Bonjour !

Je sais que ça fait deux semaines que vous n'avez pas eu de chapitre sur cette fic... Mais le voilà (enfin) ! Et... Avec les vacances, j'aurai peut-être le temps de vous en écrire un en bonus pour mardi. Cela reste à voir...

J'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture !

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Choisir son chemin c'est choisir son destin –

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Cela faisait maintenant plusieurs jours que Maglor était parti, et son absence, loin de passer inaperçue avait fait voler en éclat la routine d'Elaiano. Ceux qui ne la connaissaient pas ne s'en rendaient pas compte, mais Glorfindel en était le témoin silencieux.

La jeune fille venait de plus en plus rarement aux entraînements et elles s'isolait très souvent avec sa flûte s'abandonnant pendant plusieurs heures à la musique. Elle se rendait d'ailleurs toujours au même endroit… Il s'agissait d'un terrain herbeux au bord d'un ruisseau un peu à l'écart de la cité. Durant ses instants là, on pouvait entendre des notes douces et mélancoliques s'élever à peine audibles lorsque le vent tombait. Il arrivait aussi qu'elle saute des repas et sa chaise restait désespérément vide.

Glorfindel avait rapidement compris que son état était lié au départ précipité de Maglor. Mais, ne pouvant rien y faire, il se contentait de surveiller de loin la jeune fille afin de s'assurer que tout allait bien. C'est en déambulant dans les couloirs à sa recherche qu'il la vit penchée sur une carte de l'Eriador. Elle était en train de tracer une ligne vers l'ouest à l'aide de son doigt en prononçant le nom des différents lieux et villes qui passaient sous son doigt. Mais, ce qui surprit le plus l'elfe fut que dès qu'elle remarqua la présence de son ami, elle se dépêcha de rouler la carte et de la ranger sur une étagère avant de faire semblant de s'intéresser à une section d'herboristerie.

Le tueur de balrog feignit de n'avoir rien vu mais son intérêt avait été piqué.

C'est à partir de là qu'il nota plusieurs détails. La jeune fille semblait préparer quelque chose… Elle revenait dans la cité et il n'était pas rare de la voir dans les couloirs, un rouleau de parchemin ou du matériel à la main. Ce ne fut que lorsqu'il vit l'adolescente debout dans sa chambre à énumérer la liste d'objets qu'elle avait que Glorfindel comprit. Elle comptait quitter la cité et rejoindre Maglor. Et, s'il se fiait à ce qu'il avait vu, son départ était imminent.

N'osant en parler à quiconque, l'elfe laissa la jeune fille faire et il advint que celle-ci eut fini de préparer ses affaires. Pourtant, ce jour-ci, elle ne partit pas. Elle vint même le soir au repas et discuta toute la soirée avec son père. Leur discussion semblait animée et il sembla même à Glorfindel que le sujet tournait autour des plantes et de leur culture. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le Seigneur Celeborn était un professionnel dans ce domaine.

Dès le repas terminé, le tueur de Balrog vit Elaiano s'éclipser discrètement et, malgré tous ses efforts, il ne sut pas où elle s'en était allée.


Elaiano marchait tranquillement dans les couloirs, plongée dans ses pensées. Elle avait tout ce qui lui fallait pour partir à la recherche de Maglor mais, quelque chose la retenait. Elle désirait vraiment le retrouver mais cela signifiait d'abandonner sa famille nouvellement retrouvée et quitter le refuge d'Imladris. Elle savait que si elle tardait trop, il lui serait bien plus difficile de retrouver la trace de son ami et son plan risquait d'être découvert l'empêchant définitivement de quitter la vallée.

Levant les yeux, elle remarqua que ses pas l'avaient guidée jusqu'à la rotonde où elle avait retrouvé sa véritable identité. Là où tout s'était enfin expliqué. Cela signifiait-il qu'elle devait rester avec ceux qui lui avaient donné la vie ? Ou, la vue imprenable que le lieu offrait était-il un message la poussant à partir ?

Debout au bord du vide qui s'étendait sous la rotonde, l'adolescente braqua ses yeux vers l'ouest. Le soleil avait presque disparu mais ses derniers rayons éclairaient encore le paysage brûlant les rétines de la jeune fille. A force de regarder la lumière rougeoyante du couchant, ses yeux se mirent à larmoyer mais, elle se contenta d'essuyer ses larmes d'un simple revers de la main.

Se laissant glisser le long d'une colonnade jusqu'à s'asseoir par terre, l'adolescente enfouit son visage dans ses bras, laissant libre cours à la douleur qui lui étreignait le cœur depuis qu'Elrond lui avait annoncé le départ de Maglor. Le doute et un sentiment de mal-être n'avait cessé de la poursuivre depuis et rien, pas même la musique n'avait pu le noyer. Elle se sentait déchirée entre sa famille, tout juste retrouvée, et celui pour qui son cœur battait, sans qu'elle ne sache pourquoi ni comment. En restant, elle avait l'impression qu'une partie d'elle disparaissait et, si elle partait, une autre partie d'elle-même disparaîtrait. Et, il n'y avait aucun moyen de concilier les deux…

Elaiano n'était pas dupe… Elle allait devoir choisir entre sa famille et le fëanorion, et le choix était impossible. Toute sa vie, elle avait espéré connaitre ses vrais parents, grandir et vivre avec eux. Former une famille, heureuse et unie. Mais, son arrivée en Terre-Du-Milieu avait tout précipité, détruit et chamboulé. Elle y avait rencontré Maglor et s'était liée d'amitié avec lui. Il avait été son seul repère pendant de nombreux mois, il l'avait soutenu et elle en avait fait de même. Une relation indéfectible s'était forgée entre eux deux, et la briser semblait être, selon l'adolescente, une trahison. Pourquoi rien n'était jamais simple dans la vie ? Pourquoi fallait-il toujours que quelque chose vienne tout détruire ? Pourquoi fallait-il toujours faire un choix déchirant ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi…

De rage, la jeune fille donna un grand coup de poing dans le sol, lui arrachant un cri de douleur. Serrant sa main douloureuse, l'adolescente se sentie stupide, mais peu lui importait. Elle allait devoir faire un choix, et celui-ci aurait un impact sur son avenir. Cela… Seul les Valar le savaient. Levant la tête vers le ciel, Elaiano se prit à demander :

« Que dois-je faire ?

Mais, nul ne lui répondit.

Alors, que la jeune fille soupirait de tristesse et baissait la tête, elle sentie une main se poser sur son épaule. Ne se retournant même pas, l'adolescente sut instinctivement que c'était Glorfindel.

- Pourquoi tant de peines ? demanda-t-il.

La jeune fille ne répondit pas, mais son soupir parla pour elle.

- Il reviendra…

- Qui sait ? Ni toi, ni moi en tout cas… Seul les Valar le savent…

- Ils te guideront, tu ne t'en rendras peut-être pas compte mais…

Le reste de sa phrase se perdit dans le vent car l'air se troubla et l'adolescente entendit alors distinctement la voix de Varda lui murmurer à l'oreille, comme si elle était vraiment là :

- Pars vers l'est. Là se trouve ta destinée, rends-toi au lieu nommé Forêt Noire… Détruit le mal qui ronge cet endroit, ou la Terre-Du-Milieu ne survivra pas au pouvoir grandissant du Maiar corrompu.

- Et Maglor ?

- Oublie-le… Oublie le fëanorion… Lui et ses frères ont toujours été mauvais et sources de malheur. Il n'hésitera pas à recommencer.

- Je ne peux pas vous croire… Maglor est bon ! Il est certes un peu dur par moment mais, il a un bon fond… Il n'est pas mauvais.

- Laisse le s'en aller et quitter cette vie.

- Quitter… cette… vie ?

- C'est son destin… pas le tien.

- Non ! cria la jeune fille mais la voix de la Valië s'était tue et cette dernière remarqua que Glorfindel la regardait étrangement.

Lorsque l'adolescente comprit qu'il l'avait entendu crier le dernier mot, elle ne chercha pas à lui expliquer et bondit sur ses pieds. Sans s'arrêter malgré les cris de son ami, la jeune fille couru jusqu'à sa chambre, s'empara de son sac et parti en vitesse vers l'écurie. Quand elle y arriva, elle trouva Glorfindel campé devant la porte, l'empêchant de passer.

- Je ne te laisserai pas partir tant que tu ne me diras pas ce qu'il s'est passé.

- Maglor est en danger… Laisse-moi passer, je dois le sauver, lâcha-t-elle précipitamment en essayant de contourner l'elfe.

- Et comment le sais-tu ?

- Qu'importe ?

- Dis-le moi ou tu ne pourras pas passer.

- C'est Varda qui me la dit… ça te va ? répondit-elle en voulant forcer le passage mais l'elfe l'arrêta en lui demandant :

- Qu'a-t-elle dit exactement ?

L'adolescente hésita… Si elle lui disait ce qu'avait réellement dit la Valië, jamais Glorfindel ne la laisserai passer. Elle allait devoir lui mentir, et cela la répugnait… Pourtant… Elle n'avait pas le choix. Ce fut la mort dans l'âme qu'elle lui répondit :

- Elle m'a dit que si je ne le rejoignait pas, il mourrait.

- C'est tout ? demanda l'elfe dubitatif.

- Oui… lâcha précipitamment la jeune fille en cherchant à nouveau à passer.

Peu convaincu par la réponse de son interlocutrice mais sachant qu'il n'obtiendrai pas d'autres explications, le tueur de Balrog la laissa entrer dans les écuries.

Elaiano se précipita auprès d'Isilmë et s'empressa de poser un tapis et une selle sur son dos. Elle accrocha ensuite une paire de sacoches à l'arrière de cette dernière et, guidant la jument, elle ressorti de l'écurie. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle aperçue Glorfindel, debout le sac, que l'adolescente avait sans s'en rendre compte posé par terre, à la main. Devant l'étonnement de la jeune fille, il parti d'un grand éclat de rire. Embarrassée, elle reprit le sac et le plaça dans les sacoches. Mais, alors qu'elle était sur le point de monter sur le dos de sa jument, l'elfe dit :

- N'est-il pas plus judicieux d'attendre le matin ?

Elaiano se figea, se retourna et, lâcha penaude…

- Oui…

- Si tu veux être en forme pour le voyage, tu devrais aller te coucher maintenant… Je me charge d'Isilmë…

Le remerciant, la jeune fille parti se coucher sans demander son reste, se mordant les doigts d'avoir été aussi stupide et irréfléchie. Une fois dans sa chambre, elle se laissa tomber dans son lit et s'endormit dans la minute.

De son côté, Glorfindel déchargea Isilmë et la ramena dans son box. Alors qu'il quittait les écuries, il croisa Elrond qui l'interrogea sur sa présence aussi tardive en ce lieu. Il expliqua en quelques mots ce qui venait de se passer mais sans trop s'attarder sur certains détails, puis, saluant le Seigneur de la cité, il s'éloigna. Ce dernier l'interpella et lui demanda :

- Pourquoi l'avoir laissée sortir Isilmë avant de l'arrêter ?

- J'aurai aimé qu'elle remarque elle-même qu'il faisait nuit.

Laissant transparaître un léger sourire sur son visage, le Seigneur salua à son tour Glorfindel et ce dernier s'en alla.

La nuit passa sans que rien ne bouge. Puis, alors que le soleil affleurait à l'horizon. Elaiano sortie de sa chambre. Presque aussi discrète qu'une ombre, elle se rendit aux écuries, sella Isilmë, l'enfourcha et quitta Fondcombe au petit trot. Alors qu'elle s'apprêtait à traverser le cours d'eau qui marquait la fin de la vallée cachée, l'adolescente arrêta la jument et jeta un dernier regard sur la cité. Le Seigneur Elrond l'avait si bien accueillie. Elle se sentait un peu honteuse de partir d'un coup, comme une voleuse… Mais, si elle voulait sauver Maglor, elle allait devoir se dépêcher. D'après ce qu'avait insinué Varda, il ne fallait pas perdre de temps.

Une larme roula sur la joue de la jeune fille et son cœur se serra lorsqu'elle réalisa qu'elle était sur le point d'abandonner sa famille. Famille, qu'elle venait tout juste de retrouver. Murmurant un maigre « désolée » sachant que personne ne l'entendrait, elle fit pivoter son cheval et tourna le dos à la cité.

Alors qu'elle se penchait sur l'encolure d'Isilmë, un mal de tête la prit et elle manqua de chuter de l'animal. Arrêtant à nouveau la jument, elle tourna la tête et vit loin vers l'est, la dernière étoile de la nuit briller fortement comme un appel. Secouant la tête pour se débarrasser de la douleur, la jeune fille souffla sachant pertinemment que la Valië des étoiles l'entendrait :

- Je ne ferais pas ce que vous m'avez demandé… Pas au prix de la vie de Maglor.

Et en finissant ces mots, un fort vent souffla et au loin, l'étoile scintilla puis disparue laissant filtrer les premiers rayons de soleil. Se tournant définitivement vers l'ouest, l'adolescente relança Isilmë en disant :

- Attends-moi Maglor… J'arrive.


A Fondcombe, Galadriel et Celeborn virent la jeune fille s'éloigner sur le sentier qui quittait la cité.

- Aurions-nous dû la retenir ?

- Aurions-nous réussi ? répliqua la Dame du Bois Doré son éternel sourire aux lèvres.

- Probablement pas…

- Alors ne craignez rien… Elle reviendra, murmura-t-elle en s'éloignant de la fenêtre.

- Comment peut-on en être si sûr ?

- Elle ne sera pas seule… Elle ne l'a jamais été. »


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Et voilà ! Je vous laisse sur cette note et son suspens (s'il y en a vraiment un).

J'espère que le chapitre vous aura plu...

Bonnes vacances !