Chapitre 30 : destinée
-Peter… ? Et bien, l'ancien maraudeur était devenu mangemort très rapidement au contact d'Erina qui l'avait influencé… il était d'ailleurs présent lors de l'enlèvement de Morgana que j'avais orchestré avec l'aide d'Erina. Sirius l'a su quand je le lui ai dit. Mon frère étant quelqu'un de très sanguin, il a immédiatement été dire ses quatre vérités à son ami. Ce dernier, d'après ce que j'ai compris s'est faiblement défendu, puis a rapidement été abandonné par tout l'ADNM et rejeté par les maraudeurs. Il n'y a que Lily Pot… Evans qui l'a pris sous son aile… c'était étrange d'ailleurs. Deux ans plus tard, Peter est venu supplier ses amis de lui pardonner, il ne désirait plus rester auprès de son maître et voulait retrouver ses amis. Je n'ai pas trop suivi cette période, mais je sais qu'ils ont accepté et que Voldemort en a été rapidement informé, il a tué Peter… devant mes yeux d'ailleurs. Celui-ci s'est courageusement défendu mais ne faisait pas le poids face à son adversaire…
-Oh mon Dieu, fit Ginny sentant son cœur se contracter.
Peter s'était repenti et était mort quand même ? La jeune rouquine pensa avec amertume que, malgré les possibles côtés positifs de la mission réalisée par Morgana, il y avait tout de même de terribles souffrances par sa faute…
-Ne culpabilise pas, Ginny, réagit aussitôt Mary comprenant ses pensées. J'ai l'impression qu'il a y eut beaucoup plus de souffrances avant que tu ne changes les choses plutôt que maintenant…
Ginny hocha la tête et remercia silencieusement la femme. Regulus lui laissa quelques secondes pour se reprendre avant de continuer.
-Donc, nous étions dans l'ordre du phénix, nous étions nombreux et plus ou moins expérimentés. De l'autre côté, Voldemort avait enflé ses rangs et se croyait invincible, mais il avait tort. Et comme tu t'en doutes, lors de l'affrontement final, Voldemort fut vaincu… Mais tu seras surprise d'apprendre que ce n'est pas Dumbledore qui a tué le plus grand mage noir de tous les temps… c'est Sirius…
Ginny haussa les sourcils, curieuse et effrayée. La voix de Regulus se mit à trembler lorsqu'il raconta :
-Mon frère était spontané, impatient et immature. Observant le combat acharné entre les deux hommes, il en a eu marre, il s'est avancé d'un pas furieux et à lancer son seul et unique « avada kedavra » de façon si brusque que personne n'a pu intervenir. Voldemort n'a eu que le temps de sourire, comme pour se moquer de l'impertinent qui osait lui lancer un tel sort alors qu'il était invincible, et environ cinq secondes plus tard, il gisait inerte. C'est là qu'intervint Bellatrix. Furieuse et furie au même niveau que Sirius, elle s'est jetée sur lui. J'ai essayé de l'en empêcher, mais c'était trop tard. Elle a froidement tué mon frère en hurlant comme une diablesse. Le combat s'est rapidement éparpillé, car les mangemorts ont pris la fuite. Il y avait des morts, mais heureusement pas beaucoup…Des aurors surtout, qui avait fait en sorte de protéger au maximum les jeunes encore inexpérimentés sortis d'école. Puis le monde est redevenu calme, les mangemorts retrouvés furent jugés, certains envoyés à Azkaban et d'autres graciés. Les morts furent encensés et les combattants reçurent des récompenses, mais le choc resta longtemps présent dans les pensées. Toutefois, le siècle de la haine contre les sangs dits « impurs » était révolu… tout comme mes idées sur la supériorité des sorciers issus de nobles familles au sang non souillé…
Sur ces mots, il sourit et ajouta :
-Je crois que fréquenter Dumbledore d'aussi près fut une expérience extrêmement formatrice…
-Et heureusement, car étant sang mêlée, je n'aurais pu espérer qu'il m'épouse, plaisanta Mary en prenant sa main avec douceur.
Regulus lui adressa un tendre sourire et se retourna vers Ginny.
-Je crois que je t'ai raconté l'essentiel. As-tu des questions particulières ?
Ginny se tordait nerveusement les mains. Perturbée par toutes ses informations déroutantes, la jeune Weasley tentait difficilement de faire le tri dans ses interrogations.
-J'aimerais savoir qui d'autres est mort parmi mes connaissances… annonça-t-elle finalement.
-C'est tout à fait compréhensif, cite-moi quelques noms et je t'en informerai.
-James et Lily Potter ?
-Ils sont toujours vivants, sourit l'ancien Serpentard.
Ginny soupira de soulagement.
-Ont-ils des enfants ?
-Oui, trois : Harry, Phoebe et Sirius, confirma Regulus.
-Et Remus Lupin, a-t-il survécu ?
-En effet et il également marié… euh, à…
-Nymphadora Tonks, compléta Mary venant en aide à l'ancien Serpentard. Ils viennent d'avoir un fils, Teddy.
Ginny sourit. Eux aussi étaient vivants. Quelle bonne nouvelle ! Au moins deux maraudeurs sur quatre avaient survécu.
-Il est d'ailleurs professeur à Poudlard, reprit Regulus après avoir jeté un regard plein de tendresse à sa femme.
-De défense contre les forces du mal ? devina Ginny machinalement.
-Non, de soins aux créatures magiques.
-Mais…, s'étonna la sorcière. Qui est professeur de DCFM alors ?
-Severus Rogue, un de mes amis et ancien mangemort également qui vivait une double vie sous Voldemort. C'était un espion pour l'ordre du phoenix. J'avoue que sa présence m'a aidé – et réciproquement d'ailleurs, je crois, à ne pas retourner vers le seigneur des ténèbres malgré ma crainte qu'il ne découvre ma traîtrise et me tue.
Ginny ouvrit la bouche puis la referma. Après, un temps de réflexion, elle hésita, se concentra puis demanda :
-Et le professeur de potion ?
-Arthur Macwell, répondit Regulus avec patience.
-Je ne connais pas, marmonna la Gryffondor.
-Ah bon ? Pourtant, c'était un maraudeur également !
-Un maraudeur ? s'étonna la Gryffondor, ah non, vous devez faire erreur, les maraudeurs ont toujours été quatre.
-Ah oui…, marmonna Regulus, j'avais oublié ce détail. Ginny, saviez-vous que lorsqu'Erina Macwell a disparu à cause de la révélation de son identité, elle a effacé toute sa descendance, dont la véritable Erina vivant normalement en 1975. En revanche, celui qu'elle devait épouser, un certain John Macwell, je crois, a épousé une autre femme et a eu une tout autre descendance, dont Arthur. Ce dernier a été réparti à Gryffondor la même année que mon frère. Les cinq garçons de Gryffondor sont rapidement devenus complices et se sont donné le nom des maraudeurs.
-Cinq maraudeurs ? répéta Ginny abasourdie.
-J'avoue que j'en ai également été surpris, mais toujours moins que le pauvre Sirius qui a dû voir débarquer du jour au lendemain un inconnu dans son groupe d'amis.
-Pourquoi ? s'enquit Ginny dont l'ensemble des révélations lui faisait perdre un peu la tête.
-Et bien, lorsque Erina, ou devrais-je dire Jane Lindon, a révélé sa véritable identité, nous étions Sirius, moi et Morgana, les seuls à avoir entendu sa révélation. Son existence resta alors en nous comme un souvenir gravé. En revanche, pour toutes les autres personnes de Poudlard, élèves ou professeurs, la jeune Erina n'avait tout simplement jamais existé et la présence d'Arthur apparaissait parfaitement normale, ce qui n'était pas le cas pour nous. Ce sont les mystères du temps, je crois…
-D'accord acquiesça Ginny en tentant de remettre ses idées en ordre.
-As-tu d'autres questions ?
-Euh… oui, pouvez-vous également me dire combien j'ai de frères et si mes parents sont toujours vivants, si vous le savez bien sûr ?
-Arthur et Molly Weasley sont en pleine santé, l'informa Regulus de ce même sourire bienveillant. Leur aîné, William travaille à Gringott, le second Charlie est en roumanie, il a une passion pour les dragons. Le troisième, Percy, je crois est un peu en froid avec sa famille en ce moment, il travaille au ministère. Et puis, bien sûr, il y a également les deux jumeaux, Fred et George, qui ont d'après ce que j'ai compris ouvert une boutique de farces et attrapes sur le chemin de traverse. Quand à Ron Weasley, il fait sa dernière année d'étude à Poudlard dans la maison Gryffondor. Je crois que je n'ai oublié personne.
Ginny poussa un tel soupir de soulagement que des larmes lui montèrent aux yeux. Elle allait revoir Fred. Elle allait revoir George heureux ! C'était merveilleux !
-Et Harry ? s'enquit-elle excitée.
-Harry Potter, oh ! Le fils des Potter donne beaucoup de fil à retordre au directeur avec son ami Ron, heureusement que la jeune Hermione Granger travaille à les calmer ! plaisanta Mary. Ca me rappelle beaucoup une certaine époque.
Elle envoya un clin d'œil à sont mari qui le lui rendit par un sourire.
Ginny se mordit la lèvre, elle n'osa pas demander si il avait une petite amie, ils auraient trouvés ça bizarre. Pourtant, elle brûlait de le savoir.
-Et Drago Malfoy ? demanda-t-elle alors pour éviter d'avoir ce culot.
-Les Malfoy ne se sont jamais remis du départ de Voldemort, répondit Regulus redevenant sérieux. Ils sont plutôt froids et distants, et je crois que leur fils est un enfant qui reçoit encore les valeurs que défendait le mage noir. Je crois que le désir le plus fou de son père et de recréer un groupe de partisan contre les sang-mêlés et les sangs-de-bourbe. Mais ils restent discrets et certains pensent que ce ne sont que des rumeurs.
Ginny hocha la tête. A présent, elle n'osait plus poser d'autres questions, même si de nombreuses restaient encore au bout de sa langue. Elle trouvait avoir déjà beaucoup abusé du temps des Black et se raisonna en pensant qu'elle pourrait découvrir tous les changements une fois de retour à l'école et dans sa famille.
-Je vous remercie, dit-elle poliment en amorçant un geste pour partir, je ne vais pas vous déranger plus longtemps et retourner à l'école, mais sachez que je vous suis très reconnaissante d'avoir pris ce temps pour moi.
-Je crois que c'est plutôt nous qui devrions te remercier car je crois bien que sans toi et Morgana, le présent actuel n'aurait pas été aussi joyeux.
Ginny se leva, suivie aussitôt par les deux hôtes du douze square Grimmaurd et s'avança vers la cheminée.
-Pourras-tu embrasser pour nous Olivia et Orion ? s'enquit Mary, oh pardon, peut-être ne les connais-tu pas encore ? Ce sont nos enfants. Olivia est en 7ème année à Serpentard et Orion en 4ème année à Serdaigle.
-Je…oui, bien sûr, fit Ginny étonnée par la demande.
-Ma chérie, enfin, laisse-les tranquille, je suis sûr qu'ils vont très biens et sont très heureux sans nouvelle de leur parent, se moqua Regulus en prenant un pot qu'il tendit à Ginny.
L'épouse Black marmonna quelque parole, puis adressa un joyeux au revoir à la jeune Weasley qui disparut bientôt dans un tourbillon de fumée verdâtre.
1418
Morgana évoluait dans les couloirs de l'école Poudlard. Ses pensées toutes tournées vers une époque bien différente de la sienne. Cela faisait bientôt quatre ans que la jeune femme était rentrée dans son temps. Le début fut très laborieux pour elle, le manque de cette année extraordinaire et l'absence de Sirius et Lily ne faisait que renforcer en elle ce sentiment de douleur profonde et de nostalgie.
Mais la réalité la rattrapa bien vite. Son père avait su, par une source sûre qu'elle et ses deux jeunes sœurs se cachaient au manoir de Martin Olliway. Il se précipita pour aller la chercher, mais l'évolution étonnante de ses capacités magiques lui permit de protéger elle, ses sœurs et Henry. Mais la cachette n'étant plus sûre, l'ancienne Poufsouffle s'était décidée à rechercher l'école Poudlard pour l'intégrer.
Ses recherches, longtemps infructueuses aboutirent au bout de six mois. Elle se présenta rapidement au directeur et l'informa de l'école secrète qui s'était construite à son insu. Ce dernier régula rapidement la situation et intégra Morgana à l'école deux mois plus tard. Cette dernière fut répartie sans surprise à Poufsouffle. Rapidement, Henry la rejoignit car sa mère décéda. Les sœurs de Morgana furent alors mise sous tutelle d'une congrégation religieuse.
A la fin de sa septième année officielle (qu'elle fit un an plus âgé que les autres élèves), les élèves de son ancienne école rejoignirent Poudlard et Morgana vit Anthonin Black être réparti à Serpentard. Mais la jeune fille n'en avait cure. Elle s'était trouvé une passion toute particulière pour la botanique.
Trois ans plus tard, elle était professeur à Poudlard et mariée à Henry… Ce fut la décision la plus dure à prendre, car même si en effet, Sirius lui manquait cruellement, il n'était pas raisonnable pour une femme, même sorcière, à son époque de vivre seule. Henry la chérissait sincèrement et elle l'aimait beaucoup. Alors, elle accepta sa proposition et savoura son rôle de professeur avec plus de tranquillité.
Tandis qu'elle prenait la direction de la bibliothèque pour récupérer quelques ouvrages sur les plantes sous-marines, elle rencontra deux Serpentards assez jeunes qui semblaient se disputer. Lorsque l'un d'eux proféra une menace, Morgana intervint aussitôt :
-Damoiseau Smith, veuillez vous excuser, ces paroles sont inacceptables.
-Mais, professeur, ce Mr ne veut point me rendre mon ouvrage.
-Ce n'est pas le sien, professeur ! protesta vivement l'autre, de plus, il contient des informations dangereuses.
-Quelles genres d'informations dangereuses, s'enquit la jeune femme en tendant la main pour récupérer le livre.
Rougissant, l'élève lui remit l'ouvrage et répondit :
-Mr Smith pense pouvoir changer le cours du temps.
Morgana sursauta :
-Je confisque cet objet, lança-t-elle d'une voix aïgue et que je ne vous entende point parler de voyage dans le temps. Ceci est impossible !
Sur ces mots, elle fit volte face, le livre collé contre son cœur. Une fois hors de vue, elle pénétra dans la bibliothèque, salua l'homme qui la gardait et alla se cacher derrière quelques étagères.
Ouvrant le livre avec précaution, elle tourna toutes les pages. Avec stupeur, elle arriva au chapitre : « faire apparaître une porte temporelle »… Se pourrait-il que ce livre soit à l'origine de tout ? Serait-ce lui que Ginny avait trouvé en 1997 ? Et si, à présent, son intervention allait une fois de plus changer le cours du temps et empêcher la jeune Weasley de trouver l'ouvrage en question.
Une fois qu'elle eut lut le premier paragraphe, Morgana n'eut plus de doute, sa décision fut prise très rapidement. Elle lança un sort d'invisibilité et réussit à lui imposer un deuxième sort qui romprait le précédent en 1997 permettant ainsi à Ginny de le voir. Ensuite, en se rappelant de ce que la jeune femme lui avait raconté, elle le plaça au hasard sur une étagère espérant qu'un jour, une bibliothécaire future l'encadrent accidentellement de deux gros ouvrages.
Puis, elle prit une forte respiration et tenta de calmer les battements affolés de son cœur. Ses pensées se tournèrent alors Sirius… Avaient-ils, lui et Regulus ouvert le parchemin cacheté qu'elle lui avait remis ?
La jeune femme chassa ses pensées et retourna avec une légère tristesse à son objectif premier : lire des informations sur les plantes aquatiques.
1997
-Mon chéri, vient voir, j'ai enfin terminé mes recherches sur l'arbre généalogique de la famille Olliway depuis le moyen-âge. C'est vraiment très intéressant, tu veux y jeter un coup d'œil ?
Mme Olliway tendit un parchemin à son mari qui lui lança un regard tendre.
La vieille femme avait le visage marqué par l'âge. Ses yeux reflétaient la tristesse d'une vie difficile remplie d'épreuve. Mr Olliway pouvait encore y lire toute la douleur d'avoir perdu ses deux seules filles, mais également le bonheur d'avoir un fils présent et affectueux.
Depuis la disparition de ses jumelles, la mère en peine s'était plongée dans ce travail de recherche généalogique pour se changer les idées.
Le vieil homme prit le livret avec douceur et mit ses lunettes sur son nez. Sa femme vint se placer à ses côtés pour lui commenter ses gribouillis en patte de mouche :
-Tu vois, ici, ce sont les informations les plus anciennes que j'ai trouvé : la famille Olliway était très importante à l'époque et extrêmement riche. Richard et Elisabeth Olliway avaient deux fils et trois filles, dont deux qui moururent très jeunes. Ils possédaient de nombreuses terres, notamment dans le Hampshire. L'un de leur fils, celui dont on descend, se nommait Martin, il épousa une jeune Helen de Bourg extrêmement fortuné. En revanche, son cousin, le jeune Richard, épousa une pauvresse du peuple et fut renié par ses parents. La tradition raconte que ses trois filles furent enlevées et qu'il en mourut de chagrin, l'une d'entre elle d'ailleurs, selon les écrits de Martin junior, l'aîné des Olliway, s'appelait Morgana…
Mme Olliway s'interrompit et ses yeux se remplirent de larmes au souvenir de ses jumelles... Alors, par habitude, son époux posa une main affectueuse sur sa joue, tandis que la vieille femme s'affaissait dans le fauteuil voisin laissant choir le livret de famille sur ses genoux…
Ginny était revenue à Poudlard. Elle s'était installée dans la salle commune de Gryffondor en attendant le retour des élèves. Dumbledore l'avait autorisé à avoir son après-midi de libre pour ingérer toutes les informations qu'elle avait reçu.
A présent, la fin des cours arrivait à grand pas et bientôt les salles communes se rempliraient d'élèves et tout particulièrement de Ron, Hermione, et Harry. L'impatience et la crainte partageaient les pensées troublées de notre pauvre rouquine. Qu'allait-elle encore découvrir ?
