguette avec un hochement de tête. Il dut aussi obliger Harry à en faire autant. Le Gryffondor refusait de croire l'homme et le pointa à nouveau de sa baguette.

« C'est bon, Harry, » murmura le Sang-Pur. « Il a juré. »

« Et tu le crois ? »

« Oui parce que s'il rompt son serment, il perdra sa magie et deviendra un Cracmol. »

« C'est exact, Potter. Maintenant baissez votre baguette. J'ai peut-être promis de ne pas vous vouloir du mal, je ne suis pas contre vous sonner un peu pour vous soigner juste après vous avoir botté les fesses ! »

« La violence ne résout rien, » soupira le propriétaire des lieux en se dirigeant en cuisine.

« Là c'est l'hôpital qui se fout la charité ! »

« J'ai changé, Severus... »

« Et moi, je suis un ange, » rétorqua le Maître des Potions qui ne croyait pas un mot de ce que disait son père.

Il était juste venu parce qu'il l'avait cru pour Harry Potter sans qu'il ne dise son nom. Il ne pouvait tout simplement pas connaître l'existence du fils de Lily Evans. Il attrapa une chaise de la cuisine et l'amena au salon pour s'installer devant ses anciens élèves. Il avait le regard insondable. Harry et Drago s'étaient rassis mais le Gryffondor gardait sa baguette en main, méfiant. D'une certaine manière, Severus Snape en était satisfait. Au moins, il ne faisait pas aveuglément confiance.

« Alors ? Pourquoi êtes-vous ici ? » demanda-t-il aux deux jeunes gens.

« Comment ma mère a pu être amie avec vous ? » attaqua Harry.

« Comment a-t-elle pu se mettre avec votre enfoiré de père ? » contre-attaqua Severus. « Les aléas de la vie. Nous vivions dans la même ville, allions dans la même école, nous étions tous deux des sorciers. Fin de l'histoire. Que faites-vous ici ? »

« Ma tante m'a donné l'adresse disant que je pourrais faire confiance à l'homme qui était le meilleur ami de ma mère, » siffla le Gryffondor en lui jetant un regard noir. « Voilà pourquoi on est là. »

« Et pourquoi vous venez me voir moi ? »

« Si je savais que c'était vous, je me serais abstenu, Snape. On se déteste ! »

« Oui, cela c'est le moins que l'on puisse dire. Vous êtes le portrait craché de votre père ! Vous voulez quoi ? »

« Pas de votre aide, ça c'est certain. »

« Harry ..., » tenta le Sang-Pur.

« Non, Drago ! Je ne ferais jamais confiance en Snape ! On se déteste, il est un mangemort et il prend plaisir à constamment me rabaisser ou à me faire porter tous les maux du monde sur le dos ! Alors non, son aide, j'en veux pas. Je préfère encore rentrer et qu'on trouve tous seuls. »

« Sauf que sans aller à Square Grimmaurd pour chercher un indice sur les Black et prendre les livres de la bibliothèque, on est un peu coincés, » rétorqua le Serpentard. « Severus pourra peut-être éclairer notre lanterne. Si tu n'as pas confiance en lui, moi oui. C'est non seulement mon parrain, mais en plus, il vient de prêter serment. »

Le Gryffondor croisa les bras et s'emmura dans un silence. Il fusillait le Maître des Potions du regard.

« Pourquoi n'allez-vous pas au Square ? » demanda alors Severus.

« Parce qu'Harry pense que ses amis l'y attendent et qu'il ne veut pas les mettre en danger. »

« Mais te mettre toi en danger par contre, ça c'est normal. »

« Les préjugés Serpentards, ça, ça m'avait pas manqué, » siffla Harry. « Vous êtes toujours les mêmes. »

« Je peux savoir ce que cela veut dire ? » claqua durement le Maître des Potions.

« Je ne suis plus votre élève, j'ai pas à obéir. »

Le Moldu qui assistait à l'échange depuis l'embrasure de la cuisine ricana doucement.

« Severus professeur. Alors là, j'ai tout entendu ... »

« C'est un mauvais prof, » informa Harry avant de grimacer. « Mais il est un bon Maître des Potions, » admit-il à contrecœur.

« Un bon ? » fit Drago. « Tu déconnes, il est le plus jeune et le meilleur d'Europe. »

« C'est ça, jette lui des fleurs ... »

« Je suis sérieux, Harry. Il est le meilleur. »

« Si tu le dis ... »

Le Gryffondor abandonna très vite le sujet. Non seulement, il ne voulait pas faire plaisir à Snape mais en plus il ne voulait pas rester en présence de Snape.

« Pour en revenir à nos moutons ... » Le Maître des Potions releva un sourcil en entendant son filleul employé une expression moldue. « ... Non, Severus, il ne cherche pas à me mettre en danger. Il a accepté que je l'accompagne. Sinon il serait parti seul dans sa quête. »

« Voilà qui serait du suicide. Mais rien d'étonnant de la part d'un Gryffondor. »

« Je vous emmerde, Snape. »

« Pourquoi tu es avec Potter, Drago ? » demanda Severus en ignorant le commentaire.

« Parce que je n'avais nulle part où aller. Je ne savais pas si je pouvais te faire confiance. Père m'a renié et Mère m'a aidé à m'échapper. J'ai failli me faire attraper alors ... j'ai été au dernier endroit où j'avais une chance de survivre. Me le reprocherais-tu ? »

Severus Snape soupira et observa un instant le Gryffondor.

« Non, » répondit-il au bout d'un moment. « C'est juste ... surprenant. Tout comme tes cheveux. Vous ne pourriez pas enlever vos glamours, c'est dérangeant. »

« Quel glamour ? » firent les deux jeunes sorciers.

« Remettez vos cheveux de la bonne couleur, par Merlin ! »

« Impossible, » répondit Harry. « On a utilisé une colo moldue pour justement éviter le cas où on se ferait prendre. Un glamour peut facilement être enlevé, mais une colo pas. Le cheveu être directement touché. Nous ne sommes reconnaissables que par ceux qui connaissent notre visage. Tiens ... on devrait peut-être faire de la chirurgie plastique, » continua-t-il en se tournant vers Drago.

« Je ne sais pas ce que c'est, » fit ce dernier. « Et quelque chose me dit que je ne vais pas apprécier. »

« Potter, vous n'êtes pas sérieux ?! » s'exclama Severus.

« Moins je ressemblerais à Harry foutu Potter, plus de chance j'aurais à survivre et, au final, tuer Voldy-Face-de-Serpent ! »

Le Gryffondor eut la satisfaction de voir pâlir le Serpentard.

« Potter ! »

« Monsieur ! » singea Harry sans aucune retenue.

« Oh Harry, » soupira Drago. « On n'est plus en seconde. »

« Eh ! C'est à lui qui tu dois dire ça, pas à moi ! » s'indigna le Gryffondor. « C'est lui qui fait toujours tout pour que je sois l'égal de mon père dans tous les domaines. La seule chose que j'ai vraiment hérité de lui au final, c'est mon talent pour le Quidditch ! Le reste je le dois à une sacrée chance ! »

Severus se pinça l'arête du nez en soupirant. Qu'est-ce qu'il avait fait pour tomber dans cette situation, déjà ? Ah oui ! Il avait répondu à un coup de téléphone de son foutu paternel.

« Cela suffit ! »

Sa voix claqua dans le salon de l'Impasse du Tisseur. Par habitude, comme s'ils étaient en classe, les deux jeunes se turent, Drago attentif, Harry en pointant sa baguette sur Snape, par réflexe, prêt à le stupéfixer et à s'enfuir en courant.

« C'est toujours comme ça entre vous trois ? » demanda soudain Tobias, amusé, en venant s'asseoir avec une tasse de café.