Disclaimer : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à leurs concepteurs, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.

Avertissement : cette histoire est la suite directe du Temps des gardiens.


Le temps du renouveau

Chapitre 28

An 2012

Le dragon licorne gronda sourdement, dévoilant une mâchoire qui n'avait rien à envier à un tigre, mais pas grand chose à voir avec celle d'un paisible herbivore, avant de lever une patte griffue que Kadaj esquiva de justesse.

- Du calme Crystal, ne va pas nous l'abîmer, nous avons encore besoin de lui. Intervint l'homme en combinaison blanche d'un ton amusé.

Kadaj le fusilla du regard, ce qui le fit rire.

- Vous ne devriez pas le mettre en colère, il a assez mauvais caractère. C'est sans doute inscrit dans nos gênes. Conseilla l'homme.

- Il n'y a que la vérité qui fâche. Grogna Kadaj en surveillant le dragon licorne du coin de l'œil.

Crystal montra les dents à nouveau et cette fois Kadaj décida de ne pas être en reste, il matérialisa une épée et fit face à la créature. Si celle-ci voulait en découdre, elle allait trouver à qui parler.

- Assez ! Intervint Lucrecia que tout cela mettait vraiment mal à l'aise.

Elle se tourna vers l'homme en combinaison blanche.

- Que voulez vous exactement ?

L'homme sourit.

- Je voulais seulement montrer que les cristaux ne sont pas seulement des sources d'énergie, ou des entités immatérielles. La mère de Crystal est l'une de ces entités, elle s'est incarnée un temps pour être ma compagne. Je sais que ceux qui sont ici n'en sont pas au même stade de développement, mais ils sont encore jeunes.

- Formidable, merci d'être venu, c'était sympa de faire votre connaissance et bonjour chez vous. La prochaine fois, contentez vous d'écrire ou de téléphoner et laissez votre progéniture à la maison. Ricana Kadaj.

- Kadaj, soupira Lucrecia, ils ne sont pas nos ennemis.

- Ils ne sont pas nos amis non plus.

Lucrecia se mura dans le silence, ne sachant que répondre à cela, mais doutant que l'attitude de Kadaj les serve.

L'homme en combinaison blanche s'interposa, empêchant son fils de se ruer à l'attaque.

- Du calme Crystal. N'oublie pas les raisons de notre venue. Nous avons besoin d'eux pour rejoindre ton fils.

Kadaj ferma à demi les yeux. Ainsi, il y avait un rejeton de la créature quelque part, sans aucun doute dans une part de Gaïa qu'ils connaissaient ou à laquelle ils avaient accès. C'était bon à savoir, mais il n'était pas certain que ce soit une bonne nouvelle.

Lucrecia ne manqua pas l'information elle aussi, et elle décida de s'en servir.

- Donc, vous êtes à la recherche de quelqu'un et vous espérez que nous vous aidions à le trouver ?

L'homme en combinaison blanche secoua la tête en signe de négation.

- Non, nous savons où il se trouve, nous ne voulons que nous assurer qu'il sera bien traité le temps qu'il passera dans le corps de celui qu'il aide.

Kadaj fronça les sourcils, il commençait à y voir plus clair et ce qu'il comprenait ne lui plaisait pas. Pour autant qu'il le sache, un seul individu occupait le corps de quelqu'un d'autre. Un individu qui n'était pas des plus sympathiques à ses yeux.

- Je voudrai être certain de ne pas me tromper... dit il. Nous sommes bien en train de parler de Rodney Pierce ? Vous êtes de la famille d'un des assistants d'Hojo ?

- En effet, il est notre fils et petit fils. Commenta l'homme en combinaison blanche d'un ton calme. Inutile de souligner ses erreurs de parcours, nous sommes conscients que vous avez quelques raisons de ne pas l'apprécier. Cependant, au vu de votre propre parcours, vous êtes mal placé pour juger. Tout comme vous il a fait ce qu'il pouvait pour survivre, et il a fait ce qu'il pouvait pour vous rendre la vie plus facile lorsqu'il le pouvait. Cela lui a d'ailleurs valu de sévères punitions.

Kadaj serra les dents, contrarié de ne pouvoir protester. Il ne pouvait pas nier en effet, Rodney Pierce avait pris des risques pour Yazoo et il en avait été durement châtié.

Il n'en restait pas moins qu'il était un des assistants d'Hojo, et qu'il avait également été au service d'autres enfoirés du même accabit, ce qui avait tendance à pousser Kadaj à le considérer d'un assez mauvais œil.

- Nous ne pouvons malheureusement pas faire grand chose pour lui, actuellement, mais lorsqu'il aura réintégré son corps, nous pourrons sans doute intervenir en sa faveur. Déclara Lucrecia, dans un effort méritoire pour ramener tout le monde à un état d'esprit plus serein.

Kadaj se tourna vers elle, les sourcils froncés.

- Et qui fera cela exactement ? Vous comptez revenir pour de bon, avec un corps, histoire de jouer un peu à la maman ? Comptez pas sur moi, j'ai passé l'âge de ce genre de choses. Comptez pas non plus sur mes enfants, c'est un peu tard pour reprendre une place dont vous ne vous êtes pas tellement soucié. Oui, je sais, vous avez tout un tas d'arguments à me sortir sur le sujet, mais franchement, je n'ai pas trop envie de les entendre, j'ai encore le cri de désespoir de mon père dans les oreilles. Je n'étais pas là lorsqu'il l'a poussé mais j'ai tout de même assisté à la scène et je n'aime pas ce que vous lui avez fait... le mal qu'Hojo lui a fait également, en partie à cause de vous.

Lucrecia baissa la tête, blessée par les propos, et malheureuse de ce rappel des souffrances de Vincent. Elle n'avait jamais voulu faire de mal à l'immortel. Lorsqu'elle avait eu recours à ce qu'il lui avait confié, elle pensait ne jamais le revoir conscient et libre, elle était persuadée d'accomplir sa volonté.
Après tout, n'était-ce pas justement pour que naissent des enfants de lui qu'il lui avait remis sa semence ?

La créature nommée Crystal souffla bruyamment, la faisant sursauter. L'homme en combinaison blanche l'apaisa d'un geste, glissant ses doigts dans l'épaisse crinière.

- Il est temps pour nous de vous laisser. Nous avons à faire de notre côté, nous reviendrons vous voir lorsqu'il sera temps pour Rodney Pierce de revenir à son corps.

- Et savoir votre nom, c'est pas non plus au programme ? Ironisa Kadaj.

- Bien sur que si, ce n'est en rien un secret, je suis Arieh Shinra.

Kadaj grimaça.

- Encore un Shinra ? Grogna t'il.

Arieh laissa échapper un rire amusé.

- Oui, le premier de la lignée, navré de rajouter ma personne à votre liste noire. J'ai hélas bien peur que vous ne deviez compter avec ma présence à l'avenir. J'ai dormi un bon bout de temps, mais j'ai été tiré du sommeil et me voila.

- Vous pouvez toujours retourner faire un autre somme. Ne vous gênez pas pour nous, on fera sans vous, on sait très bien y faire. Riposta Kadaj.

- C'est tentant, mais non, je crois que j'ai bien assez dormi comme cela et que je pourrai vous être utile un jour prochain. Répondit Arieh sans s'offusquer le moins du monde.

Lui et son fils disparurent ensuite sans laisser de traces. Kadaj laissa échapper un murmure frustré. Même si rien dans les propos de l'individu n'était vraiment de nature à l'alarmer fortement, il ne pouvait se défaire d'un très mauvais pressentiment. Il n'était pas du tout certain que ce dernier serait vraiment de leur côté lorsqu'il referait son apparition. Enfin... il aviserait le moment venu. Pour l'heure, il avait d'autres sujets à aborder.

Il fixa Lucrecia droit dans les yeux.

- Vous ne m'avez pas répondu. Vous comptez revenir en chair et en os ? Je n'aime pas du tout cette idée. Notre père a encore du mal à trouver son équilibre, lui et Sephiroth se cherchent toujours, ils ont assez à faire avec les ex de Sephiroth, ils n'ont pas besoin que vous en rajoutiez une couche.

Lucrecia le regarda avec un peu de surprise, étonnée par les propos. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il se soucie de Vincent, pas après son comportement envers elle.

Kadaj la regarda, les sourcils froncés et leva le menton.

- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit pour que vous me regardiez ainsi ? J'ai un truc entre les dents ?

Lucrecia esquissa un sourire doux.

- Non, je suis seulement surprise que tu veuille protéger ton père. Répondit elle. Il n'a pourtant pas été plus présent que moi à vos côtés lorsque vous étiez enfants.

Kadaj grimaça, se passa la main dans les cheveux nerveusement, se détourna quelques secondes, avant de faire face à nouveau, le regard dur.

- Alors là, c'est faux ce que vous dites ! D'accord, il n'a pas été là quand on était dans le laboratoire, et il n'a appris la vérité sur nous que tardivement, à cause de vous. Mais entre vous et lui, il y a une sacrée différence. Lui, il était avec nous quand on se planquait dans la cité des anciens, il nous surveillait, sans chercher à nous attaquer... il ne l'a fait que pour sortir Cloud du pétrin. Oui, nous avions conscience de sa présence, mais ce n'était pas un problème pour nous... on ne se sentait pas en danger malgré le fait qu'on soit conscients qu'il rôdait pas loin. Et puis... depuis qu'il sait qu'il est notre père, il fait son possible pour se faire accepter et être présent pour nous, pas comme vous. Ce sont ses bras qui m'ont soutenu lorsque je n'allais pas bien, qui ont soutenu Loz et Yazoo... J'ai encore du mal à voir en lui mon père, mais ça compte pour moi malgré tout. Malgré ce qu'on a fait, il a été là pour nous, quand on en avait besoin. C'est quelqu'un de bien. Quelqu'un que je pourrai voir comme un père avec le temps, et dont je pourrai être fier d'être le fils. Vous par contre... pour moi, vous n'êtes pas une mère. Je crois pas que cela changera un jour pour moi. Vous n'êtes pas aussi mauvaise que Jenova, mais vous avez sacrément merdé, dans les grandes largeurs, et ça, je suis pas disposé à l'oublier.

Partagée entre la tristesse et le soulagement, Lucrecia préféra le laisser, elle le ramena là d'où il venait, et se retira.

Kadaj rouvrit les yeux, s'agita un moment sur le lit, puis il ferma les yeux à nouveau, espérant trouver rapidement le sommeil. Soren, qui lisait dans un coin de la pièce, le laissa tranquille, il sentait qu'il était préférable de ne pas poser de questions pour le moment, Kadaj lui en parlerait s'il en éprouvait le besoin.

Au bout d'un instant, incapable de trouver le sommeil, Kadaj se redressa et regarda en direction de Soren. Le dragon lui rendit son regard et lui adressa un sourire.

Kadaj laissa échapper un profond soupir et le dragon se rapprocha, plus inquiet soudain.

- Que s'est il passé ? Demanda t'il finalement.

Même si le corps de Kadaj n'avait pas bougé du lit, il avait senti l'absence de son esprit.

- Ma génitrice voulait me parler, deux invités surprises ont débarqué, c'était assez instructif, mais pas des plus rassurants. Lorsqu'ils sont partis, on a fini de mettre les choses à plat elle et moi. Enfin, on a essayé... elle a pas l'air de vouloir s'expliquer, par contre j'ai bien peur qu'elle n'ait dans l'idée de revenir à la vie.

Soren lui caressa la joue doucement.

- Ce n'est peut être pas une si mauvaise chose... vous pourrez ainsi faire connaissance.

Kadaj haussa les épaules, une légère moue aux lèvres.

- Je ne suis pas certain de vouloir... murmura t'il.

- Ne dis pas cela, tu ne la connais pas encore. Tu peux gagner à lui laisser sa chance, comme tu l'as fait pour ton père.

- Vincent, ce n'est pas pareil, lui il assure.

Soren eut un léger rire.

- Je ne vais pas te contredire sur ce point, mais qui sait, peut être qu'elle assurera aussi.

- Tu as déjà oublié que c'était la femme d'Hojo ? Elle a préféré ce taré à mon père... elle l'a soutenu dans ses projets de fou furieux et quand Vincent a tenté de lui faire entendre raison, elle l'a envoyé sur les roses. J'ai du mal à croire qu'elle puisse assurer.

- C'était il y a longtemps, elle a pu changer. Dit doucement Soren pour l'apaiser.

Kadaj secoua la tête, visiblement peu convaincu, il regarda le dragon, hésitant. Soren lui sourit à nouveau, pour l'encourager.

- Ta mère, elle était comment ? Demanda Kadaj, presque timidement.

- Ma mère était d'un autre temps... répondit Soren doucement. Je ne l'ai pas beaucoup connue. Elle est morte alors que nous étions encore très jeunes. Dans mes souvenirs elle était douce et gentille, elle ne quittait presque jamais la cuisine. C'était son domaine, le lieu où elle se sentait bien, en sécurité. Elle aimait cuisiner et tenir son foyer. Rien à voir avec celle qui t'a fait naître.

- Je crois que j'aurai préféré avoir une mère comme la tienne. Grogna Kadaj. Au moins, elle n'était pas l'épouse d'un savant fou.

Soren le prit dans ses bras, Kadaj se laissa faire. Une fois de plus, le dragon savait comprendre ses besoins. Il se laissa aller contre lui et referma les yeux.

- Tu te serais peut être ennuyé en sa compagnie. Dit Soren. Mais elle t'aurait sans doute nourri et abreuvé en abondance. Elle n'était jamais si heureuse que lorsqu'elle nous voyait savourer ses plats. Elle nous gavait presque.

Kadaj sourit, puis son sourire s'effaça, il entrouvrit les yeux et fixa son compagnon.

- Tu me laisse voir ton enfance ? Demanda t'il presque timidement.

Soren lui fit signe que oui. Kadaj tendit la main et effleura son front de ses doigts. L'instant suivant il plongeait dans la mémoire du dragon.

Accéder aux souvenirs d'enfance de Soren ne lui prit pas longtemps. Il considéra avec amusement les jeux du dragon, de sa sœur et d'autres enfants du même âge. Il constata par contre avec un peu de surprise, que dans leurs premières années les enfants allaient nus, quelle que soit la saison, lorsque le froid devenait trop fort ils étaient gardés au chaud par leurs parents, mais pas plus couverts.

Cillant il s'écarta et regarda Soren avec perplexité.

- On n'habillait pas les enfants à ton époque ?

Soren se mit à rire.

- Pas avant qu'ils aient cinq ans, et qu'ils deviennent propres. Répondit il avec amusement.

- Ce n'était pas risqué pour eux ?

- Pas plus que s'ils avaient été vêtus. Les parents faisaient très attention. Nous étions très surveillés malgré les apparences.

- Vous êtes nés dans des œufs aussi ? Questionna Kadaj.

- Oui. Dans un seul œuf en vérité... notre éclosion était exceptionnelle. Il est très rare que deux dragons sortent d'un même œuf... et plus rare encore qu'ils soient de sexes opposés... murmura Soren avec un peu de chagrin. Lorsque nos parents nous racontaient cette venue au monde incroyable, nous nous sentions si fiers d'être à part...

Kadaj se serra un peu plus contre lui et l'embrassa.

- Je suis désolé... je ne voulais pas raviver ton chagrin... murmura t'il.

Soren lui rendit son baiser. Il était sur le point de le rassurer lorsque le visage de Kadaj perdit soudain toute couleur et son corps se mit à trembler. Soren n'eut que le temps de le retenir avant qu'il ne s'écroule à bas du lit.

- Kadaj !

Le jeune argenté ne lui répondit pas. Il semblait inconscient, ses tremblements étaient si forts que Soren se demanda s'il ne convulsait pas. Portant la main au front de son compagnon, il réalisa que sa température était basse.

Telfer se matérialisa quelques secondes, puis disparut aussi vite qu'il était arrivé.

Il rejoignit Lucrecia et la considéra avec froideur.

- Votre plus jeune fils est au plus mal, dit il d'un ton sec, tout comme son aîné un peu plus tôt. Il est épuisé, son corps vient de tirer le signal d'alarme. Vous comptez rester ici, bien à l'abri, ou vous prévoyez d'être enfin une mère digne de ce nom ?

Lucrecia cilla. Même si elle avait prévu de retourner sur Gaïa, elle n'avait pas prévu de le faire si vite.

- Je ne suis pas prête... murmura t'elle d'un ton incertain. Ce n'est pas une chose qui se fait à la va vite...

Telfer lui lança un regard écœuré et la laissa à ses hésitations. Il rejoignit Vincent, sachant que l'immortel lui ne se déroberait pas avec des prétextes.

Vincent se tendit, devinant que son arrivée annonçait des problèmes.

- Kadaj ?

Telfer fit signe que oui et Vincent se hâta de se vêtir pour l'accompagner auprès de son fils. Sephiroth se couvrit lui aussi, décidé à les suivre cette fois. Même s'il avait encore du mal avec Kadaj, il ne voulait pas laisser Vincent seul.

Lorsqu'ils atteignirent la chambre, les tremblements de Kadaj étaient plus forts encore.

Vincent s'empressa de le prendre dans ses bras et ce contact sembla ranimer un peu Kadaj qui le regarda avant de frissonner.

- J'ai froid... murmura t'il. J'ai tellement froid père...

Vincent se défit de sa cape et l'en drapa, Kadaj soupira et referma les yeux. La cape était lourde et chaude autour de lui, elle portait l'odeur de Vincent et cela l'apaisait curieusement.

Ses tremblements diminuèrent, avant de cesser peu après, épuisé il sombra dans le sommeil. Vincent le garda contre lui et tourna vers Sephiroth un regard inquiet.

Ce dernier lui rendit son regard, attentif et silencieux.

Vincent prit le temps de réfléchir à ce qu'il allait lui dire. Il redoutait les réactions de son compagnon s'il lui disait qu'il entendait rester aux côtés de Kadaj.

Sephiroth le prit de vitesse.

- Il vaut mieux que tu restes un peu avec lui, il a besoin de toi.

Vincent le remercia d'un sourire tremblant. Il était touché par la compréhension dont faisait preuve son compagnon.

Sephiroth se rapprocha pour déposer un baiser sur son front, puis se dirigea vers la porte.

- Vous partez déjà ? Ironisa Telfer. Vous tenez sans doute de votre mère à ce niveau.

Sephiroth le considéra avec agacement.

- Je ne crois pas que ma présence soit utile pour le moment, mais je devine que lorsqu'il se réveillera il aura faim. Je vais donc chercher de quoi le nourrir.

Il quitta ensuite la chambre sans se retourner.

Telfer ne tarda pas à partir lui aussi, étant rassuré sur le sort de Kadaj, dont le sommeil était désormais paisible. Il rejoignit ses semblables, lesquels, tout aussi soucieux que lui, l'entourèrent afin d'avoir des nouvelles de leur nouveau roi.

Telfer fit courir son regard parmi eux, notant leurs expressions inquiètes.

- Le jeune roi s'est épuisé à nous ramener à la vie. Dit il d'une voix forte afin que tous entendent. Il est à la limite de la rupture désormais, il n'est pas envisageable qu'il continue de la sorte. Tous ceux pour qui le retour était urgent ont été ramenés, les autres devront attendre qu'il soit totalement remis.

- Mais... et la promesse qu'il a faite au demi dieu ? Comment va t'il faire ? Questionna l'un des ailés. Il ne pourra pas manquer à sa parole.

- Il n'aura pas à le faire. Répondit Telfer. Je me charge de faire patienter cet individu. Je ne laisserai pas mon successeur se perdre.

Les autres ailés approuvèrent ses propos avec satisfaction. Le comportement d'Héracles ne leur avait pas plu. Ils n'étaient pas fachés que leur ancien roi prenne les choses en main pour empêcher le nouveau de se perdre.

Pourtant, plusieurs d'entre eux restaient méfiants vis à vis de Telfer, ils n'oubliaient pas son rôle dans le drame qui s'était abattu sur leur peuple et même s'il avait fait amende honorable envers eux, la rancune ne s'était pas tout à fait éteinte.

À suivre