Chapitre 32 : Rogue et les Maraudeurs
Note de l'auteur :
J'ai utilisé pas mal de la scène d'origine, parce que la colère de Rogue était parfaitement écrite ! Texte original en italiques, changements en texte normal.
Note de la traductrice :
Passages en italiques tirés de la traduction par J-F Ménard
Faire la paix avec Hermione se révéla plus délicat qu'une simple conversation, surtout avec la disparition de Croûtard, mais déjà Harry se sentait un peu mieux dans tout ce souk.
Regarder toute l'école se moquer de Malefoy, pour changer, après que Harry ait permis à Gryffondor de remporter le match, était particulièrement agréable, même si la sensation fut gâchée par l'irruption de Sirius Black dans le dortoir de Harry, alors que Harry était trop endormi pour l'affronter. Harry se contenta de noter dans sa tête de parler à Malefoy pour lui dire que même s'il appréciait ses efforts pour ne pas être plus désagréable que strictement nécessaire, Malefoy devait quand même comprendre qu'être d'un niveau normal de désagréable allait le conduire à se prendre un Patronus en pleine poire.
Cela dit, Malefoy savait probablement déjà ça. Retour à Black.
- C'est quoi les sorts que vous lancez à chaque début d'après-midi ? demanda Harry, observant les mouvements de baguette expérimentés de Rogue et les mots articulés à voix basse.
- Des protections contre les intrus et les oreilles baladeuses, et un pour m'alerter si quiconque tente quoi que ce soit. Je n'ai pas survécu à la dernière Guerre en manquant de prudence.
Harry posa son sac et jeta un coup d'œil à son professeur.
- Vous étiez de quel côté de la guerre, monsieur ?
- Ne posez pas de questions dont vous ne voulez pas connaître les réponses, Potter.
Harry essaya de décider s'il devait tirer sa baguette.
- Je pense avoir indiqué assez clairement dans quel camp de la Guerre à venir je me situerai, dit Rogue d'une voix très basse. Pour les personnes présentes dans cette pièce. Cela restera non éclairci pour les personnes en dehors de cette pièce, est-ce que vous me comprenez ?
- Non. Pas vraiment, monsieur.
- Bien. Alors nous pouvons commencer la leçon.
Ce fut une séance de révisions de l'histoire des potions sans grand enthousiasme, et Harry eut du mal à rester concentré.
À la fin de la leçon, Rogue demanda :
- Est-ce que vous me faites confiance, Harry Potter ?
- … absolument pas, monsieur.
- Alors il reste peut-être de l'espoir. Vous pouvez y aller.
Harry hésita.
- Oui ? J'ai d'autres choses à faire que vous dorloter, Potter.
- Est-ce que vous détestez le professeur Lupin parce qu'il est un loup-garou ou est-ce que vous détestez les loups-garous à cause du professeur Lupin ? demanda Harry à toute vitesse. La question l'avait vraiment travaillé, et il ne pouvait pas se résoudre à demander au professeur Lupin, comme le professeur Lupin était gentil avec lui et avait toujours l'air très fatigué.
Le professeur Rogue sourit.
- Question philosophique intéressante. Maintenant, quand – ah. Granger. Je vais devoir réfléchir sérieusement à cette question.
- Comment vous pensez que Black est entré dans le château ? demanda Harry, parce que laisser Rogue ruminer sa haine d'un autre professeur présentait un risque non négligeable que la nomination au poste de Défense cette année se finisse en meurtre et/ou renvoi pour tentative de meurtre.
- N'avons-nous pas déjà parlé de ça ? demanda Rogue.
Harry eut besoin d'une minute pour réfléchir.
- Le professeur Lupin ne ferait pas ça.
- Vous ne connaissez pas Remus Lupin.
- … bonne soirée, monsieur, dit prudemment Harry. Il allait être en retard pour l'entraînement de Quidditch s'il ne filait pas maintenant, donc il abandonna le sujet.
Se glisser à Pré-au-Lard au nez et à la barbe du professeur Rogue ne fit pas grand-chose pour améliorer l'estime de lui-même de Harry en tant qu'élève, mais d'un autre côté, s'il attendait pour s'amuser qu'il n'y ait plus personne qui essaie de le tuer, il allait mourir avant de pouvoir s'amuser.
Harry, à qui la montée avait donné chaud, songea à enlever sa cape quelques instants mais, au même moment, il entendit des voix un peu plus loin. Quelqu'un s'approchait de l'autre côté de la colline et, un instant plus tard, Malefoy apparut, accompagné de Crabbe et de Goyle.
- Je devrais très vite recevoir un hibou de mon père, disait Malefoy. Il est allé à l'audience pour parler de ma blessure au bras… et témoigner que je n'ai pas pu m'en servir pendant trois mois…
Crabbe et Goyle ricanèrent.
- J'ai demandé à Père s'il pouvait être utile de faire preuve de pitié, mais il a dit que c'était mauvais pour l'image du Directeur de ne pas pouvoir sauver un piaf géant.
- La pitié c'est mal, grogna Crabbe.
- Oui, je sais, dit Malefoy d'une voix sèche, roulant des yeux. Évidemment. Je voulais dire l'apparence de la pitié.
- Je crois que le truc de chat a fait quelque chose à ton cerveau, ajouta Crabbe.
Malefoy montra les dents.
- Répète ça, feula-t-il.
- Désolé, Drago, dit Crabbe en baissant la tête.
- Je te pardonne, dit Malefoy en reniflant.
Malefoy aperçut soudain Ron et un sourire malveillant se dessina sur son visage blafard.
- Qu'est-ce que tu fais là, Weasley ?
Malefoy regarda la cabane en ruines derrière Ron.
- J'imagine que tu serais ravi d'habiter là-dedans, hein Weasley ? Au moins, tu aurais une chambre à toi. J'ai entendu dire que ta famille dormait dans une seule pièce… C'est vrai ?
Harry attrapa le pan de la robe de Ron pour l'empêcher de sauter sur Malefoy.
- Laisse-moi faire, murmura-t-il à l'oreille de Ron.
- Si c'est comme ça que Crabbe parle de ton petit problème de chaton, murmura-t-il à l'oreille de Malefoy, à l'abri de la cape d'Invisibilité, imagine ce que Ron ferait.
Drago fit semblant de tousser.
- Hors de notre chemin, Weasley. Tu nous fais perdre notre temps.
Malefoy s'éloigna, l'air absolument furieux. Harry eut une sorte de pressentiment.
- Qu'est-ce que tu as fait ? demanda Ron avec curiosité.
- Je l'ai menacé.
- Il va pas aimer ça. Bon sang, il va aller direct le dire au professeur Rogue-
Oh, merde.
Harry se mit à courir.
De retour chez Honeydukes, Harry se glissa dans la cave, ouvrit la trappe et redescendit dans le passage secret. Puis il enleva la cape, la mit sous son bras et courut le long du souterrain…
Malefoy serait rentré avant lui… Combien de temps lui faudrait-il pour trouver un professeur à qui raconter son histoire ? Hors d'haleine, sans prêter attention à son point de côté, Harry continua de courir jusqu'au toboggan de pierre. Il valait mieux abandonner là sa cape d'invisibilité. Elle serait trop compromettante s'il la gardait. Il la cacha dans un coin du passage, puis remonta le toboggan aussi vite que possible, ses mains moites glissant contre la pierre. Il atteignit la bosse de la sorcière, donna quelques coups de baguette magique pour la faire pivoter, passa la tête par l'ouverture et se hissa au-dehors. La bosse se referma et Harry eut tout juste le temps de s'écarter de la statue avant que ne retentissent dans le couloir des bruits de pas qui s'approchaient à vive allure.
C'était Rogue qui se précipitait, ses longues robes noires virevoltant autour de lui. Il vint se planter devant Harry.
- Alors ? dit-il.
Il avait sur le visage une expression triomphante qu'il essayait vainement de cacher. Harry prit un air innocent, malgré la sueur qui ruisselait sur son visage, et cacha dans ses poches ses mains pleines de boue.
- Venez avec moi, Potter, dit Rogue.
Harry le suivit dans les escaliers en essayant d'essuyer discrètement ses mains dans les poches de ses robes sans que Rogue le remarque. Ils descendirent les escaliers qui menaient dans les cachots puis pénétrèrent dans le bureau de Rogue.
Harry semblait toujours avoir de gros ennuis quand il était dans le bureau de Rogue. Depuis la dernière fois, Rogue avait ajouté d'autres horreurs gluantes dans les bocaux qui s'alignaient et scintillaient à la lueur du feu de cheminée en renforçant l'atmosphère menaçante de la pièce.
- Asseyez-vous, ordonna Rogue.
Harry s'assit.
- M. Malefoy vient de me raconter une très étrange histoire, Potter, dit Rogue qui était resté debout.
Harry demeura silencieux.
- Il m'a dit qu'il se trouvait près de la Cabane Hurlante lorsqu'il a rencontré Weasley, apparemment seul.
Harry ne dit toujours rien.
- M. Malefoy m'a affirmé qu'il était en train de parler avec Weasley, quand votre voix désincarnée a interrompu leur conversation. Comment pensez-vous que cela ait pu se produire ?
Harry fit semblant d'être surpris.
- Je n'en sais rien, professeur, dit-il.
Rogue fixait Harry d'un regard perçant. C'était comme s'il s'était trouvé face à face avec un hippogriffe. Harry s'efforça de ne pas ciller.
- M. Malefoy, naturellement, m'a rapporté cette extraordinaire apparition, étant inquiet pour votre sécurité.
Il y eut un long silence.
- Peut-être qu'il ferait mieux d'aller voir Madame Pomfresh, dit Harry. S'il entend des choses comme-
- Que pouvait faire votre voix à Pré-au-Lard, Potter ? demanda Rogue d'une voix suave. Votre voix n'est pas autorisée à se rendre à Pré-au-Lard. Aucune partie de votre corps n'est autorisée à se rendre à Pré-au-Lard.
- Je le sais, répondit Harry en faisant de son mieux pour effacer de son visage toute trace de culpabilité ou de crainte. Il semblerait que Malefoy ait eu une hallucin-
- Malefoy n'est pas sujet aux hallucinations, coupa Rogue.
Il se pencha en s'appuyant des deux mains sur les accoudoirs du fauteuil dans lequel Harry s'était assis, si bien que leurs visages n'étaient plus qu'à vingt centimètres l'un de l'autre.
- Si votre voix se trouvait à Pré-au-Lard, le reste de votre personne devait également y être, reprit Rogue.
- J'étais dans la tour de Gryffondor, protesta Harry, c'est vous-même qui m'aviez dit…
- Quelqu'un peut-il le confirmer ?
Harry resta silencieux et les lèvres minces de Rogue s'étirèrent en un horrible sourire.
- Très bien, dit-il en se redressant. Ainsi donc, tout le monde, depuis le ministère de la Magie jusqu'au personnel de Poudlard, s'est efforcé de protéger Harry Potter de Sirius Black. Mais le célèbre Harry Potter ne connaît que sa propre loi. Qu'on laisse donc le petit personnel s'inquiéter de sa sécurité ! Le célèbre Harry Potter va où il veut, quand il veut, sans se soucier le moins du monde des conséquences.
Harry s'abstint de répondre. Rogue essayait de le provoquer pour lui faire avouer la vérité. Mais il n'avait pas l'intention de se laisser impressionner. Rogue n'avait aucune preuve… pour le moment tout au moins.
- Que vaut exactement votre parole, Potter ? Ne pas chercher à aller trouver Black, j'ai dit. Ne pas vous déplacer seul.
- J'ai obéi, dit Harry, redressant le menton.
- Je pensais que nous avions dépassé le stade des ergotages, Monsieur Potter.
- … j'ai dit que je n'allais pas aller le trouver. Si c'est lui qui me trouve-
- Si vous souhaitez vous sacrifier comme appât, je m'attends à ce que vous ayez le bon sens de vous faire accompagner d'une personne autre que Ronald Weasley. Avez-vous même invité Granger ?
- Je ne vous dirai rien qui risque de me faire renvoyer, dit Harry d'une voix sévère. Je sais que vous voulez toujours que je fasse mes bagages et que je retourne vivre chez les Dursley.
- Vous leur avez survécu pendant presque douze ans. Encore quatre ans et vous serez majeur, et en vie.
- Ça ne vous dérange pas que je les déteste ?
- Je ne suis pas votre gardien. Si j'ai entrepris la tâche invraisemblable de vous garder en vie, cela ne signifie pas… Rogue hésita, sa parole étrangement décousue.
- Cela ne serait pas approprié, Monsieur Potter. C'est la place de votre père, et lui et moi n'étions pas… il suffit de dire que cela rendrait probablement vos deux parents malheureux, si vous vous en remettiez à moi pour vous épanouir.
Harry réfléchit un moment à ça, les fantômes de ses parents contre son bonheur, contre les Dursley, contre sa survie.
- Est-ce que vous pensez que ça aurait été mieux s'ils avaient laissé Voldemort me tuer ? demanda-t-il à brûle-pourpoint. S'ils ne m'avaient pas protégé, ils seraient en vie.
Il y eut un long moment de silence.
- Nous respecterons la décision de votre mère en la matière.
- Mais -
- Nous respecterons la décision de votre mère en la matière.
Harry respira brusquement, se rendant soudain compte qu'il avait retenu son souffle. "Votre mère", pensa-t-il, l'ajoutant mentalement à sa liste de questions. Une lueur de bataille brillait dans les yeux fiévreux de Rogue, et Harry comprit que c'était un autre de ces moments qui pouvaient si facilement tourner à la violence.
- Videz vos poches, Potter ! lança brusquement Rogue.
Harry ne bougea pas. Le sang battait à ses oreilles.
- Je vous ai dit de vider vos poches, sinon je vous emmène chez le directeur. Allez-y, Potter, retournez-les !
Glacé de terreur, Harry sortit lentement de ses poches le sac de farces et attrapes de chez Zonko et la carte du Maraudeur.
Rogue prit le sac de chez Zonko.
- C'est à moi.
- Alors le perdre vous donnera peut-être une leçon.
Harry ragea en silence.
- Et l'autre ?
Harry se tut.
- Je vois. Je suppose que vous n'êtes plus très loin de me mentir en face.
Rogue retourna la carte sans quitter Harry des yeux.
- Vous n'avez sûrement pas besoin d'un vieux bout de parchemin comme ça, dit-il. Je ferais mieux de le jeter.
Il fit un geste vers le feu qui brûlait dans la cheminée.
- Non ! dit aussitôt Harry.
- Alors… dit Rogue, les ailes du nez frémissantes. S'agit-il d'un autre précieux cadeau de M. Weasley ? Ou bien serait-ce quelque chose d'autre ? Une lettre écrite à l'encre invisible, peut-être ? Ou encore… un moyen d'aller à Pré-au-Lard sans passer devant les Détraqueurs ?
Harry cilla. Les yeux de Rogue étincelèrent.
- Voyons, voyons… marmonna-t-il en prenant sa baguette magique, la carte posée devant lui. Révèle ton secret, dit-il après avoir donné un coup de baguette sur le parchemin.
Rien ne se produisit. Harry crispa les mains sur les accoudoirs de son fauteuil pour les empêcher de trembler.
- Allons, révèle-toi, dit Rogue en donnant un coup sec sur la carte.
Le parchemin resta vierge. Harry s'efforçait de respirer profondément, longuement, pour se calmer.
- Severus Rogue, professeur dans cette école, t'ordonne de livrer les secrets que tu détiens ! dit Rogue en frappant à nouveau la carte avec sa baguette magique.
Comme si une main invisible écrivait sur le parchemin, des mots apparurent à sa surface :
"M. Lunard présente ses respects au professeur Rogue et lui demande de bien vouloir cesser de mettre son énorme nez dans les affaires d'autrui."
Rogue se figea. Harry, stupéfait, lut le message. Mais le parchemin ne s'arrêta pas là. D'autres mots apparurent :
"M. Cornedrue approuve M. Lunard et voudrait ajouter que le professeur Rogue est un horrible crétin."
La situation aurait été comique si elle n'avait pas été aussi grave. D'autres mots s'inscrivirent sur le parchemin :
" M. Patmol voudrait faire part de son ébahissement à la pensée qu'un tel imbécile ait pu devenir un professeur."
Horrifié, Harry ferma les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, le parchemin avait livré ses derniers mots :
"M. Queudver souhaite le bonjour au professeur Rogue et lui conseille de se laver les cheveux, s'il veut cesser de ressembler à un tas d'ordures."
Harry attendit que le verdict tombe.
- Très bien, dit Rogue d'une voix paisible, nous allons voir tout cela…
Il s'approcha du feu, prit une poignée de poudre brillante dans un bocal posé sur le manteau de la cheminée et la jeta dans les flammes.
- Lupin ! dit Rogue, je voudrais vous demander quelque chose.
Abasourdi, Harry regarda le feu. Une forme qui tournait rapidement sur elle-même se dessina dans les flammes et, quelques instants plus tard, le professeur Lupin sortit de l'âtre en époussetant les cendres accrochées à ses robes miteuses.
- Vous m'avez appelé, Severus ? dit timidement Lupin.
- En effet, dit Rogue, les traits déformés par la fureur. Je viens de demander à Potter de vider ses poches et voici ce qu'il y cachait.
Rogue montra le parchemin sur lequel les noms de Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue étaient toujours étalés. Une expression étrange passa sur le visage de Lupin.
- Alors ? dit Rogue.
Lupin gardait les yeux fixés sur le parchemin. Harry eut l'impression qu'il réfléchissait à toute vitesse.
- Alors ? répéta Rogue. De toute évidence ce morceau de parchemin déborde de magie noire. Vous êtes censé être un expert en la matière, Lupin. Où pensez-vous que Potter ait pu se le procurer ?
Lupin leva les yeux et adressa à Harry un regard à peine perceptible pour lui faire comprendre qu'il ne devait surtout pas l'interrompre.
- De magie noire, répéta-t-il de sa voix timide. Vous croyez vraiment, Severus ? À mon avis, c'est tout simplement un morceau de parchemin qui insulte quiconque essaie de le lire. Puéril, mais certainement pas dangereux. J'imagine que Potter a dû trouver ça dans un magasin de farces et attrapes.
- Vraiment ? dit Rogue, les mâchoires crispées par la colère. Vous ne croyez pas plutôt qu'il l'a obtenu directement de ceux qui l'ont fabriqué ?
Harry ne comprenait pas ce que Rogue voulait dire. Lupin non plus, apparemment.
- Vous voulez dire de M. Queudver ou de l'un des autres ? s'étonna-t-il. Harry, connaissez-vous l'un de ces messieurs ?
- Non, répondit Harry.
- Vous voyez bien, Severus, dit Lupin en se tournant vers Rogue. J'ai bien l'impression que ça vient de chez Zonko…
Au même instant, Ron fit irruption dans le bureau. Il était hors d'haleine et faillit renverser dans son élan la table de Rogue.
- C'est… moi… qui… ai… donné… ce… truc… à Harry, parvint-il à dire d'un ton haletant. Je… l'ai… acheté… chez… Zonko… Il y a… très… longtemps.
- Vous voyez ? dit Lupin, l'air soudain ravi. Voilà toute l'explication. Je vais m'occuper de cet objet, Severus, d'accord ?
Il plia la carte et la mit dans sa poche.
- Harry et Ron, venez avec moi, ajouta-t-il. J'ai quelque chose à vous dire en ce qui concerne votre devoir sur les vampires. Excusez-nous, Severus-
- Est-ce que vous me prenez pour un imbécile, Lupin ? demanda Rogue d'un ton menaçant. Potter et moi n'avions pas fini notre discussion. Il avait deux ou trois questions à propos des loups-garous.
Harry tressaillit en voyant le regard voilé de Lupin. Il aurait vraiment dû parler de ça au professeur Lupin avant.
- Si Harry a des questions à propos des loups-garous, je lui répondrai avec plaisir, répondit timidement Lupin.
- Mais je peux apporter une expérience personnelle. Après tout, son père a pensé qu'il serait amusant de faillir me faire dévorer par l'un d'eux. Je ne me rappelle pas très bien – avez-vous trouvé cela amusant, Lupin ?
Ron avait l'air incroyablement mal à l'aise. Harry se sentait incroyablement mal à l'aise. Il savait qu'il avait mis Rogue en colère, mais c'était horrible de le voir passer sa rage sur Lupin.
- Assez, Severus, dit fermement Lupin. Nous étions des adolescents. Si vous voulez parler de nos années d'école, j'en serais ravi, à un autre moment.
Rogue plissa les yeux dans son visage maigre, et Harry réfléchit à toute vitesse avant d'interrompre la conversation.
- Je suis en train d'essayer de mettre du philtre calmant dans du chocolat chaud. Je pensais que ça serait bien de changer de la bièraubeurre et des barres de chocolat. Mais ça rend les elfes de maison très agités.
Ron fit semblant de se trancher la gorge en le regardant, l'air de dire 'tu es cinglé, pourquoi tu essaies d'attirer son attention ?'
- Chauffer le philtre calmant perturbe l'essence et la fait fermenter, dit très lentement Rogue. Chez les humains cela provoque des tremblements et des migraines ophtalmiques. Vous avez testé vos recettes sur les elfes de maison, Potter ?
Harry sourit, parce que c'était la colère normale d'un enseignant, pas une rage froide et meurtrière. Il commençait à devenir bon à ça !
- Le directeur aura mot de votre petite escapade, Potter. Filez avant que je m'énerve.
Lupin guida Harry et Ron hors de la pièce à la hâte.
Note de l'auteur :
Une des questions intéressantes qui se pose dans cette scène est 'est-ce que Rogue tuerait Harry pour ramener Lily à la vie.' Je pense qu'il en aurait très envie, mais serait-il prêt à le faire ? Voilà ma réponse, pour ce que ça vaut.
