Bonjour à tous !
Comment allez-vous ? J'espère que vous êtes tous bien confinés chez vous et que vous et vos proches ne sont pas malades.
Je vous avoue, j'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre. Tout d'abord, l'inspiration avait du mal à venir. Et puis, depuis que je suis confinée chez moi, c'est pire... Je fais du home office et j'ai du mal à dissocier mon espace de travail à mon espace pour l'écriture (qui est le même). Du coup, je n'ai pas écrit un seule ligne pendant toute une semaine. Mais aujourd'hui, grâce à un groupe de travail sur le Discord organisé par JustPaulInHere, je me suis motivée et j'ai fini ce chapitre qui me donnait beaucoup de mal.
J'espère que vous allez l'apprécier. Il n'est pas parfait et j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.
A partir de demain, je m'organiserai un peu mieux pour reprendre l'écriture de façon journalière et je devrais pouvoir vous proposer un nouveau chapitre dans une semaine.
A noter : la dernière fois, je vous ai dit qu'il restait 3 chapitres. Mais avec celui-ci, il en restera plutôt 4... désolée !
Très bonne lecture !
PS : Ah, et entre la publication de ce chapitre et celui d'avant, j'ai dépassé les 10.000 vues sur cette histoire ! Merci beaucoup pour votre fidélité ! Cela me touche énormément !
Chapitre 28 - Et après ?
Sarah s'endormit à côté de Muskogee et se réveilla quelques heures plus tard.
Severus était penché sur elle et avait une tasse de café à la main. Elle ne put empêcher un mince sourire s'étirer sur ses lèvres. Il savait déjà comment lui faire plaisir le matin. Quand elle se releva, elle se rendit compte qu'une couverture était posée sur elle. Apparemment, le professeur de DCFM l'avait trouvée dans l'enclos et lui avait donné un minimum de confort. Ses attentions firent palpiter le coeur de Sarah et elle le remercia chaleureusement lorsqu'elle prit la tasse fumante qu'il lui tendait.
Dès la première gorgée, elle eut l'impression de se sentir plus légère. Elle renifla la boisson et sut que Severus avait ajouté une potion d'énergie. La professeure regarda autour d'elle et vit que les Sombrals s'étaient finalement réveillés pendant son sommeil. Les créatures ne semblaient pas avoir souffert du poison qu'ils avaient inhalé (Sarah pensait à un empoisonnement car elle ne voyait aucune autre explication) et broutaient à divers endroits de l'enclos. Muskogee s'était également éloigné pour trouver de quoi se nourrir.
Sarah voulut se lever afin de rajouter de l'herbe dans le petit enclos de la Sombral femelle mais elle s'aperçut que de la nourriture avait été rajoutée pour elle dans un coin. Elle était sûre que c'était encore l'oeuvre de Severus.
- Merci, lui dit-elle en sirotant son café.
Celui-ci s'était assis à ses côtés et buvait également sa propre tasse de café.
- Vous avez pu interroger l'un des malfaiteurs ? demanda-t-elle.
- Oui mais il a fallu que j'attende la police magique française et les Aurors internationaux, répondit-il d'une voix lasse.
Sarah le regarda. En effet, le professeur semblait ne pas avoir dormi de la nuit. Ses traits étaient tirés. Mais ses yeux étaient toujours alertes et particulièrement brillants. Elle le soupçonnait d'avoir pris un tonique ou une autre potion afin de rester éveillé.
- J'ai eu la chance d'interroger Morteau ! lança-t-il, ironiquement, d'un air pincé.
- Vraiment ?
- Oui.
- Il vous a tout raconté ?
- Non, quasiment rien… il n'a pas apprécié me voir, je l'ai senti dans son regard. Il ne m'aime pas et c'est réciproque. D'ailleurs, on s'est plutôt mal quittés…
- Comment cela ? Vous ne lui avez quand même pas lancé un sort ?
- Non… mais si j'avais pu, je lui aurais bien fait subir quelques maléfices de ma propre invention…
Sarah le dévisagea. Severus semblait mécontent.
- Il a voulu négocier avec moi mais je lui ai dit que je n'étais pas en mesure de diminuer sa peine. Finalement, à force de persuasion, il m'a révélé que lui et son groupe avaient endormi les Sombrals et que les créatures se réveilleraient dans quelques heures. Il m'a assuré qu'ils ne leur avaient fait aucun mal.
Il renifla.
- Bien sûr, il n'a avoué aucun autre de ses méfaits ! Il voulait minimiser ses actes. Je lui ai quand même parlé de l'affaire du champagne.
- Pourquoi en avoir parlé ? Il a été disculpé !
- Oui mais je suis certain qu'il a mis quelque chose dans votre verre !
- Et que vous a-t-il dit ?
Severus resta pensif quelques instants.
- Rien, soupira-t-il finalement.
Subitement, il changea de sujet.
- Comme te sens-tu ?
- Oh, ça va, un peu fatiguée mais ce café est revigorant ! Merci !
- Minerva a annulé les cours de ce matin. Une réunion exceptionnelle a été organisée par Madame Maxime.
- Nous allons devoir y aller ?
- J'irai. Vous, vous reposerez !
- Mais je souhaite y aller ?
- Dans deux heures, vous serez interrogée par la police française.
- Oh.
- Reposez-vous d'ici là !
Sarah le dévisagea quelques instants mais ne dit rien et acquiesça seulement.
À part les Sombrals, ils étaient seuls dans l'enclos. Elle en profita pour se rapprocher de lui et poser sa tête contre son épaule. Le professeur la laissa faire.
L'affaire des Sombrals resta LE sujet des élèves et professeurs présents à Beauxbâtons pendant plusieurs jours.
Le professeur Morteau n'avait pas totalement menti à Sarah. Il avait été marié pendant quelques années et avait divorcé. Il avait eu quelques démêlés avec la justice mais rien de bien grave. Toutefois, quelques professeurs de Beauxbâtons, comme Alban Giraud, le soupçonnaient de tramer dans des activités louches. Mais l'enseignant en cinq ans à Beauxbâtons n'avait jamais été soupçonné de quoi que ce soit.
Sarah apprit bien plus tard que l'homme travaillait de façon souterraine pour des réseaux d'importation et d'exportation illégale de créatures magiques. Sa fonction de professeur de Créatures Magiques avait été la couverture idéale. Olivier Morteau avait accès à de nombreuses espèces. Et certaines créatures si elles passaient entre ses mains pouvaient disparaître du jour au lendemain sans que personne ne s'en rendent compte. Il était extrêmement discret.
Sarah pensa aux créatures de la deuxième épreuve du Tournoi. Le professeur Morteau était chargé de s'en occuper. Elle espérait sincèrement qu'il ne les avait pas revendues et qu'elles étaient saines et sauves.
Pour les élèves de Beauxbâtons, la nouvelle fut un choc car l'enseignant était très apprécié. Même s'il était un malfaiteur, il avait été un bon professeur de Créatures Magiques. Dès le lendemain de l'affaire, Madame Maxime reçut de nombreux hiboux de la part de parents d'élèves mécontents. Néanmoins, elle géra la situation de façon transparente : après la réunion extraordinaire réunissant tous les directeurs et professeurs (sauf Sarah qui était interrogée par la police magique française), elle avait fait une allocution devant tous ses élèves et avait raconté l'affaire, ce qui avait coupé court à toutes les spéculations. Un professeur remplaçant avait également été trouvé dans les 48 heures afin de ne pas perturber les cours et les étudiants.
Sarah se demanda pourquoi le français avait décidé d'agir cette nuit-là et pas une autre. Cette question resterait un mystère. De plus, qu'aurait-il fait avec un ou plusieurs Sombrals ? Quand elle posa la question à Severus, il lui expliqua que ces créatures étaient rares et pouvaient se vendre chères vivantes et encore plus en petits morceaux. Il semblait que certaines parties du corps des Sombrals étaient utilisées pour des potions de vitalité dans des pays d'Afrique ou d'Extrême Orient. L'enseignante défaillit en entendant cela. Son Muskogee avait failli finir découpé et envoyé par bout à des acheteurs avides de morbide ou pour elle-ne-savait-quelle superstition ! Car en tant que potionniste confirmée, à part le crin de Sombral, elle savait qu'aucune autre partie de l'animal pouvait être utilisée dans une potion.
Heureusement, Severus avait eu une bonne intuition cette nuit-là et avait placé un sort d'alarme. Sarah n'aurait pas entendu le cri de Muskogee si elle n'avait pas été réveillée et présente dans le couloir de son wagon. Elle se rendit compte que le sixième sens des Sombrals n'était pas qu'une légende et décida de leur faire plus confiance à l'avenir.
Les Sombrals furent très peu perturbés par l'affaire. Dès le lendemain, ils couraient et volaient comme à leur habitude dans leur enclos. Et le surlendemain, ils étaient aptes à transporter les élèves et les professeurs de Poudlard. Mais Sarah décida de leur laisser deux jours de plus afin qu'ils se reposent. En attendant, la délégation de l'école britannique allait à Beauxbâtons grâce au carrosse de l'école française, affrété pour l'occasion.
La Sombral qui attendait un petit n'eut aucun soucis de santé et son bébé était bien au chaud dans son ventre. L'accouchement n'était prévu qu'en février de l'année d'après. Les Créatures seraient toutes revenues à Poudlard d'ici là et seraient remises au bon soin d'Hagrid.
Bien que ébranlés par toute cette histoire, tous les élèves reprirent leurs cours rapidement.
Jenna s'entraînait d'arrache-pied. Harry avait demandé l'aide de Severus pour entraîner la Championne aux Duels. Même s'il ne savait pas en quoi consisterait la troisième épreuve, le jeune homme savait d'expérience qu'elle serait plus difficile que la deuxième. Les faiblesses de la jeune fille en DCFM étaient évidentes et Jenna devait absolument s'améliorer dans ce domaine si elle voulait gagner. Severus avait accepté, non pas pour faire plaisir à Harry (en tout cas, il se montra particulièrement désagréable lorsque le jeune homme lui avait fait cette demande), mais pour aider la Championne.
Sarah se demandait toujours quel genre de relation les deux hommes entretenaient. Harry n'avait pas été perturbé par le ton sarcastique du professeur et avait même souri. Elle savait que Severus avait longuement été amoureux de la mère de l'ancien Champion, qu'il avait protégé son fils après la mort de celle-ci et qu'il avait même été prêt à donner sa vie pour lui. Pourtant, il ne semblait pas vouloir de son affection. Pour quelles raisons ? Les deux hommes ne s'ignoraient pas quand ils se voyaient. Mais Sarah sentait toujours une tension émanée de Severus. Quant à Harry, il faisait des efforts pour se rapprocher du professeur, tentant de lui parler à chaque fois qu'il le pouvait.
Elle n'abordait plus de sujets sérieux avec Severus. Ce dernier se fermait comme une huître dès qu'elle s'approchait d'un thème dont il ne voulait pas discuter. Même après presque deux mois de relation secrète, elle ne le connaissait pas beaucoup plus, ce qui était exaspérant et surtout frustrant. Finalement, ils ne passaient pas beaucoup de temps ensemble. Ils ne se retrouvaient que certaines nuits dans la semaine et parlaient peu dans ces moments-là. Ils prenaient parfois leur petit-déjeuner dans l'intimité d'une de leur chambre mais cela n'arrivait que très rarement. Ils ne voulaient pas que leur relation soit découverte et l'absence trop fréquente de deux professeurs dans la salle à manger du Poudlard Express ne pouvait rester inaperçue.
Les semaines passèrent et les entraînements de Jenna s'intensifièrent.
Un matin de fin d'avril, la jeune Championne fut conviée avec les deux autres Champions dans l'anti-chambre attenante à la Salle de Réception par le jury, les directeurs des trois écoles, les trois anciens Champions ainsi que les délégués des Ministères. La salle était bondée. Stanislav Ivanoff leur présenta la troisième épreuve. Celle-ci consisterait à une course de randonnée dans les Pyrénées, chaîne montagneuse entourant l'école française. Le test ne semblait pas compliqué au premier abord mais le président du jury leur confirma que le chemin vers la ligne d'arrivée serait semé d'embûches et de situations qui requerraient de grandes capacités magiques. L'objectif était d'arriver le premier en haut de la montagne pour récupérer la coupe du Tournoi des Trois Sorciers qui serait, cette fois, gardée par une équipe d'Aurors. Il n'était pas question que l'objet soit transformé en portoloin illégal.
Maintenant qu'ils savaient en quoi consistait la dernière épreuve, les Champions n'avaient plus qu'à se préparer en conséquence. Jenna était loin d'être une sportive et Minerva l'obligea à courir pendant une heure tous les deux jours, au grand dam de la jeune fille. Les sorciers, d'une manière générale, avaient tendance à mettre de côté l'effort physique. Pour la motiver, la directrice imposa la même routine physique à ses autres élèves, accompagnés d'un professeur. Certains rechignaient à la tâche comme les éternelles fouineuses, Emma et Mary, qui ronchonnaient dès la première occasion mais d'autres souhaitaient motiver la Championne et montraient l'exemple. Sarah décida de courir avec Jenna, même les jours où elle n'était pas censée le faire. Premièrement, elle manquait d'efforts physiques et deuxièmement, elle aimait être en compagnie de ses élèves dans ces moments de cohésion.
Quand la professeure de Potions avait pour la première fois vu Severus en jogging noir, elle avait failli pouffer de rire. Mais elle s'était retenue, voyant le regard noir de son amant. C'était bien la première fois qu'elle voyait l'enseignant dans une autre tenue qu'en pantalon noir, chemise blanche et veste noire de sorcier. Bien sûr, les fois où elle le voyait nu ne comptaient pas.
Le voir courir avait de quoi être perturbant. Elle ne savait comment il faisait mais le professeur n'était jamais en sueurs, même après une heure de course. Elle se demanda s'il ne se lançait pas un sort exprès. Quand elle courait, Sarah soufflait comme une bicorne, était aussi rouge qu'une écrevisse et suait à grosses gouttes. Cela n'avait rien de glamour.
Elle se rendit vite compte que Severus restait toujours populaire auprès des jeunes filles. Elle avait eu bien sûr quelques aperçus lors de ses anniversaires ou de la Saint Valentin mais voir ses étudiantes courir derrière lui, le suivre à la trace et surtout glousser à son passage avait de quoi être perturbant. Quand elle les voyait faire, elle grognait dans son coin, tentant de maintenir tant bien que mal leur rythme. Il était hors de question qu'elle se laisse distancer. Elle voulait tenir à l'œil ces élèves particulièrement collantes. De son côté, Sarah était encouragée par les jeunes hommes qui eux s'agglutinaient autour d'elle (elle était une professeure populaire, surtout auprès de la gente masculine) mais elle aurait préféré courir au même niveau que son cher et tendre.
La relation entre les deux professeurs se compliqua quelque temps plus tard.
Tout d'abord, il y eut le cas d'Emma et de Mary.
Les deux élèves surveillaient toujours tout ce que faisait la professeure de Potions. A trois reprises, Sarah avaient dû les mettre en retenue car elle les avait surprises à veiller plus tard que le couvre-feu. La dernière fois, elles avaient tenté d'accéder dans la voiture des professeurs. Toutes deux étaient persuadées qu'il se passait des choses louches dans ce wagon. Non, vraiment ?
Ces deux-là ne manquent pas de flair, pensa Sarah en surveillant Emma et Mary. Ces dernières, un air dégoûté sur le visage, étaient en train de ramasser à la pelle des crottes de Sombrals dans leur enclos. Assise dans un coin, la professeure de Potions, en bonne diablesse des cachots, les observait avec un mince sourire sur les lèvres, tout en peaufinant sa manucure avec l'aide de sa baguette. Elle ne savait pourquoi mais en venant enseigner à Poudlard, et surtout, depuis qu'elle était en France, elle était devenue moins conciliante avec ses élèves. Était-ce l'influence de son cher et tendre ? Sarah sourit intérieurement mais son sourire se crispa légèrement. Ne devait-elle pas rester la gentille de l'histoire ?
- Professeure, cela fait déjà deux heures que nous ramassons cette merde… lança Emma d'une voix plaintive, sortant Sarah de ses questionnements intérieurs.
- Votre langage, Miss Wilson ! la réprimanda l'enseignante, d'une voix qui se voulait froide.
Emma soupira. Elle était en sueurs. Ramasser des crottes de Sombrals pour les mettre dans un seau pas plus haut qu'une bouteille d'eau de 2 litres, puis, les transporter dans un coin de l'enclos était une activité plutôt fatigante… et très sournoise ! Sarah devait se l'avouer… En un coup de baguette, elle aurait pu faire disparaître toute cette bouse.
- Cela fait deux heures que nous ramassons ces crottes de Sombrals. Quand devrons-nous arrêter ? se lamenta Emma.
- Quand vous aurez fini ?
- Mais cela va nous prendre encore cinq heures, Professeure ?
- Eh bien, nous verrons ! Je dois vous faire passer l'envie d'aller fouiner dans la voiture des professeurs. C'est une attitude malpolie, d'autant plus que vous l'avez fait à des heures où vous n'auriez pas dû être éveillée.
- Nous sommes sûrs qu'il se passe des choses ! lança Emma. J'ai entendu des bruits de porte une nuit.
Son amie, Mary, qui était autant en sueurs qu'elle, lui donna un coup de coude, lui intimant d'arrêter. Sarah releva la tête en haussant les sourcils.
- Cela va très mal finir pour vous si vous continuez dans ce sens, répondit-elle simplement.
- Mais je suis sûre d'avoir entendu une porte claquer il y a quatre jours, continua Emma sans tenir compte de la remarque de sa professeure. Je n'ai pas rêvé ! Et pourquoi étiez-vous réveillée ?
Emma ne sembla pas vouloir arrêter ses affirmations. Sarah soupira.
- Nous n'avons pas à vous justifier notre attitude, Miss Wilson. Et sachez que nous faisons des rondes alternées entre professeurs pour surveiller les wagons, surtout depuis cette histoire avec les Sombrals. Donc, maintenant, arrêtez vos insinuations. Elles sont fort mal venues, voire presque offensantes !
- Alors, il n'y a rien entre vous et le professeur Rogue ?
Sarah défaillit. Emma Wilson était une fouine et surtout, extrêmement clairvoyante. Néanmoins, la professeure de Potions ne se laissa pas faire.
- Si j'entends encore un son sortir de votre bouche, je vous mets en retenue jusqu'à la fin de l'année ! Maintenant, veuillez reprendre votre activité en silence !
Elle n'avait pas crié mais elle savait que les deux élèves avait compris qu'elle ne plaisantait pas. Elles reprirent leur travail en silence et ne dirent plus rien.
Sarah inspira profondément. Avait-elle été imprudente ? Certes, elle riait un peu plus gaiement ces derniers temps. Hermione lui en avait fait la remarque à leur dernière sortie. Elle évitait toujours d'observer Severus en public de peur que les personnes autour d'elle captent les regards langoureux qu'elle pouvait lui jeter (oui, car elle savait qu'elle ne pourrait pas s'en empêcher sinon). Pourtant, quand elle allait le rejoindre, elle lançait toujours un sort de révélation dans le couloir pour être sûre que personne n'était présent. Et ils étaient discrets en lançant des sorts de silence. Ils jouaient bien sûr à un jeu dangereux : si un élève ou même Aurora ou Minerva venait frapper à sa porte ou celle de Severus, ils pouvaient vite se rendre compte qu'ils n'étaient pas dans leur chambre respective ou qu'ils n'étaient pas seuls. Peut-être devraient-ils arrêter de se voir jusqu'à la fin de l'année comme le lui avait proposé son amant lorsqu'elle lui avait raconté la mise en retenue des deux élèves ?
Le soir-même, ce fut partagée que Sarah retrouva Severus à la table des professeurs dans la Salle de Réception de Beauxbâtons. Elle n'osait pas aborder le sujet des deux fouines à l'enseignant car elle n'était pas l'abri d'oreilles indiscrètes. Pourtant, parler la démangeait. Le professeur de DCFM se rendit compte de son état agité et l'interrogea sans dire un mot, d'un haussement de sourcil. Elle s'apprêtait à lui chuchoter quelques mots à l'oreille lorsqu'elle capta le regard de Rachel Fontaine qui était assise juste à la droite de Severus. Celle-ci était légèrement penchée vers lui et la regardait dans les yeux. Sarah se redressa et ne dit rien.
Cela faisait depuis quelques semaines que la professeure des Arts Moldus ne s'approchait plus de Severus. En effet, après la soirée à l'Abraxan Etoilé, elle avait été extrêmement discrète et ne lui avait pas proposé de nouveau rendez-vous. Sarah avait été étonnée par cette attitude mais Rachel s'était certainement rendue compte que Severus ne s'intéressait pas à elle. Pourtant, le regard intense qu'elle lui avait lancé la perturba.
Elle termina son dîner sans prononcer un seul mot. Quand elle s'apprêta à partir pour rejoindre le Poudlard Express, Rachel Fontaine la retint en l'agrippant par le bras. Elle fut surprise par ce geste mais devant l'insistance de la française, elle décida de la suivre.
- Ne m'attendez pas ! lança Sarah vers Severus et les autres élèves qui l'attendaient pour rejoindre le train.
Rachel l'entraîna dans un couloir éloigné de la Salle de Réfectoire. Elles arrivèrent dans une salle de classe vide.
- Que se passe-t-il, Rachel ? lui demanda Sarah, étonnée par le silence de la professeure.
- Je souhaitais vous parler en privé. Désolée de vous avoir presque "kidnappée", répondit la française légèrement désolée.
- Non, ça va.
- Nous n'avons jamais pris le temps de parler vraiment, n'est-ce pas ?
- Euh… qu'insinuez-vous ? fit Sarah, se sentant mal à l'aise.
- Bien sûr, nous avons déjà discuté ensemble de choses et d'autres mais je vous ai toujours senti distante envers moi…
- Non, ce n'est pas vrai, mentit-elle.
Rachel sourit et s'assit sur une chaise. Elle proposa à Sarah de s'asseoir à ses côtés. Celle-ci regarda longuement la chaise, elle n'avait pas tellement envie de discuter avec l'enseignante française. Elle ne la détestait pas mais elle ne l'appréciait pas non plus. Finalement, elle se décida et s'installa auprès d'elle.
- Ce n'est pas la peine de me mentir, Sarah, lui dit Rachel. Et nous savons toutes les deux pourquoi nous n'avons jamais été plus que de simples collègues.
Sarah se renfrogna. Elle n'aimait pas vraiment la direction vers laquelle la discussion se dirigeait. Elle croisa ses bras devant elle.
- Je n'ai pas besoin de le nommer, n'est-ce pas ? lança la française. Et ne me contredisez pas, s'il vous plaît ! J'ai compris depuis longtemps qu'il vous intéressait.
Rachel avait vu le mouvement que Sarah avait tenté pour démentir ses paroles mais elle l'arrêta d'un geste. La brune resta silencieuse.
- Enfin, nous allons pouvoir parler franchement, continua l'enseignante, un sourire sur les lèvres. Vous avez dû voir mon intérêt pour le professeur. J'avoue, Severus n'est pas l'homme le plus charmant qui existe mais il émane de lui un certain magnétisme, vous ne trouvez pas ? Il est très mystérieux, cela le rend encore plus attirant. Personnellement, il m'a beaucoup plu.
- Vous a beaucoup plu ? s'étonna Sarah.
- Oui, je parle au passé car j'ai bien compris qu'il ne s'intéressait pas à moi. J'ai bien vu votre jeu du chat et de la souris, vous n'arrêtiez pas de vous tourner autour !
- Non, pas vraiment…
- Soyez honnête, Sarah, s'il vous plaît ! Je le suis avec vous ce soir !
Sarah pinça les lèvres et laissa parler Rachel. Celle-ci n'avait pourtant pas dit ses paroles avec agressivité. Pourtant, l'américaine se sentit touchée.
- Mais cela a changé depuis quelques temps. Je m'en suis rendue compte car je vous observe tous les deux depuis mon rendez-vous avec Severus ! J'ai bien vu que quelque chose avait changé entre vous. Je pense que lors de cette soirée, vous avez atteint la limite de votre patience et vous avez enfin parlé avec Severus ! Bien sûr, tous deux, vous faites comme si de rien n'était. Vous vous évitez même. Mais je ne ressens plus aucune tension entre vous.
Sarah soupira. Malheureusement, Rachel avait vu clair dans leur jeu. Que devait-elle lui répondre ?
- Ne vous inquiétez pas, lança la française, comme si elle avait lu dans les pensées de Sarah. Je comprends pourquoi vous souhaitez être discrets sur votre relation. Ce n'est pas commun, deux professeurs ensemble. Cela fait jaser, n'est-ce pas ? Surtout si cela ne fonctionne pas.
Rachel inspira profondément.
- Vous savez, je vous envie vraiment !
- Euh… pourquoi ? demanda finalement Sarah.
- Car vous avez réussi à séduire un homme tel que Severus. C'est un homme si énigmatique. Vous avez gagné son cœur alors qu'il reste insondable.
- Hum… je ne suis pas tellement sûre de cela…
- Comment ça ?
- Severus reste un mystère pour moi aussi. Je ne sais pas grand chose des sentiments qu'il ressent pour moi…
- Vraiment ? Oui, cela ne m'étonne pas de lui. En tout cas, dès que je me suis rendue compte qu'il ne s'intéressait pas à moi et qu'il était plutôt attiré par vous, j'ai arrêté de lui courir après. Je n'aime pas me battre pour des causes perdues. Certes, je suis un peu frustrée mais voilà, il ne m'aime pas. En tout cas, j'ai voulu vous parler ce soir pour vous dire que vous n'avez rien à craindre de moi. Je ne tenterai plus de séduire Severus.
Sarah dévisagea Rachel. Elle tenta de lire sur son visage : disait-elle la vérité ? Elle avait l'air sincère. Finalement, la professeure de Potions se détendit.
- Merci, Rachel, dit-elle enfin. Merci de me parler aussi franchement.
- Mais je vous en prie !
Cette fois, la française lui lança un sourire franc. Sarah lui sourit également en retour.
- Maintenant, nous allons pouvoir repartir sur de meilleures bases, pas vrai ? lança Rachel.
- En effet.
Les deux femmes se quittèrent quelques minutes plus tard.
Sarah retrouva Muskogee qui l'attendait seul devant la grande entrée de l'école de Beauxbâtons. Elle le caressa avant de le monter et de partir en direction du Poudlard Express.
Quand elle arriva devant son compartiment, Sarah hésita. Elle n'avait pas prévu de voir Severus ce soir mais elle devait lui raconter ce qui s'était passé avec Emma et Mary, ainsi que Rachel. Elle ne pouvait pas laisser ces informations pour elle. Elle regarda autour d'elle et lança un sort de révélation dans le couloir. Personne n'était présent. Le wagon était particulièrement silencieux. Elle se posta devant la porte de Severus et toqua doucement. Il lui ouvrit quelques secondes après. Ce dernier n'avait pas l'air surpris de la voir et la fit entrer.
Sarah lança immédiatement un sort de silence et sans plus attendre, se jeta dans ses bras pour l'embrasser. Son cœur palpitait fort dans sa poitrine comme à chaque fois qu'elle était aussi proche de lui. Il ne la repoussa pas, acceptant son baiser et lui répondant en retour.
Elle le lâcha une minute plus tard avec regret.
- Nous devons parler, lui dit-elle simplement.
Il ne dit pas un mot et hocha simplement la tête. Il savait qu'elle était là pour lui parler de certaines choses. Il fit apparaître deux chaises ainsi qu'un verre de Xerès pour elle et un verre whisky pour feu pour lui.
Tout en sirotant son alcool, Sarah lui raconta les deux événements. Severus l'écouta en silence. Quand elle termina de parler, elle le regarda avec attente se demandant ce qu'il allait lui dire. Celui-ci resta silencieux pendant quelques temps.
- Il vaut mieux que nous arrêtions de nous voir, dit-il finalement.
Sarah sursauta. Elle ne s'attendait pas une décision aussi radicale. Son cœur se serra.
- Mais, Severus, en es-tu sûr ? demanda-t-elle, légèrement désespérée.
- Ce serait plus judicieux, je pense, dit-il d'une voix sérieuse. Si deux élèves ont des soupçons, il vaut mieux arrêter de se voir. De plus, Rachel a vu clair en nous. Nous devons être plus prudents.
Sarah fit la moue. Elle avait du mal à accepter qu'ils ne se voient plus. Déjà, elle n'était pas certaine des sentiments de Severus à son encontre. S'ils ne se voyaient plus, et ceci, pour une durée indéterminée, elle n'était pas sûre qu'il ait encore envie d'elle. Son ventre se tordit.
- Mais nous pourrions nous rencontrer moins souvent, tenta-t-elle. Nous serons plus discrets.
- Ce ne serait pas raisonnable, Sarah.
- Mais Severus… Je suis sûre que nous pourrions nous débrouiller… Et puis… finalement… si quelqu'un nous voyait, serait-ce si terrible que cela ?
Sarah avait lancé ces mots avec hésitation. Elle savait que Severus préférait leur discrétion. Néanmoins, elle avait besoin d'avoir plus de certitudes sur leur relation.
- Ce n'est pas ce qu'on avait prévu, dit-il. Sarah, soyons raisonnables. Nous ne savons pas dans quoi nous nous lançons. Je préfère que nous gardions cette relation pour nous. Si on nous découvre, nous allons devenir le sujet de conversation de trois écoles. De plus, on te montrera du doigt, on parlera dans ton dos, peut-être que des gens se moqueront de toi…
- Pourquoi ? l'interrogea-t-elle d'un ton revêche. Je n'ai pas honte d'être avec toi. Et ce que pensent les autres, je m'en contrefiche !
- Oui, j'imagine mais sache que cela pourrait avoir des conséquences néfastes pour toi. Et qu'en penserait Minerva ?
- Minerva n'a pas son mot à dire dans notre relation.
- Certes mais cela concerne néanmoins deux de ses professeurs venus l'accompagner pour le Tournoi. Et si cela ne marchait pas entre nous ?
Sarah se renfrogna. Elle ne savait pas pourquoi mais elle avait un mauvais pressentiment.
- Ce n'est pas si grave si cela ne fonctionnait pas… dit-elle faiblement.
- Vraiment ? Avec toutes ces personnes qui seraient au courant ? Notre relation n'est pas simple. Si en plus, nous devons nous expliquer, elle deviendra compliquée. Bref, je pense qu'il faut arrêter de se voir. Juste pour un temps. Histoire de tasser les choses. Attendons la fin du Tournoi.
Sarah regarda Severus dans les yeux. Il avait raison dans un sens. Mais cela signifiait presque deux mois sans se retrouver. C'était long. Finalement, elle capitula : elle sentait qu'elle ne réussirait pas à le convaincre.
- D'accord, lança-t-elle. Mais passons au moins cette nuit ensemble.
Severus eut un sourire en coin.
- Et arrête de faire cette tête ! lui dit-elle.
- Pourquoi dis-tu cela ? lui demanda-t-il, l'air de rien.
- Oh, je sais très bien à quoi tu penses !
- Et alors ?
- Arrête d'avoir l'air aussi satisfait !
Il éclata de rire, puis, se leva brusquement pour l'attirer contre lui. Surprise, Sarah tomba presque dans ses bras. Il la souleva et la transporta jusqu'à son lit.
- Mais…
- Chut !
Severus ne riait plus. Il l'avait allongée sur le lit et était désormais au-dessus d'elle se maintenant avec ses bras pour ne pas l'écraser. Il la regardait dans les yeux avec intensité. Sarah savait peu de choses sur lui mais quand il l'observait ainsi, elle avait l'impression de le comprendre parfaitement. Son cœur fondit. Cela faisait plusieurs semaines qu'ils étaient ensemble mais elle réagissait toujours comme au début de leur relation. Morgane, qu'elle le voulait !
Elle combla la distance qui la séparait de ses lèvres et l'embrassa sans plus longtemps.
Après leur étreinte passionnée, ils restèrent dans les bras de l'autre pendant un long moment, reprenant leur respiration. Sarah sentait encore son cœur palpiter dans sa poitrine. Plus les jours passaient, plus ses sentiments devenaient plus forts.
Dans un élan de passion, elle se redressa et le regarda dans les yeux. Elle ne sut pas ce qui lui passa par la tête à ce moment précis mais elle sentit que c'était le moment pour elle. C'était certainement trop tôt mais elle ne pensa pas un seul instant aux conséquences.
- Je t'aime, lui dit-elle.
Elle l'embrassa immédiatement sans attendre un retour de sa part. Quand elle se dégagea, elle le regarda à nouveau. Mais ce qu'elle vit la mit mal à l'aise. Severus ne souriait plus. Il la dévisageait le visage crispé. Son cœur manqua un battement. Qu'avait-elle dit ?
