Chapitre 22

PDV Externe

Voilà une heure que le silence règnait. Une heure qu'une mouche titiallait la patience du docteur Fontaine dans son bureau. Une heure qu'il attendait que cette enfant dise enfin le moindre mot. Floireans Saunier était devenue une carpe.

Elle n'avait plus dit le moindre mot depuis qu'elle a découvert que Loïc et sa bande l'avait fait marcher. Loïc n'avait jamais piégé Fiona dans le passage maudit. Si Fiona ne s'était pas montré ce jour-là, c'était parce qu'elle était tombée malade. Nourrice Andréa avait appelé Sonia mais cette dernière avait oublié de le dire à sa fille. Profondément vexée et blessée, Floireans avait commencé par ne plus adresser la parole à sa mère estimant que si elle l'avait prévenu, Floireans ne se serait pas à nouveau fait internée. Le docteur Fontaine se déplaçant tous les deux jours à Rennes pour aller la voir, avait vite remarqué qu'en fait Floireans ne parlait vraiment plus du tout.

Aujourd'hui encore elle ne disait rien.

Le docteur Fontaine soupira profondément.

-Floireans, dit-il enfin. Je pense que tu devrais parler. T'ouvrir. Tes parents sont inquiets pour toi.

Floireans ne dit rien mais ne pensa pas moins que c'était une bonne blague. Ses parents la voyaient comme une folle à lier et se rejetaient mutuellement la faute de son comportement.

-Floireans. J'ai discuter avec tes parents. Je sais que tu ne te plais pas ici. D'ailleurs ce n'est un endroit pour quelqu'un de ton âge. Tu viens d'avoir neuf ans. Tu aurais dû le fêter avec tes amis et tes parents. Même si je sais qu'en ce moment ce n'est pas vraiment facile avec eux.

Floireans se retint de dire qu'elle n'avait pas d'amis à part Fiona. Et encore Fiona pensait qu'elle étudiait les bonnes manières dans une école prestigieuse. Quant à ses parents, ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne se séparent définitivement.

-Tout ça pour te dire, que tu n'as pas vraiment ta place ici. Ton comportement n'a rien de violent et tu es devenus posée et calme. Tu n'as pas d'être coupée du monde. Le mieux pour toi est justement de t'ouvrir aux autres. J'ai donc décidé avec tes parents qu'il est grand temps pour toi de retourner à l'école dès la rentrée. Je me suis renseigné auprès de ton école et normalement, tun'as plus aucune raison de te battre. Loïc Le Luyer est parti dans la capitale avec ses parents. Tu ne le reverra plus. Mais je suis d'accord avec toi. C'est une vraie tête à claque. Bref fais-moi une promesse. Tu ne mettra plus les pieds dans une institut au moins jusqu'à la fin de tes années à l'école primaire.

Cette promesse sortie quelques instants Floireans de sa torpeur. Elle leva la tête et une détermination naquis dans ses yeux. Elle acquiesça au plus grand plaisir du psychiatre.

-Enfin tu es revenue parmi nous. Bien je te promets qu'en septembre tu retournera à Elsamaa.

Ce fut la seule approche qu'il eut avec elle.

Tandis que Floireans réapprenait peu à peu à se contrôler, une autre personne n'en menait pas large dans son combat contre ses pulsions. Lohan Lebesque avait été plus que satisfait quand l'incident de la cours lui avait été rapporté. Il n'était pas là ce jour-là. Il accompagnait les CP à la piscine à Suga. Cependant il se mordit les doigts quand il s'aperçu que Floirean avait été exclu pendant une semaine.

-Franchement par moment je me demande à quoi ça sert d'essayer de s'opposer à des familles comme les Guillaume et les Saunier, râla la directrice Adénor Martin en buvant son café.

-Il s'est passé quelque chose ? Demanda Maelys Le Braz.

-Les Guillaume ont envoyé leur prodige à Paris et Floireans est retournée au centre.

-Au centre ? Fit interloqué Lohan Lebesque ne comprenant pas trop se qu'elle racontait.

-C'est vrai que tu n'étais pas là, approuva Adénor Martin.

-La petite Floireans, révéla Maélys LeBraz, a été agressé un soir il y a deux ans. Ayant été traumatisé, elle a subi un suivi psychologique. Hors il se trouve qu'il n'était pas fameux.

-Pour faire simple, répondit la tante de l'institutrice des CM2, Floireans a été internée en hôpital psychiatrique pendant plusieurs mois. Là elle y a été de nouveau envoyé. Mais évitez de répandre ça. Cette une affaire assez délicate. La version officielle est que Floireans est dans une pension pour corriger son tempérament.

Un sourire sadique se dessina sur les lèvres de Lohan Lebesque. Les deux femmes ne virent rien.

Comme promis, Floireans pu retourner à Elsamaa. Judwal et Sonia étaient contents d'entendre dire que leur fille n'avait pas sa place en institut spécialisée mais qu'il fallait veiller sur ses crises d'angoisse. Ils étaient persuader que leur fille allait redevenir ce petit ange lumineux qu'elle était autrefois et briller.

Faux.

Bien que Floireans n'avait plus de pensée suicidaire et de tendance à la violence, elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Elle mangeait peu, ne souriait plus, ne parlait presque plus, en tout cas plus du tout aux adultes. Bien que ses notes soient toujours aussi exceptionnelles, Floireans ne participait plus en classe. Elle ignorait tout adulte et restait tout le temps avec Fiona ce qui avait le don d'exaspérer le corps enseignant. Elle s'arrange pour ne jamais être seule en tête à tête avec les professeurs.

En restant toujours avec Fiona, Floireans bénificiait également de la protection des garde-du-corps. Gauthier Guillaume n'avait pas eu le choix d'accepter la requête de sa petite-fille. Il avait essayer de montrer de manière subtile que Floireans n'était rien de plus qu'un chien. Curieusement, Fiona n'avait pas vraiment un esprit calculateur et ni très subtile. Elle était surtout soupe au lait, s'énervant conre tous ceux ce mettant en travers de leur chemin.

Fiona manifesta son enthousiasme pour les chanteurs. Un jour elle invita Floireans à passer l'après-midi chez elle, et elle lui avait montrer la danse d'une des chansons de Lorie. Elle avait aussi enchaîné avec des chansons de Jennifer. Mais ce qui avait le plus interpeller Floireans était le groupe allemand Tokio Hotel. Dès que Fiona lui montra un de leur clip, Floireans fut fasciner par cet univers.

Alors que l'année de CM1 passait, les élèves, sans leur chef, se lassèrent des brimades au vu de la non réaction de Floireans. Ce qui était drôle était de voir leur bagarre à la fin de journée, mais maintenant que Loïc Le Luyer était parti et que Floireans n'avait plus rien d'amusant, les élèves se contentaient de l'ignorer.

Lohan Lebesque tentait néanmoins de maintenir allumer l'animosité. Plus il essayait, plus c'était en vain et plus il bouillonnait. Il avait alors tenté de faire en sorte de se retrouver seule avec elle comme avant.

-Il y a beaucoup de jeunes élèves fasciné par les arts, dit-il une fois lors d'une réunion avec les instituteurs de la maternelle et du primaire.

-C'est vrai qu'il y a eut une hausse des inscriptions à l'atelier de dessin, argumenta Maelys Le Braz.

-Nous avons donc eut l'idée d'augmenter la tranche d'âge, continua Lohan Lebesque encouragé par les propos de sa collègue.

La directrice Adénor Martin tapota son menton en pleine réflexion. Puis elle sourit.

-Je sais que les élèves qui sont inscrits à cet atelier y tiennent beaucoup et souhaite pouvoir y rester. Et ça c'est grâce à votre excellent travail à tous les deux. Mais je ne pense pas que se soit une bonne idée.

Les espoirs de Lohan Lebesque se brisèrent en mille morceaux.

-Pourquoi ça ? Demanda Maelys Le Braz.

-Voyez-vous, il a toujours été que seuls les élèves de trois à six ans pouvaient y participer. Cet atelier est un petit tremplin pour éveiller leurs inspirations et leurs voix. C'est aussi un moyen de leur montrer un petit aperçu de ce qu'est qu'avoir une passion. Imaginez. Un enfant de trois ans se découvre une véritable passion pour le dessin et la peinture. Généralement tous les enfants aiment le dessin à cet âge. Puis en grandissant soit il développe son talent, soit il le laisse tomber. Mais si cet enfant est véritablement passionné, ce n'est pas en restant avec des enfants en bas âge qu'il progressera. Imaginez un enfant de dix ans suivre le même enseignement que celui qui a trois ans ? Il aura le sentiment d'être lésé et prit pour un idiot.

-Oui peut être, mais si comme tu dis, ma tante, contre attaqua Maelys Le Braz, que cet enfant développe une vraie passion pour les arts, ne serait-ce pas judicieux de l'encourager dans cette voie plutôt qu'y mettre fin à six ans ?

-A six ans, il est difficile pour un enfant de savoir si c'est vraiment ce qui lui plaît. Mais je vais t'apprendre une chose, pour les enfants aimant les arts, arrivée au collège ils peuvent intégrer des clubs en adéquations avec leurs capacités.

-Ils doivent donc attendre cinq ans avant de reprendre ce qui leur ait cher !

-Faux. Pourtant je pensais que depuis le temps de ton arrivée à Elsamaa tu serais au courant. Chaque samedi, le commité des associations organise des ateliers de créations allant du simple dessin au crayon à pirogravure et pour tout âge.

-Les parents n'ont pas forcément les moyens financiers...

-C'est gratuit, la coupa la directrice. Ce sont des activités mises en place pour rapprocher les villageois. Et même si je devais accéder à cette demande, est-ce que vous auriez la possibilité de vous occuper d'une cinquantaine d'élèves allant de trois à six ans juste tous les deux ? Vous avez affaire à des primaires, les maternelles demandent bien plus d'attention comme vous l'avez constater à l'atelier. Je n'ai personne pour vous aider.

-Peut-être que les parents, commença Lohan Lebesque n'aimant pas ce qu'il était en train d'insinuer.

-Hors de question, répliqua d'un ton catégorique Adénor Martin. L'atelier est comme l'école, un endroit où on apprend à se débrouiller sans ses parents. Ce n'est pas une sortie scolaire où on a besoin de garder les enfants à l'œil.

Le débat fut clos. L'atelier restera le privilège des enfants de trois à six ans.

Pour la classe de CM1 un voyage à Paris est organisée sur trois jours. Cependant les élèves à problèmes devaient avoir une entrevue avec les parents et l'instituteur pour voir s'il pouvait venir. Foireans ayant déjà un dossier long comme son bras en matière de retenues et de bagarres fut donc convoqué avec ses parents.

Assez vite, les adultes se rendirent compte que Floireans ne présentait aucun intérêt pour ce voyage et risquait surtout de faire des crises sans que personne ne puisse l'aider. Ainsi Floireans fut privée de sortie seulement parce que personne ne se sentait capable de lui donner son inhalateur à temps. Fiona maudit les adultes en l'apprenant et décida de faire boycotter la sortie.

La chose qui ressortait fréquemment sur son carnet de liaison était le manque d'attention de Floireans pour tout ce qui n'était pas Fiona, le dessin et les histoires fantastiques et également son mutisme. Les seules notes qui étaient misérables étaient en chant alors que c'était en groupe, elle ne faisait même pas l'effort pour faire semblant. Il y avait aussi en récitation, où elle se mettait à paniquer dès qu'elle était seule au tableau face à ses camarades. Floireans finissait automatiquement dehors pour se calmer avec de la ventoline.

Ces épisodes n'influencèrent cependant pas ses autres résultats scolaires ce qui lui permit de passer tranquillement l'année de CM1. Puis arriva son anniversaire.