Encore merci aux review, ça motive vraiment pour finir cette fic.
D'une certaine manière c'est un chapitre thématique, puisqu'une amie vient de se fiancer aujourd'hui. Je penserai à lui demander sa vision du mariage.
Dans tous les cas, j'espère que tout le monde va bien durant cette période particulière. Au moins, s'il faut voir un côté positif au confinement, ça me laisse plus de temps pour avancer dans la fic, les livres, les jeux, etc.
Bonne lecture !
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An 295, 25 décembre – Garderobe
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« Tu sais un jour, pas tout de suite, mais un jour, j'aimerai ça. Tu sais… qu'on se marie. »
« Moi aussi, reconnut Shizuru. »
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Natsuki sentit son cœur partir dans un staccato effréné. L'aveu à demi-mot était la plus belle chose qu'elle entendit depuis longtemps. Elle avait vraiment pensé dire une absurdité sans nom en parlant mariage à une femme qui depuis des mois semblait hésiter à lui faire confiance.
Pourtant, sa tentative semblait couronner de succès. Enfin, elle ne pouvait pas réellement prétendre à un succès, elles n'étaient pas fiancées après tout, mais il y avait là comme une promesse futur. Natsuki ignorait pourtant ce que Shizuru entendait par ''un jour''. Pour Natsuki, le ''un jour'' pouvait se référer à demain si Shizuru le désirait.
Tout ce qu'il lui importait vraiment aujourd'hui était Shizuru. Elle l'aimait et la désirait tant. Elle souhaitait que Shizuru lui retourne ses sentiments, qu'elle puisse redevenir des confidentes et des amantes. Elle ne supportait pas cette distance entre elles. Elle voulait se coucher et se relever à ses côtés, vivre et fonder une famille avec Shizuru. C'en était devenu un désir intense qui obnubilait ses pensées.
Dernièrement, elle s'était surprise -trop souvent probablement- à observer Shizuru, à détailler encore et encore des traits et des courbes qu'elle connaissait par cœur. Elle s'émouvait toujours de ses sourires, du plissement de ses yeux quand elle était heureuse, de cette inclinaison de la tête qu'elle faisait parfois comme pour tout dire « pourquoi » ou « tu vois, j'avais raison ». Elle connaissait par cœur ses expressions, mais elle semblait avoir tout oublier de ses réactions. Elle ne comprenait plus ce qu'elle devait ou pouvait faire pour regagner ces affections. Après tout, elle n'avait jamais compris comment elle était parvenue à les gagner la première fois...
Mais il n'y avait peut-être rien à comprendre. L'Amour ne suivait pas la logique. Natsuki aurait beau cherché à expliquer pourquoi elle plutôt qu'une autre, elle trouverait des centaines de réponses mais aucune ne serait vrai. Elle avait vu des gens aussi beau, qui l'avait trouvé tout aussi belle, des gens attentionnés, plus drôle probablement, avec des passions communes...
Elle avait eu l'occasion de rencontrer des dizaines de personnes, mais aucune ne lui avait fait ressentir une fraction de ce qu'elle ressentait à la simple vue de Shizuru.
Il n'y avait pas d'explication, pas de logique. C'était effrayant, agaçant et parfois déchirant... mais elle ne voulait échanger ça pour rien au monde. Ces derniers mois, elle espérait seulement qu'elle n'était pas revenue trop tard.
Aujourd'hui cependant ? Ses espoirs semblaient être récompensés. Elle pouvait se contenter de cette promesse à demi-mot. Son véritable petit miracle de noël personnel. Un jour, elles seraient de nouveau ensemble, mariées.
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Natsuki ne pouvait pas s'en empêcher, elle tendit timidement la main pour attraper celle de Shizuru. Sa paume était étonnamment chaude contre la sienne. Comme Shizuru ne se retirait pas à son contact, Natsuki se rapprocha d'elle.
Il était facile de lire les peurs et doutes dans les yeux de Shizuru mais elle était aussi soulagée de constater qu'il y avait toujours ce quelque chose d'inaltéré dans son regard, cette lumière qui ne s'allumait que pour elle.
Elle fit encore un pas en avant, entrant dans l'espace de Shizuru, si proche qu'elles en étaient presque collée l'une à l'autre.
Le regard de Shizuru s'ancra au sien et Natsuki lui offrit un sourire nerveux. Malgré l'attraction de son regard, les yeux de Natsuki ne purent s'empêcher brièvement de dériver vers les lèvres de Shizuru avant de retourner à ses yeux comme prise en faute.
« Est-ce que… est-ce que je peux… »
Natsuki se sentit un peu stupide de demander l'autorisation pour une telle chose mais elle avait soudain l'impression qu'une mauvaise décision lui ferait perdre ce pseudo-accord qu'elle venait de passer. Cette promesse qu'un jour, elles se marieraient.
Shizuru inclina la tête. Légèrement. Etait-ce une interrogation ou une invite ? Ou Natsuki se l'était peut être imaginée, mais quelle importance. Shizuru ne se retirait pas et elle était si proche, Natsuki ressentait un besoin viscéral de l'embrasser. C'en était une nécessité.
Alors elle combla l'écart, elle se pencha légèrement en avant pour simplement déposer ses lèvres contre les siennes. Simplement cela, un contact, lèvres contre lèvres.
Shizuru eut un mouvement de recul et Natsuki sentit son cœur se serrer de détresse.
« Désolée, s'excusa Shizuru d'une voix douce, un chuchotement. J'ai été surprise. »
Natsuki haussa un sourcil, l'air de dire qu'elle voyait mal comment elle pouvait être surprise. Son intention de l'embrasser était limpide. Ça n'avait rien eu d'aussi précipité que leur dernier baiser.
3 mars. Dernier baiser depuis le 3 mars. Une éternité !
Et le dernier avant cela ? était-ce 3 siècles ou presque 5 ans plus tôt ?
Comment avait-elle pu se passer de cela ? Comment n'avait-elle pas compris à quel point elle aimait cela, cette intimité, cette chaleur au moindre contact. Probablement qu'elle n'était pas encore tout à fait prête de corps et d'esprit à accepter ses émotions et ses désirs lorsqu'elles avaient été ensemble durant l'ère terrienne.
Bien sûr, elles avaient été intimes. Peu de fois finalement. Trop peu si elle se montrait honnête aujourd'hui et elle en était la seule responsable.
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Leur première fois était née de la peur et de la tristesse. Elle aimait Shizuru et elle avait été si sûre de l'avoir perdu. Elle n'avait peut-être pas entièrement compris l'intérêt du sexe ce jour là, mais elle avait adoré l'intimité, la certitude de la tenir en sécurité dans ses bras.
Leur première fois n'était pas né de l'amour. Leur vie chaotique donnait au Temps une impression de finalité, elles avaient l'impression de devoir tout faire tout de suite parce qu'il n'y aurait peut-être pas d'après. Cette impression de fin imminente les avait empêché d'avancer à un rythme qui aurait du être le leur...
… C'était aussi cela qui les avait rapprocher. Natsuki aurait pu ne jamais connaître l'amour auprès de Shizuru et mourir seule au main du First District.
Alors elle ne regrettait pas, mais elle se disait que les choses auraient pu être tellement différentes sans le Third District, la mort de sa mère, le Carnaval, les HiME, le First District, les nanomachines. Leur relation aurait simplement pu se construire sur des bases plus saines.
Comme on dit : il faut donner du temps au temps.
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Aujourd'hui c'était différent. Il n'y avait là aucune précipitation, aucun sentiment tumultueux de peur ou de perte. Seulement un véritable désir, un besoin primal de l'autre. Intimité et amour.
« Tu as le nez gelé, sourit Shizuru en guise d'excuse. »
Natsuki se sentit déboussolée. Elle se recula légèrement et porta sa main sur la pointe de son nez. Effectivement il était glacé. En comparaison, Shizuru semblait receler toute la chaleur du monde.
Shizuru se mit à dénouer son écharpe –l'écharpe que Natsuki lui avait donné pour qu'elle le porte à sa place- et la glissa autour de son propre cou, se mettant -en des gestes précis mais lent- à la nouer pour elle.
Le tissu était chaud contre sa peau et Natsuki avait l'impression de déjà y sentir l'odeur de Shizuru.
L'écharpe nouée Shizuru tapota le devant de sa poitrine avant d'y laissa ses mains reposé.
Elle ne se retirait pas.
Le cœur de Natsuki reprit de la vitesse.
Shizuru regardait ses mains, paraissant perdu dans son propre petit monde, ses doigts jouaient avec les bords de l'écharpe.
Natsuki retint ses poignets conte sa poitrine et se pencha vers elle la forçant à relever le visage pour attraper ses lèvres en passant.
Kami-sama…
Shizuru ne se recula pas cette fois-ci et Natsuki s'enfonça en elle, comme si elle tentait de se fondre en une seule entité. Elle délaissa ses poignets pour glisser ses bras autour de sa taille, l'attirant à elle.
Les mains de Shizuru était toujours piégées contre sa poitrine et Natsuki dut la relâcher légèrement pour qu'elle puisse les glisser autour de son cou.
Leurs lèvres se quittaient pour mieux se retrouver. Leurs baisers se faisaient plus frénétiques et plus désespérés.
Shizuru ne put s'empêcher de sursauter en sifflant de surprise quand les mains froides de Natsuki se glissèrent sous son manteau pour caresser la peau douce de son dos. Natsuki ne put s'empêcher de rire de sa réaction alors qu'elle se mettait à grignoter la ligne de sa mâchoire, tout en se blottissant dans la chaleur de la jeune femme.
« Tes mains sont gelées, gémit Shizuru.
-Réchauffe moi, murmura-t-elle. »
Natsuki se sentait confiante et heureuse au-delà des mots. Ses doigts glissèrent le long de la cicatrice de son estomac dans une caresse dont elle avait pris l'habitude dans le passé. Elle apprécia le frisson qu'elle retira de Shizuru. Même si… même s'il pouvait être dû à la froideur de ses mains plus qu'à la caresse en elle-même.
« Tu es gelée Natsuki, lui dit-elle à nouveau dans un nuage de vapeur blanche. »
Elle ne rigolait plus vraiment et Natsuki nota qu'effectivement, préoccupée par Shizuru elle n'avait pas remarqué qu'elle avait vraiment froid.
Shizuru lui sourit et ouvrit les pans de son manteau en une invitation silencieuse. Natsuki s'empressa de répondre à l'invitation et de venir se blottir contre elle alors que Shizuru rabattait le manteau autour d'elle.
C'était agréable.
Natsuki glissa son visage dans le cou de Shizuru et souhaita soudain que le monde s'arrête. Elle était bien là, tout contre elle. Cela lui suffisait.
« Peut-on rester là, plaida-t-elle. Seulement quelques instants avant que tu nous emmènes au chaud. »
Shizuru semblait prête à insister pour la ramener à l'intérieur, mais à sa joie, elle s'abstint resserrant simplement sa prise autour d'elle.
Natsuki posa ses lèvres contre la peau de son cou dans un baiser aussi léger qu'une plume pour la remercier d'avoir accédé à sa demande.
« Est-ce qu'on est… ensemble ? Osa-t-elle finalement demandé alors qu'elle avait la sensation d'être bercée. »
Shizuru oscillait légèrement.
Natsuki espérait que leurs quelques baisers n'étaient pas justes un moment de faiblesse de Shizuru, qu'ils signifiaient vraiment quelque chose, qu'elles se remettaient ensemble par exemple.
« Si tu ne meurs pas d'hypothermie dans les prochaines heures, ironisa Shizuru le nez enfoncé dans ses cheveux. »
Natsuki se sentait prête à pleurer, tant elle se sentait vulnérable à cet instant, vulnérable mais plus heureuse qu'elle ne l'avait été depuis longtemps.
« Alors, ramène nous au chaud avec Hiro. Je préférerais éviter que les choses finissent comme ça.
-Il n'obéit qu'à toi, lui rappela-t-elle. Siffle-le donc qu'on puisse rentrer. »
Natsuki refusa de bouger de sa position. Elle ne dégagea que sa tête du cou de Shizuru pour siffler son chien qui réapparut le pelage blanchi par la neige.
Quand il se pressa contre la cuisse de Shizuru, celle-ci glissa une main dans son pelage et un bras toujours autour de Natsuki, elle se téléporta de retour chez elle.
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Ce n'était pas le premier noël que Natsuki passait dans la demeure familiale des Fujino. Elle se rappelait du réveillon catastrophique qu'elle avait vécu en l'an 2000 de l'ère terrienne.
A cette époque, il y avait Mr. Anderson et la vieille Chikako. Il y avait eu Viola qu'elle avait alors détesté. Il y avait encore à Fuuka des gens à qui elle tenait. Des amies.
Il n'y avait plus rien de tout ça en 295 de l'ère des otomes. Mais paradoxalement, ce noël là était bien plus significatif. Leur histoire –celle qui importait vraiment- commençait aujourd'hui.
Il faisait chaud dans les parties de la demeure que Shizuru occupait, mais cela n'avait pas empêché Shizuru de laisser tomber le thé pour du chocolat chaud qu'elles burent l'une contre l'autre sous la couverture douce qu'elle lui avait ramené, installées face au sapin qu'elles avaient décoré quelques jours plus tôt, une musique douce en arrière plan.
Natsuki avait remarqué le jardinier, Mr. Shimei « je m'occupe de l'extérieur, ma femme de l'intérieur » - selon ses propres mots, les regarder d'un œil intrigué. Il n'avait rien osé dire mais Natsuki avait juré qu'il avait du les prendre pour des gens… quelque peu particulier pour aller couper un beau et jeune sapin pour l'installer dans la véranda avec des guirlandes.
Le souvenir la fit sourire, alors qu'elle modifiait un peu sa position pour ne pas écraser Shizuru. Après leur cacao, Natsuki appuyée contre l'épaule de Shizuru avait petit à petit finie couchée sur la jeune femme alors que celle-ci glissait de plus en plus dans le canapé. Shizuru somnolait presque alors qu'elle jouait tranquillement avec ses cheveux.
Elles avaient passées bien plus de temps qu'elles ne l'avaient prévu à GardeRobe. A leur retour rapide, elles n'avaient rien fait d'autres à part le chocolat chaud. Entre autre chose, elles n'avaient pas dîné.
Natsuki avait faim mais pas au point de quitter sa position. Elle était exactement là où elle avait voulu être depuis longtemps, elle ne comptait pas sacrifier ça pour son estomac.
Son estomac ne semblait pas d'accord alors qu'il grommelait une nouvelle fois pour dénoncer sa maltraitance. Shizuru se déplaça légèrement signe qu'elle l'avait entendu.
« Tu as faim.
-ça va, murmura Natsuki.
-Ce n'était pas une question, lui répondit Shizuru tout aussi tranquillement.
-ça va, insista-t-elle néanmoins. »
Le lien qui s'était rétabli entre à travers les GEM était indéniable et si Natsuki ressentait la fatigue de Shizuru, cette dernière pouvait probablement ressentir sa faim. Ou pas... Natsuki ne se souvenait plus soudainement si le lien allait dans les deux sens. Elle aussi était fatiguée, épuisée. Mais c'était une bonne fatigue.
« Je vais m'en occuper, annonça Shizuru.
-Non, ça va. Et je sais que tu as juste envie de dormir. »
Elle tapota la GEM à son oreille pour rappeler à Shizuru qu'elle ressentait son état de santé à présent.
« Je sais comment tu te sens. Pour le meilleur et pour le pire. »
Un sourire amusé ourla les lèvres de Shizuru. Natsuki le distinguait du coin de l'œil.
« Nous ne sommes pas mariées Natsuki, lui rappela-t-elle.
-On n'a pas à être marié pour être prêt à partager des fardeaux.
-Fardeaux est probablement un terme un peu fort, rit-elle. Je suis fatigué. Très légèrement fatiguée. »
Natsuki inclina la tête en arrière pour observer Shizuru avant de tendre la main pour attraper son col et la forcer à relever légèrement du canapé. Le baiser qu'elles échangèrent la réchauffa plus qu'aucune couverture n'aurait pu le faire.
« Et si nous le faisions ? murmura-t-elle contre ses lèvres. »
Léger froncement de sourcil de Shizuru.
« Nous marier, reprit Natsuki. Je sais que ça semble dingue, parce que nous venons de se remettre ensemble il y a quoi ? 2h ? Mais je sais surtout que mes sentiments ne changeront pas. Jamais. »
Shizuru l'observa avec de grands yeux stupéfaits, la bouche légèrement entrouverte sous la surprise. Elle restait interdite.
« Shizuru ? s'inquiéta-t-elle. »
Elle était définitivement trop en avant. Entre spontanéité enthousiaste et folie, il n'y avait qu'un pas. Jamais elle n'aurait du en demander tant en si peu de temps même si elle rêvait vraiment qu'elle lui dise oui.
« Je… »
- Je ne t'en voudrais pas si tu dis non, intervint Natsuki piteuse. Tu sais que cela ne changerai rien à…
-Pourquoi ? L'interrompit Shizuru.
-Comment ça pourquoi ?
-Pourquoi nous marier ? Pourquoi en as-tu tant envie ? »
Natsuki fronça les sourcils.
« Si tu ne veux pas…
-Qu'est-ce que ça changerait que nous nous marions ? »
Shizuru n'avait rien contre le mariage. Même elle, elle y avait déjà réfléchi quand elle était plus jeune et qu'elle rêvait d'un beau mariage puis d'un repas fastueux entourés de sa nouvelle famille et de ses amis.
Et bien sûr qu'elle trouvait ça beaucoup trop tôt, trop rapide, mais elle était curieuse de savoir ce que Natsuki désirait à travers cette demande. Elle savait que les parents de la jeune femme ne lui avait guère donner un bon exemple d'un couple aimant. Probablement parce que son père n'avait pas été un modèle de fidélité… ou un père d'ailleurs.
« C'est… ça ne changerait rien, balbutia Natsuki. Mais nous serions officiellement liées pour le meilleur et pour le pire. Je pourrais t'appeler ma femme et faire savoir au monde que tu es mienne. »
Shizuru paraissait sceptique. Natsuki la comprenait, elle se sentait stupide en disant cela. Elle se mouilla les lèvres, nerveuses comme devant un examen qu'elle aurait oublié de réviser.
« Je veux t'épouser parce que je t'aime tout simplement. C'est une façon de montrer au monde... non, se corrigea-t-elle agacée par elle-même, c'est une façon de te dire que mon amour pour toi ne cessera jamais, c'est une promesse que je serai là, toujours, pour le meilleur comme pour le pire. Une promesse que je ne repartirais pas, que tu m'auras aussi longtemps que tu le désires à tes côtés. Je ne t'en aimerais pas moins sans cela mais c'est une assurance de ma part que j'ai changé, je ne veux plus jamais te quitter.»
Il y eut un court silence où Shizuru ne fit que la regarder, semblant essayer de lire son âme même. Natsuki retrouva soudain toute sa timidité et nervosité, comme libérer d'un sort.
« Tu n'y as jamais songé ? chuchota Natsuki inquiète. »
Les lèvres de Shizuru bougèrent mais aucun mot ne fut former. Non, voulait-elle dire sans y parvenir, non, Natsuki je n'ai pas besoin d'assurance que tu as changé, je le vois chaque jour en étant à tes côté nous marier ?
« Ce n'est pas grave, soupira Natsuki masquant mal sa déception alors qu'elle se redressait. Et si nous préparions ce diner ? »
Shizuru regarda Natsuki se lever et déambuler en direction des cuisines.
Natsuki cherchait à ne pas s'attarder sur le silence de Shizuru, elle changeait de sujet, parlait d'un voyage qu'elle désirait faire.
Shizuru observa sa silhouette, le balancement de ses cheveux sombres contre son dos, la légèreté de sa démarche sur le parquet ciré de sa demeure familiale. Natsuki appartenait à cette maison. A sa vie. A elle.
Durant les 4 années où elle avait disparu de sa vie, elle avait continué à la chercher du regard quand elle rentrait chez elle, elle en était même venue à parler à des mirages de Natsuki provenant de son esprit.
Shizuru n'avait jamais imaginé sa vie autrement qu'avec Natsuki et ce, depuis le lycée.
« D'accord. »
Natsuki s'arrêta net et se retourna vers elle.
« D'accord pour du saumon ? Je veux bien mais je te préviens ça va prendre un peu de temps. »
Shizuru soupira en levant les yeux au ciel. Natsuki avait poursuivi son monologue sur le déjeuner après ses désirs de voyages. Shizuru n'en avait pas écouté un traître mot.
« Natsuki, l'interrompit-elle. C'est probablement une réponse aussi folle que ta demande mais... Je suis d'accord pour t'épouser. Marions-nous. »
