Coucou à toutes ! Merci à kris24-bella, Elodie52, Kaname20 et alchi pour leur review sur le précédent chapitre.
Je suis ravie de lire les reviewque ce soit de nouvelles ou d'anciennes revieweuses et d'y répondre, promis, je ne mords pas !
Je vais poster un OS sur Supergirl, alors n'hésitez pas à y jeter un coup d'oeil pour celles et ceux qui regarderaient la série !
Merci à crazybells pour la correction et la relecture.
Bonne lecture !
Heureusement, puisque les boxes sont fait régulièrement, je ne finis pas trop tard et Edward est toujours dans les écuries, jouant avec les chiens lorsque je termine. Nous scellons notre jument, chacun de notre côté et en silence avant de monter. Je ne prends même pas le temps de repasser par la maison pour mettre un pantalon d'équitation conventionnel et pour cette fois, le jeans suffira. Nous empruntons un sentier différent de celui de d'habitude et nous croisons James en compagnie d'Alice et de Jasper qui rentrent de leur chevaucher à travers le ranch.
Je profite de l'allure relativement lente à laquelle nous allons pour discuter avec Edward, c'est rare les instants où nous sommes que tous les deux -en tout bien tout honneur, bien sûr – mais j'aime passer du temps avec lui parce qu'il fait parti de mon passé et si lors de son arrivée, ça m'effrayait, je trouve ça réconfortant, à présent. De plus d'une façon, nous nous comprenons, même si je ne pourrais jamais le comprendre sur les tortures qu'il a subies, et il ne pourra jamais comprendre le sentiment de culpabilité qui m'étreint dès que je pense à Jared et Claire parce nos parcours militaires sont très différents, nos expériences le sont tout autant mais nous venons du même endroit, et nous avons fini au centre, même si pour lui, ce n'est que temporaire.
-Nous allons peut-être partir sur un sujet qui fâche, mais comment tu as su pour l'enquête qui me visait, même Rosalie ou mon père n'étaient pas au courant. Mon père ne l'est toujours pas, je rajoute.
Edward réfléchit avant de mon répondre et sur une dizaine de mètres, le monde autour de nous est silencieux et seule la nature vient briser ce silence. Je me demande ce qu'il doit savoir pour devoir faire le tri. Estime-t-il que je ne suis pas capable d'entendre sa réponse. Ou protège-t-il l'identité d'un ou de plusieurs collègues ?
-Ce n'est pas le sujet de conversation rêvé pour une promenade à cheval lors d'une chaude après midi, ironise Edward, mais au moins, nous sommes certains qu'il n'y a pas d'oreille indiscrète si ce n'est Perséphone et Freesia et je suis sûr qu'elles ne répéteront rien. Quand j'ai su que tu m'avais menti, je voulais me venger parce que j'étais en colère contre tout et tout le monde et tu étais un bon bouc émissaire, se justifie le jeune homme. Alors après que les militaires ont débarqué, j'ai su que j'avais commis une grave erreur de jugement, surtout quand j'ai vu ta réaction. J'ai demandé à un ancien collègue, pirate informatique à ses heures, de me donner accès à ton dossier.
-Et comment tu as fait pour lire les parties censurées ? Je l'interroge.
-J'ai travaillé dans les renseignements, tu ne crois quand même pas que quelques lignes en noires vont m'arrêter ? Se vante Edward. J'ai ma propre technique pour les lire et j'ai su ce que tu avais fait et l'enquête qui te visait, complètement absurde par ailleurs.
-Pourquoi les chefs d'accusations te semblaient absurdes ? Tu ne m'avais plus vue depuis 10 ans, qui te disait que je n'étais pas devenue une traître ? Je l'interroge. Alors que peu de temps avant, je t'avais menti, je ne comprends pas.
-Tu oublies la partie où un militaire venait tout juste de te remettre une invitation pour la Maison Blanche afin que le président te décore d'une médaille. Tu n'es pas une traître et même si tu as changé en 10 ans, je savais que la fille de shérif qui a pris part au débat sur l'égalité des sexes en plein cours de biologie n'aurait jamais fait ça.
-Je ne vois pas le rapport, je ricane.
-Tu as toujours fait en sorte d'aider les autres, tu n'aurais pas pu prendre le risque que des membres de ton unité soient tués. Le 3 avril. En faisant ces recherches, j'ai compris beaucoup de choses et je suis désolé pour mon comportement au début et les mots cruels que je t'ai dit. Si tu… si tu t'étais tirée une balle dans la tête, je ne sais pas si j'aurais eu l'espoir d'aller mieux un jour, se confie Edward avec un tremblement dans la voix. Je suis heureux que tu ne l'aies pas fait et que tu sois toujours bien vivante.
-Tu n'aurais eu personne pour te faire chier, je le taquine, émue malgré tout par ce qu'il vient de dire. Je suis heureuse ne pas l'avoir fait, j'aurais manqué un gars un peu pénible mais plutôt gentil avec qui j'étais au lycée.
-C'est sûrement contraire au règlement, commence Edward. Mais j'ai besoin d'un câlin et on dirait que toi aussi. Descends de cette jument que je te prenne dans mes bras parce que j'ai une poussière dans l'oeil, plaisante Edward.
C'est avec plaisir que j'obéis sans rien dire, ce qui est assez rare pour être souligné, et qu'en tenant toujours les rennes de Freesia dans une main, j'enlace Edward. Puisqu'il est un peu plus grand que moi, je passe mes mains au niveau de ses côtes pour l'encercler. Il passe ses mains sur mes épaules et lui aussi m'encercle dans une étreinte réconfortante. Je me laisse aller et je pose ma tête contre son épaule.
Freesia, parce qu'elle est une coquine, voyant que l'étreinte dure un moment, vient nous donner un coup de museau, nous faisant rire tous les deux et après une dernière seconde, je me détache et en le voyant, je ne peux m'empêcher de me mettre légèrement sur la pointe des pieds et je pose délicatement mes lèvres sur sa joue avant de brutalement me reculer, surprise par le geste que je viens de faire. Je remonte sur ma jument avec un sourire accroché aux lèvres et pendant qu'Edward fait la même chose, je passe un de mes doigts ganté sur mes lèvres. Dieu que j'ai l'air d'une jeune collégienne qui vit ses premiers émois, je ne l'ai même pas embrassé sur la bouche. Je pose souvent des baisers sur la joue d'Emmett, qui est certes mon cousin, mais pourquoi ça devrait être différent avec Edward ?
Peut-être parce qu'Edward n'est pas ton cousin ? Me souffle ma conscience. Et heureusement qu'Edward n'est pas mon cousin, sinon ce serait vraiment très très étrange !
Nous poursuivons notre promenade même si l'ambiance n'est plus la même mais elle reste agréable. Nous évitons de parler de notre temps à l'armée ou de tout ce qui se rapporte à notre ancien métier, à la place nous évoquons des anecdotes du lycée que nous n'avons pas forcément vécu de la même façon…
-Tu te souviens quand M. Banner nous avait décerné son prix qui ressemblait à un oignon parce que nous avions bien résolu l'exercice sur la mitose ? Me demande Edward.
-Tu veux dire quand j'ai bien su différencier les différents stades ? Je l'interroge. Tu étais bien plus fort quand ça concernait les pierres et la géologie mais pour les observations au microscopes, tu craignais !
-N'importe quoi, et puis pour identifier les différents types de minéraux dans les lames de roches, nous utilisions des microscopes à lumière polarisée ! Je ne craignais pas tant que ça d'autant que sur cet exercice, je t'avais bien aidée. Je me demande d'ailleurs pourquoi tu n'as pas fait médecine, me demande Edward.
-Je n'avais pas les notes nécessaires, quand j'ai passé les sélections pour l'armée, je n'avais pas d'assez bons résultats. Et puis, même si j'avais été à l'université, je n'aurais pas fait médecine, trop long et trop cher. Et toi, je pensais que tu allais devenir géologue ou prof, je le taquine.
-Pour enseigner à des élèves qui n'écoutent pas ? Non merci et puis, même si nous ne partagions pas d'autres cours, j'aimais les technologies et j'ai toujours voulu devenir soldat. Je ne savais pas réellement à l'époque dans quoi je m'engageais.
Bon, pour éviter l'armée, c'est un peu loupé, mais d'un autre côté nous y sommes restés une bonne partie de notre vie et c'est elle qui a fait qui nous sommes devenus aujourd'hui. Elle nous a battis et façonnés, nous a fait grandir et mûrir aussi. C'est elle qui nous a fait devenir des adultes. Alors que le chemin devant nous s'élargit et que nous devenons protégés par le branchage, j'exerce une légère pression sur les flancs de Freesia pour la lancer dans un trot lent. Edward fait la même chose de son côté et même si certains pourraient croire que cette allure un peu plus rapide est moins propice à la discussion, c'est vrai que nous devons plus faire attention à réguler notre respiration pour éviter un point de côté, mais nous pouvons très bien continuer à converser.
-Si tu pouvais retourner en arrière, est ce que tu ferais autre chose ? Je le questionne, curieuse.
-On ne peut pas, alors la question ne se pose même pas, répond Edward un peu essoufflé parce qu'il a un peu de mal à se mettre au trot enlevé et que le trot assis n'est pas spécialement confortable.
-Je sais bien que c'est impossible mais imaginons un instant que tu puisses, est ce que tu éviterais de t'engager en sachant ce qui t'attend ?
J'attends patiemment sa réponse et je réfléchis de mon côté à ce que ça pourrait impliquer de ne pas s'engager dans l'armée, de faire complètement autre chose. En fait, c'est assez dur à imaginer puisque la plupart des décisions que j'ai prises, je les ai prises en ayant mon expérience et mon passé militaire derrière moi. Qu'est ce qui changerait si j'avais choisi une autre voie ?
-Non. Je m'engagerais toujours même si je changerais certaines choses. Je n'ai pas toujours été dans les renseignements, peut-être que je changerais cette partie. Et toi ?
-Je m'engagerais toujours parce que si je ne le fais pas, je ne serais pas blessée et traumatisée et même si cette partie n'est pas réjouissante, je n'ouvrirais pas ce centre qui permet d'aider des personnes. De toute façon, je n'aurais pas eu les moyens d'aller à l'université et j'aurais dû trouver un job que je n'aurais pas aimé juste pour pouvoir vivre.
-Ça ne sert à rien d'imaginer dans ce cas, nous ne changerions pas grand-chose parce notre passé, nos blessures et nos traumatismes sont ce qui nous définit aujourd'hui. Y penser nous fait plus de mal que de bien.
Je ne peux pas contredire Edward, même pour engager le débat parce qu'il a totalement raison. Nous poursuivons notre promenade et voyant que le temps ne se fige pas et qu'il continue de passer, nous faisons demi tour, et même si le galop est mon allure favorite, à la fois rapide et confortable, nous restons au trot pour ne pas nous presser.
-Pourquoi te posais tu cette question ? M'interroge Edward alors que nous repassons au pas, aux abords du ranch.
-Par curiosité. Nos parcours sont très différents mais nous venons du même endroit et nous avons atterri au même endroit aussi. C'est con comme raison quand on y pense, je dis avec un sourire.
-Pas tant que ça. Parfois, on voudrait changer notre passé pour le rendre plus facile avant de ce rendre compte que c'est lui qui nous a forgé. C'est comme si notre vie était déjà tracé, comme une ligne droite avec quelques fois des bifurcations que nous ignorons.
-C'est déprimant, je lui dis alors que nous posons pied à terre. Ça voudrait dire que nous n'avons pas vraiment de libre arbitre et que le jour de notre naissance mais aussi le jour de notre mort serait planifié depuis le début sans qu'on puisse rien y faire. Ça voudrait aussi dire qu'il y a une certaine puissance qui dirigerait cela ? Tu veux dire comme les Parques de l'Antiquité ?
-Tu m'en poses des questions, plaisante Edward. Si tu vas voir n'importe quel théologien, il te répondra qu'il existe un Dieu, un Imam, un Rabbin, un Pasteur et un Prêtre te répondront ça. Mais dans certaines cultures, il n'y a pas qu'un seul Dieu unique. Les romains, les grecs, les égyptiens, les aztèques, les mayas… Il y a autant de croyances qu'il y a de peuples et même encore plus. Pour ma part, je pense que oui, nous ne sommes pas totalement libres de nos choix.
-Je refuse de croire ça. Je pense que nous faisons nos choix en ayant un libre arbitre. Nous ne sommes pas définis par ce que la société, notre entourage et notre famille attendent de nous. Sinon, ça voudrait dire que nos vies n'ont pas de sens et je me refuse de croire ça. Je pense que nous avons chacun un rôle que nous décidons de jouer ou non. Parce que sinon, dans une société patriarcale comme dans celle dans laquelle nous vivons, les femmes n'auraient jamais obtenu ce qu'elles ont obtenu et les fils de boulanger deviendraient eux aussi boulangers et ainsi de suite.
-Comme je l'ai dit, nous avons tous nos croyances, répond Edward. Nous ne pouvons pas tous penser de la même manière sans quoi, nous n'évoluerions pas.
Je ne réponds rien à ça et je me dirige vers le box de Freesia, Edward fait de même avec Perséphone et nous nous occupons de bichonner nos juments. Au passage, je remarque que Hercule et Aramis sont de retour dans leur box et curieuse de savoir quelle heure il est, je consulte ma montre pour constater que l'heure du dîner est pour bientôt. Puisqu'il fait beau et chaud, Esme a décidé de faire un barbecue ce soir avec tout le monde, y compris les ranchers, leur épouse et leurs enfants. Nous serons vraiment nombreux et j'appréhende la réaction des pensionnaires face à autant de personnes, même si ils ont l'habitude de les voir sur le domaine mais c'est différent cette fois.
Plus tard, alors que j'aide à débarrasser la table avec l'aide de quelques ranchers et de tous les pensionnaires, je me dis que j'ai eu tort de m'inquiéter car tout s'est bien passé. Les pensionnaires étaient ravis d'échanger avec d'autres personnes que les membres du centre ou que leur camarade et les enfants de certains rancher étaient vraiment très curieux concernant le métier de pompier, policier, militaire et ont posé beaucoup de questions sur ce qui est arrivé à Siobban ou à Liam et Embry parce que leurs pathologies sont les plus visibles, mais leurs questions au lieu d'être gênantes ou embarrassantes ont permis de lever certains tabous que même les adultes avaient.
Je monte me coucher après que tout le monde soit retourné chez eux. Je reste un moment sous la douche, à profiter de la fraîcheur et de la sérénité qu'elle m'apporte. Avant d'éteindre pour la nuit, je prends mon téléphone et je regarde ma boite mail personnelle. Je vois que ma mère m'a envoyé une photo d'elle et de Phil à la plage, me souhaitant bon courage. Elle n'a toujours pas compris que c'est plus simple de l'envoyer par message et non en mail, mais ma mère reste ma mère et elle est un peu de la vieille école.
J'ai aussi un mail de mon père dans lequel il me raconte un peu ce qui se passe à Forks et toutes les choses qu'il ne m'a pas dites lorsque je l'ai eu au téléphone dimanche. Je leur réponds à tous les deux avant de tout arrêter pour poser ma tête sur l'oreiller et dormir. Sans cauchemars, je l'espère.
Quand je me réveille à 6 h, le lendemain, j'ai l'impression ne pas avoir dormi de la nuit alors j'ai eu de la chance, je n'ai pas fait de rêve du tout. Enfin, je mens lorsque je dis ceci puisque tout le monde rêve, toutes les nuits, seulement nous ne nous en rappelons pas. Pour se souvenir de son rêve, il faut s'être réveillé dans la nuit. La plupart du temps, nous n'en n'avons même pas conscience puisque ce « réveil » ne dure que quelques secondes. Mais ce sont ces quelques secondes qui font que nous nous souvenons de nos rêves ou non.
La journée est aussi chaude qu'hier mais nous avons un peu plus de vent, ce qui est agréable, et qui nous permet de respirer un peu plus. Je passe une bonne partie de la journée dans mon bureau, à rattraper la paperasse dont je ne me suis pas occupée hier et je termine vers 17h. Je sors me détendre sur la terrasse de la maison et je suis rejointe par Alice et Edward. La première écrit dans un carnet et je ne lui demande pas ce qu'elle peut bien écrire, je le sais déjà. Elle couche sur papier ses souvenirs, ses angoisses, ses pensées, comme un journal intime qu'elle tient. Edward lui, se plonge dans un livre dont je n'arrive pas à lire le titre même si je sais qu'il provient de ma bibliothèque. J'aime qu'ici, au ranch, les gens ne soient pas tout le temps accrochés à leur téléphone et qu'ils prennent le temps de redécouvrir des plaisirs simples comme la lecture.
Quant à moi, j'ai pris un livre de mots mêlés et pendant quelques minutes, ça me détend avant que ça ne me lasse et que je ne me lève pour aller chercher un livre sur la bibliothèque du salon. Je préfère encore la lecture. Comme un psychiatre l'a dit un jour, l'addiction à la lecture et aux livres existe. Dans ce cas, je crois que je me suis découverte une addiction !
Voilà pour ce chapitre majoritairement centré sur Bella et Edward. Ça avance à petit pas et grande discussion un peu philosophique !
A la semaine prochaine et n'oubliez pas de laisser une trace de votre passage !
