Thème 30 : Prison.

Canon.


Philippe était fou, Versailles n'était rien de plus qu'une prison dorée. Louis les retenait ici prisonniers pour son bon plaisir. Le brun ne le supportait pas, il n'avait pas envie de rester ici plus longtemps. Il voulait rentrer chez lui à Orléans, il ne voulait pas rester dans ce palais, aussi beau fusse-t-il. Le brun regarda le chevalier et soupira :

-Je donnerai tout ce que j'ai pour qu'on retourne à Orléans, loin de tous ces gens.

-Je comprends, mais nous n'avons pas le choix. Après tout, ce n'est quand même pas si mal ici. Nous ne sommes pas mal logés, nous avons du vin et de la nourriture à volonté, des tables de jeux, des salons de musique... qu'est-ce qui te dérange autant ?

-Que mon frère décide si nous avons le droit de sortir ou pas, qu'il décide avec qui nous avons le droit de parler ou pas... par chance il me laisse un peu faire ce que je veux, enfin c'est ce qu'il me fait croire. En réalité nos moindres faits et gestes sont contrôlés ici, nous ne sommes pas maîtres de nos vies ! Nous ne sommes que des pions sur l'échiquier de sa Majesté Louis XIV.

-Je vois... mais il y a tout de même tout un réseau de passages secrets pour faciliter les rendez-vous galants, c'est plutôt bien pensé non ?

-C'est surtout pour l'arranger lui, crois moi ce n'est pas du tout une bonne idée de rester là.

-Mais tu l'as dit toi-même : nous n'avons pas le droit de partir.

-Je sais, et ça me rend fou !

-Il ne faut pas, prends plutôt un verre de vin mon amour.

Le chevalier lui servit un verre et ils burent en regardant à travers l'une des grandes baies vitrées qui donnait sur les jardins. Le brun posa une main sur les fesses du chevalier et eut un sourire en coin :

-Au moins nous sommes là tous les deux, c'est déjà mieux que rien.

-J'avoue que ça aurait été réellement pénible si nous avions été bloqués ici l'un sans l'autre. Mais je vous trouve très entreprenant Monsieur.

-Et ce n'est qu'un début. Quitte à être en prison j'ai envie de me l'approprier, de m'amuser quand même. Mon frère peut m'empêcher de partir mais il ne peut pas m'empêcher de vivre, d'aimer !

Il tira le chevalier par la main et l'emmena dans la chambre. Il commença à l'embrasser et à le déshabiller. Cette situation ne leur plaisait pas mais ils s'adapteraient du mieux qu'ils le pouvaient. Après tout, puisqu'ils étaient tous les deux aucune prison, aussi brillante fut-elle, ne pourrait les empêcher de s'aimer et d'en faire à leur tête. Au contraire, les deux amants comptaient bien jouer les imbéciles pour semer la zizanie dans le cadre parfait qu'avait imaginer le roi. Ils avaient l'intention de montrer leur désaccord en se montrant aussi libres et réjouis que possible pour prouver que cet enfermement forcé ne les empêcherait jamais d'être eux-même.


Fin.