Bonjour/soir à tous, je reviens avec un nouveau chapitre. Je m'excuse pour le temps de parution, je n'ai malheureusement pas beaucoup de temps à libérer pour la traduction. J'espère toutefois que cette suite vous plaira comme les chapitres précédents. Je m'excuse aussi si je n'ai pas répondu à tout le monde, je tiens à dire que je lis tous vos commentaires et qu'ils me font vraiment plaisir.
Je rappelle rapidement qu'il s'agit d'une traduction de l'espagnol, de l'auteur Diana Galison, qui m'a gentiment permis de vous faire partager cette histoire. Je n'ai pas changé le titre pour ceux qui souhaitent la retrouver et lire l'original.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, en espérant qu'il ne reste pas trop de coquilles dans le texte, en espérant que vous aimiez toujours.
Chapitre 28
Derek se réveilla au contact de lèvres chaudes contre les siennes.
Toujours léthargique par le sommeil, il leva une main avec paresse pour caresser la personne qui l'avait réveillée de cette manière si agréable. Il sourit quand ses doigts palpèrent les cheveux courts, et il ouvrit les yeux pour se retrouver face à ceux marron de Stiles.
« Bonjour. » Salua le garçon avant de lui donner quelques rapides baisers, suivit d'autres plus intenses.
Le Bêta répondit au baiser avec envie, et leva sa main libre jusqu'à la ceinture de Stiles, l'obligeant à s'appuyer totalement contre lui. L'adolescent obéit dans l'acte et, se servant de l'avantage dû à sa position, commença à embrasser le cou et les épaules de Derek, baisant chaque parcelle de peau qu'il avait à portée, et qui se présentait à lui en descendant. Quand il arriva à l'estomac, et sans aucune sorte d'hésitation, il lécha les muscles si bien dessinés.
Derek sentit quelques fourmillements sur son estomac, et essaya de s'éloigner de la langue de Stiles. Mais à peine bougea-t-il d'un millimètre que Stiles le poussa d'une main ferme sur le torse pour qu'il reste tranquille, et recommença à le lécher. Cette fois du nombril jusqu'à toucher la ceinture du pantalon de cuir.
« Ne fait pas ça. » Demanda le loup-garou, caressant avec calme le dos de Stiles.
« Pourquoi pas ? » Demanda-t-il avec un sourire taquin, donnant un nouveau coup de langue qui se finit en un baiser humide. « Ca ne te plait pas ? »
Derek ferma les yeux, laissant échapper un gémissement de plaisir, mais il s'obligea immédiatement à se concentrer.
« Ca me rappelle quelqu'un. » Murmura-t-il, levant une main jusqu'à la tête du garçon et jouant avec ses cheveux courts. « Quelqu'un en qui je ne veux pas penser maintenant.
_ Ah ? » Il serra ses jambes contre celles de Derek, l'obligeant à ce que lui ferme les siennes et qu'il soit totalement à sa merci. « Moi je pense que tu apprécies beaucoup. » Il lécha l'un de ses mamelons, déjà durs, pour poursuivre avec une légère morsure.
« Hum… » Il lâcha un râle dans un mélange de plaisir et douleur, et essaya à nouveau de bouger pour l'enlever d'au-dessus lui. « Je préfère que tu sois toi-même.
« Moi-même ? » Demanda-t-il curieusement mais sans regarder son visage, plus concentré sur son cou et ce qui se trouvait de celui-ci vers le bas. « Mais je suis moi-même. » Il donna un autre coup de langue qui finit avec une nouvelle morsure plus forte.
« Stiles ! »
Le cri de Derek sonna bizarre à ses propres oreilles. Comme éloigné.
Il sentit à nouveau la langue et les dents de l'adolescent sur son corps, sourd à sa demande, mais il fut alors conscient d'autres détails.
La première chose qui attira son attention, et qui ne cadrait pas avec le reste de la scène, c'était que le lit sur lequel ils étaient couchés n'était pas comme dans ses souvenirs. Il ne ressemblait en rien au matelas de son loft, moelleux et confortable ; parce qu'il était présentement dur comme la pierre.
La seconde chose qui le fit tiquer, et qui le fit froncer les sourcils malgré le fait qu'une partie de son cerveau était toujours concentré sur cette langue ; fut le fait que les cheveux courts de Stiles avait brusquement poussés, jusqu'à se convertir en une tignasse de longues et soyeuses mèches blondes.
La somme de ces détails, ajouté à une nouvelle morsure qui cette fois ouvrit une petite plaie sur son ventre, fut tout ce dont il eut besoin pour comprendre qu'il était en train de rêver.
Et que ce n'était pas Stiles qui était ici.
Derek ouvrit les yeux alors qu'il se plaquait contre le sol. Sur lui, le corps de Kate resta bien occupé à la hauteur de sa ceinture, avec une jambe de chaque côté comme une amazone chevauchant un pur-sang. Les mains de la jaguar-garou parcoururent son torse nu, le maltraitant, et elle fit un petit sourire malsain quand elle se rendit compte que Derek s'était enfin réveillé.
« Bonjour mon cœur. » Chantonna-t-elle.
Derek n'avait pas la moindre idée d'où il était ni de comment il y était arrivé, mais ce n'est pas non plus comme s'il allait perdre du temps à le découvrir. Maintenant il voulait uniquement enlever Kate d'au-dessus de lui, et ne plus sentir le poids de son corps sur le sien.
Il lui attrapa la taille avec les deux mains et la lança avec toutes ses forces, alors qu'il commençait à se redresser pour enfin mettre les pieds au sol. Kate resta ébahie d'avoir été prise par surprise, même si elle se reprit rapidement. Et avant que Derek ne finisse de se mettre debout, elle était déjà à ses côtés, l'envoyant contre un mur de pierre duquel il n'était conscient que maintenant.
Depuis sa nouvelle position, malgré le fait qu'il était plaqué entre le mur et un prédateur qui avait déjà les crocs sortis, Derek fut capable de se faire une idée de l'endroit où il était. C'était une petite grotte de quelques quatre mètres carrés, avec une ouverture qui devait donner sur une autre plus grande. Même s'il ne pouvait pas en être totalement sûr, puisqu'il n'y avait que de l'obscurité au-delà de cet accès.
Si tout de suite il pouvait voir quelque chose, ce n'était que grâce à un petit foyer qui se trouvait à l'extrême opposé de la voute.
Le lieu lui donnait des relents de claustrophobie, même s'il pouvait entendre en fond le bruit d'eau courante, une indication pour imaginer qu'il devait y avoir une rivière – peut-être souterraine – quelque part proche.
Ca faisait des années qu'il n'était pas entré dans une grotte.
La dernière fois sa mère était encore en vie, et il avait rendu visite avec elle à une partie de la famille en Amérique du Sud. Pour cette raison, il était sûr qu'il se trouvait parmi l'une des mille grottes qui peuplaient cette zone et que, parmi toutes les autres espèces, elles servaient de foyer pour les jaguars.
Derek lâcha un grognement… Malgré le fait qu'elle lui avait répété un million de fois qu'ils iraient sur son territoire pour former sa propre meute, il ne s'était pas attendu à ce qu'ils le fassent dans une vraie caverne. Comme s'ils n'étaient que deux simples animaux.
Mais il était clair que Kate était bien plus proche de son côté animal que de celui humain, et que ça faisait longtemps que le confort avait fini d'avoir la moindre importance pour elle ; dans cette grotte il n'y avait rien de plus que quelques sacs en cuir, et le petit tisonnier qui réchauffait à peine le lieu.
Après tout, elle l'avait dit elle-même : quand elle avait dû abandonner Beacon Hills, elle avait vécue plus d'un an entièrement seule, à seulement apprendre à développer ses habilités en tant que jaguar, et sans que le contact humain lui importe le moins du monde… Jusqu'à ce que lui-même ne doive passer proche de son territoire, quand il avait accompagné Cora pour qu'elle s'installe avec la meute, et finissant par attirer son attention.
Définitivement, sa malchance ne paraissait pas vouloir toucher le fond.
Il n'eut besoin que de deux secondes pour avoir un bon aperçu du lieu où il se trouvait, après quoi il décida qu'il était temps d'éloigner Kate.
Seulement que ce ne fut pas aussi simple qu'il l'espérait. Quand il fit ne serait-ce qu'un geste pour la pousser à nouveau, elle lui attrapa les poignets et les leva jusqu'à les plaquer contre le mur, de chaque côté de sa tête.
Derek essaya de se libérer, sans y parvenir, et elle sourit avec malice. Elle se colla complètement contre lui, laissant qu'il sente complètement chaque courbe de son corps, et qu'elle puisse sentir entièrement le sien…
Même si la jeune femme se retrouva face à un petit détail qui n'était pas vraiment à son goût.
Kate lança un regard curieux à l'entrejambe du loup-garou.
« Qu'est-ce qui arrive au petit Derek ? » Demanda-t-elle avec cette moue si détestable. « Il y a une seconde il semblait être beaucoup plus content.
_ Il y a une seconde je pensais être avec une autre personne. » Répondit Derek du tac au tac, sans craindre les possibles représailles.
Le sourire supérieur qu'affichait Kate mourut quand le loup-garou lui rappela que chaque fois qu'il fermait les yeux, ce n'était pas elle qui était à ses côtés.
Elle ne supportait toujours pas que ce soit ce qui arrivait.
Avec un mouvement rapide, elle attrapa les deux poignets de Derek d'une seule main, les plaquant au-dessus de sa tête, le plus durement qu'elle le pouvait. De l'autre main, maintenant complètement libre et avec les griffes sortis, elle entailla le torse nu de Derek, laissant quatre sillons qui allaient du haut de la poitrine jusqu'à la partie basse de son ventre.
Derek pinça les lèvres, laissant échapper un léger gémissement mais au moins sans crier de douleur, sachant que c'était ce qu'elle attendait.
« Tu sais que comme ça tu vas seulement arriver à m'énerver. Et beaucoup. »
Il afficha un sourire qui était complètement sarcastique.
« Je suis désolé. »
Les yeux de Kate brillèrent, incapable de contenir sa rage, et elle l'embrassa. Elle le fit avec brutalité, réussissant à ce que leurs dents s'entrechoquent. Et quand il se nia à bouger les lèvres et répondre au baiser, elle n'hésita pas à utiliser ses crocs pour entailler la lèvre inférieure du loup-garou.
Juste à ce moment, elle planta une griffe dans l'épaule qui n'avait toujours pas entièrement guérie, et cette fois-ci, il cria de douleur. Kate en profita pour lui enfoncer sa langue au fond de la gorge et dévorer sa bouche comme elle avait tant attendu de le faire depuis qu'elle l'avait vu en revenant à Beacon Hills.
Quand enfin elle recula, les blessures laissées par ses griffes avaient commencées à se refermer, laissant seulement des restes de sang lui tachant la peau.
Derek cracha une fois que Kate se recula, un mélange de salive et de sang, et il la regarda avec défiance.
« Pourquoi tu es si têtu. » Murmura-t-elle, sibylline, se collant tant à lui que le bout de leur nez se toucha.
« Je te l'ai déjà dit. » Répondit-il sur le même ton. « Le fait que j'ai accepté d'être avec toi ne veut pas dire que je vais te rendre la tâche facile. »
Kate grogna, rageuse, et lâcha ses poignets avant que ne lui vienne l'envie de les lui ouvrir de haut en bas. Lâchant un soupir, elle marcha dans la petite cavité sans craindre que Derek ne sorte en courant.
Alors que lui resta calme et avec le menton haussé, elle n'arrêta pas de tourner en rond comme un animal en cage, lui lançant de temps à autre des regards en coin emplis de haine.
« Je ne comprends pas. » Dit-elle rapidement. « Quand nous nous sommes rencontré tu brulais d'être avec moi… Pour m'avoir nue et seulement pour toi… Pourquoi diable tu ne peux pas être comme avant ? »
Derek secoua la tête de dépit, mais plus ébahis par ses paroles que blessé.
« Tu es plus folle que je ne le pensais. » Dit-il honnêtement, et de nouveau sans craindre les représailles. « Tu penses sérieusement que je vais être capable de sentir quelque chose pour toi qui ne sois pas de la haine ?
_ Pourquoi pas. » Répliqua-t-elle comme une petite fille. « Je ne te demande pas de me réciter des poèmes d'amour, comme tu l'aurais surement fait pour l'autre gamin… Mais au moins soit l'animal que tu es supposé être. »
Le Bêta secoua à nouveau la tête, fermant même les yeux.
« C'est absurde de perdre du temps en essayant de te l'expliquer. Peu importe ce que je dis, tu continueras à croire ce qui te passe par la tête.
_ Très bien… »
Soudain, alors qu'il avait l'impression que Kate allait s'avouer vaincue, elle s'élança sur Derek, se collant complètement à lui. Et quand Derek, à nouveau, essaya de s'éloigner d'elle, elle reprit ses poignets pour le maintenir avec facilité et les plaqua avec force contre le mur. Elle le fit avec une telle rapidité que ça en fut humiliant pour le loup-garou qu'il était censé être.
Mais son honneur d'ancien Alpha ne fut plus sa principale préoccupation quand il remarqua que, de l'autre main, elle lui planta une seringue dans le cou, qu'il n'avait pas vue jusque-là.
Avant même que les effets de l'aconit ne commencent à faire effet, Kate jeta la seringue par terre, et de sa main à nouveau libre, elle agrippa son entre-jambe.
Le contact de ses doigts sur le jean lui provoqua un frisson, et il essaya de s'éloigner sans y parvenir. Il réussit seulement à accélérer les effets de l'aconit, en accélérant ainsi son cœur.
« Reste gentil ! » Grogna la jaguar, l'obligeant à écarter un peu plus les jambes en donnant un coup de pied à l'un des siens, alors qu'elle plantait ses griffes dans ses poignets.
Il grogna de douleur, et Kate en profita pour serrer son aine.
Elle le fit avec des doigts humains, puisqu'elle ne voulait pas estropier cette partie spécifique de son anatomie ; bien que ladite partie ne réponde pas comme elle l'aurait espérer.
« Mais putain qu'est-ce qu'il t'arrive ! » Rugit-elle, regardant un entrejambe qui était très loin d'être à peine dure. « Tu es devenu moine ou quoi ?! »
Derek ne protesta pas cette fois. Il savait qu'il n'avait pas grand-chose à dire, et en ce moment la seule chose qu'il voulait s'était de ne plus sentir ses doigts écœurants, même si ce n'était que par-dessus la toile de son pantalon.
Mais quand Kate chercha le bouton du pantalon et que, avec des mouvements rapides, elle réussit à ouvrir le pantalon, il ne put continuer à se mordre la langue.
« Eloigne tes griffes de moi. » Grogna-t-il en essayant de s'éloigner d'elle, en commençant dans le même temps à sentir des vertiges dues au poison.
« Pourquoi ? » Ses yeux brillèrent quand elle vit la toile du sous-vêtement. « Je sais à quel point tu aimais quand je te touchais. »
Il pinça les lèvres et lutta de toute ses forces pour s'écarter de sa poigne, mais le résultat ne fut pas comme il l'espérait, parce que Kate serra plus fort son membre flaccide et il couina de douleur.
« Ce sera mieux que tu restes sage. » Avertit Kate avec une voix mielleuse, une seconde avant de mettre sa main dans son caleçon pour caresser le membre flasque.
Derek déglutit avec difficulté et ferma les yeux dans un effort désespéré pour s'éloigner de la situation dans laquelle il se trouvait.
Il en venait presque à espérer qu'elle serre plus fort. Qu'elle aille jusqu'à sortir ses griffes et qu'elle les plante sans discernement, aussi douloureux que cela puisse être… Mais il préférerait ça plutôt qu'elle le caresse avec attention comme elle le faisait. Comme si réellement ce qu'il ressentait lui importait, et qu'elle voulait qu'il profite de tout ça.
« Pourquoi tu fermes les yeux ? » Susurra Kate sans cesser de faire courir ses doigts le long de la partie la plus intime de son corps. Et si sa voix douce n'était pas suffisante pour lui donner envie de vomir, elle lui laissa un baiser innocent sur la joue. « Je sais que dans le fond ça te plait.
_ Je préférerai que tu me donnes une autre raclée.
_ Est-ce que c'est une menace ? » Gloussa-t-elle, joueuse, l'embrassant cette fois-ci sur les lèvres malgré le fait que Derek détourne le visage. « Ou tu essayes seulement de m'exciter ? »
Le Bêta souffla devant l'insinuation totalement absurde, et la regarda dans les yeux avec les lèvres pincées.
« Je crois que ce n'est pas précisément toi qui a ce problème. »
Le commentaire réussit à gommer le sourire de Kate, et Derek s'enorgueillit un peu.
« Tu as raison. » Elle retira sa main pour voir le membre mou du premier plan. « C'est une véritable peine. » Elle claqua la langue. « Avec l'envie que j'avais de voir à quel point tu avais grandis là en bas… » Derek montra un sourire plus que désagréable, mais elle ne parut pas en prendre ombrage. « Je suppose que je devrais faire un peu plus d'effort. »
Ceci étant dit, profitant que son prisonnier avait chaque seconde moins de force à cause de l'aconit, elle l'embrassa avec rage, sans lui laisser la possibilité de s'écarter et forçant sa langue profondément dans sa bouche. Et quand elle se sépara de lui, presque une minute plus tard, tandis que Derek essayait de se départir de son goût en crachant, Kate s'agenouilla et parcouru son ventre de sa langue. Plusieurs fois.
Derek déglutit avec difficulté et essaya de porter ses mains à sa tête, désireux de l'arracher à lui, mais la femme planta ses crocs dans son ventre, transperçant facilement la peau.
Etourdi et nauséeux par la douleur, qui s'ajoutait à celle du poison, il ne put cette fois éviter qu'elle continue de le toucher, d'embrasser et de lécher son corps comme elle en avait envie.
Il fut seulement capable de serrer les lèvres avec force, s'obligeant à ne laisser échapper aucun misérable gémissement, – qu'il soit de plaisir ou de dégoût – sachant que n'importe laquelle des deux options seraient au goût de Kate.
Ce qu'il ne put éviter, et ce malgré tous ses efforts, fut les quelques larmes qui s'échappèrent de ses yeux en contemplant impuissant comment on l'utilisait. La même femme qui l'avait fait par le passé quand il était trop innocent pour réellement se rendre compte de ce qu'il se passait vraiment ; et qui le faisait à nouveau, alors qu'il était cette fois conscient mais qu'il ne pouvait rien faire.
Avec peur, comme s'il s'agissait d'une arme et non d'une paire de lèvres, il contempla humilié, honteux et effrayé comment elle descendit son pantalon juste ce qu'il fallait pour libérer son membre, toujours flaccide, et comment elle approchait sa bouche petit à petit alors qu'elle lui souriait depuis le sol.
Mais quand elle fut sur le point d'effleurer ses lèvres… Alors qu'il sentait déjà son souffle sur son corps, Kate s'arrêta.
Elle le fit sans préavis, comme contrainte par quelque chose d'autre, et elle le regarda à nouveau.
Même si cette fois elle ne souriait plus. Au contraire, ses lèvres se plissaient en une moue d'ennui, et elle fronçait les sourcils.
« Tu as entendu ça ? »
Derek en ce moment ne pouvait qu'entendre les battements de son propre cœur.
Kate n'attendit pas qu'il réponde. Elle se releva rapidement et regarda en direction de l'ouverture qui donnait accès au reste de la grotte.
Et à l'extérieur.
Durant quelques secondes seule la respiration agitée de Derek put s'entendre, toujours paralysé malgré le fait que cette fois personne n'était là pour le tenir. A ses côtés, Kate leva un peu le visage, le nez, et elle sourit brusquement avec malice.
Son attention se reporta alors sur le loup-garou, plus que contente de voir qu'il était toujours perturbé… Et que ce soit pour une bonne ou une mauvaise raison, ça importait peu.
Sans rien dire, elle se dirigea vers l'un des sacs de cuir que Derek avait vu précédemment, et elle le jeta sur son épaule.
« Maman a des courses à faire. » Dit-elle d'une voix mielleuse, lui tapotant la joue. « Soit gentil et attend-moi assit tu veux ? »
Derek ne répondit rien. Il ne la regarda même pas.
Mais comme d'habitude, son mutisme ne la toucha pas particulièrement. Elle se réjouit juste de voir comment Derek se laissait glisser le long du mur, appuyant son dos contre la roche froide, jusqu'à finir assit au sol. Une fois là, il ne prit même pas la peine de refermer son pantalon.
« Je ne pense pas en avoir pour longtemps. » Commenta-t-elle, s'accroupissant une seconde pour laisser un baiser sur ses lèvres, qu'il essaya de fuir sans succès. « Mais avec de la chance je ramènerais de quoi manger. »
Une seconde plus tard, Derek se retrouva seul.
Quand il n'entendit plus les pas de Kate, il referma son pantalon de mouvements maladroits, les mains tremblantes. Le tremblement ne cessa pas une fois qu'il put couvrir son corps et se sentir un peu moins exposé.
Il essuya ses larmes avec rage en se rendant compte qu'elles n'avaient pas cessées et serra les dents avec force, s'obligeant à ne laisser échapper aucun sanglot… Même si cela revenait au même et bien qu'elle ne puisse pas l'entendre. Lui pouvait l'entendre et il ne voulait pas. Il ne voulait pas avoir une preuve de plus de combien il était coincé dans cette situation.
Dans le fond c'était de sa faute pour avoir été si naïf.
Kate lui avait dit ce qu'elle voulait de lui, et c'était absurde de penser qu'elle attendrait encore jusqu'à y parvenir. Encore plus quand elle avait déjà perdu suffisamment de temps à devoir l'emmener à un autre endroit et l'éloigner de son ancienne vie. De sa maison.
Il se demanda où ils se trouvaient. La dernière fois qu'il avait été conscient, il faisait nuit et ils étaient en plein milieu d'une route. Maintenant, sans rien qui lui permettait de voir l'extérieur et avec l'aconit qui parcourait ses veines, il ne pouvait ni même savoir s'il faisait jour ou nuit.
Des heures devaient être passées depuis la première fois où Kate l'avait empoisonné, et alors elle lui avait dit qu'ils venaient juste de passer la frontière. S'ils avaient couru dans les bois comme elle l'avait suggérée, ils pourraient être n'importe où au Mexique. Mais devoir bouger par une route secondaire, et ensuite avoir à le porter… Ils ne pouvaient pas être très loin.
Le bêta lâcha un soupir de dégoût, cette fois envers lui-même.
Quelle importance ? Qu'il soit loin ou proche de la Californie, jamais il n'y retournerait. Il ne pourrait jamais s'éloigner d'elle.
Il n'essaya même pas d'inspecter le reste de la grotte maintenant qu'il était seul.
Il finirait par haïr le lieu, peu importe comment il était, et il n'avait même pas la force de se lever. Et tôt au tard, plus tôt que tard d'ailleurs, il devrait coucher avec elle, peu importe à quel point ce serait désagréable…
Il essaya de penser avec sa partie animale, essayant de se convaincre qu'il ne s'agirait que d'un acte physique. Un besoin animal qui par le passé avait été plaisant.
Ça ne devrait pas tant lui couter. Même si ce n'était que pour lui donner ce qu'elle voulait et qu'ensuite elle se désintéresse de lui. Ou avec de la chance, qu'elle le tue une fois qu'il aurait accompli son devoir de compagnon et mâle de la future meute.
Ça ne correspondait pas au comportement du jaguar mais, étant Kate, tout était possible.
« Si seulement il pouvait en être ainsi », soupira Derek alors qu'il fermait les yeux, affaibli à cause de l'aconit. Un poison qui devenait de moins en moins douloureux à cause des jours passés à le sentir dans son corps, et qui ressemblait de plus en plus à une drogue qui obscurcissait tous ses sens.
Il se demanda si les humains se sentaient ainsi après s'être shooté avec une dose d'une de ces quelconques merdes.
Il expira avec difficulté, notant encore un léger pincement dans le poumon que Kate avait perforé le jour précédent, et essaya d'éloigner son esprit de ce lieu. Chercher un peu de paix jusqu'à ce qu'elle revienne.
« Derek ? »
Celui qui l'appela le fit juste à côté de lui. Si près de lui qu'il ne comprenait pas comment il ne l'avait pas entendu arriver, avec ou sans aconit parcourant ses veines.
C'était la voix d'une femme.
Mais ce n'était pas celle de Kate.
Intrigué, Derek ouvrit les yeux. Et quand il put voir qui se trouvait là, son étonnement augmenta d'autant plus.
« Cora ? »
Cora Hale assentit. Et quand elle vit que Derek ne faisait pas mine de se lever ou de dire quelque chose de plus, elle s'assit au sol pour se mettre à sa hauteur.
Elle douta quelques instants de la marche à suivre. Son frère était pâle et il y avait toujours des traces de sang sur son torse, et de larmes sur ses joues. Son cœur battait de façon désordonné et la tristesse qui émanait de l'intégralité de son corps était presque asphyxiante, juste avec la légère odeur d'aconit.
Mais il était vivant, et c'était le plus important.
Etre consciente de cela poussa Cora à agir : elle étreignit son frère de toutes ses forces, appuyant sa tête contre son torse alors qu'elle se mettait à pleurer de joie.
Elle n'avait jamais permis que quiconque la voit pleurer, ni même son seul frère… Mais cette situation était très différente de n'importe quel autre jour de sa vie.
« Merci à Dieu tu vas bien », Murmura-t-elle sans cesser de pleurer, et sans cesser de presser son corps contre le sien, comme si elle espérait pouvoir se fondre en lui. « J'étais tellement inquiète… »
Elle se rendit alors compte que les mains de Derek, qui jusque-là étaient restées inertes, agrippaient sa taille. Mais au lieu de répondre à son étreinte comme elle l'espérait, il l'éloigna un peu de lui et rompit leur embrassade.
« Comment tu m'as trouvé ? Pourquoi tu es là ? » Demanda-t-il quand il put regarder son visage.
« J'ai pu te sentir. » Elle sourit, fière d'elle. « Et je n'allais pas laisser que tu restes entre les mains de cette psychopathe. » Soudain, l'assurance de son expression disparue, et sa lèvre commença à trembler alors que ses yeux s'embuaient de nouvelles larmes. « Je regrette ce que je t'ai dit. » Murmura-t-elle, et elle n'eut besoin de rien d'autre pour le prendre à nouveau dans ses bras, avec encore plus de force que précédemment. « Ce n'est pas vrai si maman et papa sont morts à cause de toi. J'ai été idiote de te dire ça. »
Derek du déglutir de nombreuses fois pour récupérer sa voix.
Il n'arrivait toujours pas à croire que sa petite sœur était là. Et non seulement elle apparaissait, comme sortie de nulle part, et qu'en plus c'était pour l'étreindre, – alors qu'elle n'avait jamais rien fait de semblable depuis qu'ils s'étaient réunis – et pour s'excuser de ce qu'elle lui avait dit par téléphone il y avait de cela tant de jours.
Tout ceci était trop… Il ne pensait même pas que ce soit réel, il s'agissait juste d'une hallucination due à l'épuisement, aux blessures qui n'avaient pas complètement finies de guérir, et à tant de venin concentré dans son organisme.
Mais son odeur, la chaleur que dégageait son corps… C'était impossible à imiter.
Il réagit enfin, secoué par les larmes de Cora, et répondit à son étreinte avec chaleur. Il le fit en pensant à toutes ces fois où il avait eu envie de le faire par le passé, mais quand la culpabilité et les secrets l'empêchaient de montrer ces brides d'humanité qui lui restait.
Cette fois ce n'était pas ainsi. Cette fois il était plus humain que loup, plus enfant apeuré qu'homme. Il n'était alors pas question de penser si c'était la chose à faire ou non. Maintenant il ne pouvait penser qu'à Cora, sa sœur, qui était ici avec lui, et qui le pardonnait pour ce qui était arrivé à leur famille.
S'il ne devait compter ce qu'il s'était passé dix minutes auparavant, il dirait que c'était le moment le plus heureux de toute sa vie.
« Ca va. » Murmura-t-il quand il vit que les larmes de Cora ne cessaient pas. « Ce n'est pas grave. Ne t'inquiète pas.
_ J'avais tellement peur qu'elle t'ait fait du mal… » Continua Cora, sans rompre sa prise une seule seconde.
« Elle l'a déjà fait » se dit Derek, embrassant son front.
Elle sourit, redevenant pour un instant cette petite fille d'il y avait tant d'années qui souriait toujours de tout, et qui jamais n'aurait imaginé ce qu'elle vivrait un jour.
Derek aurait aimé pouvoir la voir sourire tous les jours…
Mais ce rêve était resté derrière lui il y avait déjà longtemps.
« Tu dois partir avant que Kate ne revienne.
_ Partir ? » Demanda-t-elle surprise, avant qu'elle ne le regarde avec détermination. « Je ne pense aller nulle part sans toi.
_ Tu ne comprends pas… Elle-
_ Je sais ce qu'elle veut. » Elle prit ses mains et les serra avec force. « Et je sais ce qu'elle a dit qu'elle ferait si tu ne restes pas avec elle… Mais il y a eu un changement de plan.
_ Elle est trop dangereuse… Je me suis déjà confronté à elle, et j'ai à peine pu l'effleurer.
_ Et c'est pour ça que j'ai appelé la cavalerie.
_ Quoi ?
_ Je crois qu'elle se réfère à moi. »
Chris Argent apparut soudainement, traversant la cavité par laquelle Derek n'avait toujours pas regardé, et éteignant la lanterne qu'il portait d'une main en voyant qu'il y avait de la lumière à l'intérieur.
« Chris ? » Demanda-t-il les yeux écarquillés, alors qu'il réussissait à se lever avec l'aide de Cora. « Qu'est-ce que tu fais ici ?
_ Qu'est-ce que tu crois ? On est venu pour te ramener à la maison. »
Derek eu besoin de quelques secondes pour comprendre tout ce qu'impliquait la présence de l'ancien chasseur ici, avec lui, alors qu'il était clair qu'il était venu avec Cora.
Et quand il le fit, la rage qu'il avait ressentie précédemment, quand il pouvait sentir les mains de Kate le toucher sans son consentement, refit surface. Malheureusement, l'aconit l'affectait aussi de ce côté, et sa colère ressembla plus à une lamentation désespérée.
« Tu… Tu ne devais pas être au courant… » Il regarda Cora. « Aucun de vous ne devrait être là… Si elle-
_ Je me chargerai après de ça. » Coupa l'humain. « Et je suis désolé de te dire ça Derek, mais ce n'est pas à toi de décider ce que je dois ou pas savoir.
_ Je ne comprends pas. » Il regarda par intermittence sa sœur et le chasseur. « Pourquoi tu prends ce risque ? Je suis toujours ton ennemi.
_ Tu ne l'es plus depuis longtemps déjà. » Il posa une main sur l'épaule du Bêta. « Bien avant de me sauver la vie avec cette bombe.
_ Mais… C'est ta sœur… Et moi…
_ La famille c'est beaucoup plus que le sang. » Dit-il d'une voix grave. « De même qu'une meute est beaucoup plus qu'un Alpha et ses Bêtas. »
Derek pinça les lèvres devant les paroles du chasseur.
En y réfléchissant, Chris fut l'unique Argent qui n'avait jamais posé une main sur lui. Même Allison l'avait fait une fois, quand les mensonges de sa tante avaient été sur le point de la pervertir…
C'est en se rappelant ce qu'était capable de faire Kate qu'il sur clairement la décision qu'il devait prendre.
« Je ne peux pas… » Murmura-t-il. « Si je m'éloigne, elle ira vous chercher… La seule manière de l'éviter c'est de rester avec elle.
_ On ne va pas t'abandonner.
_ Je ne vous demande pas de le faire. C'est moi qui aie pris cette décision.
_ Tu es un idiot. » Répliqua Cora. « Si tu n'as rien pu contre elle, c'est parce que tu étais seul. Tu étais un Omega. Mais maintenant que nous sommes tous ici… »
Derek allait continuer d'expliquer les millions de raisons pour démontrer qu'ils devaient partir d'ici, et le plus vite serait le mieux ; quand l'ultime commentaire le retint. Il haussa un sourcil avec curiosité.
« Tous ? »
Chris passa le bras de Derek autour de ses épaules, l'aidant à supporter son poids, et fit signe à Cora pour qu'elle ouvre la marche.
« Tous. »
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Hop. J'espère que cette histoire vous plait toujours malgré le temps que je mets à la traduire. :/ je m'excuse encore une fois pour le retard accumulé, je ne peux pas promettre de revenir à un rythme de parution plus rapide mais je vais essayer.
Je vous fais des bisous, et je vous dis à la prochaine.
