CHAPITRE 12

POV EDWARD

Je n'en croyais pas mes yeux, elle était partie comme ça sous prétexte d'avoir besoin de prendre l'air. Non mais quel culot ! C'est moi qui devrait avoir besoin d'aller m'oxygéner.

Toute cette histoire me bouffait littéralement de l'intérieur. Je ne savais pas ce que je voulais, ce à quoi j'étais prêt.

Pourrais-je accepter d'élever un enfant dont je ne suis pas le père ? Pourrais-je l'aimer comme si c'était le mien ?

J'avais toujours imaginer fonder une famille et le rêve absolu était que Bella soit la mère de mes enfants. Et malgré elle, elle venait de gâcher ce rêve.

Je lui en voulais de me mettre dans cette situation, de nous mettre dans cette situation.

Quand le médecin nous avait annoncé sa grossesse, j'étais fou de joie mais j'étais vite redescendu sur Terre quand on avait prit conscience que nous ne savions pas qui en était le père. La douleur avait pris possession de mon corps, de mon cœur que je n'arrivais même pas à parler.

Cependant, ce que je ne comprenais pas c'est pourquoi mon cœur avait eu un raté quand elle avait demandé combien de temps il lui restait si elle décidait d'avorter ? C'était la solution la plus simple pour tout le monde mais une part de moi qui prenait de plus en plus d'ampleur ce refusait à faire se choix.

J'étais mitigé …

D'un côté, je ne voulais pas de cet enfant car j'ignorais si j'en étais le père biologique et d'autre part, je commençais petit à petit à m'attacher à lui. Je l'imaginais grandir, apprendre à marcher, à parler …

Et c'est là que je pris conscience que la seule chose qui me bloquait même si elle s'avérait assez importante c'est que je ne savais pas si j'en étais le père.

J'avais 50% de chance de l'être. 50%! Autant jouer au loto.

Bella sentait que j'étais son père, elle en était convaincue mais je n'arrivais pas à en être aussi persuadé. Surtout que nous pourrions avoir la réponse qu'au moment où cette enfant viendrait au monde. Pourrais-je attendre aussi longtemps avant de savoir si cet enfant est vraiment le mien ? Je n'en savais rien.

De plus, nous devions prévenir Jacob. Si nous décidions de le garder ou même si nous décidions de mettre un terme à cette grossesse, il était en droit de savoir qu'il avait des chances ou des risques – selon de quel point de vue on se place – d'être père.

Je redoutais sa réaction. J'avais peur qu'il ne veuille assumer son rôle, s'il était le père biologique de l'enfant qui grandissait dans le ventre de la femme que j'aime.

Je ne supporterais pas d'être la troisième roue du carrosse. D'un autre côté, je le prendrais très mal s'il refusait d'assumer les conséquences de ses actes.

Voilà pourquoi j'étais tellement perdu. Je n'arrivais pas à prendre de décisions concrètes et définitives.

Sorti de mes pensées, je vis qu'il était 22h et que Bella n'était toujours pas rentré.

Je me souvenais que conduire lui permettait de faire le point sur ses pensées.

J'avais remarqué cela il y avait quelque temps.

Quand elle avait besoin de s'isoler, elle prenait sa voiture, roulait sans destination précise et réfléchissait.

En général, elle ne partait pas longtemps où si elle voyait qu'elle rentrera un peu tard, elle me prévenait par un texto ou un appel.

22h15.

22h30.

22h45.

23h.

Toujours aucune nouvelle. Je commençais à m'inquiéter. En faite non j'étais mort de trouille. Ce n'était pas normal. Elle m'aurait prévenu même si elle était en colère, elle m'aurait prévenu. Il y avait quelque chose qui n'allait pas.

Je me décidais enfin à l'appeler. En principe, quand elle partait comme cela, je ne l'appelais pas c'est elle qui le faisait. Mais là, je n'avais pas le choix. C'était soit je l'appelais soit je devenais fou surtout sachant dans quel état physique elle était …

Aucune réponse.

J'essayais encore et encore. Toujours rien. Son portable sonnait mais personne ne répondait. Ce n'était pas normal. Putain mais où est-ce qu'elle était ?

J'allais retenter une énième fois quand je vis un numéro inconnu m'appelait. Je décrochais avec rapidité pensant que c'était elle qui m'appelait d'un autre numéro.

Bells c'est toi ? Putain mais tu as vu l'heure qu'il est ? Je suis mort d'inquiétude ! Où est-tu ?

Monsieur ?

C'était une voix féminine qui me répondit et ce n'était pas celle de ma Bella.

Euh … Oui ?

Désolé de vous déranger mais c'est le numéro qui revient le plus souvent dans le portable de Mme SWAN … êtes-vous l'un de ses proches ?

Euh … c'est ma compagne ! Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Où est Bella ?

Je suis désolé mais votre compagne a été admise au Seattle Grace Hospital après un accident de voiture …

QUOI ?

Je lâchais le portable avant de me laisser tomber au sol.

Bella … Accident … Hôpital …

C'est trois mots tournaient en rond dans ma tête.

Elle ne pouvait pas … Ce n'était pas possible … C'était de ma faute … Je n'aurais jamais du l'a laissé partir dans cet état …

Je ne le supporterais pas s'il lui arrivait quelque chose …

Ressaisie toi bon sang ! La femme que tu aimes est à l'hôpital et toi tu t'apitoies sur ton sort ! Relève toi et va la rejoindre ! Elle va avoir besoin de toi !

Je me relevais d'un bond avant de saisir mon portable.

Monsieur, Monsieur vous êtes encore là ?

Oui oui excuse moi … J'arrive, j'arrive … je prend ma voiture et j'arrive !

Très bien, je ...

Je raccrochais sans laisser le temps à la personne de finir sa phrase.

Je pris ma veste, mes clés de voiture et sortis précipitamment de l'appartement.

Une fois dans la voiture, je démarrais et roulais le plus vite possible afin d'être près de mon ange, enfin pas trop afin de ne pas me retrouver aussi à l'hôpital.

Une fois garé sur la parking, je me précipitais vers l'accueil des urgences.

ISABELLA SWAN ! Je viens pour Isabella SWAN, je vous en supplie dites-moi qu'elle va bien … par pitié … dites moi qu'elle va bien …

Les larmes que j'avais refoulé depuis l'annonce de son admission s'écroulèrent sur mon visage. Je n'arrivais plus à respirer.

Mon cœur avait tellement mal. Je ne supporterais pas de la perdre … de LES perdre.

OH MON DIEU ! Le Bébé ! Comment allait le bébé ?

Monsieur s'il vous plaît calmez-vous ?

QUE JE ME CALME ? NON MAIS VOUS DELIREZ OU QUOI ? LA FEMME DE MA VIE QUI PORTE NOTRE ENFANT EST A L'HOPITAL ET VOUS VOULEZ QUE JE ME CALME ?

Je perdais complètement les pédales. Je ne pourrais pas vivre si je les perdais autant l'un que l'autre.

Et c'est là que je pris conscience que peut m'importait que je sois le père ou non de cet enfant, je l'aimais comme si c'était le mien et j'étais prêt à l'élever mais pas sans sa mère surtout pas sans sa mère. Elle m'était vital pour exister dans ce monde et cet enfant aura besoin de ses deux parents voire trois …

Monsieur s'il vous plaît respirez et calmez vous ! Vous êtes dans un hôpital !

Je m'exécutais. Je ne voulais pas me faire virer et ne pouvoir être là pour elle.

Excusez moi … je ne voulais pas …

Ne vous en faites pas, je comprends toute à fait ! Attendez en salle d'attente que le médecin vienne vous voir et vous donne des nouvelles.

Très bien, merci.

Quel est votre nom ?

CULLEN. Edward CULLEN

Très bien. Le médecin viendra vous chercher quand il aura terminé.

Je m'asseyais sur un des sièges de la salle d'attente.

Je détestais les hôpitaux. Il y avait cet aura de peine, de douleur … de mort.

Rien que ce mot me fit frissonner.

Elle ne pouvait pas … si c'était le cas, je l'aurais senti … au plus profond de moi, je l'aurais senti.

Elle fait partie de moi, elle est ma moitié si je l'avais perdu, je le saurais … et il me l'aurait dit.

J'avais peur de ce que l'on allait m'annoncer.

Je n'avais prévenu personne. Je ne savais pas si je devais le faire sachant que personne n'était au courant de sa grossesse. Je ne voulais pas qu'il apprenne comme cela.

J'avais pris ma décision. Je voulais de cet enfant. Qu'il soit de moi ou non, je le voulais. Il était une partie de sa mère qui était une partie de moi. Et peut-être qu'avec un peu de chance il était une partie de moi aussi …

Je voulais lui annoncer. Il fallait qu'elle aille bien. Je devais lui dire que je voulais de ce bébé … de NOTRE bébé.

NOTRE bébé ! Je vais être papa. Cette constatation me fit bondir de bonheur avant de me rappeler que je n'avais aucune nouvelle de ma femme et que je ne savais pas dans quel état j'allais la retrouver. Mon moment de bonheur disparût aussitôt.

Deux heures !

Ça faisait 2 heures que j'attendais. 2 heures que je me demandais pourquoi le médecin mettait autant de temps avant de venir me parler … Était-ce si grave que cela ?

Alors que mes pensées étaient de plus en plus sombre, je sentis une main se poser sur mon épaule. Je relevais ma tête en sursautant.

Excusez moi … Monsieur CULLEN ?

Oui c'est moi, c'est moi

Venez avec moi

Je me levais rapidement afin de suivre le docteur. Une boule se forma dans le creux de mon estomac appréhendant ce qu'il allait m'annoncer.

Il me fit rentrer dans ce que je supposais être son bureau.

Docteur dîtes-moi ce qu'à ma femme, je vous en supplie

Calmez-vous. Je vais vous informer de l'était de votre compagne mais vous devez vous calmez d'accord ?

Oui

Je tentais de contrôler ma respiration qui s'était accéléré depuis que le docteur était venu me chercher dans la salle d'attente.

Mlle SWAN est actuellement en salle de réveil … plongé dans un léger coma …

DANS LE COMA ?

Dans le coma ! Bella, ma Bella était dans le coma …

Je vous ai demandé de vous calmez !

Alors … quand elle est arrivée au urgence, votre compagne, était déjà dans le coma. Les ambulanciers nous ont dit que lorsqu'ils l'ont sorti de sa voiture, elle ne réagissait pas et saignait de la tête.

Dès son admission ici, nous l'avons amené faire un scanner cérébral afin de diagnostiquer son état. Nous avons découvert qu'elle avait un hématome opérable et nous avons réalisé l'intervention immédiatement.

L'opération s'est très bien passé, votre compagne va bien mais il lui faudra du temps pour récupérer …

Ok … donc il n'y a pas eu de complication ?

Non aucune. Nous nous sommes aussi occupé de son poignet gauche. Elle a une légère entorse qui devrait passer rapidement. Nous attendons son réveil. Dès qu'elle se réveillera parce qu'elle se réveillera, nous la garderons un jour ou deux en observations et si tout va bien elle pourra sortir dans la foulée.

Ok …

Je tentais tant bien que mal d'intégrer ce qu'il me disait.

Inconsciente … Scanner cérébral … Hématome … Opération …. Coma … Ça faisait beaucoup à digérer en si peu de temps.

Au final ce qui m'importait c'était qu'elle aille bien, qu'elle se réveille, que je puisse la serrer dans mes bras et m'occuper d'elle et du bébé !

LE BEBE !

Et le bébé comment va-t-il ?

Il va bien. L'airbag l'a protégé tout comme la main gauche de sa mère d'où son entorse à son poignet.

Elle l'avait protégé. Elle avait protégé son enfant, NOTRE enfant.

Quand pourrais-je aller l'a voir ?

Maintenant si vous le voulez. Vous pouvez rester jusqu'à son réveil. Nous allons vous faire installer un lit pour être près d'elle.

Merci docteur d'avoir pris soin d'eux

De rien, c'est mon métier

Je lui souris faiblement avant que nous sortions de son bureau pour nous diriger vers la chambre de ma belle.

Quand j'entrais dans la pièce, mon cœur se serra à la vision que j'avais de mon Amour.

Elle avait une large bande qui faisait le tour de sa tête, une bande à son poignet gauche. Les bip de son cœur et celui de notre bébé résonnaient dans la pièce. Ses sons étaient magnifiques, cela prouvait qu'ils étaient vivants autant l'un que l'autre.

Quand je fus à côté de ma belle, je remarquais sa main droite posait sur son ventre. Même inconsciente, elle pensait à son bébé. Je l'aimais tellement. Je LES aimais tellement.

Je m'assis sur le fauteuil, le rapprochant assez prêt de son lit afin de pouvoir prendre sa main dans la mienne.

J'y déposais un baiser avec toute la douceur dont j'étais capable.

Le médecin avait dit qu'elle se réveillerait mais ne savait pas quand. J'espérais juste que cela n'allait pas être trop long.

J'avais hâte de pouvoir de nouveau plonger dans son magnifique regard chocolat, d'entendre sa voix si douce à mes oreilles, de sentir sa main serrer la mienne, ses lèvres se pressaient contre les miennes.

Mon Dieu, qu'elle me manquait !

Salut ma chérie, c'est moi. Tu sais que tu m'as foutu une de ses trouilles. Ne recommence plus jamais, tu m'entends, je ne veux plus jamais que l'on m'appelle pour me dire que ma femme est à l'hôpital hormis quand tu y mettras au monde notre enfant.

Je me trouvais ridicule de lui parler alors qu'elle ne m'entendait sûrement pas mais j'avais besoin de me confier à elle, j'avais tellement eu peur de la perdre qu'il fallait que je lui parle.

Mes larmes roulaient librement sur mes joues mais je m'en moquais complètement.

Tu sais j'ai énormément réfléchit dans la salle d'attente et je veux de cet enfant. Tu m'entends je veux ce bébé. C'est notre enfant que j'en sois le père ou non. Il est une partie de toi et peut-être une de moi. Je l'espère de tout mon cœur mais dans le cas où ce ne serait pas le cas, je m'en moque car tu seras sa mère. Et j'aime sa mère plus que tout au monde, plus que ma propre vie. Tu es mon essentiel, tu es ma vie mon Amour. Sans toi je ne suis rien. Et je ne supporterais pas de te perdre comme de perdre notre enfant.

Quand l'hôpital m'a appelé pour me prévenir de votre admission, j'ai cru que mon monde allait s'effondrer. Plus rien n'avait d'importance que toi et le bébé.

Je n'ai prévenu personne que vous aviez eu un accident, je n'en étais pas capable et je ne voulais pas qu'ils apprennent ta grossesse dans ses circonstances.

Je veux que nous leur annonçons ensemble, tous les deux. Je veux leur dire que nous allons bientôt accueillir une personne de plus dans notre vie, qu'un bébé allait illuminer notre vie comme tu l'as fait le jour où tu as franchit la porte de mon cabinet.

Je serais un bon père, je te le jure. Tu pourras toujours compter sur moi, notre enfant pourra toujours compter sur moi. Je ne vous abandonnerais pas même pour tout l'or du monde. Vous êtes ma vie maintenant et j'ai hâte que ce petit être naisse afin que je puisse le serrer dans mes bras et lui faire découvrir le monde dans lequel nous vivons. Il sera heureux. Il sera le bébé le plus heureux au monde, tu seras la mère la plus formidable qui puisse exister tout comme je serais le papa le pus génial de l'univers.

J'avais eu l'espoir qu'elle me réponde mais je savais qu'il lui fallait du temps. Du temps pour que son corps guérisse de ses blessures.

J'avais passé l'une des pires nuit de ma vie. Même quand nous nous étions éloignés suite à son retour de Vancouver et que nous dormions plus ensemble, les nuits étaient difficiles mais légèrement supportable.

Là c'était horrible. La voir si faible, si éteinte …

Tous ses « bips » qui emplissait la pièce me rassurait mais il me rappelait que j'avais pu la perdre. J'étais au aguets. Surveillant que tout se passe bien pour elle comme pour le bébé.

3 Jours !

Il lui a fallut 3 jours pour se réveiller.

Ça été les 3 plus longs jours de ma vie. Je n'étais pas allé bosser. Je ne m'en sentais pas capable. Je n'aurais pas été productif de toute façon.

J'avais coupé mon téléphone pour n'être dérangé par personne et ne souhaitant prévenir nos proches de cet accident.

Je continuais de lui parler. De lui dire combien je l'aimais elle et le bébé. Que je serais toujours là pour eux. Qu'elle pouvait compter sur moi. Que j'essayerais d'être un bon père pour notre enfant.

Je sais … que tu seras … un merveilleux … papa … je n'en ai jamais … douté …

Je relevais ma tête au son de la voix de mon ange. Elle me regardait les larmes aux yeux, je compris donc qu'elle m'entendait quand je lui parlais …

Oh mon ange ! Tu m'as tellement fait peur. Je t'en pris ne me refait plus une telle frayeur !

Je te le … promets …

Ne parle pas trop, tu as eu une commotion cérébrale, les médecins ont du t'opérer mais tu vas bien et le bébé aussi.

Tu veux vraiment … de ce bébé ?

Oui je le veux … C'est NOTRE enfant mon Amour et je veux pouvoir l'aimer comme j'aime sa mère.

Je suis sûre … que tu es … son père …

On en parlera plus tard, repose toi d'accord ?

Hum …

Je lui embrassais le front avant qu'elle ne replonge vers un sommeil réparateur.

La femme de ma vie allait bien tout comme l'enfant qu'elle portait et c'était ce qu'il y avait de plus important … le reste n'était rien comparé au bonheur que je ressentais quand je posais ma main sur le cœur de mon Ange et l'autre sur son ventre où bientôt notre petit trésor sera parmi nous ….