DISCLAIMER : Cette fiction est une traduction de A Shot in the Dark par Silver_pup disponible en anglais sur ffn et sur ao3

Cette traduction est aussi disponible sur AO3.

Je ne possède ni cette histoire ni l'oeuvre originale du hobbit, seulement la traduction en français du texte


Avant de pouvoir s'y être préparé, ils se retrouvèrent en route vers les trolls.

« Nous allons camper ici pour la nuit, » Déclara Thorin alors qu'ils s'approchaient de ce qui ressemblait à une maison de fermier brûlée.

Gandalf s'arrêta et fixa les restes squelettiques du bâtiment avec les sourcils froncés. Bilbo savait qu'il se souvenait du fermier et qu'il allait faire part de ses inquiétudes au roi. Il se rapprocha silencieusement alors que le sorcier et le nain commençaient à parler.

« - devrions aller à Rivendell. Nous serions bien accueillis par Lord Elrond - » Essayait d'expliquer Gandalf avec impatience, et une colère grandissante.

« Non ! » Coupa Thorin, faisant un geste brusque de la main. « Les elfes n'ont pas essayé de nous aider il y a des années, et je doute que cela change. Arrêtez, Gandalf. »

Les lèvres de Gandalf devinrent pincées alors qu'il penchait son chapeau. Le hobbit reconnut le signe et attrapa immédiatement le bras du sorcier alors qu'il essayait de s'éloigner.

« Attendez une minute, où allez-vous ? » Demanda Bilbo, s'assurant que sa voix soit plus aigüe.

« Je vais avec la seule personne avec du bon sens – moi-même ! » Déclara le sorcier, avant d'essayer de libérer son bras.

Il n'allait pas le laisser faire. Le hobbit enfonça ses talons dans la terre et montra les nains autour d'eux. « Vous ne pouvez pas nous laisser sans protection ! Et si nous sommes attaqués ? »

« Nous ne sommes pas sans protection, » Craqua Thorin derrière lui. « Vous êtes entourés de vétérans qui ont survécu à de nombreuses batailles, halfling, grâce à leurs talents - »

« Je n'ai jamais vu ces talents, » Interrompit-il, coupant le roi comme il avait coupé Gandalf plus tôt. « Nous sommes sur la route depuis des semaines et pas une fois vous ne vous êtes battus. Pour tout ce que je sais vous pourriez être aussi doués au combat qu'un orc au tricot. »

Pas loin, Bofur et Nori eurent soudainement une mystérieuse crise de toux.

« Non, je me sentirais bien plus en sécurité s'il y avait un sorcier présent pendant que nous essayons de comprendre pourquoi cette maison au milieu de nulle part à brûler récemment, » finit-il, appuyant la dernière partie car les nains ont besoin qu'on leur épelle les choses. « Et vous Gandalf, vous ne devriez pas errer seul considérant que nous entendons des wargs hurler depuis plusieurs nuits. Oh, et regardez-moi ça – le soleil se couche. »

A ce moment-là, toute la compagnie s'était arrêtée pour regarder la scène avec des expressions mitigées. La plupart semblaient proche du rire mais étaient capable de le contrôler. Fili et Kili avaient abandonné arrêté de prétendre qu'ils ne trouvaient pas la situation drôle, et ricanaient comme des enfants l'un contre l'autre. Thorin était devenu très, très immobile, et devenait rose. Bilbo pensa que la nuance complimentait joliment le bleu de ses yeux, mais il ne pensait pas que le nain apprécierait le compliment à ce moment.
Ou à un autre.

« Bilbo, est-ce que vous vous sentiriez plus en sécurité si je restais ? » Questionna Gandalf, posant une main sur ses boucles. Son visage était un masque d'inquiétude, mais Bilbo pouvait voir les étoiles dans ses yeux. Le sorcier était probablement en train de rire intérieurement.

« Oui, » Déclara-t-il fermement.

« Alors je vais rester, » Acquiesça le sorcier, regardant le roi nain pour le fusiller du regard. « Pour le moment. »

Bilbo laissa tomber ses épaules, soulagé. « Merci. »

Thorin les fusilla du regard avant de se tourner vers ses neveux, « Fili ! Kili ! Surveillez les poneys ! Les autres montez le camp ! »

Les deux frères arrêtèrent immédiatement de rire.

Il lâcha enfin le sorcier alors que les nains autour d'eux commençaient leurs tâches. Gandalf lui lança un sourire auquel il répondit facilement.

« Vous continuez à me surprendre, Bilbo Baggins, » Commenta-t-il, ses yeux toujours brillants. « Je pense que nous sommes en route pour une grande aventure. »

Oh, Gandalf, les vraies surprises n'ont pas encore commencées.


Quand vint le moment de livrer leurs repas à Fili et Kili, Bilbo se porta volontaire.

« Ça ne me gêne pas. Comme ça je vais pouvoir m'occuper de Myrtle, » Expliqua-t-il à Bombur en prenant les bols.

« Très bien alors. Mais vite, avant que ta nourriture ne refroidisse, » Conseilla le cuisinier, mettant déjà de côté un bol pour le hobbit alors que le reste des nains s'approchaient de la nourriture.
Il hocha la tête et s'éloigna.

Quand il trouva les deux frères, il se disputaient à voix basse et se frappaient à l'épaule à tour de rôle. Il attendit qu'ils le remarquent, et quand ils ne le firent pas, il s'éclaircit la gorge pour attirer leur attention. Ses actes les firent sursauter et ils se tournèrent pour le regarder.

« Messieurs, » Les salua-t-il en tenant leurs bols. « Je vous amène votre repas. »

« Oh, regarde ça, Kili, notre cambrioleur nous a amené notre dîner » Dit Fili avec une joie fausse. « Comme c'est gentil de sa part ! »

« Oh, oui, très gentil de sa part, » Acquiesça Kili en hochant la tête avec enthousiasme.
« Nous allons juste les récupérer, et vous allez pouvoir y aller, » Ajouta Fili avec le même ton, avant de s'avancer pour prendre les bols.

Bilbo recula d'un pas et leur lança un regard terne. « Qu'est-ce que vous avez fait encore ? »

Fili se recula en fronçant les sourcils. « Quoi ? Je n'aime pas ce ton. N'assumez pas que nous faisons quelque chose de stupide dès que nous sommes seuls. »

« Mais nous avons bien perdu quelques poneys » Admit son petit frère.

Fili lui frappa immédiatement le bras. « Kili ! »

« Eh bien, c'est vrai ! » Se défendit Kili, se frottant le bras. « Nous pouvions lui dire, puisqu'il était déjà là. »

« Vous avez perdu - ? Combien en avez-vous perdu ? » Demanda le hobbit en posant les bols sur une souche à proximité.

« Deux, » Admit Fili. « Nous les cherchons et nous pensons qu'ils ont été volés. »

« Par qui ? Il n'y a personne ici à part nous, » Pointa-t-il.

Kili pointa les arbres retournés et la nature abîmée. « Nous pensons que c'est ce qui a fait ça. »

Bilbo suivit la direction du doigt et leva les sourcils. « Mon dieu. »


Il laissa les deux frères le tirer pour poursuivre les trolls comme la première fois. La seule différence étant qu'à leur arrivée, il ne les laissa pas le pousser vers les poneys.

« Je ne vais pas là-bas seul et sans plan, » Raisonna-t-il. « Il y a trois trolls et je suis juste un hobbit. »

« Tu es aussi notre cambrioleur et connu pour être silencieux. Ce serait une bonne chance de te prouver aux yeux des autres, » Rétorqua Kili.

« Ou me faire manger, » Répondit le hobbit avec une fausse douceur. « Ecoutez, je vais essayer de libérer les poneys si l'un d'entre vous va prévenir les autres, et si l'un d'entre vous reste ici pour m'aider. »

Fili et Kili se regardèrent. Le blond leva un sourcil alors que l'autre haussait les épaules en désignant ses propres vêtements. Fili hocha la tête en réponse et tapota l'une de ses nombreuses lames. Bilbo regarda l'échange informulé avec intérêt. Il se souvenait les avoir déjà vus faire ce genre de chose auparavant, mais il n'y avait jamais vraiment prêté attention. Mais maintenant, il réalisait à quel point ils étaient synchronisés s'ils pouvaient lire les pensées de l'autre avec des gestes aussi simples.

Pas étonnant qu'ils soient morts ensembles, réalisa-t-il avec tristesse.

« Je vais rester avec toi pendant que Kili va chercher les autres, » finit par dire le plus vieux des deux.

« Je reviens vite, » Promis le brun, se levant et courant silencieusement vers le camp.
Fili regarda son frère disparaître dans la forêt avant de se tourner vers le hobbit. « Ok. Quel est votre plan ? »

Bilbo sourit. « Eh bien, d'abord, je dois me faire capturer. »


C'était facile de s'introduire dans le camp des trolls sans qu'ils ne le remarquent.

« Bonjour, » Salua-t-il, agitant un bras et sautant légèrement pour attirer leur attention.

Les trois trolls se tournèrent vers lui et se levèrent immédiatement.

« Regardez ce que nous avons-là » Dit l'un, se penchant pour l'attraper d'une poigne qui pouvait lui briser les cotes au moindre tremblement.

« Qu'est-ce que c'est ? » Se demanda un autre, se rapprochant pour le fixer. « Je n'en ai jamais vu. »

« Je suis un hobbit, » Répondit Bilbo avec une voix calme qui contrastait avec son cœur affolé. « Qu'est-ce que vous êtes tous les trois ? »

« Nous… Nous sommes des trolls, » Répondit le dernier, le fixant avec une expression surprise. « Tu n'as jamais vu de troll ? »

« Non. Vous n'avez jamais vu de hobbit ? » Rétorqua-t-il.

Les trolls le fixèrent.

« Pourquoi est-ce que tu n'as pas peur de nous ? » Demanda celui qui le tenait.

« Avoir peur de vous ? » Répéta le hobbit, clignant des yeux.

- Smaug est large. Plus large qu'une maison, qu'un ours, ou qu'une montagne. Il se penche au-dessus de lui d'une manière qui lui fait penser que le dragon pourrait bloquer le soleil juste en se redressant. Il peut voir son reflet dans un œil ambre qui est presque aussi large qu'il est grand. Il réalisa exactement à quel point il était petit et pâle et pathétique, et il eut froid d'une manière telle que la neige ne pourrait jamais –

- Thorin tombe et ne se relève pas. Il ne bouge pas, ne tressaille pas, ne remue pas. Quelque chose en lui s'éveille et rugit-

- l'anneau murmure des promesses des promesses de liberté, des promesses de pouvoir, et des promesses de résurrection. Il ignore les murmures et essaye d'ignorer le sentiment dans son estomac-

- Frodo ajuste la chemise de mithril qui atteint ses cuisses. Elle pend maladroitement sur son corps, et il ressemble à un enfant qui joue à la poupée. Quand Frodo le regarde et croise son regard, il voit en eux une force que lui-même n'a jamais possédée. Cette force arrête son cœur parce que c'est une force qui demande une vie en retour-

« Non, » Dit Bilbo avec un sourit qu'il savait aussi tordu que les vignes dans son jardin. « Non je n'ai pas peur de vous trois. »

Les trois trolls eurent l'air atterrés.
« Mais… mais tu devrais avoir peur de nous ! » S'écria le deuxième, comme si son monde venait d'être renversé.

« Oui, tu devrais avoir peur de nous ! » Acquiesça le premier en le secouant. Bilbo sentit et vit son monde se retourner, et il fit de son mieux pour contrôler son estomac.
« Mettons-le dans le pot. Ça devrait lui faire peur, » Suggéra le troisième – et le plus intelligent évidemment – troll avec un sourire qui montrait ses dents jaunes.

« Si vous voulez me manger, je vous conseille de me faire rôtir. » Suggéra-t-il alors qu'ils l'emmenaient vers leur pot. « Comme ça vous ne perdrez pas le jus de la viande. »

« Tu sais cuisiner ? » Questionna le troisième, s'asseyant devant son pot.

Il hocha la tête. « Oh oui. Dites-moi, quel goût à votre soupe actuellement ? Je peux peut-être vous recommander quelques herbes et épices à ajouter. »

Les trolls le fixèrent puis se regardèrent avant que le premier ne hausse les épaules et pose le Hobbit devant le pot. Il prit la louche en bois et prit une gorgée de la soupe, avant de grimacer.

« C'est affreux ! Qu'est-ce que vous avez mis dedans ? » Demanda le premier troll au troisième.

« La même chose que d'habitude ! » Clama le troisième alors que le deuxième essayait la soupe à son tour.

« Oh ! Il a raison ! » Acquiesça le deuxième, lançant la louche et se frottant la langue comme s'il pouvait essuyer le goût.

Le troisième troll essaya enfin la soupe lui-même et eut à son tour des haut-le-cœur.

Bilbo se leva lentement et s'éloigna de quelques mètres alors que les trolls commençaient à s'attraper la gorge, et à vomir. Le premier s'effondra sur ses genoux et commença à s'étouffer sur le sang et le vomi que son corps continuait à lâcher. Le second et plus petit s'était déjà effondré, et était pris de convulsions sur le sol. Le troisième était le seul à faire attention à lui.

« Tu… Hobbit tu… a-as fait quelque chose à la soupe, » Haleta le troll, le pointant du doigt en tentant de se relever.

Il se montra du doigt et haussa les sourcils. « Moi ? Oh non, ce n'était pas moi. Je n'ai rien fait à votre soupe. »

« Vrai. C'était moi. »

Fili sortit de la forêt et le rejoignit. Il avait une expression dégoûtée en regardant les trolls.

« Je n'arrive pas à croire que ça ait marché, » Commenta-t-il.
Bilbo hocha la tête. Il était lui-même surpris par la facilité de l'opération. « Tu penses que nous devrions les achever ? »

Fili observa les créatures gémissantes un moment avant de hocher la tête. « Oui. Couvre mes arrières un instant. »

Que les trolls ne voient ni ne combattent le nain qui s'était approché d'eux pour les tuer prouvaient à quels points ils étaient malades. Le seul à l'avoir remarqué était le troisième, et même ses tentatives de se protéger étaient faibles. Fili mit fin à ses jours facilement.

Alors que le blond s'occupait des trolls, Bilbo retourna au camp des trolls et commença à s'occuper des cordes qui retenaient les poneys. Alors qu'il défaisait le dernier nœud, le reste de la compagnie arriva avec les armes à la main avant de s'arrêter en voyant les trolls déjà morts.

« Fili ! » Kili sauta au-dessus des corps et alla voir son frère. « Tu as fait tout ça ? »

« Pas seul, » Répondit son frère en essuyant sa lame. « C'était une attaque jointe. »

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » Demanda Thorin, allant aussi voir son neveu, mais à un rythme plus lent.

« Nous avons empoisonné les trolls, » Répondit Fili en haussant les épaules.

Les nains et le sorcier le fixèrent.

« Avec quoi ? » Se demanda Balin.

« Aconit, belladone et pois rouge, » Lista le hobbit.

« Où est-ce que vous avez trouvé ces plantes ? » Demanda Oin alors que Nori et Bombur étaient bouche bée. Ils étaient les seuls à réaliser à quel point ces plantes étaient léthales.

Bilbo leur lança un regard de surprise exagéré. « Mais enfin, sur les chemins que nous prenons bien sûr ! Ce n'est pas dur de les trouver si l'on sait où regarder. »

« Alors tu as récolté ces plantes puis a empoisonné les trolls avec ? » Résuma Kili, regardant son frère pour confirmation.

Le prince haussa les épaules. « C'est ça. Notre cambrioleur à distrait les trolls pendant que je m'introduisais pour ajouter les herbes à leur soupe. Puis il a fait en sorte qu'ils la goûtent, et le reste… et bien le reste est évident. »

Les nains et le sorcier continuèrent à le fixer.

« Maître Bilbo… Comment avez-vous distrait les trolls ? » Demanda doucement Ori, les yeux écarquillés.

« Ha ! C'est la meilleure partie. Il leur a juste parlé ! » Venta Fili. « Je suis presque tombé quand j'ai vu qu'il les avait laissés le ramasser. Il les a même conseillés sur la meilleure manière de le cuisinier ! »

Les yeux d'Ori s'écarquillèrent encore plus. « Wow, Monsieur Bilbo, c'est très courageux ! »

Bilbo bougea, gêné par les compliments. Il n'était pas courageux, pas vraiment. Gandalf était courageux. Thorin était courageux. Frodo était courageux. Punaise, Samwise était courageux. Mais lui ? Il n'était pas courageux. Sinon il n'aurait pas envoyé son neveu au Mordor avec son anneau.

« Bilbo, pourquoi avoir fait une chose pareille seul ? » Demanda Gandalf en fronçant les sourcils.

Il haussa les épaules. « Ils allaient manger les poneys. Nous n'avions pas le temps de vous attendre. »

« Alors vous auriez dû envoyer Fili pour les distraire. C'est un combattant plus expérimenté, » Pointa Balin.

« Non. Je ne voulais pas mettre Fili en danger de cette manière. » Dit fermement le hobbit en secouant la tête. « Il est trop important pour mourir comme ça. »

Les nains se turent. Tous sauf un.

« Pourquoi avoir cueilli ces plantes ? » Demanda Thorin. Pour une fois il ne regardait Bilbo comme s'il était de la terre sous sa botte. A la place, il avait l'air pensif alors qu'il fixait le hobbit de ses yeux bleus.

Bilbo avala sa salive. « Parce que je suis un hobbit. Je ne suis ni un guerrier ni un maître cambrioleur. Je suis juste un hobbit et je dois me protéger par mes propres moyens. J'ai choisi de le faire ainsi. »

Thorin le fixa un moment. Il ne pouvait pas dire ce que le nain pensait de ses paroles, mais il pouvait dire que le roi n'était pas agacé par ses actions. Le hobbit décida de le compter comme un grand pas dans la bonne direction.

Finalement Thorin regarda les autres et pointa les trolls. « Fouillez les alentours. Trouvons exactement comment ces trolls sont arrivés ici. »