Bonjour !

J'espère que vous allez bien et que vous pouvez rester chez vous.

Merci du fond du cœur à Neal, Amegonys et Almayen, merci, merci !

Le prompt du jour est « Je suis là »


« Je suis là ! »

Nick empocha son portable et décrocha sa veste du porte-manteau avec le sourire. Monroe venait de lui envoyer un message et l'attendait au café qui faisait l'angle de la rue du bureau de police, comme ils en avaient convenu le matin même, autour du petit déjeuner.

- Profite bien de ton rendez-vous ! s'exclama Hank.

- Qu'est-ce qui te fait croire que j'ai rendez-vous ?

Hank lui dédia son regard le plus morne, clairement peu convaincu par tentative de bluff.

- Ton air énamouré et le fait que tu ais sauté de ta chaise comme si tu avais le diable aux trousses ?

Nick ne répondit pas, n'ayant pas grand-chose à opposer à une telle observation, et se contenta d'enfiler sa veste avec empressement. De toute manière, Hank savait, il avait même dû savoir avant lui-même qu'il finirait dans les bras de Monroe. Fichu flair d'inspecteur et fichu air narquois ! Il agita vaguement la main vers Hank, autant pour le faire taire et que pour lui dire au revoir, et salua à la cantonade ses collègues présents dans le bureau.

Sans plus attendre, il dévala les escaliers menant au rez-de-chaussée, se dirigea vers la porte mais se ravisa et fit un crochet par les toilettes. Il considéra un instant son reflet dans le miroir, passa une main dans sa mèche rebelle, vérifia qu'il n'avait rien de coincé entre les dents. Il entendait déjà les commentaires moqueurs de Hank s'il l'apercevait aussi nerveux avant un rendez-vous. Un rendez-vous avec un homme qu'il connaissait déjà depuis des mois, qui l'avait déjà vu au sortir d'un bain de boue inopiné ou couvert de blessures des pieds à la tête. Un rendez-vous avec un homme qu'il avait déjà embrassé, ou vu à moitié nu, si un déshabillage pour panser des blessures pouvait compter. Vraiment, Nick n'avait pas grand-chose à redouter pour ce rendez-vous.

Il se lava les mains pour se donner un peu contenance, bien qu'il soit seul, savonnant ses paumes moites. Merde, il était définitivement nerveux. Il savait pourtant que Monroe l'appréciait, ne serait-ce que pour supporter toutes les mésaventures faisant irruption dans sa vie à un rythme régulier à cause de Nick, Nick et son travail, Nick et sa double-vie, Nick et toutes ses emmerdes. Mais Monroe devait forcément l'apprécier, puisque Nick ne pouvait pas s'être imaginé ces semaines de flirt éhonté, passées à se lancer des œillades et à jouer sur les nerfs de l'autre. Et puis ils s'étaient embrassés sur le canapé, et il semblait à Nick qu'ils n'avaient plus fait que ça depuis. C'était rafraichissant, à plus de trente ans, de rejouer les roucoulades des premières amours, les baisers échauffés à toute heure de la journée, les mains baladeuses qui amadouaient les dernières timidités.

Déterminé à ne plus tant faire attendre Monroe, il sortit des toilettes puis du bâtiment. Par la force de l'habitude, il commença à descendre la rue, encore perdu dans ses pensées.

Oui, certainement, Monroe tenait à lui, ce serait même lui faire insulte que de songer le contraire. Et Nick l'aimait beaucoup aussi, pour sûr, sinon il ne passerait pas tant de temps à cogiter sur leur relation. Tout était venu si naturellement entre eux qu'il avait du mal à gérer une telle appréhension : peur de tout faire capoter, comme avec Juliette, peur de le lasser, peur de lui provoquer plus de problèmes qu'il ne le faisait déjà... Tout un tas de raisons qui aurait pu le faire fuir en courant, s'il n'était pas question de Monroe, le Blutbad aux manières bourrues mais adorables, qui le bouffait des yeux en permanence, et qui, présentement, lui souriait comme s'il était la huitième merveille du monde, au travers de la vitre du café. Nick lui sourit, le cœur léger, et poussa la porte.


J'espère vous avoir divertis pour un court instant,

Prenez bien soin de vous !