Chapitre 28 :
Fin Janvier 2018 :
Plus les kilomètres défilaient, et plus Emma sentait la nervosité de Regina grimper en flèche. Même Zelena avait compris que quelque chose d'important était sur le point de se produire et se cramponnait à son doudou, une poupée en chiffon que Regina lui avait fabriqué à partir de plusieurs poupées usées trouvées dans la cave, et fixait sa sœur avec de grands yeux inquiets sans oser dire quoi que ce soit. Et Emma trouvait ça assez déroutant qu'un bébé de cet âge soit aussi calme. Quand elle pensait à Léo, son petit frère, qui était un vrai moulin à parole, la différence était frappante. Mais contrairement à Zelena, son frère n'avait jamais eu à apprendre à se taire pour ne pas mettre sa vie en danger. Mais durant leurs longues conversations, Regina avait reconnu avoir appris à Zelena à faire le moins de bruits possible pour ne pas qu'elles soient repérées lorsqu'elles n'étaient pas seules dans la maison.
« Hey… tout va bien se passer… » souffla-t-elle en sentant Regina se tendre brusquement à ses côtés lorsque le panneau annonçant leur entrée dans Storybrooke apparut.
« Je sais que tu as raison, mais je… » commença à s'expliquer Regina avant de se taire, indécise.
« Eina, regarde-moi… » l'invita tendrement Emma en posant sa main sur la joue de son amie, indifférente à la présence de ses grands-parents qui tentaient de se faire oublier pour ne pas donner l'impression d'espionner les deux jeunes filles.
« Je… » bafouilla Regina, troublée et des larmes contenues au bord des yeux.
« Je te promets que tout ceci est bien réel. Dans quelques minutes, nous allons arriver au manoir de ton père qui sera là pour t'accueillir en pleurant de joie. Ce soir, tu dormiras à nouveau dans ta chambre, dans ton lit en te sentant enfin en sécurité, et plus jamais tu ne te réveilleras dans cette horrible cave, la peur au ventre en te demandant quand ta mère se décidera à te rendre visite et si elle en profitera pour avoir la main leste » déclara fermement Emma en plantant son regard dans celui de la belle brune pour donner plus de poids à ses paroles.
« Merci Emma, heureusement que tu es là pour me recadrer » s'amusa Regina en échangeant un regard complice avec sa belle blonde.
« Pour une fois que je peux me faire la voix de la raison » railla Emma en haussant les épaules « Mais ne t'y habitues pas trop hein. Je parie que dans quelques jours, tu devras à nouveau passer ton temps à me rappeler à l'ordre » affirma Emma avec un grand sourire malicieux.
« Eh oui, je suis née pour surveiller tes arrières » acquiesça Regina en prenant une expression faussement blasée.
« Allez, je sais bien que tu adores prendre soin de mes petites fesses » s'exclama Emma avant de rougir violemment en réalisant le double sens de sa phrase.
« C'est vrai que ce serait dommage de les abimer » commenta finalement Regina après l'avoir longuement regardé en coin, pesant le sens de ses paroles.
Emma en resta bouche bée, et fut sauvée de son embarras lorsque son grand-père annonça qu'elles venaient d'entrer sur la propriété des Mills.
« Mon Dieu, comme cet endroit m'a manqué… » murmura Regina avec émotion en observant les vastes paysages verdoyants défiler sous leurs yeux.
« Et tu as tout autant manqué à cet endroit » chuchota Emma en enlaçant sa main qu'elle pressa tendrement.
« J'ai le cœur qui bat à cent à l'heure, regarde ! » s'exclama Regina en levant leurs mains entremêlées pour poser celle d'Emma contre sa poitrine.
Et effectivement, sous ses doigts devenus moites, Emma perçut les battements frénétiques du cœur de Regina. Tétanisée que sa main se retrouve si proche de la poitrine de son amour, Emma cessa de remuer le moindre muscles de peur de déraper et de se mettre dans une situation encore plus embarrassante. Mais une chose était sûre, si Regina continuait à lui faire subir ce genre de chose, Emma était sûre de faire une crise de nerfs.
« Nous sommes attendus par un véritable comité de bienvenu ! » annonça Eve, faisant se reporter l'attention des deux adolescentes sur l'extérieur.
« Waouh… » souffla Emma en arquant un sourcil.
En première ligne, elle aperçut Henry soutenu par Elizabeth d'un côté, et ses parents de l'autre. Derrière eux, Emma vit tous leurs amis et leurs parents, et d'autres personnes, comme quelques employés des Mills qui connaissaient Regina depuis toute petite et devaient être heureux de la voir revenir saine et sauve à la maison.
« Mon papa… » lâcha Regina dans un souffle tremblant.
La voiture eut à peine le temps de s'immobiliser que Regina ouvrait précipitamment la portière et se ruait dehors comme un missile à tête chercheuse pour foncer droit dans les bras de son père. Assise à l'arrière de la voiture, Emma observa les retrouvailles avec émotion, indifférente aux larmes qui s'égaraient sur ses joues.
« Allez viens ma chérie, toi aussi tu es attendue » l'appela Eva avec un sourire encourageant.
Emma souffla et sortit à son tour de la voiture, ayant tout juste le temps de refermer sa portière avant que sa mère ne se jette à son cou et la serre de toutes ses forces, à croire qu'elle ne l'avait pas vue depuis des mois.
« Maman, c'est Regina qui avait disparue, pas moi… » râla Emma en tentant de se défaire de l'étreinte étouffante « Maman, tu m'empêches de respirer là ! »
« Désolée, mais j'ai eu tellement peur en apprenant ce que tu avais fait » soupira Mary en relâchant à regret sa fille « Mais qu'est-ce qu'il t'est passé par la tête ? » la gronda-t-elle avec colère.
« Sérieusement ? Tu plaisantes j'espère ? » s'indigna Emma en foudroyant Mary du regard.
« Tu aurais pu laisser le FBI enquêter… » s'entêta Mary en fronçant les sourcils d'un air buté.
« Bah oui bien sûr, ils ont été tellement compétents ! Si je n'étais pas intervenue, Regina serait encore prisonnière et nous le savons tous alors franchement, je me fiche que tu approuves ou pas » clama Emma avec colère avant de se détourner pour rejoindre ses amis sans plus un regard vers sa mère.
« Je t'avais pourtant averti de ne pas lui faire de reproches, mais encore une fois, tu n'en as fait qu'à ta tête » entendit-elle son père soupirer, la faisant sourire.
« Mais je voulais seulement… » protesta faiblement Mary, et Emma n'eut pas besoin de se retourner pour imaginer la tête de petite fille prise en faute que devait arborer sa mère.
Emma adorait sa mère, mais par moment elle lui sortait vraiment par les yeux. Comme en cet instant où elle aurait préféré qu'Emma n'intervienne pas plutôt que de sauver Regina. Heureusement qu'Emma savait que sa mère aimait Regina comme une fille, parce que sinon, elle se poserait des questions. Alors qu'elle rejoignait Milah, revenue à Storybrooke pour l'occasion, Emma sourit en voyant Regina blottie dans les bras d'Henry qui refusait de la lâcher, comme s'il avait peur d'être soumis à une illusion.
« Bien joué Emma, tu es devenue l'héroïne de la ville ! » s'exclama Ingrid en la serrant dans ses bras avant de céder la place à leurs amis.
« Tout ce qui compte c'est que Regina soit enfin de retour » affirma Emma en se lovant contre Ashley qui lui embrassa les cheveux.
« Viens là ma petite Emma que je t'embrasse » lança soudainement Henry en lui ouvrant son second bras sans lâcher Regina.
Sans se faire prier, Emma s'élança et en quelques enjambées, elle fut à son tour pressée contre Henry, et son regard croisa celui, brillant de milles feux, de Regina. Instinctivement, Emma passa son bras libre autour de la taille de son amie et la tira contre elle, et ils se retrouvèrent blottis les uns contre les autres sous le regard bienveillant de l'assistance. Soudain, un cri effrayé les tira de leurs bulles, faisant sursauter les deux adolescentes qui échangèrent un regard de compréhension.
« Zelena ! » s'exclamèrent-elles de concert avant de se mettre à courir vers la voiture.
Sur la banquette arrière, Zelena tentait de se défaire de sa ceinture de sécurité qui la maintenait dans son siège auto en appelant Regina d'une voix apeurée. Vivement, se mordillant la lèvre de culpabilité d'avoir fait peur à sa sœur sans le vouloir, Regina se précipita aux côtés de la fillette.
« Je suis là ma puce, calme-toi » souffla-t-elle en détachant rapidement la petite fille.
« Ina pas là… Lena peur » sanglota Zelena en se précipitant dans les bras de sa sœur.
« Je suis désolée trésor, c'est fini » la consola Regina en la berçant contre elle jusqu'à ce que les pleurs cessent.
« Eina, je crois que ton père est sur le point de se trouver mal tant il bouillonne d'impatience » lui fit finalement remarquer Emma en voyant Elizabeth tenter d'apaiser Henry.
Etonnée, Regina se redressa sans lâcher sa sœur et regarda entre les deux sièges avant pour voir son père qui fixait la voiture avec un mélange d'espoir et d'angoisse qui lui serra le cœur. Il avait l'air tellement inquiet en cet instant, et Regina n'eut aucun mal à comprendre que son petit papa devait craindre que Zelena ne l'aime pas et refuse de se laisser approcher.
« Tu as raison, allons-y » opina-t-elle avant de remercier Emma d'un sourire lorsque celle-ci l'aida à s'extirper de la voiture sans lâcher Zelena.
« Heureusement qu'Elizabeth est là pour le soutenir, ton père a repris du poil de la bête avec elle à ses côtés » commenta Emma en montrant le couple qu'Henry formait avec la pétillante quadragénaire.
« Elizabeth ? Qui est-ce ? » s'étonna Regina, assouvissant ainsi sa curiosité envers cette femme qui n'avait pas quitté son père depuis son arrivée.
« La juge qui a entériné le divorce de tes parents. Pour faire court, elle a accepté de venir travailler à Storybrooke, et ton père et elle sont devenus très proches. Je ne sais pas vraiment s'ils se fréquentent ou pas, mais grâce à elle, dary a remonté la pente et a repris espoir » sourit Emma en hochant la tête.
« Tant mieux. Papa mérite d'avoir enfin une femme dans sa vie qui l'aime pour lui et pas pour son argent » commenta Regina après quelques minutes de flottement.
« Tu vas l'aimer je pense. Elle est vraiment gentille et son fils est adorable » assura Emma avec un grand sourire.
« Tu m'en parleras plus en détails plus tard » murmura Regina au moment où elles arrivaient devant le couple.
« Ina ? Qui ? » voulut savoir Zelena avec de grands yeux ébahis en voyant la foule qui les entourait.
« Zelena, je te présente notre papa » souffla Regina avec émotion en attirant l'attention de sa sœur sur Henry qui les fixait avec émerveillement.
« Bonjour ma toute belle, je suis si heureux de faire enfin ta connaissance… » murmura tendrement Henry en tendant doucement la main, presqu'avec hésitation, pour caresser la joue velouté de la fillette.
Regina comprit que son père craignait un rejet, ce qui dans le fond, aurait été compréhensible puisqu'il était un parfait étranger pour Zelena.
« Papa ? Dessin ? » demanda Lena en regardant Regina d'un air interrogateur.
« Oui ma puce, c'est le papa de mes dessins » opina Regina en souriant avant de faire comprendre à son père qu'elle lui expliquerait.
« Rester ? » demanda de nouveau Lena en reportant son regard sur Henry.
« Oui mes chéries, vous restez avec moi et je ferais en sorte que nous ne soyons plus jamais séparés » affirma Henry en hochant vigoureusement la tête.
« Câlin ? » demanda finalement Lena en tendant les bras vers Henry, sous le regard bienveillant de l'assistance.
Sans se faire prier, Henry prit la petite fille dans ses bras et la serra contre lui, embrassant tendrement ses petites boucles soyeuses. Emue, Regina vint trouver refuge dans les bras d'Emma, observant en pleurant le spectacle de son père et de sa sœur enfin réunis. Elle avait encore un peu de mal à croire qu'il s'agissait bien de la réalité et non d'un merveilleux rêve, mais la présence chaleureuse et rassurante d'Emma à ses côtés suffisait à la tranquilliser.
« Tu vois ? Tout s'est bien passé » chuchota Emma, sa bouche contre l'oreille de Regina, faisant frissonner la belle brune.
« Oui, je suis soulagée » acquiesça Regina en souriant doucement.
De son côté, Henry était aux anges. Son bébé dans les bras, il rayonnait, fou de soulagement que Zelena semble d'aussi bonne composition que sa sœur, et l'accepte sans plus se poser de questions, même s'il sentait bien que Regina n'y était pas pour rien. Il l'interrogerait plus tard sur cette histoire de dessin, mais pour le moment, il savoura simplement le bonheur d'avoir enfin ses filles près de lui. Tournant légèrement la tête, il croisa le regard azur d'Elizabeth qui le couvait amoureusement du regard, et il se rapprocha instinctivement d'elle pour la présenter à Zelena qui lui sourit timidement avant de se cacher contre son torse, son pouce dans la bouche.
« Tes filles sont vraiment adorables » murmura doucement Elizabeth avec un sourire attendri « J'ai hâte de pouvoir apprendre à les connaître » ajouta-t-elle avec espoir.
« Elles t'aimeront, j'en suis certain » affirma Henry avec une calme assurance qui arracha un large sourire à Elizabeth.
Ils échangèrent un regard intense, plein de non-dits, puis Henry chercha instinctivement Regina du regard. Cela allait certainement lui prendre du temps avant de cesser de s'inquiéter dès que sa fille sortirait de son champ de vision. Il la trouva sans grande surprise dans les bras d'Emma, un peu à l'écart de la foule, et il remarqua que sa fille paraissait mal-à-l'aise, et qu'elle semblait avoir envie de s'éloigner de tous ce monde.
« Je crois que je ne vais pas proposer à tous de rester pour un barbecue improvisé finalement… » marmonna-t-il en s'en voulant d'avoir imposé une telle épreuve à sa fille.
« Regina a simplement perdu l'habitude de voir autant de monde à la fois, mais cela lui passera, surtout avec le soutien d'Emma. Mais je pense en effet que la laisser faire à son rythme serait mieux pour elle… » acquiesça gravement Elizabeth en posant une main sur son bras « La pauvre, ça fait beaucoup de bouleversements en peu de temps, c'est normal qu'elle se sente un peu en décalage… »
« Tu as raison, et je serais plus qu'heureux de la garder avec moi à la maison » lança Henry en frémissant à l'idée que Cora ne vienne une fois encore enlever sa fille.
Après tout, Regina était à l'école lorsque Cora l'avait enlevée, et si elle avait réussi une fois, elle pourrait tout à fait y parvenir de nouveau. Bien sûr, les professeurs ne laisseraient pas cela arriver, pas plus qu'Emma, mais Henry était terrifié à l'idée que cela se produise de nouveau, et il savait qu'il continuerait de s'inquiéter tant que Cora et Gold seraient dans la nature.
« Je doute que Regina supporte très longtemps d'être surveillée en permanence… » s'amusa Elizabeth en arquant un sourcil entendu.
« Non, en effet. Qu'il s'agisse d'Emma ou de Regina, elles ont toujours été très indépendantes » reconnut Henry en arborant une moue dépitée.
« Et puis je dirais que tant qu'Emma est avec elle, Regina ne risque pas grand-chose. Emma veillera à ce qu'il ne lui arrive rien » affirma Elizabeth avec une telle conviction que cela fit sourire Henry.
« Oui, ma fille a énormément de chance d'être aimée par quelqu'un comme Emma, prête à toutes les folies pour la protéger et faire son bonheur » sourit Henry avec tendresse.
« J'avais toujours entendu dire que les habitants des petites villes étaient étroits d'esprit, mais ce n'est définitivement pas le cas à Storybrooke ! Tous le monde semble trouver parfaitement normal de considérer Emma et Regina comme un couple » souligna Elizabeth, légèrement étonnée.
« Probablement parce que tous le monde les connait et que tous ont conscience qu'elles sont complémentaires et faites l'une pour l'autre » répondit Henry, amusé par le commentaire.
« Et il faut dire qu'elles sont tellement adorables toutes les deux » s'attendrit Elizabeth en reportant son regard sur les deux adolescentes qui riaient et plaisantaient avec leurs amis, toujours dans les bras l'une de l'autre, comme si c'était parfaitement naturel.
« Elles ont toujours été très tactiles l'une avec l'autre, mais on dirait qu'elles ont franchi une nouvelle étape dans leur relation… » remarqua Henry, tout aussi attendri.
En tant que père, il voulait le meilleur pour sa fille, et en toute objectivité, il savait parfaitement que personne, homme ou femme, ne pourrait jamais prendre soin de sa petite princesse comme Emma le faisait depuis toujours. Alors qu'il les observait, un millier de souvenirs lui revinrent, dans lesquels Emma s'était pliée en quatre pour rendre Regina heureuse. En assouvissant le moindre de ses désirs sans y réfléchir à deux fois. En étant là pour elle, de jour comme de nuit. Et il ne comptait plus les nuits où il avait entendu les pas légers de l'adolescente sur le toit pour rejoindre la chambre de sa fille lorsque celle-ci n'avait pas le moral à cause de sa relation avec sa mère. D'ailleurs, il ne se pardonnerait jamais d'avoir été aveugle à ce point et de ne pas avoir pris conscience plus tôt de la gravité de la situation. S'il l'avait fait, Cora n'aurait peut-être pas enlevé Regina puisqu'elle serait sortie de leurs vies bien plus tôt.
« Nous allons rentrer, tu viens Emma ? » lança soudainement Mary, faisant réaliser à Henry que la foule s'était dispersée, le faisant se sentir quelque peu honteux.
« Mais… » protesta Emma en fronçant les sourcils en adressant un regard de reproche à sa mère alors que Regina refermait ses mains autour de son t-shirt, comme pour l'empêcher de s'éloigner d'elle.
« Ne t'en vas pas Emma, s'il-te-plaît… » s'affola Regina en adressant un regard suppliant à son amie.
« Allons Regina, tu ne risque plus rien à présent. Tu verras Emma demain… » lança Mary sans tenir compte du regard consterné de son mari et de son père.
« Bon sang maman, tu le fais exprès ? » gronda furieusement Emma en posant un regard déçu sur sa mère.
« Maintenant, ça suffit… » se fâcha Mary, n'appréciant pas le ton employé par sa fille.
« Effectivement Mary, laisse donc Emma rester chez Henry. Ça ne t'a jamais posé le moindre problème jusqu'à présent, et tu vois bien que Regina est sur le point de pleurer à l'idée d'en être séparée » intervint David d'un ton ferme et légèrement réprobateur.
Le regard de Mary se posa sur les personnes encore présentes, et elle réalisa que son comportement était ridicule, et surtout que personne ne comprenait son attitude. Elle voulait parler avec Emma loin des oreilles indiscrètes et comptait bien réprimander sa fille pour son imprudence, mais elle savait que si elle s'y risquait, Emma ne le lui pardonnerait jamais. Même David, qui s'était toujours rangé de son côté, même quand elle avait tort, ne le ferait pas cette fois-ci. Et puis il y avait Regina. De toute évidence, la présence d'Emma était la seule chose qui l'aidait à ne pas éclater en sanglots, et elle savait bien qu'avoir Emma près d'elle était tout ce dont l'adolescente avait besoin pour guérir de ses blessures.
« Bien » lâcha-t-elle donc avant de se détourner pour rejoindre la voiture sous le regard incrédule de tous.
« Parfois, j'ai vraiment du mal à la comprendre » grogna Emma ulcérée.
« Elle a eu peur pour toi, c'est tout » soupira David en lui embrassant la joue avant de saluer Henry et de serrer Regina dans ses bras « Bon retour à la maison ma chérie » murmura-t-il en déposant un baiser sur son front.
« Merci dada » murmura Regina avec émotion.
La réaction de Mary, qu'elle avait toujours considérée comme une mère la blessait un peu, mais elle pouvait comprendre son angoisse en imaginant les risques qu'Emma avait probablement dû prendre pour la sauver de cet Enfer. Et Regina était persuadée que ce n'était pas la seule fois où Emma avait pris des risques inconsidérés pour la retrouver.
« A demain papa ! » lança Emma, la faisant largement sourire de savoir qu'Emma comptait bien rester près d'elle au moins cette nuit.
« Je suis contente que tu restes avec moi cette nuit » avoua-t-elle en embrassant Emma sur la joue pour la remercier.
A ces mots, Emma tourna la tête en souriant, et une fois de plus leurs lèvres s'effleurèrent, les faisant toutes deux rougir. Instinctivement, Emma resserra son emprise autour de la taille de Regina, comme pour l'empêcher de fuir, mais Regina se contenta de sourire timidement avant d'enfouir à nouveau son visage dans le cou d'Emma.
« Allez, venez les filles, nous serons mieux à l'intérieur » lança Henry en les précédant dans l'imposant manoir.
« Enfin chez moi… » soupira Regina avec émotion « Moi qui pensais ne plus jamais revenir ici… »
« Encore une chose que je ne pardonnerais jamais à Cora » gronda Emma, le regard étincelant de haine « Comme si t'enlever n'était pas suffisant, il a fallu qu'en plus elle te fasse croire que ton père était mort et qu'elle avait vendu le ranch ! » s'emporta-t-elle, faisant haleter Henry.
« Quelle sale petite… » cracha-t-il furieusement, son visage se figeant dans un masque de colère et de haine.
« Elle m'a dit que tu avais eu un accident, que c'était ma faute et que c'était pour me punir d'avoir été aussi méchante qu'elle m'enfermait dans cette cave » lui apprit Regina en frissonnant violemment.
« Cette femme est vraiment monstrueuse » intervint Elizabeth avec ébahissement.
En tant que juge chargé du divorce des Mills, elle avait pourtant lu tout ce qui était reproché à Cora, et ce n'était déjà pas triste, mais le récit de Regina dépeignait plus que jamais un portrait noir et peu flatteur de cette femme. Et elle n'arrivait pas à croire qu'un homme aussi doux et généreux qu'Henry ait pu s'amouracher d'une femme comme son ex. Cora avait vraiment dû être une bonne comédienne pour qu'Henry ne se rende compte que trop tard de la femme qu'elle était réellement. Quand elle y pensait, Cora lui rappelait énormément son ancien mari. Fourbe, enjôleur, menteur et manipulateur. Elle-même n'avait pris conscience d'à quel point il était toxique que bien trop tard, lorsqu'ils avaient frôlé la catastrophe un soir où elle était rentrée plus tôt du tribunal pour surprendre son mari à battre leur fils comme plâtre.
Son bébé à peine âgé de quatre ans subissait les coups de son père en pleurant de toutes ses forces, et ce monstre avait paru s'en réjouir. Elle avait immédiatement appelé la police et l'avait fait arrêter sans état d'âme et avait tout fait pour qu'il écope d'une peine maximale. Dans la foulée, elle avait obtenu le divorce et la garde exclusive de son fils, s'assurant que son mari ne pourrait plus jamais l'approcher, et avait déménagé ensuite à Boston pour se reconstruire. Son fils avait mis longtemps avant de cesser de faire des cauchemars, et jamais elle ne se pardonnerait de n'avoir pas su le protéger un peu mieux. En cela, elle comprenait parfaitement ce que pouvait ressentir Henry.
C'était d'ailleurs la similitude de leurs deux histoires qui avait favorisé leur rapprochement. Et aujourd'hui, elle espérait vraiment que son avenir se construirait avec Henry, et qu'ils pourraient ensemble oublier les fantômes du passé pour se tourner vers un futur plein de promesses. Mais pour cela, Elizabeth savait qu'elle allait devoir se faire accepter de Regina. Elle ne s'inquiétait pas vraiment pour Zelena. Ce n'était encore qu'un bébé, et Elizabeth était certaine qu'elle saurait l'apprivoiser assez facilement. Mais Regina serait sûrement plus méfiante, et elle allait devoir être particulièrement patiente avec elle.
« Mère n'a jamais voulu de ce rôle et me l'a toujours fait comprendre. Il suffit de voir ce qu'elle a fait avec Zelena pour s'en rendre compte » soupira tristement Regina en tendant la main pour caresser tendrement les boucles cuivrées de sa petite sœur qui n'avait pas bougé des bras de leur père.
« Zelena… Tu t'en es rappelé… » sourit Henry en se penchant pour déposer un baiser reconnaissant sur le front de sa fille aînée « Merci d'avoir si bien pris soin de ta sœur ma princesse » ajouta-t-il en allant s'asseoir sur un des canapés.
« Quand mère me l'a laissée, elle ne m'a pas donné son prénom, me faisant comprendre qu'elle n'avait même pas dû se donner la peine de lui en choisir un. Alors j'ai cherché quel prénom tu aurais aimé, et je me suis souvenue de la conversation que nous avions eu sur le sujet et Zelena m'a paru évident » acquiesça Regina en souriant légèrement.
« C'était le prénom de ma grand-mère » expliqua Henry devant le regard curieux d'Elizabeth, faisant se reporter l'attention de Regina sur elle.
« Excusez-moi, je réalise que je ne vous ai même pas saluée ! » s'exclama Regina en rougissant de gêne « Je suis heureuse de faire votre connaissance, et merci d'avoir été là pour aider papa à se sentir mieux » lui sourit doucement Regina.
« Je comprends que tu ai préféré discuter avec tes amis qu'avec une parfaite étrangère Regina » la rassura Elizabeth « Quant à ton père, c'est l'homme le plus gentil et charmant que j'ai jamais rencontré. J'ai beaucoup de chance qu'il fasse aujourd'hui parti de ma vie » affirma-t-elle en posant un regard étincelant sur Henry.
« Emma m'a également dit que vous aviez un fils, j'ai hâte de faire sa connaissance » lança Regina sans perdre son sourire.
Henry souffla de soulagement en constatant que sa précieuse petite princesse semblait parfaitement accepter la présence d'Elizabeth dans leurs vies. Il ignorait ce qu'Emma avait pu lui dire, mais de toute évidence, cela avait suffi pour que Regina se montre ouverte et accepte de laisser une chance à Elizabeth de gagner une place dans son cœur. Et une chose était sûre pour Henry, c'était qu'avec Elizabeth, Regina et Zelena auraient enfin une maman digne de ce nom.
« Il passe la semaine chez ses grands-parents, mais je serais heureuse de te le présenter dès qu'il sera rentré à la maison » affirma Elizabeth avec enthousiasme.
« Ina, manger ? » lança soudainement Zelena en se redressant dans les bras de son père.
Surprise, Regina tourna la tête pour constater qu'il était près de 20h. Le temps avait filé à une vitesse impressionnante, et dehors le soleil avait presque disparu à l'horizon, laissant peu à peu la place aux étoiles.
« Maintenant, c'est à papa qu'il faut poser la question ma puce » lui expliqua doucement Regina, soulagée de céder ce type de responsabilité à son père, même si elle savait qu'elle ne pourrait s'empêcher de continuer à prendre soin de sa sœur.
« Papa ? » appela Zelena en tournant un regard implorant vers son père.
« Bien sûr ma chérie » affirma Henry en se levant, imité par Elizabeth « Par contre tu vas devoir me dire ce qu'elle mange ou pas, je ne connais pas encore ses goûts… » grimaça Henry avec regret en interrogeant Regina du regard.
« Elle mange de tout pour le moment, même si je n'ai pas eu l'occasion de lui faire goûter à certains aliments. J'ai introduit les aliments solides dans son alimentation il y a quelques semaines, mais si tu as des petits pots adaptés à son âge, cela ira très bien. Une compote en dessert, et un biberon de lait en la mettant au lit, et ce sera parfait » l'éclaira Regina, faisant hocher la tête au couple qui gagna la cuisine de concert.
« Nous avons acheté un peu de tout pour parer à toutes éventualités » lui apprit Elizabeth en ouvrant les placards comme si elle était chez elle.
« Tu avais raison, Elizabeth a vraiment l'air adorable » murmura Regina en suivant son père et la belle brune du regard.
« Elle l'est. Elle me fait penser à maman… le côté tête de mule en moins… » grogna Emma, encore en colère contre Mary.
« Tu lui as fait peur Emma, et nous savons toutes les deux que quand ta mère a peur pour l'un de ses enfants, elle devient totalement irrationnelle et hyperprotectrice » l'apaisa Regina en lui caressant doucement le bras.
« Oui je sais, mais ce n'était pas une raison pour donner l'impression qu'elle n'était pas contente de te revoir » s'entêta Emma, faisant doucement ricaner Regina qui se mordit la langue pour ne pas faire remarquer à Emma qu'elle avait de toute évidence hérité du côté tête dure de sa mère.
« Elle se fera pardonner, j'en suis sûre… dès qu'elle se sera calmée » affirma Regina en secouant doucement la tête.
« Allez, viens, je suis sûre que tu as faim toi aussi » lança Emma en se levant, riant d'entendre l'estomac de son amie gronder comme un monstre grognon.
« Pour ma défense, j'étais tellement nerveuse que j'ai à peine mangé ce midi » lui rappela Regina en levant les yeux au Ciel d'un air faussement blasé.
La mimique était tellement familière à Emma, et pourtant tellement nouvelle à la fois que sans pouvoir s'en empêcher, Emma la tira par leurs mains nouées vers elle et la serra fortement dans ses bras, une boule d'émotion dans la gorge.
« Hey… » murmura Regina en l'entourant de ses bras « Qu'est-ce qui ne va pas ? » voulut-elle savoir, déstabilisée par le comportement de la jeune fille.
« Tu m'as trop manquée… » marmonna Emma en enfouissant son visage dans les longs cheveux de la belle brune.
« Tu m'as manquée aussi mon Emma, tellement… » reconnut volontiers Regina en souriant doucement, heureuse de voir qu'au moins, Emma était toujours aussi affectueuse avec elle.
Elles avaient retrouvé avec une facilité déconcertante et rassurante à la fois les gestes qu'elles avaient toujours eus l'une pour l'autre, et même si leur relation en restait au stade de l'amitié, Regina en serait heureuse, parce que pour le moment du moins, elle restait la fille la plus importante dans la vie d'Emma. Et tant que cela serait le cas, elle serait comblée. Evidemment, elle chanterait sûrement une autre chanson lorsqu'Emma tomberait amoureuse, mais en attendant ce jour, elle saurait se contenter de ce que la vie lui offrait. Après tout, elle était bien placée pour savoir que tout pouvait basculer du jour au lendemain et qu'il fallait savoir prendre la vie comme elle venait et savourer chaque moment de bonheur comme il venait, sans trop se poser de questions.
Elle savait que ce n'était pas la première fois qu'elle se faisait cette promesse, mais elle avait besoin d'une piqûre de rappel régulière, surtout dans des moments comme celui-là, où Emma agissait de la sorte, lui donnant envie de lui promettre tout et n'importe quoi, et encore plus de lui avouer son amour inconditionnel et éternel.
« Désolée, je suis une vraie guimauve en ce moment … » plaisanta Emma pour cacher sa gêne de s'être laissé emporter de la sorte.
« Emma, jamais je ne me plaindrais de recevoir un câlin de ta part » lui fit remarquer Regina en lui déposant un baiser sur la joue.
« Tant mieux, parce que je suis incapable de me contenir de toute façon » clama Emma avant de reprendre son avancée vers la cuisine.
A leur arrivée, elles constatèrent qu'Henry donnait à manger à Zelena qui se laissait faire gentiment, faisant râler Regina au grand amusement d'Emma.
« Tu devrais être contente que Zelena accepte si facilement ton père » chuchota Emma en souriant devant la scène.
« Ce n'est pas ce qui me dérange, mais le fait qu'elle le laisse la nourrir alors qu'elle voulait absolument le faire seule avec moi… » lui apprit Emma avec une moue boudeuse qui fit exploser de rire Emma.
« Dary a le goût de la nouveauté, et toi elle savait exactement quoi faire pour te faire céder » gloussa l'adolescente en secouant la tête d'amusement.
Haussant les épaules, Regina tourna la tête vers la gazinière et constata qu'Elizabeth s'occupait de préparer leur dîner, se déplaçant dans la cuisine comme si elle y était chez elle, faisant comprendre à Regina que ce n'était pas la première fois que cela se produisait. Et de son point de vue, il n'y avait pas milles raisons pour laquelle une femme serait amenée à investir la cuisine d'un homme. De toute évidence, la relation que son père et elle entretenait avait clairement dépassée le simple stade de la relation platonique.
« Asseyez-vous les filles, c'est presque prêt » leur sourit Elizabeth en sortant un plat qui dégageait une délicieuse odeur du four « J'ai préparé des lasagnes, j'espère que vous aimez ça » ajouta-t-elle en apportant le plat sur la table.
« C'est parfait, merci » la rassura Regina en humant l'appétissant fumet.
« J'ai également préparé un coulis de sauce tomate si cela vous tente » leur apprit-elle en allant chercher la saucière.
« Ça a l'air bon » affirma Emma en salivant d'avance.
« Liz est une excellente cuisinière, vous allez voir les filles ! » affirma Henry en souriant fièrement, une tendre lueur touchante dans le regard.
Emma et Regina échangèrent un regard entendu, mais ne relevèrent pas pour ne pas embarrasser Henry. Et puis Regina était tellement heureuse de voir son père aussi épanoui et visiblement amoureux qu'elle ne voulait surtout pas lui donner l'impression d'être contre son histoire avec Elizabeth. De toute façon, la jeune femme pouvait difficilement être pire que Cora, et si même Emma l'appréciait, c'était qu'elle pouvait apprendre à la connaître et peut-être même l'aimer sans trop de risques.
« C'est délicieux » déclara-t-elle après quelques bouchées, faisant naître un grand sourire sur les lèvres d'Elizabeth.
« Tu n'auras plus besoin de te mettre au fourneau à chaque repas grâce à Elizabeth comme ça » la taquina Emma qui savait que Regina avait toujours aimé cuisiner.
« Tu sais que j'aime ça, mais il est vrai que savoir que je n'y suis plus obligée sera un changement bienvenu » nuança Regina entre deux bouchées.
« Cora détestait cuisiner, et Regina a donc très tôt pris l'habitude de s'occuper des repas, même si j'avais engagé quelqu'un pour le faire » expliqua Henry en avisant l'étonnement d'Elizabeth.
« Décidément, cette femme a vraiment tout les défauts du monde » grimaça Elizabeth en pinçant les lèvres de désapprobation.
« Le pire, c'était qu'elle trouvait toujours une raison de se plaindre alors qu'elle ne faisait rien par elle-même » grogna Emma avec rancœur.
« Cette femme avait tout pour être heureuse, et elle n'a pas su profiter de son bonheur… » commenta Elizabeth en secouant la tête « Elle avait un merveilleux mari, une fille formidable dont toutes les mères seraient fières de dire qu'elle est leur fille, et elle a tout gâché… »
A ces mots, Regina écarquilla les yeux et prit une profonde inspiration, profondément touchée par ce commentaire venu du cœur. Elle savait qu'Elizabeth n'avait pas dit ça pour gagner des points, mais parce qu'elle le pensait, c'était évident, et un bout de son cœur meurtri par des années de brimades et de reproches se trouva réparé.
« Pomme ! » clama Zelena, lui évitant ainsi de se laisser aller à son émotion.
« Elle veut une pomme ? » s'étonna Henry en apportant son assiette vide au lave-vaisselle.
« De la compote de pommes, elle adore ça » lui répondit Regina en souriant avec malice « C'est sa préférée »
« Regarde dans le buffet mon chéri, au-dessus de l'évier, j'en ai acheté quelques pots » lança Elizabeth, sans sembler se rendre compte de la façon dont elle venait d'appeler Henry, comme si c'était la chose la plus normale au monde.
Encore une fois, Emma et Regina partagèrent un regard complice, se retenant de rire. Au lieu de quoi elles finirent leur dîner en savourant la crème brûlée qu'Elizabeth leur apporta en dessert avant de monter se préparer pour la nuit. Consciente du tsunami émotionnel qui agitait Regina au fur et à mesure qu'elles approchaient de sa chambre, Emma prit sa main dans la sienne, en un geste de soutien silencieux. Après avoir pris une profonde inspiration, Regina poussa la porte de sa chambre, et laissa échapper des larmes de joie en redécouvrant son univers. Rien n'avait bougé, tout semblant figé dans le temps en attente de son retour. La seule chose qui ne s'était pas trouvé dans sa chambre avant, était la pile impressionnante de cadeaux empilés sur son lit.
« Qu'est-ce que c'est que tout ça ? » s'étonna-t-elle en écarquillant de grands yeux ébahis.
« Tu as raté deux Noëls et un anniversaire. Tu ne croyais tout de même pas que ton absence allait nous empêcher de t'acheter quelque chose » lui apprit Emma en venant l'enlacer par derrière « Zelena aussi en a reçu dès que l'on a appris son existence » ajouta-t-elle en déposant un baiser sur la joue mouillée de Regina qui fixait les paquets.
« Mais je n'ai rien pour vous moi ! » protesta finalement Regina qui détestait recevoir sans rien donner en retour.
« Quoi ? Tu ne pouvais pas commander sur internet dans ta cave ? Je suis choquée ! » se moqua gentiment Emma en prenant une expression outrée « Regina, être là, saine et sauve, est le plus beau cadeau que tu pouvais nous faire » la rassura-t-elle en lui embrassant la joue une nouvelle fois.
Du moins était-ce son intention première, mais Regina tourna la tête pour lui lancer un regard noir, et inévitablement, leurs lèvres s'épousèrent. Mais cette fois, aucune d'elles ne s'éloigna, se perdant plutôt dans le regard de l'autre. Regina sentit les bras d'Emma se resserrer autour de sa taille, la pressant plus intimement contre elle, et l'adolescente sentit un frisson brûlant la traverser. Un doux sourire étira leurs bouches, et elles se séparèrent en douceur, les joues un peu rouge, mais le cœur en fête.
« Tu veux en ouvrir quelques-uns ce soir ? » voulut savoir Emma, désireuse de les ramener sur un terrain neutre.
L'espace d'un instant, elle crut voir un éclair de déception traverser les iris chocolat de Regina, mais ce fut si bref qu'elle pensa avoir rêvé.
« Ceux de dary et les tiens ? » proposa Regina en reportant son attention sur son lit « De toute façon, si nous voulons dormir ce soir, il faut les déplacer… »
Opinant et se détachant à regret de Regina, Emma gagna la lit, et rapidement tria les cadeaux, laissant ceux demandés par Regina sur le lit et posant les autres sur son bureau. Avec amusement, Regina constata que la grande majorité des cadeaux étaient restés sur son lit, et elle vint s'y asseoir avec le sourire d'une petite fille qui fit se mordre la lèvre inférieure à Emma tant elle était craquante en cet instant. Prenant un paquet au hasard, Regina défit soigneusement le scotch et écarta délicatement le papier pour ne pas l'abimer, se retenant de rire devant l'impatience manifeste d'Emma. C'était quelque chose qu'elle avait toujours aimé dans le fait d'ouvrir ses cadeaux de Noël. Emma paraissait toujours plus concernée par ses réactions en découvrant ce qu'elle avait reçu que par ses propres cadeaux.
« Cette parure est magnifique… » souffla-t-elle avec émerveillement.
« Elizabeth et ton père l'ont achetée ensemble pour Noël dernier. Ton père m'a dit que l'idée venait d'elle parce qu'il lui avait dit que tu adorais les pommes » lui expliqua Emma en souriant.
« Je la remercierai demain » souffla Regina en étudiant de plus près les bijoux.
Le collier était constitué d'une chaîne en or et d'un pendentif en rubis taillé en forme de pomme et dont les feuilles étaient sculptées dans deux émeraudes. Il y avait également deux bouches d'oreilles de la même forme et réalisées avec les mêmes pierres précieuses, tout comme la bague. Pour terminer, Regina s'empara du bracelet finement ciselé, admirant la finition parfaite de chaque pommes. Cette parure avait dû coûter une véritable fortune, elle n'en doutait pas, et elle avait du mal à croire qu'une parfaite étrangère ait eu envie de la lui offrir alors que sa propre mère rechignait toujours à débourser le moindre centime pour elle. Avec précaution, Regina remit le bracelet en place et passa au paquet suivant.
« Tu l'aimes ? » demanda Emma en jouant nerveusement avec ses doigts en découvrant un superbe collier en or blanc représentant un cygne aux ailes déployées au pied d'un pommier enfermé dans un cercle parfait figurant la lune.
« Oh Emma… Je l'adore… » murmura Regina avec émerveillement « Ce bijou, c'est tellement nous… » souffla-t-elle avant de se jeter au cou d'Emma.
Soulagée, Emma la serra contre elle avant de la libérer, souriant lorsque Regina lui tendit le collier avant de se tourner en remontant ses cheveux pour dégager sa nuque. Emma n'eut pas besoin de plus pour passer le bijou autour du cou gracile de sa meilleure amie, se retenant difficilement d'y déposer un baiser. Au lien de cela, elle se recula sagement et attendit que Regina se tourne à nouveau vers elle.
« Tu mets ce bijou en valeur Eina… » affirma-t-elle doucement en hochant la tête d'approbation.
Rougissante, Regina repoussa ses cheveux en arrière, puis décida de terminer l'ouverture de ses cadeaux, soulagée de voir qu'elle pourrait tous en faire l'usage. Elle vint enfin à bout du dernier paquet, du moins pour ce soir, terminant par une superbe boîte à bijou musicale qui paraissait très ancienne, et qu'elle adora immédiatement. Remerciant une nouvelle fois Emma, elles se décidèrent finalement à se mettre en pyjama, et une fois prêtes, redescendirent au salon, y retrouvant Henry et Elizabeth qui discutaient à voix basse alors que Zelena s'était endormie sereinement dans les bras d'une Elizabeth radieuse.
« Merci à vous deux pour les cadeaux, j'adore tout spécialement la parure, elle est magnifique ! » s'exclama Regina en venant les embrasser tous les deux, faisant un peu plus sourire Elizabeth.
« Nous en sommes heureux ma chérie » affirma Henry avant de suggérer de monter coucher Zelena.
Curieuse de découvrir la chambre de sa sœur, Regina suivit son père, notant au passage que tout ce qu'elle avait ramené de la cave avait été entreposé dans le vestibule, et arqua un sourcil en réalisant que son père se dirigeait droit vers la nurserie, ce qui dans le fond ne l'étonnait pas plus que ça.
« Je l'ai un peu réaménagée, mais j'ai presque tout conservé en l'état, j'espère que cela ne te dérange pas princesse… » annonça-t-il en hésitant à ouvrir la pièce.
« Bien sûr que non dary » le rassura Regina en venant l'enlacer « Et puis ce n'est pas comme si je risquais de pouvoir dormir à nouveau dans mon lit de bébé… » gloussa malicieusement Regina.
Henry acquiesça, amusé lui aussi, et ouvrit la porte, permettant à Elizabeth d'y entrer. Dans des gestes doux, la jeune femme changea Lena pour la nuit, puis l'embrassa tendrement avant de la passer à Regina qui câlina quelques secondes sa sœur avant de la donner à son père qui après de doux baisers la coucha délicatement dans le petit lit de bébé, veillant à ce que la fillette ait son doudou à portée de main. Ensuite, ils sortirent de la chambre, laissant la veilleuse allumée pour permettre à Lena de ne pas paniquer si elle se réveillait dans la nuit.
« Bonne nuit dary, bonne nuit Elizabeth » souffla Regina en les embrassant l'un après l'autre.
Emma l'imita, et les deux adolescentes regagnèrent la chambre de Regina, et se glissèrent dans le lit avant d'éteindre la lumière. Comme la nuit précédente, Regina vint se lover contre Emma, et elles s'endormirent avec un sourire heureux sur les lèvres.
