Titre : Amnésie / Rating : M / Pairing : Harry Potter & Tom Jedusor / Disclaimer : JK ROWLING / Résumé : voir chapitre chapitre précédent

Notes de l'auteur : Et voilà, chose promise chose due. Je précise que j'ai écrit ce chapitre il y a près de 5 ou 6 ans maintenant. Il est possible que le ton et le style des chapitres évoluent en cours de route...

Bonne lecture, prenez-soin de vous, ne sortez pas et lisez des fanfictions ! N'oubliez pas aussi les commentaires, ça fait toujours plaisir.

Je remercie par ailleurs Stormtrooper2, toujours fidèle au poste, The Deamon (UN lecteur ! je ne pensais pas en avoir), Chaeos et Fay-L pour leur reviews, merci !


Chapitre 23 : Un horcruxe bien inattendu

SCOOP DE l'ANNÉE!

AU GRAND DÉSESPOIR DE TOUTES CES DAMES

HARRY POTTER SORT DU PLACARD !

Suite à de nombreux témoignages, absolument fiables et identifiants de la part d'innombrables élèves de Poudlard, la nouvelle de l'année – qui, à n'en pas douter, fera verser d'abondantes larmes de la part de la gente féminine – est tombée : Harry James Potter, notre héros national, a fait son « comming out » avec grand fracas, hier, en début d'après midi ! Il semblerait que cet événement inouï soit survenu après la victoire improbable et incroyable de l'équipe de Gryffondor, lors du match les opposant à l'équipe de Serdaigle (Harry Potter, Attrapeur et Capitaine de l'équipe, en retenue à ce moment là, n'était pas présent durant ce match, en raison d'une bagarre avec un autre élève – voir article p6 « L'incroyable triangle amoureux Poudlarien ! » par Rita Skeeter) et les permettant ainsi encore une fois de remporter la Coupe de Quidditch des Quatre maisons. Harry Potter, porté par cette euphorie, aurait embrassé, devant plus de cinquante témoins oculaires, Elvy Riddle, poursuiveur (et attrapeur occasionnel) de l'équipe des Gryffondor. Ce jeune homme, aussi beau et brillant que Harry Potter, a fait son apparition dans le cercle d'amis privé de notre héros, en début d'année, et s'est déjà démarqué de ses camarades par son incroyable habilité magique et son apparence dès plus engageante. Sorcière Hebdo a déjà élu le couple Potter – Riddle, couple de l'année ! [... ]

Deux mains blafardes se crispèrent sur les pages du journal, les froissants jusqu'à ce que la suite ne soit plus lisible, se brouillant dans un assemblage de lettres noircies. Un cri de rage, de colère et de haine s'éleva alors, retentissant sur les murs de pierres, renvoyant ses échos à eux-mêmes, car seul le silence leur répondit.

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Au même moment, à un tout autre lieu, deux mains burinées par le soleil, se crispaient de la même manière sur les mêmes pages d'un même journal.

- Hé bah… Ils n'ont pas traîné dit donc…, commenta ironiquement Tom, en avisant le gros titre de Sorcière Hebdo.

- Mais… ! - les mains écrasèrent les pages - quelle bande… - jusqu'à ce qu'elles ne forment plus qu'une boule de papiers froissés - d'emmerdeurs ! cria Harry, en jetant la boule au loin dans un geste rageur.

- Harry, ton langage ! s'écria Tom faussement outré.

- Et ça t'amuse toi !

Tom haussa les épaules.

- Je préfère qu'il parle de ça, que de voir un jour étaler en gros titre : Harry Potter couchait avec Voldemort ! répondit-il d'un ton cynique.

Harry lui donna un coup sur l'épaule.

- Arrête idiot, ce n'est pas marrant. Justement, maintenant, à ton avis, combien de temps avant qu'il y ait ta photo en première page ? Et combien de temps pour qu'on ne fasse le lien ? répliqua Harry, avec irritation.

Tom se rembrunit légèrement, mais conserva son sourire.

- Ça il fallait y penser avant de m'embrasser avec autant de fougue Harry, lui susurra t-il au creux de l'oreille.

Oreille qui vira rapidement au cramoisie.

- Ne t'inquiète pas, je ferais attention, quitte à lancer un sort à quiconque s'aviserait de me photographier ! poursuivit Tom, avec nonchalance.

- Mouai, si tu le dis, je te trouve bien désinvolte quand même, une photo, ça peut se prendre discrè… Merde !

- Harry, ton langage !

- Merde, merde ! répéta Harry avec énervement.

- Quoi encore ? demanda Tom, surpris.

- Colin ! Il nous a pris en photo juste avant la soirée de Slughorn !

Ils échangèrent un regard consterné, avant de sortir en trombe de la Salle sur Demande où ils s'étaient réfugiés pour fuir les incessants commérages de leurs camarades.

Après avoir juré de détruire ce cliché – et après que Tom l'eut terrorisé -, Colin voulut les bombarder de questions, mais un regard noir de Tom le fit détaler à toutes jambes.

- On l'a échappé belle… murmura Harry dans un soupir de soulagement.

- Bon… Je crois que je vais chercher s'il n'y a pas un sort pour détruire tous les clichés existants en ce monde…

- Ahhhhh ! Merde ! Merde !

- Quoi encore ? demanda Tom exaspéré.

- La photo de l'équipe de Quidditch !

Les deux jeunes hommes se regardèrent à nouveau avec consternation. Puis poussant un soupir, ils se remirent à courir.

Après avoir passé la journée à, un, éviter leurs camarades, et deux, chercher et détruire toutes les photos de Tom, ils retournèrent, épuisés, dans la salle commune des Gryffondor.

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Hermione les attendait devant le portrait de la Grosse Dame.

- Bon, hum Elvy, Harry, ne vous énervez surtout pas, commença t'elle, visiblement contrariée.

Devinant qu'un comité d'accueil les attendait, ils pénètrent dans la salle, mains dans la poche, près à dégainer si besoin.

Des murmures étouffés à leur entrée se propagèrent, mais aucun des Gryffondor ne les regardait directement.

Harry s'apprêtait à demander à Hermione pourquoi elle les avait mis en garde, quand Tom lui tira le bras, et lui fit un signe de tête pour qu'il regarde mieux l'état de la pièce.

Des angelots – mâles - voletaient dans tous les coins, en s'embrassant, des confettis roses se déversant en pluie continue, et une banderole était accrochée, étalant en lettres majuscules sur tout un mur : Vive les pédales !

Harry fronça les sourcils. Sentant la colère monter, il s'apprêtait à demander qui était responsable, quand la main de Tom se posa sur son épaule, l'apaisant immédiatement. Tom se contenta de sortir sa baguette, qu'il agita légèrement, faisant disparaître en un clin d'œil ces horribles relents d'homophobie.

- Hé, tu viens de gâcher mon œuvre ! s'éleva une voix moqueuse.

Voix que Harry reconnut immédiatement. Ron… Evidemment.

- Pourquoi ça ne m'étonne même pas ? fit Harry, en se tournant vers le rouquin, qui se tenait dans un coin de la pièce, en compagnie de sa sœur, de Lavande Brown et, à l'étonnement du Gryffondor, de Cormac McLaggen.

Le rouquin se contenta de les toiser d'un air goguenard, visiblement très fier de son exploit, Lavande pendue à son cou. Ginny les fixait d'un regard mêlé de haine et de tristesse, quant à Cormac, il bombait le torse, affichant un air si suprêmement supérieur, tel un coq de basse-cours.

Sous son apparence calme et trompeuse, intérieurement, Tom bouillait de rage contenu. Sentant l'atmosphère de la pièce changé imperceptiblement, Ron pâlit légèrement, perdant de sa superbe. Il recula lentement, faisant signe à sa sœur de le suivre, mais ignorant la menace qui pesait sur lui, sur eux, Cormac lança de sa voix tonitruante.

- Tu ne mérites pas d'être Capitaine de l'équipe, Potter ! Comment une pédale comme toi pourrait être à la hauteur ? On le voit bien avec le ramassis de femmelettes dont tu t'es entouré !

Ron ne releva même pas l'injure, qui le visait lui aussi pourtant, indirectement, tellement il transpirait la peur.

Alors qu'Harry allait répliquer, de vives contestations se firent entendre.

- Traite moi encore de femmelette et je te castre, Cormac ! s'écria Demelza en colère.

- Ouai ! Puis c'est n'importe quoi, c'est grâce à Elvy qu'on a gagné ! Et c'est bien parce que Harry l'a choisi ! crièrent à leur tour d'autres Gryffondor.

- Le fait qu'ils soient gays ne change rien du tout ! protesta Dean Thomas.

- Harry a bien rétamé Vous-Savez-Qui ! Je voudrais t'y voir Cormac ! Toi et ta si grande virilité ! Suis sûr que tu te serais pissé dessus ! renchérit de plus bel Neville Londubat.

Peu à peu, un groupe de plus en plus dense faisait corps autour de Harry, Tom et Hermione, fustigeant les responsables de la mauvaise blague. La colère de Tom fondit rapidement, alors que des marques de soutien fusaient de toutes parts. Harry aperçut même Romilda Vane debout sur une chaise, avec une pancarte : Harry x Elvy yaoi forever ! Il ne put s'empêcher de demander à Hermione ce que ça voulait dire, qui elle-même ne put s'empêcher d'être prise d'un fou rire incontrôlable. Déconcerté, Harry se reporta sur les quatre protagonistes, qui s'enfuyaient de la salle, la queue entre les jambes, sous les quolibets des autres Gryffondor.

- Franchement, Ron déconne grave ! A croire qu'il a oublié toutes vos années d'amitié ! s'exclama Alicia Spinnet avec indignation, à leur départ.

- Si ça se trouve, il est jalouuux ! railla Seamus, dans un grand éclat de rire.

Rire communicatif, qui fit rapidement le tour de la Salle.

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Le fait que Harry Potter sorte avec Elvy Riddle s'était répandu comme une traînée de poudre dans l'école, en Grande Bretagne, et peut être même dans le monde entier, et semblait susciter un vif intérêt, surtout chez les filles (et certains garçons, mais qui se gardaient bien de le dire). Mais à la grande surprise de Harry et Tom, aucune photo d'eux ne parut dans les journaux, et le nombre d'articles restait relativement restreint.

Le mois de juin débuta, et les affres des examens commencèrent à remplacer petit à petit le sujet des conversations. Et après la mésaventure de Ron et sa clique, personne d'autre ne se risqua à leur faire des remarques désobligeantes. Même pas les Serpentard, vu que l'un de leurs membres les plus illustres, - pour ne pas citer Drago Malfoy - avait vu son nom placardé à la une peu de temps après, pour son implication dans une relation tripartite avec les golden boys. Étrangement, Malfoy n'était pas revenu à Poudlard après un weekend chez sa mère.

Les retenues avec Rogue se poursuivirent, dans une ambiance encore plus oppressante que la première où Harry avait été forcé de manquer le match. Peut-être avait-il cette impression justement parce qu'il n'était plus obsédé par ce qu'il se passait ailleurs, pendant qu'il réécrivait pour la dixième fois « James Potter et Sirius Black. Surpris à faire usage d'un maléfice illégal sur la personne de … Double retenue. ». Rogue ne profitait même pas de ces moments pour lui envoyer des piques, et se moquer de lui, cherchant à l'énerver, pour pouvoir lui infliger une punition encore plus grande. Non, il se contentait invariablement de rester à son bureau, corrigeant des devoirs dans un silence religieux, seulement dérangé par le grattement de leurs plumes respectives, et par le tic tac de l'horloge.

Harry poussa un soupir à sa sortie du cachot, encore un samedi matin comme ça, et il virait neurasthénique. Il retourna à la salle commune où l'attendait Tom. Il s'affala sur le canapé, au côté de jeune homme, qui le prit dans ses bras. Ne plus avoir à se cacher avait tout de même du bon dans l'histoire…

- Alors cette retenue ?

- Affreux… gémit Harry, dans une plainte déchirante. Le pire je crois, c'est le silence, c'est à en devenir fou !

- Tu as toujours une retenue avec lui, samedi ? demanda Tom.

- Oui, et le samedi d'après, et le samedi d'après, etc. soupira Harry.

L'apparition de Jimmy Peakes qui lui tendait un rouleau de parchemin l'arracha à ses sombres pensées.

- Merci, Jimmy… Hé, c'est de Dumbledore ! annonça Harry, surexcité en déroulant le parchemin qu'il parcourut rapidement. Il veut qu'on aille dans son bureau le plus vite possible !

Il échangea un regard avec Tom.

- Tu crois que…, murmura celui-ci. Il aurait trouvé…

- Le mieux, c'est d'aller voir non ? dit Harry en se levant d'un bond.

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Ils se dépêchèrent de sortir et parcoururent le septième étage à toutes jambes, sans rencontrer personne d'autre que Peeves qui filait dans la direction opposée et leur lança quelques morceaux de craie, par simple routine. Avec un petit rire, il esquiva le maléfice de défense que lui jeta Harry puis disparut. Le silence revint aussitôt dans les couloirs. Il n'y avait plus qu'un quart d'heure avant le couvre-feu et la plupart des élèves étaient déjà retournés dans leurs salles communes.

Ils atteignirent le couloir où la gargouille solitaire gardait l'entrée du bureau de Dumbledore, sans autre incident et Harry cria le mot de passe. Ils montèrent quatre à quatre l'escalier mobile, puis frappèrent à la porte.

- Entrez, répondit la voix calme de Dumbledore, alors que les deux jeunes hommes s'étaient déjà précipités dans la pièce.

Fumseck, le phénix, tourna la tête, ses yeux noirs et brillants reflétant la lueur dorée du soleil couchant, de l'autre côté de la fenêtre. Dumbledore, debout devant la vitre, contemplait le parc, une longue cape noire sur le bras.

- Eh bien, Harry, Elvy, je vous avais promis que vous pourriez venir avec moi.

- Vous avez trouvé un de mes Horcruxes ? s'exclama Tom, avec excitation.

- Je le crois.

- De quel Horcruxe s'agit-il ? Où est-il ?

- Quel Horcruxe ? Je l'ignore, mais je pense que nous pouvons exclure le serpent. Je suis convaincu, en tout cas, qu'il est caché dans une caverne, sur la côte, très loin d'ici, une caverne que j'essaye depuis bien longtemps de localiser : celle où, plus jeune, tu as un jour terrorisé deux de tes camarades de l'orphelinat lors de leur excursion annuelle, Harry t'en avait parlé ?

- Oh…, oui, oui, il me l'avait dit, répondit Tom, légèrement contrit.

- Comment est-il protégé ? demanda Harry.

- Je ne le sais pas. J'ai quelques idées qui pourraient se révéler entièrement fausses.

Après une courte pause, Dumbledore ajouta :

- Ce n'est pas le sujet du jour… Mais j'ai entendu parler de votre relation.

Si Harry avait pu transplaner loin d'ici, il aurait sans aucun doute été directement en Alaska. Au lieu de ça, il baissa immédiatement le regard en rougissant. Tom se contenta de fixer Dumbledore, droit dans les yeux, nullement embarrassé. Pourquoi devrait-il avoir honte de se qui le rendait plus heureux et plus humain que jamais ?

J- e pense que vous l'aurez sans doute compris vous-même, le Ministère a dû museler quelque peu la presse pour éviter que cette histoire ne fasse trop grand bruit, et que la photo de Elvy ne se retrouve affichée dans tous les journaux du pays. Nous avons même fait circuler quelques faux clichés, pour calmer les rumeurs.

Harry regarda Dumbledore, stupéfait. Et lui qui avait pensé qu'il ne devait cette réussite qu'à leur investigation et à leur prudence. Mince !

- Je ne veux pas savoir si cette histoire est vraie ou non, je ne crois pas que ça me regarde vraiment, continua Dumbledore, d'un ton serin. Toutefois, j'ai dû apaiser l'équipe professoral à ce propos, et je compte sur vous pour garder profil bas, le temps que ça passe, n'est-ce pas jeune gens ?

Ils acquiescèrent de concert, sans prononcer un mot, n'en revenant pas que Dumbledore ne dise rien de plus à leur sujet.

- Bon revenons-en à nos Horcruxes, poursuivit-il avec sérieux. Je vous amène qu'à la seule condition : que vous obéissez immédiatement et sans la moindre discussion à toute instruction que je pourrais vous donner.

- Bien sûr, répondit Harry sur le champ.

- Cela vaut aussi pour toi, Elvy fit Dumbledore, en lui jetant un regard en coin.

Tom eut un rictus, mais répondit lui aussi positivement à la demande.

- Comprenons-nous bien, Harry, Elvy, je veux dire par là que vous devez même obéir à des ordres tels que « fuyez », « cachez-vous » ou « retournez en arrière ». J'ai votre parole ?

- Je… Oui, bien sûr, répondit Harry

Tom hocha la tête également.

- Très bien. Maintenant, Harry, je voudrais que tu ailles chercher ta cape d'invisibilité et que tu nous retrouves dans cinq minutes dans le hall d'entrée.

Dumbledore se retourna pour regarder au-dehors, à travers la fenêtre embrasée par le crépuscule. Le soleil n'était plus qu'une lueur couleur rubis au long de la ligne d'horizon. Harry s'empressa de quitter le bureau et descendit l'escalier en colimaçon.

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Tom regarda le jeune homme dévaler les escaliers, puis se retourna vers le directeur qui finissait d'écrire une lettre. Sentant le regard interrogatif de Tom dans son dos, Dumbledore prit la parole :

- C'est une lettre d'instruction, destinée au Professeur McGonagall, si jamais je ne revenais pas, expliqua t-il d'un ton joyeux.

Tom secoua la tête, incrédule. Son professeur était définitivement fou.

- Je pourrais vous aider là-bas, vous savez.

- Mais j'y comptais bien, mon garçon ! s'exclama Dumbledore, en se retournant, braquant son regard bleu vif sur Tom.

Puis il lui passa devant, descendant les escaliers à son tour, et Tom lui emboîta le pas.

- Tu sais mon garçon, commença Dumbledore, sur le ton d'une conversation badine. Je pense que cette histoire avec Harry était plutôt une bonne chose pour toi.

Tom mourrait d'envie de lui hurler d'arrêter de l'appeler mon garçon ! Même si le vieux sorcier était plus âgé que lui, ce n'était pas une raison ! Il retint cependant la remarque acerbe qu'il avait sur le bout de la langue, avant de répondre à Dumbledore, avec étonnement.

- Ah oui ?

- Surprenante, il en va sans dire, mais bénéfique malgré tout, continua Dumbledore. Grâce à Harry, tu as pu découvrir ce qu'était l'amour et je pense…

Tom retint un soupir, il n'avait pas franchement envie de voir un pépé lui faire l'éloge du premier amour, c'était assez consternant.

- … moi, même au temps de ma jeunesse, j'ai connu les émois du cœur...

Dumbledore marqua un temps d'arrêt.

- Même si j'espère grandement pour vous deux qu'il ne s'achèvera pas comme le mien, termina t-il avec tristesse, avant de s'enfermer dans un mutisme songeur.

Tom le regarda avec surprise. Dumbledore avait connu un chagrin d'amour ? Cependant, à son expression, il devina que cela devait être un peu plus grave qu'une simple déception amoureuse. Toutefois, il se garda bien d'insister auprès du vieux sorcier.

Harry s'empressa de retourner à la Salle commune, où il trouva Hermione, plongée dans un volumineux ouvrage, assise dans un fauteuil près d'une fenêtre.

- Qu'est-ce que voulait Dumbledore ? demanda-t-elle aussitôt

- Attend, j'arrive, répondit brièvement Harry en passant très vite devant elle.

Il se rua dans l'escalier puis dans le dortoir où il ouvrit à la volée le couvercle de sa grosse valise dans laquelle il prit sa cape d'invisibilité, roulée en boule au fond de la malle. Puis il redescendit dans la salle commune en dévalant les marches, s'arrêtant dans une glissade devant Hermione, visiblement abasourdie.

- Je n'ai pas beaucoup le temps de t'expliquer, dit-il d'une voix haletante. Dumbledore et Elvy m'attendent pour partir. Dumbledore a trouvé la localisation d'un horcruxe, et il nous amène avec lui.

- Oh, c'est super Harry ! Mais…, poursuivit-elle, plus anxieuse, soit prudent, qui sait ce que tu devras affronter ?

- Ne t'inquiète pas Hermione, je n'ai rien à craindre, je serai avec Elvy et Dumbledore, répondit Harry. A plus tard…

Et il repartit, se glissant à travers le trou du portrait pour filer en direction du hall d'entrée.

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Dumbledore et Tom l'attendaient devant les portes de chênes. Ils se retournèrent alors que Harry surgissait sur la plus haute marche de pierre, le souffle court, un point de côté lui déchirant le flanc.

- Je voudrais que vous mettiez la cape, s'il vous plaît, dit Dumbledore.

Tom s'apprêtait à répliquer qu'il pouvait très bien se désillusionner sans problème, quand la perspective d'être serré contre Harry le fit soudainement changer d'avis dans un sourire.

Dumbledore attendit qu'ils s'en soient enveloppés avant d'ajouter :

- Très bien. On y va ?

Dumbledore descendit les marches, sa propre cape de voyage remuant à peine dans l'air immobile de l'été. Sous la cape d'invisibilité, Tom et Harry – toujours haletant – se hâtaient à côté de lui.

Ils suivirent l'allée dans la nuit qui commençait à tomber autour d'eux. L'herbe tiède, l'eau du lac et le feu de bois dont la fumée s'élevait de la cabane de Hagrid embaumaient l'atmosphère. On aurait eu du mal à croire qu'ils s'apprêtaient à affronter quelque chose de dangereux ou d'effrayant.

Ils franchirent le portail et s'engagèrent sur la route déserte de Pré-au-Lard, dans les dernières lueurs du crépuscule. Marchant en silence, ils atteignirent une ruelle déserte du village, la nuit tombait pour de bon, la lumière des étoiles commençant à scintiller, au-dessus de leur tête.

- Bien, nous allons pouvoir y aller, murmura Dumbledore. Harry, tu arrives à transplaner maintenant ?

- Oui. Mais je n'ai pas encore mon permis.

Il préférait être franc. Que se passerait-il s'il gâchait tout en se retrouve à cent cinquante kilomètres de l'endroit où il était censé se rendre ?

- Ça ne fait rien, le rassura Tom. Je vais t'emmener. Prends-moi le bras Harry.

- A trois, commença Dumbledore. Attention…un…deux…trois…

Harry pivota en même temps que Tom, et éprouva aussitôt cette horrible impression de s'enfoncer dans un épais tuyau de caoutchouc. Il ne parvenait plus à respirer, chaque partie de son corps était comprimée presque au-delà du supportable. Enfin, au moment où il était sur le point d'étouffer, les bandelettes invisibles semblèrent se déchirer et il se retrouva debout, aux côtés de Tom, dans un endroit froid, obscur, respirant à pleins poumons des bouffées d'air frais et salé.

Tom observa les vagues qui s'écrasaient sur les hauts rochers sombres, où ils se tenaient. C'était la première fois qu'il voyait la mer… depuis sa perte de mémoire. L'odeur du sel vint lui piquer le nez, d'une manière désagréable. L'eau était sombre, faiblement éclairée par la lune et les étoiles, mais elle semblait vouloir l'aspirer dans les ténèbres de ses profondeurs. Il recula doucement du bord, en tirant Harry par la main.

- Ce n'est pas très hospitalier, murmura t-il doucement.

Harry hocha la tête.

- Ils ont amené les enfants de l'orphelinat ici ? s'étonna t-il, ne pouvant imaginer de lieu moins accueillant pour une excursion.

- Pas ici exactement, répondit Dumbledore. Seuls Tom Jedusor, et ses jeunes victimes ont visité cet endroit.

Tom jeta un œil à la falaise derrière lui, elle était imposante, à la paroi verticale, noire et lisse. Il devait avoir usé de magie pour descendre ici, et sans doute avait-il emmené les deux autres enfants avec lui pour le seul plaisir de les terroriser…

- Mais sa destination finale – qui est aussi la nôtre – se trouve un peu plus loin, poursuivit le vieux sorcier. Venez.

Dumbledore leur fit signer de le suivre tout au bord du rocher où de petites cavités aux contours pointus permettaient de poser le pied pour descendre sur des rocs à la surface arrondie, à moitié enfoncés dans l'eau et plus proches de la falaise.

Tom – à regret – sortit de sous la cape, vu l'impossibilité de descendre à deux la falaise. Il se tapota la tête avec sa baguette, et pris peu à peu la couleur grisâtre des rochers, tel un caméléon.

Il descendit le premier, suivi de Dumbledore et Harry. La descente était périlleuse, il voulait s'assurer qu'il pourrait rattraper le jeune homme en cas de besoin.

- Lumos, dit-il en atteignant le roc qui se trouvait le plus près de la falaise.

Il distingua une anfractuosité à l'intérieur de laquelle une eau sombre tourbillonnait. Il fit la grimace, visiblement, ils allaient devoir plonger.

- J'espère que ça ne vous dérange pas d'être un peu mouillés, jeunes gens ?

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Dumbledore se laissa glisser dans la mer, et se mit à nager une brasse parfaite en direction de la crevasse, Tom et Harry à sa suite. L'eau était glacée, et leurs vêtements trempés ondulaient autour d'eux, cherchant à les attirer vers le fond. Tom savait apparemment nager, il en avait les réflexes, mais il décida aussitôt qu'il n'aimait pas ça. La sensation de vide sous ses pieds, qui n'avaient de prise sur rien, l'angoissait un peu. Prenant de profondes inspirations, il s'efforça de suivre Harry et le directeur, sans rien laisser paraître.

Enfin, ils émergèrent de l'eau, grimpant des marches visqueuses et rugueuses, menant à une vaste caverne.

Dumbledore était au milieu de la caverne, tenant haut sa baguette tandis qu'il tournait lentement sur place, examinant les parois et le plafond.

- C'est bien là, dit-il.

Tom leva les yeux, observant les parois humides, et sombres, essayant de se remémorer sa venue ici, bien des années auparavant. Mais le froid, et l'engourdissement de ses membres l'empêchaient de se concentrer. Entendant les dents de Harry claquées à ses côtés, il pointa sa baguette sur lui, et ses vêtements devinrent aussitôt secs et chauds, avant de faire de même avec les siens.

- Merci, dit Harry avec reconnaissance, mais Tom avait déjà reporté son attention sur la paroi de pierre.

Il sentait la magie vibrée dans l'air, c'était incontestable. Sa magie… plus sombre, plus violente, et noire que jamais, mais… la sienne malgré tout. Il pouvait la reconnaître.

- Je suis venu ici…, je le sens, je le sais.

Dumbledore tourna la tête vers lui, l'observant à travers ses lunettes en demi-lunes.

- Nous ne sommes que dans l'antichambre, le hall d'entrée, expliqua Dumbledore. A présent, ce sont les obstacles, dressés par Lord Voldemort qui sont sur notre chemin, pas ceux créés par la nature…

Tom fixait un endroit de la caverne, il s'approcha de la paroi et caressa la surface du bout des doigts. Aussitôt, une arcade se dessina, en une ligne blanche éclatante, comme si une puissante lumière brillait derrière une fissure.

- Ici, murmura t-il. C'est par là qu'il faut passer. L'entrée est cachée.

- Je ne doutais pas que tu l'as trouverais immédiatement Elvy, dit Dumbledore.

- Tu… tu as réussi ! s'exclama Harry.

Tom fronça les sourcils, quand la ligne de lumière s'éteignit brusquement.

- Je crois… qu'on demande de payer pour passer, finit-il par dire, d'un ton dédaigneux.

Dumbledore s'approcha à son tour de l'arche, l'observant d'un regard intense.

- Oui…, Du sang si je me trompe pas. C'est d'un grossier.

Tom fit la moue, son autre lui-même avait des tendances bien douteuses.

- Du sang ? s'étonna Harry, d'un air dégoûté.

Dumbledore retira un petit couteau d'argent semblable à celui dont ils se servaient pour couper leurs ingrédients en cours de potions.

- Une fois de plus LordVoldemort n'a pas compris qu'il existe des choses bien plus terribles que les blessures physiques.

Tom ne répliqua pas, le vieux sorcier avait raison, même si l'idée ne lui plaisait pas. Il fallait qu'il arrête de penser à son ancien lui comme étant… lui, justement. Ce n'était plus le cas. Il n'était plus Voldemort, et il espérait bien qu'il ne le serait plus jamais.

- Oui, mais quand même, si on peut les éviter…, dit Harry, qui avait eu suffisamment mal dans sa vie pour ne pas être pressé de recommencer.

- Parfois, elles sont inévitables.

D'un geste, Dumbledore remonta la manche de sa robe, exposant son avant-bras. Tom s'apprêtait à l'interrompre pour prendre sa place dans cet échange abject, mais Dumbledore se contenta de sourire. Il y eut un éclair argenté, puis un jaillissement écarlate et la paroi de pierre fut éclaboussée de gouttelettes sombres et brillantes.

A nouveau, le contour étincelant d'une arcade était apparu sur la paroi et, cette fois, il ne s'effaça pas : la surface rocheuse constellée de sang qu'il délimitait se volatilisa, ménageant une ouverture qui donnait sur une obscurité totale.

- Il vaut mieux que je passe devant, dit Dumbledore.

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Il franchit l'arcade, suivi de Tom et Harry, qui allumèrent à leur tour leur propre baguette, dévoilant ainsi une vision étrange et effrayante. Ils se trouvaient au bord d'un grand lac noir, si étendu qu'ils ne parvenaient pas en distinguer la rive opposée, dans une caverne si haute que le plafond restait également hors de vue. Une lueur verdâtre, nébuleuse, brillait au loin, là où semblait se situer le centre du lac, et se reflétait dans une eau parfaitement immobile. Eau qui fit frissonner Tom quand il y plongea son regard, cherchant à distinguer les terreurs cachées au fond du lac, soupçonnant leur présence et leur garde silencieuse, même s'il ignorait leur nature.

- Avançons, dit Dumbledore à voix basse. Prenez bien garde de ne pas marcher dans l'eau. Restez près de moi.

Il longea le lac, les garçons sur ses talons. Ils marchaient, marchaient, mais rien ne changeait autour d'eux. Brisant ce silence oppressant, Tom demanda à Dumbledore, tout en pointant la lumière verdâtre du doigt.

- L'Horcruxe se trouve au milieu du lac ?

- Oui, nous devons sans aucun doute traverser le lac pour aller le chercher. La question est : comment traverser ?

- Nous pourrions peut-être utiliser un sortilège d'Attraction ? proposa Harry, dont la perspective de traverser les eaux noires n'enchantait pas. Il savait sa suggestion stupide, mais il avait hâte de sortir d'ici le plus vite possible.

- Je ne pense pas que ça fonctionne, Harry, répondit Tom, en fronçant les sourcils.

- C'était juste une idée…

- Pourquoi n'essayes-tu pas ? le coupa brusquement Dumbledore.

- Moi ? Heu… d'accord… Accio Horcruxe !

Avec un bruit semblable à une explosion, une forme massive et pâle surgit de l'eau noire à cinq ou six mètres d'eux. Tom tira fortement Harry en arrière, le plaquant contre lui, tandis que la forme replongeait dans une gerbe d'éclaboussure qui projeta des ondulations larges et profondes à la surface miroitante du lac.

- Vous saviez que ça se produirait ? demanda vivement Tom, avec colère.

Je pensais que quelque chose se produirait si nous tentions ouvertement de mettre la main sur l'Horcruxe. C'était encore la manière la plus simple de découvrir ce que nous devrons affronter.

- Cet inferius aurait pu nous attaquer ! protesta Tom.

- Alors tu as eu le temps de voir ce que c'était ? Encore mieux, Elvy ! poursuivit Dumbledore, impassible face à l'énervement manifeste du jeune homme.

Toujours sous le choc, le cœur de Harry continuait à battre avec force.

- Qu-est-ce que c'est un inferius ? murmura t-il.

- Un cadavre animé par magie noire, répondit Tom d'un air sombre.

- Un cadavre ! s'écria Harry d'une voix beaucoup plus aiguë, très différente de ce qu'elle était d'habitude.

- Des cadavres, Harry, rectifia Dumbledore. Je doute fort qu'il n'y en ait qu'un seul. On continue ?

Retenant son irritation, Tom lui emboîta le pas, suivi d'un Harry, silencieux, les pensées hantées d'images cadavériques.

- Aha, dit Dumbledore, qui s'arrêta à nouveau.

Tom fixa un point dans les airs, à quelques mètres d'eux. Oui, lui aussi, avait senti la présence de sa magie. Devançant Dumbledore, il passa la main, jusqu'à sentir une froideur, et une rigidité caractéristique. Il se pencha avec prudence au-dessus de l'eau, jusqu'à ce que le bout de sa baguette ne tapote l'objet invisible.

Aussitôt, une grosse chaîne d'un vert cuivré, surgie de nulle part, apparut dans sa main, émergeant des profondeurs du lac. Il donna quelques coups de baguette sur la chaîne qui se mit à glisser entre ses doigts dans un cliquetis désagréable, dont l'écho résonnait bruyamment contre les parois de pierre.

Harry étouffa une exclamation en voyant la proue fantomatique d'un minuscule bateau de la même couleur vert cuivré crever la surface et s'avancer vers eux, une ride à peine visible dans son sillage.

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Fasciné, Tom observait la lumière verdâtre vers laquelle le bateau continuait d'avancer inexorablement. Son autre lui-même avait décidément des idées bien glauques pour avoir caché son âme dans un endroit aussi sinistre. Cependant, Tom ressentait trop d'excitation à l'idée de découvrir un nouvel horcruxe pour avoir peur, il n'avait qu'une hâte que ce bateau arrive enfin à destination. A ses côtés, serrés l'un contre l'autre, se trouvait Harry, qui lui aussi fixait les eaux sombres avec beaucoup plus d'appréhension. Il ne pouvait prétendre, à présent, qu'il n'avait pas peur, même avec Tom auprès de lui. Et surtout, depuis que Dumbledore avait dû partir devant, vu le manque évident de place sur l'embarcation de Voldemort.

- Elvy ! s'exclama t-il.

Sa voix effarée résonna avec force sur l'eau silencieuse. Tom se tourna vers lui, les sourcils froncés.

- Je crois que j'ai vu une main dans l'eau…

Harry fit la grimace, sentant la nausée lui monter à la gorge. Tom posa une main apaisante sur l'épaule de jeune homme.

- Calme-toi, Harry. Ne les regarde pas. Je pense que tant que nous ne tentons pas de prendre l'Horcruxe, ils ne bougeront pas.

- Et quand ils bougeront ? demanda Harry, la voix à nouveau légèrement stridente.

- Le feu, Harry. C'est leur point faible, lui expliqua Tom, avec un sourire se voulant rassurant.

- Ah…bon…, dit Harry.

- Nous y sommes presque, annonça Tom, avec fébrilité.

Le bateau s'arrêta, heurtant doucement la petite île de roche lisse qui émergeait au centre du lac. Dumbledore les attendait, debout à côté de la source de la lumière verte, beaucoup plus brillante vue de près. Tom sortit du bateau le premier, et s'approcha du bassin de pierre assez semblable à la Pensine, posé sur un piédestal. Le bassin était rempli d'un liquide vert émeraude qui produisait cette lueur phosphorescente.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry, à voix basse.

- Je ne sais pas très bien, avoua Dumbledore. Quelque chose de beaucoup plus inquiétant que du sang et des cadavres en tout cas. Quoi qu'il en soit, je ne peux pas y toucher.

Joignant le geste à la parole, il tendit sa main vers le liquide mais une barrière invisible l'en empêcha, arrêtant ses doigts à deux centimètres de la surface.

Le regard fixe, Tom avança la main dans le bassin, et tenta à son tour de toucher le liquide. Ses doigts dépassèrent ceux de Dumbledore, et il effleura la surface de la potion, qui ondula doucement à son contact. Surpris, il retira la main aussitôt, observant la peau de ses doigts, s'attendant à tout moment à ressentir une vive douleur. Mais rien… Rien ne se passa.

- Eh bien, il semblerait que l'obstacle ne s'adresse pas à toi, Elvy, s'exclama Dumbledore, enjoué. Tant mieux, l'idée de devoir boire cette potion ne me plaisait guère.

Tom esquissa un sourire, avant de plonger franchement la main dans la potion, sous le regard inquiet de Harry. Ses ongles raclèrent le fond de pierre, se renfermant sur une forme ronde, lisse, et dure. Le médaillon de Serpentard !

Il le sortit du bassin et le tint sur la paume de sa main, éclairée par la lueur des baguettes. Tom fronça les sourcils, il y avait quelque chose d'anormale… Il retourna le médaillon entre ses doigts. Il n'était pas aussi grand que celui qu'il avait vu dans la Pensine, aucun signe n'était gravé dessus, et on n'y voyait pas le S ornementé qui était censé être la marque de Serpentard. De surcroit, aucune chaleur n'avait envahi son corps à son contact…

- Ce n'est pas mon horcruxe…, déclara-t-il d'un ton neutre.

Mais Harry sentit toute la déception, et la tristesse de Tom dans cette affirmation.

Sans un mot, Dumbledore prit le faux médaillon des mains de Tom, et l'ouvrit. Il n'y avait rien à l'intérieur, à part un morceau de parchemin plié, glissé à l'endroit où aurait dû se trouver un portrait. Dumbledore le déplia et le lut à haute voix :

Au Seigneur des Ténèbres,

Je sais que je ne serai plus de ce monde

bien avant que vous ne lisiez ceci

mais je veux que vous sachiez que c'est moi

qui ai découvert votre secret.

J'ai volé le véritable Horcruxe

et j'ai l'intention de le détruire dès que je le pourrai.

J'affronte la mort dans l'espoir

que lorsque vous rencontrerez un adversaire de votre taille,

vous serez redevenu mortel.

R.A.B

A suivre…


Oui j'assume le début de chapitre légèrement crac fic...