Je n'ai pas eu le courage de relire, pas que je n'ai pas le temps en confinement, mais bon... la flemme...
J'espère que de votre côté tout va bien.
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An 295, 20 Novembre – Koryo, propriété Kiyama
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« Assis ! Voilà, bon garçon. »
Shizuru releva légèrement la tête avant de doucement la secouer.
Presque 9 mois après leur retrouvaille et l'adoption du clone par les Kruger, Natsuki avait émis le souhait de se rapprocher plus concrètement de Shizuru. Elle avait du retourner à Annam pendant quelques semaines le temps de régler des papiers, vendre son logement et s'assurer que son personnel pouvait gérer le garage sans elle. Elle avait bien formé son personnel et était convaincue que le choses continuerait à bien tourner. Elle avait donc réuni ses économies avant de revenir à Koryo, où elle avait alors emménagé non loin de la propriété de Shizuru
C'était Shizuru elle-même qui avait pris la décision de ne pas précipiter les choses, de ne pas se remettre avec Natsuki parce que la jeune femme était revenue la bouche en cœur lui faire finalement part de ses sentiments. Ça avait été pourtant la chose la plus dure qu'il soit de ne pas simplement lui dire oui. Mais Shizuru avait su être au bord d'un précipice quand Natsuki l'avait simplement abandonné presque 5 ans plus tôt.
Elles avaient été jeunes et peut être que cela pouvait en partie excuser la décisions extrême de Natsuki de partir sans se retourner. A cette époque d'ailleurs, si Natsuki était réapparu, Shizuru lui aurait donner le bon dieu sans confession, l'aurait accueilli, l'aurait probablement même remercié.
En 5 ans, elle pensait avoir gagné un peu de sagesse et de maturité. Mais surtout un peu de volonté de préservation de soi. Si Natsuki devait la quitter demain, ce ne serait pas facile mais elle ne s'écroulerait pas non plus.
Elle l'espérait du moins. Elle n'était pas sûre de pouvoir réparer son cœur indéfiniment.
Natsuki avait toutefois accepté ce qu'elle lui proposait, de prendre leur temps, de voir où les choses allaient. C'était dans cette optique, qu'elle avait proposé de venir s'installer à Koryo.
Elle était restée quelques jours chez Shizuru, le temps de visiter des logements, proposant souvent à Shizuru de l'accompagner. Elles avaient listé les différents points -positifs comme négatifs- de chaque logement. Shizuru n'avait rien jamais rien dit de plus que nécessaire durant ces visites.
Natsuki avait décidé de cette solution de déménagement pour se rapprocher d'elle et peut-être avait-elle espéré que Shizuru lui dise que ce n'était pas nécessaire , qu'elle pouvait rester chez elle. De fait, elle avait largement la place pour, mais Shizuru n'avait rien dit. Elle avait juste acquiescé, l'avait accompagné visiter, avait donné son avis, puis l'avait aidé à emménager, elle avait passé plusieurs journées ensemble à choisir des meubles et à repeindre certaines pièces.
Elle vivait à présent à une quinzaine de minutes dans une sympathique petite maison de plein pied d'un style plutôt récent et doté d'une large cuisine où elle l'avait déjà invité plus d'une fois démontrant ses excellents talents de cuisinière.
Shizuru devait reconnaître avoir été dubitative presque craintive de la première préparation culinaire de Natsuki. Avant de finalement reconnaître que les gens pouvaient changer, même si elle ne s'était jamais attendue à découvrir Natsuki derrière des fourneaux à cuisiner des plats sains et goûteux.
Shizuru l'avait par la suite accompagné quelque fois au marché, Natsuki remplissant leur panier de divers aliments tout en expliquant ce qu'elle comptait lui préparer. Shizuru finissait comme son aide cuisine ou mettait la table, pendant que Natsuki créait son repas.
Elles lisaient , tentaient de jardiner -sans trop de réussite- le parterre de Natsuki ou encore se promenaient ensemble. Même si Shizuru devait reconnaître que leur activité principal était bien souvent de traquer Schwartz.
En bref, Natsuki était devenue une présence constante. Elle passait quotidiennement ou du moins autant que possible voir Shizuru ou l'inviter. Ce n'était pourtant pas intrusif ou collant, Natsuki passait du temps à monter un nouveau garage -elle restait propriétaire de ces précédentes activités- mais elle se voyait bien développer une chaîne de garage mondiale, peut être développer une partie plus recherche pour mettre à disposition des véhicules personnelles moins coûteux que ceux existant actuellement. Cela occupait ses journées et parfois ses nuits, mais elle gardait du temps : pour Shizuru et pour la traque de Schwartz, préférant prendre du retard sur son projet professionnel que sur le reste. ses priorités étaient claires aujourd'hui. Elle ne manquait pas d'argents, rien ne pressait d'ouvrir de nouveau garage, elle établissait juste les lignes directrices du futur qu'elle souhaitait dans une activité qu'elle aimait et à laquelle elle espérait accorder plus d'attention une fois Schwartz défait ou du moins le clone de Shizuru retrouvé.
Natsuki se sentait bien dans sa peau, confiante dans la direction que prenait sa vie. Elle aurait aimé qu'il en soit de même pour Shizuru dont les choix et les décisions étaient toujours pour un « plus grand bien ».
Ce n'était pas qu'elle se soit attendue à ce que Shizuru se tourne les pouces. Il pouvait se passer des semaines sans qu'aucune piste apparaisse quant à la traque de Schwartz. Avec ses moyens, Shizuru aurait pu exercé n'importe quelle activité ou réaliser n'importe quel projet pour passer le temps. GardeRobe avait d'ailleurs été un sacré projet et si Shizuru avait aimé s'y investir, lui aussi avait été un moyen pour une fin : une façon d'améliorer et de sauver le Monde.
C'était d'ailleurs un projet coûteux qui avait englouti une bonne partie de ses finances, mais Shizuru -si vertueuse Shizuru- avait refusé de récupérer sa mise même une fois l'école devenue rentable. Elle voulait que l'école garde une entière dépendance et que son nom n'apparaisse jamais, pas de transfert d'argent entre l'Académie et elle.
Pour s'occuper et gagner un peu d'argent -sa propriété et le personnel lui en coûtaient-, elle « travaillait ». Plutôt qu'exercer un métier qui lui plaise, elle remplissait des contrats pour Bruce et Richard. Elle refusait l'espionnage et le meurtre mais elle mettait pour le reste son pouvoir au service de Windbloom : sauvetage, extraction d'unité, introduction en plein territoire ennemi de gens dont elle ne voulait absolument pas savoir le travail.
Ironique qu'elle cherche à créer un état égalitaire qui équilibre les forces en puissance alors qu'elle donnait un net avantage à Windbloom avec son pouvoir mais c'était pourtant ce qu'elle faisait.. C'étaient des missions ponctuelles, prévues à l'avance qu'elle refusait à son bon vouloir et qui était bien monnayé. Elle était douée dans sa profession mais on ne pouvait pas dire qu'elle l'aimait.
Natsuki avait plusieurs fois tenté d'aborder le sujet, de l'inciter à au moins faire quelque chose qu'elle aime dans la vie. On ne pouvait pas dire que Shizuru ait jamais bien reçu ses conseils.
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Deux mois après son emménagement, Natsuki était entrée sans frapper. Elle était excitée et avait attrapé la main de Shizuru.
« Allez viens, j'ai besoin de ton avis. »
Natsuki l'avait tiré tout le long du chemin pendant près d'une longue demi heure pour arriver chez un homme qui les avait accueillit avec gentillesse et qui paraissait attendre Natsuki. Dans son arrière cour, Shizuru avait découvert une portée de chiot agitée. Sept d'entre eux qui titubaient, pataud. Elle aurait toutefois été bien en peine de dire leur race. Trois siècles de croisements avaient altéré les races de l'ère terrienne. Il ressemblait à son humble avis à un loup, les choses s'arrêtaient là à ses yeux. Chose que Natsuki avait vivement nié.
Natsuki en avait ramassé un.
« Ne sont-ils pas adorables ? »
Shizuru avait souri à son enthousiasme.
« J'ai besoin de ton aide pour choisir le chiot parfait ! »
Elle avait donc accueilli Hiro, même si Shizuru avait parfois l'impression que l'adoption de ce chiot était la leur plutôt que simplement celle de Natsuki. Le chiot était d'un naturel affectueux et avait suivi Natsuki à la trace. Il le faisait encore.
Shizuru devait reconnaître aimer la boule de poil.
Elle avait d'ailleurs été surprise de découvrir que Natsuki n'ait pas eu un compagnon canin avant Hiro dans ce futur.
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« Hiro, assis ! »
Shizuru soupira. Sa patience portait mince et elle ne parlait même pas de sa concentration. Elle n'avançait pas sur les documents qui recelaient les dernières possibles infos de Schwartz. Natsuki avait abandonné 20 minutes plus tôt, préférant jouer avec Hiro et lui faire répéter quelques ordres de base.
Shizuru jeta un coup d'oeil au couple maitre/chien, souriant brièvement au corps agité de Hiro sous l'attention de Natsuki. Sa queue balayait le sol avec un enthousiasme sans fin.
Elle se força à replonger dans ses documents. Ils venaient du bunker que Natsuki avait déjà exploré. Natsuki lui en avait parlé peu de temps après leur retrouvaille , notamment pourlui expliqué plus en détail comment elle avait retrouvé la trace de son clone. La possibilité que des documents encore intéressants puissent s'y trouver avait forcément intéressé Shizuru, mais l'idée de se retrouver dans un désert de glace l'avait refroidi -sans mauvais jeux de mots. Après tout, Shizuru qui n'avait aucune prédisposition au froid et Natsuki -elle même- avait parlé d'un froid glacial insupportable. Heureusement, Natsuki avait quelques photos du lieu et Shizuru s'en était servie l'utilisant comme un passage vers l'endroit, peu importe qu'elle ignore en réalité où le placer sur une carte.
Elle s'y était rendu plusieurs fois avec Natsuki, elles avaient fouillé le bunker, récupéré les dossiers qui avaient été laissé à son dernier passage. Tout pouvait être une piste après tout.
Elle l'avait même mis en contact avec des médecins pour le développement de la procréation assistée de Schwartz.
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Fumi s'était aussi énormément impliquée sur la recherche de l'organisation, bien consciente finalement de qui elle était. Otome et directrice de Garderobe, elle était puissante et persévérante. Elle était d'autant plus investie qu'elle se sentait instrumentalisée par Schwartz.
Elle avait déjà enquêté sur plusieurs pistes ces derniers mois, parfois avec Shizuru, plus rarement avec Natsuki. Ces dernières s'entendaient d'ailleurs à merveille. Probablement parce que Fumi avait notamment utilisé ses incroyables compétences en informatiques et programmation pour adapter d'ancien jeu vidéo à leur technologie actuel. Il y avait des bugs, mais Natsuki en avait eu les larmes aux yeux de tenir une manette. Fumi lui avait posé des tonnes de question sur les jeux de l'ère terrienne et Natsuki, les yeux rêveurs, lui avait parlé avec nostalgie de ses jeux favoris.
Comme Shizuru avait eu un engagement la veille, Fumi s'était désignée pour remonter l'une de leur piste et Shizuru s'inquiétait de ce qu'elle pouvait trouver. Elle aurait aimé l'accompagner et avait songé la rejoindre, mais Fumi avait estimé que deux personnes pour une piste aussi mince était une perte de temps et de moyens humains.
Le fait qu'elle passe plus de temps à s'inquiéter qu'à étudier leur document ne rentrait visiblement pas en ligne de compte dans les pour et contre de Fumi.
« Pourquoi Natsuki n'irait-elle pas promener Hiro ? demanda finalement Shizuru incapable de finir de lire son paragraphe. »
A son nom, les oreilles du chien tressaillir et il se dirigea aussitôt vers elle comme si elle l'avait appelé. A n'en pas douter, il comprenait son nom, nota Shizuru, ce qui réduisait en pièce la défense que Natsuki avait élevé pour lui lorsqu'il s'en était pris à son parterre de fleur. Elle avait juré qu'il comprenait l'intonation plus que son nom. Shizuru était sûre qu'il avait compris les deux ce jour-là et qu'il l'avait volontairement ignoré.
Si le chien l'aimait, il restait d'une indéfectible loyauté à Natsuki. L'assaut à son parterre de fleur avait eu lieu après une dispute entre elles sur un sujet qu'elle avait déjà oublié. Elle avait l'absolu conviction que son parterre de fleur était une sorte d'avertissement pour qu'elle ne hausse plus le ton avec Natsuki.
Natsuki pouvait nier, Shizuru savait.
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Elle se pencha pour caresser la tête duveteuse du chien qui lui lécha les doigts. Ils étaient en bien meilleurs termes depuis. Shizuru ne put s'empêcher de sourire, se rappelant que ce qui était devenu une grosse boule de poiles ces derniers mois pouvait être autre chose que l'ennemi de ses sols propres.
« Allez Hiro, promenade ! Ne dérangeons plus Shizuru. »
Le chien bondit vers Natsuki, tout l'arrière train s'agitant au mouvement de sa queue. Shizuru regarda Natsuki sortir, engoncée dans sa parka, un bonnet blanc enfoncé jusqu'à ses sourcils.
La gorge serrée Shizuru se rassit dans son fauteuil et reporta son attention sur ses documents. Tout envie de travailler venait de disparaître.
Elle pensait à Natsuki, à son sourire en partant. Elle aurait peut être du les accompagner, bras dessus bras dessous. Elle aimait se promener avec elle et Hiro. Elle avait toujours la sensation d'être plus que des amies dans ces cas là. Elle se demandait d'ailleurs ce qui la poussait à ne pas finalement dire à Natsuki qu'elles avaient assez attendu. Alors qu'elle regardait les papiers, elle se demanda -pas pour la première fois- si tout cela était encore bien utile. Elles avaient travaillé et probablement mit en branle tout ce qu'il fallait pour changer le futur, était-ce encore nécessaire de se battre ?
Il était peut-être temps de réellement prendre le temps de réfléchir à ce qu'elle voulait pour elle dans ce futur. Natsuki était en haut de cette liste, mais elle avait toujours une peur tenace, celle que le destin s'acharnerait à lui prendre tout ce qui pouvait constituer un peu de joie dans sa vie.
Et si elle disait oui à Natsuki et qu'elle la perdait pour ça ? La plupart des moments où sa vie avait été en danger, c'était à cause d'elle-même plus ou moins directement.
Miss Maria tentait parfois de la convaincre d'aller visiter un thérapeute, pour régler ce qu'elle appelait de petit soucis de parano et de martyr. Shizuru refusait et Natsuki évitait de donner son avis. La relation de Natsuki avec Miss Maria était tendue et elle préférait se taire que de recevoir une remarque quelconque qu'elle soit pour ou contre ses propos.
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Shizuru sursauta quand sa porte claqua. Elle s'apprêta à rappeler à Natsuki que sa brusquerie n'était pas nécessaire quand elle vit Lena apparaître à grand pas. Sa robe était activée et les traits de son visages tirés.
« Qu'y a-t-il ? s'inquiéta-t-elle aussitôt en sautant sur ses pieds, les papiers oubliés.
-Garderobe indique que Fumi a des soucis. Miss Maria m'en a aussitôt averti. Aucune otome de l'école n'est suffisamment proche pour lui venir en aide mais… »
Mais même si Lena n'était pas de Garderobe, l'amitié qu'elle avait développé avec Shizuru et le personnel de Garderobe la poussait souvent à les aider. Bruce la laissait faire, activait même sa robe si nécessaire, même s'il lui rappelait qu'ils devaient être discrets. Sa présence sur un territoire étranger alors qu'elle était représentante d'un Royaume pouvait être générateur de conflit. Il était donc rare que Lena intervienne avec sa robe. Elle apportait habituellement des contacts ou des avis judicieux en politique et diplomatie. Sa robe activée indiquait que le problème était certainement dangereux. Et elle savait que Shizuru pouvait la déposer n'importe où si l'aide devait être apportée rapidement. Ce qui n'était heureusement pas une connaissance commune.
Lena ne perdit pas de temps à lui expliquer le problème, elle lui tendait une image et Shizuru s'en saisit en même temps que l'épaule de Lena.
Elle ignorait totalement où le lieu en question se situait et elle regrettait d'avance de ne pas pouvoir prévenir Natsuki mais le temps pressait. Lena avait dû mettre une heure, probablement plus d'ailleurs, pour faire le trajet entre Windbloom et Koryo. Si leur fichue ligne de téléphone avait été réparé après la tempête qui l'avait abîmé une semaine plus tôt, elles n'auraient pas perdu ses précieuses minutes. Ce n'était toutefois pas le moment d'avoir des récriminations. En une heure, la situation avait pu tourné n'importe comment.
Shizuru prit le temps de reconstituer en esprit le lieu qui ne lui était pas familier. Elles disparurent de son salon.
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Lena lui avait trouvé une photo au plus près du lieu où Fumi se battait. Ce n'était pas censée être le lieu même, mais elles apparurent dans une zone ravagée. Shizuru ignorait toujours où elle venait de se déplacer et honnêtement, elle s'en fichait. Tout ce qu'elle voyait était Fumi. Elle était au sol, sa robe avait disparu, mais elle restait immédiatement reconnaissable à ses cheveux roses. Au-dessus d'elle se tenait une chose innommable.
C'était une sorte de créature gigantesque et monstrueuse. Une sorte de Child en plus laid et méchant. Shizuru resta bouche-bée devant, sans bien savoir ce qu'elle pouvait faire contre ça.
« Un Slave ! hurla Lena. »
Alors c'était cela un Slave ? Shizuru en avait entendu parlé. Schwartz en avait utilisé plus de 20 ans plus tôt, des années avant son arrivé dans ce monde. Leurs dégâts avaient été conséquents.
Shizuru avait pu lire certaine des recherches de Schwartz sur eux dans les archives volés du bunker. Un slave était issu des études de leur Child d'i siècles et des nanomachines synthétisant les robes des otome. Le coût pour en invoquer un était important mais la science et la technologie derrière n'en restaient pas moins remarquables. Shizuru ne pouvait que louer le génie humain, même s'il était triste qu'il soit orienté dans la création de créature destructrice.
« Occupe toi de Fumi. Mets-la en sécurité, je me charge de lui, hurla Lena en s'envolant aussitôt. »
Shizuru acquiesça. Dès que Lena se fut envolée, attirant sur elle l'attention du Slave, Shizuru courut vers Fumi. Elle préférait conserver son énergie autant que faire se peut, au cas où…
Shizuru se déplaça instantanément quand le Slave l'attaqua se déportant plus loin que prévu de Fumi. Elle reprit sa course folle, esquivant et se téléportant plus d'une fois, ne parvenant pas à se concentrer suffisamment pour avoir une image claire en esprit de l'endroit où elle voulait se rendre.
S'il avait eu quelques secondes pour se représenter exactement l'endroit, elle aurait pu se rendre directement à Fumi. Pour le moment, elle agissait surtout par instinct, s'empêchant de visualiser un lieu réconfortant au risque de s'y retrouver sans le vouloir. Elle se fatiguait beaucoup trop vite à son goût.
Elle avait de véritables difficultés à lui échapper alors même que Lena l'attaquait. Elle se demanda le temps que Fumi avait tenu avant de se retrouver au sol.
Shizuru sauta d'un bond gigantesque en avant, plongeant sous la pattes -les griffes?- de la créature pour atterrir à moitié sur le corps de Fumi. Lorsque la gigantesque patte se mit à balayer le sol pour poursuivre Shizuru, elle avait déjà disparu avec Fumi.
Elles s'étalèrent pêle-mêle dans sa véranda, le lieu qu'elle se représentait le plus facilement.
Les déplacements répétés l'avaient rendu malade. Shizuru tenta de se redresser, vomissant une bile acide, quand son cœur se souleva au mouvement trop rapide. Aussitôt qu'elle se sentit un peu mieux, Shizuru se pencha aussitôt au-dessus de Fumi pour s'aviser de son état. Du rouge, partout. Elle pressa ses deux mains sur la plaie béante de son estomac.
« Fumi ? Fumi tu m'entends ? Merde, jura-t-elle. »
A son plus grand effroi, le flot de sang n'était pas aussi important qu'il aurait dû, non pas qu'elle parvenait à endiguer le sang de la blessure, mais parce que le cœur n'avait plus rien à pomper ou parce qu'il ne pompait plus depuis un moment. Sa peau était d'une pâleur maladive.
Shizuru se laissa finalement retomber en arrière, un sanglot sec lui déchirant la gorge. Fumi était morte. Encore.
Et tout cela parce qu'elle avait voulu les aider dans leur quête à la recherche de Schwartz. Comme si le Destin avait voulu lui envoyer un signe sur ce qu'Il pensait de ses pensées vis à vis de Natsuki.
Shizuru regarda ses mains tâchées de sang et réprima ses sanglots, elle pouvait changer les choses. Elle avait le droit à une seconde chance. Autant qu'elle le voulait et n'importe quand. Elle chercha inconsciemment son pouvoir celui qui lui permettrait de revenir quelques heures avant et ne trouva rien. Ce petit espace en elle qui lui permettait de tordre le Temps pour qu'elle s'y déplace n'était plus là. Elle sentait son pouvoir, la possibilité de se déplacer seulement dans l'espace. Le Temps lui échappait.
« Shizuru ? »
Natsuki entrait avec précipitation dans la véranda, la voix paniqué et Hiro pleurant à ses côtés. Shizuru releva la tête apercevant les fines coupures qui parcouraient la peau découverte de Natsuki : visage et mains. Pourquoi avait-elle... Shizuru regarda de nouveau ses mains constatant que sous le sang, elle affichait de nombreuses coupures et égratignures de ses esquives face au Schwartz. Oh bien sûr.
Parmi les nombreuses choses que leur retrouvaille avait apporté, Natsuki avait demandé la GEM complémentaire à celle que portait Shizuru. Natsuki voulait partager les peines de Shizuru, savoir son état surtout quand elle partait en mission. Shizuru avait refusé, mais Natsuki avait insisté, arguant que cela la rassurait de littéralement sentir que Shizuru allait bien quand elle partait en mission. Et puis, Natsuki avait utilisé le meilleur de ses arguments : si Natsuki avait cette GEM, Shizuru pourrait sentir son état en retour et se téléporter à ses côtés. Elle ressentait sa GEM complémentaire avec une précision incroyable, se téléporter là où elle se trouvait était plus facile encore que de se servir d'une photo.
Forcément, Natsuki avait donc dû non seulement percevoir qu'elle usait de son pouvoir mais elle avait aussitôt partagé ses blessures superficiels. Ou peut-être n'étaient-elles superficielles seulement parce que Natsuki avait pris pour elle la moitié de ses souffrances.
Lena avait-elle vraiment débarqué à peine quelques minutes plus tôt ?
« Kami-sama, s'exclama Natsuki en découvrant la scène dans la véranda. »
Hiro s'assit dans un coin en gémissant.
Natsuki fit un pas pour s'avancer vers Shizuru ou Fumi avant de s'arrêter et de perdre toute couleur. Shizuru sut aussitôt ce à quoi elle pensait. Il n'y avait pas qu'elle qui aurait mérité de parler avec un thérapeute.
A n'en pas douté, Natsuki se remémorait Viola et le moment où elle l'avait abattu. Shizuru aussi avait eu une brève vision de la jeune femme quand elle avait tenté de compresser sa blessure, ses mains disparaissant dans le sang tiède qui coulait alors à flot. Elle jeta de nouveau un regard distrait à ses mains, constatant qu'elles étaient aussi rouges que ce jour-là.
Elle cligna des yeux cherchant à chasser les larmes.
« Je peux… je peux essayer de… Je peux la sauver, lui offrir une seconde chance. »
Sa voix se brisa. Natsuki ferma les yeux avec force, chassant les souvenirs indésirables pour finalement se diriger vers Shizuru.
« Non, balbutia-elle en attrapant son épaule. Il faut arrêter de changer le passé. On en a déjà parlé Shizuru. Il faut continuer à avancer, il faut… On ne pourra jamais sauver tout le monde.
-Mais Fumi… Elle mérite que je la sauve.
-Tous les jours, il y a des gens qui mériterait qu'on les sauve. Shizuru... tu tiens à peine debout et…
-Et quoi ? S'énerva-t-elle en se dégageant de la main réconfortante de Natski. Si ce n'est que ça, je peux revenir dans le passé demain, quand j'aurai ''récupéré''. Ce n'est pas comme si le Temps était pressé ou si je n'avais pas déjà fait plus. »
Natsuki sembla la regarder, se refusant à observer Fumi.
« Tu ne peux pas.
-Bien sûr que je peux. »
Mais elle avait beau continuer de chercher sa connexion à son pouvoir pour remonter le Temps, elle ne le retrouvait toujours pas.
« Non, tu ne peux plus, se corrigea Natsuki avec une certaine contrition. Fumi avait commencé à étudier tes nanomachines et comment elle te permettait de te déplacer dans l'espace et le temps.
-Où veux-tu en venir ? Chuchota Shizuru en faisant un pas en arrière.
-Elle espérait faire de la téléportation un moyen de locomotion pour les Piliers. Pour leur permettre de rapidement intervenir n'importe où.
-Où veux-tu en venir ? Insista Shizuru d'une voix grondante.
-Elle n'a pas compris le comment du fonctionnement, continua Natsuki sans oser la regarder, mais elle a trouvé comment…
-Comment quoi ?
-Elle a bloqué ta capacité à voyager dans le Temps...
-Elle a quoi ?! »
Natsuki laissa son regard dériver vers Fumi avec tristesse.
« Nous étions d'avis qu'un tel pouvoir… était trop dangereux même dans des mains aussi capable que les tiennes. Nous pourchassons Schwartz et Schwartz nous pourchassera. S'il t'attrapait... qu'il puisse parvenir à te voler le déplacement spatial c'est une chose, mais le déplacement temporel… ce serait désastreux.
-Qui est ce nous ?
-Fumi, Miss Maria, Bruce, Lena... moi-même. »
Shizuru regarda Natsuki fit quelques pas loin d'elle, sa bouche s'ouvrant et se fermant alors qu'elle cherchait quoi dire.
« Tu… tu n'avais pas à prendre cette décision pour moi ! Ni toi, ni Fumi ou Maria ! »
Hiro qui était dans son coin, gronda à son haussement de voix. Shizuru le foudroya du regard. Les oreilles du chien se plaquèrent sur son crâne et babines se retroussèrent en parallèle du grondement qui augmentait en force. Natsuki fit un geste de la main et l'animal se calma.
« C'était une décision que nous avons pris après de longues discussions. »
Shizuru se renfrogna, un éclat de colère brillant dans ses yeux.
« Sans même penser à m'en parler ? Vous avez pris une décision pour moi sans même en discuter !
-ça n'a rien de nouveau, n'est-ce pas ? Répliqua Natsuki qui ne s'était jamais laissé disputer sans réagir.
-Alors quoi ? C'était une façon de te venger ? En quelques mois auprès de Fumi, tu as vite fais de la convaincre. Miss Maria par contre, je reste surprise qu'elle...
-Merde ! Ce n'est pas ce que je voulais dire, se récusa Natsuki. Ça n'a rien à voir avec une question de vengeance. Fumi a trouvé comment bloquer le déplacement dans le temps, et elle est venue m'en parler. Elle trouvait qu'aussi fascinant que cela soit, il y avait des pouvoirs qu'aucun être humain n'aurait du posséder. Et oui, malgré le bien que tu as fait avec, j'étais d'accord avec Fumi. Je savais comment tu réagirais si on t'en parlait. Tu es une personne tellement désintéressée que tu n'hésiterais pas à revenir dans le Temps pour sauver toute personne qui te tient à cœur, mais... on ne peut pas résoudre tous les problèmes ainsi. On voulait d'autres avis, alors on en a parlé à Miss Maria et Bruce et Lena s'en sont mêlés. Et hormis Bruce, elles étaient toutes d'accord. Alors Miss Maria a ordonné à Fumi de le faire et de ne pas t'en parler.
-Elle n'a pas d'ordres à donner à Fumi, ni à toi, rappela Shizuru les dents serrés devant ce qu'elle considérait comme une fausse excuse.
-Et pourtant Kami sait que les gens lui obéissent quand elle dit quelque chose. Même si je crois qu'elle voulait juste nous décharger de cette responsabilité.
-Comment avez-vous pu ! Cracha-t-elle.
-Je voulais un peu de normalité, admit-elle. De la même manière que tu ne veux pas d'un avenir sans moi, je ne voulais pas que tu décides de repartir dans le Temps en me laissant dans un futur auquel tu n'appartiendrais plus ou dans un passé que tu ne pourrais plus rejoindre. Je… tu as manqué de mourir en traversant le Temps. Miyu nous a dit que même avec des nanomachines fonctionnels ton corps finirait par ne plus supporter de tel voyage. Aucune de nous ne voulait te perdre.
-N'est-ce pas égoïste d'enlever à tout le monde la possibilité que je puisse les sauver ? Regarde Fumi et dis moi que tu ne voudrais pas que je vienne la sauver ! Et tu disais que j'étais égoïste, à ne vouloir seulement ne sauver que toi !
-Tu n'es égoïste que lorsque c'est à mon sujet, rétorqua Natsuki, mais tu te sacrifierais pour un étranger. C'est impressionnant comprends moi bien, mais moi j'aspire à moins. Je veux sauver les gens auxquels je tiens. Toi puis nos amis, mais certainement pas avec ce pouvoir qui peut mettre ta vie en danger.
-Tu me prives de la possibilité de pouvoir revenir dans le temps pour te sauver toi, ou nos amis. A jamais ! Je n'aurais pas eu à remonter le temps de beaucoup pour sauver Fumi, se déplora-t-elle. Je n'aurai pas risquer ma vie.
-Alors quoi ? Tu sais ce qui ce serait passé si tu étais intervenu plus tôt. Tu lui aurais dis de ne pas aller affronter quoi que ce soit qui l'ait tué. Elle t'aurait écouté ?
-Elle aurait pu avoir de l'aider, des renforts !
-Mais tu ne sais pas.
-Je sais que ce pouvoir nous permet de sauver le Futur et que tu m'enlèves la possibilité de recommencer si on échoue.
-Tu en as assez fait, tu ne crois pas ! Tu as donné à ce monde tout ce qu'il fallait pour se sauver eux-même. Tu t'es donnée une tâche qui n'a jamais été la tienne. J'en suis fière, toute personne qui la connait ne peut qu'être fière de toi, mais tu en as assez fait. Trouvons ton clone et laissons l'histoire continuée son cours sans qu'on ait à intervenir. »
Natsuki se mordit la lèvre en regardant Shizuru. Ses joues étaient rouges de colères et Natsuki comprenait, une partie d'elle regrettait. Elle se souvenait encore lorsque Fumi lui avait dit en aparté savoir comment activer ou bloquer en partie ou en entier les pouvoirs de déplacement de Shizuru. Elle devait pour cela avoir accès à ses nanomachines en étudiant directement Shizuru ou via sa GEM complémentaire. A cette époque, c'était encore Miss Maria qui la possédait. Elle avait accepté. Fumi s'était servie de ce lien pour reprogrammer les nanomachines de Shizuru à distance et sans qu'elle le sache. C'était peu de temps après que Natsuki avait réclamé la GEM pour veiller sur elle.
Fumi quant à elle craignait véritablement qu'un tel pouvoir finisse dans de mauvaise main. Elle ne faisait confiance à aucun noble qui était à son humble avis tous corrompu –sa propre famille compris à ses yeux. Pour elle, Bruce au courant des pouvoirs de Shizuru et qui était pour l'utilisation d'un tel pouvoir finirait un jour par vouloir s'en emparer. Lui ou n'importe qui d'autre qui finirait par apprendre son existence, Schwartz étant évidemment le risque le plus important.
Natsuki voulait-elle que Shizuru finisse en rat de laboratoire ? L'argument de Fumi était bas, mais suffisant pour convaincre Natsuki. Revivre quelque chose de près ou de loin au First District et à leur labo ? Jamais. Même si Natsuki était consciente qu'avec ou sans pouvoir pour remonter le temps, tout pouvait arriver.
« Elle l'a fait en sachant qu'elle aussi perdait la possibilité d'avoir une seconde chance si elle mourrait, reprit finalement Natsuki d'une voix plus douce. Et… elle était la seule à savoir comment déverrouiller cette capacité, si c'était simplement possible. »
Mais c'était trop dangereux. Pour éviter toute tentation, Fumi n'avait pas que verrouiller le pouvoir, elle avait carrément supprimer les lignes de codes qui permettaient aux nanomachines d'interagir avec les zones du cerveau modifiées pour voyager dans le Temps. Des modifications apportées par des nanomachines dysfonctionnelles qui n'étaient toujours pas comprises et qui ne le seraient plus jamais.
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Shizuru regarda Fumi, bouillonnante de colère et de tristesse, consciente qu'en continuant leur poursuite de Schwartz, Natsuki pourrait remplacer Fumi sur le sol de sa véranda. Morte sans possibilité de recommencer.
« Lena, se rappela-t-elle soudainement avec effroi. »
Et si elle perdait une seconde amie pour avoir préféré se disputer avec Natsuki plutôt que d'apporter son aide à Lena ?
Elle se téléporta malgré son état, avant que Natsuki n'ait pu reprendre la parole.
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Quand elle réapparut sur la zone du conflit, Shizuru découvrit avec un soulagement notable que le Slave avait disparu. Lena se tenait assise sur un énorme bloc de béton, sa robe dématérialisée.
Elle attendait visiblement son retour.
« Kami-sama, tu vas bien, gémit-elle. »
Lena parut se décomposer en comprenant que Shizuru n'aurait jamais été si affligée si Fumi allait bien.
« Je suppose que Fumi ne s'en est pas sorti, dit-elle. »
Le sang qui maculait ces vêtements était probablement une réponse suffisante. Shizuru détourna le regard, elle n'avait pas besoin de prendre la parole, la réponse lui paraissait évidente.
« Elle s'est sacrément bien battue, enchaina Lena. Le slave était bien amoché. Je ne m'en serais peut être pas aussi bien sortie sans les dégâts qu'elle lui avait déjà infligé. »
Shizuru se mordilla la lèvre inférieure.
« Tous les Slaves sont-ils aussi forts ?
-C'est le premier auquel je me confronte, admit Lena, mais non. Il y a de tout. Celui-ci était particulièrement fort.
-Dans l'autre réalité, dans l'autre futur, Miyu m'avait assurée qu'aucun Slave n'était apparu depuis plus de 60 ans. Aucun. Le dernier devait être apparu en 270, il y a 24 ans.
-Elle s'est trompée alors.
-Quand Miyu s'est-elle trompée ? »
Lena soupira et descendit d'un bond de son bloque de gravats.
« Jamais, reconnut-elle.
-Je pense que cela signifie que nous avons changé les choses. Nous inquiétons Schwartz, ils réagissent. »
Il y eut un silence, où elles regardèrent les terrains ravagés autour d'eux.
« Si vous n'aviez pas bloqué ma capacité dans le Temps, j'aurai pu... »
La main de Lena se posa sur son épaule comme Natsuki.
« Je suis désolée que tu l'ais appris ainsi. Mais tu n'es pas responsables de ce qui vient de se passer, Fumi savait mieux que quiconque dans quoi elle s'engageait. La mort est un risque que tout otome... que toute personne devrait connaître. La vie est ainsi. C'est un fait. Elle n'est pas juste. Elle ne l'a jamais été et ce n'est pas ta tâche de décider qui a le droit ou non de mourir ou d'avoir une seconde chance. Regarde moi Shizuru. »
Elle fit face à des yeux d'un bleu brillant de larmes.
« Tu as le droit de pleurer Fumi, moi je vais la pleurer mais tu n'as pas le droit de te culpabiliser de ne pouvoir la ramener. Tu n'est pas dieu. Ce n'est pas ton rôle, tu as essayé de l'aider.
-Elle n'aurait pas été là si ce...
-Hé, l'interrompit Lena. Elle avait autant de raison que toi de poursuivre Schwartz. Autant. Tu es génial Shizuru mais arrête de croire que tu es responsable de tout. Fumi était une adulte qui a fait ses choix. Maintenant avant de faire notre deuil, prenons les décisions importantes. Réfléchissons ensemble à ce que nous faisons. Avertissons-nous les royaumes de l'apparition d'un Slave? Nous sommes dans une zone déserte, pas de témoin. »
Shizuru inspira lentement, face à Lena qui ne se laissait pas déborder par ses émotions.
« Non, intervint Shizuru. Nous commençons tout juste à atteindre une certaine paix. Les royaumes communiquent enfin, je ne veux pas que tout le monde s'entre déchire ou referme dialogue et frontières à cause d'un Slave. Parles-en à Bruce si cela est vraiment nécessaire mais sinon gardons le secret. »
Lena acquiesça presque solennellement.
« Je m'y attendais, mais il faudra bien parler de la mort de Fumi. »
Fumi s'était finalement montré peu présente depuis l'ouverture de l'école. Les 4 autres piliers avaient réalisé des exploits à travers le monde mais Fumi prise dans leur recherche de Schwartz était presque inconnue au publique. L'amalgame continuait : personne ne voyait vraiment Fumi de l'an 294, ils ne voyaient que Fumi première otome de l'ère terrienne. Comme si la Première Otome pouvait être fondatrice de Garderobe. Les gens racontaient n'importe quoi, on disait à présent que l'école avait été fondé 3 siècles plus tôt par Fumi et que Windbloom l'avait gardé secrète pour y former son élite otome.
Bien sûr quiconque chercherait un tant soit peu saurait, mais les masses parvenaient à déformer la vérité au point que cela pourrait finir par devenir vrai dans les livres d'histoires dans quelques décennies ou siècles. C'est ainsi que naissait parfois les légendes.
«Non, soupira Shizuru en observant le ciel gris. Elle ne mérite pas que nous cachions sa mort, mais nous le devons. Il faut que les Piliers gardent une apparence de toute puissance. D'invulnérabilité pour que personne ne tente de les défier. Pour que personne ne pense pouvoir les vaincre. Nous allons nommer un nouveau Pilier pour la remplacer et si quelqu'un demande elle aura démissionné pour une quête personnel ou quelconque.
-Tu veux enterrer ce qui vient de se passer ?
-Elle ne voudrait pas que sa mort nuise à ce qu'elle a aidé à créer. Nous... nous l'enterrerons à l'Académie, nous lui dresserons une statue en son honneur. Mais personne ne sera que c'est un mémorial.
-On ne pourra pas cacher ça indéfiniment.
-Nous essaierons. »
Lena frotta ses mains, faisant quelque pas, les yeux perdus vers l'horizon.
« Je m'entends bien avec Elliot mais je la déconseille en tant que directrice. L'organisation et gérer une école ce n'est pas son truc.
-Je pensais à Una Shamrock. »
Lena acquiesça.
« Oui, elle conviendra. Miss Maria permettra de faire la transition.
-Nous nommerons Kyoko Tsumabuki. Nous hésitions entre elle et Irma pour être un Pilier. Elle héritera de la GEM Whirlwind Rose Quartz en tant que quatrième pilier. »
Elle fit quelque pas dans le sol poussiéreux jusqu'à observer le sang poisseux au niveau de là où se situait Fumi. Le sol avait commencé à l'absorber.
De la même façon qu'un Child, le Slave avait disparu s'en laisser de trace.
« Je suis horrible, n'est-ce pas ? Le corps de Fumi n'est même pas froid et je parle déjà de la remplacer et de cacher sa mort. »
Elle sursauta quand la main de Lena tapota son épaule.
« Je sais que ça te touche, tu aurais du voir à quoi tu ressemblais en arrivant, mais tu es quelqu'un de fort Shizuru, penser à l'après est simplement une façon de ne pas penser au présent et à tes peines. »
Shizuru se retint de dire que ce n'était qu'apparence. Qu'au fond, elle était terrifiée par ce qu'elle avait vu dans son futur alternatif, par les morts et par le sang. Son obsession à vouloir s'impliquer s'expliquait facilement. Personne ne pouvait vraiment comprendre, ils n'avaient pas vu.
Peut-être qu'une thérapie n'était pas une si mauvaise idée.
