Le Vœux de Merlin
Chapitre 13
Harry se tenait là, heureux. Plusieurs mois étaient passé depuis sa rencontre avec Tom, et Neville avait appris à apprécier le vrai Tom. Celui qui essayait toujours de charmer son monde pour avoir ce qu'il voulait, celui qui était plein d'insécurité. Celui, aussi, qui avait peur de la mort et de la maladie, le maniaque, qui voulait que tout soit propre. Le Tom sarcastique et un peu moquer mais aussi celui qui appréciait quand même de voir ses ennemis à ses pieds. Neville avait même avoué que les petites piques qu'il partageait avec Tom lui plaisait bien. Mais il n'avait avoué cela qu'à demi-mot. Malgré ce qu'on pouvait penser de Neville, des fois, il pouvait être assez rancunier, comme attester la plante dévoreuse de bois qu'il avait envoyé à Tom après que celui-ci lui ait envoyé une potion qui faisait éternuer les plantes. Apparemment, être recouvert de morve de plante ne plaisait pas à Neville.
Harry, donc, se tenait là, face à son magasin. Il n'en avait jamais parlé, mais il savait que Neville savait que son magasin lui avait manqué terriblement. L'emplacement qu'il possédait dans son ancienne vie n'était pas disponible mais il avait pu retrouver un endroit à Près-au-lard, un peu plus loin sur le chemin principal. Bien que la devanture soit sombre, les grandes baies vitrées montraient aux passants l'intérieure. Le dessus du magasin lui appartenait aussi, enfin à Neville et lui. Leur appartement, un simple appartement avec trois chambres et une salle de bain. Mais ce qui leur avait décidé de choisir cet appartement était l'immense jardin et serre à l'arrière et un souterrain immense où Harry pouvait construire une salle d'entrepôt et un atelier un peu plus avancé que celui qu'il avait à l'arrière de la boutique et où Neville pouvait faire pousser des plantes dans une pureté souterraine. Harry était heureux, vraiment.
Il entra doucement dans son magasin pour l'instant vierge encore de toutes fournitures. Il devra faire un tour à la banque, au cours de leur voyage, ils avaient à chaque fois laisser leurs découvertes dans une banque qui avait alors rapatrier ça dans la banque britannique. Le magasin était simple aussi, une grande pièce où Harry installerait des étales en vitres et des bibliothèques. Il savait qu'il laisserait une chaise porche de l'entrée où il déposerait la poupée japonaise. Le comptoir ferait à la fois face à la double porte d'entrée et à la porte qui menait vers l'arrière de la boutique. Ce dernier présentait un escalier, une salle de rangement et une salle vide. En passant la porte on voyait directement la salle de rangement et l'escalier par contre l'atelier était caché par une porte. L'escalier continuait aussi vers les sous-sols. Il monta à l'étage et se retrouva directement dans le salon-cuisine. La cuisine sera à aménager mais Harry savait déjà qu'il en fera une cuisine américaine avec l'électro-ménager moldus qu'il pourra trouver. La grande fenêtre du salon donnait sur la rue principale de Prés-au-Lard, et face à cette fenêtre, les quatre portes menant aux chambres et à la salle d'eau étaient là. Simple.
Alors oui, Harry était heureux. Il entendit d'un coup les escaliers grinçaient. Bon, l'appartement n'était pas non plus parfait. Tom apparut, un sourire moqueur face au sourire béat.
-Mon cher, je ne t'ai jamais vu sourire ainsi, tu ressembles à un imbécile heureux, avança Tom.
Harry ne fit que lever les yeux aux ciels.
-Alors comment s'est passé ton intronisation chez les sang-purs ? Demanda Harry
-Plutôt bien, mes anciens camarades ont été choqué de savoir que je possédais l'héritage de Salazard et des Gants.
-Bien que ces derniers n'eussent plus un sou, ils avaient quand même une place au Mangenmagot.
-Je crois qu'ils ont été encore plus surpris de savoir que Lord Peverell me laissait sa place et la responsabilité de voter pour lui. Ils sont tous sur les nerfs de pas savoir qui c'est et de surtout laisser un pauvre sang-mêlé tel que moi prendre ta place.
Tom sourit, amusé, mais un pli inquiet se fit entre les sourcils durant une microseconde quand il baissa les yeux sur la canne de Harry. Harry avait bien retrouvé la mobilité presque totale de ses jambes, mais quand la fatigue se faisait ressortir, il était obligé de marcher avec la canne, enfin, ça c'était jusqu'il y a deux mois où Harry s'était retrouvé bloqué sous un mur qui s'était effondré et qui avait blessé ses jambes. Tom ne connaissait peut-être pas tout sur eux mais il s'inquiétait quand même pour les problèmes de jambes de Harry ou les problèmes de dos de Neville.
-Pourquoi tu ne nous as pas dit que tu avais mal ? demanda Tom
-Ça va, je vais bien c'est juste de la fatigue, assura Harry, bien que ses jambes étaient habitées par de léger tremblement.
Tom savait qu'il ne servait à rien de parler avec lui. Il s'avouait s'être adouci depuis ses 7 derniers mois en compagnie de Harry et de Neville. Ce couple aussi niais qui le couvait un peu trop. Bien que devant des étrangers, il gardait un visage aussi lisse que la glace mais au sourire charmeur, avec eux, il se permettait de sourire un peu, tantôt moqueur tantôt amusé, il se permettait de lever les yeux et les bras au ciel quand il était exaspéré. Aujourd'hui, il était revenu en Angleterre, prêt à mettre ses idées en place. Il n'avait jamais eu autant l'esprit libre. Avant, son esprit était toujours focalisé sur la mort, la vengeance et la souffrance des autres. Bon, il ne changeait pas vraiment, il aimait vraiment voir ses ennemies à genoux.
Il s'avança et pris Harry par un des bras.
-Viens, rentrons à l'hôtel, Neville doit nous attendre.
Harry suivit calmement Tom et se laissa transplaner. Ils avaient pris un hôtel moldu pour plus de sécurité. Depuis qu'ils étaient revenus en Angleterre avec leurs noms, ce fut la débâcle. De grands noms de la société magique qui remontaient comme ça, ne laissait personne indifférent. Surtout pour les familles de Sang-Purs qui se retrouvaient du coup, pour certaines, sous un nouveau chef, au-dessus du chef de base. Comme par exemple les Peverell qui sont du coup chef des familles Gaunt et Potter notamment. Tom et Harry arrivèrent à l'hôtel et rejoignirent Neville dans la chambre du couple pour un déjeuner. Neville se leva tout de suite de son siège.
-Alors, cette boutique ? demanda Neville en embrassant doucement son amant.
-Elle est géniale, et même l'appartement est lumineux.
-Et il y a de la place pour faire toutes sortes d'activités, ricana Tom, suggestif.
Neville et Harry rougirent ensemble en comprenant le sous-entendue. Ils se lancèrent un regard en coin avant de fuir le regard de l'autre, au grand amusement de Tom.
-Vous êtes vraiment incroyable, vous embêter illumine ma journée.
Tom marcha jusqu'à une chaise d'une table et s'assit en regardant la carte pour commander au room-service. Harry leva les yeux au siège avant de s'asseoir, Neville suivit et s'assit avant de prendre une jambe d'Harry et de la masser doucement.
-Heureux de donner de la bonne humeur, sourit Neville en rigolant lui aussi.
Tom lui fit un grand sourire charmeur avant d'assurer vouloir du Homard.
-Je suis passé dans les laboratoires de Dublin, d'Omagh et de Belfast. Ils sont d'accord pour un partenariat avec moi. Leurs experts passeront quand je leur dirais avoir poser les plantes pour qu'ils vérifient les conditions de vie de celle-ci. Je pourrais comme ça t'aider avec la boutique.
Harry allait féliciter son Neville avant d'être coupé par Tom pressé de taquiner Neville sur ses plantes.
-Parce qu'une plante a une vie ?
Et Neville s'emporta sur la question, comme à chaque fois. Vraiment, Neville avait muri et prit de l'assurance et Harry adorait le voir ainsi. Même s'il partageait l'interrogation de Tom, avec lui, même les cactus mourraient.
-D'ailleurs les Potter m'ont déjà contacté. Et les Smiths ne devront plus tarder. Annonça Harry
-C'est vrai, vous devrez les rencontrer, les Princes ne t'ont encore rien envoyé Harry ? demanda Tom
-Non, s'ils ne font rien, j'irai les voir, la seule enfant qu'ils ont eu a été reniée et la magie elle-même nous a inscrit en tant Lord régent à chaque fois. Répondit Harry
-Du coup, nous irons voir les Potter pour dinr et je contacterai moi-même les Smiths tout à l'heure, ça ira plus vite de voir s'ils vont essayer de contester l'héritage. Continua Neville qui alla ouvrir au room servie.
-Tu ne devrais pas trop t'inquiéter, les Smiths ont été renier de la lignée des Poufsouffle, ils vont surement plus te demander d'être réintégré à la famille plutôt et dans ce cas-là, tu peux poser comme condition l'impossibilité d'avoir un héritage tant que la branche principale est vivante. Expliqua Tom en plaçant sa serviette sur ses jambes. Quand Harry et Neville le fixèrent, il continua. J'ai fait mes recherches.
La soirée continua ainsi, Tom mettait en avant ses prochaines actions par rapport à la politique et les nombreuses mondanités qu'il devra faire et exigea la présence des deux autres.
L'installation dans la boutique se fit lentement notamment pour faire une petite pub (petite dans le sens où il n'eut juste à mettre en avant son nom pour que la Gazette lui offre une interview à la Une) et de bien placer chaque meuble. Neville fut heureux d'enfin pouvoir laisser à l'air libre toutes les plantes qu'il a ramassé aux quatre coins du monde et remit en vigueur la Flore Raptus en grand damne de Harry et Tom, une fois qu'il eut failli finir manger par celle-ci. Et Tom continua à s'amuser de ses jeux politique prenant peu à peu le devant de la scène politique, il avait repris contact avec ses anciens camarades.
Lord Fleamont Potter ne savait pas comment réagir. Il venait de recevoir la lettre tant redoutée du Lord Peverell pour une entrevue. Tout pouvait arriver durant cette entrevue. Donc il était là, les doigts croisés sous son menton en fixant la lettre comme-si elle allait lui répondre quoi faire. L'entrevue était pour dans une semaine dans un lieu neutre, un restaurant des quartiers chics du monde magique. Sa douce Euphémia rentra doucement dans son bureau et lui massa brièvement les épaules.
-Mon chéri, ça fait trois jours que tu fixes cette lettre, elle ne va pas disparaître ainsi tu sais.
-Il pourrait tout arriver durant cette entrevue, répondit-il en soupirant et en s'enfonçant dans son fauteuil, il prit sa femme sur ses jambes et l'enlaça tendrement. Ce Lord apparut de nulle part pourrait décider de couper tous nos vivres, nous obliger certaines choses et s'il suit à la lettre le code des sang-purs, il pourrait bien décider de nous séparer parce que nous n'arrivons pas à avoir d'enfant.
-Ou alors c'est un homme juste intéressé par la branche maintenant secondaire des Peverell et qu'il veut juste faire connaissance, répondit Euphémia en regardant son mari avec ce regard qui disait « Tu es trop paranoïaque mon cher ».
Fleamont aimait vraiment sa femme, il lui donna un doux baiser sur les lèvres de sa femme. Sa femme venait d'une famille de Sang-purs française. Et comme son prénom l'indiquait elle avait toujours de bonnes paroles. Elle n'était pas très grande mais avait de magnifiques yeux châtains qui ressemblaient au bois de chêne et des cheveux mi-court d'un brun soyeux. Elle était d'une douce beauté et d'une tendresse qui avait senti son cœur fondre en la voyant dans ce bal. Une femme un peu plus jeune que lui à l'époque qui refusait de se marier au premier venu. Il l'avait courtisé de nombreux mois avant qu'elle n'acceptât qu'un seul rendez-vous. Mais il avait réussi à la séduire et la demander en mariage. Il avait longtemps eu peur de finir seul. Heureusement, la Noble famille Potter était une des rares familles où chacun des individus avait fait des mariages d'amour.
De ce fait, il alla à la rencontre avec sa femme, il savait que certains Sang-Purs n'aimaient pas que les femmes fassent parties des discutions mais il voulait vraiment montrer qu'il ne prenait jamais des décisions seuls et que sa femme faisant partie de sa vie prenait aussi des décisions. Ils avaient rendez-vous dans l'un des restaurants magiques de Londres, il était de luxe sans être ostentatoire. Ils entrèrent et se firent mener à une table où un homme les attendait. Il était grand et musclé, sa robe de sorcière de bonne facture mettait ses épaules carrées en avant. Il se leva dès qu'il les vit et se présenta.
-Bonsoir, je suis Neville Miltiades Peverell, je suis heureux de vous rencontrer Lord et Lady Potter.
Il baisa la main de la Lady en la regardant droit dans les yeux et serra vivement la main du lord.
-Je suis Fleamont Potter et voici Euphemia Potter ma femme.
-J'imagine qu'elle a toujours d'avisées paroles, rigola doucement Neville. Son sourire illumina ses yeux bleus profonds. Fleamont fut même un peu étonné que sa femme en rougisse un peu.
-Asseyez-vous je vous en prie, mon fiancé doit arriver d'une minute à l'autre.
Le coupla s'asseyait alors que la femme fit la remarque
-Votre fiancée ?
-Oui, Harry Avalon Prince. Il a été retenu au Ministère pour diverse chose. Sourit Neville. Avant qu'il n'arrive, j'aurai quelques choses à poser. J'aimerai vous faire part que nous n'avons pas été élevé par des Sang-Purs, et que bien que nous respections certaines traditions, il y en a que je trouve personnellement aberrantes.
-Comme ? avança Euphémia. Fleamont laissait exprès sa femme parlait, il avait besoin de savoir comment l'homme se comportait par rapport à cela.
-Comme le fait que les femmes soient réduites à l'état d'objet. C'est ma grand-mère qui m'a élevé et bien qu'elle me terrorisât la plupart du temps elle reste la preuve qu'une femme se doit de partager les décisions avec son mari. Et je sais aussi que c'est le cas avec la famille Potter, sourit Neville.
Fleamont se réinstalla sur son siège et sourit grandement.
-Et cette tradition en cas de mariage homosexuel ? demanda Fleamont
Neville grogna, cette tradition devait être l'une des plus idiotes. En cas de mariage homosexuel, pour des hommes l'un des deux qui portera les enfants sera considéré comme un sous-homme et devait accepter déléguer tous ses biens à son mari et pour les femmes pareilles, d'ailleurs la femme la plus dominante reprenait les titres.
-Je la trouve tout aussi aberrante, Neville leva les yeux au ciel, avant de sourire tendrement. De toute façon, vous le verrez, la personne qui arrivera à enchainer Harry sera pour moi un dieu. Il laissa un petit rire sortir. Je vous jure, je l'aime plus que tout, mais quand il a une idée en tête il détruit tout sur son passage, littéralement. Neville les regarda gravement, il a ainsi détruit plusieurs murs dans un temple du Moyen-Orient, des murs blindées, il voulait juste sauver notre guide. C'était comme un taureau, je vous jure, il a passé ces murs comme dans du beurre.
Euphemia ne se retint pas éclata d'un rire clair. Fleamont sourit et enchaina sur le fait que les voyages qu'ils avaient eux aussi fait. Harry les rejoint très rapidement après ça et le reste du repas se passa dans une bonne ambiance. Fleamont se montra intéresser par les connaissances en magie de Harry et Euphémia s'intéressa aux plantes de Neville.
Plus tard, quand Fleamont enleva sa veste et sa robe dans sa chambre Euphémia s'approcha doucement :
-Alors mon cher, devrons-nous nous séparer ? demanda-t-elle avec espièglerie
-Non, mais je préconise un certain rapprochement, répondit-il avec malice alors qu'il commença à l'embrasser et l'emmener vers le lit sous le rire de sa femme.
Harry réfléchissait. Devait-il rassembler les bijoux ensembles mais du coup mélanger les bijoux protecteurs avec les farceurs ? Où devait-il tout ranger par utilités mais du coup séparer les bijoux ? Il était là devant une étale vitrée qu'il avait placé dans son magasin avec les boîtes en bois remplis de pailles pour protéger les objets pour certains inestimable. Aujourd'hui, bien reposé, il se tenait droit sur ses deux jambes. Quand il décida de procrastiner et de remettre sa décision à plus tard Tom entra en furie, suivi de Neville plus calme et amusé. Harry entendit les pas lourds de Tom alors qu'il montait à l'étage et échangea un regard avec Neville en attente d'une réponse.
-Personne ne veut écouter les projets d'un jeune arriviste, soupira Neville.
-Compréhensible, j'imagine, répondit Harry Mais ça ira avec le temps.
-Ouip, quelques interviews, il aide une ou deux vieilles dames et les gens l'écouteront mieux, sourit Neville, je vais aller voir Antoinette !
Harry regarda son amant partir ainsi s'occuper d'une vile plante dont il ne veut même pas savoir à quoi elle ressemble.
