NdA : Après le dernier chapitre, nombre d'entre vous se sont plaints du fait que je faisais des petits chapitres, et que l'histoire stagnait. Par conséquent, j'ai promis aux gens du groupe Yahoo que je relancerais l'histoire avec un chapitre de 10 000 mots… que voici. (Note d'auteur non-comprise) J'espère, par après, que vous serez d'accord pour dire que des petits chapitres plus fréquents sont mieux que ça, considérant le temps que ça m'a pris. :) Maintenant, profitez, commentez s'il vous plait et pour dire autre chose que « trop court », « insipide » ou « juste du remplissage ».
NdT : Gloups. Dans l'ordre : Je ne publierai très probablement pas ce chapitre en une pièce. Je suppose que vous préférez de loin avoir des updates tous les 2-3 jours (comme je compte le faire) qu'un chapitre gigantesque toutes les deux semaines. Plusieurs petits chapitres signifient de moins grosses taches, et un chapitre deux fois plus court prend bien moins que deux fois moins de temps, parce qu'il est plus facile de se motiver à le traduire, et que la bêta va significativement plus vite (Sans compter que ça veut dire plus de review, donc plus de motivation…). A l'heure où j'écris ces mots, je n'ai pas encore commencé la traduction du chapitre, mais j'envisage de le séparer en 3 parties d'environ 3500 mots. La séparation se fera après la fin de la traduction, afin de garder des unités logiques dans l'histoire. J'envisage de finir la traduction demain soir ou après demain après-midi, en m'y mettant à fond (je redoute les 8-9 heures de traduction, cela dit). Selon le plan actuel, le chapitre devrait être publié jeudi 9, dimanche 12 et mercredi 15. Si j'avance très vite, ce sera mercredi 8, vendredi 10 et dimanche 12…
Finalement, vous pouvez remercier NVJM, ce sera posté en un morceau.
Pims10 : Cet ce qu'elle va vraiment douter à nouveau de Harry
Tu verras… Merci pour ta review !
Shishi-sama76 : Si elle se met à douter, c'est qu'elle est une véritable girouette... Au pire Harry, il peut pas faire un serment sorcier stipulent qu'il n'est pas l'auteur des attaques, lui ou un de ses collaborateurs ?
Les serments de sorcier, je pense, ne sont pas canon mais fanon… Après, d'autres sont fanon aussi ^^
Stormtrooper2 : Coucou. Je vois que le plan de voldemort est bien pensé. Et effectivement ce ne sera pas si simple d'innocenter Harry puisque Hermione a eu ses souvenirs modifiés. Quand je pense que Harry s'inquiète pour cette pouffiasse et que cette grognasse pensait pouvoir redevenir amie avec lui. Elle rêve en couleur ! À bientôt
On verra bien… Mais Hermione risque en effet de souffrir un bon coup…
SakiHoshiReid : Salut,
Merci pour ce nouveau chapitre.
Espérons que Voldy se trompe et qu''au moins Ginny croit Hermione. pour ma part je pense que Ronald est un cas désespéré...quant à Dumbledore...j'ignore si il serait moins dangereux en croyant Harry innocent. J'ai même peur du contraire.
Bonne continuation et à bientôt j'espere
De rien ! La découverte dans ce chapitre ! Pour Dumbledore… Aucune idée ^^
Eliel Prince : Allo
Faire attention au tu et vous. J'ai remarqué quelques fautes ici et la à ce sujet. Dans une même conversation les protagonistes se parlant entre eux peuvent passer du tu au vous.
Je pense que tu vas devoir choisir si tu utilise le tu ou le vous dans tes prochains chapitres.
Merci! J'ai essayé de trouver, mais je n'ai pas vu où j'avais fait ça (dans le chapitre précédent). C'est un assez gros challenge, car j'essaie de prendre le tu/vous le plus adapté à la relation (par exemple, Dumbledore tutoie généralement Hermione, vouvoie Fudge,… mais Hermione vouvoie Dumbledore), mais ce n'est parfois pas possible. En effet, deux personnes peuvent commencer une discussion avec un « you » qui est un « vous » et la finir grands amis (et donc avec « tu ») sans qu'à un moment un des deux saute le pas/demande de tutoyer l'autre…
Inril Serket : J'espère que contrairement aux plans de Voldie, Hermione ne va pas changer à nouveau de veste.
A voir… Mais je dirais que rien n'est certain ^^
Dieu du chaos : Sérieusement ? Encore ? Pauvre Harry, on s'acharne sur lui. J'espère vraiment qu'Hermione allait continuer de croire en l'innocence d'Harry, qui a l'air d'être encore attacher à ses anciens amis. Je te remercie de publier assez régulièrement. Bonne continuation !
Ce serait trop facile si tout allait dans son sens…
Phoenix : Même si je n'apprécie pas Hermione, je ne peux m'empêcher d'avoir pitié d'elle. Seulement, elle s'est mise toute seule dans cette merde. Et je trouve que Fudge n'a pas de coeur. Il ne peux tout de même pas laisser une fille de seize ans mourir et faire comme si de rien n'était !
Comme disait NVJM, pour une fois que Fudge agit intelligemment, même si froidement, tout le monde lui en veut… Plus sérieusement, le mieux qu'il puisse faire aurait été d'envoyer des aurors dans les villages où elle allait pour arrêter Harry pendant qu'il parle avec elle, je pense…
Sur ce, bonne lecture, et désolé pour le (léger ? 2h) retard !
Le Comte du Nord
Écrit par Lord Silvere
Traduit par Faenlgiec
Beta-lu par NVJM
Chapitre trente
Rogue était déjà de mauvaise humeur ce soir-là. A son arrivée chez l'apothicaire de Pré-au-Lard, de retour du chemin de Traverse où il avait logé, il s'était rendu compte que l'apprenti qui avait pris sa commande spéciale la semaine précédente avait fait une erreur. Quel idiot ! Que pouvait-il bien faire avec un tonneau de langues de grenouille ? Rien ! Il ne pouvait rien en faire.
Maintenant, il retournait au château afin de débriefer Dumbledore sur les dernières activités des mangemorts et finir de ranger son laboratoire de potions en prévision des grandes vacances. Il était si concentré sur le fait d'atteindre au plus vite Poudlard, qui était enfin visible, qu'il ne regardait pas où il marchait.
L'humeur du renommé maitre de potion s'empira quand il se prit les pieds dans quelque chose. Jurant, il se releva et regarda ce qui trainait sur la route. Un cercueil ! Quel abruti laissait un cercueil au milieu de la route, là où les gens pouvaient se prendre les pieds dedans ? Ne coutaient-ils pas suffisamment cher pour qu'on ne les laisse pas trainer à un endroit ou un autre ?
Ses jurons furent interrompus par des cris désespérés venant du cercueil. Pour Rogue, cela voulait dire deux choses. Premièrement, quelqu'un était dans le cercueil, et il l'avait averti de sa présence en se prenant les pieds dedans. Deuxièmement, c'était un cercueil utilisé. Ils coutaient d'habitude un peu moins cher que les neufs, mais étaient illégaux.
Précautionneusement, Rogue sortit sa baguette et la pointa vers le cercueil. De ce qu'il en savait, cela pouvait aussi bien être un piège mortel qu'une blague ridicule des jumeaux Weasley. Pas que ça change énormément.
Un simple sort plus tard, les clous maintenant le cercueil fermé disparurent, et le couvercle se leva brusquement, révélant une Hermione Granger en pleine crise de panique, qui s'assit immédiatement et jeta son regard sur lui. « Professeur ! Je suis si heureuse que vous soyez là ! »
Rogue regarda Hermione, choqué. Tant Harry que Dumbledore la croyaient morte. Dumbledore il y a deux jours, et Harry ce matin-même. Fudge avait signé un mandat accusant Harry Potter de meurtre la veille, même si ça n'aurait aucune répercussion. « Comment diable êtes-vous arrivée là, Granger ? »
« Ils m'ont enfermée dans le cercueil et amenée ici, professeur. » dit Hermione, éclatant en sanglots. « J'étais sure qu'ils m'avaient enterrée vivante ! »
« Eh bien, nous ne pourrions pas accepter cela, n'est-ce pas ? » dit Rogue ironiquement. Potter avait été très inquiet suite à sa disparition. S'il avait été à sa place, il aurait pris cela comme une bonne nouvelle.
Hermione le regarda avec reproche. « Ne devriez-vous pas être plus poli envers une demoiselle en détresse, professeur ? »
« Ça n'a pas d'importance. » grogna Rogue. « Levez-vous, et nous irons au château. Le professeur Dumbledore a déjà envoyé vos affaires chez vos parents, avec la fin de l'année. »
La mention de Dumbledore sembla surprendre Hermione qui se leva avec raideur, s'étira, et sortit de la boite. Avant que Rogue ne puisse demander à quoi elle pensait, elle parla. « Oui, nous devons aller au château ! Harry est innocent, et je dois en convaincre tout le monde avant qu'ils ne se le mettent à dos encore plus ! »
« Je ne crois pas que ce soit humainement possible » dit sarcastiquement Rogue tandis qu'ils marchaient lentement vers Poudlard. Quand ils arrivèrent, ils réalisèrent que Rusard était le seul présent au château ce soir.
Particulièrement contrarié, Rogue alla à l'infirmerie, particulièrement vide sans Madame Pomfresh, et fit s'allonger Hermione dans un des lits. Il la laissa un quart d'heure afin de récupérer des potions de sommeil dans les cachots.
Quand il retourna, il vit qu'elle s'était changée pour une robe d'hôpital. Il n'avait pas pensé à ça. Heureusement qu'elle l'avait fait, Madame Pomfresh l'aurait décapité pour moins. « Buvez » ordonna-t-il en déposant les deux fioles sur sa table de nuit.
« Que sont-elles ? »
« Une faible potion de sommeil et une potion calmante » répondit Rogue, légèrement vexé par la question. « Elles vous aideront à passer une bonne nuit, et, avec un peu de chance, vous calmeront. »
Elle prit les deux fioles et les avala. Quelques minutes plus tard, elle dormait profondément. Rogue la regarda froidement jusqu'à être sûr qu'elles aient complètement fait effet.
Bien que ce qu'il lui ait dit soit vrai, mis à part le fait que la potion de sommeil était bien plus forte que la traditionnelle potion de sommeil sans rêves, et ne pouvait donc pas être considérée comme faible, l'autre potion faisait plus que calmer, elle ordonnait et renforçait aussi la mémoire. Cette potion était fréquemment utilisée sur des témoins sous le choc lors des procès.
Maintenant qu'elle était fermement sous l'emprise des deux potions, Rogue pouvait prévenir Dumbledore, et peut-être même le ministre. Le fait qu'il lui ait fait boire ces potions presque immédiatement après l'avoir trouvée et qu'elle n'avait parlé qu'à lui renforcerait la crédibilité de ce qu'elle dirait aux gens en se réveillant.
Si tout se passait bien, elle pourrait justifier sa certitude qu'Harry était innocent. Maintenant qu'elle était en sécurité, son travail était de le signaler au plus vite à Dumbledore et aux autorités compétentes. S'il attendait ne serait-ce qu'un instant de plus, cela pourrait détruire la crédibilité de son témoignage, d'autant plus sachant qu'il avait été un mangemort.
Rogue laissa Rusard en garde dans l'infirmerie avec Nick-quasi-sans-tête et partit vers Londres où étaient Dumbledore et le ministre. Il soupira en réalisant à regret que Harry serait mécontent de ne pas être le premier à apprendre son retour, sachant qu'il avait été le dernier à l'abandonner. Il finirait par être au courant, cependant, et serait peut-être même innocenté d'ici là.
Hermione se réveilla très lentement. Ses premières pensées furent que la potion de sommeil avait dû être plus puissante que Rogue ne l'avait prétendu. Elle était cependant trop fatiguée pour être en colère.
Son esprit regagna lentement toutes ses facultés, et quelques secondes plus tard, l'innocence d'Harry revint dans ses pensées. Toute trace des effets de la potion disparu tandis qu'une bouffée d'adrénaline remplit dans ses veines. Ses paupières lourdes s'ouvrirent brusquement pour découvrir plusieurs personnes debout autour de son lit dans l'infirmerie.
D'un côté du lit se tenait le professeur Dumbledore qui la regardait joyeusement. De l'autre côté, Ron avait l'air extrêmement heureux. Le regard de Ron fit manquer un battement au cœur d'Hermione. Il avait beau fréquemment agir comme un abruti, elle ne l'en aimait pas moins.
Aussi présents étaient les parents Weasley, avec Ginny et les jumeaux. Madame Bones, la cheffe du département de la justice magique, se tenait derrière Dumbledore, confuse, et Hermione était presque sûre de reconnaitre le ministre Fudge, debout derrière les autres.
« Combien de temps ai-je dormi ? » demanda-t-elle.
« Toute la nuit, et une bonne partie de la journée, Mademoiselle Granger » annonça Dumbledore. « Vous avez aussi disparu pendant un certain temps. Vous souvenez-vous de ce qui s'est passé ? »
La phrase 'Harry est innocent' traversa aussitôt son esprit, accompagnée d'autres souvenirs qui n'étaient pas là avant. Les souvenirs de l'attaque, et de la présence de Malefoy et Voldemort.
« V-V-Voldemort a attaqué le village dans lequel je suis allé. » expliqua-t-elle fiévreusement. « Drago Malefoy était avec lui, et ils m'ont enlevée. Avant qu'ils ne me fassent perdre connaissance, Malefoy m'a dit qu'ils étaient là pour ruiner la réputation d'Harry. Harry est innocent ! »
Cette phrase d'Hermione provoqua de nombreuses réactions. Ginny perdit toutes couleurs et manqua de s'effondrer, ne se rattrapant que de justesse à un lit proche. Les jumeaux sourirent, Ron la regarda confusément, les yeux de Molly s'emplirent de doute, Arthur évita son regard, celui d'Amélia Bones allait de la jeune fille à Dumbledore, qui regardait son élève avec crainte, une main levée pour empêcher un Fudge livide de parler.
« Comment vous ont-ils 'fait perdre connaissance' ? » demanda Dumbledore alors que tous les autres restaient silencieux, leurs yeux rivés sur Hermione et Dumbledore. Les seuls qui ne paraissaient pas particulièrement intéressés par la conversation étaient Ginny et les jumeaux. Ginny était trop occupée à contrôler sa respiration, et les jumeaux semblaient penser le reste de ses explications inutiles.
« Avec une sorte de maléfice » répondit Hermione. « Je pense que c'était de la magie noire. »
« Que s'est-il passé entre ce moment et ta découverte par le professeur Rogue ? »
Hermione haussa les épaules. « Je ne sais pas. Je me suis réveillée, puis j'ai été mise dans le cercueil. Après, il a été transporté là où Rogue l'a vu. »
« As-tu vu qui t'a mise dans le cercueil ? »
« Non. » dit Hermione en secouant la tête.
Dumbledore sembla réfléchir profondément à sa question suivante. « Pouviez-vous vous souvenir des détails de l'attaque sur le village quand Rogue vous a trouvé ? »
Hermione sentait la frustration monter en elle. « En quoi est-ce important ? Harry est innocent, et nous devons agir vite. »
« Répondez, s'il vous plait, mademoiselle Granger. »
« Non, la seule chose dont je me souvenais était l'innocence d'Harry. » dit Hermione avec un profond soupir.
Avant que Dumbledore ne puisse poser la question suivante, Rogue et Maugrey entrèrent dans la pièce. « L'équipe n'a rien trouvé » annonça Maugrey. Il lança alors un regard indéchiffrable au ministre Fudge. « Si elle avait pu venir plus tôt, je suspecte que nous aurions trouvé plus d'indices. »
« Ce n'est pas grave, Alastor » dit calmement Dumbledore. « Je ne m'attendais pas à ce que l'équipe du ministère puisse trouver quoi que ce soit qui révèlerait qui a placé le cercueil d'Hermione là où nous l'avons trouvé. »
Cela sembla ne pas consoler énormément Fol-œil, qui semblait fort déçu par le manque de résultats. Avant qu'il ne puisse répondre, Madame Weasley le coupa. « Potter l'a évidemment fait ! Nous devons nous occuper d'Hermione, maintenant. Il a trafiqué ses souvenirs ! Elle pense qu'il est innocent. »
« Il est innocent ! » cria Hermione. Elle les regarda tous. Les jumeaux semblaient compatir tandis que Ginny était trop choquée pour réagir. Réalisant qu'elle aurait la même réaction de tout le monde, Hermione se tourna vers les nouveaux arrivants. Maugrey Fol-Œil restait inexpressif en observant attentivement Fudge et Rogue se contentait de la regarder, ses yeux plongés dans les siens.
Soudainement, Hermione eut l'impression puissante que Rogue la croyait. Cependant, quand elle tenta de s'adresser à lui, sa bouche refusa de répondre. Que se passait-il ? Dumbledore se mit à parler et, alors que Rogue détournait le regard, Hermione se sentit à nouveau capable de parler.
« Se disputer ne nous mènera nulle part » annonça Dumbledore. « M'autorisez-vous à performer quelques tests sur votre esprit, Mademoiselle Granger ? »
« Allez-y » répondit Hermione, trop surprise par les actions de Rogue pour réellement se soucier de quoi que ce soit d'autre. Il devait lui avoir fait quelque chose. Était-il possible qu'il l'ait légilimanciée ?
Le professeur Dumbledore sortit sa baguette et marmonna des incantations complexes. Hermione perçu de nombreuses sensations étranges pendant toute la durée des tests. Avec un peu de chance, ceux-ci prouveraient l'innocence d'Harry.
Cependant, quand il finit le dernier sort, le visage du professeur était sombre. « J'ai bien peur que vous n'ayez été trompée, Mademoiselle Granger. »
Hermione sentit sa mâchoire tomber sous le choc et elle s'apprêtait à protester quand Dumbledore leva ses mains pour la faire taire et continua à expliquer ce qu'il avait découvert. « Les souvenirs qu'il y a dans votre esprit ont été placés là, d'une manière ou d'une autre. Selon le résultat du test, je dirais que votre esprit a été vidé à un moment, et que les souvenirs de Voldemort, Draco et l'innocence d'Harry one été ensuite placé dans votre tête. »
Hermione sentit ses yeux s'humidifier et une larme descendre le long de son visage. « Mais il est innocent, professeur ! Vous devez me croire ! »
« J'aimerais le pouvoir, Madame Granger » dit Dumbledore.
Elle se tourna vers les autres personnes présentes en quête de soutien. Elle commença par Rogue, dont elle était sure qu'il la croyait, mais il détourna le regard. Ensuite, elle regarda Ron. Il semblait déchiré entre sa haine d'Harry et soutenir sa petite amie dans sa folie. Elle survola Ginny qui la croyait, visiblement, bien trop. Hermione n'était même pas sûre que Ginny soit toujours en train d'écouter. Le reste des occupants détournèrent le regard, ou soutinrent visiblement à Dumbledore.
« Mais vous devez me croire ! » pleura-t-elle.
« Calmez-vous, mademoiselle Granger » l'instruit madame Bones. « Nous ne devons pas résoudre cela maintenant. J'aimerais cependant que vous me disiez comment vous vous êtes rendue. Au village où vous vous êtes fait enlever. » dit Bones en jetant un regard en biais à Fudge.
Hermione passa les quelques minutes qui suivirent à expliquer comment elle s'était rendue au village avec le portoloin que le ministre Fudge lui avait fourni en entendant parler de son idée de traquer Harry pour tenter de lui faire voir raison. Son explication fut accueillie par plus d'un sourcil levé d'étonnement.
Pour une raison qu'elle ne pouvait concevoir, Fudge semblait mal à l'aise. Pourquoi ? C'était la vérité ! Elle finit son explication abruptement. « J'espère que vous croirez cela, au moins. »
« Le professeur Dumbledore en est témoin » dit Bones sans expression. « Ça mérite qu'on s'y intéresse, merci beaucoup pour les informations que vous m'avez fournies. » La cheffe du département de la justice magique se tourna alors vers les autres occupants de la salle. « Si vous voulez bien m'excuser, j'ai à faire. » Elle quitta ensuite l'infirmerie, suivie quelques minutes plus tard par Fudge.
Après ça, personne ne dit quoi que ce soit avant que Dumbledore ne parle. « Nous ne pouvons rien faire pour l'instant. Comme vous semblez en bonne santé, Mademoiselle Granger, je m'arrangerai pour qu'on vous ramène chez vous demain. Pour l'instant, pourquoi ne vous reposeriez-vous pas un peu ? »
« Je le ferai, Professeur » bailla Hermione, surprise d'être encore si fatiguée.
Les personnes sortirent lentement de la pièce, chacun lui disant bonne nuit, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le professeur Rogue. Il s'arrêta et lui jeta un regard calculateur.
« Harry est innocent, n'est-ce pas ? » demanda Hermione d'une voix presque suppliante.
Rogue acquiesça. « Il l'est, mademoiselle Granger. »
Bien que Rogue soit la dernière personne qu'Hermione imagine croire en l'innocence d'Harry, peu importe la situation, elle fut hautement soulagée de voir qu'il y croyait. « Y en a-t-il d'autres qui y croient ? »
« Oui. »
« Qui ? » s'enquit Hermione impatiemment, sa fatigue presque complètement oubliée.
Malheureusement pour Hermione, le maitre des potions n'était pas coopératif. « Je ne suis pas sûr que je devrais vous le dire, Mademoiselle Granger. Monsieur Potter ne veut pas mettre en danger ceux qui lui sont loyaux. »
« Mais je suis déjà au courant pour vous » signala Hermione, boudeuse.
« Oui » murmura Rogue sinistrement. « Et si vous le dites à qui que ce soit, vous maudirez le jour où vous avez été invitée à Poudlard. Je n'accepte pas la trahison aussi légèrement que d'autres. Suis-je clair ? »
« Parfaitement. » dit Hermione, effrayée, mais réalisant aussi que Rogue jouait un jeu dangereux. Dévoiler sa position à un membre de l'Ordre, ou des Mangemorts, pouvait être un désastre pour lui.
Rogue se détourna d'elle et se dirigea vers la porte, se contentant d'un mot. « Bien. »
Les Weasley et Dumbledore se retrouvèrent dans le bureau du directeur pour discuter de la situation d'Hermione. Personne ne parla avant qu'ils ne soient tous assis, dégustant du thé et des biscuits qui leur avaient été gracieusement proposés.
« Y-aura-t-il des dégâts permanents à son esprit ? » demanda Ron.
Dumbledore le nia. « Non, aucun. A partir de maintenant, son esprit est en parfait état de fonctionnement. Le seul problème vient des faux souvenirs insérés par quelqu'un. A part ça, elle va bien, même si sans doute un peu bouleversée de son enfermement dans le cercueil pour un jour. »
« Ce que je veux savoir » dit madame Weasley « c'est où Harry a appris à manipuler les souvenirs comme ça. Je veux aussi savoir à quel point nous sommes en danger par rapport à ce genre d'attaques. »
« Il a dû lire des tomes de magie noire » songea monsieur Weasley à haute voix, clairement mal à l'aise.
Dumbledore secoua sa tête. « Non, quiconque a placé ces souvenirs l'a fait avec talent et finesse. Harry n'a pas eu le temps de raffiner ses compétences dans quelque chose de si neuf et si délicat. Vous oubliez sa femme, Bellatrix. »
« Elle a dû le faire ! » s'exclama Ron.
« Je l'avais oubliée » dit lentement Arthur. « Je suppose qu'elle est très douée là-dedans. Peut-être Harry n'a-t-il pas appris de magie noire. Fred ? George ? Qu'en pensez-vous ? »
Les deux jumeaux haussèrent les épaules avant que Fred ne parle. « Je ne suis pas tout à fait sûr que les souvenirs d'Hermione aient été modifiés. Serait-il possible que vous vous trompiez, professeur ? »
« Non, je ne me trompe pas » dit Dumbledore fermement, mais gentiment. « Il est très clair que l'information a été placée dans sa mémoire. »
« Peut-être trop clair » suggéra George.
Madame Weasley leva les yeux au ciel tout en soupirant dans un impressionnant mais non moins pathétique étalage d'émotions. « Ne nous laissons pas divaguer dans des théories du complot. »
Fred et George restèrent silencieux, mais tous deux lancèrent un regard lourd de reproche à leur mère, qui fit mine de ne pas le remarquer. Il y eut un moment de vide dans la conversation tandis que personne n'osait interrompre le différend entre la mère et ses enfants.
Arthur décida de tenter de faire avancer les choses. « Très bien, supposons qu'Hermione a été capturée par Harry qui s'est ensuite arrangé pour faire modifier ses souvenirs. Pourquoi ? »
« Pour nous faire croire en son innocence » sortit Ron tout en mâchant son biscuit avec vengeance.
« Et ça a bien marché » déclara Fred sarcastiquement.
« Il a dû nous sous-estimer ! » rétorqua Ron.
« Sérieusement ? » marmonna George.
« Sois respectueux envers ton frère ! » grogna Madame Weasley à George et, légèrement, à Fred.
Brusquement, Dumbledore se leva de son bureau. « C'en est assez ! » Tous les regards fusèrent vers lui, sauf celui de Ginny qui semblait ne rien avoir écouté de la conversation. Dumbledore continua dans une voix qui n'admettait pas de réplique. « Nous supposerons qu'Harry avait une raison pour ce qu'il a fait au-delà de nous convaincre de sa présumé innocence. »
« Bien » accepta Monsieur Weasley.
Dumbledore s'assit avant de continuer. « L'état de mademoiselle Granger parait normal. Cependant, il est possible que nous ayons manqué quelque chose. Si Harry est capable de modifier ses souvenirs, ou de les faire modifier, il a très bien pu y placer un lien qui lui permettrait de nous espionner. »
Madame Weasley, visiblement calmée, prit la parole. « Y'a-t-il un moyen de défaire ce lien, professeur ? »
« Il est très compliqué de briser les magies mentales qu'on n'a pas soi-même lancées » répondit Dumbledore. « Si Harry est frustré, cependant, il pourrait se retirer de son esprit ou mettre fin au sort qui pourrait la frapper. C'est pour ça que je renverrai Hermione chez elle demain, et elle y restera jusqu'au début de l'année scolaire. Nous devons la garder hors de l'Ordre et du monde sorcier le plus longtemps possible. »
« Comment expliquerons-nous pourquoi nous la gardons à l'écart ? » demanda Monsieur Weasley.
« Nous lui dirons juste qu'elle pourrait toujours souffrir de conséquences de son enlèvement » répondit Dumbledore.
Fred et George grognèrent simultanément. « Elle croira ça, bien sûr. »
Il était très tard quand les Weasley rentrèrent à Grimmaurd avec leur portoloin. Ils se répartirent rapidement dans le foyer. Madame Weasley dans la cuisine pour prendre un dernier en-cas, son mari en haut, et les jumeaux dans leur laboratoire.
Leur départ laissa Ginny dans le hall d'entrée, sur le point de s'effondrer. Après avoir réalisé qu'elle était seule et libérée des autres, elle décida d'aller dans sa chambre. Avec cette pensée vint une vague de nausées. Ce n'était pas sa chambre. Ce n'était pas sa maison. C'était la maison d'Harry. Ils l'avaient trahi et la lui avaient prise.
Alors que Ginny se trainait dans les escaliers, elle se demanda si les autres membres de sa famille auraient la même réaction en réalisant l'innocence d'Harry. Cela l'amena à se demander si oui ou non ils avaient un jour été persuadée de sa culpabilité et, après un temps, au moment où elle avait réalisé son innocence.
Après tout, Dumbledore avait donné une justification valide pour la déclaration de l'innocence d'Harry faite par Hermione. Ça ne suffisait pas à Ginny, pourtant. A l'instant où Hermione avait proclamé l'innocence d'Harry, Ginny en avait senti la véracité au plus profond d'elle-même. C'était vrai, et que ce soit dû à sa magie innée ou à sa connexion avec Harry depuis la chambre des secrets, elle ne pouvait le nier.
Bien trop tôt, la porte de sa chambre fut en vue et Ginny entra avant de la fermer derrière elle. Mécaniquement, elle se mit en chemise de nuit avant de se contempler dans le miroir. Que faire maintenant ?
Tôt le lendemain, Hermione se réveilla dans l'infirmerie et se prépara à son retour vers la maison de ses parents. Le professeur McGonagall ne perdit pas de temps pour la faire s'habiller et se nettoyer.
Maintenant complètement remise et ne souffrant plus de manque de sommeil, Hermione s'était engoncée dans une vague de culpabilité au sujet d'Harry. Tandis que le professeur lui tendait un portoloin, lui expliquait son fonctionnement, et lui rappelait que l'interdiction de faire de la magie pour les mineurs avait été levée pour ceux qui rentreraient en septième année, une citation familière lui traversa l'esprit. 'Si tu veux changer le monde, commence par te changer toi-même'.
« Merci professeure » dit-elle mécaniquement. Si elle s'attendait à ce que les autres réalisent l'innocence d'Harry et se réconcilient avec lui, elle devait le faire en première. Elle en avait fini avec l'innocence, maintenant venait la réconciliation.
Après un signe de tête de McGonagall, elle activa le portoloin et fut transportée devant la porte de sa maison. Elle avait pris la peine de faire installer des protections magiques durant l'année, et elles empêchaient les moyens de transport magiques vers l'intérieur. La porte étant fermée, elle fut forcée de toquer.
Presque aussitôt, la porte fut ouverte et Hermione fut étreinte par sa mère puis son père. « Nous étions si effrayés quand tu n'étais pas dans le train ! » dit sa mère rapidement. « Nous avons reçu une lettre de ton professeur disant que tu avais été retardée et ne tarderait pas, cependant. Bon retour ! »
« Ça fait du bien d'être à la maison » dit Hermione, faisant de son mieux pour ne pas craquer face à ses parents.
« Nous avons essayé d'être en congé aujourd'hui » dit Monsieur Granger, « mais nous avions trop de rendez-vous à annuler et n'étions pas sûrs que tu sois déjà là. T'en sortiras-tu seule aujourd'hui ? »
« Bien sûr. » dit Hermione silencieusement, intérieurement soulagée de ne pas avoir à se préoccuper de ses parents pendant qu'elle pensait à ses problèmes avec Harry.
Ses parents, déjà prêts à partir pour la journée, lui dirent rapidement au revoir avant de la laisser seule dans la maison. Hermione erra de pièce en pièce. Quand elle passa sa chambre, elle remarqua que son coffre avait déjà été envoyé. Dans la cuisine, elle trouva de quoi manger. Ça avait un goût de cendre.
Finalement, elle se laissa tomber sur une chaise dans la bibliothèque familiale. Autrefois, être entourée de livres l'aurait réconfortée, mais plus maintenant. Harry se rappela à son esprit, et Hermione se mit à considérer comment elle pourrait se réconcilier avec lui.
Elle lui avait tourné le dos et certainement blessé et trahi. Tout lien d'amitié qu'elle avait partagé avec lui était maintenant rompu. Hermione se sentit submergée par le désir de rétablir cette amitié. Comment pouvait-elle le faire, pourtant ? Comment pouvait-elle retrouver ce qu'elle avait si stupidement laissé tomber ?
Quelque chose se pressa contre sa cuisse et elle tenta de bouger pour être plus confortable. Réalisant que cela ne l'aiderait pas, elle le sortit de sa poche. C'était le portoloin que Fudge lui avait donné. Alors qu'Hermione le regardait, une idée se forma dans sa tête. Elle pouvait aller auprès d'Harry.
Hermione sauta de sa chaise, une bouffée d'adrénaline remplissant ses veines. Elle le rejoindrait et ferait ce qui serait nécessaire pour réparer leur amitié. N'attendant pas une seconde de plus, Hermione prit sa baguette, qu'elle pouvait maintenant légalement utiliser, et un livre qu'elle avait acheté sur les moyens de transport magiques.
Elle avait déjà un portoloin enregistré auprès du ministère, la seule chose qu'elle devait faire était modifier légèrement la destination. Hermione passa l'heure qui suivit à lire et relire le chapitre du livre dédié aux destinations des portoloins.
Il semblait ne pas y avoir de moyen standard pour remplacer le lieu d'arrivée, mais elle était sûre d'en être capable, sachant que le portoloin avait été conçu pour choisir parmi de multiples destinations celle à laquelle pensait l'utilisateur. En ajouter une ne pouvait pas être si compliqué.
Quand elle se sentit prête à faire cela, et qu'elle fut sûre de sa méthode pour changer le portoloin, Hermione le posa sur la table de la cuisine et se mit à faire les modifications qui, elle l'espérait, l'amèneraient à Harry.
L'ordre pensait qu'Harry résidait sur une île au nord d'Azkaban. Si elle le programmait pour n'arriver que sur la terre ferme, et qu'elle trouvait la bonne zone, elle atterrirait sur l'île d'Harry, où qu'elle soit.
Quelques courtes minutes plus tard, le portoloin était fini. Même pour quelqu'un apprenant de nouvelles magies aussi rapidement qu'Hermione, c'était impressionnant. Trop impressionnant. Malheureusement, le seul moyen de vérifier son état était de le tester.
Hermione rangea sa baguette gauchement et laissa une note pour ses parents disant qu'elle était partie faire quelque chose d'important et serait bientôt de retour. Elle laissa la note à un endroit visible dès leur retour, avant de revenir à la table où reposait le portoloin modifié.
Nerveusement, elle se rapprocha de la table et tendit sa main vers le portoloin. Penser à rejoindre Harry et le supplier de lui pardonner était une chose. Le faire en était une autre. Comment réagirait-il ?
Réalisant qu'elle ne pourrait répondre à cette question, Hermione soupira et attrapa rapidement le portoloin. Il s'activa aussitôt et elle ressentit la familière traction sur son nombril pendant qu'il la transportait.
Un instant plus tard, quand Hermione se préparait à l'atterrissage brusque, elle se sentit au contraire cogner quelque chose. Des barrières magiques ! Hermione était ébahie. Comment Harry avait-il protégé sa demeure avec des protections suffisantes pour repousser un portoloin ? Même Poudlard n'en avait pas !
Sa pensée suivante fut de se demander comment cela réagirait à sa tentative d'intrusion. Que faisaient-elles ? Personne n'avait encore eu l'occasion de le tester.
Sa question fut résolue quand, un instant après la collision, elle se sentit rebondir en arrière, si elle se permettait de le décrire ainsi. Il n'y avait pas réellement de directions dans l'espace dans lequel évoluaient les portoloins.
Finalement, l'atterrissage habituellement brusque arriva, bien plus violent que d'habitude. Hermione sentit l'air quitter ses poumons en tombant sur de la pierre rugueuse. Elle sentit le portoloin être éjecté de ses mains avant d'entendre un léger plouf. Faiblement, elle se leva et regarda là où le portoloin avait disparu. Il semblait être tombé par le bord de la surface de pierre et dans de l'eau plus bas.
Elle était arrivée sur ce qui semblait être un antique ponton en pierre. Celui-ci avait l'air assez vieux, comme le montraient les gravures et symboles désormais presque complètement érodés par les vagues de la mer, qui se fracassaient constamment contre les lourds piliers le soutenant.
Un grand oiseau passa au-dessus d'elle et Hermione leva la tête pour suivre son trajet. Il disparut rapidement, et ses yeux redescendirent, tombant sur un décor qui la perturba grandement. C'était une grande forteresse et, tandis qu'elle l'étudiait, Hermione se sentit horrifiée. Il y avait des détraqueurs dans ce bâtiment. Le nom du bâtiment s'imposa dans son esprit. Les protections autour de la cachette d'Harry l'avaient envoyée à Azkaban.
Hermione déglutit et regarda autour d'elle à la recherche d'une présence humaine. Il n'y en avait pas. C'était attendu, évidemment. Le ministère n'avait-il pas été éjecté de l'île par Harry ? Peut-être y trouverait-elle certains de ses suivants. Décidant que ça en valait la peine, Hermione se mit à marcher sur le ponton vers la terre ferme.
Après quelques pas, Hermione arriva à une petite section qui n'avait pas été érodée par les constantes vagues. Il s'agissait d'un sceau d'une trentaine de centimètres de diamètre. Il représentait… quelque chose. Bien que les gravures soient aussi fraiches que le jour de leur création, Hermione n'arrivait pas à leur trouver un sens.
Haussant les épaules, elle décida de continuer à marcher. Cependant, à l'instant où elle passait de l'autre côté, un pouvoir étrange s'empara d'elle. Cela lui rappela immédiatement un sort de pétrification, et elle s'attendit à s'écraser en avant. Cependant, cela n'arriva pas, et il semblait que la force qui la maintenait avait décidé de la garder verticalement. Toute autre pensée s'arrêta alors que la puissance forçait son esprit afin de le stopper.
Après ce qui lui parut durer des heures, Hermione fut libérée et soupira de soulagement à son échappatoire face à la force qui l'avait maintenue. Son soulagement était un peu prématuré cependant. La 'force' l'attaqua une nouvelle fois et, au lieu de la geler sur place, la projeta en dehors du ponton, dans l'océan.
Hermione poussa un cri à glacer le sang avant de s'écraser droit dans la mer. Dans son état de fatigue déjà avancé, le choc fut suffisant pour lui faire perdre connaissance tandis qu'une vague plus large que d'habitude la recouvrait.
« Tu arrives juste à temps pour le déjeuner ! » déclara joyeusement Harry à Neville, qui venait d'arriver à Nair'icaix par un des portoloins aménagés. « Assieds-toi et nous nous arrangerons pour avoir une assiette à ta disposition. »
Neville regarda la simple mais élégante salle à manger et vit Bellatrix, Narcissa et les deux assistantes d'Harry attablées. Harry s'était déjà levé pour le saluer. « Je n'ai pas envie de déranger » répondit Neville poliment. « Grand-mère m'a fait manger avant que je vienne ici, de toute manière. »
Bellatrix lui lança un regard entendu, même si légèrement anxieux. Elle était toujours inconfortable à ses côtés, par rapport à l'état de ses parents. « Je sais comment sont les adolescents » dit-elle, lançant un regard en coin accompagné d'un grand sourire à Harry. « Vous avez toujours de la place pour plus de nourriture. De plus, il faut prendre de quoi accompagner la boisson. »
Tout le monde à table gloussa et/ou souri tandis que Neville rougissait. « Merci, madame » dit-il, s'asseyant à la table en même temps qu'Harry. Il détourna son attention vers lui, tandis qu'une assiette pleine de nourriture apparaissait à sa place. « J'ai de bonnes nouvelles de la part du professeur Rogue. Il serait venu en personne s'il n'avait pas eu des contraintes personnelles dont il ne pouvait se libérer. »
« Nous avons aussi une bonne nouvelle ! » s'exclama Harry, partageant un regard avec Bellatrix.
Neville décida de garder ses informations pour plus tard. « Lesquelles ? »
« Je suis enceinte. » annonça Bellatrix sobrement. Apparemment, elle n'était pas sûre de ce que penseraient ceux qui connaissaient Harry depuis plus longtemps.
Dire que Neville était choqué aurait été faible. Il n'avait pas encore quitté Poudlard et déjà un de ses camarades créait sa propre famille ! « Ce… C'est fantastique ! » s'exclama-t-il, tout en réfléchissant aux réactions qu'auraient tous les autres qui connaissaient Harry. « Savez-vous déjà si ce sera un garçon ou une fille ? »
« Pas encore » répondit Harry.
Avant que Neville ne demande quand ils le sauraient, Bellatrix prit la parole. « Il y a des sorts qui peuvent nous le dire quand la grossesse sera plus avancée, mais Harry et moi avons décidé d'attendre simplement l'accouchement pour le découvrir. Nous préférons garder la surprise. »
« Avez-vous déjà réfléchi à des prénoms ? » demanda Neville avec un sourire.
« Pas encore » dit Harry en finissant son repas. « Narcissa en a proposé beaucoup, cependant. »
Narcissa rayonna, visiblement plus par la reconnaissance d'Harry que par la situation dans laquelle était sa sœur. « Si c'est un garçon, ils devraient l'appeler James Harrison Potter. Cela permettrait de garder les traditions familiales. Harrison parce qu'Harry ne sonne pas bien en deuxième prénom. Si c'est une fille, Bellatrix ou Lily, bien sûr ! »
« Ils sonnent bien » commenta Neville joyeusement.
Bellatrix fronça les sourcils. « James Harrison sonne bien, mais je refuse d'avoir une fille qui partage mon prénom. Ce serait trop perturbant. »
« Peut-être qu'Isabella ou Belle conviendrait ? C'est proche sans être identique » suggéra Neville.
« Parfait ! » décréta Narcissa.
« Ne nous emballons pas » dit dignement Bellatrix en cachant son enthousiasme à ce sujet, même si ses yeux violets pétillants le révélaient.
Harry sourit aux deux sœurs et regarda Neville. « Je suis sûr que tu n'es pas venu ici pour discuter du prénom de mon enfant. Quelle est cette bonne nouvelle de Rogue ? »
« Hermione a été trouvée vivante » annonça Neville.
Le visage d'Harry s'orna d'un sourire. « C'est merveilleux ! Même si elle agit contre moi, je suis rassuré qu'elle soit toujours en vie » L'expression d'Harry s'assombrit à ces mots. « Peut-être changera-t-elle de camp un jour… Attends. Voldemort l'a kidnappée, donc, logiquement, elle sait que je suis innocent, n'est-ce pas ? »
Neville acquiesça. « Tout à fait. A l'instant où elle se réveillait, elle a dit à tout le monde que tu étais innocent. Mais- »
« L'ont-ils crue ? » l'interrompit Harry impatiemment tandis que tout le monde attendait la réponse.
« Je suis désolé » dit Neville, tentant d'amener la nouvelle le plus délicatement possible. Voldemort a d'une manière ou d'une autre modifié son esprit de sorte que ses souvenirs de ce qui s'est passé paraissent faux. »
Harry se contenta de hocher la tête tristement.
« Rogue dit qu'elle pense toujours que tu es innocent » amena Neville afin de ramener de l'espoir. « Ils ne l'ont pas encore reconvaincue de ta culpabilité. Peut-être y'a-t-il une chance de la persuader de croire en toi. »
« Nous verrons » dit Bellatrix, essayant d'alléger l'atmosphère déprimante.
Neville prit son gobelet de jus et le bu pensivement. « Oui, il n'y a que ça qu'on puisse faire. Tant que je suis ici, j'espérais pouvoir discuter de mes idées pour modifier la légion de Potter légèrement, et je voulais aller voir mes parents après. »
« Commençons par tes parents » suggéra Harry en se levant de table, tout le monde suivant son exemple par respect.
« Je vais aussi venir » déclara Bellatrix. « J'ai fait quelques recherches sur leur état depuis leur arrivée, nous pourrons en parler. »
Neville, Harry et Bellatrix quittèrent alors la salle, laissant les autres finir leur repas tout en discutant. Ils parlèrent de tout et de rien pendant leur trajet vers la chambre où vivaient les Londubat.
Quand ils y entrèrent, Neville se dirigea aussitôt vers les lits gigognes qui accueillaient ses parents. Il s'assit entre les deux, et se mit à leur parler, alternant entre l'un et l'autre. Harry fut partiellement réconforté par le fait qu'ils semblaient y réagir plus que d'habitude.
Bellatrix et son mari restèrent en retrait, ne voulant pas interférer dans un des rares moments familiaux entre Neville et ses parents. Harry pouvait parfaitement compatir avec lui. Même si ses parents avaient été, fondamentalement, des légumes, il aurait quand même chéri tout moment passé avec eux.
La vue de Neville parlant sincèrement avec ses parents qui n'avaient aucune réaction semblait attrister Bellatrix. Harry devinait pourquoi. Tentant de la réconforter, il invoqua un divan et la tira dessus, avant de l'y serrer contre lui.
« Je ne pense pas qu'il te blâme pour ça » dit-il doucement.
« Il devrait » murmura Bellatrix.
Harry haussa les épaules, peu sûr de ce qu'il pouvait dire pour aider son épouse.
« Si quiconque nous changeait en légumes, comme ça, et forçait notre enfant à vivre dans la même détresse émotionnelle, je le tuerais plusieurs fois avant de les faire souffrir. Et j'ai aidé à causer ça à un enfant » dit-elle.
« Je pense que tu t'es repentie » répondit Harry, se demandant silencieusement ce qui se passerait si Frank et Alice Londubat se réveillaient. Comment réagiraient-ils face au fait qu'un de leurs bourreaux et ennemis avait épousé le fils de James et Lily ? Probablement mal.
Bellatrix secoua sa tête. « Pour réellement se repentir, il faut corriger ses torts, si c'est possible. Ça ne l'est pas pour ceux que j'ai tués, mais les Londubat gisent dans l'attente que j'agisse. »
« Je suppose que ça doit être pesant » dit Harry.
Bellatrix ne répondit pas car une nouvelle réflexion traversait son esprit. Afin de se repentir, elle devait corriger ses péchés. Pour ça, elle devait faire en sorte que les Londubat s'en remettent. Elle devait trouver le traitement.
Harry sentit Bellatrix se figer brusquement et sut instinctivement qu'elle venait de réaliser quelque chose. Avant qu'il ne puisse demander de quoi il s'agissait, elle se mit à parler lentement. « Afin de racheter ses fautes, il faut corriger ses torts, n'est-ce pas ? »
« Je suppose » musa Harry.
« Mais ça ne suffirait pas, pourtant ? »
« Il faudrait aussi qu'ils s'en veuillent, je suppose » dit distraitement Harry. « Si quelqu'un volait quelque chose mais ne le rendait que parce qu'on les y a forcé, je suppose qu'ils ne se seraient pas rachetés. »
« La tristesse ! » s'exclama bruyamment Bellatrix, surprenant tous les occupants de la pièce. Elle eut même droit à un moment d'attention de la part des Londubat. « C'est ça ! La tristesse et la guérison. »
Neville regarda Bellatrix bizarrement avant de lancer un regard interrogateur à Harry. Voyant qu'il avait l'air tout aussi confus que lui, Neville retourna son regard vers Bellatrix. « Oui ? »
« Tristesse » déclara Bellatrix.
Décidant qu'il avait passé assez de temps avec ses parents, Neville les quitta pour rejoindre Bellatrix et Harry. « Tu disais que tu avais commencé des recherches ? » dit-il, s'adressant à Bellatrix. « As-tu trouvé quoi que ce soit d'utile ? »
« Pas vraiment » dit Bellatrix, avec un geste de dérision. « Et tout ça est obsolète, maintenant. J'ai une nouvelle idée qui pourrait tout à fait être ce qui ramènera leur santé mentale à tes parents. »
Neville ne put s'empêcher d'être sceptique. Les guérisseurs de Sainte Mangouste lui avaient présenté, ainsi qu'à sa grand-mère, des nouveaux traitements de manière constante. A la fin, ils semblaient tous identiques et avaient le même effet sur Franck et Alice Londubat. Aucun. « Qu'est-elle ? » demanda-t-il finalement.
« Je n'ai pas envie de déjà le dire » répondit Bellatrix en évitant du regard les yeux de Neville. « Mais j'aurai besoin de ton aide et surtout du soutien d'Harry. Voudras-tu bien m'aider ? »
« Comment ? » s'enquit prudemment Neville.
Bellatrix hésita un instant avant de répondre. « J'ai besoin que tu m'écrives une lettre. »
« Pourquoi ? Je suis ici. » dit Neville, confus.
« Ce doit être une longue lettre » continua Bellatrix. « Je veux que tu me racontes ta vie sans tes parents, la douleur que cela t'a causé, la tristesse, et tout ce que tu as senti d'autre les concernant. »
« Je ne comprends pas pourquoi » dit Neville, perplexe. Harry aussi avait l'air assez perdu.
« J'ai besoin de… comprendre » leur déclara Bellatrix. « Vous verrez plus tard. »
Neville acquiesça avec reluctance, prêt à essayer. « Très bien. Quand en as-tu besoin ? »
« Bientôt serait bien, mais ne te presse pas. Essaye d'y mettre tout ton cœur » l'instruit Bellatrix. Elle se leva et, avec un signe de tête aux deux hommes, leur dit « Vous avez encore d'autres choses dont vous devez parler, et je dois encore un peu réfléchir à mon idée, donc je vais vous laisser. »
Harry se leva et l'embrassa, malgré la présence de Neville. « A plus tard, alors. »
Bellatrix lui sourit avant de quitter la salle.
« Autant aller à un endroit confortable pour discuter de la légion de Potter » décréta Harry en se levant avec Neville et en faisant disparaitre le canapé.
« C'est une bonne idée » dit Neville tandis qu'ils partaient. « J'ai parlé avec tous les membres de la légion, et la majorité a accepté d'aider d'une manière ou d'une autre cet été. Je ne sais pas si tu es au courant, mais le ministère a permis à certains des étudiants d'utiliser la magie durant les vacances. Ma grand-mère pense aussi pouvoir m'obtenir une licence du ministère pour organiser une sorte de cours d'été pendant lequel on pourrait faire de la magie. Je devrais être le moniteur, mais cela marcherait quand même. »
Harry acquiesça tandis qu'ils parcouraient les différents couloirs de la forteresse. « Contourner les restrictions comme ça serait ingénieux, cependant, je ne pense pas que Fudge te laisserait faire. Espérons que mes plans à ce sujet porteront bientôt leurs fruits. »
Les deux sorciers arrivèrent rapidement au bureau privé d'Harry et s'y mirent à l'aise. « Je pense que votre groupe devrait choisir un nouveau nom » dit Harry pensivement. « Il finira par être découvert, et être lié à moi d'une telle manière pourrait jouer en votre défaveur. »
« La légion du seigneur Polairix ? »
« Non, c'est encore trop proche de moi. »
« Je verrai s'ils ont des idées la prochaine fois que nous sommes regroupés » décida Neville.
« Quand sera-ce ? »
Neville haussa les épaules. « Nous n'en avons pas encore organisé cet été. »
Pour répondre, Harry se leva et se mit à faire les cent pas. « Essaye de regrouper tout le monde le plus tôt possible. Non seulement vous devez vous trouver un nouveau nom, mais vous devez aussi vous organiser et former une hiérarchie. Votre groupe est paramilitaire, donc il serait logique que vous ayez des rangs et ce genre de choses. »
« Je garderai ça en tête » répondit Neville, planifiant déjà comment la légion de Potter serait organisée dans le futur.
« Regrouper tout le monde pourrait être difficile » dit Harry en continuant son monologue. « Si votre groupe a besoin d'argent pour des transports moldus ou d'aide avec ceux magique, je suppose que je peux organiser ça d'une manière ou d'une autre. Garde-moi au courant de comment ça évolue. Ça ira ? »
Neville répondit affirmativement avant de soulever un autre point. « A quel point devons-nous nous attendre à du combat ? »
Cela arrêta Harry. « Je ne sais pas » finit-il par répondre. « Ça sera dangereux et par conséquent des gens pourraient mourir. J'ai donc peur de vous mettre dans les pires situations. »
La porte du bureau d'Harry s'ouvrit et Hiscophney pénétra. « Peut-être puis-je aider pour ça. Si les étudiants volontaires étaient groupés avec mes hommes, ils seraient plus en sécurité et mes forces pourraient être mieux réparties. »
Harry fronça les sourcils en étudiant le comte de Trazkaban. « Comment sais-tu de quoi nous parlions ? »
Hiscophney leva sa main pour montrer l'anneau qu'il utilisait pour communiquer avec Harry et Xerina. « Je pouvais vous entendre via ceci. »
« Oh » dit Harry, encore perturbé mais satisfait de la réponse. Il devrait examiner son anneau plus en détail quand il en aurait le temps.
Le comte se dirigea vers un siège libre et s'assit, s'apprêtant à participer à la discussion entre Harry et Neville. Avant qu'elle ne puisse reprendre, cependant, un flash depuis un des paniers sur le bureau d'Harry l'avertit de la présence de courrier.
Étant à portée du panier, Harry l'attrapa et ouvrit l'enveloppe après l'avoir testée à la recherche de sorts, pièges, potions ou maléfices en vain. A l'intérieur, il y avait un petit morceau de parchemin avec une simple note hâtivement écrite.
« Il y a du nouveau – je dois vous voir au plus vite. Chaudron baveur dans une demi-heure ? C.F. »
Harry prit le temps de relire la note avant d'en déchirer un morceau et d'écrire d'accord suivi de ses initiales. Il prit une nouvelle enveloppe de sur son bureau, y déposa le parchemin, la ferma, l'adressa et la déposa dans le panier de sortie d'où elle disparut aussitôt.
« Je viens de recevoir un message et je dois urgemment rencontrer une connaissance » dit Harry à Neville et Hiscophney. « Pouvez-vous continuer vos plans pour la légion de Potter et comment elle travaillera avec mes forces ? Je serai de retour aussi vite que possible. »
Tous deux acceptèrent et, avant même qu'Harry ne quitte son bureau, étaient déjà en train de discuter des détails des problèmes auxquels seraient confrontés les forces qui combattraient Voldemort dans les mois à venir.
Après avoir trouvé Bellatrix et lui avoir expliqué le contenu de la lettre, Harry attrapa une cape noire brodée d'argent dans sa chambre, mit le capuchon, et transplana au chemin de traverse plutôt que directement au chaudron baveur. Il serait plus discret de faire croire qu'il venait juste prendre un verre ou un snack plutôt que venir pour rencontrer quelqu'un.
Il entra dans le petit pub depuis la ruelle vers le chemin de traverse et y trouva l'atmosphère idéale pour une conversation confidentielle. Le pub était assez plein pour qu'ils n'attirent pas l'attention en étant parmi les seuls clients à cette heure, mais assez vide que pour qu'ils puissent rester assez loin des autres et s'entendre sans souci.
Harry parcourut la salle du regard et vit que Tom, le barman, était à son poste habituel. Il vit aussi que les habituels du pub étaient des gens normaux qu'il ne connaissait pas et que Faussecreth n'était pas encore arrivé.
Gardant sa capuche sur la tête, ce qui était quelque peu inhabituel, Harry se dirigea vers une table vide dans un coin depuis lequel il pouvait voir les deux entrées du pub et surveiller correctement la salle entière. Il lança alors un sortilège de discrétion sur la table.
Cinq minutes plus tard, Cubert Faussecreth rentra dans le pub depuis le chemin de traverse et lança un regard sur la salle. Une rapide sonde de légilimancie révéla que, derrière son apparence calme, le chef du département de liaison gobeline était agité. La sonde révéla aussi qu'il n'était pas en train de préparer un mauvais coup.
Voyant qu'il n'allait pas être trahi, Harry enleva le sort de discrétion et lui fit un signe. Faussecreth le vit aussitôt et se dirigea vers la table. « Avez-vous déjà commandé quelque chose ? » demanda-t-il.
« Non » répondit Harry « Pas encore. »
Faussecreth fit un signe à Tom. « Un whiskey pur feu et un… »
« Une bièraubeurre » finit Harry, rendant sa voix légèrement plus grave pour la déguiser.
« Un whiskey pur-feu et une bièraubeurre » réitéra Cubert.
Tom leur fit signe qu'il avait compris et quelques instants plus tard, Bert avait un shot de l'alcool fort et Harry une choppe de bièraubeurre. Le whiskey fut promptement avalé par Faussecreth comme de l'eau.
« Pourquoi vouliez-vous que nous nous rencontrions ? » demanda Harry.
« C'est l'enfer au ministère » l'informa nerveusement Faussecreth. « Nous devons réorganiser nos plans et agir vite si nous voulons nous en sortir et que je devienne ministre de la magie. »
« Que s'est-il passé ? » demanda Harry, craignant tout à coup que leur plan ait été découvert, bien qu'il sache que c'était extrêmement peu probable.
Faussecreth regarda avec envie son verre vide avant de répondre. « Vous connaissez Hermione Granger, n'est-ce-pas ? »
« Oui. »
« Vous êtes aussi au courant qu'elle a été kidnappée et que vous en étiez accusé, non ? »
« Quelqu'un m'en a parlé. »
« Plutôt hurlé » marmonna Faussecreth, faisant référence à la chronique ministérielle. « Bref, ils l'ont trouvée enfermée dans un cercueil hier ou le jour d'avant, et comme c'était une enquête criminelle, Madame Bones, la cheffe du département de la justice magique, était présente. Granger a donc raconté cette histoire sur comment elle avait tenté de vous croiser en allant dans divers villages.
Harry regarda Cubert avec étonnement, même s'il ne pouvait pas le voir à travers sa capuche. « Je ne vois pas en quoi cela causerait une telle fureur au ministère. »
« Ce n'était pas particulièrement ça. C'était plutôt comment elle s'était rendue à ces villages. Et il y a aussi la question que, si une étudiante de Poudlard en sixième année peut prédire quels villages seront attaqués, comment se fait-il que nous n'y soyons pas parvenu ? » expliqua Faussecreth.
« Ils ont enfin réalisé que Fudge était incompétent ? »
« En quelque sorte » admit-il sèchement, regardant toujours son verre vide. « Le problème est que c'est le ministre Fudge qui lui a donné le portoloin qui l'a amenée là où elle a été kidnappée. Et de plus, le portoloin pouvait aussi être utilisé plusieurs fois. »
Finalement, Harry comprit et sourit. « Je suppose que donner le portoloin à Hermione n'était pas très étique et légèrement illégal. »
« Principalement. Madame Bones pense que Fudge a fait beaucoup de bruit comme quoi vous aviez tué Granger. Elle a laissé entendre qu'elle le suspectait d'avoir délibérément mis Granger en danger pour pouvoir vous accuser. »
Harry prit une longue gorgée de bièraubeurre. « Eh bien cela permet de donner une mauvaise réputation à Fudge. Maintenant, nous n'avons plus besoin que d'un accord avec les gobelins daté de la semaine passée. Le Magenmagot va-t-il agir, et quelqu'un est-il en bonne posture pour devenir ministre sous peu ? »
« Je pense que Dumbledore va convoquer le Magenmagot le plus vite possible » dit précautionneusement Faussecreth. « Sans doute demain. L'autorité de Fudge a presque disparu, à présent. Et les gens ne sont pas mécontents qu'à cause du problème Granger, ils protestent aussi par rapport à Gringotts. »
« Bien » répondit Harry. « Cela veut dire qu'un arrangement avec les gobelins pourrait quand même vous faire voir sous un bon jour. Maintenant, qu'en est-il de Dumbledore ? Je suis sûr qu'il va essayer d'orienter le résultat en sa faveur. Y'a-t-il quelqu'un en course qui puisse avoir son soutien ? »
Faussecreth réfléchit quelques secondes. « Bones ou Weasley. Amelia Bones est certainement assez haut placée et est celle qui porte la majorité des accusations. Arthur Weasley est fort respecté au ministère malgré son faible rang. Un des suivants de Fudge pourrait tenter ça, et il y a aussi la faible probabilité que quelqu'un d'externe au ministère se propose. Dumbledore aurait pu être ministre après Grindelwald. »[1]
« Et vous ? Avez-vous suffisamment de pouvoir ou de respect ? »
« Je suis juste 'là' » dit Faussecreth. « L'histoire avec Gringotts pourrait cependant m'exposer sous les projecteurs. »
Harry finit sa bièraubeurre d'une gorgée, appréciant la sensation du liquide sur sa gorge. « Gringotts doit arriver maintenant. Où en êtes-vous ? Avez-vous quitté le ministère pour la journée ou êtes-vous en congé ? »
« Je n'ai pas vraiment prévenu que je partais » admit Faussecreth. « Tout le monde était trop préoccupé par les évènements pour le remarquer. »
« Bien » marmonna Harry tandis que ses pensées fusaient dans tous les sens. Il devait tourner tous les regards vers le chef de département, ce qui nécessiterait d'outrepasser le tohu-bohu et obtenir de l'attention. « Est-ce que le ministère a déjà communiqué avec les gobelins depuis la fermeture ? Une pétition pour rouvrir la banque, peut-être ? »
« Pas récemment. »
« Dommage. »
« Je pourrais dater une lettre de routine à il y a une semaine, probablement » dit Faussecreth nerveusement, tentant de contenter Harry.
« Absolument pas » déclara Harry en songeant à une nouvelle idée. « Si vous alliez à un rendez-vous avec les gobelins, y-a-t-il des documents que vous prendriez dans votre bureau ? »
« Bien sûr. »
« Bien » dit Harry en sortant sa baguette noire et l'utilisant pour invoquer un morceau de parchemin et de quoi écrire. « Écrivez une lettre formelle pour Gringotts demandant une audience avec le Seigneur Or pour discuter de la possibilité de rouvrir la banque. »
Ne perdant pas de temps, Faussecreth prit la plume et se mit promptement à écrire une missive officielle pour Gringotts. Tandis que la plume grattait le parchemin, Harry parcourut la pièce du regard, observant les différents habitués. Aucun d'eux ne semblait particulièrement intéressé par ce que faisaient les deux hommes dans le coin. C'était bien.
« Fini ! » déclara Faussecreth en signant la feuille triomphalement.
Harry fit un mouvement de baguette et aussitôt le parchemin se scella. Même le sceau du ministère de la magie était parfaitement imité. « Bien. Je vais personnellement donner cette missive au Seigneur Or. Je suis certain qu'il coopèrera et sera prêt à vous rejoindre immédiatement. Je veux que vous rentriez à votre bureau et attendiez que le Seigneur Or vous envoie une réponse. Si possible, essayez d'attirer un maximum de public avant de la recevoir. Soyez sûr qu'ils sachent ce que c'est, et essayez qu'un maximum de gens vous voient réunir vos affaires. C'est compris ? »
« Oui » répondit Faussecreth, une lueur d'excitation dans les yeux. « Je vais au bureau, et j'attends la missive. Je fais en sorte que tout le monde sache que je vais à la banque négocier avec les gobelins. »
« Parfait. Je vous retrouverai à Gringotts. »
Un grognement de douleur s'échappa des lèvres d'Hermione tandis qu'elle sentait quelque chose de rugueux dans sa bouche. En ouvrant les yeux, elle vit qu'elle avait la tête plongée dans le sable. Apparemment, la marée l'avait échouée récemment sur une plage. Elle déduisait la partie récente du fait qu'elle était encore mouillée.
Elle se retourna et s'assit avec une grimace. L'eau n'avait pas été délicate. Tous les muscles de son corps lui faisaient mal et ses vêtements étaient en mauvais état. Après quelque moments, Hermione parvint à regrouper suffisamment de force pour s'assoir et regarder autour d'elle. Avec un peu de chance, elle avait été rejetée d'Azkaban sur l'île principale.
En découvrant les alentours, elle en déduit que ce n'était pas le cas. Elle se trouvait sur une île sablonneuse reliée à une île plus rocailleuse par un… pont noir. Ses yeux s'élargirent en suivant le pont et tombant sur un imposant château noir qui était autant, si pas plus, grand que Poudlard.
Avant qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit d'autre, plusieurs pop l'entourèrent et elle se retrouva au milieu de plusieurs hommes en robe argentée qui la pointaient de leur baguette. Décidant que les irriter serait une mauvaise idée, Hermione leva les bras en l'air.
L'un d'eux s'avança. « Vous êtes en état d'arrestation pour intrusion » déclara-t-il.
Hermione décida d'être courageuse. « Je n'ai pas pénétré intentionnellement, je me suis échouée sur votre plage, et qu'est-ce qui vous donne l'autorité de m'arrêter ? Vous ne paraissez pas faire partie du ministère, et je suis un sujet britannique. »
« Si vous êtes la personne qui a perturbé les protections, vous êtes une intruse » déclara-t-il sévèrement. Il sourit triomphalement en voyant une étincelle de culpabilité dans les yeux d'Hermione. « Je suis le capitaine Nailoff de la garde rapprochée du Seigneur Polairix. Vous êtes sur son territoire et, par conséquent, êtes soumise à son autorité, qui que vous soyez. »
Cette déclaration procura à Hermione de l'excitation, de la nervosité, et de la peur. Apparemment, elle avait trouvé le lieu de résidence d'Harry mais était maintenant aux arrêts. S'il était fâché envers elle, ce qui serait certainement le cas, elle serait à sa merci. « D'accord » soupira-t-elle.
« Suivez-moi » lui ordonna Nailoff. Il se mit à marcher vers le pont noir et, toujours visée par les baguettes des autres gardes, Hermione le suivit.
Tandis qu'ils approchaient la forteresse noire, Hermione ne put s'empêcher de demander « Quel est le nom de ce château ? »
Nailoff semblait ne pas être d'humeur à répondre, mais il décida néanmoins de le faire. « C'est la forteresse de Nair'icaix, le siège de la maison Polairix qui trône sur le Comté du Nord depuis des millénaires. »
Hermione resta silencieuse tandis qu'ils approchaient le château. Il était extrêmement intimidant et, s'il réfléchissait le pouvoir d'Harry, alors l'ordre et elle étaient face à de graves problèmes. Elle supposait que seule la clémence d'Harry leur avait évité la destruction.
Ils entrèrent par de larges portes dans un hall d'entrée impressionnant. Hermione aurait aimé rester là et observer tout ce qui l'entourait, mais les gardes avaient d'autres plans. Ils l'amenèrent dans ce qui semblait être un bureau, probablement celui d'Harry, et la firent assoir devant un large secrétaire. « Attendez-ici » lui ordonna Nailoff en signalant aux gardes qu'ils devaient la faire obéir si nécessaire.
Il fallut ce qui semblait une éternité avant que Nailoff ne revienne. « Le seigneur Polairix est indisponible pour le moment » annonça le capitaine. « Le comte de Trazkaban est là et il s'occupera de vous. »
Un instant plus tard, un homme qui lui était très familier rentra dans la pièce et Hermione fut immédiatement prise de nausée. C'était l'homme qui avait décapité Lucius Malefoy devant elle. Quand ses yeux tombèrent sur elle, Hermione aperçut une lueur de reconnaissance dans ceux-ci, autrement vides de toute émotion.
Le comte Trazkaban s'approcha d'elle et vint de l'autre côté du bureau. Au lieu de s'asseoir sur la chaise, il s'assit sur une autre qui était automatiquement apparue à côté. « Je vous reconnait » dit-il sans perdre de temps. « Vous êtes un membre de cet ordre gênant et une de ceux qui ont déclaré au monde entier que Harry était un monstre. »
« Je ne le nie pas » dit Hermione bravement. « Je suis venue voir Harry et je refuse de partir avant d'avoir eu au minimum la possibilité de lui parler. »
« Si je voulais vous faire jeter hors de l'île, je ne pense pas que vous pourriez m'en empêcher » déclara le comte fermement. « De toute manière, vous resterez. De ce que j'en sais, vous êtes un espion envoyé par l'Ordre. L'Ordre a déjà fait suffisamment de dégâts, et je ne le laisserai pas en faire plus si je peux l'en empêcher. »
« Est-ce que cela veut dire que je suis en difficulté ? » demanda faiblement Hermione.
« Tout dépend de comment le Seigneur Polairix voit les choses » dit Trazkaban. « Jusqu'à ce qu'il décide, vous pourrez tester nos cachots, cependant. »
Hermione grimaça, mais répondit quelque peu spirituellement. « Ravie d'être utile. Tant qu'Harry sait que je suis ici et que je désire lui parler. »
Le comte haussa les épaules. « J'allais partir quand Nailoff m'a arrêté et ne verrai probablement pas le Seigneur Polairix avant un certain temps. Cependant, je demanderai aux gardes de prévenir dame Bellatrix de votre présence. Elle pourrait même prévenir le Seigneur Polairix. »
« Merci beaucoup » rétorqua Hermione.
Le comte l'ignora et s'adressa au capitaine Nailoff. « Enfermez la dans un cachot et dites à madame Polairix qu'un intrus a été capturé. Trouvez-moi aussi tout ce qu'il est possible de trouver sur elle au passage. »
Le capitaine acquiesça avec respect. « Je le ferai. »
Et c'est ainsi qu'Hermione se retrouva dans un vieux cachot. Rusard en serait fier.
NdT : Et voilà, chapitre fini…
[1] Dans le texte d'origine, il s'agissait de la première guerre (Contre Voldemort, je suppose), mais de manière canon, c'est surtout après Grindelwald que sa popularité a monté. Je me suis donc permis de changer cela.
