Disclaimer : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à leurs concepteurs, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Avertissement : cette histoire est la suite directe du Temps des gardiens.
On laisse un peu souffler certains pour revenir vers ce qu'il se passe du côté du WRO.
Le temps du renouveau
Chapitre 30
An 2012
Reeve Tuesti se trouvait dans son bureau du WRO, il était seul et d'assez mauvaise humeur. Les dernières informations qu'il venait de recevoir de ses informateurs ne lui convenaient pas du tout et encore moins que cela.
Outre le fait qu'il avait toujours la dernière représentante de la part féminine des turks officiellement en activité, sur les bras, et que personne ne semblait vouloir venir la récupérer, il avait en prime tout un tas de personnes alarmées par l'article publié par un journaliste en mal de copie, que ce pisseur d'encre avait en prime accompagné d'une vidéo qu'il ne parvenait pas à censurer, chaque fois qu'il tentait de la faire disparaître, qu'il parvenait à la supprimer quelque part, elle réapparaissait ailleurs et contribuait à la pagaille.
Désormais, il n'y avait pas grand monde sur Gaïa qui ignore encore que Sephiroth était revenu à la vie, et ce n'était pas pour le réjouir.
Cela lui coupait l'herbe sous les pieds. Il n'avait plus guère de moyens de pression sur l'argenté après ce reportage mal venu.
Lui qui avait espéré s'adjoindre les services de l'ancien général, ne pouvait plus que tirer un trait sur ce projet.
Comme si cette occasion manquée ne suffisait pas, il avait également appris que les Shinra étaient de retour, pas seulement les parents de Rufus et d'Ingrid, mais aussi le tout premier d'entre eux et l'un de ses rejetons précédents, issu de sa vie d'avant Gaïa.
Pour Reeve, tout cela n'était que des soucis supplémentaires dont il se serait bien passé.
Fermant les yeux quelques secondes, il prit le temps d'y penser. Son père lui avait bien dit que cela pourrait se produire, que le premier Shinra n'allait pas dormir éternellement et qu'il ferait mieux de se préparer au moment où il reviendrait, mais au fil des ans, il avait commencé à se dire que cela ne se produirait sans doute pas de son temps, que le moment venu, ce serait à son fils Riley de gérer la chose.
Il savait désormais qu'il se leurrait et qu'il allait devoir faire face au retour du grand patron. Cette éventualité lui faisait un peu grincer des dents. Il avait pris goût au pouvoir et même s'il n'était pas le plus doué qui soit dans ce domaine, il trouvait qu'il ne s'en était pas trop mal sorti malgré tout.
Il fut tiré de ses pensées par deux mains se posant sur ses épaules. Il rouvrit vivement les yeux et tourna la tête. Son épouse, entrée sans faire de bruits, lui sourit.
- Tu n'as pas l'air d'être concentré sur ton travail. Des soucis ? Demanda t'elle avec une lueur malicieuse dans le regard.
- Juste le Shinra qui s'est décidé à sortir du sommeil. Répondit Reeve avec humeur.
Sa compagne laissa échapper un long sifflement et sourit largement.
- Voila une bonne nouvelle, on commençait à s'encroûter. J'espère qu'il nous autorisera à accéder en haut. J'ai toujours rêvé d'y faire un tour. Ce serait une bonne chose que notre fils y soit éduqué.
Reeve haussa les épaules.
- Franchement, tu seras déçue, j'y ai été formé à l'adolescence, et ce n'est qu'une ville comme les autres.
- Une ville dans l'espace ! Pour moi, ce n'est pas n'importe quel endroit ! Protesta sa compagne. Tu es peut être blasé, mais vu que tu es du sang des fondateurs, tu as eu accès à cette merveille, je n'ai pas eu cette chance. J'ai des origines plus modestes moi.
- Oui, et bien, je ne sais pas si tu es au courant, mais cette merveilleuse ville spatiale a bien failli disparaître, avec tous ses occupants lorsque Sephiroth a invoqué le météore, elle était en plein sur la trajectoire, il a fallu la déplacer et ce n'est pas quelque chose qui bouge comme un véhicule, ça a été très juste.
Sa compagne soupira et secoua la tête avec accablement.
- Ce que tu peux être rabat joie par moment... ton père était ainsi lui aussi ? Pas surprenant qu'il soit mort jeune. C'est surement usant de râler souvent.
Reeve lui adressa un regard maussade.
- Je n'ai pas eu la chance de naître dans les coulisses du Gold Saucer. Maugréa t'il.
- C'est bien dommage, un peu plus de paillettes t'aurait sans doute arrangé le caractère.
Reeve serra les dents. Adara l'agaçait parfois, elle était si insouciante en apparence. Il avait beau savoir qu'elle était issue d'une race de guerriers, qu'elle était elle même une guerrière aguerrie, il avait parfois du mal à s'en souvenir.
Les mains d'Adara se refermèrent sur ses oreilles, en une prise quelque peu douloureuse.
- Ada ! Protesta t'il aussitôt. Tu me fais mal ! Arrête !
- Quand tu auras fini de râler.
Reeve tenta de se délivrer seul, mais les doigts d'Adara lui tordirent les pavillons et il leva vivement les mains en signe de capitulation.
- Voila qui est mieux. Sourit Adara en relâchant sa prise et en massant délicatement les oreilles malmenées. Bien, maintenant que j'ai toute ton attention, si nous allions réviser dragounet ? Il a besoin d'être remis à niveau après avoir du neutraliser cette bande d'idiots qui pensaient t'arracher une rançon grâce à nous.
Reeve soupira. Même si en apparence dragounet n'était qu'un jouet, en vérité, son enveloppe de peluche mignonne cachait un robot des plus sophistiqués.
Il suivit son épouse vers la chambre de leur fils. Riley dormait déjà, mais dragounet se tourna vers eux, en alerte comme toujours. Reeve lui fit signe d'approcher, et le petit dragon robot s'empressa d'obéir.
Reeve l'emporta dans son atelier et le délivra de son camouflage. Une fois le manteau de peluche verte, bien rembourré, retiré, le robot se dévoila dans toute sa splendeur létale. La mécanique ultra perfectionnée, au corps recouvert de métal d'un noir bleuté, était fine, avec des griffes impressionnantes et des crocs tout aussi redoutables.
Son entretien fut rapidement fait, le couple le renvoya ensuite veiller sur leur fils.
Reeve s'attarda quelques instants auprès de l'enfant endormi. Il ne pouvait s'empêcher de le contempler. Riley lui ressemblait, avec ses cheveux aussi noirs que les siens, mais il avait les yeux presque dorés d'Adara.
Il réprima à grand peine l'envie de repousser en arrière une mèche égarée sur la joue de son fils, puis rejoignit Adara qui était restée dans le couloir.
Il posa un regard songeur sur son épouse. Lorsque, des années plus tôt, ses parents lui avaient annoncé, alors qu'il n'était encore qu'un adolescent de 15 ans, qu'il allait devoir épouser une parfaite inconnue, il avait assez mal pris la nouvelle, mais il n'avait pas eu d'autre choix que d'accepter cette future union. Cinq ans plus tard, il avait enfin fait la connaissance d'Adara, et leur première rencontre avait été pour le moins surprenante.
Il s'était préparé à faire la connaissance d'une jeune femme qui était aussi passionnée de mécanique et de recherche que lui, il s'était retrouvé face à une femme brune de peau et de cheveux, fort légèrement vêtue d'une sorte de maillot de bain violet orné de paillettes, surmonté d'une ceinture de cuir noir retenant une dizaine de fins couteaux de lancer.
Reeve était resté un instant immobile, pétrifié par la surprise, désorienté par cette vision qu'il n'attendait pas.
Adara lui avait adressé un regard moqueur.
- Vous voulez ma photo ? Avait elle lancé avec ironie. Je me change et on y va. Ce n'est pas parce que nos parents ont décidé que nous devions absolument nous marier que vous êtes dispensé de me faire la cour.
Elle avait tourné les talons, sans attendre qu'il lui réponde et il s'était retrouvé seul, planté comme un idiot dans ce couloir étroit. Il avait détesté cela, et plus encore l'insolence dont elle avait fait preuve envers lui.
Il ignorait de quelle famille elle était issue, mais elle ne brillait visiblement guère par son éducation. Lui, lui faire la cour ? Et puis quoi encore ! Il était forcé à cette union, dont il ne voulait pas, il ferait ce qu'il était censé faire, mais il allait bien faire comprendre à cette insolente péronnelle qu'il n'était pas du tout attiré par elle.
Adara ne tarda pas à revenir, à peine plus vêtue. Elle avait troqué son maillot violet pour une robe d'un rouge vif, à la jupe très courte et aux manches arrivant au coude, en plis élégants, qui sembla tout d'abord convenable à Reeve, jusqu'à ce qu'elle le dépasse et qu'il réalise que la robe en question découvrait largement le dos.
Reeve avala péniblement sa salive.
- Vous avez perdu une partie de votre robe en l'enfilant ? Questionna t'il avec mauvaise humeur.
Adara lui jeta un regard par dessus son épaule.
- Non.
- Et je suppose que retourner en chercher une plus couvrante n'est pas envisageable... grogna Reeve.
- Vous supposez bien. Répondit Adara d'un ton suave. Vous êtes libre de ne pas l'apprécier, mais tant que ce sera mon corps qu'elle couvrira, ce sera mon avis qui primera.
Reeve réprima un juron, ne laissant passer qu'un murmure indistinct entre ses dents serrées. Cette femme ne lui convenait définitivement pas.
Il emboîta le pas à la jeune femme qui s'éloignait sans se retourner.
- Je peux savoir où nous allons comme ça ? Demanda t'il au bout d'un moment.
- J'ai faim, je pensais aller au Fabuleux.
Reeve leva les yeux au ciel.
Le Fabuleux était l'un des restaurants les plus chers de la région.
- Je n'ai pas d'argent à dépenser pour ce genre de choses... grogna t'il.
Adara se retourna pour lui faire face.
- Rien ne vous oblige à manger. Mais moi, comme je viens de le dire, j'ai faim et je vais manger dans ce restaurant.
- Et vous comptez me laisser l'addition... compléta Reeve avec humeur.
Adara éclata de rire.
- Vous laisser l'addition ? Vous plaisantez j'espère. Je suis une Gileski, je n'ai pas besoin de l'argent d'un avare fauché pour me nourrir.
- Un avare fauché ? Un avare fauché ! Je ne suis pas un avare fauché !
- Inutile de vous énerver pour si peu, il n'y a pas de honte à cela. Tout le monde ne peut pas avoir la chance de bien gagner sa vie. Ne vous en faites pas, vous êtes encore jeune, cela viendra, vous trouverez un métier rentable. Allez, pour vous consoler, c'est moi qui invite.
- Je peux très bien payer mon repas. Maugréa Reeve.
- Merveilleux, nous pouvons donc y aller.
Sur ces mots Adara se détourna et se remit en route.
Reeve la suivit sans dire mot, ressassant sa rancune.
Il ne se dérida pas en passant les portes du restaurant, malgré l'accueil irréprochable du maître d'hôtel. La salle au décor d'un blanc immaculé lui déplaisait au plus haut point. Tout ce blanc lui faisait penser à un hôpital. Sols en marbre blanc, tapis blancs, nappes blanches, tapisserie blanche, vaisselle blanche... il en frissonnait presque. Il suivit cependant Adara jusqu'à la table qui leur était attribuée. La jeune femme était une note de couleur bienvenue dans cet univers pratiquement monochrome. Les clients étaient tout aussi incolores que le reste nota t'il au passage avec un mélange d'horreur et de fascination.
Il espérait que cela n'était pas un code vestimentaire imposé... sans doute pas, on ne les aurait pas laissé entrer si tel était le cas.
- Quelque chose ne va pas ? Demanda Adara une fois qu'ils furent installés.
- Non... répondit Reeve avec la plus parfaite mauvaise foi qui soit.
Adara laissa échapper un nouveau rire, plus discret cependant que le précédent.
- Allez, vous pouvez le dire, c'est terriblement blanc pas vrai ? C'est pour cette raison que je porte toujours de la couleur, j'en ai besoin pour ne pas avoir l'impression d'être en train de perdre la vue.
Reeve s'efforça de ne pas sourire, il ne voulait pas laisser d'espoir à la jeune femme. Il n'avait aucun intérêt pour elle, le message devait être bien clair.
Le maître d'hôtel déposa deux menus devant eux, comme le voulait la tradition, celui qu'avait reçu Adara ne comportait aucun prix, alors que celui de Reeve les mentionnait. La jeune femme lui tendit vivement son menu et fit mine de lui prendre le sien. Cette fois il ne l'entendait pas ainsi et lui bloqua le poignet.
- Il n'en est pas question, je n'ai jamais fait payer une femme, je ne vais pas commencer aujourd'hui.
Adara hocha la tête et le laissa faire.
Reeve se décida pour le menu dégustation, sans même en regarder le prix. Ses parents lui avaient laissé assez d'argent pour assurer. C'était le moins qu'ils puissent faire après tout, puisqu'ils voulaient absolument qu'il fasse bon figure.
Quelques minutes après qu'ils aient fait part de leur choix, le serveur dévolu à leur table déposa deux assiettes de petits fours. Sur la porcelaine blanche étaient disposés des mets tout aussi blancs. Reeve considéra avec un peu de perplexité les toasts surmontés de minuscules grains blancs, les fines lanières de chair blanche soigneusement pliées en forme de fleur, et les petits éclairs au glaçage salé d'un blanc brillant. Deux flûtes de champagne blanc de blanc leur furent servis en même temps.
- Caviar d'escargot, sabre fumé et éclairs au crabe des neiges et gelée de citron caviar. Annonça le serveur d'un ton onctueux.
Reeve se mura dans un silence prudent. Il ignorait totalement ce qui était dans les assiettes, mais la seule chose qui importe était probablement que cela soit comestible.
Il attendit qu'Adara se soit servie pour en faire autant.
Pour son plus grand soulagement, les petites bouchées étaient bonnes à manger.
La première entrée, qui suivit de peu l'apéritif, consistait en des asperges blanches et un velouté de fenouil aux carottes blanches. La seconde en des coquillages qu'il ne connaissait pas et des crustacés tout aussi inconnus de lui. Les plats s'enchaînaient, chacun accompagnés d'un verre de vin différent. Il cessa d'essayer de savoir ce qu'il mangeait ou buvait, il se contentait d'en profiter sans se poser de questions. Il ne reviendrait jamais dans cet endroit, autant ne pas trop se faire de souvenirs.
L'assortiment de desserts, aussi blancs que le reste, le fit soupirer de soulagement, bientôt il pourrait quitter les lieux.
Lorsque le serveur leur proposa du café, il accepta volontiers, pour autant qu'il le savait, le café n'était pas blanc, c'était noir, il fut donc fort surpris de découvrir les tasses emplies d'un liquide couleur crème d'où s'élevait un parfum de café surprenant.
Il le but avec résignation, ainsi que le petit verre de digestif qui l'accompagnait. Tout avait été blanc, et lui commençait à être quelque peu gris... il était temps pour lui de prendre congé avant de se rendre ridicule. Il regarda avec un peu d'irritation la jeune femme en face de lui. Adara Gileski avait bu autant que lui, et elle semblait ne pas s'en ressentir le moins du monde. C'était pour le moins vexant.
Adara, occupée à savourer café, digestif et petits fours sucrés servis en accompagnement, elle raffolait des meringues et celles du Fabuleux étaient délicieuses, surpris son regard et réprima un sourire. Elle avait bien remarqué qu'il ne tenait pas aussi bien l'alcool qu'elle et s'en amusait beaucoup. Elle le soutint discrètement lorsqu'ils se levèrent, en faisant mine de s'accrocher à lui pour partir.
Reeve rougit et la laissa faire, ne se sentant pas très assuré sur ses jambes. Le maître d'hôtel prit la carte confiée par ses parents et les escorta jusqu'à la sortie en leur souhaitant une bonne fin de journée.
Adara leva le bras pour attirer un taxi et lui en ouvrit la portière.
- Bon retour chez vous et bonne sieste. Dit elle avec malice avant de refermer la portière pour l'empêcher de répondre.
Le taxi démarra sans lui laisser le loisir de réagir.
Il se laissa aller contre le dossier en soupirant.
Ce n'était clairement pas son jour...
Une sensation de morsure assez douloureuse le tira de ses souvenirs moroses. Il laissa échapper un cri de douleur, porta la main à son oreille droite et fusilla Adara du regard.
- Mais ça ne va pas ? Tu m'as fait mal !
- Mais au moins tu es de nouveau avec moi. Rétorqua Adara. Je peux savoir où tu étais cette fois ?
- J'étais au Fabuleux si tu veux tout savoir. Grommela Reeve avec mauvaise humeur.
- Au Fabuleux ? Oh, tu veux parler de CE jour ? Questionna Adara en riant. Tu n'as pas assuré une seule seconde ce jour là.
- J'ai tout de même payé ! Protesta Reeve vexé.
Adara secoua la tête en signe de négation.
- Non, ce sont tes parents qui ont payé.
Reeve laissa échapper un soupir de profonde irritation.
- J'étais jeune... je me suis rattrapé depuis, non ?
- On va dire ça...
Devant le regard sombre de Reeve Adara tendit la main et lui caressa le visage.
- Tu sais que j'adore te taquiner. Tu es trop sérieux parfois... soupira t'elle. Je sais que tu fais ce que tu peux, que tu as des responsabilités et que notre accord stipule que nous restons libres, chacun de notre côté, sans demander de comptes à l'autre, mais tu manques à Riley. J'aimerai que tu prenne plus de temps pour lui. Je ne dis pas que tu es un mauvais père, il ne manque de rien au niveau matériel, mais ce n'est pas ce dont il a le plus besoin à l'âge qu'il a. Si tu ne veux pas qu'il soit comme toi plus tard, sans attaches envers toi, comme tu l'étais vis à vis de ton propre père.
Reeve se figea, il n'aimait pas entendre parler de son père, qui était parti sans se retourner, qui vivait depuis des années sur la station spatiale, il était vrai qu'ils n'avaient jamais été proches. D'aussi loin qu'il s'en souvienne, son père était trop pris par son travail pour avoir du temps à lui consacrer, hormis lorsqu'il avait des reproches à lui faire. Dans ces moments là, il trouvait toujours du temps.
Il serra les dents.
- Je ne suis pas comme lui. Dit il d'un ton glacial. Je suis bien plus présent qu'il ne l'a jamais été. Je fais mon possible pour venir border Riley dans son lit tous les soirs.
Adara soupira, elle ne pouvait pas dire le contraire. Elle évita de verser du sel sur la plaie en soulignant le fait que souvent lorsqu'il le faisait, Riley dormait depuis longtemps.
Elle ne savait que trop que Reeve en voulait à son père, pas tant d'avoir été un père absent pendant son enfance, que d'être parti sur la station en laissant son unique enfant derrière lui après la mort de son épouse. Elle n'avait pas connu le couple, mais elle était persuadée que le père de son compagnon avait fuit parce qu'il peinait à surmonter son chagrin d'avoir perdu la femme qu'il aimait. Reeve n'avait jamais pardonné et refusait d'entendre quoi que ce soit à ce sujet.
Elle, qui était très proche de sa famille, trouvait cela terriblement triste et elle espérait qu'un jour prochain, elle réussirait à convaincre Reeve de se rendre avec Riley et elle dans la station, qu'ainsi il pourrait renouer avec son père et avoir enfin une discussion franche avec lui. Elle ne voulait pas que Riley grandisse, coupé d'une part de sa famille, de ses origines. Elle estimait que cela serait préjudiciable, et pas qu'à leur fils. Malgré ses dénégations et son obstination, elle était persuadée que Reeve aussi avait besoin de son père. Cela faisait des années qu'elle réfléchissait à un moyen de les réunir. Elle espérait que les derniers événements lui en fournirait l'occasion.
- Je te laisse à ton travail... essaie de rentrer pour le coucher de Riley, demain soir. Dit elle en se dirigeant vers la porte.
Reeve ne chercha pas à la retenir. Il était trop mal à l'aise depuis qu'elle avait mentionné son père. Il savait qu'elle n'avait pas abandonné l'idée de les réunir, lui par contre, ne pensait pas du tout la chose possible.
À suivre
