Décidemment, j'y arrives pas. Je suis totalement perdue avec le temps et devinez quoi : on est jeudi aujourd'hui et pas mercredi. Donc je poste ce chapitre aujourd'hui, mais le suivant sera mercredi dans deux semaines quand même.

GUEST : Effectivement, la famille Mills est très protectrice et les Swan vont devoir apprendre à gérer ce côté. Et oui, reconquérir Regina n'aura pas été très facile pour Emma et c'est toujours pas gagné ;)

Loann37 : C'est normal que personne ne se mette à la place d'Emma, d'une part parce que les Mills sont ultra - protecteur dans leur famille et d'autre part, parce que depuis le début, tout est fait pour comprendre Emma et faire attention à ne pas la froisser. Ils en ont juste eu marre. Et mama Mills comme tu dis (^-^) et vraiment très protectrice avec ses enfants alors il va falloir bien plus qu'un "pardon j'ai déraper" pour se faire pardonner. Ca aurait été bizarre si Cora avait directement passée l'éponge compte tenu de son caractère.

Merci à toutes et à tous de me lire et BonNE leCtuRe à tOutES et à ToUS :D


CHAPITRE 13 : Je suis là et je reste

Cette nuit avait été magique. Une vraie magie. Pure. Douce. Bénéfique. Tout avait été lavé. Effacé. Pour de bons. Et pourtant, ça n'avait pas été une mince affaire. Emma avait découvert une nouvelle facette chez Regina, qu'elle aimait beaucoup. Malgré le fait que la brune avait énormément été poussée par son entourage, elle avait d'elle - même décidé de faire ramer Emma comme elle, elle avait ramé. Elle s'était amusée à la faire tourner en bourrique et n'avait jamais été la première à faire le premier pas. Même Henry avait décidé de punir sa mère par la même occasion. Mais si l'ancienne Emma Swan se serait braqué et aurait tout abandonné sans se battre pour un cil, la nouvelle Swan était une vraie guerrière. Persistant et persévérant à chaque fois, apprenant de ses erreurs. Oui, elle avait appris de ses erreurs. Mais surtout, ce qui changeait, c'est qu'elle voulait vraiment de la brune dans sa vie, elle était bien prête à se battre bec - et - ongle contre tout le monde pour prouver qu'elle pouvait rendre heureuse Regina. C'était son défi. Le plus grand défi de sa vie et sur la plus longue durée qu'il n'est jamais existé.

Elle avait passé tout le mois de juillet à se faire pardonner. Emma faisait vraiment beaucoup d'efforts pour prouver à la brune qu'elle en valait la peine. Même si la chance n'avait pas été de son côté.

Un soir, par exemple, Regina finissait à dix - sept heures et Emma avait débarqué - panier pique - nique à la main - pour emmener la brune au parc. Seulement, elles avaient pris l'ascenseur et celui était tombé en panne.

-Pourquoi y a personne qui ne répond ? Demanda Emma au bout d'un quart d'heure à appuyer frénétiquement sur le bouton d'appel.

-Je ne sais pas, mais t'énerver comme ça sur ce pauvre bouton ne servira à rien. Ça, je peux te l'assurer. Sourit Regina.

-Putain, la poisse. Soupira Emma en passant une main nerveuse dans ses cheveux et en expirant bruyamment.

-Tu es claustrophobe ? Demanda Regina soudainement inquiète pour sa blonde qui semblait très angoissée.

-Non, bien - sûr que non. Assura - t - elle en s'asseyant à terre.

-Okay. Bah, respire quand même. T'en fais pas. Y a bien quelqu'un qui va vouloir utiliser cet ascenseur avant qu'on se dessèche. Plaisanta le médecin.

-Ah ah ! Très drôle, morte de rire. Dis pas ça.

-Okay. Pardon. Rigola Regina avant de s'avancer vers la blonde - fesses à terre - et de passer ses jambes autour d'elle. Respire, je suis là et tout va bien. Souffla la brune. Je ne savais pas que tu avais peur des petits espaces.

-J'ai pas toujours eu peur. Mais une année, à l'orphelinat, y a un gars qui m'a enfermé dans une boîte à jouet dehors. J'y ai passé la nuit à écouter les animaux, le bruit, et cætera et on m'a ouvert que le matin. Depuis, ça m'angoisse. C'est débile.

-Pas du tout. Ça t'a traumatisé, c'est normal et c'est pas grave. Il faut juste que tu tentes de te calmer.

-Ouais, comme toi dans le vide. Nargua Emma en lui tirant la langue.

-Quoi ? Je te rassure et toi, tu te moques de moi. Bah, merci ! Fit la brune faussement vexée, en faisant mine de se reculer.

-Nan, nan, restes. Si on doit rester là - dedans, tu restes ici. Dans mes bras. Affirma Emma. Ça vient d'un traumatisme aussi ta peur dans le vide ?

-Pas vraiment. J'ai le vertige parce que j'ai un problème de liquide dans mes oreilles. Mais bon, j'ai toujours eu le vertige, mais pas autant. Et je ne me souviens pas d'avoir été traumatisé par ça.

Elles continuèrent de parler encore un moment de leurs peurs déviant sur d'autres sujets jusqu'à ce que leur ventre ne se mettent à gargouiller dans une même symphonie, les faisant rire. La brune écarquilla des yeux en avisant l'heure.

-Il est quelle heure ? Demanda Emma.

-Dix - neuf heures.

-Quoi ? Merde, ça fait des heures qu'on est enfermés dans cette boîte. Grogna Emma en se levant rapidement et en faisant les cent pas. Pourquoi personne ne s'est encore rendu compte que cet ascenseur ne bougeait plus. Souffla - t - elle en passant une main nerveuse dans ses cheveux.

-Okay, reviens ici Emma. Demanda Regina alors que la blonde appuyait une énième fois sur le bouton en sortant son téléphone.

-Et j'ai toujours pas de réseau.

-Emma, s'il te plaît.

-J'ai pas vu l'heure passée.

-Probablement, parce que tu étais détendu et qu'on passait un bon moment. S'il te plaît, reviens.

Cette dernière phrase eut au moins le mérite de faire cesser ses agissements à Emma qui se retourna pour regarder la brune qui lui tendait les bras. En prenant une grande respiration, elle s'avança vers la brune et se remit dans la même position que dans les heures précédentes, ses jambes autour de la jeune femme, face - à - face.

-Calme - toi. Tout va bien. Respire. Insuffla le médecin en caressant les cheveux dorés.

-Je suis désolé. J'ai tout foiré. J'avais prévu un pique - nique dans le parc et nous voilà coincé là - dedans.

-Ce n'est pas de ta faute. Et que dirais - tu d'entamer ce pique - nique ici quand même ? Je commence à vraiment avoir faim et ça te permettras de moins angoisser.

-Ouais t'as raison, quitte à être coincée, autant être à l'aise. Déclara Emma en sortant tout ce qu'elle avait préparé. Bien, commençons par le début, alors.

Emma sorti une fougasse au fromage et à la tomate en forme de fleur. Elle tira sur l'un des pétales, laissant un long filet de fromage émerger, et emmena le pétale jusqu'à la bouche de Regina. La brune croqua dedans tout en laissant échapper un rire de sa gorge, amusée par la situation. Elle roula des yeux lorsqu'elle dégusta le mets.

-C'est super bon.

-Et c'est moi qui l'ai fait. Se vanta Emma fière d'elle.

-Vraiment ? Angela ne t'a pas aidé ?

-Non, je voulais vraiment tout faire moi - même. Après, pour te dire la vérité, j'en ai fait sept / huit avant que le résultat ne soit fameux. Avoua la blonde en grimaçant.

-Et bien, j'adore vraiment ça. Affirma la brune en croquant à nouveau dans un morceau avant qu'Emma ne l'amène à sa bouche.

La blonde râla et la frappa avant de fourrer le reste du pétale dans sa bouche. Elles continuèrent à partager la nourriture et un verre de champagne, sans vraiment échanger de mot, mais en s'amusant à se taquiner. Finalement, une fois fini, Emma sortit une boîte de chocolat.

-Oh, ce sont mes préférés. S'extasia Regina.

-Je sais.

-Comment ?

-J'ai demandé à Zelena. Au départ, je voulais des fraises avec du chocolat, kitch, je sais. Bref, elle m'a dit que tu commettais le sacrifice de ne pas aimer les fraises et m'a plutôt conseillé cette boîte.

-J'aime pas tout ce qui est fruit - rouge, c'est vrai. Merci beaucoup, Emma. Soupira la brune en embrassant sa joue faisant se serrer le cœur de la policière.

Leur relation était redevenue presque comme avant, si ce n'est qu'Emma était beaucoup plus avenante et romantique et que Regina évitait tout baiser, étant encore trop sur ses gardes malgré - elle.

-Bon alors, on l'attaque cette boîte. Déclara Emma en se frottant les mains. Tut tut, on choisit pas. Ordonna Emma alors que Regina regardait le couvercle pour voir quel chocolat elle allait choisir.

-Ah ? Et pourquoi cela ? J'ai pas envie de manger ce que je n'aime pas. Dit - t - elle en haussant un sourcil.

-Parce que le chocolat, c'est comme la vie, on ne choisit pas. Soit tu tombes sur quelque chose que tu aimes, soit tu tombes sur quelque chose que tu n'aimes pas, c'est le hasard de la vie. On fait avec.

-Je ne vous savez pas si philosophique, Emma Swan.

-Oh, je n'ai aucun mérite. J'ai piqué ça à Forrest Gump.

Regina ne put s'empêcher d'éclater de rire à nouveau et durant encore quelques heures, elles partagèrent ce repas qui finalement était l'un des plus romantiques qu'elles n'avaient jamais eu. Moment romantique qui fut abrégé lorsque l'ascenseur se remit en route et que les portes les libéra enfin.

C'était une des premières soirées romantiques qu'Emma organisait - de toute sa vie, d'ailleurs - et elle avait été plus ou moins gâchée par un imprévu, mais ce qu'Emma ne savait pas, c'est que c'était la première d'une longue série.

Un soir où Emma et Regina avaient voulu se faire une soirée cinéma, ledit cinéma avait eu une coupure de courant et avait été dans l'impossibilité d'y remédier, s'obligeant à rembourser tout le monde. Un autre soir, Emma avait emmené Regina dans un restaurant de poisson sachant que la brune adorait ce genre d'endroit lui rappelant sa ville d'enfance. Seulement, ce restaurant était une première pour les deux femmes et très certainement la dernière. La nourriture, comme le personnel, avait été abjecte, si bien qu'elles avaient fini par repartir sans avoir fini. Une autre fois, Emma avait emmené Regina près d'un lac non loin de Boston, à une heure. Elles s'étaient baladé pendant de longues heures jusqu'à ce qu'il ne se mette à pleuvoir des cordes et des cordes et lorsqu'elles atteignirent enfin la voiture jaune de la policière, elles étaient trempées et gelées. Plus Emma essayait de faire des sorties romantiques et moins ça allait. Chaque fois, quelque chose n'allait pas et elle commençait à être démoralisée d'autant qu'elle sentait Regina toujours distante. Elle n'était plus tactile et ne parlait jamais d'elle, déjà qu'elle ne parlait pas énormément d'elle, c'était une chose qu'Emma avait remarqué ces dernières semaines. Pour dire vrai, elle avait remarqué que même avant la brune ne parlait d'elle que pour des petites choses ici et là, mais jamais pour des choses importantes la concernant.

Et finalement, en réfléchissant et en discutant avec Mary et Henry, elle comprit. Emma avait beau faire tous les efforts du monde, ce n'était pas elle. Etre une vraie romantique ne lui ressemblait pas. Et peut - être que ce qui bloquait Regina était le fait que ce n'était pas Emma, la vraie Emma. Donc, avec l'aide d'Henry, elle avait volé les clefs de la brune et était allée chez elle pour préparer une soirée qui leur ressemblait plus. C'est - à - dire sans grande pompe et en famille. Ils étaient arrivés en fin d'après - midi, les mains pleines de plaids et de DVD et ils avaient dressé une table, simple, mais tout de même ornée d'un énorme bouquet de lys au milieu. Ils avaient fait cuire et épluché des pommes - de - terre, attendant le retour de la brune. Et ils avaient attendu, attendu vraiment longtemps que la brune ne parte pour chez elle. Finalement, Zelena envoya un message à Emma pour la prévenir qu'elle avait réussi à convaincre sa sœur de rentrer et ils s'étaient empressés d'allumer l'appareil à fondu pour y réchauffer l'énorme meule de raclette.

Regina arriva une trentaine de minutes plus tard chez elle, épuisée. Elle mit sa clef dans la serrure qu'elle tourna et entra rapidement en fermant la porte derrière son dos. Elle s'appuya contre celle - ci heureuse d'être enfin chez elle et de pouvoir détendre ses muscles courbaturés. Elle sentit une odeur de fromage qui l'a surpris, elle ouvrit les yeux et hurla de terreur - la main sur son cœur - en voyant les deux Swan devant elle, un grand sourire sur leur visage.

-Oh mon dieu ! Vous m'avez fait si peur. Souffla la brune, la respiration erratique.

-Pardon. On voulait te faire une surprise. S'excusa Henry.

-Quoi ? Pardon. S'excusa à son tour Regina remise de ses émotions.

-Non, non, non. Il faut que t'arrête avec ça. Demanda Emma en stoppant la main de Regina qui s'empressait de rallumer son appareil afin d'entendre. "Si tu l'as éteint, c'est que tu en as besoin, alors s'il te plaît, laisse le éteint. Au moins pour ce soir. "

"Et je disais qu'on voulait te faire une surprise." Signa à son tour Henry.

-Une surprise ?

"Oui, viens." Tira Henry. "On a préparé repas". Signa - t - il en l'emmenant dans la salle - à - manger.

-Oh ! Se contenta de dire la jeune femme, surprise et émue.

"J'espère que tu aimes la raclette parce qu'on a vu gros avec Henry et qu'on en a pour toute la nuit". Signa Emma en se mettant face à la brune.

-J'ai des origines françaises. Bien - sûr que j'aime le fromage. Plaisanta la brune.

-Sérieux ? Je savais pas. Cria presque Henry. Oups. Dit - il ensuite en se tapant le front d'une main, se rendant compte qu'il avait oublié de signer. Il signa ce qu'il avait dit sous les rires de la brune.

-Comment vous avez fait pour entrer ?

"David m'a donné son double de clef."

-Donc, si je retiens bien, David donne mes clefs à n'importe qui. Accusa le médecin en haussant un sourcil, les mains sur les hanches.

"Si tu préfères, on repart". Proposa Emma en faisant semblant de partir.

-Non, non, non. Restez. Je suis très contente. Avoua la brune. Je peux au moins prendre une douche, j'ai une aorte qui m'a pété dessus et j'ai plein ...

-Ah, berk. Je veux pas voir ça. Cria Henry en se cachant les yeux.

Sous les rires, Regina alla prendre une bonne douche salvatrice pour cette soirée qui s'annonçait parfaite. Elle était heureuse et sereine, ravie de cette surprise. Cela faisait plusieurs jours qu'elle n'avait pas vu Henry, elle le voyait rarement et passait beaucoup plus de temps avec Emma. Alors qu'avant c'était l'inverse, Henry était au moins trois fois par semaine avec elle et pendant très longtemps et cette routine lui manquait. Elle était ravie de cette soirée parce qu'elle pouvait enfin passer du temps avec les deux amours de sa vie : Emma et Henry. Et pas séparément. Elle sortit de la salle - de - bain, habillée plus simplement et retrouva ses deux amours assit autour de la table, rieurs. Et le repas débuta dans une ambiance si naturelle et familiale qu'aucune des trois personnes n'auraient cru vivre un jour. Partageant le fromage ou se battant pour être le premier à en avoir, des anecdotes partagés ici et là, ils apprenaient tous enfin à se connaître sans aucune peur quelconque qui les bloquerait. Puis, après de longues heures à manger, Henry proposa de regarder un film et ils s'installèrent dans le salon.

-Vous voulez manger un truc ? J'ai des popcorns, des gâteaux, des ... Quoi ? Demanda Regina en voyant quatre yeux écarquillés devant elle ?

"Tu as encore faim ?" Demanda Emma en parlant et en signant à la fois.

-Pas vous ?

"J'ai le ventre qui va exploser tellement j'ai mangé." Apprit Henry en tapant sur son ventre.

-Petit joueur. Ria Regina en arrivant avec des popcorns dans une boîte métallique. Tu dois apprendre bonhomme, que, temps que ton ventre n'a pas explosé, tu dois continuer de manger.

"C'est n'importe quoi ça. Et c'est un mensonge ça Henry alors l'écoute pas. Nan mais, et c'est un médecin qui dit ça. Vous allez être malade à trop manger." S'offusqua la blonde.

"Et tu parles en connaissance de cause." Nargua Henry.

"Pourquoi ?" Demanda la brune.

"Je le dis à voix haute, je sais pas comment dire sinon." Précisa Henry en tapant sur ses lèvres pour que Regina puisse lire dessus. Un jour, avec August, maman a fait un concours de celui qui mangerait le plus d'Hamburger parce qu'August disait qu'il aimait plus les Hamburger que maman. Et ils en ont mangé des centaines. Exagéra Henry qui avait eu l'impression du haut de ses six ans que cela était bien cent, mais Emma derrière niait et indiquait le chiffre douze avec ses doigts pour elle et onze pour August, à moitié fière d'elle et à moitié mortifiée. Après, ils ont été malades pendant plusieurs jours et n'ont pas arrêté de vomir.

-Ca m'est jamais arrivé à moi. Se vanta Regina en souriant grandement et en s'installant entre les deux.

-Mouais, bah, c'est pas une raison. Bouda faussement Emma dans son coin, faisant la moue et croisant ses bras sur sa poitrine.

-Boude pas chérie. Demanda Regina en embrassant les lèvres d'Emma. Lance le film, vas - y, Henry. Demanda la brune en se collant à la blonde.

"Moi aussi je veux un câlin".

-Viens.

Henry grimpa sur la brune et s'installa à côté d'elle. Emma n'avait pas bougé, du moins du son propre gré. Regina s'était installé entre ses jambes et avait pris les deux bras pour les mettre autour de sa taille jusqu'à ce qu'Henry arrive et n'en prenne un pour être entouré à la fois d'Emma et de Regina. Mais la blonde avait figé. Regina l'avait appelé chérie et l'avait embrassé. Comme une ado qui venait d'avoir son premier baiser de la personne qui lui plaisait depuis des lustres, elle ne put retirer le sourire béat qui s'était mit sur son visage, ses yeux s'illuminant de bonheur. Lorsqu'elle revint à elle, s'en fut trop. Des larmes la submergèrent tant les émotions étaient fortes, tant son bonheur était submergeant. Voir les deux êtres de sa vie ainsi lui produisait une sensation qu'elle n'avait jamais connu avant. Les caresses que la brune prodiguait sur son bras, leur complicité, leur amour pour elle, c'était bien trop pour elle. Elle ne suivit rien de tout le film, durant les deux heures. Son attention ne fut portée que sur Regina et Henry et ses angoisses. Ce n'est pas possible, elle ne méritait pas ça. Si, elle avait assez attendu toute sa vie pour connaître cette vie. Non, tout ça va exploser en plein vol et elle ne pourra plus jamais s'en relever. Il fallait qu'elle parte loin de tout ce bonheur. Non, il faut rester et savourer ces fabuleux instants. Est - ce vrai d'ailleurs ? Ou bien est ce un rêve ? Ou un cauchemar, parce que lorsqu'elle se réveillera ... Non, chut. Tout va bien, rien n'a jamais été aussi bien.

-Hey oh ! Tu vas bien ?

Emma cligna des yeux un instant - comme si elle se réveillait d'un long rêve - et aperçu le sublime visage de sa belle, un fin sourire dessinait, mais une inquiétude dans les yeux.

-Oui, oui. Tout va magnifiquement bien. Soupira Emma en prenant le visage de Regina en coupe. Où est Henry ? Demanda - t - elle en voyant que son fils n'était pas là et que tout était rangé.

-Parti se coucher dans la chambre d'ami. Le film s'est terminé, mais tu n'as pas bougé et j'ai pas réussi à te ramener à moi. J'ai décidé de m'occuper d'abord d'Henry et de te laisser un peu. Tu es sûre que tu vas bien ? Demanda à nouveau la brune inquiète.

-Oui, je vais très bien. Merveilleusement bien. Sourit Emma, des larmes perlant toujours sur son visage.

-Mais tu pleures.

-Je suis désolé.

-Non, ne le soit pas. Mais parle - moi. Je ne veux pas que tu gardes tout en toi et qu'ensuite ... Commença la brune en s'arrêtant, transmettant son angoisse malgré - elle.

-Et qu'ensuite je te rejette. Finit Emma. Son coeur se serra lorsque la brune hocha de la tête. Je ne vais plus faire ça, je te le promets. C'est juste que, vous avoir comme ça, ça m'a rendu heureuse. J'ai jamais été aussi heureuse que ce soir et je crois que j'ai paniqué.

-Pourquoi ?

-Parce que c'est fou. Tu n'imagines pas à quel point tu as sauvé mon coeur et mon bonheur. Tout ça, jamais je ne l'ai connu. Et vous avoir tous les deux dans mes bras m'a fait me demander si vous n'étiez pas un rêve, parce que c'est pas possible d'être aussi bien, d'être aussi heureux. D'être aussi serein. Il y a forcément un moment où ce rêve va prendre fin. Chuchota presque Emma, son front contre celui de Regina.

-Ce n'est pas un rêve. Tout ça est réel. Je suis réelle et mon amour pour toi est réel. Henry est réel et son amour pour toi est réel. Tout est réel. Ce n'est pas un rêve, mais une réalité des plus parfaite, c'est tout. Arrête d'avoir peur que tout explose. Ca n'arrivera que si on ne prend pas soin de toute cette histoire et je ne suis pas prête de la lâcher. Il y aura probablement des hauts et des bas, des disputes, des peines, des larmes, mais aussi des sourires, des rires, et tout ça ne prendra fin que si tu baisse les bras, que si tu, toi Emma, tu nous abandonnes, parce que nous, jamais on le fera. Rassura Regina en chuchotant tout aussi bas qu'Emma.

-Je t'aime.

-Je t'aime aussi. Avoua Regina après quelques instants.

Sans plus attendre, Emma fonça sur les lèvres rouges de Regina pour l'emmener dans un baiser passionné. Elles réussirent à atteindre la chambre de la brune dans laquelle elles firent l'amour, effaçant toutes les erreurs du passé et tournant une nouvelle page.

Regina plissa des yeux tentant de se réveiller au mieux. Tout doucement, son corps courbaturé lui rappelait l'extraordinaire nuit qu'elle avait passé et elle sourit de toutes ses dents. Sur le ventre, elle tourna la tête pour retrouver le visage angélique de la blonde. Elle se redressa soudainement, le coeur battant la chamade : Emma n'était pas là. Elle appela la blonde, mais aucune réponse. Panique pas, elle doit être quelque part. Se sermonna - t - elle. Elle attrapa un vêtement à terre et alla directement vers la chambre d'Henry se disant qu'Emma ne pouvait qu'être là. Elle fut presque soulagée en voyant que Henry était toujours présent, mais pas d'Emma. Elle alla dans sa cuisine, pas d'Emma. Elle vérifia sur son canapé, pourquoi pas ? Mais pas d'Emma. Des larmes lui montèrent aux yeux et elle se sentit bête. Ils avaient tous raison. Pourquoi fallait - il toujours qu'elle pardonne tout. Pourquoi n'apprenait - elle jamais de ses erreurs ? Elle entra dans sa chambre, furieuse et envoya valser ses oreillers.

-Regina ? Regina ? Qu'est ce qu'il se passe ?

La brune sursauta brusquement et se retourna vers le son. C'était Emma. Elle laissa échapper un sanglot mélangé à un rire de soulagement, sans bouger, ne sachant plus quoi faire.

-Qu'est ce que tu as ? Il s'est passé quelque chose ? Demanda Emma en s'approchant rapidement vers la jeune femme aux joues rouges et parsemées de larme.

-Je ... Je ... J'ai cru que tu étais partie. Avoua la brune en prenant Emma dans ses bras, la serrant si fort qu'elles auraient pu fusionner.

Emma ne dit rien, se contentant de bercer la jeune femme dans ses bras qui tremblait comme une feuille et pleurait silencieusement. Elle comprenait que Regina avait eu peur d'être à nouveau trahi par elle et elle s'en voulu tellement de lui avoir fait autant de mal. Elle pensait qu'elle était passée à autre chose, mais elle se rendait compte que toutes ses erreurs ne pouvaient pas être effacées d'un coup. Quoiqu'il arrive, elle avait encore beaucoup à se rattraper.

-Pardon, je suis bête. Pardon. S'excusa Regina en se séparant des bras d'Emma pour aller s'asseoir sur son lit. Elle passa une main dans ses cheveux et tira son pull, se mettant à rire.

-Qu'est - qui - te fait rire ?

-J'ai cru que tu étais partie et j'ai même pas remarqué que j'avais enfilé ton pull. Je suis si bête. Se sermonna - t - elle en essuyant ses yeux avec la manche.

-Mais non. C'est la première fois qu'on couche ensemble depuis que je t'ai jetée et la première fois, je t'ai dit des choses affreuses. Tu n'es pas bête, surtout pas. Je suis vraiment désolé de t'avoir fait autant de mal. Mais comme tu me l'as dit plutôt, je suis là et je reste.

Voilà. Ces mots étaient bêtes et simples, mais ils étaient sincères et c'est tout ce que Regina avait besoin de savoir. Elle croyait en ces mots. Bien plus qu'en tous les plus beaux actes qu'Emma aurait pu imaginer. La brune se calma, et timidement, elle alla dans les bras de la blonde, nichant sa tête dans le cou de la policière, s'apaisant par son odeur atypique de cannelle. Emma caressa le dos de Regina tout en déposant des baisers doux et protecteurs sur sa tête et en lui soufflant des mots doux. Au bout de longues minutes et sentant que la brune ne dormait toujours pas, Emma en profita pour parler un peu.

-Je ne savais pas que tu avais des origines françaises. Elles viennent de quel côté ?

-Ma mère. Elle est française.

-Non ? Ta mère est française ? C'était ça le petit accent ?

-Il est pas fort, mais elle ne l'a jamais perdu.

-Pourquoi elle est venue aux Etats - Unis ? Pour ton père ?

-Entre autre.

-J'ai remarqué que tu étais souvent évasive dès qu'on se mettait à parler de toi un peu plus profondément. Tu m'as dit que je devais te parler de moi, mais toi tu ne le fais jamais. Des que les questions sont trop personnelles, tu restes évasive et tu passes à un autre sujet.

-J'ai plus l'habitude d'écouter les gens. Je préfère. Ma vie est pas vraiment intéressante.

Emma renversa Regina pour la surplomber et plonger son regard dans celui de la brune.

-C'est pas vrai, premièrement. Et ensuite, moi ça m'intéresse. Je veux en apprendre plus sur toi. Je veux tout savoir de toi. Regina sourit et se redressa pour embrasser les lèvres roses de son amante. Alors ? Ta mère ?

-Elle vivait dans le Sud de la France, à la limite de la frontière espagnol. Mais elle détestait sa vie, sa mère et le village dans lequel elle vivait. Un jour, elle a rencontré mon père. Il était là - bas pour apprendre à faire du vin. Il avait voyagé partout dans la France pour goûter les plus bons vins et il a atterri dans son village. Ma mère est tombée sous son charme parce qu'il était nouveau et plus ouvert que les autres. Un jour, elle s'est fait agressée par des garçons dans la supérette où elle travaillait. C'est mon père qui l'a sauvé, mais c'était trop tard. Je sais qu'il l'a ramené chez elle parce qu'elle l'avait supplié de n'alertait personne, mais sa mère l'a traitait de tous les noms, de traînée alors il l'a emmené dans l'hôtel où il était et il s'est occupé d'elle pendant des jours. Il a dû repartir et il lui a proposé de partir avec lui, elle a accepté. Rien ne la retenait.

-C'était il y a combien de temps ?

-Trente - quatre ans.

-Et ensuite ? Ils se sont mariés ?

-Non, ma mère lui en a fait bavé. Elle ne voulait de mon père que comme ami, elle ne voulait pas le perdre. Et pendant quatre ans, ils se sont juste focalisé sur la construction du domaine et sur Zelena. Mon père avait hérité à l'époque des terres agricoles de son père. Et un jour, il a décidé de se lancer et il lui a avoué son amour, un an plus tard, ils se mariaient et un an plus tard encore, je naissais.

-Ta mère a fait patienter ton père pendant quatre ans ? Rigola Emma.

-Elle est têtue.

-Je t'ai fait patienter aussi. Pas aussi longtemps, heureusement.

-Et je me suis déclarée.

-Et nous sommes ensemble.

-Pour longtemps.

-Trente - quatre ans et plus encore. Murmura Emma le coeur battant par cette révélation.

-Oui. Trente - quatre ans et plus encore. Acquiesça la brune les larmes aux yeux, heureuses et émue.

Elle embrassa Emma et roula au - dessus d'elle pour se remettre dans la même position qu'auparavant. En sécurité dans les bras de sa policière. Elles se rendormirent, rassurées et heureuses. Cette fois - ci, tout était bel et bien lavé et elles s'en allaient vers un avenir plus prometteur et radieux que celui qu'elles avaient eu jadis. Un avenir heureux pour trente - quatre ans et plus encore.


Petite info : J'ai commencé un recueil de OS SwanQueen intitulée "De celles qui s'aiment" alors n'hésitez pas à aller jeter un coup d'œil ;)

A bientôt. Comme d'hab', n'hésitez pas à me donner des avis et merci de me lire,

LyliTom.