Auteur : Lady Zalia
Beta-lectrice géniale : Yukyo01
Type : Drama, Romance essentiellement, un peu Humour. ^^
Disclaimers : Slash (Harry x Drago). Univers appartenant à J.K. Rownling. Rating M
Rappel du chapitre précédent : Drago a convaincu les trois Gryffondors de capturer des rafleurs pour tester de nouvelles potions, mais il en a profité pour torturer et tuer Fenrir Greyback. Lupin et maintenant Hermione, accusent Drago de pervertir Harry via le lien du calice.
Leur comportement vous a beaucoup fait réagir. ^^
***/+/*** Chapitre 24
Un silence inconfortable s'installa dans la pièce. Ron et Hermione me regardaient désormais comme si j'étais le diable incarné et Harry était pétrifié, perdu dans ses pensées. Je savais que mon calice était quelqu'un de foncièrement bon et ses amis avaient la même candeur de croire que la guerre serait gagnée à coup de Stupéfix. Harry, qui était terrorisé à l'idée de devenir le futur seigneur des ténèbres, se demandait à présent si le lien n'avait pas imperceptiblement modifié son caractère pour éviter les conflits avec moi. Je n'avais aucun mal à lire les différentes émotions qui le traversaient : le doute, la peur, la colère, la peine… Je ne pus garder mon calme plus longtemps.
- Bon sang ! Il y a quelques temps Lupin reprochait à Harry d'utiliser un Expelliarmus contre des Mangemorts et aujourd'hui on me reproche d'avoir tué Fenrir Greyback ! Faudrait savoir ! Vous n'êtes que des hypocrites ! On ne gagnera jamais cette guerre sans tuer !
- On ne te reproche pas de l'avoir tué Drago, mais de l'avoir torturé gratuitement. Tu savais parfaitement qu'on ne te laisserait jamais faire, c'est pour ça que tu nous as tous renvoyé ici ! Nous n'aurions jamais dû accepter ta proposition… Nous allons relâcher les quatre rafleurs que tu retiens au cellier. Il est hors de question de les faire souffrir en les utilisant comme cobayes.
La voix de Harry était polaire et j'eus l'impression qu'une pointe me transperçait la poitrine. Je préférai me détourner, les poings serrés.
- Fort bien ! Comme ça ils pourront amener les Mangemorts jusqu'ici puisqu'ils ont pu entrer dans la maison, le Secret ne fonctionne plus sur eux ! Mais après-tout, faites comme bon vous semble ! Allez donc leur servir une tasse de thé et un bon repas. Je suis persuadé qu'ils feront amende honorable après ça !
J'avais grand besoin de prendre de la distance, mais il faisait encore jour, je décidai donc de me réfugier dans mon laboratoire. Je ne laissai pas le temps au trio de répondre et pénétrai dans la pièce secrète avant de refermer la porte derrière moi. Cette situation avait un air de déjà-vu, j'espérais, cependant, que cette fois Harry n'attendrait pas d'être à l'article de la mort pour reconnaître ses erreurs.
La voix de Hermione me parvint à travers le mur.
- Il est évident que nous ne pouvons pas les relâcher. Mais j'imagine qu'on peut les laisser Stupéfixés, tant qu'ils restent ici, ils ne représentent aucun risque…
Je secouai la tête et réinvoquai le lit de camp d'un coup de baguette avant de m'y laisser tomber. Fichus Gryffondors ! Si Harry et moi avions été seuls, tout aurait été plus simple. Mais il fallait que ses amis viennent y mettre leurs bons sentiments dégoulinants de mièvrerie. Dumbledore l'avait manipulé pour le mener à une mort certaine, Lupin le sermonnait comme si c'était un gamin et pourtant Harry continuait de suivre leur credo ! C'était incompréhensible. Et aujourd'hui, on me reprochait de corrompre Harry à travers le lien… C'était l'hôpital qui se moquait de la charité.
Après mûre réflexion, je décidai de redescendre à l'heure du dîner. Cette fois, je préférai changer de tactique. Ron, Hermione et Harry étaient déjà en train de manger en compagnie de ma mère lorsque je rejoignis la cuisine.
- Ah bien, je constate au moins que vous ne les avez pas encore invités à manger à notre table.
- Drago, ne recommence pas, s'il te plait.
Harry semblait préférer éviter le conflit. Mais cette fois, je comptais bien mettre les pieds dans le plat.
- Non. J'en ai marre qu'on me reproche tout et n'importe quoi. Assumez une bonne fois pour toute vos décisions. Nous sommes en guerre et nous ne sommes plus des gamins. Je pense qu'utiliser les Impardonnables est indispensable pour gagner. C'est mon opinion. Je ne force personne à être de mon avis. Et contrairement à Dumbledore ou à Lupin qui ont pris l'habitude de t'infantiliser en te parlant de tes parents ou en te faisant la morale, je ne t'ai jamais menacé ni fait de chantage pour que tu fasses quelque chose contre ton gré, Harry. Maintenant, n'attendez pas de moi que je regrette mes actes. Contrairement à vous, je ne me voile pas la face. Les potions que j'ai créées peuvent potentiellement changer le cours d'une bataille et sauver des vies. Si je réussis ce que je veux faire, nous aurons enfin un moyen sûr de rejoindre Poudlard, ce qui est pour l'instant, je vous le rappelle, la seule idée de plan que nous ayons. Les personnes que nous avons capturées vivent en enlevant et tuant des gens sur ordre du Ministère de Voldemort. Je ne vous demande pas de participer, mais ne m'empêchez pas de faire ce que j'ai à faire. Vous me remercierez lorsque nous arriverons à Poudlard en un seul morceau !
Une bonne minute de silence accueillit mon discours. Seule ma mère continuait de manger comme si de rien n'était, le bruit de sa fourchette tintant régulièrement contre la porcelaine. Ron se tortillait sur sa chaise, Hermione avait le regard dans le vide et Harry triait les légumes dans son assiette. J'étais persuadé qu'ils étaient d'accord avec moi, mais aucun d'entre eux ne semblait l'assumer. Bravo le courage des Gryffondors. Finalement, alors que je me détournais pour quitter la pièce, Harry m'attrapa par la manche.
- Drago… Je maintiens que tu n'aurais pas dû torturer Greyback. Je comprends ta démarche. Mais je voudrais que tu me promettes que tu ne les feras pas souffrir inutilement et que tu ne me cacheras plus tes projets. Comme tu l'as dit, je me suis suffisamment fait manipuler par le passé pour ne pas subir ça avec mon propre compagnon. J'y ai sérieusement réfléchi et je ne pense pas que le lien ait affecté mes décisions passées. Mais je voudrais que tu le prouves à Ron et Hermione. Je voudrais qu'eux aussi comprennent qu'ils peuvent te faire confiance, que tu ne changeras jamais ce que je suis vraiment. Alors, hypnotise-moi, donne-moi un ordre et je vais tâcher d'y résister.
Je soupirai intérieurement de soulagement. Heureusement que Harry était capable de réfléchir. Après tout, même si Hermione avait la langue bien pendue, c'était lui le chef de cette petite bande. J'attirai Harry contre moi pour lui offrir un profond baiser et il y répondit immédiatement. Je glissai ensuite ma main sous son menton pour le forcer à me regarder dans les yeux.
- Calice. Monte sur la table. C'est ton vampire qui te l'ordonne.
Son regard se voila un instant et il amorça un mouvement en arrière, mais la seconde d'après, il s'était immobilisé, les sourcils froncés. Il me regarda et m'offrit un large sourire avant de se tourner vers Ron et Hermione en écartant les bras.
- Vous voyez ! Même le lien du calice ne peut pas m'obliger à faire quelque chose contre ma volonté. Je suis resté le même.
Ron hocha la tête et Hermione avait retrouvé un léger sourire.
- Bien. J'imagine que c'est probant. Il est vrai que le lien de calice à vampire est assez mal connu, il est donc possible que des auteurs aient exagéré certaines caractéristiques…
- À présent que je suis innocenté… Harry, je promets de ne pas torturer ces rafleurs inutilement. Ils me serviront uniquement à vérifier la toxicité et l'efficacité de mes potions qui sont, je le rappelle, des potions de protection. Sur ce, je vous laisse finir de diner.
Je n'aimais pas particulièrement me donner en spectacle, d'autant plus sous l'œil inquisiteur de Hermione Granger, mais cela avait au moins eu le mérite de désamorcer la situation. Harry avait eu une bonne idée. Je rejoignis le cellier pour retrouver les quatre rafleurs allongés par terre, toujours stupéfixés, et je sortis plusieurs petites fioles de potion de ma poche, ainsi qu'un sablier. J'avais besoin de place et le cellier était l'endroit idéal, même s'il était éloigné du salon, j'avais donc préparé à l'avance plusieurs doses à administrer à mes cobayes. J'invoquai une chaise et me saisis de l'un d'entre eux pour l'y asseoir et l'y attacher. Lorsque je me fus assuré que les liens étaient suffisamment solides, je lançai un Enervatum pour lui faire reprendre ses esprits. L'homme avait des cheveux mi-longs bruns et des yeux marrons. Ses vêtements démontraient un certain sens de l'esthétisme et il aurait pu être séduisant si son visage ne trahissait pas un passé bagarreur et un rythme de vie négligé. Il prit le temps d'observer ce qui l'entourait avant de porter son regard sur moi.
- Ces cheveux blonds… Ne serais-tu pas Drago Malefoy, le traître à son sang, recherché pour 5000 Gallions ?
- C'est moi qui pose les questions, ici. Quel est ton nom, rafleur ?
- Scabior. Puis-je savoir ce vous comptez faire de moi, maître Malefoy ? Par ailleurs, je ne vois nulle part mon camarade Fenrir Greyback, serait-il parvenu à vous échapper ?
Le dénommé Scabior parlait avec aisance, preuve qu'il ne se laissait pas dominer par la peur. Je savais pourtant à son rythme cardiaque que cela n'était qu'une façade, et qu'il ne me faudrait pas grand-chose pour la briser.
- Toi et tes amis allez me servir de cobayes pour tester quelques potions que je viens d'inventer. Et pour ce qui est de Greyback, il est mort, je le crains. C'est ce qui arrive quand on ne m'obéit pas. Bien sûr, je pourrais te soumettre à l'Imperium, mais je vais avoir besoin que tu me décrives ce que tu ressens, et ce n'est jamais très pratique quand on doit manipuler une marionnette décérébrée. Ces potions ont pour but de renvoyer les sortilèges donc il se pourrait même que tu survives. Maintenant sois sage et ouvre grand la bouche.
Le dénommé Scabior pâlit légèrement, réfléchissant sans doute à toute vitesse pour essayer de trouver une solution à sa situation, et mon sourire sadique ne l'aidait sans doute pas à se concentrer.
- Si vous voulez me torturer, il y a des méthodes moins tordues, si vous voulez mon avis…
Commençant à m'impatienter, je levai les yeux au ciel face à sa pathétique tentative de gagner du temps.
- Je n'essaye ni de vous torturer, ni de vous tuer, mais simplement de trouver une utilité à vos stériles existences. Si ça peut te décider, ces potions ne contiennent aucun ingrédient toxique en soi. Dans le pire des cas, tu auras des crampes d'estomac. Allez, ouvre la bouche avant que mes bonnes résolutions ne se dissipent.
Il me regarda avancer avec la petite fiole, mais il ne pouvait bien évidemment pas bouger et finit par desserrer les lèvres, les yeux fermés, avec une attitude résignée. Je vidai la dose dans sa gorge avant de lui pincer le nez et lui maintenir la bouche fermée pour l'obliger à avaler. Il rouvrit les yeux quelques instants plus tard avec un air paniqué, mais j'avais simplement retourné le sablier avant de m'asseoir sur un tabouret, à une distance de sécurité suffisante au cas où il se mettrait à vomir. J'avais aussi fait apparaître un parchemin, une plume et un encrier pour noter mes observations :
Scabior, sujet n°1.
Prise d'une première dose de la potion rouge ce vendredi…26 décembre 1997 à 19h41. (Je notai mentalement qu'aucun d'entre nous n'avait pensé à fêter noël …)
Aucun effet sur le physique 5 minutes après l'administration.
Je plissai les yeux vers lui et il dut comprendre ma demande car il finit par bégayer.
- Je me sens… normal… je crois…
Je me pinçai l'arrête du nez, reproduisant inconsciemment l'un des tics de mon parrain.
- Tu crois… Ne pourrais-tu pas être plus précis ? Sensation de bouche pâteuse ? Mal de tête ? Brûlure d'estomac ? Impression de chaleur ?
- Euh… rien de tout ça. J'ai des fourmis dans les mains par contre…
- Hors de question que je te détache, ne rêve pas. Bien… Absence de toxicité manifeste donc. Diffindo !
Mon sujet qui poussa un cri strident au moment où le sortilège entailla sa joue. Je n'avais mis que le tier de ma puissance dans ce sort et la coupure était bénigne, mais le résultat était suffisamment parlant : Manifestement, la potion ne fonctionnait pas comme je l'avais prévu. Je soignai Scabior d'un Episkey avant de consulter mes notes. Quelque chose parmi les ingrédients actifs devait nuire à l'alchimie de l'ensemble… Peut-être la racine de raifort aurait dû être séchée et infusée au lieu d'être hachée fraîche… Ou peut-être le sang de Womatou pouvait-il être remplacé par de l'huile essentielle de Mandragore… L'art des potions était un véritable casse-tête avec de multiples paramètres à prendre en compte et un nombre infini de combinaisons. Chaque ingrédient pouvait être ajouté frais, séché, haché, réduit en poudre, infusé ou distillé. Mais quelle satisfaction lorsque les pièces du puzzle s'emboitaient parfaitement pour créer la potion attendue ! Pour l'heure en tout cas, je pouvais mettre de côté la potion rouge. Heureusement que mon cobaye avait eu la jugeotte de se taire pendant ma réflexion. J'avais besoin qu'il soit en état de parler, mais j'avais aussi trois autres sujets de test potentiels… Je relevai la tête de mes notes pour reporter mon regard sur Scabior et j'eus besoin de toute mon éducation Malefoy pour rester stoïque. Le rafleur avait désormais la peau recouverte d'écailles et il ne semblait même pas s'en être aperçu !
- Est-ce que vous allez encore avoir besoin de moi, maître Malefoy ?
Cet homme n'avait décidément pas la moindre fierté. Cela dit la vision d'un tatou humain m'appelant « maître Malefoy » eut raison de mes dernières barrières et j'explosai de rire sous le regard ahuri de mon sujet d'expérience toujours attaché à sa chaise. Mon rire ne tarda pas à attirer les trois Gryffondors de la pièce d'à côté, et Ron et Harry se joignirent à moi tandis que Hermione posait ses mains sur ses hanches à la manière de la mère Weasley.
- Drago, j'espère que tu comptes faire quelque chose pour lui rendre son apparence normale !
- Quoi ? Comment ça mon apparence normale ? Qu'est-ce qu'il m'a fait ? Dites-le-moi ?!
- Oh, n'exagérons rien ! Moi je trouve qu'il y a plutôt gagné au change… Mais si les effets ne se dissipent pas d'eux-mêmes, je fabriquerais un antidote, promis !
Ron peinait encore à se calmer et Harry s'était retourné pour s'extraire de cette vision désopilante. Scabior tourna son regard successivement vers chacun d'entre nous dans l'espoir que quelqu'un consente à l'informer sur sa situation, mais même Hermione refusait de le regarder dans les yeux de peur de succomber à l'hilarité ambiante.
- Maître Malefoy ! Maître Malefoy ! Je vous en supplie, ne me laissez pas comme ça !
Je finis par lui jeter un Stupefix avant d'invoquer un drap pour le recouvrir. Il était hors d'usage pour le moment et je comptais bien tester la potion verte avant de retourner dans mon laboratoire.
- On peut savoir ce que tu lui as fait pour qu'il t'appelle « maître Malefoy », Drago ?
C'était Harry qui avait posé la question, tandis que Ron et Hermione avaient quitté la pièce et je lui offris un sourire charmeur.
- Que veux-tu, il a tout de suite reconnu ma grandeur et m'a spontanément prêté allégeance ! Plus sérieusement, je n'ai rien fait, ce gars a simplement moins de fierté qu'un elfe de maison.
Il pouffa et commença à suivre ses amis, mais je l'attrapai par le poignet pour l'attirer vers moi afin de l'embrasser et il se laissa faire. Ses deux camarades partis et les rafleurs stupéfixés, je profitai de cette intimité pour le plaquer contre le mur, commençant à glisser ma main sous son t-shirt alors que ma langue continuait d'explorer sa bouche. Il gémit doucement, me donnant envie de plus.
- Drago… Pas ici… Et pas maintenant. Tout à l'heure, quand tu auras terminé… je préférerais faire ça dans un lit...
Je le libérai de mon étreinte après un dernier baiser, ne cherchant pas à argumenter.
- D'accord. Mais tu n'as pas intérêt d'être endormi d'ici là.
- À toi de ne pas me faire trop attendre… Et puis on attrape vite froid quand on est nu !
Il s'échappa en un clin d'œil avec son sourire aguicheur. Il était encore tôt et je savais qu'il n'irait pas se coucher tout de suite. Je pouvais donc au moins tester une deuxième potion. J'allongeai Scabior au sol, toujours recouvert du drap, pour libérer la chaise et installai un deuxième rafleur de la même manière, solidement attaché, avant de lui faire reprendre ses esprits. L'homme avait le visage bardé de cicatrices, des cheveux clairs très courts et sentait la crasse et le sang. Il papillonna des yeux, portant immédiatement son regard sur moi.
- Je vois… C'est fini pour moi, c'est ça ? J'imagine qu'il fallait bien que la roue tourne…
- Tu peux encore t'en sortir. À toi de te montrer obéissant si tu ne veux pas terminer comme tes amis Greyback et Scabior… Alors, quel est ton nom… À moins que tu ne préfères que je t'appelle « Sujet n°3 » ?
Je souris sadiquement, laissant apparaître mes canines proéminentes et j'avais désigné le drap duquel dépassaient les bottes de Scabior. Mon nouveau cobaye n'était pas suffisamment proche pour percevoir la différence entre stupéfixé ou mort et un peu de pression ne pouvait que l'inciter à se montrer plus docile. Il eut un regard d'effroi et se mit à hocher la tête frénétiquement, apparemment incapable d'ajouter quoi que ce soit d'autre. J'ignorais si Greyback était le chef de ce petit groupe, mais manifestement, savoir que le lycanthrope était mort leur faisait beaucoup d'effet. J'administrai une dose de la potion verte et suivit les mêmes étapes que précédemment. Il semblait bien moins dégourdi que Scabior et je dus même lui lancer un sortilège de diagnostic pour déterminer si la potion n'avait pas d'effet secondaire indésirable.
- Sujet n°3 ! Tu as intérêt à parler sinon je te plonge sous Imperium !
- Nonnonrienàdirej'veuxpascrevermatatam'avaitprevenuquejefiniraiscommeçaa
Il m'avait répondu par une litanie de mots sans aucun sens et je regrettai le sang froid de mon premier cobaye. Celui-là semblait avoir totalement succombé à l'angoisse d'une mort imminente… Je décidai de lui assener une bonne gifle pour le calmer et il cessa tout d'un coup sa logorrhée.
- Ecoute moi bien, Sujet n°3. Si tu es un gentil garçon, je ne te tuerais pas. Tout ce que je te demande c'est de me dire ce que tu ressens. Est-ce clair ?
- Oui monsieur.
- Bien. Voyons. Ça fait cinq minutes que je t'ai fait boire la potion. Diffindo !
Le cobaye se mit à hurler, bien qu'aucune entaille ne soit apparue sur son visage. Mon sort avait pourtant touché ma cible, sans aucun doute possible. Je m'approchai pour l'observer plus attentivement. Sa tête était intacte, mais alors que je palpais son front sans ménagement, il eut un mouvement de recul.
- Ah ! Tu me fais mal, grosse brute !
Je le fusillai du regard pour qu'il repasse au vouvoiement.
- Le sortilège ne t'a pas blessé pourtant. Que ressens-tu ?
- Une coupure… Vous m'avez jeté un Diffindo ! Je connais ce sort ! Ne me prenez pas pour un idiot !
Je ne pus m'empêcher de secouer la tête avec un air énervé. Cet imbécile avait senti le sort le toucher et l'effet placebo avait fait le reste. J'allais devoir jeter mes prochains sorts en informulé si je voulais pouvoir en étudier les effets sans qu'il ne puisse fausser mes résultats. Je me plaçai derrière lui pour qu'il ne puisse pas me voir et lui jetai cette fois un maléfice cuisant et encore une fois, rien ne se passa.
Il était encore trop tôt pour crier victoire, mais c'était déjà un signe positif. Maintenant, il allait falloir que je calcule combien de temps la potion faisait effet et la puissance des sorts qu'elle pouvait absorber.
- Sujet n°3, répond à mes questions. Combien pèses-tu ? As-tu des créatures magiques dans tes ancêtres ?
- 73 kg, monsieur ! Et que des sangs purs ! Personne ne fornique avec des saloperies dans ma famille moi, monsieur !
Je grinçai des dents et lui jeta un sortilège de Folloreille qui resta lui aussi sans effets, de même qu'un Oscausi dix minutes plus tard. Je finis par regagner ma chaise, jetant un Rictusempra au bout de vingt minutes qui plongea cette fois le rafleur dans une crise de fou rire incontrôlable.
- Et bien ! Trente minutes d'efficacité, c'est clairement insuffisant pour ce qu'on a à faire…
Il allait falloir que je revoie la formule, mais pour l'heure, une activité bien plus agréable m'attendait à l'étage… Je décidai de replonger mon sujet n°3 sous stupéfixion avant de quitter la pièce avec mes précieuses prises de notes. Mes potions pouvaient attendre, contrairement à mon calice.
Je rejoignis rapidement le troisième étage sans passer par le salon. Il n'était pas si tard, mais le lien me chuchotait que Harry était impatient. Effectivement, lorsque je passai la porte, il était sur le lit, allongé sur le ventre, plongé dans la lecture d'un livre, ses jambes battant la mesure d'une mélodie de son souvenir. Il était en jean et t-shirt et ses vêtements près du corps mettaient en valeur sa musculature délicate. J'aurais voulu le surprendre, mais à peine avais-je passé le pas de la porte qu'un frisson l'avait parcouru, le faisant se retourner pour m'observer. Il siffla quelque chose en fourchelang et je vis son serpent se glisser hors du lit pour rejoindre son vivarium. Je fronçai les sourcils : J'aurais juré qu'il avait encore grandit depuis la dernière fois que je l'avais observé… Il était encore loin de la taille de Nagini, mais sa croissance surnaturelle commençait à le rendre véritablement impressionnant.
- Je pensais que tu en aurais pour plus longtemps que ça. Dis, est-ce que tu penses que je pourrais emmener Selvy à Poudlard ? Il aimerait bien pouvoir se promener un peu…
- Tu comptes effrayer des élèves en te la jouant descendant de Salazar ? Et puis, il faudrait déjà que tu le présentes à tes amis, tu ne crois pas ?
Il se mordit la lèvre. Je savais qu'il craignait toujours leur réaction en voyant qu'il avait décidé d'adopter un serpent.
- L'idéal serait que je puisse l'invoquer près de moi au moment propice. Je crois qu'il idéalise un peu le monde extérieur, mais je pense qu'il pourrait tout de même se rendre utile, non ? Tu pourrais aussi lui donner ta potion pour le protéger des sorts ?
Je levai un sourcil. Encore une fois, Harry était en train de parler de son serpent qui rêvait de manger des Mangemorts alors que j'avais bien d'autres projets en tête. Décidément ça commençait à devenir une rengaine ! Je rejoignis le lit en un clin d'œil, m'asseyant sur les cuisses de mon calice tout en déboutonnant ma chemise.
- Je crois surtout que nous parlerons de cela plus tard, tu ne crois pas ? Je ne t'ai pas mordu hier soir et aujourd'hui tu m'as accusé de te manipuler…
Je glissai un doigt sous son menton pour l'obliger à relever la tête et ressentis sans mal le frisson d'excitation qui le parcourut. Quand bien même il l'aurait voulu, il était pour l'heure incapable de se refuser à moi. L'instinct primaire du vampire nageait juste sous la surface de ma conscience, encore frustré par le conflit de cet après-midi. Harry semblait fasciné par les crocs qui pointaient entre mes lèvres, comme si c'était la première fois qu'il les voyait et il leva la main pour glisser un doigt sur l'un d'entre eux. Sa peau s'entailla sur la pointe et une goutte de sang perla avant de couler contre sa peau. Je m'empressai de la rattraper de ma langue et ses pupilles se dilatèrent à cette vue.
- Tu as dit toi-même que le lien t'empêchait physiquement de te faire du mal. Mais je pense que cela influe aussi sur mes propres réactions, pour m'empêcher de t'affamer en te refusant mon sang par exemple. Quand tu t'apprêtes à me mordre, je sais que je suis dans un état second. Je sens même que j'en ai besoin. Si tu ne me mords pas pendant plusieurs jours, j'ai l'impression de sentir que mon sang est plus lourd, comme si j'en avais trop.
Je me rapprochai jusqu'à coller son torse au mien, le plaquant un peu plus contre la tête du lit, passant instinctivement ma langue sur mes crocs. Je savourai ce moment où Harry restait pétrifié par l'expectative, offert devant moi en toute confiance alors que j'allais purement transpercer sa peau pour y puiser son sang. Finalement impatient, il s'empara de ma nuque pour la diriger vers sa gorge. Il savait que ma morsure lui procurerait encore une fois l'extase, mais je voulais le chauffer encore un peu et je commençai par lécher sa gorge, la pointe de ma langue titillant la discrète cicatrice qui prouvait sa nature de calice. Il s'arqua à ce contact et je pus sentir la tension qui habitait déjà son entrejambe suite aux quelques caresses que j'avais pu lui faire. Cette sensation était grisante et je l'incitai à s'allonger sous moi, ce qu'il s'empressa de faire. Il en avait profité pour retirer son t-shirt et déboutonné son pantalon et je tirai sur la jambe de tissu pour l'aider à se dévêtir. Son caleçon était tendu sur son érection et je ne pus m'empêcher de sourire narquoisement en constatant la facilité avec lequel je l'avais mené à cet état.
- Mon pauvre calice, il faut que je te soulage…
Il sourit largement, tendant sa gorge pour me la présenter. Je pinçai doucement la peau entre mes lèvres et il gémit, les yeux fermés, ses bras resserrés autour de mon cou. Je l'avais suffisamment torturé et je décidai de lui offrir enfin ce qu'il attendait… ce que nous attendions tous deux en vérité. Ouvrant largement la bouche, je plantai rapidement mes crocs dans la jugulaire offerte. C'était comme si sa peau s'ouvrait pour moi, je n'avais aucun effort à fournir pour transpercer les couches d'épiderme et de chair pour accéder à l'artère carotide. Son sang enfin dans ma gorge, je me laissai une nouvelle fois envouter par sa saveur divine. Jamais je ne pourrais m'en lasser, j'en étais certain. J'aspirai lentement, attentif au lien. Je voulais que Harry puisse profiter aussi longtemps que possible du plaisir que je lui offrais et surtout éviter qu'il ne perde connaissance à cause de l'anémie. C'était un équilibre précaire, à l'image d'un funambule sur son fil, à tenir entre l'extase ressenti lors de la morsure et ce besoin impérieux de garder mon calice et compagnon en bonne santé. De plus, je pouvais être certain que les amis de Harry ne manqueraient pas de me le reprocher vivement si ce dernier se présentait à eux aussi livide que je pouvais l'être.
Je relâchai l'emprise de ma mâchoire sur sa gorge et il porta un regard embrumé sur moi, ses bras toujours noués contre ma nuque. Je plongeai vers ses lèvres cette fois et il les ouvrit immédiatement pour me permettre d'accéder à sa langue. Manifestement sentir son propre sang sur ma langue ne semblait pas le gêner outre mesure. Ses mains vinrent tirer sur la chemise que je portais encore bien qu'elle fut déboutonnée et je m'arrêtai un instant pour la retirer avant de reprendre possession de ses lèvres. Il caressait désormais mon torse et je frissonnai sous ses attouchements. Ses doigts chauds suivaient les courbes de mon corps me chatouillant presque par la légèreté de cet attouchement. Je devinai l'inconfort qui devait résider sur son entrejambe et décidai de la soulager, glissant mes doigts sous son caleçon pour m'emparer de son érection. Il prit une soudaine inspiration en sentant mes doigts se refermer sur son membre, mais je ne lui laissai aucun répit, entamant des vas et viens pour l'emmener jusqu'à la jouissance. Il succomba bientôt à mes mouvements, toute la tension qui habitait son corps ayant disparu d'un seul coup.
- Drago… Tu es mon dieu.
Je déposai un chaste baiser sur ses lèvres, car il était encore en train de reprendre son souffle.
- Et pourtant tu sais comme je te vénère, Harry Potter.
Il fit la moue.
- Alors ça y est, tu es devenu comme tous ces idiots qui voient en moi le Sauveur ?
Je me laissai tomber contre lui, observant le plafond au-dessus de nous. J'étais un peu vexé qu'il me compare à ses fans décérébrés.
- Non. Je vois en toi l'amour de ma non-vie que je dois protéger à tout prix.
Il ne répondit pas et je m'aperçus qu'il s'était endormi, un sourire bienheureux sur son visage. Je le nettoyai d'un coup de baguette avant de le soulever doucement pour le recoucher entre les draps. Après un dernier baiser sur son front, je rejoignis la salle de bain pour une bonne douche. À présent que mon calice était comblé, j'allais pouvoir reprendre ma préparation de la potion anti-sort. Le mélange vert semblait prometteur, il ne me restait plus qu'à en accroître la durée.
Je mis plusieurs jours avant d'obtenir un mélange satisfaisant. J'avais passé toute la nuit, penché sur mes chaudrons, bien décidé à ne pas retarder davantage notre retour à Poudlard, et dès que le soleil s'était levé, j'avais transplané jusqu'à l'Allée des Embrumes pour me procurer de nouveaux ingrédients, avant de me renfermer dans mon atelier pendant de longues heures. Lorsque finalement je sortis, Harry et Ron se trouvaient dans le salon à jouer aux échecs, mais je compris immédiatement en voyant mon calice qu'il s'était placé là pour savoir dès que je sortirai. Il leva un sourcil, le visage fermé, me transmettant sans un mot son inconfort à ne pas avoir pu m'approcher pendant une aussi longue période.
- Je sais. Mais je tiens quelque chose. Tu dois bien savoir que certaines potions méritent une attention toute particulière… Et si ma nature de vampire peut me permettre de ne pas dormir ni manger pendant plusieurs jours, autant en profiter, non ?
Il haussa les épaules, mais lorsque je le rejoignis pour entourer ses épaules de mes bras, il se détendit immédiatement.
- Tu m'as manqué.
- Toi aussi. Mais je fais ça pour que nous puissions avancer dans notre mission. Plus vite ce sera terminé et plus vite nous pourrons vivre tous les deux sans personne pour nuire à notre bonheur.
Je déposai un baiser sur son front et Ron ne put s'empêcher un sourire moqueur.
- Comme c'est mignon. Moi qui pensais que tous les Serpentards étaient des descendants de Détraqueurs, apparemment eux aussi sont capable de mièvrerie !
Je tâchai de le pétrifier du regard, mais cela n'avait plus guère d'effet après tout ce temps à vivre à mes côtés.
- Ricane autant que tu veux, Ronald. Mais méfies-toi, je pourrais avoir envie de tester mes potions sur toi aussi. Quelques secondes d'inattention me suffiraient à en renverser dans ton jus de citrouille…
Il rougit brusquement, prêt à surenchérir, mais Harry désamorça la situation en se levant.
- D'ailleurs, Hermione a décidé de nourrir tes cobayes, Drago. Tu devrais la rejoindre avant qu'elle ne se décide de leur proposer une douche et un lit…
- Quoi !
Je décidai de rejoindre le cellier en quatrième vitesse où Granger était effectivement en train de surveiller les quatre rafleurs, baguette en main, tandis que ceux-ci dévoraient leur repas avec avidité.
- Ah Drago, bonsoir. Cela faisait longtemps. Es-tu parvenu à quelque chose ?
- Hermione, mais qu'est-ce que tu fais !
- Et bien ça me semble évident. On ne pouvait tout de même pas les affamer. Ils sont sensés survivre, tu te rappelles ?
Je levai les yeux au ciel, préférant me détourner pour aligner les différentes fioles sur la table. J'avais fabriqué plusieurs versions de la potion verte que j'avais soigneusement étiqueté en listant les ingrédients qu'elles contenaient. Je reportai mon attention sur les rafleurs et constatai avec satisfaction que Scabior et le sujet n°3 me fixaient avec un air angoissé. Scabior avait repris une apparence humaine et je lui offris un sourire carnassier, provoquant un vague gémissement d'effroi. Ma camarade, peu impressionnée par mon jeu, s'était penché sur les étiquettes pour les lire.
- Bien… messieurs, vous avez intérêt de terminer votre repas en vitesse. Je ne suis pas quelqu'un de particulièrement patient.
Hermione ne manqua de soupirer bruyamment face à mon autoritarisme, attendant cependant à mes côtés que nos quatre prisonniers aient terminés leur assiette. Elle fit alors apparaître une cage dorée dans un coin de la pièce, similaire à celle que Rogue avait invoqué pour nous enfermer, enfermant trois rafleurs tandis que j'avais attrapé l'un d'entre eux pour l'attacher à une chaise. Les tests allaient enfin pouvoir commencer…
Il me fallut encore une fois plusieurs heures pour mener mes expérimentations, mais au petit matin, j'étais sûr de moi. J'avais réussi à inventer une potion capable d'absorber les maléfices, même les plus puissants, pendant une heure entière, et ce sans effet secondaire pour la victime. J'attendis que tout le monde soit rassemblé dans la cuisine pour le petit déjeuner, seule ma bonne éducation m'empêchant de trépigner d'impatience à l'idée de faire mon annonce.
- Camarades Gryffondors ! Nous allons pouvoir transplaner dans l'enceinte de Poudlard !
TADAM ! Fin du chapitre 24.
Voilà, bientôt les retrouvailles avec Rogue, McGonagall, Neville et Ginny mais aussi les Carrows. Je m'excuse par avance mais c'est la période des conseils de classe, je croule sous le boulot et je ne vais pas pouvoir avancer mes fanfictions avant plusieurs semaines. Je crois que j'aimerais bien que mon collège soit mis en quarantaine, comme ça je pourrais rester chez moi. XD mais pour l'instant ce n'est pas (encore) le cas. ;p
