Sirius,

Hier, c'était facile. Tu boudais, tu riais, tes mots étaient des mots.
Hier, j'étais enfant. Aujourd'hui, je suis, ils me disent, adolescent.
J'ai des rêves plein la tête, mon cœur innocent est plein de tendresse,
De troubles, d'inquiétudes, de silencieux regards et de mots de détresse.
Je veux des amis, m'assimiler à un groupe en être un élément,
Je perds mes certitudes, mes vérités. Tout est laid, tout est faux.

Hier, aucune pensée tortueuse ne blessait mon cerveau.
Hier, il ne détournait pas tous tes propos en mots gênants,
Aujourd'hui, quand tu me dis que tu as si bien manié ta baguette,
Quand tu me dis que tu as trop chaud, que tu veux me la mettre,
Je ne pense pas au cours de magie ou à ma robe au portant,
Je ne peux t'en parler, tu es toujours du coté innocent de l'eau.

Hier, quand toi et moi, on était peau contre peau,
Je ne savais pas qu'un jour ça deviendrait embarrassant,
Que je voudrai pourtant continuer à jouer au jeu des zombies,
Tout en rêvant d'abuser de ton corps de jour comme de nuit,
Que je voudrai voir ton visage quand ton corps se cambre et jouit,
Tout en voulant avec toi des batailles d'oreillers, de rire et d'eau.

Hier, quand je te trouvais avec une autre compagnie,
J'étais déjà dévoré par une forme cruelle de jalousie,
Déjà, je voulais être le plus important de ta vie,
Mais ce n'est rien en face de ce que je ressens aujourd'hui,
Que fais-tu avec lui. As-tu déjà été dans son lit ?
As-tu chaud, veux-tu lui mettre ? Peau contre peau, as-tu jouit ?

Et toi, tu ne comprends pas, tu sautes de flaque en flaque,
Tu saisis ma main moite et provoque en moi tout ce trac,
J'essaye de retenir la tienne mais elle s'échappe déjà,
Je t'imagine nu sous mes draps et nu entre ses bras,
Tu as changé mes augustes pensées en lascives prédictions,
Pleure mon bel alcyon, tu es jugé coupable de tentation.