Hello :)
Je suis sincèrement désolée, une nouvelle fois j'ai mis énormément de temps à publier ce chapitre. Entre mes études et le syndrome de la page blanche, c'était un peu compliqué, et j'avançais au compte goutte. Mais finalement, je viens de le terminer, et j'espère qu'il vous fera plaisir ! Je suis désolée, il est question de confinement, et ce n'est pas forcément drôle vu le contexte actuel, mais j'espère que ça vous plaira quand même ^^ Je vais essayer de reprendre la publication régulière, mais comme il me reste beaucoup de travail, et que les examens sont bousculés à cause de la fermeture des universités, je ne sais pas encore comment ça va se jouer, du coup je préfère ne pas vous faire de promesses.
Dans tous les cas, prenez soin de vous !
Bonne lecture :)
Chapitre Trente
3 janvier 1981, Godric's Hollow
Les chaînes d'information relayaient encore les images de la nouvelle attaque meurtrière perpétrée par Voldemort, trois jours après les faits. Des dizaines de morts, une cinquantaine de blessés, dont des enfants. Non, cette fois-ci le réveillon n'avait pas eu ce goût d'insouciance, et beaucoup se demandaient s'il le retrouverait un jour. Du côté moldu comme du côté sorcier, les hauts fonctionnaires s'activaient à une forme de propagande, en vain. Personne n'était dupe, et personne ne pouvait croire aux paroles fleuries qui essayaient de dissiper le sentiment de découragement qui s'emparait de la population. Non, personne.
James en était à sa cinquième tasse de café. Onze heures venaient à peine de sonner. La tasse était posée devant lui, mais cette fois-ci, il n'y avait pas touché. Il s'était resservi comme par automatisme mais, le regard perdu dans le vague, il était déjà ailleurs. La maison était silencieuse. Il espérait que Lily avait enfin pu trouver le sommeil, ou au moins le repos. Elle avait passé la nuit accroupie dans la salle de bain, réprimant la nausée violente qui ne la quittait plus depuis l'attaque. Il s'était levé, avait voulu lui apporter son aide, mais il avait vu dans son regard qu'il ne pourrait rien faire. Personne ne le pouvait. Pas encore. Pas maintenant. Il avait compris, et n'avait pas insisté. Ils avaient échangé un sourire, comme pour se dire "tout va bien, ou tout ira bien". Il lui avait aussi ramené une couverture et une bouteille d'eau pleine, avant de retourner se coucher. Mais il n'avait pas dormi. Il avait écouté, prêt à se lever au moindre appel de la jeune femme. Mais cette nuit-là, elle avait voulu lutter seule. Seule contre la nausée. Seule contre ses larmes. Seule.
Quelques coups portés contre la porte le firent tressaillir, l'arrachant à ses médiations. Il un regard nerveux sur la croisée, mais de là où il se tenait, il ne pouvait apercevoir la personne qui venait de frapper. Prenant sa baguette - geste qui était devenu un réflexe, comme pour la tasse de café - il quitta la pièce. Les clefs tintèrent quand il les prit, lui arrachant une grimace involontaire. Mais aucun son ne vint de l'étage. Il fit jouer les verrous et, se tenant prêt, au cas où, il entrouvrit le battant. Dorcas se tenait sur le seuil.
_ Seigneur, tu m'as fait peur, je croyais que c'était Voldemort, plaisanta la jeune homme, d'un ton peu convaincant.
_ Excuse-moi, je ne voulais pas ... Alastor m'a demandé de passer, Dorcas avait toujours été un peu timide, mais pour l'avoir déjà vue en colère, le jeune homme savait à quoi s'en tenir. Je peux entrer ?
James s'effaça en souriant, et tandis qu'il la débarrassait de son manteau, il entendit la porte de leur chambre claquer. Lily paru sur le palier, pâle, les yeux cernés. En reconnaissant son amie, un léger sourire éclaira son visage, et elle descendit rapidement les escaliers. Personne n'aurait pu dire ce qu'elle avait enduré cette nuit-là, en la regardant. Fatiguée, mais pas vaincue.
_ Dorcas, comment vas-tu ? Je commençais à croire que tu nous avais oubliés, ça fait longtemps que nous ne t'avons pas vue !
Le visage de Dorcas s'illumina à son tour, tandis qu'elle serrait son amie contre elle.
_ Je suis vraiment désolée, il y avait tellement de choses à faire pour l'Ordre, je ne pouvais pas ... Lily tu es ..., commença-t-elle tandis que son amie se détachait de son étreinte.
Une grimace involontaire passa sur son visage, qu'elle tenta de réprimer. Lily sourit, achevant à sa place, sur le ton de la plaisanterie :
_ Réduite à l'état de vampire ? Je pourrais en dire autant pour toi. Viens, ne reste pas dans le vestibule. J'ai entendu James allumer un feu dans la cheminée, tout à l'heure, la pièce doit être réchauffée.
Elle entraîna son ancienne camarade dans le salon, avant de revenir vers la cuisine, où James commençait à préparer un plateau. Il versa le café encore chaud dans les tasses, tandis que Lily sortait un paquet de cookies du placard. En voyant la jeune femme s'agiter autour de lui, il murmura :
_ Laisse, je vais m'en occuper, ne t'inquiète pas.
_ Je vais bien, ne t'inquiète pas, répondit la jeune femme sur le même ton, tentant d'esquisser un sourire.
_ Tu tombes de sommeil. Vas-y, j'ai cinq tasses à mon actif, insista James, en faisant un léger signe en direction du café.
_ Cinq ? Répéta Lily éberluée, avant de rire franchement. Il y a des fois où je me demande qui est le plus épuisé de nous deux.
Elle le laissa terminer, rejoignant Dorcas qui se réchauffait auprès de l'âtre. Il ne neigeait plus, pourtant le froid semblait s'être intensifié. Du moins, c'était ce qu'avait affirmé Bathilda, quelques jours plus tôt. Avec leur confinement, James et Lily avait plutôt l'impression d'étouffer, parfois. James ramena le plateau dans le salon, et fit les honneurs. Il ne manquait jamais de le faire, surtout depuis que Lily avait mis en doute sa capacité à le faire sans renverser quelque chose. Elle avait perdu son pari, ce jour-là.
_ J'aime beaucoup votre nouvelle maison, et de ce que j'ai vu vous avez un jardin, ce sera chouette avec les beaux jours, commenta Dorcas avec entrain, une fois sa timidité initiale dissipée.
_ C'était l'occasion d'avoir un chien, mais Lily refuse, je ne comprend toujours pas pourquoi, déclara James en souriant d'un air complice à la jeune femme, dont le regard à lui seul valait une réponse. Et toi, où en es-tu ? Toujours ton appartement au dessus du restaurant ? On n'a jamais eu l'occasion d'y aller, au final ...
_ Non, j'ai déménagé à mon retour. Alastor pense que nous avons une taupe, du coup il a demandé à de nombreux agents de changer de lieu de vie. Je ne me plains pas, j'habite maintenant dans une pension tenue par une retraitée du ministère. Elle est très gentille, beaucoup plus que la précédente. Et je n'ai plus les bagarres qui éclatent à deux heures du matin les jours de match. En revanche, je suis sûre qu'elle a travaillé chez les aurors, elle passe sa journée à épier sa voisine, souris Dorcas.
La conversation se poursuivit, James alignant plaisanteries sur plaisanteries, encouragé par le succès qu'il rencontrait. Ce n'était pas des rires francs, aucun n'en était capable, mais c'était des sourires, et ça, c'était déjà quelque chose. Les souvenirs de Poudlard étaient les plus nombreux à remonter à la surface, sujet inépuisable qui parvenait toujours à redonner un peu de gaieté à ceux qui avaient côtoyé l'école. Mais lorsqu'ils en vinrent à parler de l'Ordre, les traits de Dorcas perdirent leur enthousiasme.
_ Tu as dis que Maugrey t'avais demandé de passer, il voulait quelque chose en particulier ? Demanda James, en se tournant vers elle, les yeux encore pétillants d'espièglerie.
_ C'est grave ? Ajouta Lily, en voyant les traits de la jeune femme s'altérer quelque peu.
_ Il ... Il m'a demandé de vous dire qu'il passerait dans la semaine, pour .. Enfin .. Il veut vous reparler du nouvel an et de votre sécurité.
_ Tu en fais une tête, fit remarquer James, étonné. Mais d'ailleurs, pourquoi Maugrey passerait pour ça ? Qu'est-ce qui est si important ?
_ Je n'ai pas tout compris, mais je crois qu'il veut que vous restiez confinés de manière permanente. Il va aussi en parler aux Londubat.
_ On est déjà ..., commença James, avant d'être interrompu par Lily :
_ Quand il parle de confinement permanent, est-ce qu'il veut dire qu'on ne pourrait plus sortir, ne serait-ce que pour les courses ? Demanda celle-ci, atterrée à cette idée.
_ J'en ai bien peur, répondit Dorcas, en hochant la tête d'un air désolé.
Lily se renfonça dans le fauteuil où elle s'était installée, effarée à l'idée que Maugrey ait pu avoir cette idée. Ils avaient déjà si peu de libertés. Un coup d'oeil échangé avec James lui apprit qu'il pensait la même chose. Ni l'un ni l'autre n'avait jamais été vraiment habitués à rester à l'intérieur trop longtemps, et la perspective de cette situation qui pouvait durer, qui durerait, tant que Voldemort n'aurait pas été arrêté dans sa folie meurtrière, ne les enchantait guère. Dorcas, s'était légèrement refermée sur elle, désolée d'être la porteuse de mauvaises nouvelles. Il y eut un silence, pendant lequel seul le bruit du bois craquant sous l'impulsion des flammes se fit entendre. Puis Lily releva le menton, et planta ses yeux dans ceux de James :
_ On y arrivera, on a vu pire. Ce qui est idiot, c'est que tu sois la porteuse de cette nouvelle. Si Maugrey voulait vraiment nous l'annoncer lui-même, il pouvait tout aussi bien venir, ajouta-t-elle en se tournant vers Dorcas, en essayant de sourire. Mais puisque tu es là, reste manger avec nous. James s'est essayé au rôti hier, mais il y en a beaucoup trop pour nous tous seuls.
Les yeux de Dorcas brillèrent à cette proposition, et elle se laissa entraîner par le jeune couple. Finalement, ils s'accordèrent tous pour dire que James devrait encore s'exercer, la viande était bien trop cuite pour être mangée, mais les Yorkshire pudding* disparurent tous. Lily alluma la radio, et bientôt James se leva pour donner une version personnelle de "Wake me up". Ce n'était pas une situation idéale, tous en avaient conscience, mais ils n'avaient pas le choix. Lorsque Maugrey se présenterait, ils pourraient essayer de négocier. Du moins, ils l'espéraient.
* Contrairement au pudding traditionnel, il ne s'agit pas d'un dessert, mais d'un accompagnement pour les plats principaux.
Ce n'est pas mon chapitre le plus amusant, ni le plus long, je m'en excuse. J'espère quand même qu'il vous aura plu !
Encore une fois, prenez bien soin de vous !
À bientôt :)
