Bonjouuuuuur !
Alors, pour commencer, comme d'habitude : DÉSOLÉE DE CE RETARD. A chaque fois, je fais des promesses de publication rapide et... c'est toujours un échec. Lot de consolation : le chapitre est très loooonnng. Et j'espère qu'il vous plaira (et vous divertira pendant cette période de confinement).
N'hésitez pas à me donner votre avis, je suis toujours super contente et curieuse de lire vos commentaires ! D'ailleurs merci à ceux qui laissent des reviews anonymes également : Celeste57, Samantha, Mimi, Cramille, 06Caprica, Lue Chou, Coralie et Ilona !
Petite info : Ivana Jones, l'ex petite-amie de Luke Thompson, a été rebaptisée Ali Jones. Parce que sinon on la confond avec Havana Klein (la belle Serdaigle, pseudo plan cul de Sirius).
Et comme j'imagine que ces noms ne vous disent plus rien du tout après tout ce temps, voici un petit récap :
ISIS AMATT : Poufsouffle de 6ème année. Son père est indien et Moldu et sa mère anglaise et sorcière. En quelque mot Isis est l'ex-copine de James Potter (très populaire) qui l'a largué sans ménagement pour Lily Evans. Elle est brune, peau mate et ma foi, fort jolie. Elle a fini par l'oublier, notamment grâce à Sirius. Elle « sort » actuellement avec Luke Thompson, sans prises de tête. Les prises de tête viennent plutôt de Sirius, avec qui ça commence à devenir franchement ambigu.
AUDRINA MORRISON : Poufsouffle de 6ème année et meilleure amie d'Isis. Blonde et préfète, elle est plus modérée qu'Isis, voire un peu "coincée". Elle se dispute très souvent avec Amos Diggory . Elle est "en couple" avec Tom Abercrombie, son premier copain mais ça ne se passe pas très bien, notamment parce qu'Audrina n'arrive pas à se détendre.
PENELOPE SCHOONMAKER : Poufsouffle de 6ème année qui partage aussi leur dortoir. En deux mots elle est exubérante et très « Poufsouffle ». Elle sort maintenant avec Smoke.
SEBASTIAN « SMOKE » HUNTER : Ex-petit ami d'Isis. Un 7ème année accro à la fumette, un peu artiste et meilleur pote de Diggory. Il entretient de bons rapports avec Isis et sort maintenant avec Penelope.
AMOS DIGGORY: 7ème année et capitaine de l'équipe de Quidditch de Poufsouffle donc populaire, coureur de jupon et bon vivant. Actuellement célibataire, il est encore plus enclin à emmerder Audrina, la préfète coincée. Sa grand-mère est malade et il s'en est confié à Audrina... et en a profité pour l'embrasser.
LUKE THOMPSON : 7ème année de Serdaigle et membre de l'équipe de Quidditch. D'origine australienne, il est plutôt populaire et très mignon. Sur les conseils de Sirius, Isis s'était rapprochée de lui lors d'une soirée. Ils ont décidé de se voir de temps en temps sans être vraiment « en couple ». Son ex petite-amie, Aly Jones, l'a découvert et a l'air de le prendre assez mal.
TOM ABERCROMBIE : Poufsouffle de 6ème année avec qui Audrina est en couple depuis le Bal. Il est très gentil et prévenant mais ne comprend pas les distances que met Audrina et perd patience.
Le terrain de Quidditch était plein à craquer et il était difficile de discerner des visages familiers parmi la foule qui criait. Au centre du terrain, Isis était allongée au sol, ne portant rien d'autre qu'une brassière de sport et un petit short. Ses cheveux étaient attachés très haut sur sa tête en un chignon dont quelques mèches s'échappaient. Elle était recroquevillée sur elle-même et son joli visage était déformé par la douleur.
Un cognard venait de la percuter à pleine vitesse.
- Pourquoi t'as fait ça, s'exclama-t-elle difficilement. J'ai mal...
Non loin d'elle, des membres de l'équipe de Quidditch de Gryffondor et de Serdaigle volaient au ras du sol. Il y avait notamment Gavin Strong et Luke Thompson. Ce dernier descendit de son balai et s'approcha de l' Indienne pour l'aider à se relever.
Soudain, Isis ne portait plus sa tenue de sport mais la longue robe rouge qu'elle portait au bal du mois d'avril. Elle n'avait plus mal.
- Whoa, s'exclama le garçon en applaudissant.
Isis, flattée, tournait sur elle-même, arborant un grand sourire. Elle se mit de dos et dégagea sa longue chevelure brune pour dévoiler le dos nu de sa robe.
- Ca te plait ? Demanda-t-elle.
Sa voix cassée, si sexy, prenait volontairement des intonations coquines. Mais ce n'est pas à Strong qu'elle s'adressait. Non, c'était à James Potter, qui s'approchait d'elle en tenue de Quidditch. Il parut hésiter un instant puis finit par poser sa main sur le dos de la jeune fille et baisser la fermeture de sa robe.
Le tissu descendit lentement, très lentement, le long des hanches de la Poufsouffle, laissant apparaître un soutien-gorge bleu familier.
- Je préfère comme ça, souffla James à son oreille.
Un bruit strident retentit soudain, réveillant Sirius en sursaut, le souffle court.
Il ouvrit le rideau de son lit d'un geste brusque.
- Je t'ai réveillé ? Désolé... fit Remus en éteignant son réveil. Je voulais être sûr de me lever pour réviser.
Sirius grogna et regarda l'heure. 8 heures.
- Alors c'était comment la soirée de Diggory ? Reprit Remus, ignorant la mauvaise humeur de son ami.
- Nul, répondit sèchement Sirius en refermant les rideaux autour de son lit.
!°-°!
Isis papillonna des yeux. Une lumière désagréable, qui s'avérait assez simplement être la lumière du jour, l'avait réveillée alors qu'elle n'aurait pas dit non à quelques heures de sommeil en plus. Elle maugréa dans sa barbe. Elle avait bêtement oublié de fermer les rideaux entourant son lit en se couchant la veille.
La veille.
L'anniversaire d'Amos.
Sirius.
Elle sentit son ventre se contracter. Malgré les quelques verres d'alcool, les évènements de la veille étaient terriblement nets dans son esprit. Elle enfonça son visage dans son oreiller en gémissant.
Oui, Sirius lui plaisait. Difficile de le nier quand le seul fait de repenser à la danse de la veille accélérait les battements de son cœur. Il lui plaisait depuis un petit moment déjà. C'était venu tranquillement, progressivement, presque sournoisement. Ah sacré Sirius. Alors il était vraiment irrésistible, hein ? Ce n'était pas juste un mythe. Même Isis était tombée dedans, c'était officiel.
Elle sortit le nez de son oreiller, histoire de respirer, et croisa le regard de Pénélope, fraichement sortie de la douche et encore dégoulinante. Il n'y avait qu'elles deux dans le dortoir. Audrina et Harriet étaient probablement déjà en train de réviser.
- T'es réveillée, constata son amie, en s'approchant d'un pas rapide.
Penelope affichait un air carnassier tout sauf rassurant.
- Faut qu'on parle, déclara-t-elle en posant ses fesses mouillées sur le lit d'Isis.
- Mmm... Est-on vraiment obligées ? hésita Isis.
- Oh que oui ! S'exclama Penelope. Si il se passe quelque chose avec Sirius Black, t'es obligée de me le dire ! Je veux être au courant !
Isis éclata de rire. Penelope était la reine du drame et de l'exagération. Celle-ci lui renvoya un regard empli d'excitation. Elle ne tenait plus en place. Déjà hier soir, elle avait tanné Isis, qui, dans un bel élan de lâcheté, avait choisi de fuir dans son dortoir.
- Pene, laisse-moi, se marra Isis en mettant des petits coups de pieds à son amie.
- Non, dis-moi, dis-moi, dis-moi, dis-moi, implora la jeune fille, joignant ses mains en signe de prière.
Isis soupira. Autant lui dire ce qu'elle voulait entendre et faire en sorte que cette conversation se termine rapidement.
- Oui ! Oui, j'admets que Sirius me plait vraiment beaucoup, déclara Isis, sur un ton morne.
Le dire à voix haute fit une drôle de sensation à Isis. C'était à la fois libérateur et complètement effrayant. Penelope éclata de rire.
- Oui, merci, mais ça me semblait évident, ça. Ce que je veux savoir c'est si c'est réciproque ! S'enquit Penelope.
- Comment tu veux que je le sache, grogna Isis, qui ne voulait pas trop se poser cette question.
Harriet interrompit la conversation en déboulant dans le dortoir. Lorsqu'elle aperçut Penelope et Isis, son visage devint rouge de colère.
- Vous êtes réveillées, parfait ! J'ai deux mots à vous dire ! commença-t-elle d'une voix où l'on devinait la colère contenue.
Penelope lança un regard moqueur à Isis, qui leva les yeux au ciel, indifférente.
- Quand vous rentrez dans le dortoir à plus de 2h du matin en faisant du bruit parce que vous êtes encore saoules, c'est PAS CORRECT ! fulminait-elle. Surtout à une semaine des examens !
Au fond, elle n'avait pas tort. Mais c'était Harriet-l'abjecte, donc hors de question de l'avouer et pas question de s'excuser.
- Donc je vous préviens, la prochaine fois que ça arrive, j'en parle au Professeur Chourave, menaça Harriet.
Elle attrapa un bouquin sur sa table de chevet et repartit d'où elle venait. Isis et Penelope pouffèrent de rire. Rien de tel qu'une crise de leur camarade de dortoir pour bien commencer la journée.
- Bon et du coup, qu'est-ce que tu comptes faire ? Reprit Penelope.
- C'est à dire ?
- Ben par rapport à votre rapprochement d'hier...
- Rien... déclara fermement Isis en sortant de son lit pour clore la conversation.
- Comment ça rien ? S'offusqua Penelope. Attends, tu vas où ?
- Sous la douche !
- On va pas en discuter alors ?
- Discuter de quoi ?
- De Sirius et toi, hier soir.
- On vient de le faire.
- Mais t'as pas dit ce que tu comptais faire...
- Ce que je comptais faire par rapport à quoi ?
- On est en train d'avoir la même conversation en boucle là ou quoi ?
Isis lui adressa un sourire innocent et s'enferma dans la salle de bain. De l'autre côté de la porte, Penelope soupira et s'avoua vaincue.
#-°-#
Le lendemain, la semaine commença sur les chapeaux de roues. Isis réalisa enfin, et avec effroi, à quel point les examens étaient proches. Elle n'était probablement pas la seule car elle trouva l'ambiance un peu morose dans les couloirs. Et la météo n'arrangeait rien. Malgré le fait qu'on était au mois de juin, le ciel restait obstinément gris, ce qui ne faisait que déprimer un peu plus les élèves.
A midi, Isis, Audrina et Penelope prirent place près de Amos, Smoke et leur joyeuse bande à la table des Poufsouffles. Tous avaient de grosses cernes sous les yeux et semblaient amèrement regretter leurs excès du week-end. Amos, qui avait particulièrement abusé sur l'alcool sous prétexte que c'était son anniversaire, paraissait le plus abattu. Pour eux, c'était les ASPIC qui les attendaient la semaine prochaine. Ils étaient d'ailleurs en train d'en parler à l'arrivée des filles.
- J'essaie de bosser. Je vous jure que j'essaie. Mais j'arrive pas à retenir quoi que ce soit... se plaignait Smoke. J'ai l'impression que mon cerveau est saturé.
- N'importe quoi, se moqua Amos.
- Mais je suis sérieux ! J'ai déjà oublié ce que je venais d'apprendre il y a un quart d'heure. J'ai tout oublié. D'ailleurs pas seulement mes cours. Tout.
Tout le monde ricana.
- Comment tu t'appelles déjà ? Demanda-t-il en se tournant vers Penelope.
Cette dernière lui mit une claque derrière la tête tandis que ses amis riaient. Plus Isis les voyait ensemble, plus ça lui semblait naturel. Ils allaient vraiment bien ensemble. Qui l'aurait cru il y a quelques semaines ?
Le sujet dévia ensuite sur le peu de chance qu'avaient les Serpentards de gagner la coupe des quatre maisons cette année. Isis coula un regard vers les sabliers et constata sans grand intérêt que Poufsouffle était encore dernier. Avec à peine plus de points, Gryffondor était à la 3ème place puis Serpentard et Serdaigle. Malgré la victoire de Gryffondor au tournoi de Quidditch, ils perdaient trop de points en punitions.
Par association d'idées, Isis glissa un regard vers la table des Rouges et or et chercha Sirius du regard. Il était assis dos à elle avec les Maraudeurs et le groupe de Lily Evans. Marlene McKinnon était assise à côte de lui, révisant ses parchemins, et il se penchait vers elle de temps en temps pour lire par-dessus son épaule. C'était un rapprochement complètement innocent mais Isis réalisa que ça lui faisait une sensation moyennement agréable. Elle détourna le regard.
Après le repas, Audrina insista pour aller réviser à la Bibliothèque et parvint à convaincre ses deux amies de l'y accompagner. Elles avaient trois heures de libre avant le cours de Botanique et Audrina était bien décidée à les rentabiliser.
En chemin, Penelope donna un petit coup de coude à Isis pour attirer son attention sur une scène un peu plus loin. L'indienne plissa les yeux et reconnut Luke et une autre personne, de dos. Elle se rendit compte que ce dernier lui était totalement sorti de l'esprit ces derniers jours. Pas cool.
- Il parle avec Aly Jones, non ? C'est son ex, fit Penelope.
Isis confirma d'un hochement de tête et continua de les regarder, un peu curieuse. De leur langage corporel, on comprenait assez aisément qu'ils s'engueulaient.
- C'est pas la première fois, fit Audrina en s'intéressant également à la scène.
- Ah bon ? S'étonna Isis.
Audrina haussa les épaules. Elle allait ajouter quelque chose quand Amos et Smoke, qui marchaient un peu derrière, arrivèrent à leur niveau.
- Et ben... c'est pas la joie ici, commenta Smoke en embrassant Penelope sur la tempe.
- Ils s'engueulent à cause de toi Isis ? ricana Amos en ébouriffant les cheveux de l'indienne. Petite coquine !
Isis leva les yeux au ciel en remettant ses cheveux en place. Amos et les autres étaient au courant que Luke et elle se voyaient de temps en temps et c'était devenu un petit sujet de plaisanterie pour eux.
Mais Amos n'avait probablement pas tort. Jones avait eu l'air de prendre assez mal de voir son ex avec une autre fille, la semaine précédente. Il était possible que ce soit l'objet de leur dispute. Isis refusa d'y penser. Suffisamment de choses lui prenaient la tête en ce moment.
- Bon, on arrête de les regarder ? Fit-elle en tirant le bras d'Audrina pour que toute la petite troupe reprenne son chemin.
Amos et Smoke bifurquèrent pour retourner dans la salle commune alors que les trois filles rejoignirent la Bibliothèque. Harriet l'abjecte était assise toute seule à une table, par conséquent, les trois filles s'installèrent à une table diamétralement opposée.
Une heure plus tard, il y eut des bruits de chaises non loin d'elles. Isis releva la tête et vit les Maraudeurs debout près d'une table occupée par deux Serpentards. Une scène tout à fait classique de confrontation Gryffondor-Seprentard. D'autant plus classique que l'un des Serpentards était Severus Rogue. James et Sirius, dans un caprice, exigeaient des deux garçons qu'ils dégagent et leur laisse la table.
- On t'a dit de bouger de là, Rogue. Pardon mais t'as cru que c'était une suggestion ? Fit Sirius d'une voix mi-lasse, mi-méprisante.
Voyant qu'ils commençaient à être l'objet de l'attention des élèves autour, les deux Serpentards décidèrent de prendre sur eux et libérer leur table, rouges de colère et d'humiliation. Comme si ça ne suffisait pas, James fit tomber le chapeau de sorcier de Rogue d'un coup de baguette quand ce dernier passa près de lui. Cela fit sourire Sirius, qui prenait déjà place sur une des chaises en bois. Isis le regarda passer une main dans ses cheveux avec toute la nonchalance du monde. Même quand il agissait comme un sale con il était beau.
Leurs regards se croisèrent de loin et Sirius perdit immédiatement de sa superbe. Il se crispa et détourna le regard vers James, qui prenait place à ses côtés. Isis baissa le regard vers ses feuilles de cours.
- Vous vous êtes revus depuis samedi soir ? Chuchota Pénélope, qui avait probablement vu l'échange.
Isis fit non de la tête alors qu'Audrina levait les yeux de son livre, sentant qu'une discussion secrète était en train de se tenir.
- De quoi vous parlez ? Fit-elle en plissant ses yeux noisette.
Audrina n'était pas au courant de ce qui s'était passé avec Sirius.
- Rien, nia Isis en attachant ses longs cheveux en queue de cheval haute.
- Comment ça « rien » ? S'offusqua Penelope. Isis a dansé un slow avec Black à l'anniversaire d'Amos. C'est le contraire de « rien » !
Audrina consentit à pousser ses affaires de cours sur le côté pour mieux se concentrer sur la conversation.
- Un slow ou un slow ? Demanda-t-elle en utilisant des intonations un peu différentes pour chaque « slow ».
Ni Isis ni Penelope ne surent vraiment saisir la nuance.
- Je sais pas, un slow quoi. Tout proches l'un de l'autre. Sur une musique archi romantique de Elton John, précisa Penelope.
Audrina leva si haut ses sourcils qu'ils se cachèrent derrière sa frange bouclée.
- Si t'étais pas ma copine, je te détesterais, reprit Penelope en se tournant vers Isis.
Audrina se fit la même réflexion. Mais elle aimait trop Isis pour se l'avouer.
En tout cas, elle ne savait pas trop quoi penser de tout ça. Certes, elle désapprouvait l'attirance d'Isis pour Sirius parce qu'elle était persuadée que ce gars ne pouvait lui faire que du mal. Toutefois, si Penelope disait vrai et qu'ils avaient dansé ensemble, ça signifiait peut-être que Black était un peu attiré par Isis aussi. Même si ça restait Black...
- Et... tu vas faire quoi maintenant ? S'enquit-elle, accueillant assez tièdement la nouvelle.
- Comment ça ? Fit Isis.
- Ben... est-ce que tu vas tenter quelque chose ?
Isis prit sa plume et la fit tourner entre ses doigts. Elle n'avait cessé d'éviter de se poser cette question.
- Ca servirait à quoi ? Ca se fera jamais de toute façon. C'est … Sirius, finit Isis sans trouver d'autres mots pour s'exprimer.
- Oui, c'est Sirius. Mais bon... si il y a bien quelqu'un qui peut l'avoir, c'est toi, réagit Penelope en tenant de ne pas parler trop fort. Ca se voit qu'il t'aime bien, qu'il aime bien passer du temps avec toi, se marrer avec toi...
Elle laissa passer quelques secondes avant de reprendre :
- Et puis merde, il t'a quand même invitée au Bal ! Moi je reste convaincue que cette histoire d'y aller « en amis » c'était des conneries. Peut-être qu'il se l'avoue pas mais, si il t'a invité, c'est parce qu'il voulait passer la soirée avec toi !
Audrina hocha la tête, pensive, tandis qu'Isis restait stoïque.
- Mais même si... Même si je pouvais lui plaire, il y a James. Je reste l'ex de James pour lui... Je suis même pas une option envisageable.
Penelope grimaça mais ne la détrompa pas. Si Sirius n'était pas connu pour être fidèle avec les filles, il l'était assurément avec ses amis, au premier rang desquels se trouvait James. Et ça ne se faisait pas trop de passer après son meilleur pote, à fortiori quand les relations entre les deux étaient particulièrement exécrables.
- Tu penses pas que t'exagères là ? Demanda Audrina.
Isis ne répondit pas, un peu déprimée par ses propres paroles. Audrina s'en rendit compte et changea de sujet.
- Et du coup, Luke ?
- Quoi Luke ?
- T'es pas vraiment célibataire, si ?
- Si, répondirent en choeur Isis et Penelope.
Audrina leva les yeux au ciel.
- Donc tu t'en fous de Luke ? Demanda-t-elle.
Isis soupira. Audrina ne comprenait décidément pas.
- C'est pas que je m'en fous. On s'est vu de temps en temps mais... il me plait pas comme... comme Sirius me plait, répondit l'indienne tout bas, par peur que quelqu'un l'entende.
- Oh non Isis, je connais ce regard... T'es amoureuse.
Isis protesta, contestant l'usage du terme « amoureux », qu'elle trouvait excessif mais Audrina ne l'écoutait déjà plus. Elle coula un regard vers la table des Maraudeurs. Black semblait expliquer un cours à Peter, agitant les mains pour appuyer ses propos. C'est vrai qu'il était beau. Elle se retourna vers Isis.
- Et pourquoi tu proposerais pas à Black de t'aider à réviser les examens ? Il t'aidait avant, non ? Histoire de joindre l'utile à l'agréable.
- C'est pas de travailler dont elle a envie avec lui, ricana Penelope avec un clin d'oeil coquin.
Isis ne put s'empêcher de sourire. Elle regarda vers Sirius qui avait retroussé les manches de sa chemise, dévoilant ses avant-bras musclés. Elle lâcha un long soupir frustré et se re-concentra tant bien que mal sur ses notes de Sortilèges.
/°'°_°'°/
Ce soir-là, Audrina et Isis étaient assises sur les canapés les plus confortables de la salle commune des Poufsouffles. Isis grignotait des crackers piqués aux cuisines tout en feuilletant le carnet que lui avait prêté Luke. En face d'elle, Audrina était concentrée sur son « Traité supérieur de traduction des runes ».
Isis releva la tête en entendant des éclats de voix dans le passage qui menait aux dortoirs des garçons et vit un petit groupe de sa promo débarquer dans la salle commune. Tom Abercrombie, le petit ami d'Audrina, était parmi eux. Isis donna un petit coup de pied à son amie pour attirer son attention.
Quand la blonde le vit, elle tira une drôle de tête. Ils ne s'étaient pas reparlés depuis plusieurs jours et Audrina était sûre qu'il lui en voulait toujours d'avoir inventé un prétexte bidon pour ne pas le voir. Elle lui devait des excuses. Il fallait qu'elle arrange les choses et qu'elle lui explique que c'était dans sa nature d'être un peu distante et que ça allait probablement s'améliorer avec le temps.
Prenant son courage à deux mains, elle se leva et s'approcha du groupe de garçon.
- Excuse-moi Tom, on peut discuter deux minutes ? Demanda-t-elle, interrompant leur conversation.
Les amis de Tom lui lancèrent des regards en coin et s'éloignèrent. Audrina se sentait rosir et détestait cela. Après un échange de sourires crispés, il allèrent se mettre dans un coin discret de la salle commune
- Ca va ? Demanda Audrina d'une petite voix. Tu t'en sors avec les examens ?
Tom fronça les sourcils.
- Si c'est pour me parler des cours que tu...
- Non, non, l'interrompit Audrina. Tu te doutes bien que c'est pas ça que j'avais à te dire. Je suis... désolée pour la dernière fois.
Tom resta silencieux, attendant la suite.
- Je comprends que tu aies l'impression que je me défile, reprit Audrina. Mais c'est juste que j'ai besoin d'un peu de temps pour m'habituer à toi et au fait d'être en couple. Je suis...
- Audrina, la coupa Tom en posant une main sur son bras. Tout ça tu me l'as déjà dit. Et je t'ai laissé du temps. Je te colle pas, je te laisse passer du temps avec tes copines, je fais tout ce qu'il faut. Mais j'en ai marre de me prendre des stops tout le temps.
- Je sais, je suis désolée, fit Audrina en baissant la tête. Je te promets que tu me plais et que j'aime bien passer du temps avec toi. C'est que je suis pas complètement à l'aise.
Tom laissa un moment de silence.
- J'arrive pas à comprendre ton attitude, reprit-il à voix basse. J'arrive pas à te comprendre, en fait. Je suis pas sûr que tu aies vraiment envie qu'on soit en couple...
- Mais si ! Se défendit Audrina.
- Alors c'est vraiment que tu t'y prends mal, rétorqua-t-il sèchement.
Audrina pinça les lèvres, blessée. Elle croisa les bras, pour tenter de garder une contenance et ne pas montrer ses émotions.
- Désolé, je voulais pas le dire comme ça, fit Tom en se radoucissant légèrement. Je veux juste te dire que si t'as pas envie de passer du temps avec moi, ça veut tout simplement dire que t'as pas envie qu'on soit ensemble. Alors je préfère arrêter d'insister et vaut mieux qu'on reste amis.
Audrina garda le silence, réalisant qu'elle était en train de se faire larguer. Tom regarda ses pieds un instant puis lui dit qu'il rejoignait ses amis, l'air désolé. La Poufsouffle serra les dents. Il y a avait bien trop de monde dans cette salle commune pour montrer qu'elle était touchée. Elle rejoignit Isis comme si de rien n'était.
- Alors ? Quoi de neuf avec Tom ? Demanda la métisse en croquant un cracker.
- Rien, claqua Audrina.
Isis fronça les sourcils, attendant que son amie s'explique.
- Est-ce que tu peux arrêter de faire du bruit en mangeant s'il te plait ? C'est agaçant.
La métisse ne s'offusqua pas de son ton, rangea ses crackers et décida de laisser passer l'orage avant d'avoir une discussion avec son amie.
^(-)_(-)^
Le lendemain, Audrina ne cessa de pester contre Tom et contre elle-même, incapable de comprendre ce qui n'allait pas chez elle et pourquoi elle avait été incapable de garder Tom plus de quelques semaines. Si, au début, Isis avait tenté d'analyser la situation avec son amie, elle avait fini par jeter l'éponge.
En plus, elle avait elle-même beaucoup de choses en tête. Elle appréhendait pas mal le cours d'Astronomie du soir. D'ailleurs, elle réalisait qu'elle avait passé une bonne partie de l'année à attendre avec impatience ou appréhension les cours du mardi soir. C'était presque devenu le point d'orgue de ses semaines. Et ce soir, quelque chose lui disait que ce serait probablement sa seule chance d'aborder le sujet de l'anniversaire de Diggory et … de la danse.
Elle voulait savoir pourquoi il était parti si précipitamment. Est-ce que c'était parce qu'ils avaient parlé de James ? Est-ce que c'était parce qu'ils étaient trop proches l'un de l'autre ? Est-ce qu'il avait soudain réalisé qu'Isis le voyait comme plus qu'un ami ?
Et puis plus elle y pensait, plus elle se disait que finalement ce n'était pas tant la raison de son départ précipité qui l'intéressait. Ce qui l'intéressait c'était les minutes précédentes. Elle voulait savoir si ça signifiait quelque chose pour lui quand il l'avait tenue comme ça. Si proche. Si doux.
Elle secoua la tête pour éviter d'y repenser. Elle s'était repassée la scène une bonne vingtaine de fois depuis le week-end dernier et elle commençait à se trouver ridicule.
Marchant d'un pas décidé vers la salle d'astronomie, elle se promit de ne pas laisser passer l'opportunité de sonder Sirius ce soir. Si elle n'en parlait pas, ça deviendrait un truc anecdotique et sans intérêt qu'il finirait par oublier. Comme la soirée du Bal. Alors oui, peut-être que les réponses de Sirius ne lui plairaient pas, mais Isis voulait quand même savoir.
Arrivée avec un peu d'avance, Isis entra dans la salle de classe pleine de motivation. Elle constata que quelques élèves étaient déjà présents. Trois élèves. Deux Serdaigles discutant au premier rang et … Sirius.
Evidemment.
Sa belle motivation en prit un coup.
- Salut, lança-t-elle d'une voix faussement assurée, en avançant vers le fond de la classe.
Il leva les yeux vers elle et lui adressa un petit sourire un peu crispé. C'est ce sourire qui confirma à Isis que lui aussi se souvenait de la soirée de samedi soir.
- Ca va ? Demanda-t-elle en prenant place à côté de lui.
- Ouai ouai, pas mal. Et toi ?
- Ca va, répondit Isis en haussant les épaules.
- Ce qu'elle pouvait détester ce genre de banalités.
Un silence s'installa entre eux. On n'entendait seulement les deux Serdaigles du premier rang discuter des examens de la semaine suivante. A côté d'elle, Sirius tapait du pied sous la table, signe de nervosité chez lui.
« Trouve quelque chose à dire. Trouve quelque chose à dire. » se dit Isis en se mordant la lèvre.
Etait-ce le moment d'aborder le sujet de la danse ? Ses mains devinrent moites à cette idée. Elle ne s'en sentait pas encore capable.
- Ca se passe bien les révisions ? Dit-elle à la place, la gorge un peu nouée.
- Ouai, carrément. Meilleure période de l'année, répondit-il, sarcastique.
Isis lâcha un petit rire. Sirius se tourna enfin vers elle, un petit sourire en coin.
Ah ce sourire...
La Poufsouffle détourna le regard. Le Professeur Sinistra entra à ce moment-là, pestant contre Peeves qui venait apparemment de lui jeter des Bombabouses à la figure. Le reste des élèves entra également dans la salle et s'installa tranquillement.
- Black, Amatt, au tableau, lança Sinistra, à peine assise derrière son bureau.
Sinistra était de sale humeur, ça promettait pour leur exposé. Isis et Sirius échangèrent un regard, pensant la même chose. Ils se levèrent pour rejoindre le tableau et installèrent leurs notes.
C'était à Sirius de commencer. Le Gryffondor s'avança légèrement, fit un petit signe de tête à la prof et se racla la gorge. C'était parti. Isis connaissait son numéro par cœur. Il était si à l'aise en public, surtout quand il maitrisait son sujet, comme en Astronomie. Il arrivait même à faire rire Sinistra, c'était dire. Rapidement, l'ensemble de la classe (prof comprise) l'écoutait religieusement, absorbé par sa façon de parler de constellations avec éloquence. Et puis il y avait aussi le fait que c'était Sirius Black et que, par conséquent, il valait mieux se faire bien voir.
Debout à trois mètres de lui, Isis le regardait s'animer en expliquant d'où venait le nom de telle ou telle étoile. Elle l'observait mais ne l'écoutait pas vraiment. A vrai dire, elle ne pouvait s'empêcher de repenser à l'anniversaire de Amos (encore). La danse. La proximité. Ses mains dans son dos. Ses caresses. Il l'avait caressé, oui. Ou peut-être pas. Elle n'en était plus trop sûre. Peut-être l'avait-elle imaginé. Peut-être que c'était juste dans sa tête. Ou dans la sienne aussi ?
Elle se reconnecta à la réalité. Sirius la regardait avec insistance. Grand silence dans la classe.
Et merde.
Perdue dans sa contemplation, elle en avait oublié l'exposé. C'était maintenant à elle de prendre la parole. Pendant un court instant, elle ne se souvint plus de rien. Sirius lui fit un petit sourire encourageant. L'indienne remit une longue mèche de cheveux derrière son oreille d'un geste nerveux et commença à parler. Plutôt à l'aise à l'oral, elle retrouva rapidement ses moyens. C'était presque passé inaperçu. Sauf peut-être pour Sirius, qui ne la lâcha pas du regard.
Malgré tout cela, et en toute modestie, leur exposé fut une franc succès. Sinistra, plutôt avare en compliment, ne se gêna pas pour leur dire qu'ils avaient bien travaillé et qu'elle avait trouvé cela très intéressant. Ses parchemins sous le bras, Isis lança un regard en coin à Sirius. Le Gryffondor lui sourit et tendit la main pour qu'elle tape dedans.
- On est presque aussi performants en astronomie qu'en jeux d'alcool, se marra Isis en se dirigeant vers le fond de la classe.
Elle avait dit ça l'air de rien, sans trop réaliser qu'elle mentionnait la soirée. Sirius tiqua. Il lui jeta un bref regard et s'assit en silence, comme si il n'avait pas entendu.
Super. La gêne s'était à peine dissipée qu'Isis s'arrangeait pour créer un nouveau malaise.
Le reste du cours passa rapidement, dans cette même ambiance un peu bizarre où Isis et Sirius faisaient tous les deux mine d'écouter le cours pour ne pas avoir à discuter. Alors que la professeur mettait fin à la leçon et leur souhaitait bon courage pour les révisions, Isis, elle, s'encouragea plutôt à ne pas se dégonfler et parler à Sirius.
Elle rangea ses affaires en silence et descendit les escaliers en colimaçon avec le reste de la classe. Dans sa tête, elle se répétait ce qu'elle voulait lui dire. Arrivée en bas de la tour d'astronomie, elle s'arrêta en face de Sirius.
- Tu rentres par où ? Demanda-t-elle.
Ce dernier mit ses mains dans ses poches et se racla la gorge.
- Euh, j'ai des trucs à faire au dortoir, je vais pas trainer, dit-il.
Sa voix était impassible mais son regard était fuyant.
Isis sentit une boule se former dans son ventre. Ca ne se passait pas du tout comme prévu. D'habitude il choisissait d'allonger son trajet pour la raccompagner à la salle commune des Poufsouffles...
- Ok, ça marche, répondit Isis, dépitée. On se voit... plus tard.
Le garçon ne s'en alla pas tout de suite. Ils restèrent tous les deux plantés là, en bas des marches de la tour d'astronomie, alors que les autres élèves regagnaient leurs dortoirs. Sirius repositionna plusieurs fois son sac sur son épaule, pas à l'aise. Isis aurait voulu savoir ce qu'il avait dans la tête à cet instant. Si seulement elle était Legilimens.
Il finit par reprendre la parole :
- Bon bah... bon courage pour les examens.
Il la regarda un instant puis s'approcha pour... lui donner une tape amicale sur l'épaule. Isis resta sans voix. Lui-même sembla se demander pourquoi il avait fait ça, avant de faire volte-face et s'éloigner dans le couloir.
Non.
Non, il n'était pas question de passer d'une danse dans les bras de Sirius Black à une tape sur l'épaule. Hors de question.
- Sirius, lança-t-elle, emportée dans son élan.
Le beau brun, qui avait à peine eut le temps de faire deux enjambées, se retourna.
- Ca va ? Demanda-t-elle en plantant ses yeux verts dans les siens.
- Ouais... pourquoi ? Fit-il en repositionnant son sac sur son épaule pour la quatorzième fois.
Isis fit un pas prudent vers lui.
- Je sais pas... je te trouve étrange. Enfin, l'ambiance est un peu… bizarre entre nous, non ? Expliqua-t-elle en faisant un geste vague de la main.
Son cœur commença à battre très fort. Elle se rendait compte qu'elle s'avançait sur un terrain glissant et commençait à se demander si ça valait le coup d'aborder ce sujet.
Sirius haussa les épaules, sans répondre. Il détourna le regard et fit mine de regarder la pleine lune briller à travers la fenêtre.
Isis prit une discrète inspiration et se lança :
- C'est à cause de … samedi soir ?
Son cœur battait la chamade. Sirius se retourna vers elle.
- Quoi samedi soir ?
Il s'en souvenait forcément. Sinon il n'y aurait pas ce malaise entre eux. Elle laissa volontairement un silence pour lui faire comprendre qu'il ne devait pas trop la prendre pour une conne.
Sirius reprit à mi-voix :
- C'était juste une danse...
Ils se regardèrent un instant.
- C'est pas forcément l'impression que ça donnait, rétorqua Isis, d'une voix à peine plus forte.
Il haussa les épaules.
- On était... un peu bourrés, se justifia-t-il en évitant à nouveau son regard.
Isis secoua lentement la tête de droite à gauche. Elle savait pertinemment que lui comme elle n'avaient pas bu tant que ça, ce soir-là. C'était trop simple de blâmer l'alcool. Il se défilait, comme elle aurait dû s'y attendre.
- Pourquoi t'es parti tout de suite après alors ? Reprit-elle, dans une ultime tentative d'obtenir quelque chose de lui.
Le regard de Sirius, toujours tourné vers le sol, remonta lentement vers elle. Il semblait réfléchir à une réponse. Après quelques secondes qui parurent interminables à Isis, il finit par se décider sur le choix de ses mots.
- Valait mieux arrêter... ce qu'on était en train de faire.
- Ce qu'on était en train de faire ? Répéta Isis doucement, le cœur battant très vite.
Sirius lâcha un soupir.
- Ca sert à rien d'en parler Isis, dit-il en passant une main dans ses cheveux d'un geste tendu. Je veux pas franchir cette limite-là avec toi...
Il avait prononcé ces derniers mots en la regardant droit dans les yeux, comme pour s'assurer que le message passerait bien. Isis accusa le coup. Le message était bien passé, douchant au passage ses maigres espoirs. Elle lissa sa jupe d'uniforme pour se redonner une contenance. Ses mains tremblaient un peu.
Elle aurait voulu lui demander de quelles limites il parlait. Parce qu'ils étaient seulement amis ? Parce qu'il y avait James ? Ou bien... parce qu'elle ne l'intéressait pas ? Mais elle savait qu'il ne lui donnerait pas de réponse. Et pour être tout à fait honnête, elle n'était même pas sûre de pouvoir encaisser sa réponse...
Sirius interrompit ses réflexions.
- Bon, faut vraiment que j'y aille, reprit-il en jetant à nouveau un regard à la pleine lune qui brillait dehors.
Ils se dirent au revoir, un peu gênés, et Isis retourna vers son dortoir en pilote automatique. Sa tête bourdonnait et son ventre était serré. Elle se rendit compte que ses mains tremblaient toujours. Rarement une conversation ne l'avait mise dans un tel état de nervosité.
°'°-_-°'°
Arrivée dans la salle commune des Poufsouffle, Isis vit Audrina réviser, pelotonnée dans un des fauteuils près de la fenêtre.
- Encore debout ? Lança Isis en s'approchant de son amie.
La blonde releva le nez de ses parchemins et lui fit un petit sourire stressé.
- Je suis en retard sur mes révisions. Ca m'empêche de dormir.
Audrina souffrait toujours d'insomnies à l'approche des examens. C'était comme ça depuis la 1ère année. Isis s'assit dans un fauteuil face à son amie, le regard dans le vide.
- Ca va toi ? S'inquiéta Audrina.
Isis hocha la tête doucement. Elle n'avait pas trop envie de parler de Sirius pour le moment. Elle se tourna vers Audrina et lui adressa un sourire peu convaincant.
- On en parle demain, je suis crevée, fit-elle en se levant du fauteuil.
Elle plaqua un petit bisou sur la joue de son amie pour lui souhaiter bon courage et se dirigea vers les dortoirs. La blonde la regarda s'éloigner, sourcils froncés. Elle savait qu'Isis sortait de son cours d'Astronomie avec Black. Ca ne s'était clairement pas bien passé. Audrina soupira et se re-concentra sur son cours de Métamorphose avancé.
Elle resta là à lire pendant encore une bonne heure avant que la fatigue ne commence à la gagner. Ses paupières s'alourdissaient à mesure qu'elle avançait dans le quatorzième chapitre et son écriture fine et inclinée finit par s'embrouiller dans son esprit. Alors qu'elle piquait définitivement du nez, elle entendit des pas venant des dortoirs pour garçon.
Une grande et large silhouette apparut à l'entrée de la salle commune. C'était Diggory. En pyjama. Il ne l'avait pas vue et se dirigeait maintenant vers la sortie. Ca eut le mérite de réveiller Audrina.
- Hey, Diggory ! Il y a un couvre-feu je te rappelle, lança-t-elle de sa voix de préfète.
Amos s'arrêta mais ne se retourna pas. Audrina constata qu'il était pieds nus. Elle fronça les sourcils et se leva de son fauteuil.
- Tu m'écoutes ? Reprit-elle en s'approchant de lui.
Il finit par se retourner. Il était blême et ne semblait même pas vraiment réaliser qu'Audrina était là. Cette dernière s'approcha du Poufousouffle et posa une main sur son avant-bras.
- T'es malade ? T'as besoin d'aller à l'infirmerie ? Dit-elle doucement, un peu inquiète par son regard éteint.
Il finit enfin par prendre conscience de sa présence et la regarda dans les yeux.
- Elle est morte...
Audrina papillonna des yeux, puis finit par comprendre de quoi il parlait. Sa grand-mère était décédée. Et merde. Merde, merde merde. Qu'était-elle censée faire ? Pourquoi elle se retrouvait encore à consoler Diggory ? Elle était probablement la personne la moins appropriée pour cette situation.
Mal à l'aise, Audrina lui caressa le dos. Elle ne savait pas quoi dire. Devait-elle aller chercher Smoke ?
- Elle est morte, répéta Diggory dans un murmure.
Il se parlait à lui-même. Et le ton de sa voix serra le cœur d'Audrina.
- Je suis... désolée, dit-elle en continuant de lui caresser le dos.
Et là, sans qu'Audrina ne puisse faire quoi que ce soit, Diggory lâcha un sanglot tellement violent qu'elle se figea complètement.
Amos Diggory pleurait, au beau milieu de la salle commune des Poufsouffles. Et la seule personne à ses côtés était Audrina.
Cette dernière se rapprocha instinctivement de lui pour le calmer. Alors qu'il retenait un autre sanglot, il se laissa tomber à genoux. Audrina se baissa également, emportée par son corps massif, et le serra contre elle, maladroitement. Il pleurait silencieusement dans ses bras, le visage enfouie contre la robe de chambre d'Audrina. Il sentait le lait pour bébé, ce qui était complètement inattendu. Elle lui caressa les cheveux avec délicatesse.
Ce n'est que plusieurs minutes plus tard qu'elle le sentit se calmer. Il se redressa lentement, les yeux rougis.
- Ça va ? Demanda-t-elle d'une petite voix.
Amos hoche la tête, évitant son regard.
- Je... je dirai rien si t'as besoin de prendre l'air, ajouta-t-elle.
Il tourna le regard vers elle. Ses yeux brillaient d'une lueur triste. C'était complètement déplacé de penser à ça maintenant mais Audrina se dit qu'il était bien plus beau sans ses airs de capitaine de quidditch prétentieux.
- Est-ce que ça peut rester entre nous ? Demanda-t-il d'une voix faible.
Audrina hocha la tête. Evidemment.
- Merci Audrina.
Il la regarda encore un instant puis tourna les talons et quitta la salle commune. C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom.
§/_°_/§
Le lendemain matin, Isis se leva tôt pour aller courir avant le début des cours. La tenue de sport de Poufsouffle enfilée, elle sortit du dortoir en étouffant un bâillement. La nuit avait été un peu courte et agitée. Elle avait mis du temps à s'endormir et n'avait cessé de se réveiller.
Isis sortit du château, appréciant le calme du parc de Poudlard le matin. Elle s'étira les bras au-dessus de la tête et fit quelques pas dans l'herbe humide. Il faisait un peu frais, mais c'était diablement agréable. Elle commença sa course à un rythme tranquille, respirant profondément à chaque foulée.
Après le cours d'Astronomie de la veille, elle ressentait vraiment le besoin de s'aérer et réfléchir. Sirius avait été plutôt clair il ne se passerait jamais rien entre eux. Le problème c'est qu'elle ne voulait pas être son amie, elle. Elle voulait beaucoup plus.
Isis accéléra sa course, filant le long du lac, sa queue de cheval se balançant de droite à gauche au rythme de ses pas.
Elle n'avait pas rêvé ce qui s'était passé samedi soir. Lui aussi agissait étrangement, de façon plus qu'amicale. Elle imagina ce qui ce serait passé si elle avait levé le visage vers lui et l'avait embrassé. Est-ce qu'il y aurait répondu ? Son ventre se serra rien qu'à s'imaginer la scène.
Elle força à nouveau sur ses muscles pour accélérer le rythme, sentant la sueur perler dans son dos.
Et maintenant que faire ? Elle n'avait pas mille options qui s'offraient à elle. Soit elle abandonnait, comptant sur l'été pour se changer les idées. Soit elle creusait un peu, au risque de se prendre un râteau humiliant. Et le risque était grand car Sirius était devenu un expert dans le domaine du recalage de filles. Mais il y avait aussi une infime chance pour que Sirius ressente la même chose qu'elle. Et aussi infime soit cette chance, Isis voulait un peu y croire.
Elle glissa légèrement sur l'herbe humide mais parvint à se maintenir en équilibre. Elle accéléra encore le rythme, calant sa respiration sur ses foulées.
Ce qui la menait à la réflexion suivante : Et Luke ? Parce qu'Audrina n'avait pas tort. Elle ne pouvait pas faire comme si il n'existait pas. Certes, ils étaient tous les deux d'accord pour une histoire simple. Mais ça ne semblait pas très juste de continuer de fréquenter Luke de temps en temps tout en espérant un geste de Sirius. Ce n'était pas son genre. Et puis soyons honnête, elle n'avait même plus vraiment envie de ne serait-ce qu'embrasser Luke... Sirius était bien trop présent dans sa tête.
Elle finit par s'arrêter, essoufflée. Son cœur battait à toute vitesse et ses jambes tremblaient sous l'effort. Elle se laissa tomber lourdement dans l'herbe fraiche. Sa poitrine se soulevait à un rythme soutenu. Elle adorait ce moment de sérénité juste après l'effort. Ses idées étaient définitivement plus claires. Elle savait ce qu'elle avait à faire.
Lorsqu'elle rentra chez les Poufsouffle, le dortoir des filles était encore endormi. Toute transpirante, elle se dirigea dans la salle de bain et se débarrassa de ses vêtements de sport pour prendre une bonne douche délassante. Quinze minutes plus tard, elle sortit de la salle de bain en culotte et les cheveux enroulés dans une serviette duveteuse. Audrina s'extirpait tout juste de son lit.
- T'étais où ? Fit-elle d'une voix endormie.
Je me suis levée tôt pour courir, répondit Isis en attrapant une brosse pour démêler ses cheveux.
La blonde leva les yeux au ciel. Son amie avait des hobbys incompréhensibles. Elle s'apprêta à entrer à son tour dans la salle de bain quand Isis l'interpella :
- C'est quoi la formule pour animer un papier et l'envoyer à quelqu'un ?
- « Animo Locomotor », répondit Audrina sans se retourner.
- C'est tout ?
Audrina hocha la tête et s'enferma dans la salle de bain. Toujours en sous-vêtements, Isis attrapa un bout de papier qui trainait, griffonna deux lignes et le plia grossièrement en forme d'oiseau. Elle n'était pas aussi bonne qu'Audrina en Sortilège mais ce n'était pas un sort trop compliqué. Après deux essais non concluants, le papier finit par s'animer et voleter progressivement autour d'Isis. Satisfaite, la Poufsouffle le reprit doucement entre ses doigts.
- Tu vas aller voir Luke Thompson maintenant, chuchota-t-elle.
Elle ouvrit la porte du dortoir et lâcha le petit oiseau de papier qui s'envola mener à bien sa mission. Elle avait donné rendez-vous au Serdaigle dans le parc après le déjeuner. Sa petite course au grand air l'avait confortée dans sa décision. Elle devait parler avec Luke.
Alors qu'Harriet et Penelope se réveillaient à leur tour, Isis commença à s'habiller tranquillement. Elle prit tout son temps pour enfiler son uniforme, se réjouissant de ne plus avoir à mettre les collants réglementaires. Il faisait tellement bon dehors que les chaussettes hautes aux couleurs de Poufsouffle étaient de mise. Isis se permit également de raccourcir un peu sa jupe d'uniforme. En général, à cette période, les professeurs toléraient ce genre de petites infractions au règlement.
Trente minutes plus tard, les trois filles (suivies de Harriet) rejoignirent la grande salle pour prendre un petit-déjeuner.
A peine attablée, Audrina repéra Diggory, assis à côté de Smoke un peu plus loin. Les évènements de la veille lui revinrent en tête (à dire vrai, elle y avait pas mal repensé pendant la nuit). Elle s'imaginait la situation inverse, si elle était celle qui avait perdu un proche. Diggory serait probablement la dernière personne qu'elle voudrait trouver pour la consoler. C'était sûrement la même chose pour lui.
Audrina se servit des flocons d'avoine, sans pouvoir s'empêcher de l'observer discrètement. Il mangeait peu et paraissait perdu dans ses pensées. Smoke lui glissait quelques mots de temps en temps. Ce dernier était certainement au courant de la situation. Au moment où elle se disait ça, Amos releva la tête et croisa le regard d'Audrina. Il lui fit un petit sourire et un signe de tête. Audrina rosit, pas habituée à ce type d'échanges cordiaux avec lui. Elle répondit à son sourire et baissa la tête dans son assiette, vaguement mal à l'aise.
Ni Isis ni Penelope ne remarquèrent quoi que ce soit. Penelope était trop occupée à retirer les croutes de ses toasts et Isis réfléchissait à ce qu'elle allait bien pouvoir dire à Luke. Elles finirent de manger et se levèrent pour aller en cours.
Toujours dans sa bulle, Isis resta hermétique aux discussions de ses amies et remarqua à peine qu'elles arrivaient devant la salle de Métamorphose. Le professeur McGonagall n'était pas encore là et une petite poignée de Poufsouffle attendait patiemment dans le couloir.
- Je vous trouve bien silencieuse toutes les deux, fit remarquer Penelope en s'appuyant contre le mur de pierre.
Isis et Audrina échangèrent un regard surpris. Perdues dans leurs pensées respectives, elle n'avait pas remarqué le silence inhabituel.
- Moi, rien ! Je suis juste stressée par les examens, déclara Audrina en croisant les bras.
Elle avait promis à Diggory de ne rien dire et comptait s'y tenir. Heureusement pour elle, son mensonge était totalement crédible.
- Et toi Isis ? Demanda Audrina pour changer de sujet. Tu nous as même pas raconté comment s'est passé le cours d'astronomie avec Black hier ?
- Bof, répondit la métisse en tripotant sa tresse.
Un silence passa.
- Mais encore ? L'encouragea Penelope, curieuse.
Isis leur raconta rapidement ce qui s'était passé, relatant quasi mot pour mot les paroles de Sirius. Ses amies n'étaient pas dupes. Sous ses airs nonchalants et cools, il était évident qu'Isis était perturbée par ce qu'il lui avait dit.
- Et toi, t'as dit quoi ?
Isis haussa les épaules.
- Rien... Qu'est-ce que je pouvais bien dire ?
- Que t'étais pas d'accord ! Protesta Penelope. Que tu voulais que vous soyez plus que des amis !
Isis baissa la tête. Elle n'aurait jamais eu le courage de dire des trucs pareils.
- Si c'est pour qu'il me dise que je l'intéresse pas ou qu'il me voit juste comme sa pote, non merci ! Répondit-elle, un peu amère.
- Tu le sauras jamais si t'essaies pas ! Rétorqua Penelope, doctement.
Le professeur McGonagall arriva à ce moment là et mit fin à la conversation. Mais les mots de Penelope restaient gravés dans la tête d'Isis.
(#)-(#)
Après le déjeuner, Isis et ses amies profitèrent de l'après-midi de libre pour réviser dans la cour et, accessoirement, profiter du soleil. Il faisait si bon dehors qu'Isis retira son blazer à peine deux minutes plus tard. C'était un tel bonheur. Ca lui fit presque oublier qu'elle avait donné rendez-vous à Luke pour discuter. Elle jeta un regard à la ronde mais ne le vit nulle part.
- Tu penses qu'il a pas reçu ton mot ? S'interrogea Audrina en sortant son gros bouquin de Sortilèges.
Isis haussa les épaules et se rongea l'ongle du pouce.
Penelope s'apprêtait à commenter la situation mais ferma la bouche. Son regard fixait quelque chose par-dessus l'épaule d'Isis.
- Te retourne pas mais Black vient de s'asseoir en face, chuchota-t-elle, toute excitée.
- Quoi ? Où ça ? Se figea immédiatement Isis.
- Les Gryffondors ont l'après-midi de libre aussi, les informa Audrina en jetant un coup d'oeil discret au groupe de Black et compagnie, assis sur un muret à quelques mètres du leur.
Isis se sentit rosir. Par chance, elle était presque dos à lui.
- Il te regarde, souffla Penelope, les yeux brillants. Il te regarde !
-Arrête de le fixer Penelope, siffla Isis entre ses dents.
- C'est pas une blague, il fait que de te regarder, répliqua Penelope.
- Evidemment qu'il regarde par-là puisque tu le fixes, s'énerva Isis.
Penelope se força à détourner le regard, frustrée.
- Isis ? Fit une voix masculine dans son dos.
La métisse sursauta et se retourna, les joues roses.
Elle se détendit en reconnaissant Luke. Elle avait cru un instant que c'était Sirius.
- Salut ! Ca va ?
Le garçon avait son sac de cours plein à craquer sur l'épaule et un bouquin ouvert dans la main. Il représentait le cliché du parfait Serdaigle à une semaine des examens. Cela fit sourire Isis.
- Ca va et toi ? Alors c'est quoi tout ce mystère ? Demanda-t-il en sortant le petit mot de sa poche.
- J'espère que tu admires la technique de mon sortilège, fit Isis en rigolant.
- T'aurais presque pu être à Serdaigle, se moqua-t-il.
Isis lui sourit et se leva souplement.
- On va vers le parc ? Proposa-t-elle pour avoir une peu plus d'intimité.
Il haussa un sourcil étonné mais la suivit un peu plus loin. Ce n'était pas chose facile de trouver un endroit tranquille. Apparemment tout le monde avait eu la brillante idée de venir réviser au soleil.
Arrivés dans le parc, Isis et Luke s'assirent côte à côte dans l'herbe.
- Je voulais être discrète, s'expliqua Isis en tentant de trouver une position qui n'exhibait pas sa petite culotte.
- Plus la peine d'être discrets, tu sais. Je crois que la moitié de Poudlard est déjà au courant, répliqua-t-il sur un ton vaguement amer.
Isis hocha la tête doucement et leva le visage vers le ciel. Les rayons du soleil l'obligeait à plisser les yeux mais c'était tellement agréable.
- C'est justement pour ça que je voulais qu'on se parle.
- Ah ?
- Je t'ai vu te disputer avec Aly... commença-t-elle en se tournant vers lui. Et on m'a dit que c'était pas top entre vous en ce moment.
Luke grogna.
- Est-ce que ça a un rapport avec... nous et le fait qu'on se soit « vus » deux ou trois fois ? Dit-elle prudemment.
- « Vus », rigola Luke. Je te savais pas si prude.
Isis lui adressa une grimace puérile.
- Et pour te répondre : oui et non.
- C'est-à-dire ?
- Elle m'adressait déjà pas la parole avant de nous voir ensemble. Mais bon, ça a probablement pas arrangé nos relations...
- Et ben... Moi qui pensait que James et moi c'était catastrophique, fit Isis en tapotant l'épaule du Serdaigle avec compassion.
Luke eut un sourire désabusé.
- Et encore, toi t'as de la chance de pas être dans la même maison que Potter ! Moi je dois la croiser tous les jours ...
Isis eut un petit rire. Elle comprenait. Si elle voyait la sale tête de James tous les matins et tous les soirs dans la salle commune, elle ne répondrait plus de ses actes.
- Mais qu'est-ce qu'elle te reproche exactement ? Je comprends pas.
Isis se rappelait vaguement en avoir discuté avec Luke pendant la soirée d'après-match de Quidditch, le soir de leur première nuit ensemble. Elle se souvenait s'être plainte de sa rupture chaotique avec James. Et Luke n'était pas en reste, assurant qu'Aly était complètement folle. Mais c'était probablement ce que James disait d'Isis aussi. Donc qui était-elle pour juger ?
- D'être passé à autre chose, je crois ! Répondit-il.
Le Serdaigle laissa son regard se perdre sur le joli visage de la jeune fille, illuminé par le soleil.
- On s'est séparés parce que je veux repartir vivre en Australie après Poudlard, continua-t-il. J'ai toute ma famille à Sydney.
- Et vous vouliez pas de truc à distance ?
- Pas franchement... Même avec un permis de transplanage, il restait le problème du décalage horaire. C'était pas tenable, expliqua-t-il en arrachant une poignée d'herbe. C'est le pire type de rupture parce qu'on sait que ça aurait pu continuer entre nous si j'étais resté ici. Donc, évidemment, elle m'en veut.
Isis hocha la tête. Elle voyait où était le problème.
- Sauf que je pensais pas que ça la blesserait autant de me voir passer à autre chose...
- C'est normal, elle t'aime probablement toujours, fit Isis d'une voix douce.
- C'est mon premier amour cette fille, fit-t-il avec un sourire triste. J'aime pas quand elle m'ignore ou quand on s'engueule sans raisons.
Il s'apprêta à ajouter quelque chose mais se coupa dans son élan.
- Désolée, c'est un peu gênant comme conversation, grimaça-t-il en plantant son regard dans celui d'Isis.
Isis eut un petit rire cassé. Luke était très mignon à cet instant.
- Non... ça me dérange pas, dit-elle en lui faisant un petit sourire.
Un petit silence s'installa entre eux. On entendait un peu plus loin les élèves qui discutaient bruyamment dans la cour.
- Et je comprendrais si tu voulais qu'on arrête, reprit Isis en ramenant ses jambes contre elle.
Luke se tourna vers elle.
- Je sais pas, j'en ai pas vraiment envie. Toi si ?
Isis soupira. Elle avait préparé ce qu'elle voulait lui dire.
- On s'était dit qu'on voulait que ce soit quelque chose de simple. Et discret, répondit-elle en se tournant vers lui. Et là j'ai l'impression que c'est ni discret ni vraiment... simple.
Luke la regarda un instant, sans rien dire. Il paraissait réfléchir.
- C'est vrai... dit-il en détournant son regard.
Elle aurait pu lui parler des complications qu'il y avait de son côté aussi, le fait que Sirius lui plaisait. Mais elle ne se sentait pas de le dire à voix haute.
- Et puis je vais partir bientôt de toute façon... ajouta-t-il.
Tout deux regardaient maintenant le ciel, appréciant la chaleur des rayons du soleil.
- C'est con, c'était sympa, fit-il.
Isis éclata de rire.
- Le mot de la fin, dit-elle en lui faisant un petit sourire.
Luke rigola à son tour.
- Plutôt agréable ce genre de rupture, dit-il en lui faisant un sourire. J'ai pas l'habitude. Et je pense que toi non plus.
Isis repensa à ce jour de février où elle avait stupidement dit à James qu'elle l'aimait et qu'il l'avait larguée comme une merde. Ce n'était clairement pas ce qu'on pouvait appeler une rupture agréable, non.
Elle se pencha vers Luke et l'embrassa doucement.
- T'es un mec bien, dit-elle doucement. C'est une rupture de mec bien.
Il lui adressa un petit sourire en coin, le genre de sourire que faisait Sirius, mais avec moins de charme.
- On est comme ça, nous, les Serdaigles, se vanta-t-il grossièrement.
La Poufsouffle lui donna un coup de poing sur l'épaule pour le faire taire. Les Serdaigles ne pouvaient pas s'empêcher de se vanter d'être des Serdaigles. Presque pire que les Gryffondors.
Ils décidèrent de se lever pour rejoindre la cour. Luke avait cours de défense contre les forces du mal à 14h et Isis devait rejoindre ses amies pour réviser. Sur le chemin, ils échangèrent encore quelques mots sur les examens. Luke était quelqu'un avec qui elle aurait pu être en couple. Mais il y avait Sirius. Et la complicité qu'elle avait avec lui était difficilement égalable, même par le plus cool des Serdaigles.
Justement, en retournant dans la cour du château, le regard d'Isis tomba sur Sirius, allongé de tout son long sur le muret, les yeux fermés pour profiter des rayons du soleil.
A côté de lui, James, les yeux bien ouverts, fixait Isis. Elle vit ses lèvres bouger mais était trop loin pour entendre ce qu'il disait. Toutefois elle avait le sentiment qu'il parlait de Luke et d'elle... et certainement pas en des termes très sympathiques. Son pressentiment se confirma quand Remus et Peter se mirent à leur tour à la suivre des yeux. James donna une tape sur la cuisse de Sirius qui ouvrit paresseusement les yeux. Il se redressa sur les avant-bras et regarda dans la direction d'Isis et Luke sans aucune discrétion.
Isis se força à détourner le regard.
Elle rejoignit ses amies à quelques mètres de là et salua Luke d'une accolade chaleureuse.
- Alors ? s'enquit Penelope, à peine le garçon partit vers le château.
- On a décidé d'arrêter, lâcha Isis l'air de rien.
- Et ben ! Réagit Audrina, qui ne s'attendait pas à ce qu'Isis prenne les choses en main aussi efficacement.
- Bah pourquoi ? s'étonna Penelope, au même moment.
Isis se mordit la lèvre.
- Parce que c'est Sirius que je veux, dit-elle tout bas.
C'était clair dans son esprit. Limpide.
Ses deux amies restèrent silencieuses quelques secondes. On entendait plus que la conversation inintéressante de Smoke, assis un peu plus loin, qui expliquait la recette de Fish and Chips de sa mère à qui voulait l'entendre.
#_°
Ce soir-là, Pénélope et Isis étaient dans la Salle commune et révisaient tant bien que mal. Installée en tailleur sur le tapis, Isis était adossée aux jambes de Penelope et regardait par la fenêtre au lieu de bosser. Penelope la soupçonnait de penser à Sirius mais eut la délicatesse de ne rien dire.
Quelques minutes plus tard, Audrina sortit des dortoirs, d'une humeur massacrante.
- Tom m'a larguée il y à peine deux jours et qu'est-ce que je viens d'entendre ? Qu'il donne des « cours de soutien » à Elizabeth Atkins...
- La petite 4ème année aux gros seins ? S'enquit Penelope.
Audrina grogna en guise de réponse.
- Ca lui ressemble pas de faire des trucs comme ça... fit Isis en fronçant les sourcils.
- J'en suis la première étonnée, répondit Audrina d'un ton amer.
La blonde attrapa rageusement son livre de Défense contre les forces du mal et se laissa tomber dans le canapé. Elle tourna les pages sans délicatesse quelques instants avant de le refermer tout aussi brusquement. Isis et Penelope échangèrent un regard prudent.
- J'ai besoin de sucre ! Déclara simplement Audrina en se levant. Je vais aux cuisines.
La grande blonde disparut aussi vite qu'elle était apparue. Elle marcha quelques mètres pour rejoindre les cuisines, qui se trouvait non loin de la salle commune des Poufsouffles. Là-bas, elle obtint des gentils elfes de maison deux parts de tarte au citron, du pudding et des cookies au chocolat.
Les bras chargés de ses trésors, et déjà un peu apaisée, Audrina prit le chemin inverse pour retourner grignoter au calme dans son dortoir. Elle croisa un petit groupe de 2ème années qui la regarda de travers et l'ignora royalement. Et alors ? Elle adorait grignoter. Et grâce à son métabolisme ultra-performant, elle parvenait à rester toute fine sans faire le moindre effort physique.
Au moment où elle s'approchait de l'entrée de la salle commune, Diggory en sortit, du parchemin et un paquet de biscuits pour hiboux dans les mains. Il se dirigeait très certainement vers la volière. En reconnaissant Audrina et en voyant la quantité de bouffe qu'elle transportait, le garçon lui lança un drôle de regard.
- Pas de commentaires, le prévint-elle.
- C'est donc ça le secret de ta minceur, rigola Diggory.
En l'entendant rire, Audrina se dit qu'il avait l'air d'aller beaucoup mieux. Il lui piqua un des cookies qu'elle avait dans les mains et croqua dedans.
- Tu t'es faite larguer ou quoi ? Demanda-t-il, la bouche pleine.
- Comment tu le sais ? S'exclama la blonde, sur la défensive.
Amos arrêta de mâcher et planta son regard dans le sien, un demi-sourire aux lèvres.
- Je savais pas... C'était juste une supposition. Mais tu viens de confirmer.
Audrina grogna et le contourna pour rejoindre l'entrée de la salle commune. Amos bloqua le passage.
- Alors c'est déjà fini avec Tom ? Demanda-t-il, curieux.
La blonde s'apprêta à l'envoyer bouler, avant de se rappeler qu'ils étaient plutôt en bons termes en ce moment. Et que, accessoirement, le garçon venait de perdre sa grand-mère. Elle retint son juron et se contenta de répondre calmement :
- Oui, c'est terminé. Rien à déclarer.
- Ca m'étonne pas trop... fit Amos en se retenant de sourire.
- Pourquoi ? S'exclama Audrina, piquée au vif.
- J'sais pas... je vous voyais pas ensemble...
Audrina resta silencieuse un instant, l'air de sonder le garçon.
- Tu dis ça pour m'énerver ou tu le penses vraiment ? Demanda-t-elle, les yeux plissés.
- Un peu des deux, répondit-il avec un petit sourire.
Audrina leva les yeux au ciel et força le passage vers la porte de la salle commune. Amos la retint d'un seul bras. Un bras de la taille de la cuisse d'Audrina.
- Je rigole Audrina... fit-il pour se rattraper. Tu veux que je te réponde sérieusement ?
- C'était bizarre de l'entendre l'appeler par son prénom à nouveau. Audrina en oublia de répondre et Amos prit son silence pour un oui.
- Je trouve que Tom est un peu ennuyeux et que c'est pas un mec qui te correspond, poursuivit-il sur un ton étonnamment sérieux.
- Il est super gentil, le défendit Audrina. Et intelligent. Et intéressant.
Amos ricana un peu.
- Le problème c'est pas lui, reprit Audrina. C'est moi. Qu'est-ce qui va pas chez moi ?!
Elle ne savait pas pourquoi elle se montrait soudainement aussi honnête avec lui. C'était sorti tout seul. Un silence se fit. Est-ce qu'elle attendait une réponse de la part de Diggory ?
- Tu me demandes... mon avis là ? Demanda-t-il, tout aussi perplexe.
- Non... juste des conseils, répondit-elle, pas trop sûre d'elle.
- C'est encore pire, fit-il en rigolant.
Audrina se sentit rosir. Elle détestait ça.
- Ok, oublie, fit-elle brusquement.
- Attends attends, la stoppa Amos en lui barrant à nouveau le passage de son grand corps. Dis-moi clairement ce que tu veux savoir. Je peux te conseiller !
Audrina le regarda dans les yeux pour y déceler une lueur de moquerie. Mais il paraissait sérieux.
- Comme ça on sera quitte, ajouta-t-il en soutenant son regard.
Elle savait à quoi il faisait référence. Et bizarrement, cette idée d'être quitte la détendit. Elle ne révèlerait rien et il ne révèlerait rien.
Elle se recula légèrement pour mettre de la distance entre lui et elle et s'expliqua :
- Tom me plait vraiment mais... j'ai l'impression d'avoir un blocage quelque part. Je suis pas à l'aise avec lui, j'ai l'impression d'être ridicule. Et je suis pas très fan des... rapprochements physiques.
Elle se sentait extrêmement mal à l'aise à cet instant. Mais en même temps, elle voulait un avis masculin. Et l'avis d'un garçon aussi expérimenté qu'Amos ne pourrait qu'être bénéfique, non ?
- Et c'est pour ça qu'il t'a largué ?
- Ouais... Comme je suis mal à l'aise avec lui, j'avoue que je l'ai un peu évité ces derniers temps. Je sais, c'est bête... Et du coup il se dit que je m'en fous !
Amos fit mine de réfléchir un instant.
- Et c'était pareil avec tes petit-copains d'avant? Demanda-t-il.
Audrina resta silencieuse.
- C'est ton premier ? Fit Amos en se retenant de sourire.
Audrina le défia de dire quoi que ce soit. Son regard noir eut l'air de marcher.
- Et du coup, tu me conseilles quoi ? Demanda-t-elle.
- Pour quoi ? Le récupérer ?
- Bah oui !
Amos prit une grande inspiration comme si il s'apprêtait à livrer des paroles d'une extrême sagesse. Audrina ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.
- Je pense pas que ce soit une bonne idée d'essayer de le récupérer... Pas sûr qu'il te plaise tant que ça. Un mec qui te plait vraiment, t'as forcément envie de passer du temps avec lui. Moi quand une fille me plait, ça vient naturellement. J'ai besoin de rapprochement physique. Je peux pas m'empêcher de la toucher, l'embrasser...
- Ca va, j'ai compris l'idée, le coupa Audrina en regardant par terre.
Amos la regarda avec un sourire moqueur et ajouta sur un ton incroyablement paternaliste :
- Tu comprendras quand ça t'arrivera !
Audrina le singea « Tu comprendras quand ça t'arriveras », ce qui fit marrer Amos.
- Quand tu seras plus mature, déjà ! Se moqua-t-il.
- Je t'emmerde, fit-elle avec un petit sourire.
Il allait répondre quand la porte de la salle commune s'ouvrit et laissa apparaître la tête gominée de Smoke.
- Bah vous foutez quoi ? Demanda-t-il
- Rien, répondirent-ils en même temps.
Audrina s'empressa d'entrer dans la salle commune, ses sucreries sous le bras, et Amos s'éloigna en direction de la volière.
(O=O)
On était déjà jeudi soir. Les examens commençaient le lundi suivant. Il était plus que temps de s'en inquiéter. C'est du moins ce que se disait Isis en relisant ses notes de Métamorphose. Elle était de nouveau assise dans la cour de Poudlard, à profiter du temps clément de cette fin de journée.
Seule.
Ses amies l'avaient lâchement abandonnée et étaient remontées dans le dortoir après le diner. Penelope avait rejoint Smoke pour réviser (ce dont Isis doutait sincèrement). Quant à Audrina, elle préférait travailler sa pratique dans le dortoir.
- Allez, courage, soupira Isis en tournant une n-ième page de parchemin.
Presque une heure passa, durant laquelle Isis, sagement assise en tailleur, grognait, soupirait et s'arrachait les cheveux. Ce cours était une horreur. Le professeur Mcgonagall était extrêmement exigeante et Isis avouait avoir un peu perdu le fil pendant ses cours. Le livre de notes que Luke lui avait prêté lui était très utile pour comprendre les choses mais encore fallait-il les retenir.
La nuit commençait doucement à tomber et il ferait bientôt trop sombre pour travailler à l'extérieur. Alors qu'elle tentait de réciter une liste de sortilèges, elle entendit Rusard, le concierge, se plaindre.
- Et ça traine à ces heures-là dans le château... De mon temps, le couvre-feu était à 18 heures et ça mouftait pas !
Isis releva les yeux, croyant qu'elle était visée. Mais ce n'était pas elle, c'était Sirius, qui sortait du château l'air complètement indifférent aux récriminations du vieux concierge. Son cœur se mit à battre un peu plus rapidement.
Le Gryffondor se dirigeait vers Isis, tenant dans la main un parchemin plié en deux dont les caractères s'effaçaient peu à peu. Ou alors c'était Isis qui perdait la tête ? Probablement. Elle n'avait pas l'habitude de bosser si longtemps.
- Salut, fit-il en arrivant près d'elle.
Isis lui sourit, un peu gênée. Sirius rangea son parchemin dans sa poche arrière.
- Ca va ? Demanda-t-elle.
- Super... Et toi ? Fit-il, en mettant les mains dans les poches de son pantalon à pinces.
Isis lui répondit, notant au passage que lui non plus n'était pas très à l'aise. Elle avait l'impression qu'il voulait lui dire quelque chose.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda-t-elle en haussant les sourcils.
- Euh... non, rien. Je voulais juste m'assurer que... que notre conversation de mardi n'avait pas mis un froid. Entre nous, je veux dire.
Isis planta son regard dans celui de Sirius. Qu'est-ce qui lui prenait ?
- Un froid, non. Un malaise, peut-être, répondit-elle en se forçant à sourire.
Sirius répondit à son sourire avant de baisser les yeux au sol. Et ben... Quelle folle ambiance !
- Tant qu'on est en bons termes et qu'on est toujours potes, moi ça me va, déclara-t-il finalement.
Il y a quelques semaines, elle aurait rêvé d'entendre une phrase comme ça. Après tout, c'était signe qu'il tenait à leur amitié et qu'il savait se montrer prévenant avec elle. Chose qui ne lui ressemblait pas du tout. Mais aujourd'hui, ça lui pinçait le cœur de s'entendre dire qu'ils étaient simplement « potes ».
- Ouai t'inquiètes, c'est cool. Ca me va aussi, approuva-t-elle sans en penser un seul mot.
Un silence se fit.
- Tu révises ? Demanda-t-il, pour changer de sujet.
- Ca t'étonne ? Répliqua-t-elle en feignant un ton léger.
Sirius se contenta d'un petit sourire moqueur en guide de réponse. Il s'assit à califourchon sur le muret d'Isis.
- Métamorphose... Commenta-t-il en attrapant ses parchemins.
- Ouais.. Je m'en sors pas. J'ai l'impression d'avoir assisté à aucun cours de l'année !
- T'as juste à réviser les sortilèges de disparition. Je suis sûr que c'est le sujet qui va tomber aux examens, lui assura Sirius en lui jetant un regard rapide.
- Oh non, pas ça, ronchonna Isis.
- C'est facile, fit Sirius de sa voix de Maraudeur prétentieux. T'expliques juste le théorème de Gendry et tu fais quelques lignes sur les risques du sortilège.
Isis papillonna des yeux.
- Le théorème de... ?
Sirius lâcha ses parchemins et la fixa.
- Tu sais pas ce que c'est ?
Isis prit son temps pour répondre.
- Si si, carrément, dit-elle d'un air pas convaincu. C'est le théorème qui... explique la disparition de... matière ?! Ou un truc comme ça...
Sirius ne put retenir un rire. Le premier de la soirée.
- T'es vraiment la pire des branleuses, se moqua-t-il, les yeux brillants de malice.
Isis fit mine de s'offusquer face à cette insulte d'une violence inouïe. Sirius rigola à nouveau puis se tourna dans la direction de la tour de Gryffondor un instant, l'air de peser le pour et le contre. Il soupira.
- Bon, je te montre, décida-t-il en attrapant le parchemin et la plume d'Isis.
Isis se pinça les lèvres pour s'empêcher de sourire. Très bien, qu'il lui explique ce qu'il voulait tant qu'il passait du temps avec elle.
Sirius se retroussa les manches et commença à dessiner un schéma de cet obscure théorème dont Isis ignorait l'existence. Sourcils froncés, il était concentré sur son parchemin. Isis fit mine de s'intéresser à ce qu'il notait même si son regard se perdait un peu sur ses mains, ses avant-bras, ses épaules...
A un moment, il leva les yeux vers elle pour lui expliquer un truc. Elle vit ses lèvres bouger mais ne prêta pas du tout attention à ce qu'il racontait. Ses lèvres. La situation empirait, elle n'arrivait plus à penser à autre chose en sa présence. Elle le voulait. Et pas en tant qu'ami, ça ne servait à rien de faire semblant. Elle repensa aux mots de Penelope « tu sauras jamais si t'essaies pas ».
Sa bouche se mit en marche avant qu'elle ait le temps d'y réfléchir davantage.
- Sirius ?
- Hmm ? Fit le garçon sans quitter son schéma du regard.
Le cœur d'Isis battait de plus en plus fort. Elle le sentait jusque dans ses paumes de main.
- En fait, ça me va pas, dit-elle d'une voix blanche.
Sirius se figea en l'entendant parler si sérieusement. Il leva le regard vers elle. Il était tellement beau.
- Qu'est-ce qui te va pas ?
Isis planta son regard vert pâle dans celui de Sirius. Elle se pencha vers lui, approcha son visage du sien et embrassa ses lèvres. Un simple bisou, très court, très léger, très doux. Quand elle s'éloigna, le bras de Sirius qui tenait la plume retomba mollement le long de son corps. Il avait l'air désorienté, incrédule. Ils échangèrent un regard. Jamais il ne l'avait regardé de cette façon.
Prenant conscience de ce qu'elle venait de faire, Isis attrapa ses affaires et se leva. Tant pis pour sa plume et son parchemin, toujours dans les mains de Sirius. Elle partit en direction de son dortoir, comme si ce qui venait de se passer était normal.
Sirius ne réagit même pas.
Lorsque Isis eut rejoint la porte du château, elle se mit à courir aussi vite que ses jambes le lui permettaient. Elle entendit vaguement Rusard qui lui disait de ne pas courir mais c'était littéralement le dernier de ses soucis.
Qu'est-ce qu'elle venait de faire ?
Son cœur battait à tout rompre et ce n'était certainement pas dû à sa course effrénée.
Elle arriva dans son dortoir en un temps record, ne s'arrêtant même pas dans la salle commune malgré les appels de ses amies, installées dans les fauteuils. Elle balança son sac de cours au pied de son lit et fonça sous sa couette.
- Isis ? Appela Audrina d'une voix inquiète en entrant dans le dortoir, suivie de près par Penelope.
La respiration saccadée d'Isis, qui soulevait sa couverture à un rythme soutenu, trahissait sa présence.
- Ca va pas ? Demanda Penelope.
Isis répondit par un grognement. Audrina se dirigea vers le lit et souleva la couette. Son amie était recroquevillée sur elle-même, cachant son visage de ses mains.
- J'ai fait une bêtise... dit-elle d'une voix un peu paniquée que ses amies ne lui connaissaient pas.
- C'est à dire ? Demanda Audrina en l'obligeant à retirer ses mains de son visage.
Isis prit uns inspiration avant de raconter à ses amies ce qui venait de se passer.
- Sirius est venu me parler dans la cour, commença-t-elle d'une voix saccadée. Il était en train de m'expliquer le théorème de Gendrot et...
- Gendry, corrigea machinalement Audrina.
- Chut, fit Penelope.
- … Et je sais pas ce qui m'a pris, j'ai complètement vrillé. Je l'ai embrassé. Il était là et... je l'ai juste embrassé, comme si c'était normal. Et lui... lui il a pas compris. Il a rien dit, il a pas bougé. Oh mon dieu, mais qu'est-ce qui m'a pris ?
Un silence s'installa dans le dortoir. Penelope, toujours dramatique, avait plaqué ses mains sur sa bouche.
- T'as... embrassé Black ? Répéta Audrina, contenant toute émotion.
- Mais qu'est-ce qui va pas chez moi ? Reprit Isis, toujours dans sa pseudo crise de panique. Je lui ai dit que c'était ok, que c'était cool. J'ai dit que c'était COOL ! Et après, j'ai complètement changé d'avis. J'ai dit que ça me convenait pas. J'avais peur qu'on redevienne juste amis. Je voulais pas qu'il pense que je voulais être son amie. Je sais que je lui ai dit que j'étais d'accord avec ça mais j'y ai repensé en boucle et, non, c'est pas du tout ce que je veux. Mais j'aurais pas du lui dire comme ça. Je le connais, il va...
- ISIS, calme-toi ! s'écria brusquement Penelope.
Isis se tut. Son amie l'attrapa par les épaules et approcha son visage du sien.
- Maintenant tu vas inspirer et expirer tranquillement, fit-elle en donnant l'exemple.
La métisse respira profondément. Les tremblements de ses mains commençaient à disparaître. Quand Penelope jugea qu'elle s'était calmée, elle reprit la parole.
- Maintenant est-ce qu'on peut revenir deux secondes sur l'essentiel ? T'AS EMBRASSE SIRUS BLACK ! Hurla-t-elle.
Isis écarquilla les yeux. Penelope se mit à la secouer en criant, surexcitées. Audrina et Isis se mirent à rigoler, prises dans l'excitation du moment.
Oui. Elle avait embrassé Sirius Black.
Et voilà :)
A nouveau, je m'excuse du temps que ça a pris mais j'avoue que j'ai beaucoup hésité sur la tournure qu'allait prendre l'histoire (c'est un chapitre assez décisif mine de rien héhé). Du coup le prochain ne sera pas aussi problématique.
Et puis bon, confinement aidant, je serai clairement beauuuucouuuup plus productive ;)
Gros bisous et prenez soin de vous !
