Disclaimer : Je ne tire aucun bénéfice de l'écriture de cette fiction, si ce n'est un immense plaisir. Shingeki no Kyojin appartient à ce cher Hajime Isayama, et le scénario de cette fiction sort de ma tête. Il est donc un peu poussiéreux.
Bonsoir tout le monde, et non, vous ne rêvez pas. Voici bien un nouveau chapitre avec moins d'un mois d'attente. Ça faisait littéralement des années que j'avais pas réussi à poster aussi vite. Prions pour que ça dure, je vous dis ! A propos de ce chapitre : il s'y passe beaucoup de choses et on peut y trouver des indices capitaux pour le dénouement de l'intrigue. Je n'en dis pas plus, on se retrouve en bas avec le questionnaire. Pas de réponses aux reviews anonymes aujourd'hui puisque je n'en ai pas reçues. Bonne lecture !
Résumé du chapitre précédent : alors qu'Eren est confronté seul à un certain nombre de problèmes et d'inquiétudes – notamment une Christa méconnaissable qui semble s'être mis en tête de le séduire et un inconnu suspect qui le suit en voiture, – la période rouge commence au lycée : les consignes du concours se précisent et les examens blancs approchent. Le jeune homme se repose sur la présence de Levi dont la situation familiale s'améliore, comme l'avait promis Kenny, dans l'espoir de trouver un peu de réconfort. C'est sans compter sur le petit brun qui persiste à s'inquiéter pour Eren en apprenant l'une de ses mésaventures.
Chapitre 21 : De toutes les voies qui s'ouvrent à moi
Eren se tourna vers son voisin de table, devenu silencieux depuis plusieurs minutes.
« - T'as bientôt fini de faire la tronche ?
Levi fit mine de ne pas l'entendre, mais un coup de pied dans le tibia lui délia rapidement la langue. Poussant un grognement contrarié, il attendit que leur professeur d'histoire se retournât avant de répondre à voix basse :
- Je ne fais pas « la tronche ». Je suis agacé que tu ne prennes pas la situation plus au sérieux, c'est tout.
Eren soupira. Comme il s'y était attendu, il regrettait amèrement d'avoir confié au petit brun ses inquiétudes au sujet de l'étrange voiture qui l'avait suivi à Shiganshina. Levi avait semblé mettre l'anecdote de côté et l'avait relativement laissé en paix le reste du week-end mais dès le lundi matin, il était revenu à la charge – la journée du dimanche lui avait probablement trop laissé de temps pour ruminer tout ça – et cela faisait à présent plusieurs heures qu'ils se disputaient à voix basse, indifférents aux cours qui se succédaient devant eux. Si leur relative discrétion et leurs échanges stratégiques leur avaient permis de ne pas se faire remarquer, leur entêtement à rester sur leurs positions respectives rendait la conversation complètement stérile.
- Je ne suis pas sûr que tu te rendes compte de la situation. Tu as été suivi jusque chez toi par un étranger en voiture, ça t'inquiète pas plus que ça ?
- Tu te fiches de moi ?! s'étrangla-t-il. Je dois te rappeler qui s'est fait balafrer la face et a réagi comme s'il revenait de chez le coiffeur ?
Levi sembla hésiter en être amusé et exaspéré, mais étant qui il était, finit par choisir la seconde option.
- Justement. Ne fais pas la même erreur que moi. Sois plus prudent.
Pour toute réponse, le jeune allemand se détourna délibérément de son ami pour se concentrer sur leur professeur.
- Eren.
Son homologue tenta de lui arracher une réaction avec un léger coup de coude.
- Eren !
Alors qu'il allait vertement le rabrouer, on frappa à la porte de la classe. Sur invitation de leur enseignant, Annie fit son entrée dans la salle. Eren se redressa aussitôt, toute contrariété oubliée. Personne n'avait eu de nouvelles de la jeune fille absente depuis leur retour du voyage en Par cet, en dehors d'Armin qui avait dû se contenter de quelques messages évasifs évoquant une mauvaise gastro. Il ne doutait pas un instant que ce fût un mensonge, mais se demandait bien ce qui avait pu pousser la jeune fille à être absente si longtemps. Voilà qu'elle revenait à présent, comme si de rien n'était.
Vêtue d'un sweat gris informe et – chose rare – les cheveux détachés, elle tenait dans sa main un morceau de papier qu'elle posa sur le bureau du professeur. Ce dernier le lut attentivement avant d'acquiescer.
- Très bien. Puis-je savoir où est votre uniforme ? Je vous rappelle que le port de la tenue réglementaire est obligatoire. Enfin, ça ira pour cette fois. Allez-vous asseoir.
La jeune fille acquiesça silencieusement et traversa la salle pour aller s'asseoir au fond. Lorsqu'elle passa devant Eren, le jeune homme put enfin distinguer son visage dissimulé par les mèches de cheveux et retint un hoquet de stupeur. L'air fatigué, Annie arborait un à l'œil droit un hématome aux allures douloureuses qui ne pouvait pas dater de plus d'une semaine. Il ne fut pas le seul à s'en apercevoir : une vague de chuchotements se souleva sur son passage et plusieurs élèves se retournèrent pour l'observer.
- Silence. On se concentre sur le cours, s'il vous plait.
Mais Eren n'écoutait plus rien, l'esprit tournant déjà à toute allure. Qu'avait-il bien pu arriver à la jeune fille ? Était-ce un accident ? Avait-elle été agressée ? S'était-elle battue avec quelqu'un ? Si c'était le cas, certainement pas avec quelqu'un de Trost. Très peu d'élèves de cette école bon chic bon genre savaient réellement se battre, et de toute façon la plupart d'entre eux rechigneraient à lever le poing contre une fille, question d'éducation – ou de peur de l'humiliation, quand l'adversaire était du type de Mikasa. Il se décida à demander son avis à Levi.
- T'as vu ça ? lui souffla-t-il.
- Comme tout le monde, je crois.
- Qu'est-ce qui a bien pu lui arriver ?
Levi se tourna vers lui, sérieux.
- Je t'ai dit que cette fille avait de mauvaises fréquentations.
- Mais qu'est-ce que tu entends par là ? insista Eren.
- Je veux dire qu'elle traîne avec des gens qui la font tremper dans des affaires pas nettes.
Le petit brun acheva la phrase qu'il était en train d'écrire puis posa son stylo avant de jeter un regard discret derrière son épaule.
- Voilà comment finit toujours ce genre d'histoires, je suis bien placé pour le savoir.
Mais Eren, lui, était préoccupé par un autre problème.
- Attends, « pas nettes » à quel point ? Tu crois que c'est vraiment quelque chose de grave ?
- Ne recommence pas avec ça, je te préviens.
- Je te rappelle qu'elle traîne avec Armin. Et si jamais elle le met en danger ?
Levi sembla considérer sérieusement sa question.
- Je ne pense pas qu'elle ferait ça. Elle a l'air de beaucoup tenir à lui. Est-ce qu'ils se voient en dehors des cours ?
L'adolescent réfléchit un instant.
- Pas que je sache, finit-il par répondre.
- Il faut lui en parler, mais dans ce cas je ne vois pas trop ce qu'il risque.
Eren ne releva pas, sceptique. Il se retourna et chercha Armin des yeux. Assis à côté de Mikasa, le blond capta son regard et lui adressa un haussement d'épaules. Il avait l'air aussi troublé que lui. Reportant son attention sur le petit brun, il entreprit de le cuisiner un peu.
- Comment est-ce que tu sais qu'elle a de mauvaises fréquentations ?
Levi prit le temps de terminer sa phrase avant de répondre.
- Je tiens l'info de mes propres « mauvaises fréquentations ». Donc ça date un peu. Mais à une époque, on la voyait très souvent avec des gars de Stohess, un autre lycée pour expatriés beaucoup moins bien famé que Trost.
- Ouais, j'en ai entendu parler.
- Je me suis toujours demandé comment ça se faisait, d'ailleurs. Annie a toujours étudié dans les rangs de Trost, d'aussi loin que je me souvienne. Ses parents doivent être quelqu'un – dans un milieu ou un autre, j'imagine. Pourtant elle n'avait pas d'amis, ici. Elle était très seule. Quand Berthold et Reiner sont arrivés, elle a commencé à rester avec eux et j'ai pensé qu'elle avait coupé les ponts avec ses anciennes relations. On dirait que je me suis trompé. Et on sait jamais, avec ces types-là. Un jour ils t'adorent et le lendemain ils te cassent la gueule.
Il y eut un instant de silence durant lequel ils réfléchirent à ce que Levi venait de raconter.
- Ou alors, elle est juste tombée dans les escaliers, proposa Eren.
Les deux garçons se regardèrent. Difficile d'avaler ça.
- Je vais sérieusement parler à Armin, décida le jeune allemand en rebouchant fermement son stylo. Il faut pas qu'il reste là-dedans.
- Ah ouais ? Tu es sûr que c'est une bonne idée ?
- Comment ça ?
- Je ne sais pas, fit Levi, espiègle. Tu ne penses pas qu'il va t'accuser de le couver, de le prendre pour un bébé et de ne pas lui faire confiance ?
- Pourquoi il ferait ça ?
- Tu le fais bien avec moi, toi.
Eren poussa un soupir agacé.
- C'est pas pareil… C'est Armin ! Il n'est pas comme moi…
Il voulut développer mais ne trouva pas comment exprimer son idée et en fut réduit à battre l'air de ses mains, exaspéré. Cela attira l'attention de leur enseignant qui les regarda d'un air suspicieux, les faisant se pencher sur leur feuille.
- En effet, reprit Levi d'une voix plus basse. Il est plus réfléchi que toi, plus prudent et bien moins tête brûlée. C'est clair que c'est lui l'urgence, ici…
- D'accord, d'accord, j'ai compris !
Poussé dans ses retranchements, il chercha en vain un moyen de lui faire comprendre son point de vue.
- Tu aimerais que je te couve comme ça, moi ?
Le petit brun secoua aussitôt la tête pour balayer son argument.
- Moi, c'est encore autre chose.
- Tiens donc !
- J'ai l'habitude de me débrouiller tout seul. Toi, tu as toujours eu Mikasa pour sauver la baraque quand tu allais trop loin.
Cette fois-ci, le jeune homme ne chercha même pas à répondre. C'était peine perdue : il ne parviendrait jamais à leur faire réaliser à quel point il souffrait d'être sous-estimé ainsi. Il n'était qu'Eren, l'imbécile heureux qui fonçait tête baissée et qui s'imaginait toujours que le danger ne pouvait pas l'atteindre. Il était donc faible, et à placer dans la case des « à protéger ». Cela faisait d'autant plus mal qu'il avait conscience du fond de vérité dans les propos de son compagnon. Il était clair qu'il ne tenait pas la route face à Levi et Mikasa.
Il sentit quelque chose lui effleurer la main et la retira brusquement.
- Je ne serai jamais rien d'autre qu'un incapable à vos yeux, n'est-ce pas ?
Levi eut d'abord l'air choqué, ses beaux yeux noirs légèrement agrandis, puis sembla prendre progressivement conscience de quelque chose. Il ne prit la parole qu'au bout d'un instant :
- Il y a une chose que tu n'as pas comprise, Eren. On ne te traite pas comme ça parce que qu'on ne te pense pas capable de te protéger seul. Tu es courageux et tu as plus de ressources que tu ne le soupçonnes toi-même, c'est une certitude.
- Que –
- C'est la peur qui nous fait agir, la peur de ce qu'on deviendrait s'il t'arrivait du mal. C'est une chose qu'on ne veut avoir à découvrir pour rien au monde. Alors rien ni personne ne m'empêchera de veiller sur toi. Pas même…toi.
Si Eren ne perdit pas son air renfrogné, quelque chose à l'intérieur de lui s'adoucit. L'espace de quelques secondes, un souvenir remonta à la surface de sa mémoire : il revit Mikasa, toute petite fille croyant passer inaperçue, entrouvrir chaque nuit la porte de sa chambre pour vérifier qu'il était bien là. Il s'était juré qu'il ne la laisserait plus jamais avoir peur comme ça. Il était évident qu'il avait échoué, et le remord lui serra les entrailles.
Sous la table, il effleura la main de son compagnon.
- Je te demande de me faire confiance. Si j'avais des raisons solides de penser que je risque quelque chose, j'en parlerais. Mais là, il est question d'une bagnole qui s'est arrêté devant chez moi… C'est ridicule. J'ai d'autres priorités alors ne crions pas au feu s'il n'y a même pas de fumée. »
Levi hocha la tête à contre cœur, et pour le moment, le sujet fut clos.
XXX
Levi était très mécontent de sa journée.
Le petit brun était arrivé au lycée d'une humeur massacrante après avoir passé le week-end à s'angoisser et à ruminer ce qu'Eren lui avait raconté. Il n'avait quasiment pas dormi, n'avait rien avalé de la matinée, se trainait des cernes virant au noir et s'était montré particulièrement odieux avec Erwin lorsque celui s'était inquiété en le voyant arriver– pour ne finalement se calmer qu'au contact d'Eren.
S'en était suivi une matinée passée à se disputer avec le jeune allemand – qui avait décidé d'être parfaitement hermétique à ses inquiétudes – qui n'avait fait que braquer Eren avant de n'aboutir qu'à sa pitoyable capitulation. Et pour couronner le tout, il n'avait rien écouté aux cours.
Ce fut donc de fort méchante humeur qu'il retrouva Petra à la bibliothèque en début d'après-midi, à la faveur d'une heure de permanence et pendant que la classe B avait cours de son côté. L'endroit était quasiment désert et il y faisait une chaleur étouffante. Il repéra Petra assise à l'une des tables centrales, occupée à travailler ses cours d'allemand. Elle leva les yeux et son visage s'éclaira lorsqu'elle le vit s'approcher et prendre la place vide à côté d'elle.
« - Tu tombes à pic, déclara-t-elle, ce truc est en train de me rendre folle. Il faut que je mette la main sur Eren pour qu'il m'aide.
La jeune fille repoussa sa feuille d'un geste exaspéré et croisa les bras. Amusé, Levi jeta un œil à son travail.
- Je crois qu'il y a un problème avec cette partie de la phrase, signala-t-il au bout d'un moment. Il faudrait plutôt de l'accusatif, non ?
Son amie le regarda avec des yeux ronds.
- Depuis quand tu comprends l'allemand, toi ?
Il haussa les épaules.
- A force d'écouter Eren quand il est au téléphone, je saisis quelques trucs. Et puis, quand il est vraiment très en colère, il a tendance à parler allemand sans s'en rendre compte.
- Oui, c'est vrai qu'il le fait.
Lorsqu'il leva les yeux de la feuille, Petra était en train de le dévisager d'un air attendri.
- Quoi ?
- C'est mignon.
La jolie rousse ne put que s'esclaffer devant la noirceur du regard que son ami lui lança. Elle rangea soigneusement ses cours d'allemand dans son sac avant d'en sortir une petite liste qu'elle posa sur la table.
- Alors… l'histoire et les sciences, c'est bon. Est-ce que tu pourrais me prêter tes notes de maths ?
- Bien sûr, pour quoi faire ?
- C'est pour Auruo, je vais lui faire passer les cours qu'il a manqués.
Elle cocha une nouvelle ligne sur sa liste et lui lança un regard triste.
- Tu te rends compte de toutes les absences qu'il a ? Il avait déjà raté des cours avant les vacances et voilà que ça recommence…
Levi s'appuya sur le dossier de sa chaise et réfléchit, les sourcils froncés. En plus de ses absences à répétition depuis leur retour de Paris, Auruo ne leur donnait quasiment plus aucune nouvelle de lui, et les rares fois où il était avec eux, se montrait étrangement distant. Au début, Levi avait mis ce comportement sur le compte de ce qui s'était passé avec Petra pendant le voyage et avait interprété ça comme un besoin de s'éloigner. Mais à présent, il commençait à s'inquiéter.
- J'ai peur que la situation ait empiré, chez lui, souffla la jeune fille.
Elle l'implora du regard de la rassurer, mais il ne put que confirmer ses craintes.
- Avec son père qui se retrouve au chômage, il y a des chances que ce soit ça.
C'était une chose que tout le groupe de Levi savait ou avait deviné avec le temps : les parents d'Auruo étaient sévères. Trop sévères. Trop sévères, et parfois violents. Récemment, son père avait démissionné de son travail et en attendant de trouver autre chose, passait le plus clair de son temps à domicile, ce qui avait certainement contribué à envenimer la situation. Levi se sentit soudain coupable de ne pas s'être plus occupé du sort de son ami, trop absorbé qu'il était par sa relation avec Eren.
- Je passerai le voir dans la semaine, ne t'inquiète pas.
Petra hocha la tête.
- Levi… Tu crois que c'est de ma faute ?
Surpris, il posa sa main sur la sienne.
- Bien sûr que non. Tu as le droit de mener ta vie comme tu l'entends, Petra. Tu n'es responsable de rien, je te le promets. »
Son amie apaisée, il entreprit de travailler ses cours de chimie. Au bout de quelques minutes cependant, il sentit des bras se glisser autour de ses épaules et un souffle chaud sur sa nuque.
« - Qu'es'tu fais, belle brune ? »
Le jeune homme poussa un soupir et lâcha son stylo, abandonnant tout espoir de pouvoir étudier en paix, tandis que Hanji allait s'asseoir de l'autre côté de la table, accompagnée de Erd et Gunther.
Le petit groupe échangea quelques banalités agréables : certains d'entre eux, après tout, avaient à peine eu le temps de se parler depuis la rentrée et avaient un grand nombre de choses à se raconter. Levi apprit ainsi qu'Erd avait décroché une bourse pour poursuivre ses études aux Etats-Unis, ce à propos de quoi ses amis le félicitèrent. Gunther, lui, avait passé ses vacances en Australie avec ses parents, où il avait rencontré une jeune fille autochtone avec laquelle il avait accroché. Ils flirtaient par mails depuis son retour.
« - Je ne sais pas trop ce que ça donnera, expliqua-t-il en souriant. J'espère avoir autant de chance que Petra et son français.
La petite rousse rougit violemment lorsque les regards narquois se posèrent sur elle.
- Oh, tu sais, il n'y a pas de quoi en faire tant d'histoires, répliqua-t-elle. C'est vrai qu'on s'envoie toujours des messages, mais c'est définitivement un simple copain. Il s'est trouvé une copine dans son lycée, juste après Noël.
Pris par surprise devant l'annonce et viscéralement concerné, Levi vit rouge.
- Oh, le con !
- Il ne faut pas le voir comme ça, répondit-elle paisiblement. Les relations à distances sont assez contraignantes. Après réflexion, je ne suis pas sûre que j'en aurais voulu. Et puis on s'apprécie comme ça, sans forcément chercher plus. C'est tout ce qui compte, non ?
Comme Levi continuait fulminer à côté d'elle, elle lui saisit le bras.
- Il m'a apporté ce que je voulais au moment où j'en avais besoin. Maintenant que je suis plus sereine, les choses ont trouvé leur dénouement naturel. Sois tranquille.
Il poussa un grognement et s'affaissa sur son siège.
- Il a vraiment de la chance d'habiter de l'autre côté de la planète.
Ses amis s'esclaffèrent légèrement, puis sa réflexion sembla rappeler quelque chose à Erd.
- D'ailleurs… Est-ce que vous avez vu Annie, ce matin ?
- Tu veux dire, est-ce qu'on a vu son œil ? Difficile de faire autrement.
L'ensemble du groupe émit une vague d'approbation et le petit brun se redressa.
- On dirait que les gars de Stohess se sont rappelés à son bon souvenir, déclara-t-il.
- Doucement… Elle s'est peut-être seulement cognée sur quelque chose, proposa Petra.
- Eren a dit la même chose, tout à l'heure.
- Aaah, la naïveté… chantonna Hanji, s'attirant un regard noir de l'autre fille.
Ils argumentèrent un moment sur le pourquoi du comment de la blessure d'Annie, et finirent par arriver aux mêmes conclusions qu'Eren et Levi avaient trouvées quelques heures auparavant.
- En tout cas, dit Erd à Levi, entre elle qui se ramène avec un œil au beurre noir et toi qui te fais lacérer la face, le lycée va commencer à s'inquiéter.
A ces mots, Hanji et Petra tiquèrent et échangèrent un regard.
- Et bien ils ne sont pas au bout de leurs peines, les informa la première.
- Comment ça ?
Petra rapprocha sa chaise et se pencha vers ses interlocuteurs. Levi jeta un regard circulaire sur la pièce pour vérifier leur environnement. La documentaliste les observait d'un air suspicieux, mais en dehors de ça, l'endroit était quasiment désert à l'exception d'une poignée d'élèves installés devant les ordinateurs à l'autre bout de la bibliothèque.
- C'est Sasha qui nous a raconté ça tout à l'heure, poursuivit la petite rousse. Elle avait cours de sport ce matin, en même temps que l'équipe de football. Elle s'est changée à côté d'Ymir dans les vestiaires, et elle nous a raconté qu'apparemment, Ymir était couverte d'hématomes.
Les deux garçons qu'elle avait en face d'elle semblèrent légèrement déçus.
- Je ne vous parle pas du genre de bleus qu'on se fait en se cognant contre un meuble. Elle était couverte d'hématomes.
- Si elle revenait de l'entrainement, ça n'a rien de surprenant, opposa Gunther.
Mais Erd semblait à présent réfléchir, les sourcils froncés.
- Ça ne colle pas, dit-il. Ce sont les périodes d'entrainement de fond et de musculation, pas de matches…
- Tu penses qu'elle a été passée à tabac par quelqu'un, elle aussi ? demanda Levi à Petra.
- Que veux-tu que ce soit d'autre ?
Il y eut un instant de réflexion collective.
- Elle s'est peut-être battue avec Reiner, suggéra Hanji. Après tout, il lui a pris Christa.
- Ça non plus, ça ne tient pas debout, répliqua son amie. Pourquoi maintenant et comme ça ?
Le silence retomba tandis qu'ils méditaient tous sur ce qui venait d'être dit.
Levi, pour sa part, coinçait. Il ne savait que très peu de choses à propos d'Ymir. Cela dit, toutes ces agressions survenant en même temps constituaient une coïncidence pour le moins louche. Était-il possible qu'elles eussent été commises par le même auteur ? Mais pour quelle raison et qu'est-ce qui pouvait relier toutes ces personnes entre elles ?
- Ça y est, j'ai la migraine, gémit Petra en se passant une main sur le visage.
- Alors là, j'avoue que je suis hors course, déclara Erd. Je ne connais pas assez Ymir pour savoir le genre de problème qu'elle peut avoir.
A ces mots, Levi soupira.
- Ça suffit. Tout ça n'est sûrement qu'un effet du hasard, alors arrêtons de nous prendre pour des apprentis détectives. Petra et Eren ont raison. Annie s'est sûrement pris une porte de placard et Ymir a dû se faire un match amical musclé ce week-end.
Ses amis ne semblèrent pas mécontents que la question se réglât de cette façon. Le mois de février serait une période de grand stress et chacun avait mieux à faire que d'aller creuser dans les affaires louches de camarades qu'il connaissait à peine. Levi aussi, pour sa part, avait d'autres préoccupations plus urgentes. On s'empressa donc de changer de sujet, et la conversation s'orienta bientôt vers le planning de révision que ses amis s'étaient établi.
Néanmoins, tandis que Gunther échangeait ses cours de sciences avec Hanji, Levi se pencha discrètement vers Petra et lui souffla :
- Gardons un œil sur ces filles. »
Petra hocha simplement la tête, l'air sérieux.
XXX
Les jours s'écoulaient lentement au rythme des révisions. Le planning, ce mois-ci, était tel que les deux classes furent souvent séparées et Eren se languit rapidement de ses amis et de Levi. Durant le peu de temps qu'ils partageaient ensemble, il ne pouvait que remarquer que le rythme adopté depuis la rentrée affectait peu à peu le moral des troupes. Ils arrivaient le matin en grelottant de froid, enchainaient les heures dans une atmosphère anxieuse et repartaient le soir bien après la tombée de la nuit pour s'enfermer dans leurs chambres. Ce mode de vie, s'il n'était compensé par rien, ne tarderait pas à tous les déprimer complètement. Aussi, malgré tout le travail qu'ils avaient, le jeune allemand s'arrangeait toujours pour obliger tout le monde à trouver un moment pour se retrouver. Ne serait-ce que le temps de boire un verre, ou même d'effectuer les trajets à pied ensemble.
Secrètement, il attendait impatiemment ces occasions de se réfugier dans la chaleur rassurante de la présence de ses amis et, l'espace de quelques heures, mettre de côté toutes les choses qui le préoccupaient. Ces moments étaient pour lui plus précieux que jamais : à ses yeux, rien au monde n'égalait la mélodie du rire de Petra ou les cris furieux de Jean qui réprimandait Sasha et Connie, ni les yeux illuminés de sa sœur ou bien le sourire discret de Levi lorsqu'il promenait son regard sur ce joyeux chaos. Armin et Hanji prenaient souvent quelques photos pour immortaliser ces instants, dont il exigeait immanquablement une copie.
En les observant, Eren parvenait difficilement à se souvenir de qui il était à l'époque où il n'avait pas tout ça.
Un soir, après une journée de cours particulièrement harassante, le jeune allemand décida de proposer à tout le monde une sortie improvisée à la fête foraine. Contre toute attente, il fit l'unanimité : sa sœur se chargea de relayer l'invitation et tout le monde convint d'un lieu de rendez-vous où se rejoindre.
Il était dix-huit heures lorsqu'Eren et Mikasa pénétrèrent dans le par cet se rendirent au pied de la grande roue pour attendre les autres. Il faisait nuit noire malgré l'heure raisonnable et l'endroit était bondé. Petra et Hanji, qui se trouvaient déjà sur place, leur firent de grands signes en les apercevant.
« - Hello la compagnie ! s'écria Hanji avant de les rejoindre en sautillant.
Mue par son évidente inclination pour les individus taciturnes, elle sauta au cou de Mikasa et l'enlaça chaleureusement. Eren s'esclaffa devant l'expression de sa sœur, pas très éloignée de celle que font les chats lorsque quelqu'un éternue devant eux.
- Levi n'est pas avec vous ? demanda-t-il à Petra après l'avoir embrassée sur la joue.
- Il sera là dans une minute, répondit-elle. Il est tombé sur quelqu'un que nous connaissons.
Sur ces mots, Jean, Armin et Marco émergèrent de la foule et ce dernier sembla bien trop heureux de trouver d'autres compagnons. Tandis que tout le monde se saluait, il s'approcha discrètement de Mikasa et se mit à lui faire la conversation avec une telle ferveur que pour la première fois, Eren commença à se questionner sur la véritable nature de leur relation.
- Vous êtes sûrs que c'était une bonne idée de sortir ce soir ? s'inquiéta Armin. On a un examen anticipé demain, je vous rappelle.
- Comme si tu n'avais pas déjà tout appris par cœur, soupira le jeune allemand d'un ton exaspéré.
Petra vint poser une main rassurante sur l'épaule du blond.
- Eren a eu une bonne idée. Ça nous fera du bien de nous vider la tête.
- C'est dommage que Christa ne soit pas là, fit soudain remarquer Marco. Elle aurait bien besoin de se changer les idées, elle aussi. Quelqu'un sait pourquoi elle n'est pas venue ?
Eren déglutit avec difficulté, inquiet à l'idée que quelqu'un découvrît sa supercherie. Fuyant la jeune fille comme la peste depuis leur dernière rencontre, il avait insisté pour être chargé de la contacter et de lui transmettre l'invitation – ce qu'il n'avait évidemment pas fait.
- Elle avait cours de violon, inventa-t-il sur un coup de tête. Vous savez bien à quel point elle y tient…
Là-dessus, Connie et Sasha – qui pleurnichait déjà à propos d'une barbe à papa – arrivèrent à leur tour, et il ne manqua plus que Levi. Eren s'éloigna de quelques mètres pour le chercher du regard et finit par l'apercevoir au milieu de la foule. Le brun était en train de discuter avec une jeune fille qu'il reconnut vite comme étant Nanaba, l'étudiante rencontrée au café. Elle parlait avec animation et Levi l'écoutait attentivement, hochant régulièrement la tête.
Du coin de l'œil, il vit Petra s'approcher de lui.
- Je le vois, signala-t-il. Il est avec Nanaba.
La jeune fille acquiesça.
- Elle aussi devait retrouver des amis ici, alors ils ont fait le trajet ensemble.
- Elle vit à Trost ?
- Oui. Pas très loin de chez Levi, en fait.
Il se tourna vers elle, curieux.
- Tu la connais depuis longtemps ?
- Non, je l'ai rencontrée cette année à des cours supplémentaires d'italien. C'est quelqu'un de remarquable. Elle est très gentille, et très drôle. Et crois-moi… Ce n'est pas tous les jours facile pour elle. La pauvre…
- Comment ça ? »
La jeune fille se contenta de lui sourire. Il poussa un soupir indulgent : en langage Petra, il savait pertinemment que cela revenait à une gentille façon de lui demander de se mêler de ses affaires.
Finalement, Nanaba effleura cordialement le bras de Levi avant de disparaitre parmi les autres visiteurs. Eren fut légèrement surpris de voir Levi accepter d'être touché de la sorte, par une quasi inconnue de surcroît. Cela dit, il pouvait comprendre : il y avait quelque chose de reposant chez cette fille. Le petit brun la regarda s'éloigner, puis se tourna dans leur direction et les repéra. Il les rejoignit rapidement et salua Eren en lui ébouriffant les cheveux.
« - Je vous ai fait attendre –
- Comment allait Nanaba ? l'interrompit Petra. J'espère qu'elle viendra vraiment à la soirée entre filles que j'organise avec Hanji…
- Je l'ai trouvée plutôt intéressée, tenta de la rassurer Levi alors qu'Eren se recoiffait en râlant.
Alors que la jeune fille allait renchérir, l'air sceptique, leurs amis semblèrent commencer à s'impatienter.
- Venez ! cria Connie tandis que tout le monde se dirigeait vers la file d'attente de la grande roue.
Ils rejoignirent le reste du groupe et Jean, qui poussait Armin devant lui, leur demanda :
- On va tous faire un tour de grande roue, vous venez ?
Eren devina l'accès de stress de Levi sans même avoir à le regarder.
- La grande roue ? Vous avez quoi, cinq ans ? se moqua-t-il pour couvrir son petit ami. On part de notre côté, rejoignez-nous quand vous avez fini votre petit tour.
Jean lui fit un geste grossier de la main tandis que Petra se faisait enrôler par Hanji, et Levi et Eren se retrouvèrent seuls. Les deux garçons observèrent le manège tourner lentement pendant quelques secondes, puis le jeune allemand se tourna vers son compagnon :
- Tu te souviens de notre tête-à-tête au London Eye ? lui glissa-t-il sur le ton de la confidence.
Le petit brun lui jeta un regard blasé.
- Si tu crois que c'est avec ça que tu vas me convaincre de monter là-dessus…
Eren éclata de rire et, passant un bras autour des épaules de Levi, l'entraina dans la foule.
- Viens, on va voir la maison hantée. »
La maison hantée consistait en un petit parcours parsemé d'effets sonores, d'acteurs mal payés et d'animatroniques qui selon Eren n'auraient pas effrayé un nourrisson, mais ils passèrent tout de même un moment amusant. L'attraction commença par un court trajet en wagon électrique qui les fit passer successivement dans un décor de cimetière, de forêt et de marécages. Un groupe de filles s'était installé derrière eux et poussait des hurlements stridents au moindre bruit, les mettant malgré eux dans l'ambiance. Lorsqu'une chauve-souris en plastique percuta Levi en pleine figure puis s'accrocha dans ses cheveux et qu'Eren, hilare, l'aida à s'en libérer, elles se mirent toutes à glousser d'un air entendu. Après ça, le train s'arrêta pour laisser place à une partie à pied où elles entreprirent de les suivre – à la fois pour se rassurer et pour se rincer l'œil, supposa Eren – mais ils parvinrent à se débarrasser d'elles lorsqu'elles furent prises en chasse par un acteur déguisé en momie qui les fit changer de chemin.
Alors qu'ils traversaient un couloir obscur agrémenté de faux squelettes et d'étoffes crasseuses qui pendaient du plafond, Levi saisit la main d'Eren et lui dit :
« - Tu sais ce que ça me rappelle ?
- Non, mais je sens que ça va me plaire, ironisa ce dernier.
- La fête d'Halloween de Trost où tu as fini enfermé dans un cabanon de jardin –
- Je le savais ! s'indigna Eren en poussant son ami qui éclata de rire.
Le petit brun se rapprocha de lui et lui donna un coup d'épaule joueur.
- Ça a été la meilleure édition que j'ai jamais connue, s'esclaffa-t-il.
Eren lui jeta un regard en coin.
- Tu pouvais pas me supporter, hein ? Qu'est-ce que tu as dû prendre ton pied en me voyant dans cette situation…
Son compagnon fit mine de réfléchir avant de répondre :
- Ouais.
Ils rirent de bon cœur puis il rajouta :
- Et pourtant, je suis quand même venu te chercher.
- Tu avais trop peur de Petra.
- Le jour où tu verras de quoi elle est capable, tu comprendras.
Eren ricana, puis le silence se rétablit quelques minutes. Au loin, ils entendaient régulièrement les filles hurler et rire. Leurs cris se rapprochaient peu à peu. Avisant l'air rêveur de l'autre garçon, il lui demanda :
- A quoi tu penses ?
- A tout le chemin qu'on a fait.
Levi lui jeta un regard clair qui lui alla droit au cœur. Il y avait dans ses yeux une sorte d'impatience, et au bord de ses lèvres des mots qu'il semblait sur le point de prononcer sans y parvenir. Eren se demanda de quoi il pouvait bien s'agir. Sous son blouson en cuir, le brun portait le sweat vert émeraude qu'il affectionnait tant. Le saisissant par la taille, il le rapprocha de lui et ils marchèrent jusqu'au bout du couloir. Il donnait sur une pièce vide à l'éclairage lugubre et aux airs d'abattoirs qu'ils traversèrent en slalomant entre les faux sacs de viandes, pour arriver à ce qui s'avéra être la sortie.
- Wow, qu'est-ce que c'était nul, commenta Levi, faisant rire Eren. Viens, j'ai soif.
Ils s'approchèrent du premier stand de confiseries qui se présentait et le jeune allemand commanda deux canettes de soda.
- C'est bizarre, fit-il en remerciant le serveur qui les lui tendit, les autres ne sont toujours pas là ?
Les deux garçons s'assirent sur le rebord d'un bassin d'eau pour envoyer un message à leurs amis. Eren saisit l'une des canettes et entreprit de l'astiquer avec une serviette en papier tandis que Levi le regardait faire, l'air abasourdi.
- Mais qu'est-ce que tu fais ?
- Ben, je te la nettoie, répondit-il sur le ton de l'évidence. Je commence à te connaître.
Sur ces mots, il tendit la canette à son compagnon qui la saisit d'un geste mécanique sans le quitter des yeux, visiblement choqué.
- Eren ?
- Oui ?
- Il faut le faire avec du désinfectant, sinon ça ne sert à rien.
Son compagnon ouvrit sa propre canette d'un air exaspéré.
- Si le service te convient pas, tu peux éventuellement le faire toi-même.
- Eren ?
- Quoi ?!
- Je t'aime.
Le concerné s'étrangla avec la gorgée qu'il était en train de boire et fut saisi d'une quinte de toux qui ne s'apaisa que lorsque Levi lui frappa le dos. Ses yeux en pleurèrent et il crut qu'il allait cracher ses poumons mais n'y prêta pas vraiment d'attention : avait-il rêvé ce qui venait de se passer ? L'individu le plus secret et le plus impitoyable qu'il eut jamais rencontré venait-il réellement de lui faire une déclaration aussi abrupte ? De nombreuses incertitudes se bousculaient dans sa tête, mais toutes laissèrent très vite place à une constatation béate : Levi l'aimait assez fort pour éprouver le besoin de le lui dire. Cette soirée était officiellement la plus belle de sa vie.
Lorsqu'il se fut calmé, il leva des yeux qu'il espérait attendrissants vers son petit ami.
- Tu crois que tu pourrais le dire encore une fois ?
Le petit brun sourit avec indulgence et lui asséna une pichenette sur le nez.
- Non. Je le redirai le jour où tu le mériteras à nouveau.
- Sale enfoiré, laissa-t-il échapper, faisant s'esclaffer Levi.
- Et bien, ça y va, les mots d'amour ! ironisa la voix d'Hanji.
Les deux garçons tournèrent la tête en même temps pour découvrir la jeune fille qui s'approchait d'eux, suivie par le reste du groupe.
- Il y a quelque chose qui ne va pas ? demanda innocemment Petra. Vous avez le visage rouge, tous les deux.
Elle vint poser sa main sur le front de Levi mais il se dégagea, agité. Jean fut manifestement incapable de se priver de cette occasion d'agacer Eren.
- Alors Jaeger, t'as couru ? Ça faisait si peur que ça, la maison hantée – Aouch ! »
Il se tourna vers Armin en se frottant le bras, l'air contrarié.
La soirée se poursuivit dans cette atmosphère d'insouciance momentanée dont ils profitèrent autant qu'ils le purent. Hanji insista pour s'arrêter au stand de tir où Connie remporta une peluche pour Sasha – et Mikasa une pour Marco – ce qui déclencha un torrent de larmes chez la jeune fille aux lunettes qui ne se calma que lorsque Levi consentit bien malgré lui à lui en décrocher une à son tour. Ils déambulèrent ensuite dans les allées, affublés de peluches respectivement en forme de donut, de Totoro et d'extra-terrestre. Les lumières multicolores dansaient autour d'eux, les effluves de sucreries leur faisaient tourner la tête et ils parvenaient à peine à se comprendre au milieu des cris à la fois de joie et de terreur. Malgré la froideur de la nuit, ils avaient si chaud qu'ils en enlevèrent leurs manteaux.
Et Eren sentait qu'il était invincible, que rien ne pouvait lui arriver.
Ils prolongèrent ce moment aussi longtemps que leur sens des responsabilités les laissa le faire – enchaînant les tours de manège, les jeux de chance et les arrêts aux stands de nourriture – mais le moment de se quitter finit fatidiquement par arriver. Alors que tout le monde se saluait, Eren aperçut distinctement Marco, à l'écart du groupe, embrasser sa sœur sur la joue. Le dragon de l'instinct de protection lové dans ses entrailles poussa un léger grognement, mais s'apaisa vite. Marco ne pouvait pas être une menace pour sa sœur, n'en avait ni le dessein, ni le pouvoir. Il se contenta donc de détourner les yeux, rapidement happé de nouveau par ses propres émotions.
Durant tout le temps que dura le trajet du retour jusqu'à chez eux, les lumières continuèrent de danser dans la tête d'Eren et dans son cœur, les yeux noirs qui lui murmuraient « je t'aime » dansaient avec elles.
XXX
Le lendemain matin, se lever fut particulièrement difficile. Lorsque le réveil de Petra sonna, il lui fallut une bonne quinzaine de minutes pour arriver à s'extirper de son lit. Elle commença par lire les messages qu'elle avait reçus – un de Levi, plusieurs d'Erwin et à son grand regret, toujours aucun d'Auruo – puis finit par sortir de sa chambre pour aller saluer ses parents et se préparer.
Fin prête, elle s'engagea sur le chemin du lycée et fut rapidement rejointe par Levi, qu'elle trouva particulièrement fatigué.
« - C'est ce foutu examen que j'ai révisé toute la nuit, expliqua-t-il en baillant lorsqu'elle le lui signala.
La jeune fille bailla à son tour.
- Je sais que tu mens, mais je suis trop crevée pour me battre avec toi.
Ils marchèrent dans un silence confortable un moment, puis Levi reprit :
- Erwin est allé voir Auruo, hier soir.
Cela fit l'effet d'une douche froide à Petra qui ouvrit de grands yeux, à présent parfaitement réveillée.
- Alors ? demanda-t-elle d'un ton inquiet.
- Il dit que ce n'est pas la grande forme, mais qu'il n'est pas dans un état aussi inquiétant que ce qu'on s'imagine.
- Ça ne me rassure pas du tout.
- Il dit qu'il ne devrait pas tarder à revenir en cours.
La jolie rousse leva les mains devant elle avec exaspération.
- Il a déjà dit ça au début de la semaine !
Ils tournèrent à l'angle de la rue du lycée et Levi lui jeta un regard en coin.
- Pourquoi tu n'irais pas le voir ?
Elle se raidit aussitôt.
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée.
- Bien sûr que si. Il sera très content.
Comme elle ne répondait pas, il ajouta :
- Je pense que tu lui manques.
Rien de tel pour faire culpabiliser Petra. Elle se devait cependant d'avouer que sa complicité avec le timide garçon lui manquait, ainsi que la relation qu'ils avaient avant qu'elle ne se mît en tête de crever l'abcès des non-dits. Était-il vraiment possible de récupérer ce qu'elle avait gâché ?
Comme pour mettre un terme à cette réflexion, ils arrivèrent devant les grilles du lycée. Il était encore tôt et l'endroit était quasiment désert, à l'exception de quelques rats de bibliothèque et sportifs motivés.
- Je vais y réfléchir, répondit-elle à moitié sincèrement et à moitié pour être tranquille.
Levi sourit, satisfait, et l'embrassa sur la joue.
- Je vais grimper un peu. A tout à l'heure. »
Petra le regarda partir, puis sa hâta de rejoindre leur bâtiment. Il ne faisait pas particulièrement froid ce matin-là en raison du ciel couvert, mais elle avait prévu d'effectuer quelques-unes de ses tâches de déléguée avant le début des cours. Lorsqu'elle arriva dans la salle de classe A, la jeune fille vérifia que le ménage avait été correctement fait par les responsables de la veille. Elle arrangea un peu les rideaux, tria des papiers et ouvrit la fenêtre pour aérer. Tandis qu'elle commençait à sortir ses affaires, une odeur très identifiable commença lentement à envahir l'atmosphère : celle de la fumée d'une cigarette. La rouquine soupira. Elle ne savait que trop bien d'où venait le problème. Immanquablement, un élève était en train de fumer sur le toit. Agacée, elle se leva et sortit de la classe d'un pas décidé pour aller prendre le fautif la main dans le sac. Elle grimpa les escaliers et ouvrit brusquement la porte qui donnait sur le toit.
Ymir, qui se tenait appuyée contre le grillage, une cigarette aux lèvres, se redressa brusquement à son arrivée fracassante et lui jeta un regard surpris avant de la reconnaître.
« - Tu m'as fait peur, lança-t-elle en se réappuyant contre la grille. J'ai cru que c'était Shadis ou un truc du genre.
Elle avait jeté son blouson négligemment sur son épaule et son chemisier était déboutonné deux boutons de plus que le règlement ne l'autorisait. Petra croisa les bras d'un air sévère.
- Il est interdit de fumer dans l'enceinte du lycée.
- Y a des chances, fit Ymir en exhalant une bouffée de fumée.
- Ymir ! Eteins cette cigarette, allez !
- Et si je ne veux pas, qu'est-ce que tu vas faire ?
- Te coller un avertissement, qu'est-ce que tu crois ?
- Tu m'en verrais bien embêtée, ironisa la jeune fille.
La petite rousse sentit sa réserve de patience s'amenuiser. Elle commençait à avoir froid et n'avait pas de temps à perdre avec les élans de rébellion de l'une des championnes d'absentéisme de la classe B. Cependant, malgré le peu d'intérêt qu'elle portait à ses études et à son avenir, malgré son indifférence totale à l'égard du règlement et malgré son attitude souvent nonchalante, Ymir avait son respect. C'était une fille dépourvue de mesquinerie, et foncièrement honnête. Il émanait d'elle une assurance qui forçait l'admiration et jamais Petra ne l'avait vue commettre le moindre acte de méchanceté gratuite. Aussi, elle méritait – et plus que la plupart – qu'on s'inquiétât pour elle.
- Ça suffit. Si tu ne fais pas ce que je te demande, je vais devoir te dénoncer et tes parents seront avertis.
Elle ne s'attendait certes pas à lui inspirer grand peur mais fut néanmoins vexée de la voir lui éclater de rire au nez.
- Oh, Petra, gentille petite Petra…
Ymir poussa un soupir indulgent, puis se pencha pour frotter son mégot contre le sol avant de le jeter à travers le grillage.
- Voilà. Ça te va, comme ça ?
La jeune fille poussa le vice jusqu'à venir ébouriffer les cheveux de son homologue muette, puis ramassa son sac et tourna les talons. Il y avait dans sa gestuelle quelque chose qui fit penser à Petra : « elle finira comme Kenny, si je ne fais rien ».
- Ymir ? l'appela-t-elle alors que sa camarade atteignait la porte.
- Oui, oui, je vais les reboutonner –
- Qu'est-ce que c'est que tous ces bleus sur toi ?
Ymir s'arrêta et se tourna vers elle, un sourcil haussé.
- Hein ?
- Tu es couverte d'hématomes.
La grande rousse hocha lentement la tête, l'air songeur.
- Tu es au courant que je suis quarterback, n'est-ce pas ? Ça ne ressemble pas à tes petits cours de tennis. C'est violent.
- Je suis sûre que tu mens, vociféra Petra.
Cependant, la jeune fille savait que c'était perdu d'avance. Elle s'y était mal pris, s'était montrée indiscrète et n'était de toute façon certainement pas le genre de personne à qui Ymir pouvait avoir envie de se confier en cas de problème. Elle réalisa qu'il aurait été plus intelligent de faire intervenir quelqu'un d'autre.
- Et sinon, ça t'arrive souvent de mater les autres filles dans les vestiaires ?
Alors que Petra s'étranglait dans ses propres protestations, Ymir s'approcha et, d'un geste assuré, vint remettre une mèche de cheveux derrière son oreille. Cela eut pour effet de la calmer immédiatement, et elle observa le visage de son interlocutrice devenir subitement sérieux.
- Si tu veux vraiment me rendre un service précieux, alors promets-moi une chose : si jamais il m'arrive quelque chose, veille bien sur Christa.
- Pourquoi t'arriverait-il quelque chose ?! s'affola aussitôt la jeune fille.
- Parce que la vie est imprévisible ? proposa Ymir en souriant. Promets-le-moi, Petra.
La concernée considéra un instant la situation, mais étant ce qu'elle était, finit néanmoins par répondre :
- Je veillerai sur elle comme je veille sur toi et tous les autres. Enfin, comme j'essaie de le faire, tout du moins…
Cette réponse sembla convenir à sa camarade, qui s'éloigna de nouveau pour s'arrêter derechef sur le pas de la porte.
- Une dernière chose : des gens dangereux se cachent parmi nous, alors fais attention. Tu t'es entourée d'amis fiables, garde-les près de toi et ne t'en éloigne pas. Surtout si tu as l'intention de continuer à te mêler des affaires des autres. »
Cette fois-ci, elle ne se retourna pas et disparut dans les escaliers, laissant Petra avec mille questions et plus aucune réponse.
XXX
De son côté, Levi s'était rendu dans le complexe sportif et avait décidé de s'échauffer en effectuant quelques tours de stade. La température était idéale et de toute façon, il n'aurait rien pu faire de beaucoup plus productif. Tandis qu'il courait à faible allure, longues foulées et respiration profonde, son esprit stagnait dans cet état de béatitude dont il n'arrivait pas à s'échapper depuis la nuit précédente.
Parfois, lorsqu'il prenait du recul pour considérer sa relation avec Eren, il avait l'impression que tout ça ne pouvait pas être vraiment à lui. L'espace de quelques minutes terrifiantes, il se disait qu'il était en train de vivre la vie de quelqu'un d'autre, et que cette personne pouvait surgir d'un moment à l'autre pour réclamer ce qui lui appartenait. C'était une peur irréaliste, une paranoïa qu'il avait toujours eue, en particulier en ce qui concernait le jeune allemand, et qui ne disparaitrait sûrement jamais complètement. Il s'y était fait. Mais avec le temps, cette crainte lui apparaissait de plus en plus dissolue, vaporeuse, tandis que sa vie gagnait en solidité et en consistance. Quand il se levait le matin, sa première pensée était « c'est là, c'est réel ». Il y prenait goût. La terreur viscérale que tout lui échappât serait éternellement présente, mais il ne se sentait plus aussi démuni face à cette menace. Et la nuit précédente, il avait pris conscience de cette évolution lorsque, pour la première fois depuis des années et des années, son cœur avait parlé à sa place. Après avoir passé la nuit à explorer ces nouvelles voies qui s'étaient illuminées dans son esprit, il commençait à apprécier cette acuité nouvelle à propos de son avenir et de lui-même.
Il lui faudrait du temps pour parvenir à faire lien entre qui il était et qui il pouvait désormais être, mais pour le moment, une certitude absolue composait la structure de cette métamorphose : il était prêt à tuer pour protéger tout ça et les personnes qui l'avaient rendu possible.
Lorsqu'il commença à transpirer et qu'il se jugea suffisamment échauffé, Levi rejoignit le gymnase dans lequel se trouvait le mur d'escalade. L'endroit était silencieux et les lumières éteintes, aussi fut-il surpris de découvrir qu'il n'était pas seul. Quelques appareils de musculation étaient alignés le long du mur opposé au pan d'escalade et Annie était assise sur l'un d'eux, en tenue de sport. En l'entendant arriver, elle abaissa la bouteille à laquelle elle buvait et lui jeta son éternel regard indifférent. Ils se saluèrent du même bref signe de tête et Levi s'assit sur un banc proche pour effectuer quelques assouplissements. Au bout de quelques minutes, il jeta un coup d'œil discret à la jeune fille. Il ne lui restait sur le visage que quelques traces de son hématome, qui disparaitraient sûrement dans les prochains jours.
Ils s'entrainèrent en silence un moment. L'ambiance était plutôt détendue : Levi n'avait jamais donné à Annie aucune raison de le détester. Il était évident qu'elle aurait quitté la salle à l'arrivée d'à peu près n'importe qui d'autre – sauf Armin, évidemment.
« - Bientôt les compétitions ? lui adressa-t-elle soudain, le surprenant.
- Ouais. Pareil pour l'escrime ?
Annie était une très bonne escrimeuse, quand elle se donnait la peine de venir aux cours.
- Non. A la fin de l'année.
Il hocha la tête et effectua quelques exercices de la nuque. Puis, sentant que c'était le moment ou jamais, il lança d'un ton anecdotique :
- Joli cocard.
Contre toute attente, la jeune fille renifla d'un air amusé et pris le temps de reposer son altère avant de réagir.
- Jolie balafre.
- Tu as ressassé les bons souvenirs avec Stohess ?
L'expression d'Annie se fit légèrement plus fière et elle se leva pour venir se placer face à lui, le regardant de haut.
- Ça te regarde pas, Ackerman. Par contre toi, on dirait que t'es allé te frotter aux Russes, répliqua-t-elle en pointant sa blessure du doigt.
Levi leva vers elle des yeux surpris.
- Les Russes ?
- Oui. Cette croix, c'est leur symbole. Il est très connu.
Avisant l'étonnement de son homologue, elle lui demanda :
- Quoi, tu ne savais pas que c'était eux ? Tu ne sais même pas qui t'a refait le portrait ?
- Non, j'ai été agressé un peu au hasard.
- Alors ça, ça m'étonnerait, rétorqua-t-elle en s'éloignant à nouveau pour aller rassembler ses affaires. Ils ne font pas ça à n'importe qui, il leur faut une bonne raison.
Levi aussitôt se leva pour la suivre.
- C'est-à-dire ?
Annie saisit sa bouteille et avala quelques gorgées tout en le dévisageant de ses yeux froids, semblant chercher à déterminer si son ignorance était feinte. Finalement, elle cracha le morceau.
- Ils utilisent ce symbole pour marquer les ennemis du clan. Si tu as ce symbole, c'est qu'ils te considèrent comme un ennemi déclaré. Tu devrais te tenir loin d'eux, Levi, ces types plaisantent pas. Je serais curieuse de savoir ce que tu as bien pu faire pour te les mettre à dos.
Il fallut quelques secondes au jeune homme pour accuser le coup.
- Moi aussi, siffla-t-il entre ses dents, avec une pensée amère pour Kenny.
Il retourna l'information dans sa tête plusieurs fois, réfléchissant à voix haute.
- Mais pourquoi s'en prendre à Eren, dans ce cas ? murmura-t-il pour lui-même.
- Ils s'en sont pris à Eren ?
Bien qu'il fût plus que réticent à l'idée de laisser échapper autant d'informations, il n'avait pas vraiment le choix : Annie était une précieuse source de renseignements dont il devait absolument profiter.
- J'ai des raisons de croire qu'ils lui tournent autour, oui.
A sa grande surprise, elle semblait se sentir étrangement concernée par la question. Elle n'avait pourtant jamais manifesté autre chose que de l'hostilité envers le jeune allemand, jusqu'à présent. Peut-être trouvait-elle que la gravité de la situation justifiait de mettre de côté les animosités personnelles ? Cela ne rassura guère Levi.
- C'est certainement à cause de toi, finit-elle par lui expliquer. Ils ont dû l'identifier comme étant proche de toi, et ils cherchent certainement à t'atteindre à travers lui. Ça ne leur fait pas peur de s'en prendre à des gens qui n'ont rien à avoir avec eux. La loyauté, ils ne connaissent pas.
Tout arrivait trop vite, et Levi avait du mal à digérer.
- Tu crois qu'il est en danger ? demanda-t-il d'une voix blanche.
- C'est difficile à dire. Ça dépend de ce qu'ils te veulent. Donc je dirais que pour le moment, c'est plutôt toi qui es devenu un danger pour lui. Tu lui mets un peu une cible sur le front, en montrant que vous êtes proches.
Elle ramassa son sac et se tourna une dernière fois vers lui.
- Ecoute, si j'étais toi, je me ferais sérieusement oublier pendant quelques temps. T'as de la chance, ça ne voit pas trop. Continue de porter ton pansement et espère que ça se tasse. »
Mais Levi n'écoutait plus et n'avait que faire des menaces qui pesaient sur lui. L'adolescent avait laissé place au survivant, au veilleur, et son esprit affuté ne tournait plus qu'autour d'une seule idée. Une seule urgence.
Eren était en danger.
XXX
Et c'est fini pour ce soir ! Alors, qu'en avez-vous pensé ?
Vous l'avez peut-être trouvé un peu décousu, c'est « normal ». Je me suis retrouvée un peu coincée dans le découpage parce qu'il y a des actions qui devaient absolument se retrouver toutes ensemble dans le prochain chapitre et du coup celui-là était un peu vidé. Donc je l'ai meublé, notamment avec la scène Ymir/Petra qui est en réalité une scène coupée d'un autre chapitre dont j'ai entièrement changé le dialogue et qui devait à la base se passer à Paris.
J'ai reçu très peu de réactions au dernier chapitre mais il est quand même ressorti que l'ambiance s'était pas mal alourdie. Ce chapitre a été l'occasion de mettre quelques moments de tendresse et quelques douces paroles, histoire de respirer.
Voilà.
J'espère que vous en avez bien profité.
Questionnaire : qu'avez-vous pensé de ce chapitre en général ? Des interactions entre les personnages ? Entre Levi et Eren, notamment ? Que pensez-vous de l'état d'esprit de Levi dans ce chapitre ? De ma petite Petra ? D'Ymir ? D'Annie et de son comportement ? Que vous inspirent les actions et les « rebondissements » (cocard d'Annie, blessures d'Ymir, la situation familiale d'Auruo finalement révélée) ? Que pensez-vous de Nanaba ? Avez-vous des théories qui commencent à s'élaborer ? Aviez-vous deviné le Marcomika ?
QUESTIONS EXCEPTIONNELLES : il y a quelques chapitres, j'avais demandé aux lecteurs quels personnages ils aimaient dans ma fiction et pourquoi. Avec du recul je pense que c'était un peu tôt pour répondre alors je le redemande maintenant qu'il y a eu un peu plus de développement :
- Quels sont vos personnages préférés dans ma fiction et pourquoi ? Ça m'aiderait de savoir en termes de construction de caractère. Et les réponses vont aussi m'aider pour une chose que je ne dévoilerai que plus tard.
Et pendant qu'on y est :
- Quel chapitre avez-vous préféré jusque-là ?
Dernière chose : il y a des questions que vous aimeriez me poser ? Je suis toute ouïe.
A très bientôt !
