Ah que coucouuuuu ! Ici Little Tartine !

Vous êtes de plus en plus nombreux à nous soutenir, nous sommes ravies que le précédent chapitre totalement WTF vous ait plu, on a adoré le rédiger et nous nous sommes bien marées :D

Merci à Anaploufette et RoxanneLL pour leurs follows et leurs favoris, ça nous motive tellement d'être ainsi soutenues ! Nous espérons que la suite vous plaira !

Nous avons également reçu deux super review, voici un réponse pour chacune d'entre elles :

Anaploufette : Ton commentaire nous a tellement mis en joie, si tu savais ! *danse encore* Yeah, déjà tu as parfaitement compris : nous sommes bien deux pour écrire cette aventure. Nous sommes toutes les deux des auteures ('fin amatrices hein !) sur ce site. Je suis Little D Tartine, maman d'Akira et LCDAH est la maman de Lilly :3. Alors je suis ravie que tu apprécies notre fic, mais je suis désolée si elle t'empêche de dormir xD Ton commentaire est si touchant et tu sais pourquoi ? Parce qu'à la base Akira et Lilly sont deux pirates qui proviennent de nos deux fics respectives (publiées sous nos comptes respectifs aussi). Et notre challenge était le suivant : les faire intégrer un univers de shojo, mélangé à l'humour propre à One Piece. A tes yeux ça semble être un pari réussi du coup CHAAAMPAAAGNE ! hrm hrm je me reprends. Tout à fait d'accord avec toi, les fics avec Luffy en pairing principal se font rares malheureusement ! Merci encore pour cette review, prends soin de toi et des bisous :) !

Justine : Héhé nous sommes ravies de t'avoir fait rire :D C'était l'objectif de ce chapitre, faire passer un bon moment en ces temps si durs. Merci beaucoup pour ta review, surtout qu'à la base tu n'apprécies pas tellement les school-fic du coup le fait de savoir que tu apprécies la nôtre nous fait hyper plaisir ! Voici la suite, nous espérons qu'elle te plaira :3

Cette fois, pas de chapitre BONUS ou de chapitre spécial confinement, mais bel et bien la suite de l'histoire ! :D Chronologiquement parlant, de toute façon le chapitre BONUS et spécial confinement se suivent, donc tout est bon, vous ne serez pas perdus *ris comme une débile, puis reprends son sérieux*
C'est la rentrée pour nos loulous ! Et qui dit rentrée, dit... *regarde le titre du chapitre*
Pour info il y a aura un nouvel OC qui sera là pendant quelques chapitres. Il s'agit de l'un de mes personnages qui apparait dans dans ma fic "Les liens du coeur" (publiée sur mon compte), c'est également le second d'Akira dans cette même fic. Pour pas que vous vous demandiez d'où il sort celui là xD

Bonne lecture ! Vous retrouverez à la fin la seule et unique LCDAH !
Ciaossuuuuu !


Chapitre 22

Les correspondants

Point de vue Akira :

- Ah ah ah !

Des larmes perlent au coin de mes paupières et mes jambes gigotent sous les draps tellement je suis hilare. J'attends de pouvoir reprendre mon souffle avant de regarder à nouveau mon portable. On y retrouve dessus Ace, les yeux fermés, et à la place de ses pupilles se tiennent deux corn flakes chocolatés. Il sourit comme un dingue pour faire tenir les flocons de maïs et fronce les sourcils. Je m'écroule de rire à nouveau. Les photos qu'Ace m'envoie sont de plus en plus marrantes. On a commencé ce petit jeu la semaine dernière. La règle est simple : s'envoyer une photo par jour. Ça peut être n'importe quoi : nous, nos amis, ce qu'on mange (même si les repas d'Ace ne rentrent jamais entièrement dans le cadre...), le paysage, le poisson de Jinbe-sensei ou même le vélo d'Aokiji. Au début on se retenait un peu mais nous nous sommes rapidement lâchés. Je crois que l'élément déclencheur fut la photo que j'ai prise de moi en train de loucher en mordant dans un sandwich dégoulinant de mayonnaise. Quand je l'ai envoyée, Nami m'a dit que c'était le selfie le moins sexy de tous les temps. Mais au moins elle a eu le mérite de faire rire Ace.

Je me retourne sur le dos et réfléchis à la photo que je vais pouvoir lui envoyer lorsque mon portable vibre à nouveau. Le message provient de Sabo et est suivi d'un MMS :

De Monsieur Tout-nu :

« Tiens, un petit BONUS ;). »

J'ouvre le MMS et...

- AH AH AAAAAH !

Cette fois je hurle de rire en découvrant Ace, la tête plongée dans son bol de céréales. Il a même des flocons dans les cheveux et le lait déborde sur la table ! Pas certaine qu'il va être amusé en se réveillant. Pour l'heure c'est moi qui me marre comme un phoque, les larmes dégoulinant sur mes joues. Je ris encore plus fort et la seconde d'après je me suis redressée sur mon lit. Oh la. Je rêve ou je viens de faire trembler les vitres ? Hé mais c'est qu'il fait sacrément jour ! Je consulte mon réveil – le troisième depuis ma rentrée en avril.

- KYAAAAAAAAAAAAAAAAH !

Oh ! Mon cri était très féminin. MAIS CE N'EST PAS LE PLUS IMPORTANT ! Nous sommes lundi, aujourd'hui c'est la reprise des cours et si je ne me dépêche pas je vais être en retard pour le cours de César-sensei ! J'enfile à toute vitesse mon uniforme d'été, en mettant – évidemment – ma jupe à l'envers et déboule dans la salle de bain comme une échappée de l'asile. Mes cheveux ne sont pas plus disciplinés que d'habitude. Je me brosse les dents en me souvenant que je n'ai pas petit-déjeuner. Raah je suis stupide ! Je sors de ma chambre en trombe et dévale les escaliers. Une émanation de cramé éveille mon odorat. Ah. Je crois que maman s'est encore essayé aux fourneaux. J'entre dans la cuisine d'un pas timide.

- Maman ?

Elle se retourne vers moi et mes épaules s'affaissent immédiatement de soulagement. Elle est dans sa phase normale.

- Bonjour mon ange. J'espère que tu n'as pas trop faim car j'ai encore tout raté aujourd'hui.

Elle soupire, se lave les mains et défait son chignon. Une cascade de cheveux fins et roses retombent dans son dos. Je m'approche et observe son œuvre par dessus son épaule. Le hareng est plus que grillé, les légumes sont trop gros et à peine cuits et même le riz semble cru. Que ce soit clair, niveau cuisine je suis une vraie brêle. Mais je crois bien que ma mère est encore une plus grosse catastrophe que moi. A chaque fois elle est à deux doigts de mettre le feu à la maison. Je pioche un bout de navet et le croque. Je m'efforce de dire :

- C'eeest... plutôt... mangeable.

Elle sourit et m'assène une tape sur le ventre.

- Ne te moque pas, jeune fille.

- Loin de moi cette idée ! je réponds en levant les mains.

- Je vais m'améliorer, il le faut bien si je veux que tu restes en bonne santé.

Ses sourcils s'arquent de dépit lorsqu'elle observe ce petit-déjeuner raté.

- Pourtant cette fois je croyais que c'était la bonne. J'ai suivi les conseils de Nina, je ne comprends pas pourquoi je n'y arrive pas...

J'avale le légume, manque de m'étouffer et de mourir, tousse un bon coup avant de la rassurer enfin :

- Tu sais quelqu'un m'a dit un jour « La rivière perce le rocher non pas par sa force mais par sa persévérance ».

Ma mère cligne des paupières en m'observant.

- C'est joli, d'où te vient cette citation ?

Je lui souris tendrement et lui caresse le bras :

- De ma maman, lorsque je la regardais peindre et qu'elle faisait mille efforts pour donner le meilleur d'elle-même.

/

Je retrouve Lilly dans la cour du lycée. Elle discute avec Nami, Vivi, Usopp et un seconde. Raaaah, rien à faire je ne parviens pas à me souvenir de son nom ! Surprise de les voir papoter tranquillement ici alors qu'il est bientôt 8h, je demande :

- Bah, qu'est-ce que vous faites là ?

- Eh ben dis donc, après une absence TO-TALE d'utilisation des suffixes personnels, te voilà devenue tellement impolie que tu ne salues même plus tes amies ? me taquine Nami.

- Ah mince ! Pardon, bonjour !

Pour rattraper le coup, je m'incline en angle droit et rencontre le ventre du seconde. Je me redresse pour lui demander pardon mais sa petite bouille met fin à mes excuses.

- Oh ! T'es mignon toi, comment tu t'appelles ?

- Je ne suis pas mignon !

Il râle mais bizarrement mon compliment paraît lui faire plus plaisir qu'autre chose. Lilly lève prestement le doigt, des étoiles garnissant ses prunelles marron :

- Attendez je sais ! Il vient seulement de le dire, je suis certaine que je peux m'en souvenir !

- Nous sommes tout ouïe, fait remarquer Vivi en souriant d'amusement.

- Il porte le même nom que ce renard insupportable dans ce dessin américain pour gosse, « Dora l'exploratrice ». Je me souviens que j'avais envie de gifler tous les personnages quand je regardais cette émission.

Nami et Usopp se jettent des regards du style « Mais qu'est-ce qu'elle raconte ?! ». Lilly met toute son énergie à dénicher la réponse et la trouve enfin. Elle désigne le seconde du doigt :

- Chipeur ! Chipeur, arrête de chiper !

- Je m'appelle Chopper ! désapprouve le concerné.

- Faut pas chipoter pour si peu, Chipeur ! Alors, vous voyez ? J'avais raison.

- T'avais complètement tort, oui ! s'insurge Usopp en claquant sa main contre son épaule.

Tout à coup la sonnerie retentit et je l'accompagne aussitôt de mon cri le plus strident.

- ON EST EN RETARD !

- Wouhooo tout doux la bête enragée ! me retient Nami. Personne n'a cours de 8h à 9h. Tu ne le savais pas ?

- De quoi ?

Tout en marchant tranquillement vers le gymnase, la rouquine m'explique – après avoir longuement soupiré – que Shanks nous avait donné une information cruciale avant les vacances d'été. En effet, nous allons recevoir des correspondants durant la première semaine de septembre. Et devinez quoi ? La première semaine de septembre, bah c'est maintenant.

- Vous êtes sûre qu'il a expliqué tout ça ? proteste Lilly en plissant les yeux de méfiance. Je ne m'en souviens pas non plus.

- C'est parce que vous êtes complètement perchées toutes les deux ! s'emporte Nami. Et puis j'en ai parlé également à mon anniversaire !

- Oh ! Mais ça veut dire qu'on va revoir Conis ! je m'exclame en souriant.

- Hé oui ! Elle va loger chez moi.

Nous pénétrons dans le gymnase où sont rassemblés dans les gradins tous les élèves du lycée. Ça en fait du monde ! Je repère aussitôt Ace. Il est placé tout derrière en compagnie de Izou, Sabo, Vista et Joz. Je place deux doigts contre ma tempe et le salue de cette manière. Même d'ici je peux discerner son sourire s'élargir. Il m'imite puis se fait interpeller par Joz. Deux membres de ASL sont donc là. Où est le troisiè...

- OOOOOYE ! Lilly !

Ah le voilà. Hé hé, il a l'air content de revoir la blanche ! Nami, Vivi et moi administrons à notre amie les coups de coude les moins discrets de la planète. Toutefois la concernée fait mine de chercher Luffy dans la direction opposée à la sienne. Elle poursuit ses recherches oculaires jusqu'à ce que le garçon au chapeau de paille affiche une mine outrée. Enfin elle se tourne vers lui et lui lance son sourire de fripouille. Ah ah ! Lilly-chipie est dans la place !

Les professeurs sont également de la partie et se tiennent assis sur des chaises placées devant l'estrade. Miss Goldenweek est venue accompagnée, si on peut définir de la sorte un chevalet et une toile. Elle a ramené toute ses peintures ce qui semble agacer Kalifa. La CPE rode autour tel un aigle près à écharper un pauvre chien des prairies. Doflamingo s'est mis à son aise et a étalé ses guibolles poilues sur le dossier du prof de technologie, Vegapunk-sensei. Il y a même Shakky, la prof d'anglais des terminales. Elle est également la tenancière du « Ripp-off » et femme de Rayleigh.

A la seconde où nous dénichons des places au premier rang, le proviseur Garp fait son entrée. Il ajuste son micro et déclare de sa voix puissante :

- Bonjour à tous chers élèves et chers professeurs ! J'espère que les vacances d'été vous ont permis de recharger vos batteries car la rentrée promet d'être corsée ! Pour sur, cette semaine... LE ROUX !

Tous les regards convergent vers Shanks qui poursuit ostensiblement sa nuit sur sa chaise. Kalifa exploite cette occasion en or pour elle et se positionne devant le professeur de littérature.

SLAP

La gifle retentit dans tout le gymnase, suivi de près par le rire moqueur de Doflamingo :

- Fufufufu !

Shanks papillonne des paupières puis se tourne vers son collègue. Alors il agrippe son manteau en plume rose et... AAAAHHHH mais qu'est-ce qu'il OSE faire ?! Il se mouche dedans ?! Le regard haineux que lui administre le professeur d'histoire-géographie est à peine camoufler par ses lunettes teintées. Du coin de l'œil je note que Sanji s'empresse de réveiller Zoro. Je ne les ai pas revus depuis le soir du concert et donc depuis leur échange...hrm... torride. La photo floue que je suis parvenue à prendre d'eux sert de fond d'écran sur mon portable et sur celui de Lilly. Pour ne pas devenir rouge comme une tomate, je me concentre sur le monologue du proviseur.

- Je disais donc : pour sur, cette semaine est consacrée à un échange culturel avec nos partenaires à l'échelle planétaire. Il s'agit d'une tradition au sein de notre lycée qu'aucun de vous n'ignore !

Lilly et moi nous mettons à siffler en zieutant ailleurs, l'air pas du tout coupables, non non.

- Cette année nous recevons à Grand Line trois binômes pour célébrer la semaine des correspondants. Chaque journée sera consacrée à l'un des duos qui nous proposerons un thème. Je compte sur vous pour leur servir un accueil des plus cordiaux et hospitaliers. Notre premier binôme nous vient tout droit de la Suède.

Chuchotement dans la salle. Une veine se forme sur le front du directeur.

- C'est en Europe ! Il serait temps d'ouvrir votre manuel d'histoire-géographie !

Je crois que tous les premières aimeraient lui signaler qu'on en a plus, qu'ils ont tous fini déchiquetés par les fils de notre professeur, j'ai nommé Doflamingo-psychopathe-sensei. Néanmoins le balancer signerait à coup sur notre arrêt de mort du coup on se retient.

- Notre premier binôme en a fait du chemin pour rencontrer les garnements que vous êtes ! Veuillez accueillir comme il se doit Conis et Duval !

Les deux comparses pénètrent dans le gymnase. Enfin, je devrais dire « trois » car la blonde est escortée par un renard blanc. Oups, je crois qu'elle n'a pas lu le règlement intérieur sinon elle saurait que les animaux sont interdits. Il n'empêche que ce renardeau est trop mignon ! Les beuglements de protestation de Garp sont rapidement couverts par la harpe de Conis. Elle s'avance jusqu'au centre du terrain et s'arrête de marcher. Le proviseur saisit son micro pour se faire entendre mais ses paroles sont de nouveau éclipser par le violon de Brook, le professeur de musique. J'ai cru comprendre que c'était un réflexe chez lui de jouer lorsqu'il entend une mélodie. La musique se termine sur un « nombril » que Conis nous adresse en s'inclinant. Toute la salle explose de rire excepté un groupe de jeunes filles qui se sont agglutinées autour du dénommé Duval.

Je ne savais pas qu'on pouvait sortir des gradins. Ah, à en juger le visage rouge de colère du proviseur, on ne possède pas ce droit. Duval est adulé par ses admiratrices qui poussent des cris hystériques.

- Qu'est-ce que je suis beau ! s'exclame-t-il avec un accent suédois bien prononcé.

- Qu'est-ce que t'es con, oui ! s'époumone Sanji jaloux de la popularité du nouveau venu.

- Quiconque me regarde finit ébloui !

Et c'est alors que le charme se brise. Duval administre à ses adoratrices un clin d'oeil qui déforme tout son visage. Hurlements de dégoût.

- Worst wink of all time, chuchote Lilly en cachant difficilement son sourire.

Je n'ai absolument rien compris à ce qu'elle a dit, l'anglais étant toujours dans le top trois de mes matières détestées. Garp, irrité par ce cirque, appelle les trois nouveaux qui le rejoignent sur l'estrade.

- Bon, les deux zigotos et le clébard, vous allez intégrer la classe 2°1.

- Qu'entends-je ? rétorque Duval enchanté. Vous trouvez mon visage poupin ?

- Je dis surtout que t'as l'air d'être un sacré enquiquineur !

- Ouais je sais, niveau beauté je suis le meilleur !

- Serait-ce un comportement belliqueux ?!

- Personne ne me résiste, je suis somptueux !

- Mais tu vas arrêter de faire des rimes ?!

- Tout le monde sait que Duval est sublime ! »

Toute la salle est encore choqué par le clin d'oeil qu'il nous a servi, donc impossible de l'ovationner. Il n'y a que Shanks qui se fend la poire et qui applaudit difficilement à cause de son bras endommagé. De mémoire je l'ai toujours vu ainsi, je me demande comment il s'est blessé ? Les deux suédois rejoignent les gradins.

- Bon après ce spectacle pour le moins horripilant, veuillez accueillir les deux prochains correspondants. Ah punaise, voilà que je fais des rimes aussi Bwahahaha ! Hrm... En tout cas j'espère que vous saurez vous tenir avec les invités que je vais vous présenter puisqu'ils nous viennent de Wa no Kuni ! Il s'agit de « l'Oiran », alias la plus belle fille du pays, j'ai nommé Komurasaki. Elle est venue en compagnie de O-Kiku, un simple serveur !

Usopp chuchote à nos oreilles.

- Seigneur tout puissant, Wa no Kuni, cette île au mille et unes légendes urbaines ! Ne me dites pas que nous allons recevoir des samouraïs !

- Aaaaaah ! braille Chopper mort de peur. Tu crois ?!

- Ne dites pas de bêtises ! les enguirlande la rouquine. Ce ne sont que des mythes !

Lilly se frotte le menton.

- Wa no Kuni... Ce ne serait pas cette île isolée qui se situe non loin d'ici ?

- Tout juste, répond Vivi. On raconte que, hormis les natifs de ce pays, personne n'y a jamais posé un orteil.

Je déglutis. A quoi va ressembler le binôme de correspondants ? Mon angoisse est rapidement jugulée par un son des plus apaisants qui provient de dehors. Nous tendons l'oreille ainsi que le cou lorsque les portes s'ouvrent. Enfin, je dis « tendre » mais en fait nous levons plus la tête qu'autre chose. Car la dénommée Komurasaki est perchée sur des geta-échasses. Seigneur comment fait-elle pour garder l'équilibre ?! Dire que moi je n'ai pas arrêtais de me tordre la cheville en portant des talons de dix centimètres. J'espère pour elle qu'elle n'a pas la vertige. La quasi-totalité des hommes de la salle sont en émerveillement devant sa présence. C'est qu'elle est incroyablement belle, peut-être même plus que Boa Hancock. Une chevelure cyan remontée en un chignon sophistiqué orné de mille et un accessoires. Son kimono flatte sa silhouette. Tout en avançant élégamment dans sa parade, elle joue un air de shamisen. La qualité de sa musique est telle que même Brook ne se risque pas à l'accompagner. O-Kiku quant à lui...

- Qui a déclaré que j'étais un homme ?!

...est une femme. Euh... Je suis perdue là. En plus son visage me rappelle vaguement quelqu'un ce qui n'arrange rien à ma confusion. Elle arbore un kimono et sa voix est féminine. Ses longs cheveux de jais sont attachés en une queue de cheval. Tout le monde se tourne vers Garp qui ne sait plus où se mettre. Ses yeux vont de sa fiche d'informations à O-Kiku.

- C'est moi mon garçon, pourquoi ?

- Comment osez-vous ! Je suis une femme !

- Kikunojo, c'est bien toi ?!

Izou dévale des gradins et s'élance vers le... la... euh... la personne.

- Grand frère ! s'exclame émue O-Kiku ou Kikunojo ou je-sais-plus-qui.

Elle se jette dans les bras d'Izou. Des « Oooh c'est meeeugnon » agrémentent les discussions de la salle. Si le pays de Wa est aussi fermé qu'on le dit, ces deux-là n'ont pas du se voir depuis très longtemps. Lilly sort un paquet de mouchoirs que nous partageons pour éponger nos visages en larmes. Entre deux reniflements je remarque que Komurasaki et O-Kiku portent toutes les deux un masque à l'arrière de leurs crânes. A quoi ça sert ?

- Ah quelle grâce ! s'exclame le directeur ravi que ce binôme soit plus calme que le précédent. Votre aura apaisante fera le plus grand bien aux agités de la T°2.

Je rêve ou Komurasaki et Hancock sont en train de se jeter des rayons laser avec leurs yeux ?! L'aînée des Boa a déjà courbé son dos et pointe sa rivale, l'air de dire « Je suis la plus belle de nous deux. » J'en viendrais presque à plaindre Garp. Ça ne risque pas d'être aussi tranquille qu'il semble le croire. Il poursuit :

- Espérons que nos deux derniers correspondants ne rabaissent pas le niveau d'intelligence ! Rik et Wiper nous viennent tout droit de Bibidia.

Là je crois que même Doflamingo-psychopathe-sensei ne sait pas où ça se trouve.

- Raaah ces ignorants ! soupire Garp. Il s'agit d'une île polynésienne proche de la Nouvelle-Zélande ! Ça se situe plus précisément dans...

Il est interrompu par les portes du gymnase qui s'ouvrent à la volée. Deux grands gaillards à la peau basanée font leur entrée en bonne et due forme. C'est-à-dire en galipettes et autres acrobaties. Aussitôt le gradin est en délire. La première chose qu'on remarque est incontestablement leurs torses nus et musclés. Et Lilly ne me dira pas le contraire, là voilà déjà en train de farfouiller dans son sac pour sortir plusieurs paquets de Kleenex. J'observe attentivement ces voltigeurs en pagne. Le premier doit faire près de deux mètres. Une crête brune parcourt le haut de son crâne et retombe en queue de cheval jusqu'à ses reins. Son bras gauche et une partie de ses joues sont parsemés de tatouages tribaux. Son visage est plus austère que celui de son camarade. Et il faut dire que c'est ce dernier qui retient toute mon attention.

Il est l'enjouement même. Il est un chouia plus petit que son partenaire. Un bandana entoure son front et est surmonté par de courts cheveux noirs. Lui aussi possède des tatouages tribaux, ceux-ci recouvrent tout son bras droit. Contrairement à son ami, il porte un bermuda noir en dessous de son pagne. Tandis qu'il exécute des cabrioles pharamineuses, il sourit à la cantonade.

Toute la salle semble subjuguée par ces deux danseurs. Toutefois il manque quelque chose... Luffy semble du même avis que moi puisqu'il descend des gradins pour s'asseoir sur le terrain.

- Shishishi !

Et alors avec ses mains il se met à taper sur le sol un rythme qui colle parfaitement avec la danse traditionnelle de Rik et Wiper. C'est la débandade dans les gradins, tout le monde s'est mis debout et est en proie à un enjaillement inextinguible. Luffy est bientôt rejoint par Brook-sensei, Scratchmen Apoo et Bartolomeo – évidemment le jeune homme est doué en batterie tout comme son idole ! Nous applaudissons au même rythme que les musiciens improvisés. J'ai le sentiment que nous sommes tous sur la même longueur d'onde, que cette danse et cette musique nous ont unis l'espace d'une brochette de minutes. Elles donnent une âme à nos cœurs et des ailes à nos pensées. Ne persiste aucun différend entre nous tous.

Les deux acrobates font un tour de terrain pour tous nous observer. Mon attention ne quitte plus celui au bandeau rouge qui arrive bientôt à notre hauteur. Nos yeux se croisent et je le vois ralentir. Ses prunelles noisette naviguent entre Vivi et moi puis son sourire fait écho au mien. Il s'arrête et me tend la main. Je la saisis sans hésitation.

- Je suis Amerika Yamaneko, mais tout le monde m'appelle « Rik ».

- Enchantée Amerika, moi c'est Akira.

Nos voix sont à peine discernables dans le brouhaha général. Il parle bien japonais. Il considère à nouveau Vivi puis revient vers moi, l'air ravi :

- Merci de m'avoir donné une idée.

Et il nous quitte sur ces paroles mystérieuses pour mieux se diriger vers la prof d'arts plastiques. Avec son autorisation il lui emprunte deux bidons, l'un rouge et l'autre bleu.

- Wiper viens voir !

Le concerné arrête ses acrobaties pour le rejoindre, la mine toujours sévère. Une fois à sa hauteur, Amerika lui lance l'une des deux bouteilles. A peine l'a-t-il intercepté que le garçon au bandeau débouche son propre bidon et...

- HEEEEEEEEEEIN ?! s'exclame la salle.

...et il asperge copieusement de peinture bleue son ami ! Le rire tonitruant d'Amerika se répercute aux quatre coins du gymnase. Malheureusement l'hilarité ne gagne pas Wiper qui crache :

- T'es vraiment un gamin Amerika.

- Je ne vais pas te contredire, répond le concerné en ouvrant grands ses bras. Je ne suis pas encore majeur, donc oui, je suis un gosse.

Cette fois le coléreux ne peut s'empêcher de sourire malicieusement et de répondre à l'invitation. La seconde suivante, Amerika est enduit de rouge des pieds à la tête et paraît... étrangement ravi. Ensuite les deux polynésiens s'échangent une accolade ce qui a pour effet de mélanger les teintes. Cette œuvre d'art qu'ils sont en train de construire avec leurs corps éveille l'âme d'artiste de Miss Goldenweek. D'habitude taciturne pendant ses cours, la voilà debout sur sa chaise. Cela avive également un feu en moi. Une envie plus qu'un désir, un rêve plus qu'une pensée fugace. A travers l'euphorie qui a de nouveau gagné les bancs, je parviens à entendre la plainte du proviseur : « Ces chenapans ! Ils vont nous dégueulasser le parquet ! », ce à quoi Belmer se croit bon de rétorquer : « Détends ton string, Garp ! ». Y a pas à dire, ils ont de la répartie dans la famille de Nami. Amerika déclare de son timbre puissant :

- Que tous ceux qui ont une chevelure rouge ou bleue viennent nous rejoindre pour danser !

Mon cœur bondit aussitôt. Je veux y aller ! Tout mon organisme le hurle. Shanks est le premier à se lever. Quand il s'agit de s'amuser, il est toujours présent ! Il est bientôt rejoint par Franky et son célèbre « SUUUUUPPPEEER ! » qui ne manque jamais de l'accompagner dans tout ce qu'il entreprend. Je sens qu'on me pousse vers l'avant.

- Allez-y les filles ! nous apostrophe Nami en s'adressant à Vivi et moi. Vous remplissez tous les critères !

Je me tourne vers Lilly et dis d'une petite voix :

- C'est vrai ? Je peux y aller ? Ça ne va pas énerver le directeur ?

- Tu sais au point où nous en sommes. Je vois bien que tu meurs d'envie d'y aller alors file !

Je sens un bonheur m'envahir, il est si intense que j'ai peur de perdre la boule. Je me lève mais suis rattrapée par Lilly :

- Tes chaussures !

- Ah oui ! Tiens, merci.

Mes pieds nus claquent délicieusement contre le parquet du gymnase alors que Vivi et moi rejoignons Amerika, Wiper et les autres. Kid est également parmi eux. Pour l'occasion il a retiré sa chemise et offre des doigts d'honneur à l'assistance qui le hue. Il se tourne vers moi :

- Salut l'aguicheuse, ça roule ?

- Ça ne peut pas aller mieux.

Il ricane. Je remarque que Niji, l'un des frères aînés de Sanji, étale toute son arrogance en se désignant fièrement. Il est en terminale mais pas dans la même classe que Sabo. Je l'aime pas trop ce type. Mais même sa présence ne peut éteindre mon sentiment de bien-être. Pourquoi ? Qu'est-ce qui le créé ? Amerika se plante devant moi, tout sourire. Je rigole. Il ne doit pas voir grand chose avec toute cette peinture. A l'aide de mes doigts je dégage sa vue et essuie la peinture sur mes bras nus. Ses paumes écarlate mais aussi un peu bleu persan et magenta viennent se poser sur mes joues.

- Je ne sais pas danser, dis-je un peu inquiète en me remémorant le carnage de l'anniversaire de Nami.

- Mais si, tout le monde sait ça, c'est inné chez tout être humain. Il suffit juste de laisser ton corps t'exprimer.

Il s'écarte et fait une démonstration. Wiper ne tarde pas à le rejoindre dans ses acrobaties aériennes. Le rythme imposé par Luffy et les autres musiciens reprend et là, précisément à ce moment,

je lâche prise.

Je me laisse gagner par une quiétude intarissable. Je pioche dedans pour libérer mon corps des contraintes de bienséance. Je gesticule dans tous les sens, mettant à l'épreuve l'agilité de mes membres. Ceux qui ont été invités sur le terrain ont dû mal à suivre mon exemple mais ils font du mieux qu'ils peuvent. Viola, la cousine de Rebecca, ne peut résister à cet appel et vient exécuter quelques pas de flamenco sur le parquet.

Le rire d'Amerika dévoile les soleils de tous les univers. Il résonne en moi comme une folie, comme l'évidence de notre rencontre. Nous nous tournons autour en pouffant sans aucune raison. Mon sourire est si large qu'il me fait mal. Mes mains agrippent des bras, n'importe lesquels, mes mains touchent des torses, des visages. Et les couleurs se mélangent encore et encore et encore sur les corps de tous les danseurs, étalant toute la palette comprise entre le rouge et le bleu. J'ouvre les yeux et découvre que je me tiens juste en face d'Amerika qui sourit autant que moi. Et soudainement j'ai le sentiment

si fort si puissant

que nous nous sommes déjà rencontrés dans un monde parallèle. Que nos yeux se sont déjà croisés et que notre entente était telle que personne ne se risquait à la nommer. Pas d'amour mais une fusion d'esprits.

Je recule un peu. Ce n'est pas possible de ressentir une telle harmonie avec quelqu'un que je viens à peine de rencontrer. Ça ne devrait pas exister, c'est presque effrayant. Et pourtant je ne peux renier cette attirance. Ça n'a rien de physique, c'est très différent de l'amour que j'éprouve pour Ace. Mais c'est bien là. Je ne le connais pas, nous n'avons échanger que quelques mots, qu'une poignée de phrases, sauf que c'est tout un dictionnaire que nous avons partagé en dansant. Je ne pourrai jamais oublier cette chorégraphie improvisée.

Car elle m'a ouvert une porte que je croyais inaccessible.

Celle d'un rêve.

Toutes ces teintes mélangées. Amarante outremer indigo cerise azur prune.

Ça me rappelle les somptueux tableaux de ma mère ainsi que toutes les fois où je restais des heures à admirer ses œuvres. Je sais ce qu'Amerika cherchait à nous faire comprendre. Peu importe notre couleur, nos origines, nos cultures, nous sommes tous humains. Nous possédons tous un cœur qui bat, qui accélère quand nous sommes émus et qui se sert quand nous souffrons. Nous ne nous connaissons pas du tout comme nous méconnaissons ceux qui habitent à l'autre bout du monde. Alors à quoi bon se méfier d'autrui ? Si le monde entier pouvait nous voir, ici, identiques sur ce parquet, je suis certaine que la haine, la jalousie et tous les fléaux pourraient se tarir.

J'en ai les larmes aux yeux. J'ai toujours vécu au jour le jour et même si je savais que je voulais travailler dans l'humanitaire, mon rêve vient de se concrétiser ici même. J'ai toujours cherché l'amour et la reconnaissance en oubliant que c'est précisément ce que je voulais transmettre aux autres.

Je suis épuisée et essoufflée lorsque la danse se termine tout comme la musique. Toutefois j'ai des idées plein la tête et un rêve qui bat dans mes veines. Il me tarderait presque de vieillir plus vite. Nous sommes applaudis par tout le gymnase. Je me tourne vers Amerika qui m'adresse un hochement de tête, signe que nous nous sommes compris jusqu'au bout. Puis je regagne ma place tout comme les autres. Vivi et moi mettons de la peinture partout sur nos sièges.

- Je ne suis pas certaine que ce soit bon pour la peau, fait remarquer Nami.

- Ce n'est pas bien grave, répond Vivi encore tout enflammée par ce moment que nous venons de vivre.

Lilly me sourit. Moi aussi. Je me penche à son oreille.

- Je sais ce que je veux faire plus tard.

Tous les spots brillent dans ses prunelles. Elle saisit ma main pleine de peinture, désireuse de connaître la suite. Mais avant que je puisse en dire plus, le proviseur reprend :

- Raaaah la la ! Ça va prendre des semaines pour nettoyer ce foutoir ! Ces excités du bulbe ont gâché la cérémonie ! Et en plus ils vont rejoindre les 1°1, alias la pire classe qui soit ! J'espère que vous vous tiendrez tous à carreau pendant cette semaine sinon...

Je n'entends pas la fin de sa menace. Je suis bien trop excitée par la perspective de cette semaine thématique.

Point de vue de Lilly :

L'arrivée hier des correspondants a rajouté une couche de peps au lycée, comme s'il en manquait… La charmante Hiyori-san (dont le principal mérite est de rendre Boa verte de jalousie) nous a parlé de la tradition de son pays. Cette tradition que je vais devoir honorer aujourd'hui : les masques.

Dans son pays, Wa no Kuni, il est visiblement normal que tout le monde porte un masque, au propre comme au figuré. Elle nous a juré que tout le monde disposait au moins de deux identités et qu'il fallait jongler entre les deux. Même si ça m'a paru étrange de prime abord, il a bien fallu admettre que je me suis jamais autant sentie concernée par une tradition culturelle…

Ablydan.

Newgate.

J'ai moi aussi deux noms et je dois sans cesse faire coïncider les deux, en tout cas essayer. Que le reste du monde me connaisse sous l'une ou l'autre de ces identités m'indiffère. Mes amis maintenant savent la pluralité de mon identité. Il ne reste qu'une seule personne qui doit l'apprendre.

Il est temps.

Ce matin, j'enfile mon uniforme d'été et rajoute un petit pull en maille rose sans manche, histoire de tenir mon cœur au chaud. Je glisse le masque en plastique dans mon sac et quitte le restaurant familiale.

Sur le trottoir d'en face Akira est déjà là. Enfin « Askira » puisqu'elle arbore un masque frappé de l'as de pique. Spade Akira, c'est amusant, et un peu impressionnant.

- Alors ? Me dit-elle.

- Aujourd'hui elle est rouge.

- La mienne est verte !

On se clap gaiement les mains et j'ouvre mon sac pour en sortir la tête de dragon. Akira laisse échapper un léger « Oooooh » avant que nous prenions la ligne blanche qui nous mènera au lycée.

C'est fou ce jeu des masques, je ne reconnais personne.

Les murs du lycée me font l'effet d'un tout autre endroit, je ne sais pas où précisément, mais voir ainsi défiler autant « d'autres visages » j'ai comme le tournis. J'ai passé la nuit à me demander si les autres joueraient le rôle, à me dire que personne ne pouvait aussi avoir une double identité. Eh, pourtant, tous ces masques qui défilent me donnent complètement tort.

Nous poussons à deux la porte de notre salle de classe et je ne vois aucun visage familier. Mes yeux se posent sur un soleil au long nez. Je croise également un héros blond masqué aux lunettes de soleil. Impossible de déterminer qui est qui. Effectivement nous avons poussé le jeu jusqu'à prendre des places aléatoires dans la classe. Je suis perdue, c'est comme si je flottais, désorientée. Mais je sens surtout un vent de renouveau, aujourd'hui tout sera possible, et permis.

Spade Akira sursaute en rencontrant un autre Spade, noir. Les deux se dévisagent comme deux âmes synchronisées, deux âmes sœurs. Elle parcourt sa main sur les ondulations de l'As, il fait de même. Autour d'eux le temps s'arrête.

Quant à moi, mes yeux se perdent sur une couronne, perchée sur un chapeau de pirate.

Le Roi vient de faire son entrée, son long manteau pourpre et or frôle les cloisons. Comme un rêve caché, maintenant révélé au grand jour. Mon cœur vibre, bat plus fort. Qu'importe les visages qu'il pourra porter, qu'importe les vies que nous pourrons mener, à chaque fois, je sais que je finirai par l'aimer à nouveau.

C'est ainsi que le Dragon s'approcha du Roi des Pirates.

- Rejoins-moi sur le toit à 12h.

Ma voix étouffée par le masque est déformée, mais je sais qu'il me reconnait. Le Roi hoche la tête.

Bientôt la salle de classe se rempli par un samouraï, une princesse et un chaton chapardeur. Toutes ces personnalités alternatives prennent place dans cette petite salle. Je me demande alors comme un si petit endroit peu nous contenir tous. Mais ce doit être sans doute parce que c'est notre point de rencontre. Nous aimons tous être là, peu importe nos noms.

Darcula, un cyclope, je ne pensais pas voir une telle diversité autour de moi. J'en aurai presque l'air banale avec ma tête de dragon.

Le premier cours de la matinée ressemblait davantage à une conférence, pour une fois tout le monde était calme, trop concentré à dissimuler l'une de ses identités. Je dois avouer que je n'ai pas tout suivit, j'étais focalisée sur ce que j'allais bien pouvoir dire, ou plutôt comment le dire à ce roi glouton…

Je pousse un profond soupire quand la sonnerie retentie. La pause s'impose et nous prenons tous la direction de l'amphithéâtre. Hiyori-san nous a donné rendez-vous.

Domptée par le jeu des masques, la classe des fous prend docilement place tout autour de la scène surélevée. Chaque année s'y jouent des spectacles organisés par les élèves. Cette fois ce sont les pas légers et élégants de cette fille aux habits de paon qui effleurent le parquet. Elle souhaitait partager avec nous son « Takarazuka », un genre de théâtre uniquement réservé aux femmes, comme le « Kabuki » l'est pour les hommes.

Maquillée, ses cheveux ont la couleur du lapis-lazulis, ils virevoltent au rythme du Shamisen que fait sonner une joueuse au masque de renard. Ses chaussettes en soie effleurent le parquet et j'ai l'impression d'être dans une ville en fleur, de sentir des cerisiers et d'être recouverte de pétales roses. C'est un magnifique spectacle qu'elle nous offre. A travers ses geste de comprends une histoire d'amour, une histoire de clan puis une histoire de guerre. Peu à peu, l'ambiance s'assombri et je devine l'ombre d'un monstre recouvrir la cité fleurit. Cette ombre grandit jusqu'à éteindre le scintillement des bijoux d'Hiyori-san.

Cette ombre, j'en reconnais les contours et elle me rappelle le monstre qui hantait mes nuits d'enfants. La seule chose qui faisait peur à mon père et celle dont il s'est juré de triompher. Ce monstre terrifiant qui a motivé mon père dans sa conquête du monde, celle qui lui a donné son nom. Le Dragon.

Je sursaute et tente de cacher mes yeux. Mes mains se posent sur le masque de plastique qui recouvre mon visage et je me souviens que je porte aujourd'hui ce visage de dragon. Moi aussi.

Ma respiration se calme et je reprends confiance. Il ne doit y avoir qu'un seul monstre, celui-ci ne doit plus me faire peur.

La silhouette de Hiyori-san disparait derrière les voiles délicats et colorés. Un grand silence règne dans l'amphithéâtre, il me semble qu'elle a réussi à charmer cette classe.

Après ces secondes de silence enchanteur, la sonnerie retentie. Il est midi.

Mon cœur tambourine dans ma poitrine. Akira pose sa main sur mon épaule.

- Soba-pan ?

- Nan, pas cette fois…

Je ne devine pas ses traits sous le masque mais elle ne me pose pas plus de question. Nos doigts se quittent, j'ai déjà hâte de la retrouver, ce masque commence à m'étouffer.

/

Le chemin jusqu'à l'escalier qui mène au toit, je l'ai fait sans même m'en rendre compte. Mes jambes ont marché toutes seules et c'est comme si je n'avais repris conscience qu'une fois arrivée devant la dernière porte. Ai-je encore le choix ? Non, j'ai choisi depuis longtemps, sans même m'en rendre compte et je n'ai fait que lutter depuis. J'en ai assez. Peu importe ce qu'il se passera derrière cette porte, je veux le voir.

Des deux mains je pousse sur la glissière et la porte s'ouvre sur un ciel bleu magnifique. La vue sur l'île est imprenable, on voir si loin les rivages, la tour de l'hôtel et mes les sentiers escarpés. C'est comme si je pouvais revoir tous ces endroits où je suis déjà passée, toutes ces occasions ou j'ai lutté ou pris les mauvaises décisions. Je vois du coin de l'œil le toit du bar de Shakky-san, ainsi que le port par lequel nous sommes rentrés de l'île de Banaro. Mais je ne vois personne sur le toit, juste mon ombre aux contours de dragon.

Je m'accoude à la rambarde et profite du soleil qui câline doucement ma peau. A cette époque il n'est pas nocif et je … Mes narines frétillent. Est-ce que c'est une odeur de nouilles ?

Presqu'en sursautant, je me retourne et trouve le Roi des pirates. Accroupie, son manteau rouge et or jeté sur ses épaules et volant sur sa chemise blanche largement déboutonnée. Il a troqué sa couronne contre deux cup de nouilles instantanées mais porte bel et bien son chapeau de paille. A visage découvert je vois Luffy, avec néanmoins l'aura de son rêve.

Il souffle sur des nouilles fumantes avant de les engloutir et de m'inviter à le rejoindre en tapant du pied.

Je fais glisser ma jupe sous mes fesse histoire de ne pas les retrouver congeler sur le bitume froid et prend place à côté de lui. La cup de nouilles fumantes m'attend. Je la saisie entre mes mains et souffle sur l'opercule d'aluminium.

- Dis, Luffy…

- Mmmm ?

J'entends ses nouilles se faire aspirer dans sa bouche en éclaboussant ses joues. Il en a partout… Il me regarde, les joues gonflées par la nourriture et les yeux pétillants. Je sors un de mes précieux mouchoirs pour essuyer les coulures de soupe qui engraissent son visage. Comment ai-je fait pour tomber amoureuse d'un tel goinfre ?

- Shishishiii…

- C'est bien de te voir de bonne humeur, fin de t'entendre, je te vois pas.

Oui, j'en avais oublié mon masque.

- Il faut que je te dis quelque chose… quelque chose d'important pour moi.

Je l'entends déglutir fortement et déposer ses baguettes sur le couvercle de sa cup. Il se penche en arrière et croise ses bras sous sa tête. J'entends la paille de son chapeau crisser. Les yeux fermés et le visage détendu il fait mine de ne pas écouter mais je sais qu'il sera attentif.

Ma respiration se condense contre le masque en plastique et mon cœur tape dans ma poitrine. J'ai repensé des centaines de fois à comment lui dire, comment lui annoncer … mais là, juste à côté de lui je peine à aligner deux mots. Trop de pensées négatives tambourinent à l'intérieur de mon crâne et je sens la peur s'insérer dans les fibres de mon corps.

- Je … hum… voilà, comment te dire …

Allez, un effort, juste un effort !

- Newgate est le nom de ma mère, je l'ai pris en m'inscrivant dans ce lycée parce que j'en avais assez d'avoir des problèmes à cause du nom de mon père. A la base je voulais vraiment le cacher mais, petit à petit des gens ont commencé à le savoir et… et j'ai eu de plus en plus envie de pouvoir être honnête avec tout le monde. Mais j'avais peur. J'ai peur. En général quand ils le découvrent, au mieux les gens me rejettent, au pire …

Mes poings se serrent, je veux me libérer de toutes ces craintes, j'en ai marre !

- Ce nom qui est écrit sur ma carte d'identité, j'avais si peur de te le dire… aux yeux du monde, il va à l'encontre de ce en quoi tu crois, et … et… pourtant si tu savais !

Les larmes commencent à couler de mes yeux de dragon, enfermées, mes larmes ne percent pas jusqu'à la lumière du jour.

- J'en ai assez de devoir me justifier, d'avoir peur que les autres me rejettent et de tout perdre du jour au lendemain. J'en ai assez de devoir fuir ou m'excuser. J'existe dans ce monde est c'est à lui de changer, pas à moi.

J'inspire le peu d'air qu'il y a sous mon masque et verbalise enfin ce que je voulais lui dire.

- Je m'appelle Lilly Ablydan.

Les yeux fermés et les traits crispés sous mon masque, j'attends sa réaction. J'entends le plastique de mon masque grincer et puis les rayons du jour viennent brûler mes paupières. C'est comme si je n'avais pas respiré d'air frais depuis des lustres. J'ouvre doucement les yeux et à la place du soleil je découvre le visage de Luffy. Son sourire infini et cette détermination dans ses yeux. Il essuie mes joues baignées de larmes.

- Je le savais, t'avais pas besoin de t'en faire autant. Mais je suis content que tu me le dises.

- Qu …kwa ?

- Shishiii. Tu m'as pris pour qui ?!

Il attrape mes bras et me tire vers lui. Complètement sonnée, j'entends juste le bruit de mon masque qui tombe sur le sol avant de me retrouver blottie contre lui. Je me retrouve assise entre ses jambes et vautrée sur son torse, la joue écrasée à moitié contre sa chemise et à moitié contre sa peau chaude. Je sens qu'il se penche pour attraper quelque chose et bientôt mes narines reconnaissent l'odeur des nouilles devenues tièdes. Je tombe donc nez à nez avec une paire de baguettes en bois chargée d'appétissantes nouilles servies par le Roi des pirates… Qu'est-ce qu'il vient de se passer ?

- Si t'en veux pas c'est moi qui les mange.

Par esprit de contradiction, et surtout par l'intervention de mon estomac bien vide une fois dénoué, j'engloutis ce qu'il me tend.

- Shishiiii !

Il mange à son tour une portion. J'allais protester mais je me suis retenue, c'est vrai que cette cup noddle est bonne, sans doute la meilleure que j'ai mangé jusqu'à présent.

Une fois le pot en plastique vidé, Luffy resserre ses bras autour de moi. Pour être honnête, je ne l'ai pas lâché une seconde. Mon gène « koala » a fait des siennes et je me retrouve greffée à lui, sans la moindre envie de m'en séparer. Luffy vient passer sa main dans mon cou et joue avec mes cheveux tout en me relevant le visage. Je sens son autre main se loger dans le creux de mon dos, comme si j'avais été taillée juste pour lui.

Nous nous regardons, perdu l'un et l'autre dans ce regard. Peut-être le plus honnête que nous n'ayons jamais échangé. Ce que j'avais toujours attendu.

Reposée, je dépose ma tête à la base de son cou, me remplis de son odeur et de sa chaleur. Je sens son menton se poser sur le sommet de me crâne. J'entends son cœur rebondir contre la paume de ma main.

Seule la vilaine sonnerie vient perturber notre étreinte.

Luffy vient plaquer ses mains sur mes oreilles, je l'entends à peine dire :

- T'as rien entendu.

- Y'a rien à entendre. Répondis-je, la joue aplatie contre sa poitrine.

Nous rions tous les deux à nous resserrer l'un contre l'autre encore plus, complètement récalcitrants à l'idée de nous séparer.

Puis la seconde sonnerie retentit et les visages de Kalifa et du directeur Garp viennent me rappeler mentalement à l'ordre. Je réprime une mine dépitée, pas le choix. Je soupire et relève la tête vers mon Roi des pirates. Il a le regard dédié à cet horizon au moins aussi large que son sourire. A le voir comme ça j'aimerai moi aussi voir aussi loin, n'avoir plus peur. Son rêve à l'air si vaste. Je veux en faire partie. Mais je veux pouvoir vivre le mien. Je détail lentement son visage puis il glisse ses yeux vers moi. C'est à lui de parcourir mon visage. Ainsi livrée, je ne sens pourtant pas vulnérable, au contraire, rares sont les personnes qui ont pu poser des yeux aussi vrais sur moi. J'ai l'impression de respirer pour la première fois, comme s'il m'avait libéré d'un poids colossal qui meurtrissait mon corps. Tandis qu'il me regarde, je me sens libre.

Il se relève et je m'occuper des déchets. Mes mains vont sentir les nouilles pendant tout l'après-midi … mais peu importe.

Luffy me tend mon masque en plastique et nous quittons le toit.

Une fois dans les escaliers, la vie animée du Lycée Grand Line nous rattrape et il est temps de chausser à nouveau nos masques. Je fais glisser l'élastique derrière mon crâne mais Luffy retire mon masque.

Un sourire pointe sur ses joues et un air espiègle se dessine sur son visage. J'arque un sourcil en redoutant l'idée qui vient de s'allumer dans sa jolie tête.

Il plaque ses mains sur mes joues et visse son regard dans le mien. Un regard, grave, déterminé et… qui pourrait déshabiller n'importe qui !? nan mais … !? Je sens mes joues entrer en fusion sous ses paumes et à mesure qu'il rapproche son visage du mien. J'ai l'impression qu'un troupeau de pompons girls dopées shoot dans mon cœur en rythme avec le rapprochement de Luffy. Je vais pas tenir s'il vient encore plus près. Il plaque son front contre le mien et nos nez se touchent à nouveau. Je sens son haleine réchauffer mes lèvres gercées que je mords pour m'empêcher d'haleter.

Puis je ferme les yeux, à la fois terrorisée et pourtant livrée. Je n'ose respirer quand je sens ses lèvres se poser délicatement sur mon front.

Je rouvre les yeux pour découvrir le regard le plus fanfaron du monde ! Il effleure mes lèvres du bout de son pouce et me chuchote à l'oreille en remettant mon masque.

- Je te lâcherai pas.

Puis il s'en va en explosant de rire.

J'peux plus bouger.

Nan mais … ce tyyyyyype ! Tous mes représentants internes sont en état de panique générale et mon cerveau disjoncte, je ne sais pas quoi penser de ce moment.

J'aillais opter pour le court-circuit cérébral quand une ombre familière ramène l'ordre dans ma tête : encore cette masse verte. La même que j'ai vu au lycée le jour du départ de mon père après la convocation de Garp-sensei. Quoi que ça puisse être, ça me suit et ça aime les moments qui devraient se dérouler sans spectateur !

Je fouille les alentours et me penche au-dessus des escaliers mais tout ce que je vois c'est Luffy, un peu plus bas qui me fais signe de le rejoindre.

- Tu as croisé quelqu'un ?

- Hum ? Non.

Il me répond simplement et je ne réagis même pas quand nos mains se frôlent sur le chemin qui mène à notre salle de classe. Cette histoire de masse verte commence vraiment à me paraître louche. Je me calme, il ne faut pas céder à la paranoïa, je ne veux pas tout gâcher.

Nous pénétrons tous les deux dans la salle de classe et je sens très vite pas mal de regards se poser sur nous. Akira me fait coucou, elle est assise sur le pupitre de l'autre Spade (Portgas-san) qui est quant à lui assis sur sa chaise. Ils discutent tous les deux mais je vois Portgas-Spade-san reculer quand j'approche pour parler à Akira. Derrière moi, Luffy-Kaizoku n'en finit pas de rire en tapant sur l'épaule de son frère. Est-ce que par le plus graaaand des hasards, la belle aux bouclettes noires aurait vendu la mèche sur mon cher papa ?

Je fais craquer mes poings et je vois Portgas-Spade-san tenter de passer à travers le mur.

- Tu sens les nouilles.

La voix claire d'Akira remballe mes envies meurtrières. J'agende donc l'assassinat de Portgas-Spade-san pour un autre jour et viens serrer mon amie dans mes bras.

- On rentre toutes les deux.

- Ouiiiiii !

Akira me rend mon étreinte et je regagne ma place tout en lançant des éclairs à Portgas-Spade-san.

Je planifie les prochains actes de torture quand la porte de la classe s'ouvre sur notre professeur.

Je suis sûre que je peux à présent sourire à travers ce masque de dragon.


Hello ! Nous revoici nous revoilà pour la suite de l'histoire principale ! Avez ces deux chapitres BONUS ont peu dire ça maintenant xD ! Les correspondants c'est toute une affaire et ça nous a bien fait marrer ! Merci d'être toujours là, on prend toujours autant de plaisir dans ce lycées de tarés ! Prenez soin de vous ! * bisous confinés